- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des peurs qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité, une phrase qui a construit, privé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent une boussole, parce que tout commence par une crise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Et j'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication SORC. Frédéric Lenoir, vous êtes l'une des grandes voix contemporaines de la pensée du sens. Philosophe, sociologue, historien des religions, vous avez consacré votre vie à explorer ce qui relie les êtres humains, au-delà des croyances, des cultures et des époques. Votre œuvre interroge les grandes questions fondamentales. Comment vivre ? Comment aimer ? Comment traverser la souffrance sans s'endurcir ? Comment accéder à une joie ? qui ne dépend pas uniquement des circonstances. Comment déjouer les pièges de l'ego sans se couper du monde ? À travers vos nombreux livres, traduits dans le monde entier, vous ne proposez jamais de recettes, vous ouvrez des chemins, vous éclairez sans jamais asséner, vous invitez à une sagesse vivante, incarnée, profondément humaine. Ce qui caractérise votre travail, c'est cette capacité rare à rendre accessibles des pensées complexes, sans jamais les appauvrir. à faire dialoguer la philosophie antique, la spiritualité, la psychologie et l'expérience contemporaine, à parler au cœur sans renoncer à l'exigence intellectuelle. Vos livres sont devenus pour beaucoup de lecteurs des compagnons de route, des points d'appui dans les moments de doute, des respirations dans un temps saturé de bruit, de vitesse et de performance. Aujourd'hui, votre parole est précieuse parce qu'elle nous rappelle l'essentiel. que la vie intérieure est un socle, que la joie est un apprentissage, que la souffrance peut devenir une traversée, et que le sens n'est pas une destination, mais une manière d'habiter le chemin. Cher Frédéric, je suis honorée de vous recevoir aujourd'hui.
- Speaker #1
Claire, merci, et vraiment, je suis très touché par cette présentation. Je crois qu'on ne m'a jamais présenté avec autant de finesse et d'authenticité, donc ça me touche beaucoup.
- Speaker #0
Merci beaucoup, écoute, j'essaie de travailler ça.
- Speaker #1
Vous m'avez bien lu, ça me fait plaisir aussi.
- Speaker #0
Exactement. Je vous élue, moi je suis honorée puisque, comme beaucoup, vous avez guidé beaucoup de choses dans ma vie. Je pense que vous avez aussi éveillé des choses en moi. Donc c'est vrai que j'essaye d'inviter des gens qui m'inspirent au quotidien.
- Speaker #1
Des fois on me demande comment tu caractériserais ce que tu fais, ce que tu te considères comme philosophe. Je le considère comme un éveilleur. C'est-à-dire que j'aime éveiller. J'aime que les gens, après avoir lu un livre, écouté une conférence, vu un podcast, se disent... Il y a une sorte de lumière nouvelle dans ma vie, j'ai compris quelque chose et j'ai envie de bouger. Et à partir de ce moment-là, je me dis j'aurais fait mon boulot, j'aurais éveillé des petites étincelles partout et puis après ça ne m'appartient plus.
- Speaker #0
C'est ce que vous faites, en tout cas vous l'avez fait pour moi et je sais pour plein de gens à qui j'étais très excitée de dire que je vous recevais. Alors chez Cerveau Puissant, on commence toujours de la même manière, par une citation, un adage, une valeur qui vous tient à cœur et qui vous a amené à l'homme que vous êtes aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez nous en partager une ?
- Speaker #1
Alors, il y en a beaucoup et c'est difficile de savoir en étant très honnête, parce que je ne peux pas vous dire oui, il y a eu cette phrase, mais en fait, dans ma tête, quand j'ai vu ce que vous me demandiez, je me dis qu'il y a plein de phrases qui m'ont marqué. Alors, peut-être qu'une de celles qui peut aussi répondre un peu à tout mon parcours, j'ai été très frappé par la lecture du livre « Ma vie » de Carl Gustav Jung, grand psychiatre suisse, qui est un livre formidable que j'ai lu à 16 ans. Et il y a une phrase dans ce livre, pas tout à fait une phrase, une anecdote qui raconte. où il a été rencontré un grand chef amérindien, c'était dans les années 1930, et ce chef amérindien lui dit, vous le problème de l'homme blanc, c'est que vous pensez avec votre tête. Alors Jung est déstabilisé, il dit, comment est-ce qu'on peut penser autrement ? Et le chef amérindien lui répond, nous nous pensons avec notre cœur. Et en fait ça m'a fait énorme, ça m'a impacté, c'est-à-dire c'est une phrase qui pouf, vous savez des fois il y a des phrases où je lui ai dit, elle vous liquéfie, je lui ai dit mais il y a une vérité très profonde derrière. Et j'ai compris que j'avais envie dans ma vie de toujours relier le cœur et l'intelligence. C'est-à-dire de ne pas simplement développer une connaissance, on va en parler de la connaissance et pourquoi c'est très important, mais de le développer avec le cœur. C'est-à-dire que toute mon intelligence, je vais la mettre au service de l'amour. Et j'ai compris que les deux piliers qu'elle est guidée toute ma vie, c'est la connaissance et l'amour. Et que je ne veux pas séparer les deux. Ce qui fait que tous mes livres, ils aident à vivre. Tous mes livres sont là pour que les gens aillent mieux. J'aime les gens en fait, on en parlait tout à l'heure tous les deux. Je crois que tous les deux, on aime les gens. On a envie que les gens aillent bien. Quand on croise quelqu'un qui va mal, on a envie de l'aider. Et donc, parce qu'on a en nous cette connexion avec les autres, on a envie d'être utile, on a envie que la société aille mieux, on a envie de s'engager. envie de se battre et du coup, même si on a plein de défauts, que des fois on fait du mal aux gens sans le vouloir en fait, mais en fait c'est vraiment ce combat qui m'anime, c'est d'apporter de la lumière pour que les gens aillent mieux, donc c'est de l'amour, c'est de la lumière qui apporte de l'amour. Donc c'est vraiment ce chemin que j'ai suivi, c'est d'essayer de transmettre un enseignement que je vais prendre partout, parce que je ne pense pas que j'ai inventé quelque chose, vous savez il y a beaucoup de philosophes qui disent que je suis un grand inventeur de concepts, moi pas du tout, je pense que j'ai été lire plein de choses géniales, J'en ai fait une synthèse personnelle et c'est ça que je transmets.
- Speaker #0
Que vous incarnez aussi.
- Speaker #1
Et que j'ai fait d'incarner, bien sûr, et d'incarner, puis avec mes mots à moi, avec des histoires, parce que je fais à la fois des essais, des romans, des contes philosophiques, donc des bandes dessinées. Donc à travers plein de médiums différents, j'essaie de transmettre un message qui aide à vivre. Parce qu'au fond, et là, c'est une phrase que j'ai inventée. Suite à avoir développé tout ça, j'ai mis en exergue d'un de mes livres qui s'appelle L'Oraque de la Luna, qui est un roman... initiatique que j'ai écrite il y a 20 ans, et j'ai mis en exergue cette phrase « Exister est un fait, vivre est un art » . Et en fait, cette phrase, je l'ai inventée pour dire ce que je voulais dire. C'est-à-dire qu'au fond, on apprend à vivre. On est là, on existe, on ne l'a pas choisi, mais on apprend à vivre. Et en fait, quand je dis on apprend à vivre, on ne nous apprend pas à vivre, ni à l'école, ni dans notre famille, etc. Et donc, ce que j'essaye de faire, comme d'autres, à travers leurs livres, leurs enseignements, etc., c'est aider les gens à vivre. C'est-à-dire, comment faire avec leurs émotions, avec leurs besoins de sens, avec les épreuves de la vie, comment gérer la souffrance, comment être plus heureux, donc comment apprendre à vivre. Et donc j'essaye d'être un artisan qui modestement aide les gens à vivre mieux.
- Speaker #0
Alors pour moi, vous êtes un être de lumière, tout simplement, ça paraît un peu effectivement ésotérique, mais c'est vrai que c'est de vous quand vous parlez se dégage une lumière. Quand on vous lit, on ressent de la lumière et c'est vrai que je crois qu'il y a beaucoup d'êtres de lumière qui se reconnaissent entre eux très rapidement en général. Et c'est vrai que moi j'aime, enfin je vous ai toujours identifié comme ça. Vous en parlez d'ailleurs.
