- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des peurs qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité, une phrase qui a construit, utilisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent une boussole, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Et j'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication SORF.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Cerveau Puissant avec Christelle Albaret, notre psychosociologue.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on va parler de la fatigue émotionnelle des gens qui vont bien. Bienvenue Christelle.
- Speaker #1
Merci à toi. Alors, j'adore ce sujet de parler de la fatigue émotionnelle des gens qui vont bien. Parce qu'en effet, la fatigue émotionnelle, en fait, c'est un élément naturel qu'on rencontre tous. Parce qu'en fait... J'ai envie de dire, la vie, elle vient nous saisir à plein de moments très précis ou imprécis, et en réalité, c'est normal. Déjà, j'ai envie de dire, commencer par là, c'est normal d'avoir de la fatigue émotionnelle.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, parce qu'en fait, souvent, on associe la fatigue émotionnelle à des personnes en difficulté, alors qu'en fait, là, ce dont on a envie de parler aujourd'hui, c'est que ressentir de la fatigue de temps en temps n'est absolument pas un signe de détresse.
- Speaker #1
Non, pas du tout. après ce qu'il faut voir c'est comment j'associe moi la fatigue émotionnelle à la charge émotionnelle et c'est identifier en fait cette charge émotionnelle, est-ce qu'elle est circulante ou est-ce qu'on est en train de contracter une dette, c'est un peu comme ça que je le vois, parce que c'est souvent un cumul de choses, quand on a des émotions à partir du moment où nos émotions circulent, c'est ok, là où il faut être attentif c'est quand on cumule émotionnellement des choses Et qu'en fait, les unes après les autres font qu'on n'a plus d'espace pour penser, pour être avec soi. Je te donne un exemple très concret. Imaginons que tu aies une charge émotionnelle par rapport à un élément de ta vie aujourd'hui. Par exemple, ta maman n'est pas très en forme. Là, ça vient te toucher. Ok, il y a une charge émotionnelle, tu t'inquiètes pour elle et autres. Mais en même temps, imaginons qu'au travail, eh bien... Tu as autre chose qui va se cumuler avec un conflit, avec un collaborateur, ça prend du temps et qu'en fait c'est chargeant pour toi. Et qu'en fait les choses se cumulent. Là, ça va être une fatigue émotionnelle qu'il faut bien identifier, c'est sur notre capacité à pouvoir la réguler et la faire circuler. Et pas l'enquister. Il y a des trucs pour ça, bien entendu je vais te les donner, bien sûr.
- Speaker #0
Mais cette fatigue elle est souvent invisible.
- Speaker #1
Ah oui, on est d'accord.
- Speaker #0
Et pourquoi ? Et comment la rendre visible ? Comment la distinguer ?
- Speaker #1
Alors, on a l'impression qu'elle est invisible parce que les émotions font partie de nous. Ce qu'on a tendance à faire comme erreur, c'est que quand on a une émotion, on la ressent mais on ne la traite pas. Je rappelle toujours, une émotion c'est une information. Elle nous donne une information sur quelque chose qu'on a à traiter, sur un besoin qu'on a. Imaginons, je suis inquiète pour ma maman, elle est souffrante actuellement. Ok, j'ai cette émotion. Mais derrière, est-ce qu'en fait, c'est seulement je m'inquiète ou alors je culpabilise parce que j'aimerais passer plus de temps avec elle ? Il faut déplier, décortiquer ce qu'on ressent vraiment. Et quand on le ressent vraiment, en règle générale, derrière, on a l'information sur l'action qui serait utile pour nous. Et là, il y a une question, par exemple, de permission. Si en ce moment, Ma maman, c'est une priorité pour moi. OK, il y a peut-être d'autres choses à côté, mais comment j'organise peut-être un peu plus mon agenda pour avoir ce temps pour elle ? Parce qu'en réalité, cette culpabilité, qui est une forme de charge émotionnelle, eh bien, c'est une information pour moi comme quoi je dois me donner cette permission d'avoir un espace pour elle, même s'il y a plein d'autres choses dans ma vie.
