- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent, un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des peurs qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité, une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Et j'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Aujourd'hui, je reçois Camaro, mais surtout Cyril Camar. Avant le succès, Cyril, il y a eu l'enfance. Avant la scène, il y a eu la guerre. Cyril a grandi au Liban. Lorsque les bombes résonnent, c'est sa mère qui chante. Pour courir le bruit, pour apaiser la peur. La musique entre ainsi dans sa vie, comme un refuge, une présence vitale, bien avant d'être une carrière ou une ambition. Cyril est un autodidacte, un homme mu par une soif profonde de connaissances, de compréhension et de maîtrise. Il apprend seul, observe longtemps, avance sans attendre qu'on lui donne la permission. A 17 ans, il monte sa propre structure avec l'aide de sa mère. Très tôt, il comprend qu'il devra créer son propre cadre pour rester libre, ne pas subir, ne pas dépendre, construire. En 2004, le monde bascule avec Time Like You. Un titre planétaire, numéro 1 dans une vingtaine de pays, le succès est immédiat, massif, mondial. Les voyages s'enchaînent, les tournées s'accélèrent, les frontières se confondent, le rythme devient presque insoutenable. Et derrière la chanson que des millions de personnes chantent, danse, aime, il y a un homme qui s'épuise, le corps finit par distop, Cyril traverse un burn-out. Non pas un effondrement spectaculaire, mais cette fatigue profonde. qui arrive quand le succès va plus vite que soi, et c'est là qu'un paradoxe apparaît. Ce moment marque un tournant. Cyril comprend que le succès, s'il n'est pas maîtrisé, peut devenir un déséquilibre, que l'énergie n'est pas infinie, et que durer demande autre chose que performer. Plutôt que de s'enfermer dans l'image d'un tube, il choisit de se réinventer, de produire, de bâtir, de prendre du recul, de reprendre la main. Aujourd'hui, il vit au Canada avec sa famille, un choix de stabilité, un choix de distance juste, un choix cohérent. Il est producteur, entrepreneur, investisseur dans l'art. Il construit dans un temps long, loin du bruit, près du sens. Cyril Camar est un homme qui a connu la guerre, le déracinement, la gloire mondiale, l'épuisement et le retour à l'essentiel. Et c'est précisément ce parcours qui rend sa parole précieuse aujourd'hui parce qu'il sait ce que le succès donne et ce qu'il prend. Cyril, merci d'être avec nous chez Cerveau Puissant.
- Speaker #1
Wow ! Merci de me recevoir. C'est beaucoup d'un coup.
- Speaker #0
Écoute, on essaie de travailler nos introductions et surtout, comme je te l'ai dit, d'aller vraiment chercher la profondeur des personnes qu'on interview. Moi, ce que j'aime voir, c'est toujours la lumière qui brille dans les âmes, notamment des artistes et d'entrepreneurs. Et en fait, on a plein de choses à raconter. Donc, je suis vraiment ravie de te recevoir aujourd'hui. On commence toujours de la même manière chez Savo Puissant. Est-ce que tu as une phrase, un mantra ? qui t'a toujours tenu debout, que tu veux nous partager aujourd'hui ?