- Speaker #1
Mais en fait, là je vais vous redonner une phrase de Jung. Je pense que si vous ressentez ça, si je dégage peut-être, j'en sais rien, une lumière, c'est parce que j'ai traversé mes ténèbres. C'est-à-dire, c'est pas parce que j'ai regardé la lumière, j'ai été heureux et tout. Non, c'est parce que j'en ai bavé. Et qu'ayant traversé mes propres ténèbres, ayant traversé mon ombre, ayant traversé mes fragilités, les ayant reconnues, assumées, du coup il y a de la lumière qui a jailli. Et cette phrase de Jung, qui j'ai lu beaucoup plus tard, mais qui correspond tout à fait à ça, il dit cette phrase merveilleuse, « On ne devient pas lumineux en regardant la lumière, mais en rendant conscientes nos propres obscurités. » C'est-à-dire, il faut rendre conscients ces obscurités. Et pour moi, tout le chemin de la vie sur Terre, c'est de passer de la peur à l'amour, c'est-à-dire grandir dans l'amour, et de passer de l'inconscience à la conscience, être de plus en plus conscient, lucide, ne pas être mu par notre inconscient, ne pas être mu par nos pulsions, ne pas être mu... par des désirs qui nous font du mal et qui ne sont pas justes. Donc arriver à être de plus en plus conscient. Et là-dessus, je pense qu'on peut être de plus en plus conscient parce qu'on va traverser son ombre. Et son ombre, c'est à la fois tout ce qui est inavoué en nous, toutes nos pulsions qui peuvent être meurtrières, etc. Mais c'est aussi nos fragilités, nos peurs, nos angoisses, tout ce qu'on a mis sous le tapis, qu'on ne veut pas voir, qui nous fait souffrir. Et à un moment donné, il faut le traverser. C'est pour ça que j'ai fait 10 ans de thérapie. Et j'ai commencé très tôt, je commençais à 25 ans, parce que j'avais beaucoup de souffrances. en moi, et je me suis dit, je veux traverser tout ça. Et j'ai souffert dans la thérapie aussi. Vous allez visiter des choses qui ne vous font pas plaisir. J'ai fait des thérapies, à la fin de la psychanalyse, des thérapies émotionnelles dans lesquelles vous allez revisiter des souffrances, des terreurs, des traumas de l'enfance très forts. Et bien, en traversant tout ça, on devient lumineux. C'est-à-dire que de plus en plus, vous êtes habité par une vérité intérieure qui se dégage de vous et on sent que ce que vous dites, ce n'est pas simplement des mots, c'est du vécu. C'est quelque chose que vous avez traversé. et regardez autour de vous Les gens qui nous touchent le plus, c'est les gens qui ont traversé des épreuves ou des grandes difficultés et qui les ont surmontées. Et le fait d'avoir traversé ça, d'être plus conscient, d'avoir vécu des choses fortes et de les avoir dépassées, c'est ça qui touche les gens. C'est ça que les gens perçoivent sans même le savoir. Et plein de gens m'ont dit, il y a d'autres philosophes, on les écoute, mais on ne les suit pas parce qu'on sent que c'est que des mots. C'est cérébral, c'est mental,
- Speaker #0
c'est répété,
- Speaker #1
c'est dans la tête.
- Speaker #0
Il faut être habité par ce qu'on dit.
- Speaker #1
Et voilà, et on est habité par ce qu'on dit parce qu'on y met du cœur. Et c'est ce que je vous disais, pour moi ce qui était essentiel depuis le départ, comme dit ce chef amérindien, c'est penser avec le cœur.
- Speaker #0
Bon c'est très touchant, je suis déjà émue alors que c'est que le début. Point très intéressant, vous dites que vous avez fait une psychanalyse, c'est assez rare d'entendre un homme jeune assumer la psychanalyse, c'est vrai que les femmes en général plus tendantes... La transformation intérieure. Exactement, et c'est drôle parce que j'en parlais récemment, qu'est-ce que vous pourriez recommander à un homme... On a tous besoin du psychanalyse, mais est-ce que vous pouvez avoir un message d'homme à homme pour dire à quel point c'est formidable, à quel point c'est nécessaire ?
- Speaker #1
Il faut déjà avoir le désir de changer. C'est-à-dire, si vous vous sentez très bien, que tout va bien, aucun intérêt. Si vous sentez quelque chose qui ne va pas, que vous... vous faites régulièrement les mêmes erreurs, que vous avez fait souffrir une, deux, trois, dix personnes, que vous avez des échecs à répétition. Moi, j'avais des échecs professionnels à répétition. J'étais malheureux dans ma vie affective. Donc, il y avait vraiment des problèmes. Donc, si on constate qu'il y a une insatisfaction, quelque chose qui ne va pas, à ce moment-là, oui, et c'est très important de s'engager, je dirais, dans un double travail. Un travail d'analyse où on réfléchit et donc c'est bien de le faire en face à face, soit dans la psychanalyse, soit il y a plein d'autres formes d'analyse aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on peut discuter avec quelqu'un sans être dans la psychanalyse allongée sur le divan. Moi, j'ai fait ça, mais j'ai voulu aller dans ce qui a fait de plus. La frépandeur. Mais on peut faire ça en face-à-face de manière plus simple. Donc, parler avec un psy, avoir des échanges, essayer de comprendre pourquoi régulièrement je reproduis le même mécanisme. C'est ce que Freud a fait, le scénario de répétition, qui fait qu'on va reproduire tout le temps les mêmes erreurs. Je vous donne un exemple. J'ai une amie un jour qui me dit, je ne comprends pas, je ne tombe que sur des pervers narcissiques. Et je lui dis, mais ma chérie, réfléchis. Si tu tombes que sur des... c'est qu'il y a quelque chose qui vient de toi, que tu n'as pas réglé. Elle va dire c'est scandaleux, tu me dis que je suis responsable. Je lui dis que tu es en partie responsable. Et puis elle a fait une thérapie, deux ans après elle me dit t'as complètement raison, c'est qu'effectivement je reproduisais ce que j'ai vécu avec mon père qui était lui-même un pervers, et du coup je ne m'attache qu'à des gens qui ressemblent à mon père. Donc elle a compris, et bien à partir du moment où elle l'a compris, le scénario a cessé. Parce que la vie est extraordinaire, c'est pas facile, elle nous éduque, elle nous resserre toujours sur le même plat, ce qu'on n'a pas conscientisé. C'est-à-dire si je n'ai pas conscientisé que j'ai telle problématique inconsciente, il va m'arriver tel événement, telle maladie, je vais retomber malade, je vais retomber sur des gens qui vont me maltraiter, etc. Et donc à un moment donné, quand on voit qu'on est pris dans des mécanismes comme ça de répétition qui nous font souffrir, eh bien il faut absolument faire une thérapie. Donc la psychanalyse va nous aider à comprendre les choses. Moi par exemple en psychanalyse, j'ai compris que j'avais une injonction paradoxale quand mon père m'avait dit « Sois quelqu'un d'important dont je sois fier » et mon père a été ministre donc il a été important, etc. Mais surtout, ne me dépasse jamais. C'est-à-dire qu'ils avaient cette injonction. Et du coup, dès que je commençais à réussir professionnellement, je me tirais une balle dans le pied. Il ne fallait pas dépasser mon père. J'ai la même taille que mon père, physiquement. Je ne l'ai pas dépassé. Donc vraiment, c'était un ordre que j'avais reçu. J'ai dit que j'ai quand,
- Speaker #0
à quel âge ?
- Speaker #1
Il y a 10 ans.
- Speaker #0
Ah ok, donc oui, mais à quel âge ?
- Speaker #1
93 ans.
- Speaker #0
Ok, il faut faire 94 ans. Voilà. Comme ça, vous aurez gagné la fois.
