- Speaker #0
Bonjour, bienvenue chez Cerveau Puissant, un podcast nid d'une intuition. Rien ne commence jamais comme on l'imagine. Ni par une réussite, ni même par une décision, mais plus souvent par une faille. Et aussi, et heureusement, des prises de conscience qui transforment. Ici, les trajectoires de nos invités ne sont pas là pour nous impressionner, non pas du tout. Elles sont là pour comprendre et pour se rappeler surtout que tout peut se transformer. que tout peut toujours tout changer. Aujourd'hui, je reçois Émilie Briand. Émilie Briand, vous êtes thérapeute. Vous avez créé une maison qui s'appelle la Maison de Sens, justement. Vous accompagnez des dirigeantes, des dirigeants en perte de sens, qui sont souvent en burn-out, qui sont en effacement de leurs personnes. Et alors, justement, vous avez... aussi eu le désir d'écrire votre premier livre qui est sorti aux éditions Marabout, « Être plus qu'une mère, mettre fin à l'effacement maternel » . Mais comment vous est venu en fait ce déclic aussi, puisque vous avez vous-même eu un déclic, un changement de vie, puisque vous n'étiez pas thérapeute au départ. Mais qu'est-ce qui a fait que cette femme que vous étiez est devenue thérapeute et en même temps une personne aidante qui accompagne des hauts fonctionnaires. Mais tout d'un coup, Vous avez eu plus envie d'écrire un livre sur les femmes qui s'effacent derrière leur rôle de maman. Quel a été le fil conducteur, le déclic en fait pour tout ça ?
- Speaker #1
Alors bonjour Elsa et merci de m'avoir invitée et puis merci de me permettre de prendre la parole aujourd'hui pour parler à la fois de ma trajectoire, à la fois des déclics qui l'ont jalonné et de ce livre en fait, de l'écriture de ce premier livre et de la raison d'être de ce livre. Pour expliquer ce qui a déclenché cette envie de l'écrire, c'est que je recevais à la Maison de Sens de plus en plus de femmes qui me décrivaient un sentiment d'avoir à la fois trouvé énormément de sens dans la maternité, de la vivre comme une source d'accomplissement absolument fantastique, mais de s'être perdue en chemin et d'avoir disparu derrière le poids du rôle. Et derrière les injonctions, à tout concilier de façon la plus parfaite possible, mais en sentant en fait qu'elle s'était dépriorisée et qu'elle n'était plus vraiment en connexion avec elle-même. Et devant l'ampleur du phénomène, c'est-à-dire que ce n'était pas un cas isolé en fait, c'est vraiment une réalité clinique.
- Speaker #0
J'allais me faire l'avocat du diable, excusez-moi je vous coupe la parole, mais j'allais vous dire... Est-ce qu'il n'y a pas aussi des hommes qui s'effacent, qui se sentent effacés dans leur travail ? Alors, je ne sais pas.