- Speaker #0
Oui, à nouveau, on va repartir sur notre adage qu'on adore, choisir, c'est renoncer. Et il faut aussi, de temps en temps... réorganiser ses choix pour aller bien et pour réduire une fatigue qui pourrait nous tirer vers le bas.
- Speaker #1
Oui, mais comme je dis, la plupart d'entre nous, on a la sensation, on a le ressenti de l'émotion, mais on s'arrête au ressenti de l'émotion. Une chose qu'on peut faire, c'est quand vous avez le sentiment d'avoir cette fatigue émotionnelle, on la nomme pas, mais on la ressent. On se pose et on écrit tout ce qui est en fait en ce moment. On prend cinq minutes et tout ce qui est en ce moment est chargé émotionnellement dans notre tête. Quand je pense à mon frère qui, en fait, depuis Noël, par exemple, ne m'a pas appelé pour me souhaiter la bonne année, on a l'impression que c'est rien. Ah ben si, je le note. Du coup, ça m'a fait ça. Ensuite, ok, bah tiens, je prends toujours par exemple à Noël, j'ai eu, on a eu cette réunion de famille parce qu'il faut savoir que la période de Noël de fin d'année est une période très chargée émotionnellement. Il y a plein de choses qui se rejouent de notre histoire de vie. Je raconte une petite anecdote, mais il faut savoir qu'on a des pics de demandes de rendez-vous en tant que psy à deux périodes. A la fin de l'année, juste après Noël et Jour de l'An, Et juste après les vacances d'été. Pourquoi ? Parce que ces deux périodes, on pourrait se dire que c'est des moments de off-work. Non, en réalité, c'est des moments de charge émotionnelle. Parce qu'il y a plein de choses de notre histoire qui se jouent, de la relation, d'attentes qui sont là et qui ne sont pas forcément des attentes qui répondent justement à ce qu'on aimerait, à nos désirs.
- Speaker #0
Alors c'est drôle parce que nous, en perso, je t'ai raconté quelque chose qui m'avait dérangée. Et tu m'as justement répondu, mais lâche-laisse. Oui, alors en fait, ce qui est amusant, et tu as raison, alors moi, je fais exactement, je suis ton conseil, j'écris. Et puis après, j'exprime. Et rien que le fait d'exprimer et de dire, oh là là, ça, ça m'a chafouiné. Et tu as raison, il y a plein de choses qui se passent à Noël. Je pense que n'importe qui qui nous écoute là va se dire, moi aussi, il y avait ça et tout, il y avait ça. Et en fait, c'est vrai que le fait de le dire, déjà, en fait, on se sent plus allégé. Et puis après, ça m'a beaucoup intéressée ce que tu m'as dit sur lâche-laisse. Est-ce que tu peux bien nous en reparler ?
- Speaker #1
Oui, alors, et je trouve que Mel Robbins a super bien modélisé ça dans son livre Lesbemme. Franchement, elle reprend plein de concepts de psychologie et de neurosciences qu'elle a extrêmement bien étayés. Je conseille son livre et elle a ce talent de vulgariser et de le rendre motivant. Et dans son concept, il y a des choses très simples, c'est laissez-les et laissez-moi. Les deux sont importants. Laissez-les, c'est de dire ok, on ne peut pas tout maîtriser des gens, mais par contre on peut décider de la façon dont on va les laisser vivre en nous. C'est-à-dire que quelqu'un t'a manqué de respect, n'a pas été sympa avec toi, ok, laisse-les penser ça. Tu as une amie qui t'en veut parce que tu as fait une soirée, tu ne l'as pas invitée, elle t'envoie un message dur. laisse-la, laisse-la, laisse-la écrire ce message, laisse-la, mais par contre, laissez-moi, laissez-moi prendre ma décision de ce que je veux en faire, laissez-moi prendre la décision de avec qui j'ai envie de passer ma soirée, laissez-moi. C'est vraiment cet espace entre je laisse l'espace à l'autre de ressentir, de vivre ce qui est OK, mais je me laisse aussi l'espace d'avoir du temps pour moi. Je me laisse l'espace de pouvoir me choisir. Je me laisse l'espace de. de mettre une distance quand c'est nécessaire.