- Speaker #1
Oui, mais je crois que j'ai déjà gagné ça. Parce que j'ai fait donc la psychanalyse, m'a aidé à comprendre ça. Mais l'ayant compris, ça m'a déjà beaucoup éclairé sur ce qui se passait dans ma vie, mais je n'ai pas résolu complètement le problème. Et là, j'ai fait une deuxième thérapie qui était très utile, qui est la Gush Tal thérapie. On va dire que c'est une thérapie émotionnelle, corporelle, psychocorporelle, dans laquelle on revisite des souffrances. Donc, j'ai retravaillé sur mon père, etc. Comme le MDR ? Et dans le corps, oui, comme le MDR, ça se passe avec les yeux. Mais là, c'est plus comme le Rebirth ou comme... C'est un travail sur les émotions. Parce que le corps, c'est l'inconscient. Il enregistre tout. Et j'avais des nœuds en moi. qui fait qu'ils étaient toujours là, c'était de la colère, de la rage contre mon père. Je l'ai sorti, j'ai hurlé, c'est un groupe thérapeutique avec deux thérapeutes et tout, j'ai hurlé la rage contre mon père, cette colère que j'avais en moi, etc. Et je me suis libéré de quelque chose. Donc il fallait à la fois le travail mental, analytique, de compréhension, et le travail corporel pour dénouer le corps. Et à partir de ce moment-là, quelques mois après cette deuxième séance de thérapie, Tout m'a réussi professionnellement. C'est-à-dire que j'avais libéré le problème du père. Et quand je voyais mon père qui continuait d'être en rivalité avec moi, par exemple un jour, j'ai eu deux pages dans Paris Match suite à un livre, mon père a été chercher dans son bureau, il était à la retraite depuis longtemps. Il m'a dit, moi, il y a dix ans, j'ai eu huit pages dans Paris Match. Il était dans la compétition, mais grotesque, d'adolescent. J'en ai ri. C'est-à-dire que j'ai senti que j'avais dépassé le problème. Donc, le conseil que je dirais, c'est que si vous sentez que vous êtes bloqué, qu'il y a des choses qui se reproduisent, vous faites souffrir, vous êtes malheureux, faites un travail d'abord d'analyse. Et si vous voyez que votre analyse, il faut aller plus loin, faites un travail émotionnel sur le corps. Et là, il y a plein de choses, le Gostath, le Rebirth, le MDA, etc., qui peuvent libérer des traumas. Et du coup, votre vie, elle va... Vous allez complètement changer, en fait.
- Speaker #0
Alors, pourquoi les hommes le font moins, quand même ?
- Speaker #1
Pour plein de raisons. Mais j'en vois deux principalement. La première, c'est que spontanément, beaucoup d'hommes sont plutôt portés vers l'extérieur. C'est-à-dire, ce qui compte le plus pour eux, c'est la réussite extérieure. C'est-à-dire, on met toute son énergie pour gagner de l'argent, pour avoir une grosse voiture, pour briller, pour être reconnu par les autres. L'homme est plus spontanément porté vers la reconnaissance sociale. La femme a plus d'intériorité, c'est-à-dire qu'elle est plus portée, au fond, vers l'observation de soi, vers l'analyse, vers cette introspection, finalement, et qui fait que, du coup, elle est plus attirée par la thérapie, parce qu'elle se dit « j'ai envie de m'améliorer, j'ai envie de se transformer » . Alors qu'un homme va dire « j'ai envie de faire progresser mon entreprise, mon chiffre d'affaires, je caricature » . C'est dominant, on veut dire que c'est des types dominants. Donc ça c'est la première raison. Puis la deuxième raison, c'est que les hommes ont peut-être un peu plus peur de perdre la face, à cause du fait qu'ils sont sans plaisir. Dire qu'un homme fait une thérapie, c'est comme avouer qu'il était faible. Beaucoup d'hommes ne veulent pas montrer qu'ils ont de la faiblesse. Ils veulent toujours se montrer fort. Donc dire à leurs conjoints, dire à leurs amis, je fais une thérapie, ça veut dire que je suis quelqu'un de faible, je suis quelqu'un qui a besoin d'aide. Or, une des caractéristiques principales des hommes, c'est plutôt d'être des sauveurs. Moi je vais t'aider, je vais soutenir ma femme, je vais porter ma famille.
- Speaker #0
Là où vous avez raison, c'est que tant qu'on ne l'a pas fait, on ne se soutient pas bien.
- Speaker #1
Mais on ne se tient pas bien.
- Speaker #0
Et que moi, qui suis quand même une femme, si un homme me dit, je suis en train de me questionner sur moi, je fais un travail.
- Speaker #1
Ça va vous attirer.
- Speaker #0
Ah bah ça va, je suis extrêmement admirative. Et la vulnérabilité... bien exprimé et l'authenticité m'attire de manière incroyable tout ce qui est confondu.
- Speaker #1
Tout à fait. Mais beaucoup d'hommes pensent qu'en fait, ils ont ce fantasme que s'ils avouent qu'ils ont une faiblesse, ils vont être rejetés.
- Speaker #0
C'est drôle parce qu'il y a quand même aussi beaucoup d'entrepreneurs qui justement expliquent leur échec, ce qui leur est arrivé.
- Speaker #1
C'est nouveau ça. Avant, il fallait toujours montrer qu'on est fort.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est nouveau.
- Speaker #1
Et ça, Jung en parle très bien. Je n'arrête pas de parler de Jung.
- Speaker #0
Je le fais parce que, en plus, je m'en fiche. Oui, mais moi aussi, je l'adore. Puis on peut y aller.
- Speaker #1
J'ai fait un livre sur lui, d'ailleurs. Jung a Voyage vers soi. Et en fait, Jung en parle très bien. Il appelle ça la persona. Il nous dit, nous portons tous un masque. La persona, c'était le masque que portaient les acteurs du théâtre en Grèce et à Rome. C'est-à-dire, c'est des espèces de masques énormes pour qu'on voit à quoi ils ressemblent. Donc, si c'est le méchant, on voit que c'est le méchant. S'il est triste, on voit qu'il est triste. Comme les théâtres étaient immenses, il y avait 20 000 personnes, il fallait pouvoir voir le caractère. Mais il dit, nous portons tous une personne, c'est-à-dire une image sociale, ce qu'on veut montrer aux autres. Il dit, le problème, c'est qu'on finit par s'identifier à notre personne. On finit parce qu'on doit montrer dans notre vie d'entreprise qu'on est fort face à des concurrents, etc. On finit par croire qu'on est fort et on veut faire croire à notre conjoint, à nos enfants qu'on est fort, alors qu'on n'est pas. Alors qu'on a des fragilités, des faiblesses. Il dit, c'est dramatique, ça crée une scission psychique chez l'individu où, en fait, il montre une image de ce qu'il n'est pas. Ce qui crée de la souffrance, ce qui crée de la culpabilité, ce qui crée de la tension, du stress. Et donc beaucoup d'hommes vivent dans le stress parce qu'ils n'osent pas, comme vous disiez, montrer des fragilités. Or, ils ont bien tort parce que la société a évolué et qu'aujourd'hui, beaucoup de femmes et beaucoup de gens admettent parfaitement qu'on a tous des faiblesses, des fragilités et que les montrer ou les dire, c'est une signe de force. Ce n'est pas un signe de faiblesse.
- Speaker #0
Et puis surtout, ça met un peu tout le monde au même niveau. C'est-à-dire qu'en fait, comme vous le dites, on traverse tous des montagnes. joyeuse et parfois beaucoup plus agréable et en fait on est tous égaux. C'est tout pareil, exactement. Et donc ?
- Speaker #1
Donc croire que voilà, on serait les seuls à être fragiles, non, tout le monde est fragile, tout le monde a des faiblesses, tout le monde a des défauts. Et il faut simplement les reconnaître, les admettre, en rire des fois, ça fait beaucoup de bien.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Pour moi l'humour est une vertu fondamentale, qui aide beaucoup à mettre de la distance avec le tragique, avec la souffrance. Et donc oui, la reconnaissance est la traversée de nos fragilités, donc c'est ce que j'ai essayé de faire pendant une dizaine d'années. C'est d'aller visiter mes pardons, mes fragilités, mes peurs, de les traverser jusqu'au bout pour être conscient, pour être lucide. Et c'est ça qui m'a transformé complètement.