- Speaker #1
Il y a une phrase qui m'a toujours marqué, c'est Andy Warhol qui disait ça, et qui disait « Being good in business is the most fascinating kind of art » . Je pense que les créatifs qui gérons, comme tu l'as dit tout à l'heure en intro, notre liberté par le fait de rester en contrôle de notre création. d'établir des structures qui nous permettent à nous et à d'autres des créatifs aussi de pouvoir en profiter pour être plus indépendants, plus autonomes. On a toujours cette image d'être des capitalistes ou je ne sais quelle expression un peu à la noix. Or qu'au final, c'est parce qu'on a tous vécu des expériences peut-être difficiles, de vie, d'abus de certains managers qui nous ont un peu entourloupés à droite à gauche sur l'argent, sur des trucs, des machins, qu'au final, on se dit... Si on a cette capacité d'apprendre, de comprendre comment fonctionne l'envers du décor et de le piloter nous-mêmes, ça ne veut pas dire qu'on peut travailler seul, mais c'est-à-dire qu'on peut travailler main dans la main avec les autres plutôt que d'être un peu tributaire d'une industrie, d'institution, etc. On le fait. Et si c'est ça qui fait de nous des businessmen, et en France, on adore ce genre de trucs. Ah oui, alors tu es un businessman. Oh, tu es un entrepreneur. On adore ça tellement c'est loin de la culture du fonctionnaire, un peu de la vie un peu rangée métro-boulot-dodo, qu'on en fait un peu du sensationnalisme un peu exacerbé, tu vois. Et je trouve que cette phrase qui dit qu'en fait, être bon en affaires, surtout quand c'est des affaires qui te passionnent, qui touchent au plus profond de ta création, de tes idées, des trucs qui sortent de ta tête, quand tu arrives à en gérer le business, c'est une des formes les plus fascinantes d'art. Et Warhol, à l'époque, dans les années 70, a été victime de ça, comme plein de gens d'ailleurs, de ce côté un peu industrialisation, le pop art. qui était aujourd'hui le pop art est considéré comme un mouvement et on le collectionne et on en paye pas une fortune pour avoir ça mais à l'époque c'était à la mode ? non c'était moqué, c'était un peu ringard etc et surtout parce qu'il générait beaucoup d'argent et qu'il était à la tête de sa factory à New York etc et qu'il faisait venir, qu'il présentait Basquiat à Madonna, enfin il y a toute la pop culture et il a quand même évolué la banane dans cette factory Je trouve que ça m'a toujours inspiré de me rappeler qu'à partir du moment où nos affaires sont entre guillemets légitimes, et là je ne parle pas de légales ou d'illégales, mais dans le sens où nos affaires sont en fait nos passions, donc en gros on gère notre propre création, et bien oui, dans ce cas-là, si tu es bon en affaires, c'est une forme très respectable et honorable d'art. Il ne faut pas arrêter de se sentir... Pendant très longtemps, je me suis senti presque mal de faire des affaires dans la musique, alors que c'est mon terrain de jeu, et que monsieur a des barques en cravate. C'est un imposteur de première, on ne sait pas qui il est. Et du jour au lendemain, il pilote notre carrière, il pilote notre musique, il pilote la création. Ça, c'est normal. Et que moi, qui arrive à m'autoproduire, à même créer des structures pour d'autres artistes, je puisse être assimilé ou associé à cet imposteur-là, je trouvais ça très violent. Donc j'en ai fait un mantra que j'ai mis derrière mon bureau pour que les gens se rappellent que... heureusement même qu'on fait du business dans nos industries et qu'on est nos propres producteurs, nos propres entrepreneurs.
- Speaker #0
De toute manière, personne ne sait mieux que soi-même ce qui lui correspond. Quand on est aligné avec, comme tu dis, son ambition et ses valeurs, on sait se piloter. Les gens sont largement capables.
- Speaker #1
Peut-être que c'est un peu exagéré de dire que tout le monde sait le faire. Je comprends qu'il y ait des artistes qui disent que c'est super bien de dire ça, mais si toi, tu as eu cette facilité là-dedans, ça ne veut pas dire que moi ou un tiers.
- Speaker #0
Peut-être que... Tout le monde n'a pas envie de le faire.
- Speaker #1
Il y a des gens qui n'ont pas l'envie. Il y a des gens qui, malheureusement, ne savent pas comment le faire. Il y a quand même un naturel pour ça. Le fait d'aimer compter, le fait de prendre des risques. J'ai toujours dit, entreprendre dans les industries créatives, ça démarre dans le bide. C'est une espèce de formule chimique. Et quand ça ne va pas, tu ne peux pas t'improviser dans les affaires. C'est pareil, je veux dire, dans le milieu des affaires, tu ne peux pas t'improviser le jour où tu n'as plus de salaire. Tu ne sais pas ce qui va rentrer. que tu traverses des périodes où il n'y a rien, et tu ne sais même pas où tu vas avec ça, tout le monde te dit que ton idée est nulle, c'est là-dedans que ça se passe. Et il y en a qui ne tiennent pas le choc.
- Speaker #0
Alors toi, tu as déjà arrivé d'avoir des moments où tu n'as rien et où on te dit que tes idées sont nulles ?