- Speaker #0
Le seul truc, c'est que là, dans ton cas, si tu reçois un message de quelqu'un que tu as froissé ou blessé, est-ce qu'il ne faut pas d'abord s'excuser de l'avoir blessé et ensuite justifier notre position ?
- Speaker #1
Alors, il y a deux choses. C'est-à-dire que quand on a blessé quelqu'un, là, elle s'est sentie blessée, tu n'as pas blessé. Tu vois la nuance ou pas ? Oui, d'accord. Tu fais une soirée avec des amis. ou alors tu sais que ce n'est pas tout à fait le même cercle, ce qui est ok pour toi. Elle ne s'est pas sentie, elle s'est sentie blessée de ne pas avoir été invitée. Elle s'est sentie. Toi, tu dis je vais aller m'excuser. Ça veut dire que là, tu vas prendre la maternité de quelque chose qui ne t'appartient pas. Ça ne veut pas dire que tu vas dire je suis désolée que ça t'ait blessée. Ça, tu peux le verbaliser, mais pas prendre. Une responsabilité de quelque chose qui n'est pas à toi. Et il faut aussi accepter qu'elle peut t'en vouloir. Qu'est-ce que tu fais de quelqu'un qui t'en veut ? Parce que tu ne veux absolument pas gâcher le lien d'amitié, tu vas te dire « excuse-moi, excuse-moi, excuse-moi, excuse-moi » mais sur quelque chose qui ne t'appartient pas. Conclusion, au final, elle, elle ne va pas mieux parce que pour l'instant, elle a besoin de digérer les choses. Et toi, de ton côté, tu n'es plus aligné avec toi-même parce que tu viens de contracter une dette émotionnelle. Tu viens de t'excuser pour quelque chose que tu n'as pas fait.
- Speaker #0
Oui, je n'ai jamais voulu blisser la tête.
- Speaker #1
Alors donc en fait, ça veut dire que tu vas te trahir toi pour conserver une amitié dans laquelle, on va peut-être questionner là, où est l'espace de liberté dans cette relation ? Est-ce que tu t'es engagée avec elle sur une relation exclusive ?
- Speaker #0
Oui, non.
- Speaker #1
Ben voilà. Donc il faut remettre les choses dans leur réalité. Et ça fait partie de la fatigue émotionnelle, ça. Parce qu'on a tendance à... Et c'est tout à fait quoi ? Tu me posais la question, Christelle, c'est vrai, ça ne se voit pas, c'est un peu invisible. Oui, parce qu'en fait, on est dans Un mix, c'est qu'on ne prend pas conscience, on ne prend pas de hauteur de vue que les émotions de chacun, les attentes de chacun viennent parfois nous happer alors que ça ne nous appartient pas. Mais comme on peut le faire aussi à l'autre. Donc, il faut trouver, comme j'ai toujours, un peu une hauteur de vue.
- Speaker #0
Après moi, dans « Laissez-les, laissez-moi » , moi je vais très tenter de faire ça dans ma vie personnelle, mais ça me donne le sentiment et en même temps cette immense liberté et je pense que Évidemment, ça permet, en fait, et tu le dis toi très bien, de leverage même un autre niveau de rapport à nous-mêmes. Mais j'aurais presque le sentiment un peu d'abandonner la notion d'amitié, de collectivité. C'est vrai que souvent, ton cercle proche est celui qui te canalise le plus d'énergie. En grandissant, en devenant plus mature, on se dit bon, chacun est libre. de ses convictions, de ses pensées. Évidemment, c'est un ressenti. Au période de Noël, tu te dis, je laisse penser ça, je n'ai pas envie de partir dans une discussion où ça va aller trop loin. Mais de l'autre côté, c'est vrai que ça laisse un peu, chacun pense comme il veut. Et on ne débat plus.