- Speaker #0
Alors, tout à l'heure, vous disiez quelque chose de très intéressant. Il reste une question personnelle. Qu'est-ce qu'on fait quand on se rend compte qu'on blâche les autres ? Parce que moi, personnellement, typiquement, je suis toujours partagée entre... On ne peut pas être parfait. On est pressé, on est parfois maladroit, voilà. Et de l'autre côté, on ne peut pas toujours... Enfin, on ne se rend pas compte de tout, déjà, de un. Et deuxièmement, si on s'en rend compte... Si on devait tout rattraper, les petites bêtises ou les petits manquements, je ne dis pas de quoi, on arrive dans le métro sans faire exprès, on bouscule quelqu'un, on n'a pas toujours le temps de dire « Ah, excusez-moi, je suis désolée, je ne voulais pas, voilà. » Quel conseil vous auriez pour nous perfectionner sur quand on sent qu'on fait des petites, sans le vouloir, on froisse des gens ?
- Speaker #1
En fait, c'est presque inévitable, c'est-à-dire que c'est très difficile, on dit qu'on n'est pas parfait, donc on a des moments d'impatience, on a des paroles qui nous échappent, on a des gestes qui ne sont pas adaptés. Déjà, le principal au départ, c'est d'en prendre conscience, parce que des fois, on n'en a pas conscience. Vous savez, j'ai des gens qui m'ont dit, 10 ans plus tard, tu m'as blessé. Je n'en avais aucune conscience. Des personnes à qui j'ai manqué de respect, etc. Et à l'époque, je ne me rendais absolument pas compte que j'avais eu une attitude, un acte ou une parole qui avait pu blesser. Donc déjà, la prise de conscience, elle est forte. Parce que vous vous dites, tiens, comment j'ai pu blesser telle personne ? Donc la première chose, en prendre conscience. Ensuite, demander pardon. C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous sentez que oui, vous avez blessé quelqu'un, même si vous n'avez à l'époque pas conscientisé, une fois que vous en avez pris conscience, c'est essentiel de demander pardon. et de pouvoir, du fond du cœur, dire je suis désolé, je ne me suis pas rendu compte que j'étais blessé, ou je m'en suis rendu compte et puis j'aurais dû te demander, je ne l'ai pas fait à l'époque. Donc demander pardon, ça restaure la relation et ça enlève le venin chez l'un et chez l'autre d'ailleurs, de la blessure. Et puis être plus vigilant, c'est-à-dire ne pas recommencer. C'est-à-dire se dire, tiens, pourquoi j'ai blessé cette personne ? Pourquoi je n'ai pas vu que je l'avais blessée ? Je n'étais pas assez attentif. Et là, essayer de changer. On est pressé, on n'est pas attentif. Et là, essayer de s'améliorer. Pour ne pas reproduire ce qu'on a fait une ou plusieurs fois qui a pu blesser des proches. Par exemple, il y a des gens qui parlent trop vite, se dire « attends, mes mains, je vais réfléchir avant de parler » . Vous savez, c'est les trois tamis. C'est-à-dire qu'il faut passer toutes ces pensées, toutes ces paroles et tous ces actes au tamis de l'amour. C'est-à-dire se dire « est-ce que cette parole va être utile ? » utile, est-ce qu'elle va être blessante, est-ce qu'elle va être positive, est-ce que cette pensée... Réfléchir avant de développer une pensée, de se dire est-ce que cette pensée va construire quelque chose de positif ou elle va être pour moi et pour les autres négative. Est-ce que cette parole va faire du bien ou est-ce qu'elle va être destructrice, pour moi et pour les autres, c'est toujours pareil. Est-ce que cette action, quand vous réfléchissez à ça, avant d'agir, avant de penser, avant de développer une pensée, avant de parler, il y a plein de choses que vous allez dire, je ne veux pas aller plus loin là-dedans.
- Speaker #0
Et puis l'intuition aussi, parce que parfois, il y a des choix qui doivent être un peu courageux, audacieux, notamment sur le nom, sur la punition. Enfin, je veux dire, quand on est entrepreneur, il faut dire quelque chose à quelqu'un de son équipe. Pour un parent, il faut réprimander l'enfant. Donc c'est vrai qu'à un moment, on se dit, bon, il y a un moment, on doit quand même restaurer une certaine autorité. Et je crois qu'il y a aussi l'intuition, on sait que ça ne va pas forcément être agréable pour aucun des deux. Mais on sent qu'il faut y aller.
- Speaker #1
Ce n'est pas que de l'intuition, c'est aussi de la raison, de la connaissance, de l'expérience. C'est-à-dire que vous savez que des fois, voilà, ça va servir. Et vous savez par expérience, parce que vous l'avez bien compris, que des fois, une forme d'autorité est beaucoup plus, est très juste et qu'il faut la manifester plutôt que d'être dans un laxisme complet. C'est évident pour l'éducation, c'est évident dans plein de domaines. Donc là, je crois que la raison est très importante. Mais il y a aussi l'intuition. C'est vrai que la raison, c'est quoi l'intuition ? La raison, c'est lié à l'observation, l'analyse, l'expérience, etc. L'intuition, c'est une fulgurance. Vous avez une idée qui vous arrive, vous ne savez pas très bien pourquoi, vous ne connaissez pas la cause, vous ne pouvez pas l'analyser, mais vous savez que c'est vrai. Et là, ça existe tout à fait. D'ailleurs Spinoza, qui est un des plus grands philosophes rationalistes de tous les temps, nous dit très clairement qu'il y a trois octaves de la connaissance. Il y a l'opinion, on répète les choses sans avoir réfléchi. Il y a la raison qui nous permet de s'approprier une connaissance par l'intelligence, par le discernement, par l'analyse, par la pensée. C'est un niveau bien supérieur à l'opinion. Et puis vous avez l'intuition, il nous dit c'est l'octave supérieur de la raison, on connaît les choses sans avoir fait le raisonnement. Et il nous dit, c'est l'intuition qui nous permet souvent d'avoir des idées nouvelles, vous savez les grandes découvertes d'Einstein disaient, toutes les grandes découvertes scientifiques ont commencé par des intuitions. C'est-à-dire qu'on a l'intuition qu'il faut chercher dans cette direction, et puis l'expérimentation va vérifier si c'est vrai ou pas. Les artistes ont des intuitions fulgurantes, les mystiques, l'intuition c'est l'esprit qui nous relie à quelque chose de mystérieux, on sait pas quoi, qui fait qu'on a des idées vraies qui nous tombent dessus. Alors après, La grande difficulté, c'est qu'on peut confondre nos désirs et nos intuitions. C'est-à-dire qu'on peut très bien, par exemple, vous êtes une jeune femme, vous rencontrez un homme qui est éblouissant, vous dites « j'ai l'intuition que c'est l'homme de ma vie » . Ça peut être votre désir, parce qu'il est beau, riche, intelligent. Et donc on confond souvent ses désirs et ses intuitions. Et Spinoza nous dit, pour ne plus confondre ses désirs et ses intuitions, il faut développer sa raison, son esprit critique. Donc plus vous avez d'esprit critique et de discernement, plus vous saurez distinguer une intuition qui vous vient vraiment, vous ne savez pas d'où. d'un désir que vous allez camoufler sous le visage sympathique de l'intuition.