- Speaker #1
Bien sûr, en fait, il y a énormément de circonstances de la vie au cours desquelles on se sent disparaître derrière le rôle. Et c'est vraiment ça, c'est le décalage entre le moi social, l'image de soi qu'on renvoie, et le moi véritable. Et l'ampleur de la maternité est telle qu'elle peut avoir tendance... à nous faire nous oublier parce qu'en fait, elle implique une dévotion immense. Alors bien sûr, on peut être dévoué à d'autres causes, on peut être dévoué à son travail, mais la maternité en fait, elle occupe le corps, elle occupe l'esprit, elle occupe le cœur, elle occupe le temps, l'agenda, elle occupe l'espace physique de la maison, l'espace mental. Je ne sais pas si vous le savez d'ailleurs, mais en fait, les cellules du bébé restent une vingtaine d'années dans le corps de la mère. Vous voyez la portée lente. pleure, en fait, de l'occupation du territoire féminin par l'enfant. Donc, c'est à la fois absolument magnifique, mais c'est pas sans répercussion. Et donc, moi, j'ai commencé à recevoir de plus en plus de femmes à la maison de sens qui venaient justement là pour s'offrir un temps de reconnexion à elles-mêmes, se remettre à l'écoute d'elles-mêmes, se remettre à l'écoute de leurs besoins. Et l'enjeu de ça, c'est quoi ? En fait, c'est même pas un enjeu, c'est de multiples enjeux. C'est d'être à la fois pleinement incarnée dans son existence, de savoir qui l'on est et d'avoir la possibilité d'offrir à son entourage, que ce soit son entourage proche, ses enfants, son conjoint, mais également son entourage professionnel, amical et social, non pas une image de soi, non pas un rôle parfait qui a l'air de tout tenir et de tout mener en parallèle, mais son essence en fait, son moi véritable. Et l'enjeu, il est là. Et donc qu'on soit un homme effacé derrière son rôle professionnel, qu'on soit une femme effacée derrière son rôle maternel, l'enjeu est le même, c'est un enjeu de reconnexion à soi et d'existence. tel que l'on est profondément dans cette étape de vie que l'on traverse. On n'est pas le même à 20, 25, 30, 35, 50 ans. Évidemment, on change, on se réajuste. J'ai voulu écrire ce livre parce que j'ai souhaité mettre fin à un phénomène qui est souvent vécu de façon extrêmement solitaire, comme si c'était un dysfonctionnement. En réalité, l'effacement de soi, que ce soit dans la maternité ou dans un rôle professionnel, ou derrière un rôle d'aidant, par exemple, l'effacement de soi, Il est vécu comme un dysfonctionnement alors qu'en réalité c'est un mécanisme. Et c'est un mécanisme progressif, c'est rarement brutal, vous voyez.
- Speaker #0
Oui, d'ailleurs. Ça ne tombe pas d'un seul coup. Et d'ailleurs, dans votre livre, c'est un protocole en huit étapes. Et la première étape, c'est justement nommer la fracture. Qu'est-ce que ça veut dire nommer la fracture ?
- Speaker #1
Nommer la fracture, ça veut dire réduire l'écart entre l'image qu'on renvoie de soi, et ce qu'on ressent au fond, à l'intérieur. Et en fait, c'est ça. On est très très nombreux à vivre ça, un décalage entre ce qu'on renvoie, ce qu'on donne comme image, et c'est particulièrement renforcé aujourd'hui par la vitrine des réseaux sociaux, et ce qu'on vit intérieurement, et toutes les questions silencieuses qu'on se pose. Et en fait, c'est ça la fonction de ce livre, c'est d'ouvrir des conversations, de normaliser, de mettre des mots, parce que tant qu'il n'y a pas des mots, Pour expliciter un phénomène intérieur, c'est quelque chose qui va être censuré, qui va rester tabou. Plus on va parler de l'effacement ou du recul de soi derrière un rôle, plus on va ouvrir ce dialogue, plus il va y avoir de la place pour ça, plus le coparent, l'homme, les personnels soignants, les gynécos, les sages-femmes vont pouvoir questionner la femme qui vit l'expérience, qui vit l'aventure maternelle et lui demander Si elle s'y retrouve, comment elle se sent ? Est-ce qu'il y a encore de la place pour elle dans son existence ? Ou est-ce qu'elle sent tellement le poids des injonctions à être toujours disponible pour les uns pour les autres, à être toujours équilibrée, toujours émotionnellement stable, toujours patiente, toujours dans la félicité maternelle et la joie du rôle, que finalement, elle ne se sent pas la possibilité d'exprimer cette fracture intérieure qui peut commencer par une fissure, mais qui, parce qu'elle va perdurer, va devenir une énorme fracture. entre ce qu'elle décrit, ce qu'elle dégage d'elle-même, et la réalité de ce qu'elle ressent.
- Speaker #0
Et alors, c'est quoi les causes, et justement le virage de l'effacement maternel ?