- Speaker #1
Moi, j'adore ça. Moi, ça me fait vibrer. Je dis toujours que si tu veux faire des affaires, il faut que tu sois prêt à bouffer du pain, du beurre et boire de l'eau. Il faut que tu arrives à le faire pendant quelques mois quand même. Parce qu'il y a plein de moments où... Tu vas rebondir. Si tu n'arrives pas à rebondir au-delà de quelques mois, il faut que tu fasses autre chose. Et là, le salariat, le travail, il y a plein de choses qui peuvent devenir presque mieux à partir du moment où tu sens que tu n'es pas fait pour ça. C'est trop dur. Il faut avoir la sincérité et l'honnêteté. Mais à l'inverse, quand tu arrives à voguer dans ces périodes où tu te dis que tu n'as pas un bal alors que, je ne sais pas, il y a six mois, j'étais bien. Et là, c'est fou. J'ai tout mis là-dedans et ça ne décolle pas. C'est plus facile quand tu n'as pas femme et enfant. Donc il y a un mois avant et un mois après la famille. Mais mois avant la famille ? Je m'en fous, je te demande si je peux utiliser ton canapé pendant deux mois. Et je te promets de ne pas être là trop longtemps. J'ai aucun égo dans les affaires.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu crois que ça ne devient pas justement... Est-ce qu'on peut parler de ton enfant ? C'est vrai que tu as vécu la guerre avec ta famille. Il est bon tout le temps. Ça façonne quand même un enfant.
- Speaker #1
Ah oui, évidemment.
- Speaker #0
Et donc ça te fait aussi différent. Tu as une résilience qui est quand même différente des autres.
- Speaker #1
Oui, et puis tout est un plus. C'est quoi pour moi de venir te dire que j'ai pas d'oseille parce que j'ai tout risqué sur une idée ? Je suis même pas censé être là, je suis même pas censé être en vie, je suis même pas censé être dans une société occidentale avec des buildings et du gazon vert taillé. Je t'ai fait pour le bitume, moi, et j'aurais dû y rester, voire de plein de manières différentes, premier ou deuxième degré. Donc, à partir du moment où je me retrouve en Amérique du Nord, à 11 ans, avec Jean... Tu rapes, tu rock, des Doc Martins, des Converse. Je veux tout, quoi. C'est pour ça que je suis ridicule à un moment donné. Parce que je ne sais pas si je suis un rockeur, si je suis un rappeur. Mais je m'en fous, je viens de tout découvrir. Je découvre tout sur le tard. Mais tout est du plus. Tu t'imagines un mec qui vient et qui me dit « De toute façon, ça ne sert à rien, tu n'y arriveras pas. » C'est énorme, ça.
- Speaker #0
En fait, tu pars du Liban pour aller directement au Canada.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc là, c'est ce que tu racontes, tu découvres... C'est l'Amérique du Nord,
- Speaker #1
c'est pareil.
- Speaker #0
Mais toi, tu es un survivant, donc en fait, tout éclate, et tu as des yeux d'enfant émerveillés.
- Speaker #1
C'est la grandeur de mes parents, c'est la vie, c'est le karma, c'est plein de choses. C'est le bon Dieu, c'est plein de trucs qui fait que j'avais cette destinée-là, que j'ai réussi à passer outre ce que j'ai vécu dans mon enfance et que je suis arrivé dans un pays des possibles et dans un continent des possibles. Et là, tu te dis... En fait, c'est fou parce que tu ne te dis rien, c'est ta peur de rien. Tu veux bouffer la vie, mais d'où tout le bling-bling, la culture américaine que j'ai épousée à mort et tout, parce que je me suis dit, mais laisse tomber. Vraiment, je veux tout. Et c'était même si parfois je sentais que c'était décorrélé de mes valeurs, de l'éducation qu'ont donné mes parents, etc. Là, c'était comme une mission, ça. C'était pas mes valeurs profondes. C'était genre, maintenant que tu me mets là, je...
- Speaker #0
Alors, c'est marrant parce que t'es pas tes valeurs profondes. Il y a Femme Like You. Tu peux me rappeler le nombre d'exempères que vous avez vendu ?
- Speaker #1
Quelques millions, beaucoup de millions.
- Speaker #0
Oui, et puis ça continue encore aujourd'hui en plus. Moi, c'est ce que je t'ai dit tout à l'heure, tu étais ma chanson de mariage, je me suis mariée il y a deux ans. Et en fait, c'est vrai que c'est vraiment le son dont tu ne t'es jamais lassée. Parce qu'il y a des sons, même moi tu me les mets encore aujourd'hui, je dis...
- Speaker #1
On m'a le vieillit.