- Speaker #0
Bien sûr. Et aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je voudrais juste rajouter quelque chose. Il y a quelque chose qui peut être lié au monde de l'intuition, qui est très important, c'est ce que Jung appelle les synchronicités. C'est-à-dire qu'il nous arrive dans la vie des événements signifiants, c'est-à-dire des coïncidences troublantes. Vous pensez à un ami que vous n'avez pas vu depuis des années, dix ans, et d'un coup le téléphone sonne. C'est incroyable. Et en fait, ce n'est pas parce que vous avez pensé à lui qu'il a téléphoné, ce n'est pas la cause. En fait, c'est juste deux événements reliés qui ont du sens, mais pas par la causalité. Il n'y a pas de lien de causalité entre eux. Ce n'est pas la pensée qui a appelé l'appel ou vice-versa. C'est simplement qu'il y a quelque chose de mystérieux dans l'univers, qu'on n'explique pas actuellement scientifiquement, qui fait qu'il y a des synchronicités et que des coïncidences extraordinaires. Et qu'il va vous arriver, vous êtes en train de chercher une solution et tout, puis d'un coup, vous allez voir un panneau d'affichage dans la rue et vous avez la réponse. Vous allez entendre une parole d'un passant et vous avez la réponse. Donc, il faut être ouvert à ça. et les synchronicités c'est les formes d'intuition c'est l'univers, c'est la vie qui vous donne des réponses à travers des événements étonnants qui sont des, on appelle ça des étranges coïncidences la vie nous veut du bien j'en suis convaincu mais ça c'est une question de confiance de foi presque parce qu'en fait il y a des gens qui vont vous dire la vie est mauvaise la vie est un mot du mal pour moi c'est un signe mais ça il faut avoir ce regard sur la vie c'est à dire si vous avez un regard sur la vie où vous pensez que la vie au fond est bonne et qu'elle vous veut du bien Si vous le voulez bien, c'est-à-dire qu'il faut aussi accueillir, parce que vous pouvez avoir le cœur fermé et à ce moment-là, il ne vous arrivera rien de bon. Si vous avez le cœur ouvert, il vous arrivera de plus en plus des choses belles. C'est-à-dire que la vie, en fait, plus vous êtes généreux avec la vie, plus la vie est généreuse avec vous, et dans les deux sens. Et on sent que plus on vit le cœur ouvert, plus en fait il nous arrive des choses assez extraordinaires, et qu'il y aura toujours une main qui viendra vous aider au moment où vous êtes dans la difficulté, il y aura toujours une réponse qui vous arrivera. Et c'est qu'on vit ça et qu'on l'a expérimenté, mais on a une confiance absolue dans la vie. Et moi, j'ai eu la chance d'avoir de la chance dans ma vie. Et du coup, plus ça va, plus je suis totalement confiant. Et je me dis, il peut m'arriver les pires choses, il y aura toujours une solution. Et ça m'aidera à grandir aussi. Et ça, c'est une des phrases, alors là, j'en reviens aux phrases clés de ma vie, qui m'a le plus aidé, c'est que j'ai lu très jeune, j'ai lu vers 14 ans, les entretiens d'Épic-Tête, qui est un grand philosophe stoïcien, c'est un esclave qui est devenu philosophe. Il a cette phrase extraordinaire, il dit en fait, le malheur et le bonheur ne sont pas dans les causes extérieures, c'est-à-dire ce qui nous arrive de l'extérieur, c'est dans la manière dont on voit les choses, c'est-à-dire tout est dans notre regard. Alors que nous pensons tous... que ce qui nous rend heureux ou malheureux, c'est les causes extérieures, c'est les choses extérieures, c'est-à-dire je reçois un compliment, je suis heureux, je reçois une insulte, je suis malheureux, j'ai réussi un examen, je suis heureux, etc. Ben il nous dit non, en fait, bien sûr qu'il y a des choses extérieures qui peuvent nous rendre heureux ou malheureux, mais ne faisons pas dépendre notre bonheur et notre malheur des choses extérieures, sinon on sera toujours balotté en permanence par il m'arrive une bonne nouvelle, je suis heureux, une mauvaise nouvelle, je suis malheureux, mais du coup on ne sera jamais vraiment heureux, on sera toujours balotté par ce qui arrive de l'extérieur. et toute la clé de la philosophie grecque et on retrouve la même chose dans le bouddhisme, c'est de faire que notre bonheur est à l'intérieur de nous. On le construit à travers le regard qu'on porte sur les choses. Et à ce moment-là, s'il nous arrive une tuile, au lieu de dire « Ah, quelle catastrophe ! » , on va dire « Tiens, la vie m'envoie une difficulté, j'ai quelque chose à apprendre. » Et là, on rejoint Nelson Mandela, autre phrase extraordinaire, « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends. » Et c'est une explication stoïcienne, c'est-à-dire de la vie. C'est-à-dire que la vie nous envoie des messages, des épreuves, des difficultés qui peuvent nous faire grandir. Si on le veut bien, si on veut ouvrir son cœur, mais est-ce qu'on peut le fermer ? On peut être en colère, si on perd un proche, si on perd son job, si on a une difficulté. On peut être en colère contre la vie, on peut être triste, ça ne va rien arranger. Alors que si, on peut ressentir ses émotions, bien sûr, mais à un moment donné, on peut décider de les transformer parce qu'on décide de poser notre regard autrement. Et de se dire, en fait, cette difficulté, ça peut être une opportunité pour moi de grandir, d'ouvrir mon cœur. Combien on a vu de gens qui ont traversé un cancer ? Une grande épreuve qui vous dit je ne suis plus la même personne, je me suis amélioré, je vois la vie autrement, j'ai plus de bonté. Tu es plus heureux. Je suis plus heureux tout simplement parce qu'il y a quelque chose qui nous a transformés, exactement. Et donc en fait, dès qu'on voit de l'opportunité à travers la difficulté, en fait on accueille tout. C'est-à-dire qu'on se dit ok, on fait tout ce qu'on peut pour améliorer les choses, changer, puis si on ne peut plus rien faire, c'est le destin. À ce moment-là, on utilise la phrase de Nietzsche. « Amor fati » , aime ton destin. Et « amor fati » , c'est une phrase de Nietzsche, mais qui est totalement stoïcienne. C'est-à-dire, lorsque tu ne peux pas changer quelque chose, mieux vaut l'aimer, c'est-à-dire de l'épouser, cette difficulté d'en faire quelque chose, plutôt d'être en colère, ou en ressentiment, ou en tristesse contre la vie. Parce que sinon, tu vas souffrir deux fois. Tu vas souffrir de l'épreuve qui t'arrive, et en plus, tu vas souffrir du refus de ton désarmois, du refus du réel, que tu ne peux pas changer. Et en même temps, en disant ça, il y a des gens qui vont dire « Oui, mais c'est de la méthode Coué, c'est complètement idiot. » Non ! Parce que je crois que c'est vrai. Je crois que le fait de dire j'accepte et j'aime cette épreuve, même si je ne l'ai pas choisie, c'est vrai qu'on peut découvrir à travers cette épreuve qu'il y a quelque chose qui nous attend de mieux. Il y a deux idéogrammes qui signifient le mot crise. C'est danger, opportunité. C'est exactement ça. Vous voyez, tous se rejoignent. Les taoïstes, Nelson Mandela, Épictète, etc. Dans l'âme du monde, dans les tracliés de la sagesse, etc. C'est-à-dire qu'au fond, dans chaque crise, collective ou individuelle, il y a du danger. Il faut se protéger, il faut réfléchir, mais il y a de l'opportunité. C'est-à-dire qu'il faut peut-être regarder les choses autrement.
- Speaker #0
Moi, j'ai une autre manière de le résumer, mais qui dit la même chose que vous, c'est qu'en fait, si on nous envoie une douleur, une épreuve, quelque chose de très dur, et qu'on est malheureux, et qu'on est en colère longtemps, on alimente le mal en fait. Et donc, en alimentant le mal, le mal continue à avancer. Alors que si on arrive en fait à se dire, et moi en fait c'est ce que ma grand-mère me disait, elle me disait quand tu es en colère, quand tu es désemparé, tu offres, moi je suis croyante, mais tu offres à l'univers ta colère, ton désespoir. Tu ne t'endors jamais sur des mauvaises pensées, tu l'offres à la puissance de la lumière. Et le lendemain matin, tu verras, tu seras apaisé. Eh bien, aujourd'hui, et c'est vrai pour des choses du quotidien comme des choses très graves, Et je dis toujours, montrez-moi le chemin, montrez-moi où aller. Et même moi, ça m'apaise, parce que vous avez raison, je suis moins en...
- Speaker #1
En combat.