- Speaker #1
Ce n'est pas tout à fait ça. Dans l'idée de dire laisse-laisse, on ne peut pas maîtriser la pensée ou l'émotion de quelqu'un. On ne peut pas. et qui que ce soit, quel que soit le sujet la personne a le droit en fait d'être en colère, d'avoir peur ça lui appartient par contre, quand je dis laisse-les et ce qu'explique Mel Robbins dans son livre quand on explique ça, c'est qu'en fait je ne prends pas quelque chose qui ne m'appartient pas sinon, comment je peux traiter l'émotion de quelqu'un alors que ce n'est pas mon émotion on ne peut pas traiter l'émotion de quelqu'un On peut l'accueillir, d'accord, mais pas la prendre pour essayer de solutionner via soi quelque chose qui appartient à l'autre. Si par exemple quelqu'un est en colère après toi, t'envis par exemple, et est en colère après toi parce qu'en fait ce que tu lui renvoies comme effet miroir, c'est quelque chose où la personne a du mal à se mettre dans l'action. Et qu'au lieu d'utiliser ton modèle comme quelque chose qui est un stimulant pour elle pour pouvoir avancer, elle bascule dans la jalousie parce que malheureusement, elle a l'impression que la marche est trop haute. Eh bien, l'émotion de jalousie et de colère qui va avec ne t'appartient pas. Tu ne peux rien en faire.
- Speaker #0
Alors j'adore en revanche ta comparaison,
- Speaker #1
la jalousie et tu marches trop haute. Au moment où la personne ressent ça, elle a le sentiment en elle, même si elle ne te dit pas, qu'en fait, si je...
- Speaker #0
Pour atteindre ce qu'elle voit,
- Speaker #1
ça se paraît trop compliqué. tant que je vais détester des choses en toi, ça va me permettre de ne pas avoir à me mettre en mouvement. C'est totalement inconscient. La personne se dit, papa, tiens, je ne vais pas me mettre en mouvement. Mais c'est qu'il y a des peurs, c'est qu'il y a des interdits.
- Speaker #0
Donc, dès qu'on ressent de la jalousie, si c'est le cas,
- Speaker #1
il y a une insécurité intérieure. Et c'est un... Je dis vraiment, il y a un travail. Et ça, c'est un vrai sujet que j'aime beaucoup travailler sur la notion de jalousie et envie. Et comme je dis, Ça aussi,
- Speaker #0
c'est une charge émotionnelle.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
De regarder les autres évoluer et de se dire, t'as raison, mais comment je vais faire pour arriver là, pour faire comme ça, j'ai pas le temps. Donc, c'est vrai que c'est fatigant parce qu'on se dit, mais en fait, moi, j'ai toujours en train de se comparer un peu.
- Speaker #1
Mais bien sûr, mais moi, j'adore envier les gens. Quand je vois quelqu'un que ça me gratte, je me dis, génial, merci, parce qu'en fait, tu me donnes l'élan pour aller vers. Donc, j'ai de la gratitude par rapport à ça. Et c'est ce que j'enseigne à cet endroit-là. Regardez comment, lorsque vous jalousez, ça vous bloque. Il n'y a rien qui se passe. On dit toujours que l'inaction engage la peur et vice-versa. Donc, la jalousie engage une forme de peur et de colère et ça bloque l'action. Alors que si on se dit en fait, OK, on se parle à soi. C'est là où on défait la charge émotionnelle. OK, je suis en colère. C'est vrai, je ne veux pas mentir, je suis en colère. Oui, je jalouse cette personne. pourquoi ? Et je me le dis parce que elle me renvoie, qu'elle est capable de faire des choses que moi je ne me suis peut-être pas autorisée ou parce que machin. Ok, quel est le premier petit pas que je pourrais faire qui me permettrait d'avancer ? Et en fait, on se remet dans un élan. Alors que vraiment la jalousie, c'est quelque chose qui de toute façon nous bloque totalement. Et derrière, là on a des... C'est terrible pour nous et c'est terrible pour les autres. Donc libérons-nous de ça. Vraiment. Quels sont les signaux à repérer sur la charge émotionnelle un peu trop importante ? Quand est-ce qu'on bascule d'une fatigue émotionnelle saine et naturelle à une charge émotionnelle qui aurait des red flags ? La fatigue émotionnelle, elle est, comme je dis, normale et naturelle puisqu'en fait, en fonction des événements de notre vie, on va être plus aux prises à nos émotions. On n'est aussi pas égaux par rapport à nos émotions et à la façon dont on va les... Les personnes qui sont