- Speaker #0
Alors que toi, ça ne vieillit pas, ça te met une patate. Donc ça, c'est quand même un don. Et deuxièmement, il y a quand même deux, trois autres chansons que moi je connais. Sous l'œil de l'ange, tu viens de parler là de la foi. Donc en fait, tu dis que tu n'as pas de valeur, mais tu es camarot. Mais tu essaies quand même dans tes chansons aussi de mettre des choses hyper puissantes. Non,
- Speaker #1
j'ai énormément de valeur parce que mes parents ne m'ont éduqué qu'avec ça pendant toute la guerre. Et c'est juste que quand j'arrive en Amérique du Nord et que je me mets à épouser toute la culture américaine, là, je m'éloigne de mes valeurs. C'est-à-dire qu'on a l'impression que je m'en fous de tout, que je suis un arriviste, un nouveau riche qui veut juste... Les chaînes en or, j'ai été biberonné à ça, moi MTV Cribs, les trucs des rappeurs, B.E.T. Enfin tu vois j'ai grandi là-dedans. Enfin j'ai arrivé, je me suis pris ça dans la gueule et je me suis dit je veux tu vois. Alors forcément quand t'es éduqué par une mère philosophe, prof de philo et philosophe impaire, commerçant et comptable, t'as l'impression que t'es à des kilomètres de tes valeurs. Ça veut pas dire que t'as pas de valeur, ça veut juste dire que... Ouais, si certaines personnes de ma famille me voyaient à ce moment-là en Amérique avec des bagnoles, genre je veux gagner ma vie, je veux devenir... Je suis rentré dans ce mindset très tôt et je voulais faire des affaires et je voulais gagner plein de fric et je voulais me mettre à l'abri. C'est là où la philosophie du hip-hop m'a pris très jeune et ne m'a jamais quitté encore jusqu'à aujourd'hui. Maintenant, je la dose, mais cette culture, je ne suis plus un rappeur. Aujourd'hui, je ne sais pas si je ne l'ai vraiment jamais été. J'ai aimé l'art, j'ai aimé la culture, mais je pense que j'ai toujours tourné autour sans jamais vouloir m'ancrer là-dedans. Mais en revanche, et aujourd'hui j'ai vieilli, mais en revanche, aujourd'hui, je trouve que rester proche de ces valeurs-là, mais en allant chercher des expériences complètement ailleurs, ça m'a sauvé, ça m'a aidé en fait. Et je préfère avoir fait ça à 20 ans que la crise de la quarantaine. Tout d'un coup, tu pètes les plombs et tu veux vivre comme un jeune milliardaire de 19 ans. Enfin, tu vois, il y a des trucs qui sont pathétiques.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Moi, je les ai faits au moment où c'était entre guillemets...
- Speaker #0
Tolérable.
- Speaker #1
Logique pour mon âge et mon expérience et mon parcours de vie.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as retenu, alors justement, qu'est-ce que tu as retenu jeune ou plus jeune qui a justement, qui t'a permis de faire pivoter ta trajectoire et qui fait de toi un homme épanoui aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a un élément particulier. Je pense que, encore une fois, la grandeur de mes parents, leur courage, leur éducation, fait que naturellement, au bout d'un moment... Enfin, je connais des gens qui ont vécu ce que j'ai vécu pour d'autres raisons et qui ont fait fortune pour d'autres raisons, etc. Et qui sont encore comme ça aujourd'hui. Ils ont 70 balais. Et c'est toujours le show-off. Il y a besoin de montrer. Il y a besoin d'exister. Tu vois ? Il y a besoin d'être quelqu'un dans la société. Et ils le sont encore. comme ça aujourd'hui. Et je pense que inconsciemment, je savais très bien que c'était un trip. C'est comme si tu m'avais signé pour une série pour 10 ans, tu vois. Et là-dedans, tu m'as donné le rôle du gamin qui sort de la guerre et à qui on va donner plein de fric pour faire ce qu'il veut. Mais s'il peut rester quand même, s'il peut quand même garder dans sa tête qu'il ne faut pas décevoir ceux qui l'ont sauvé, qui ont fait qui j'étais et qui m'ont éduqué, parce que c'est ça qui m'a aussi tout le temps retenu. C'est qu'il ne fallait pas non plus Mes parents pouvaient sourire, pouvaient rigoler, mais au moment où ils ne rigolaient plus, c'était la fin des règles qu'au moment où il fallait que je revienne à quelque chose. Et donc avec l'âge, avec la maturité, ça te passe.