- Speaker #0
Ouais, en combat. On n'est plus en combat contre la vie. Tellement, en fait. Le désamour, ça assèche. Et donc ça, je crois qu'on l'a tous vu. Et puis,
- Speaker #1
ça nous rend responsables. C'est-à-dire qu'on arrête d'être des victimes qui se plaignent. Parce qu'il y a une tendance aujourd'hui très très forte, notamment en France, plus que dans d'autres pays étrangers, on se plaint tout le temps. C'est-à-dire qu'on est victime de l'État, du gouvernement, des impôts, du temps... Des gens, des méchants. On est tout le temps la victime de quelqu'un ou de quelque chose. Et on cultive ça. Les médias cultivent ça. Et on est tout le temps dans la plainte. Mais en fait, on n'avance pas. Et à un moment donné, il faut se dire, bon, bah oui. Je peux subir des choses, les choses ne sont pas justes, il faut lutter contre ce qui nous agresse, mais en même temps, il faut aller de l'avant et se dire je suis responsable, au fond, ultimement de mon bonheur et de mon malheur. Et je ne vais pas donner aux autres la liberté de dire toi tu dois être malheureux, non, quelqu'un peut m'agresser, il y a quelque chose qui ne me plaît pas, mais il ne va pas m'enlever forcément mon bonheur, il ne va pas m'enlever forcément ma joie de vivre. Donc je peux lui dire ce n'est pas juste ce que tu as fait, je peux lutter contre ça, contre cette injustice, mais en même temps, ce n'est pas à lui de décider si je dois être heureux ou malheureux. C'est ultimement à moi de le décider et donc de prendre une épreuve, une difficulté comme quelque chose qui peut me faire grandir, qui peut m'améliorer, qui peut me permettre en fait de vivre les yeux plus grands ouverts et le cœur plus grand ouvert.
- Speaker #0
Alors moi, je partage toutes vos idées, mais je suis beaucoup moins sage que vous pour le moment.
- Speaker #1
Comment vous savez que je suis sage ? Vous n'en savez rien. Vous lisez mes écrits, mais je ne peux pas dire que je suis sage.
- Speaker #0
Non, mais l'expérience, la connaissance, la curiosité, pour moi, c'est ça la sagesse. C'est un chemin. Exactement, c'est un chemin. Vous êtes un peu plus avancé dans le chemin. Parce que je suis plus âgé,
- Speaker #1
c'est tout.
- Speaker #0
Je vous rejoindrai un jour et je serai ravie d'être votre égale. Contrairement à votre père qui ne vous l'est pas, je serai ravie de venir à vos côtés vous rejoindre. Je partage ce que vous dites. Depuis toujours, depuis très jeune, probablement parce que je suis une femme de foi, de foi dans la vie, dans l'amour, dans les gens. Ce n'est pas que la religion, la foi. J'ai une chose où j'ai du mal, et je crois que c'est là où j'admets, c'est dans les choses vraiment... très dures, la vraie injustice, celle qui clôt, celle qui met les gens dans le désarroi. Je ne me sens pas armée pour accompagner. Et je crois que c'est le cas de beaucoup d'entre nous. Quand un drame terrible nous touche, les gens restent souvent un peu muets parce qu'ils ne savent pas dire qu'est-ce que vous pouvez conseiller comme pour accompagner, aider et remontrer un petit bout de lumière.
- Speaker #1
Alors là, vous avez raison, lorsqu'on est face aux drames les plus durs, parce que là, on parle de choses qui peuvent tous nous arriver, même si ça peut toucher des maladies, lorsqu'on est face à des drames beaucoup plus forts, notamment qu'on est face à des injustices aujourd'hui, qu'on regarde ce qui se passe en Iran, la situation tragique de ce peuple, de ces femmes, on se dit c'est horrible et qu'est-ce qu'on peut faire, on est impuissant, qu'est-ce qu'on peut faire lorsqu'on est parent et qu'on a un enfant qui décède, il y a des choses qui nous atteignent beaucoup plus fortement. il y a des atrocités qui sont commises. Là, moi, ce qui peut m'aider, je dirais, par rapport à ça, c'est trois phrases que j'ai réunies un jour pour en faire une philosophie. J'ai d'abord lu chez Socrate cette phrase « Nul ne fait le mal volontairement » . Ça m'a interloqué. Je me suis dit « Quand même, il y a des méchants. » C'est des gens de fond le monde.
- Speaker #0
C'est des gens qui...
- Speaker #1
Ah, mais là, on a dit sur le bouton. Mais ça m'a fait réfléchir. Et puis après, quelques années après, adolescent, je lis chez Bouddha, la cause de tous les mots, c'est l'ignorance. Et quelques années après, à 19 ans, je lis pour la première fois les évangiles et je vois Jésus qui est sur la croix, crucifié. Les gens qui l'acclamaient trois jours plus tôt l'insultent et il dit, père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. Et là... Ça s'est réuni et je me suis dit en fait, derrière tout acte de méchanceté, il y a de l'ignorance, il y a de la peur, il y a de la souffrance, il y a des gens qui ne savent pas. Il y a des gens, et du coup ça m'aide quelque part à dépasser ça, parce que je me dis, ça n'enlève pas le tragique.
- Speaker #0
En fait c'est les gens qui sont mauvais, sont vides.
- Speaker #1
Sont vides, sont ignorants, pensent à bien agir. Regardez les nazis, aucun n'est né nazi. Ils ont tous été dans une espèce de mal de déformation de la pensée. Je suis sûr que les... Les terroristes islamiques, il y a quelque chose... D'ailleurs,
- Speaker #0
on dit lavage de cerveau.
- Speaker #1
Il y a une forme de lavage de cerveau. Ils sont obstrués dans une erreur. Mais ils sont convaincus d'avoir raison. Mais ils sont complètement dans l'erreur. Et donc, je crois que derrière tout ça, il y a de l'ignorance très profonde ou de la souffrance. Des gens qui ont subi des atrocités peuvent recommettre des atrocités. C'est aussi très fréquent.
- Speaker #0
C'est le schéma.
- Speaker #1
C'est le schéma de mécanisme de répétition. Et donc là, je crois que quand on comprend ça, c'est plus facile. Parce qu'on se dit, on a une sorte d'explication de si on fait reculer, et du coup on s'engage on s'engage pour faire reculer l'ignorance et qu'est-ce que je fais moi dans tous mes bouquins j'essaye de faire reculer l'ignorance j'ai créé une association qui s'appelle SEV qui veut dire savoir-être et vivre ensemble il y a 10 ans, et en fait cette association elle vise à faire des ateliers de philosophie avec les enfants dans les écoles, on a fait en moyenne 10 000 ateliers par an on a formé plus de 7 000 animateurs qui vont dans toutes les écoles, on a un partenariat avec l'éducation nationale, et donc on va dans les écoles on fait philosopher les enfants Et plus vous avez des enfants qui vont philosopher, réfléchir, développer un discernement en esprit critique, le monde va changer. On les fait aussi des petits temps d'attention, etc. Et donc, plus on développe l'esprit critique, plus le mal va reculer. Et donc, c'est pour ça que moi, partant de ce cours, Je constate que c'est l'ignorance qui est la cause de tous les maux, et je le crois profondément, et bien je me bats pour que les gens soient dans la connaissance, dans le discernement, dans la réflexion, dans l'esprit critique, pour développer cette capacité, cette lucidité, qui va nous engager en fait vers le bien. Et donc c'est pour ça que j'ai créé récemment la Maison des Sages, parce que les parents des enfants qui faisaient des ateliers philo me disaient « mais nous ça bouleverse tout à la maison » . Parce qu'un enfant qui fait un atelier philo, on lui apprend à argumenter. Tout le temps, il faut toujours dire Pourquoi tu crois ça ? Il faut argumenter, c'est ça la philo. Et puis un jour, il y a un père de famille que je rencontre et qui me dit, mais moi, c'est très compliqué à la maison, parce que chaque fois que je dis à mon fils qu'à 7 ans, fais ça, il me dit, papa, argumente. Donc, vous voyez l'éducation comme elle devient exigeante. Et du coup, je me suis dit, je vais créer aussi des cours de philo pour adultes. Et donc là, je viens de créer il y a un an la Maison des Sagesse et on fait par Zoom tous les jeudis soirs, avec un replay, des cours de philo pour apprendre à réfléchir, à comprendre le monde, à se connaître soi-même, etc. On fait aussi des séminaires. avec Christophe André qui va faire bientôt un séminaire sur la grande santé. C'est-à-dire, pourquoi est-ce qu'on veut être en santé ? Eh bien, on veut être en santé pour avoir une vie pleine de sens. C'est-à-dire pour pouvoir développer notre âme, en fait, et des qualités, etc., intellectuelles qu'on ne ferait pas si on était en mauvaise santé. Donc, tous ces thèmes-là, j'ai envie de les transmettre le plus possible, et à travers des livres, à travers toutes sortes de choses, parce que je me dis, au fond, rien n'est plus important que d'apporter de l'intelligence, de la lumière, de la compréhension, et c'est comme ça que le mal reculera. Donc, en fait, plutôt que de subir le malheur, J'essaie de m'engager pour le faire reculer à mon niveau en apportant de l'intelligence ou de la lumière, et d'autres le font en s'engageant dans des ONG humanitaires, etc. Chacun le fait à son niveau en fait.