- Speaker #1
Alors, l'effacement maternel, il est rarement brutal. On n'en prend pas conscience au départ, et puis surtout, la maternité donne tellement de sens, c'est une telle source d'accomplissement, enfin, ça peut l'être, ça ne l'est pas dans 100% des cas, mais je vais parler des cas où réellement, la maternité... est une source de sens et d'accomplissement pour les femmes. C'est tellement immense, la vague d'amour est telle que l'effacement, il n'apparaît pas de façon brutale. Il va s'inviter d'une façon plus silencieuse, plus insidieuse. C'est quand on cesse de s'interroger sur ses besoins. On est tellement dans l'envie de satisfaire les besoins de ses enfants, de sa famille. qu'en fait, on en oublie les siens. Mais ce n'est même pas qu'on oublie ses besoins, c'est qu'on oublie qu'on en a. Vous voyez la nuance ?
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
C'est le fait de ne plus du tout s'interroger sur la place qu'on occupe dans sa propre existence. En fait, l'enfant est à la première place. L'harmonie familiale devient le sujet central de son existence. La parallélisation des tâches, la vie pro, la vie perso, la famille qui tourne. Et en fait... on cesse de s'interroger sur ce qu'on veut pour soi. Et moi, je reçois énormément de femmes qui me disent « je prends des décisions toute la journée, dans mon boulot, pour mes enfants, pour ma famille, mais je ne sais plus ce que je veux pour moi-même. Je me suis perdue, en fait. » Et c'est ça, c'est perdre le fil conducteur de sa vie et le sens, ce fameux sens, en fait, dont on a tous besoin. Enfin, Viktor Frankl, qui est le créateur de cette approche thérapeutique par le sens, à laquelle je me suis formée, la logothérapie, il expliquait qu'en fait, le sens était la condition de l'équilibre psychique de tout être humain. Si nous n'avons pas le sens, si nous ne pouvons pas donner de sens à notre existence et à ce qu'on traverse, que ce soit du bon comme des épreuves, alors on a un sentiment de flottement. On n'est pas sur son axe. Et en fait, le sens aide à vivre parce qu'il éclaire tout ce qu'on fait, tout ce qu'on est. Tout ce qu'on vit, et ça permet de relier les choses entre elles. Et en fait, ça crée un fil d'Ariane. qui donne énormément de consistance à sa vie quotidienne, qui donne un axe, qui donne une direction. Et avoir une direction, c'est quand même extrêmement rassurant. Ça donne à la fois un ancrage, une raison d'être. On sait pourquoi on se lève le matin. On sait pourquoi on se bat. On sait pourquoi on a envie de faire preuve de courage, pourquoi on a envie de faire preuve de persévérance. Et donc, quand on est dans une période d'effacement de soi, C'est souvent qu'on a un peu perdu le sens de ce qu'on fait, ou que le sens, il est trop orienté dans une seule direction. Et en fait, on n'est pas fait de façon monolithique, on est multifacette. On a de multiples dimensions en nous, et on n'a pas besoin d'instaurer une compétition entre elles. On n'a pas besoin de se dire, en fait, je dois être ça ou ça. On peut être une mère et une femme. On peut être un professionnel et un père. On peut être l'amoureux d'une femme et impliqué dans son travail. En fait, moi, je milite pour une logique de coexistence des rôles, sans compétition.
- Speaker #0
Et vous militez pour un changement de modèle aussi, c'est ce que vous dites dans le livre. Absolument. Et que dans ce modèle-là, justement, les hommes ont une part extrêmement importante. Absolument. Et qu'ils ne sont pas du tout spectateurs. Au contraire, ils sont là, ils accompagnent ce mouvement-là. Vous pouvez nous en parler de ça ?