- Speaker #0
Non mais ce qui est vrai, c'est qu'on en a parlé sur plusieurs épisodes, l'importance de l'éducation qu'on donne et que nos parents nous ont donnée. l'importance qui joue sur nous pour nos choix dans le bon et dans le mauvais. Et surtout, on sent l'influence de ta mère. C'est ce que j'ai dit au début, c'est elle qui chantait. C'est ça, non ? C'est elle qui chantait dès qu'il y avait les... Le chant, en fait, vous a tous un peu sauvés.
- Speaker #1
La musique, oui. Mon père battait la mesure. Mon père est un fan de soul, de jazz, de blues. Et ma mère était une... Fana de chansons françaises et de textes. Donc quand il y avait trop de bombardements dehors, ça chantait très très fort à la maison. Et mon père battait la mesure. Et on n'avait pas l'électricité. Donc on ne pouvait pas mettre ni des vinyles, ni rien du tout. Donc c'était ma mère qui chantait. Et puis on finissait par les connaître par cœur les chansons. Donc on chantait avec elle et machin. Et mon premier amour de la musique, il a commencé là. Avec les grandes chansons françaises. D'Aznavour, de Brel, de Brassens, de Ferré, avec mon père qui battait la mesure et faisait du blues dessus.
- Speaker #0
C'était ça. C'est une belle image. Je ne sais pas si les gens le savent de toi, mais c'est vrai qu'en tout cas, quand on entend tes chansons, on sent qu'il y a quelque chose de très profond. Au-delà, tu as raison, du rappeur ou de ce que tu as pu être il y a longtemps. On sent qu'il y a cette forme de profondeur dans tes paroles, dans tes airs aussi. Donc, moi, en tout cas, personnellement, je l'ai toujours ressenti. Je ne regardais pas trop les clips. J'écoutais beaucoup. Donc, je ne te vois pas trop avec tes colis et tout ça. Mais voilà. Résilden, les colis rappeurs. Est-ce que tu as su, quand tu as fait Femme Like You, est-ce que quand tu l'as lancé, tu t'es dit ça, ça va vraiment faire un carton ? Ou le succès t'a surpris ?
- Speaker #1
Je pense que je savais que ça allait fonctionner, que ça allait plaire. Parce que c'est un truc que j'essayais de faire depuis un moment. Tu vois, quand je dis que... Quand je dis que le rap avait beaucoup d'importance dans ma vie, et à la fois j'essayais de m'en détacher le plus possible, parce que c'est une autre époque, c'est une époque où c'était très réducteur d'être un rappeur. Et il y avait les artistes et les rappeurs. Les artistes avaient des loges, et les rappeurs, ça attendra au bûcher. Je te jure, c'était un peu ça. Je te parle de mon époque. Les 90, c'est des menteurs ceux qui disent que ce n'était pas ça. Alors soit il y en a qui ont réagi de manière très dure et qui sont complètement battus contre cette... qui sont devenus l'anticulture et qui sont battus contre la culture. Moi j'ai essayé d'être un petit peu plus diplomate et je me disais... De part justement ce premier contact que j'ai eu avec la musique, qui était plutôt de la chanson française, que j'ai toujours assumé, je me suis dit peut-être si toi aussi t'essayais de ne pas faire que du rap. Et c'est difficile à ce moment-là parce que t'as une culture que t'aimes beaucoup mais qui n'est pas non plus la seule ou que t'as découvert très récemment. La plupart des rappeurs, ils ont découvert le rap très très tôt. Ils se sont identifiés à cette culture à 4 ans, 5 ans, 6 ans, 7 ans. À l'école, avec leurs premiers copains et tout. Moi, je ne savais même pas ce que c'était le rap jusqu'à ce que j'arrive en Amérique. Et là, je le découvre d'un coup. Donc, comme c'était très frais, j'ai pu faire des choix un peu plus équilibrés. Et du coup, j'essayais, je m'étais toujours gardé en tête, après mes époques dans mon premier groupe de rap, etc. Je me disais, un jour, je vais réussir à faire une chanson qui... s'inspire de ce que j'aime dans cette culture du hip-hop et du rap, mais qui prend en compte aussi mon amour de la chanson, mon amour des mélodies, mon amour des harmonies, des rythmes, des instruments organiques, des guitares, des pianos, des vieux synthés vintage, etc. Donc ça me manquait trop. Surtout qu'à mon époque, dans le rap, si tu utilisais quoi que ce soit de ça, t'étais en vendu. Pas de mélodies, les guitares, c'est pour les rockers. Enfin, tu vois, c'était plein de préjugés de ouf. qui disait que tu pouvais pas mélanger trop les trucs. Et moi, dans ma tête, j'avais cette idée de mélange et qui a mûri. Alors j'en ai fait des daubes avant Femmes Like You pour arriver à ça, parce que mélanger de la chanson française avec du rap, ok, mais ça veut dire quoi ? Et donc quand je l'ai réussi, pour moi, c'était un accomplissement de dingue. C'est que je me suis dit, putain, mais elle est là, le fameux cocktail entre ce que me faisait écouter ma mère quand j'étais gamin, le... le rap mais qu'il n'y en ait plus vraiment, les guitares, les synthés vintage, t'as un peu de tout ça là-dedans. Et je me suis dit, je pense que ça va plaire aux gens. Je savais aussi que ça allait soulever beaucoup de critiques.