- Speaker #0
Quels sont les conseils que vous pourriez donner basiques pour passer une bonne journée ?
- Speaker #1
Alors je dirais que la première chose, c'est de commencer par se réveiller en disant merci à la vie. Merci à la vie de ne pas être dans une très mauvaise santé qui m'empêche de savourer l'existence. merci de pouvoir faire des choses que j'aime, merci d'avoir des gens autour de moi. Déjà, remercier est dans la gratitude. Quand vous ouvrez votre cœur dès le matin à la gratitude, votre journée se passe déjà tout autrement. Parce que je le disais tout à l'heure, plus on est généreux envers la vie, plus la vie est généreuse envers nous, et dans les deux sens. Et donc, quand vous dites merci, vous êtes généreux envers la vie, vous remerciez la vie. Et à ce moment-là, vous allez voir, vous aurez les yeux ouverts sur plein de choses, plein de petits cadeaux, de belles rencontres, de soutien, etc. Et puis, terminez votre journée en remerciant aussi. Et là, vous allez conscientiser tout ce qui s'est passé dans la journée. Et au lieu de vous endormir en ressassant tous les soucis qui font que vous n'allez pas dormir, vous allez vous endormir en disant « j'ai eu tel coup de fil, j'ai eu un rayon de soleil dans la rue qui était beau, j'ai appris telle bonne nouvelle, etc. » Vous allez vous endormir sereinement. Donc, c'est les deux choses, gratitude de matin et gratitude de soir. Et puis après, je pense qu'il s'agit d'essayer effectivement de ne pas s'est déstabiliser par les mauvaises nouvelles, d'essayer de dire « bon, il y a une mauvaise nouvelle, quelle est la solution ? » De voir plutôt le positif, c'est ce que vous disiez, c'est d'essayer d'avoir une pensée qui vous permet de trouver la solution plutôt que de se plaindre. Et puis après, pour moi, c'est toujours la même chose, c'est de vivre le cœur ouvert, c'est-à-dire d'essayer d'avoir un moment où vous faites quelque chose de gratuitement pour quelqu'un, vous allez soutenir quelqu'un, vous allez sourire à quelqu'un. Ces petites choses-là, c'est des cadeaux, ça change tout.
- Speaker #0
C'est gratuit en plus.
- Speaker #1
Tout à fait, c'est gratuit et franchement... Il y a, on parle des phrases, il y a une phrase que j'aime aussi énormément de l'évangile, il y a plus de joie à donner qu'à recevoir. C'est vrai, c'est vrai qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir. A chaque fois que vous allez donner quelque chose, vous allez voir que vous avez changé peut-être la journée de quelqu'un par une phrase, une parole, un sourire, un regard, mais vous êtes dans la joie aussi. Moi j'ai découvert ça, j'avais 13 ans, c'était la mode, vous n'avez pas connu ça, vous êtes plus jeunes que moi, il y a eu dans les années 70 la mode des ponchos. Et tout le monde voulait...
- Speaker #0
Je me rappelle que j'ai vécu en Argentine. C'est vrai. Mais là,
- Speaker #1
c'était en France. Dans les années 70, vous étiez pas là. Et donc, en fait, la mode des ponchos, tout le monde voulait un petit poncho. C'est super. Et donc, mon père avait été au Mexique et il m'avait ramené un magnifique poncho. J'étais tellement fier que je suis sorti dans la rue. Je l'attendais depuis des semaines. Et c'était l'hiver, il faisait froid, il neigeait doucement. Et j'étais à Paris. Et puis là, je reborde mon poncho, mais j'étais trop fier. Et puis, je vois un clochard qui était devant une porte cochère. Et je vois qu'il grêlait de froid. Et vraiment... Il n'avait pas de quoi s'habiller suffisamment. Et c'est plus fort que moi. Je lui ai donné mon poncho. C'était un truc, je n'ai même pas réfléchi. Je lui donne ce poncho. Il se met à pleurer. Je pleure. J'ai une des plus grandes joies de toute ma vie. Je me suis libéré d'une chose qui me touchait tellement à cœur, ce poncho. Mais j'ai eu une récompense mille fois plus grande. Et ça, j'ai compris ça. Cette loi de l'amour, du partage, du lien.
- Speaker #0
Et ça a changé ma vie. Bravo. Et c'est vrai que parfois, il y a les petits gestes comme ça, finalement faciles, de sacrifice aussi. Le sacrifice, c'est... C'est parfois important pour avoir plus.
- Speaker #1
De renoncer à certaines choses. Tout à fait.
- Speaker #0
Alors moi, j'ai une histoire aussi que ma grand-mère était très croyante dans le sens de l'époque.
- Speaker #1
De la religion, oui.
- Speaker #0
De la religion. Et c'est comme on raconte des choses. Une chose personnelle, me voyait un peu jeune comme celle de la famille qui allait reprendre ce flambeau. Ce qui me faisait un peu peur quand j'étais jeune, c'est que je me disais, alors moi j'adore être connectée, mais le couvent, j'ai quand même envie de faire plein de trucs, de voyager, d'avoir des enfants, je ne sais pas si je vais aller au couvent. Elle me parlait beaucoup, tous les soirs, quand on s'occupait de nous, et c'était très souvent, elle me lisait des histoires de Jésus, au lieu de me lire des histoires de Walt Disney, et j'adorais parce qu'en fait, toutes les histoires... Et vous le faites d'ailleurs vous aussi dans vos livres, ce sont des paraboles, ce sont des...
- Speaker #1
Tout à fait,
- Speaker #0
c'est universel. Il y a plein de choses, puis c'est fascinant aussi pour un enfant, c'est les mêmes histoires en fait, que vous lisez le bon, le mal, la punition, on pardonne, on revient, finalement on finit toujours... La rédemption. La rédemption, exactement. Et ma grand-mère, j'ai grandi avec une grand-mère qui avait toujours des médailles miraculeuses sur elle, et qui distribuait les médailles où qu'on aille, à la boulangerie, dans le bus, et qui me disait, depuis très jeune, Claire va donner. Et alors moi jeune, je disais, ah bon, mais pourquoi, enfin les gens... Ils s'en fichent de la médaille miraculeuse et peut-être qu'ils ne croient pas. Et ma grand-mère m'avait dit, tu verras, personne ne te refusera jamais une médaille miraculeuse. Tu auras toujours un sourire. Résultat, là, je n'en ai pas pour vous aujourd'hui, mais je vous en enverrai une. J'ai gardé ça. Et quelle que soit la religion, quelle que soit l'histoire, les gens me regardent avec un immense sourire. Et souvent, les yeux, parfois, sont un peu émus de ce côté et de cet acte super simple. Et donc, je le fais. Avec tous les gens que j'aime, mais même que je croise. Et je n'ai jamais eu de refus.
- Speaker #1
C'est très beau. C'est la première fois que j'entends parler de quelqu'un qui distribue des médailles miraculeuses.