- Speaker #1
Oui. Oui, parce qu'en fait, je ne veux pas enfermer les femmes. Je ne veux pas faire peser sur les femmes une énième injonction. Comme si c'était à elles de porter toutes seules cette émancipation au-delà du rôle maternel. En fait, les hommes, les frères, les fils, les dirigeants, enfin toute la population masculine qui entoure les femmes, qui cherche à... retrouvés à recomposer leur identité après la maternité, ont un rôle qui est primordial. Déjà, de voir ce qui se passe, de voir ce qui est à l'œuvre, de ne pas s'en étonner, de ne pas s'émouvoir de ce que la femme désire exister à côté de son rôle de mère. De cesser de faire comme si rien n'avait changé. Un employeur qui voit revenir après un congé maternité une femme ne peut pas penser décemment que rien n'a changé. La femme qui revient d'un congé maternité, généralement, elle essaye de faire comme si rien n'avait changé. Parce qu'elle a peur d'être jugée, elle a peur d'être mise au placard, elle a peur d'être mal considérée. Elle a peur qu'on pense d'elle, qu'elle a mis son ambition de côté parce qu'elle n'est plus qu'une mère. Et en fait, vous voyez, c'est ces étiquettes-là qu'il est impératif de changer. Donc en fait, un homme qui assiste à cette Cette transformation identitaire, il peut l'accompagner déjà en la voyant, en la nommant, en y faisant de la place et en l'accompagnant, non pas en demandant qu'est-ce que je peux faire pour t'aider, mais en prenant sa part, en étant coparent jusqu'au bout, en étant co-responsable jusqu'au bout. et donc ce n'est pas la mère directrice de projet pour toute la maisonnée qui donne les tâches et qui dit tu fais ci, tu fais ça. C'est je prends ma part, je prends mon rôle. Et je libère la moitié de ta charge mentale, j'en prends ma part, pour que tu puisses aussi te consacrer à toi.
- Speaker #0
Que tu dises, il est lucide même de la transformation.
- Speaker #1
Absolument, absolument. En fait, ce livre-là, il a pour raison d'être et il a pour fonction de pouvoir être lu et partagé par un homme et par une femme. Au sein du foyer, c'est essentiel de mettre des mots sur ce qui est en train de se jouer. Nous sommes devenus parents, nous ne sommes pas que ça. On ne demande pas à un père d'être seulement un père. En fait, on ne s'attend pas d'ailleurs à ce qu'il réduise ses autres rôles pour devenir un père, pour devenir un bon père. Est-ce qu'on parle du bon père ? Jamais. La bonne mère, en revanche, on en parle énormément. Et ça, ça pèse sur les épaules. Donc à partir du moment où l'homme comprend ce qui se passe, peut mettre des mots, poser des questions, il ouvre un champ d'expression. Et il normalise le fait que la femme cherche ses repères. et qu'elle ait besoin d'espace et de temps pour le faire. Et il peut soutenir ça. Et en fait, en faisant ça, il n'a pas seulement une maman à l'intérieur de la maison, à l'intérieur de l'appartement. Il a la femme dont il est tombé amoureux et la mère. Donc vous voyez, il a les deux dimensions. Mais si on disparaît derrière le rôle, alors petit à petit, on perd de vue ce dont on est tombé amoureux. Et on n'est pas tombé amoureux de la mère, on est tombé amoureux de la femme. qui a précédé la mer. Et c'est pour ça que c'est aussi important de ne jamais se laisser avaler par un rôle aussi beau soit-il.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas un peu luxueux tout ce qu'on raconte ? Est-ce qu'une femme qui se retrouve seule à élever ses enfants, est-ce qu'elle a le temps de trouver un sens à sa vie ? Est-ce qu'elle a le temps de faire tout ce que vous racontez ?