- Speaker #0
Et Femme Like You s'adresse à qui ? Bien sûr aux femmes, mais toi dans ta vie, ça s'adresse à un peu de ta mère, un peu de ta sœur, je ne sais pas, une femme que tu admires ?
- Speaker #1
Ouais, c'était plus un idéal. Je ne l'ai pas ciblé. Ça m'arrive très rarement quand j'écris des chansons. On le sent. Là, sur mon dernier projet, j'ai écrit une chanson pour ma fille. Tu sais très bien que je parle d'elle, etc. Mais déjà, à cette époque-là, tu vois, je veux dire, c'est une turbine dans la tête. Tu es plus dans des espèces de... Tu te fais des films, tu t'imagines des histoires. Et là, c'était un idéal que je m'étais imaginé. Un artiste homme et femme sur scène qui partage un moment comme ça où... où en gros le monde s'arrête à part ce petit moment et ils se rappellent leur rencontre. Et tu ne sais pas vraiment si ce couple d'artistes est un couple dans la vie ou si c'est juste qu'ils se sont rencontrés pour parler de cette chanson et cette chanson a vu le jour sur scène devant les gens. Mais tu vois, c'était plus une espèce de... Ouais, une image, une espèce de courbette.
- Speaker #0
Une vraie communion, en tout cas, entre deux personnes qui kiffent, qui s'aiment et qui se lisent. Mais aujourd'hui, tu l'as trouvée, en tout cas, ta muse, puisque t'es partie au Canada avec ta femme, t'as tes enfants. Donc en fait, cette femme que t'imagines en cette façon...
- Speaker #1
Elle est devenue des années plus tard.
- Speaker #0
Exactement, elle est arrivée. Donc c'était ça ce que je cherchais à te faire dire. Et c'était peut-être un idéal que t'as réussi enfin à... à acquérir et ça se voit d'ailleurs aujourd'hui quand on parle que t'es posée, hyper réfléchie, t'as multiplié effectivement, tu me le disais tout à l'heure, toutes les formes d'art parce que tu crois, enfin, il n'y a pas que la musique pour toi, il y a effectivement l'art en tant que tel et puis tu le dis très justement, tu aimes test and learn et tu le fais avec beaucoup de recul, c'est-à-dire qu'on a l'impression que tout ce que tu fais c'est avec beaucoup d'humilité et en même temps je crois pas mal de succès.