plus hypersensibles vont ressentir plus fort, donc avoir une fatigue émotionnelle un peu plus importante. Mieux on se connaît, mieux on va pouvoir appréhender notre mode de fonctionnement. Je te fais un parallèle, tu sais que je cours beaucoup et on a tous, moi j'ai beaucoup appris en courant sur la façon de se réguler. C'est-à-dire qu'en fait, plus on court, plus on apprend à savoir quel est notre rythme. Quel est notre bon rythme, à la fois physique, mais aussi mental et émotionnel ? C'est la même chose dans la vie avec les émotions. C'est-à-dire que quand on est tous différents... On appréhende qu'est-ce qui va être, par exemple pour certains, une réunion de famille. C'est hyper consommateur d'émotions. Moi j'adore, j'ai une petite belle-fille, elle est adorable. Et elle a cette hypersensibilité, mais en même temps, elle a une vraie conscience d'elle. Et elle dit, moi c'est bon, j'ai dépensé mon capital relationnel, il faut que je me remette dans ma bulle. Mais en fait, du coup, comme elle le régule naturellement, c'est très simple. Je pense qu'en fait, il y a de ça, c'est-à-dire identifier, savoir quelles sont nos limites. En fait, comme une batterie. Mais c'est exactement ça.
- Speaker #0
Moi, je le fais beaucoup dans ma vie et d'ailleurs, je sens que j'ai des besoins de vraiment de me... et de faire du sport et d'être seule et de respirer pour recharger et retourner. Et tu as raison, j'ai un peu analysé les choses qui vont me mettre... Mais il y a encore des moments...
- Speaker #1
Celles qui te montent en énergie, celles qui te consomment de l'énergie...
- Speaker #0
Mais il y en a encore où je me dis, j'aimerais... franchir un palier parce que je sens que même pendant la discussion, ça me tire et j'aimerais apprendre à muscler mon cerveau pour dire « Ouh là, cette discussion, elle te froisse, elle te dérange. Et comment je peux faire pour garder mon sang froid même ? »
- Speaker #1
Alors, je te donne trois réponses rapides. Première chose, Ne pas confondre la libération émotionnelle et la décharge de l'énergie liée à une émotion. Par exemple, je vais faire du sport, ça va me décharger en énergie, ça va libérer l'élément émotionnel. Mais par contre, la charge émotionnelle liée à contexte, à ce que je vis, il faut que je le traite. Il ne faut pas oublier, on ne peut pas seulement se décharger d'un côté, mais pas traiter le sujet. C'est comme se dire, ok, je me suis fait mal à la cheville, je vais prendre un anti-inflammatoire. Ok, mais si tu t'es fait mal à la cheville, quand même faire du repos et regarder qu'est-ce qu'il fait dans la façon dont tu marches. Peut-être que tu t'es fait mal à la cheville, d'accord ? Après, quand mon muscle, son cerveau est émotionnellement, il y a, c'est ce que j'appelle la hauteur de vue, la métaposition. C'est vraiment apprendre à, comment dire, systématiquement toujours se demander dans quelque chose, qu'est-ce qui m'appartient, qu'est-ce qui ne m'appartient pas, vraiment. Et surtout, comment ? Je peux... Quelque chose vient me happer, d'accord ? C'est immédiatement prendre cette capacité à pouvoir, par exemple, verbaliser, soit écrire, soit le verbaliser à quelqu'un qui est une personne ressource. Pourquoi ? Parce que c'est immédiatement, ça lâche, c'est plus dans l'espace. Après, on se dit, OK, je devrais traiter le sujet, mais par contre, je viens de faire circuler l'émotion. C'est tout bête, c'est simple, mais... C'est souvent les choses les plus simples, on cherche des éléments beaucoup plus compliqués. C'est vraiment, c'est un recentrage. On fait ça en préparation physique, c'est-à-dire qu'en réalité, en préparation mentale, pardon. C'est quand on devient sportif, par exemple, quand tu es au tennis ou au golf, tu viens de rater une balle, si tu continues à penser à la balle que tu viens rater, c'est mort pour derrière. Alors qu'on te dit ok. Tu dis ok, ça y est, mais... Je le traiterai plus tard, je traiterai le pourquoi, mais ce n'est pas le moment. Et je me recentre. Sinon, on se dessaisit émotionnellement, on reste dans cette émotion-là. Pour y faire la course, en fait. Exactement. Par contre, on prend des moments clés où on sait qu'on a ces moments pour le traiter.