- Speaker #1
Oui, c'est une très bonne question. Et ça fait souvent partie des questions ou des objections que j'ai. Est-ce que la quête de sens, ce n'est pas quelque chose pour les gens qui finalement n'ont pas de problème ? En fait, je vais vous répondre d'une façon très simple Elsa, c'est que Viktor Frankl, il a créé la logothérapie avant d'être interné en camp de concentration pendant la seconde guerre mondiale. Et il est resté en vie parce qu'il voulait apporter la logothérapie au monde. Si lui, vivant l'enfermement, la menace de la mort omniprésente, les privations nombreuses, la perte de la dignité, la perte de son identité, la perte de ses proches, en fait les pertes multiples. S'il lui considère que le sens aide à vivre, alors je pense qu'en effet, une maman solo, des parents qui ont du mal à boucler les fins de mois, peuvent trouver dans le sens une aide à vivre. Et vous savez, je ne le dis pas par hasard, je viens là. Moi-même, je viens d'une famille modeste dans laquelle il y a eu des difficultés pour nous nourrir, nous. les enfants. Et je sais que pour mes parents, se dire tous nos sacrifices, tous nos efforts, tout le courage dont on fait preuve, il est là pour aider nos enfants à grandir, ça les a aussi aidés à traverser ces périodes, ces années difficiles et ces années noires. En fait, le sens soutient les efforts, la résilience, le courage, la persévérance. Ça donne un cap, ça donne un but, ça donne une raison d'être. Et ça change le rapport qu'on a à son épreuve. Quand on traverse une maladie, par exemple, et qu'on n'a aucune certitude sur le nombre de jours qu'il nous reste à vivre, le sens peut nous aider. Pourquoi ? Parce qu'il nous aide à voir que cette maladie, elle nous prive de certaines choses, mais elle nous augmente aussi. Elle nous apporte un regard différent. Elle change peut-être la nature de notre rapport aux autres. Elle change la manière dont on se traite. Et en fait, on est capable de se voir augmenter dans sa maladie. dans une privation d'avenir parfois, par le sens qu'on est capable d'y donner. Alors c'est difficile à faire tout seul, j'en conviens. C'est aussi pour ça qu'il y a des logothérapeutes, c'est aussi pour ça qu'il existe cette approche, c'est pour ça qu'il existe des livres comme Découvrir un sens à sa vie de Viktor Frankl.
- Speaker #0
Est-ce que vous pouvez nous expliquer vraiment ce que c'est la logothérapie ?
- Speaker #1
Oui. La logothérapie, c'est une approche thérapeutique qui consiste à mettre le centre au cœur. de tout ce qu'on est et de tout ce qu'on fait. Et c'est de dire que le sens permet de savoir qui l'on est, où l'on va, de comprendre ses racines, et de comprendre ses aspirations, et de tracer un trait, de tracer un chemin, qui n'est pas toujours direct, qui est même très souvent estressé du mieux, mais de tracer un chemin entre ses racines et ses sources de sens, et ce à quoi on aspire. C'est ça la logothérapie, c'est l'éclairage du sens, et c'est la mise... au centre de sa vie et de toutes ses actions, de ses décisions, de ses comportements, de ses pensées, du sens comme une aide à vivre. Et c'est vraiment une approche extrêmement lumineuse qui est vraiment tournée vers l'espérance, qui est tournée vers l'avenir, qui permet de traverser toutes les épreuves et toutes les difficultés. Ça ne les réduit pas, ça ne les atténue pas, mais ça donne une force immense.
- Speaker #0
Et alors vous dites justement qu'il faut, dans votre livre, Avec tout ce que vous avez appris avec votre métier de thérapeute, vous dites qu'il faut redessiner des contours. Ça veut dire quoi, redessiner ses contours ?
- Speaker #1
Quand on s'est un peu perdu dans un rôle, quel qu'il soit, qu'on soit un homme, qu'on soit une femme, que ce soit professionnel ou personnel, quand on s'est perdu dans un rôle, nos contours sont devenus flous. En fait, il y a une confusion entre le rôle et l'identité. En réalité, une fois qu'on travaille son identité et qu'on redéfinit ses contours, c'est-à-dire ses limites, L'écoute de ses besoins, qui l'on est, où l'on veut aller, quelle représentation on a de soi, qu'est-ce qu'on montre aux autres et est-ce que c'est en conformité avec qui l'on est vraiment et avec ce à quoi on aspire. C'est tout ça, redessiner ses contours. Et ça permet vraiment de réinvestir ses rôles multiples. On en a tous, hein ?