- Speaker #0
Et en plus, les médailles miraculeuses, et puis l'histoire que vous devez connaître. Et puis la Vierge Marie, alors moi j'en parle beaucoup dans les conférences. J'écris aussi, alors pas du tout votre niveau, mais j'écris un peu. La Vierge Marie est quand même une figure, un, féminine, deux, qui a sacrifié ce qui compte le plus, son fils. Et puis c'est la figure la plus respectée de toutes les religions et finalement presque du monde entier, c'est-à-dire qu'on y croit ou qu'on n'y croit pas, elle est extrêmement...
- Speaker #1
Vous savez qu'elle est beaucoup plus citée dans le Coran que Jésus par exemple, c'est vraiment la femme la plus citée dans le Coran.
- Speaker #0
Et moi je me suis mariée au Maroc, elle est la matrone de l'Essaouira, ce qui est quand même ce qui a un peu poussé à ce qu'on se marie là-bas.
- Speaker #1
Elle représente l'archétype un peu et du féminin sacré.
- Speaker #0
Exactement, et puis du sacrifice et de la gentillesse et alors l'autre...
- Speaker #1
Mais c'est pas un sacrifice, attention.
- Speaker #0
Oui, oui, non, non. c'est pas un service volontaire c'est qu'elle accepte l'inacceptable c'est autre chose exactement non et surtout la petite blague rigolote qu'on dit souvent c'est qu'on dit n'hésitez pas à prier la Vierge parce que comme Jésus est son fils il ne lui aurait fait pas de choses la médiatrice exactement et c'est vrai que et dernier point comme moi j'ai vécu en Amérique Latine la Vierge nous demande on y croit on n'y croit pas mais dans ses apparitions dans ses messages de la prier de lui donner Merci. toute la souffrance et tout le malheur, parce qu'elle le transformera très vite, et ça empêchera le diable de l'intercepter. Et donc, je pousse les gens qui le croient et ne croient pas, souvent, si on ne sait pas à qui s'adresser.
- Speaker #1
Moi, j'ai un lien très fort avec la Vierge, parce que je sais qu'elle m'a sauvé deux fois la vie. Donc, j'étais en Inde, j'avais 19 ans ou 20 ans, j'ai été travailler pendant six mois chez Mère Thérésa, dans une léproserie, et j'ai été bouleversé, parce que l'histoire, je vous le disais tout à l'heure, sur la joie. J'étais dans une époserie, il y avait 400 lépreux, on était dans la jungle du Bengal, et ces lépreux étaient joyeux. C'est-à-dire que toute la journée, il y avait des gens de tous les âges, ils étaient rayonnants, ils souriaient, il y avait une espèce d'amour, de lien très fort. Et je me souviendrai tout le temps d'un médecin allemand qui était bénévole, comme moi, qui travaillait, toutes les semaines on faisait des amputations, parce que les lépreux, régulièrement, c'est une maladie de détermination nerveuse, donc il faut leur couper les doigts, les mains, et pas besoin de les anesthésier parce qu'ils ne sentent rien. Et du coup, ils nous regardaient en souriant pendant qu'on coud des mains, et le médecin me disait mais... Cette joie, c'est insupportable. Et moi, au contraire, j'ai compris qu'on pouvait être dans la joie pour plein d'autres raisons que la bonne santé, la richesse, etc. Et qu'il y avait plein de choses et ce qui nous mettait le plus dans la joie, c'était le lien, c'était l'amour, c'était la solidarité, c'était tout ça. Donc je vis une expérience très très forte et puis j'ai fait me noyer dans un lac et là, à un moment donné, je vois que je me noie, j'étais loin de la berge, j'arrive plus à nager, et je dis Marie, ça me sort comme ça. Vous savez, le truc de mon enfance. Parce qu'à l'époque, j'ai... Bon, Marie. Et là, quelques instants après, le ton est un peu flou, je touche un rocher. Et je reprends des forces. J'ai la tête hors de l'eau. Et je nage à fond. J'arrive au bord. Je vais dans le village. Il n'y avait personne dans le village. Je me dis, mais où ils sont tous ? J'entends des bruits dans l'église. Je vais dans l'église. Et ils fêtaient l'Assomption de Marie. C'était le 15 août. Et là, à ce moment-là, je me suis dit, là, vraiment, il s'est passé un truc. Du titre miraculeux pour moi.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
Et depuis, j'ai...
- Speaker #0
Votre aussi.
- Speaker #1
J'ai toujours un lien particulier, je ne vais pas vous raconter, on n'a pas le temps, une deuxième fois j'ai eu la vie sauve comme ça, de manière assez étonnante.
- Speaker #0
Sur la Vierge, parce que moi aussi je suis très connectée, je suis née le 8 septembre, qui est normalement considéré dans le calendrier catholique comme l'anniversaire aussi de la Vierge, et elle est très présente en Amérique latine, et ma grand-mère, elle est tout à l'heure... On pourrait se faire un sujet ? Si vous voulez. Non mais vraiment parce que c'est... Là je pense à nouveau c'est...
- Speaker #1
L'actualité, regardez Cromontana, ses enfants, ses adolescents qui sont morts de manière atroce, etc. J'ai regardé, quelqu'un m'a envoyé une interview, vous l'avez vu, de cette jeune fille, Laetitia, elle a tout jeté, sa médaille, elle était en train d'étouffer, de partir, etc. Elle a prié, elle a tenu sa médaille, et puis une main l'a tirée, elle s'en est sortie, c'est quand même. extrêmement troublant des choses comme ça.
- Speaker #0
Ah oui, non mais moi vous prêchez une grande vaincue et là vous avez...
- Speaker #1
Non c'est vous qui prêchez mais je suis d'accord avec vous.
- Speaker #0
Oui d'accord. Mais ce que je veux dire c'est que vous aussi je suis éblouie avec tout ce qu'on dit. Mais ce qui est vrai c'est qu'il faut que les gens s'autorisent à croire.
- Speaker #1
En tout cas, on peut s'autoriser à croire qu'il y a une bonté dans l'univers, que Marie ou pas, qu'il y a une bonté dans l'univers et que si on appelle à l'aide, on peut être secouru. Et que ça n'arrivera pas forcément. Mais en tout cas, croire qu'il y a quelque chose de bon qui peut être là, qui peut nous soutenir. Il y a, vous savez, Marc Aurel, qui est cet empereur romain philosophe, pas du tout chrétien lui, il a même persécuté les chrétiens. Il les persécute. Mais il nous dit, il a observé dans la vie, parce que les stoïciens croient que le logos, qui est la raison universelle qui gouverne le monde, est entièrement bonne. Et il nous dit, en fait, les gens auront toujours la force de supporter l'épreuve qu'ils vont traverser. Il y aura toujours une grâce, et ça, on peut le dire qu'on a la foi, une foi religieuse, mais on peut le dire aussi qu'on est philosophe. C'est-à-dire avoir observé que dans la vie... on aura toujours, si on le veut, si on s'ouvre, la force de supporter ce qui nous est donné de supporter. Alors évidemment, on va dire, oui, mais dans des tragédies, etc. C'est compliqué, parce qu'il y a aussi des gens qui ont vécu les camps de concentration et qui sont sortis en vous disant, en fait, j'avais la foi, je me suis appuyé sur cette force, et bien, c'est ce qui m'a aidé à survivre, ce qui m'a aidé à aider les autres, etc. Donc, dans toutes les tragédies, si on se connecte à cette force supérieure, en fait, cette transcendance, cet amour universel qui est présent dans l'univers, Ça peut nous aider, ça peut nous soutenir, ça peut donner du sens à notre vie et nous aider à traverser les plus grandes épreuves et à aider les autres.
- Speaker #0
Chers Frédéric, en tout cas, moi, vous m'avez beaucoup aidé aujourd'hui et je pense que tous ceux qui vont nous écouter et nous voir, merci mille fois. J'adorerais vous recevoir quand vous voulez. En tout cas,
- Speaker #1
merci de votre invitation et puis c'est vraiment une belle rencontre.
- Speaker #0
Je t'ai ravi. Merci Frédéric.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
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