- Speaker #0
Ce qui est très amusant aussi, c'est que ces moments qui nous dérangent sont aussi des moments de construction. Même la colère, la déception, ça peut être des gros pivots pour nous.
- Speaker #1
Énormément de... Toutes nos émotions, en réalité, sont là pour nous apprendre. Et le jour où on comprend que chaque émotion qui vient nous convoquer, si on n'est plus en réaction, on arrive à être à un autre endroit de soi, dans un autre type de relation, on a un rapport à soi et l'autre qui change complètement.
- Speaker #0
Et alors, est-ce que la solidité permanente, donc ce qu'on envie tous, c'est une performance ?
- Speaker #1
Alors, moi, la solidité permanente, je ne vois pas trop ce que c'est, parce qu'en réalité, je pense qu'elle n'existe pas, à part si on est une pierre. Mais la solidité permanente, c'est un leurre et je dirais même que ce serait dangereux de vouloir se dire j'ai une solidité permanente. Parce que si on est solide permanente, je le prendrais comme une injonction, une croyance qu'on nous a. comment dire, transmises comme croix, on se doit d'être dans une solidité permanente. Et donc, il n'y a plus de liberté de soi. Il y a des moments... On se dit qu'il faut être solide, il y a des moments clés pour cela. J'ai besoin d'être solide, par exemple, pour mes enfants dans cette période d'heure. J'ai besoin d'être solide parce qu'en ce moment, mon entreprise traverse cela. Mais tout moment de solidité doit, derrière, laisser la place à un moment de lâcher. Je refais toujours, je fais beaucoup de parallèles par rapport au monde du sport et de la préparation mentale parce que j'ai beaucoup travaillé là-dessus. Un sportif de haut niveau aura toujours, toujours des espaces de récupération. Tu ne verras jamais un sportif de haut niveau qui n'a pas de récupération. Et nous, par contre, alors qu'on n'est pas des sportifs de haut niveau, on n'aurait pas de espaces de récupération. On doit être solide tout le temps. Ça n'a pas de sens. C'est aller à contre-soi. Non, mais je suis complètement d'accord avec toi. Et puis surtout, ce n'est même pas tellement la solidité, c'est l'adaptabilité, en fait.
- Speaker #0
Savoir s'adapter. C'est ça, la vraie... L'adaptabilité.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu mettrais, toi, derrière la notion d'adaptation ?
- Speaker #0
Est-ce que tu viens de dire ce côté, en fait, où cette circulation d'énergie qui fait que parfois, tu as raison, il faut être courageux, être audacieux, être fort. Et de temps en temps, il faut savoir lâcher. Et en fait, le fait de savoir s'adapter à ce qui nous arrive est la plus grande, en tout cas, moi, dans ma perception des choses, est une grande force.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'en fait... Et pour un vrai alignement. Pour répondre par rapport, du coup, à cette adaptation, je vais te donner une hypothèse. C'est qu'on doit adapter l'énergie dépensée par rapport à ce qui se passe réellement. J'ai remarqué que des fois, on dépense beaucoup d'énergie pour des choses qui n'existent qu'en pensée, qui n'existent pas dans le réel, ou en fonction de sujets qui sont parfois minimes et sur lesquels on met énormément d'énergie. Si on se pose un peu, en se demandant, ok, Quelle priorité je veux vraiment mettre pour un sujet ? Un peu, on pourrait se dire, est-ce que c'est un sujet XS, S, L, XL, XXL ? Et bien, comment j'adapte mon énergie à véritablement les choses ? Sauf qu'il faut se dire aussi, c'est qu'on a un capital défini, pas infini. Donc, on ne pourra pas mettre de l'énergie XXL sur tout. Donc, il faut choisir.