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
On joue tous des rôles, mais en fait, ça permet de réduire l'écart entre le rôle et l'identité. Entre le moi qu'on expose et le moi véritable, entre son essence personnelle et la manière dont elle s'exprime et dont elle s'incarne dans les différentes dimensions de sa vie. Vous voyez, c'est ça redessiner ses contours. Et en fait, c'est ça qu'on fait à la Maison de Sens pendant les séjours et les retraites que j'organise. Les gens viennent chercher ça, en fait. Ils se sont perdus, ils sont dans un brouillard mental prédominant. Ils n'ont plus de rapport avec leur corps. Vous voyez, il y a quelque chose qui s'est rompu.
- Speaker #0
Je vois très bien.
- Speaker #1
Je me vois très bien. Tout ce que vous racontez, je le vis et je l'ai vécu. Vous l'avez vécu,
- Speaker #0
cette déconnexion avec votre corps.
- Speaker #1
Et le brouillard qui envahit l'esprit, où il n'y a plus de clarté. Et c'est ça qu'on fait, redessiner ses contours, c'est ça, c'est qui je suis, quelles sont les croyances qui sont les miennes, quelles sont les œillères qui sont les miennes, quels sont les masques que je porte, quels sont les verrous qui m'empêchent de m'affranchir de la situation que je traverse, comment le sens peut m'aider à apporter un éclairage de la clarté, de la lucidité, de la conscience, et une fois que tout ça a été mis en mots et mis en lumière, qu'est-ce que j'en fais pour ça ? demain.
- Speaker #0
Alors justement, dans ce livre, vous avez plusieurs exercices.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nous donner un exercice qui va nous permettre de comprendre ?
- Speaker #0
Ou même tout d'un coup de se dire quand on serait, parce qu'on est plein à chercher le sens de sa vie, on est plein à essayer de redessiner ses contours en vrai. On est plein à être dans le brouillard. Comment on fait ? Est-ce qu'il y a un exercice qui peut nous permettre tout d'un coup de nous... Un exercice facile qui peut nous permettre de nous retrouver.
- Speaker #1
Bon, alors ça passera toujours par un papier et un stylo. Enfin, moi, je recommande de revenir à des choses extrêmement simples. De prendre un papier et un stylo, de se mettre au calme, de garder quelques minutes pour soi et se demander ce qui pèse sur nos épaules aujourd'hui. Qu'est-ce qui est lourd dans la vie aujourd'hui ? Une fois que ça, ça a été nommé, de se demander... Sur quoi on a du pouvoir ? Parce qu'en fait, il n'y a rien de pire que d'avoir le sentiment de subir et de se faire traîner à l'arrière de la vie et de rebondir sur le bitume. Sur quoi j'ai du pouvoir ? Sur quoi je peux exercer une action ? Comment je peux mettre en œuvre la responsabilité que j'ai de mon bien-être, de mon présent, de mon futur ? Et qui peut m'y aider ? Et en fait, de commencer à mettre de la clarté
- Speaker #0
De mettre des mots en fait.
- Speaker #1
Absolument. Et de mettre des repères. Et à partir du moment où je clarifie ce sur quoi j'ai la main, quelles seraient les deux ou trois premières actions que je pourrais poser concrètement pour sortir de cela ? Et ça ne veut pas dire que c'est facile, et ça ne veut pas dire que je n'ai pas peur, mais il ne faut sûrement pas s'empêcher d'agir sous prétexte qu'on a peur. La peur, on la prend par la main. On lui dit, je t'emmène avec moi. En revanche, c'est pas toi qui as les commandes, c'est moi. Mais tu viens. C'est trop,
- Speaker #0
je t'emmène avec moi.
- Speaker #1
Je t'emmène avec moi. Moi, j'emmène ma peur avec moi tous les jours.
- Speaker #0
Moi, je me réveille le matin, je dis, j'ai peur. Voilà, donc j'aime bien cette image de dire, ok, non, je t'emmène avec moi.
- Speaker #1
Je te prends par la main. Mais en revanche, c'est pas toi qui as le volant. C'est pas toi qui as les commandes. Parce qu'en fait, les décisions ou les actions qui sont prises sous l'influence de la peur, sont pas les meilleures pour soi. Elles vont nous réduire. Elles vont nous... cantonner à ce qui est de l'ordre du connu, du confort, même si c'est très désagréable, même si c'est parfois douloureux, mais tout vaut mieux que l'inconnu, que les barrières à franchir, que les verrous à faire sauter. Donc, pour revenir à l'exercice, qu'est-ce qui est lourd sur mes épaules, qu'est-ce qui est lourd dans ma vie, sur quoi j'ai la main, quelles seraient les ressources ou les actions qui pourraient m'aider à en sortir, par quoi je peux commencer. Et parfois, par quoi je peux commencer ? C'est par demander de l'aide, par identifier les personnes qui peuvent m'aider. Qui peuvent être me libérer une heure de mon temps, me donner un conseil, m'apporter une oreille, m'aider à me réorienter. En fait, l'aide, elle peut se situer à plein de niveaux en fonction de ce qu'on vit et de ce dont on souffre. Mais voilà, c'est commencer par là. Et en fait, c'est récupérer une posture extrêmement lucide, consciente et active dans la résolution. de ce qui est difficile. Pourquoi ? Parce que sinon, c'est une vie qui sera passée à subir.
- Speaker #0
Vous parlez même de renaître à soi. Qu'est-ce que c'est assez beau, renaître à soi ?
- Speaker #1
Merci. Renaitre à soi, c'est retrouver le fil conducteur de la joie, de ce qui nous rend heureux, heureuse, de ce qui nous aligne avec nous-mêmes, de ce qui nous donne le sentiment de s'honorer, de se respecter, de se choisir. Et à partir du moment où on est vraiment là-dedans, dans l'écoute de soi et dans le choix de soi et l'accomplissement de soi, Alors oui, c'est une renaissance.
- Speaker #0
Est-ce que vous auriez un mot pour la fin ?
- Speaker #1
Faites-vous confiance.
- Speaker #0
Ça, c'est dur. Enfin, pour moi, je trouve ça très dur de se faire confiance.
- Speaker #1
C'est tout un travail. C'est un travail, c'est un cheminement, mais je crois aussi que c'est une décision. Et c'est considérer qu'on a quelque chose de bon à apporter aux autres et au monde. Et de rester très fidèle à ça.
- Speaker #0
De croire en son instinct.
- Speaker #1
Oui, aussi, d'écouter son intuition. Ça veut dire faire de la place. Ah ça c'est important, c'est de dire quoi ? Faire de la place. Faire de la place à son intuition. Ça veut dire s'écouter, ça veut dire sortir du bruit, ça veut dire parfois décider de laisser le silence s'installer. En soi, autour de soi. Sortir du chaos, du rythme. S'extraire en fait de sa vie quotidienne, même si c'est quelques minutes, même si c'est une fois par semaine, même si c'est une fois par mois. mais d'avoir cette intention-là, d'écouter. Parce qu'en fait, les réponses, elles sont souvent en nous. Parfois sous un couvercle, parfois bien verrouillées, mais elles sont souvent en nous, les réponses.
- Speaker #0
Merci, parce qu'avec vous, on a tout déverrouillé. On a ouvert le couvercle. Merci beaucoup. Merci à vous. Amélie Vriand.
- Speaker #1
Merci. Si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes, soutenir Cerveau Puissant et suivre toutes les actualités, les échanges à venir et les contenus que je prépare. pour continuer à nourrir, ce qui fait vraiment la différence.