- Speaker #0
Non, et c'est vrai que... Comme on disait au début, souvent les gens intelligents que nous sommes tous, mais ce que je veux dire, c'est que quand on est intelligent et qu'on se pose beaucoup de questions, c'est vrai qu'on peut s'épuiser à un peu vouloir tout cocher. Et c'est là où je pense qu'il faut rappeler justement ce principe d'adaptabilité et de dire en fait que l'intelligence est une force et ne sera jamais un défaut. Et donc cette fatigue émotionnelle, elle est normale. Néanmoins, il faut savoir la décharger en temps et en heure voulue. Et ça n'est pas une tare de sentir cette fatigue émotionnelle ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Ce n'est pas du tout une tare. C'est complètement quelque chose de sain et naturel. Et pour rebondir, quand tu parles d'intelligence, moi j'entends que tu parles d'intelligence émotionnelle à mon tour. Exactement. C'est ça.
- Speaker #0
Certains ont une connexion plus rapide à l'autre que d'autres qui...
- Speaker #1
En fait, j'ai remarqué par rapport à tout... toutes les personnes que j'accompagne depuis ces années, c'est qu'en réalité, l'intelligence émotionnelle, on peut tous la développer. On a par contre certains intérêts plus propices de par la façon dont on a été élevé, l'écosystème dans lequel on était enfant. Mais l'intelligence émotionnelle, c'est vraiment comme un entraînement et quelque chose qui va vraiment pouvoir... progresser avec le temps. Et l'intelligence émotionnelle, c'est notre capacité, en fait, à mieux se comprendre soi dans ses émotions, les traduire. Il faut vraiment prendre l'intelligence émotionnelle comme une langue. Je deviens bilingue en langage de soi et en langage relationnel. Donc, on ne devient pas bilingue du jour au lendemain. On est d'accord ? Par contre, on a des fois des familles dans lesquelles on parle déjà ces langues-là, donc c'est plus facile. et d'autres pour lesquels il faut l'acquérir. Et je voulais juste le préciser, parce qu'on en a parlé un petit peu en off tout à l'heure, avant de faire cet épisode, c'est qu'il y a une différence entre le côté haut potentiel, hypersensibilité, intelligence émotionnelle, je pense qu'on refera un sujet là-dessus, mais juste pour teaser un peu, il y a des personnes qui disent, moi je suis débordée par mes émotions, parce que je suis à haut potentiel émotionnel. Attention, ce n'est pas tout à fait ça. Quand on atteint un haut potentiel émotionnel, c'est justement au moment où on a fait de l'intelligence émotionnelle une vraie capacité, une maîtrise fine de son émotion. Donc, les personnes peuvent être à potentiel de haut potentiel émotionnel parce qu'elles ont une matière émotionnelle qui est, comment dire, qui est subtile, mais quelqu'un d'hypersensible. n'est pas forcément à haut potentiel émotionnel. Il pourrait le devenir s'il commence à travailler sur, justement, l'entraînement à devenir bilingue en intelligence émotionnelle. Là, c'est différent.
- Speaker #0
Merci pour toutes ces explications. Effectivement, ça nous donne envie déjà de faire notre prochain sujet. À très vite, Christelle.
- Speaker #1
À très vite aussi, pour le prochain épisode. Exactement. Si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes. Soutenir Servo-Puissant et suivre. toutes les actualités,
- Speaker #0
les échanges à venir et les contenus que je prépare pour continuer à nourrir ce qui fait vraiment la différence.