- Speaker #1
Pas mal de succès, oui et non. Moi, j'ai toujours dit, j'ai entendu Xavier Niel dire un truc que j'ai trouvé très intelligent quand il dit « mais les gars, moi, je suis un énorme loser » . Et je trouve ça formidable. D'abord, parce que quand on crée, et là, je ne parle pas de business, d'entreprise, quand vous avez une idée et que vous la démarrez avant que ça devienne un business, il y a un moment, enfin, je dirais, au début, c'est vraiment une idée. Parfois, c'est un truc débile auquel on a pensé avec des potes, parfois tout seul. Et donc, en fait, si les gens savaient le nom... de marques au front qu'on a parce qu'on s'est pris des murs, mais des râteaux et on lose très souvent. Mais plein, plein, plein de trucs. J'ai foiré énormément de choses. Parfois des choses bénignes, parfois des choses beaucoup plus engageantes, avec des grosses pertes d'argent, de temps, ou des relations avec quelqu'un avec qui tu t'entendais très bien et puis vous avez décidé de lancer ce truc ensemble. Ça a complètement pris l'eau. Et en fait, quand on regarde la carrière d'un homme ou d'une femme d'idée, il y en a 3 qu'on met au fond et 12 qu'on met dans l'air, total et donc je me méfie toujours de, même quand on a du succès, je pense que l'humilité d'abord c'est une valeur qui est juste pour moi qui est essentielle et c'est celle que j'inculque à mes enfants et je pense qu'il faut qu'on soit fier de ce qu'on fait, il faut qu'on ait confiance et ça c'est une des raisons pour laquelle j'ai voulu que mes enfants grandissent au Canada parce que je trouve que c'est un... berceau de la confiance en soi quand même et de l'espace et qu'on ait confiance en soi mais qu'on trouve le bon équilibre entre avoir confiance croire en son projet, aller se battre à laisser des corps au sol tellement on veut y arriver mais quand même juste se rappeler qu'une fois qu'on y arrive c'est à la victoire qu'il faut faire le plus preuve d'humilité, pas nécessairement pour gagner, pour gagner je pense que tu dois te battre et je suis pas sûr qu'il y ait un boxeur qui rentre sur le ring humble, tu l'es, mais un peu moins. Mais une fois que tu as gagné, en revanche, c'est souvent là qu'on a les mots d'humilité et qu'on se rend compte que la personne, boxeur, sportif, est un grand sportif. C'est au moment où il gagne, les mots qu'il va avoir à ce moment-là, on a l'impression qu'il se charge de redescendre très vite. En pensant au chemin de croix, en pensant à tous ceux qui n'y arrivent pas, tu as l'impression qu'il se protège en redescendant tout de suite du piédestal. C'est un peu la même chose. Je pense que c'est... Mais il ne faut pas croire que même quand on a beaucoup de succès, si on a beaucoup de succès, c'est qu'on a beaucoup de loses.
- Speaker #0
Oui, alors justement, toi, Femme Like You, énorme succès. Et c'est vrai qu'à un moment, tu as quand même un gros down. Évidemment, tu es numéro un dans plus de 20 pays. Et ça, tu l'as déjà évoqué. Puis tu as écrit un livre aussi. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ce qui se passe dans ta tête ? Et je pense que c'était d'ailleurs à ce moment-là qu'après, tu as tout reconstruit à nouveau de manière différente. Est-ce qu'on peut en parler un peu ?
- Speaker #1
Bien sûr. après je en fait j'ai toujours voulu ça. J'ai voulu que ça fonctionne, j'ai voulu que ça marche. Et je pense qu'il n'y a pas un artiste qui va dire que j'aimerais pas qu'au lieu qu'il y ait deux personnes devant moi, qu'il y en ait 2000 ou 10 000 ou 20 000 ou 200 000. Tous les artistes ont envie de partager notre passion avec le plus de gens possible. Après, moi j'ai eu un espèce de contre-coup qui au départ n'était pas du tout physique. En fait, j'ai eu un down moral énorme. Parce que c'est comme si j'avais été... J'avais une désillusion assez ouf. du star system en fait je me suis vu en pop star et je me suis trouvé pathétique et je me suis amusé et du coup j'ai bu j'ai fait la fête, j'ai été dans tous les endroits où on voulait de moi et j'ai fait des tournées mais déjà j'étais dans un process d'oublier, mais je savais au fond de moi qu'il y avait un truc qui clochait il y en a déjà encore aujourd'hui quand on me dit t'es une légende ça me met encore profondément mal à l'aise J'aime qu'on me le dise, ça veut dire qu'on reconnaît mon travail et ce que j'ai fait, surtout que je pense que les gens reconnaissent tout ce que j'ai fait dans l'ombre limite plus que ce que j'ai fait dans la lumière. Mais à l'époque, c'était déjà quelque chose qui me mettait très mal et j'avais l'impression de dire non mais va le voir lui là-bas, je te promets, c'est une putain de star lui et il adore ça en plus que tu ailles le voir moi. Je te remercie d'aimer ce que je fais, mais juste, sois normal avec moi, parce que je suis archi-normal, je suis intérien. Peut-être que je réussis des choses extraordinaires, et je te remercie de les renoter, mais ce truc, tu vois, de star system, de pop star, tu vois, et de on joue le jeu. Alors maintenant, tu vas nous faire plus fort que Femme Like You, et la maison de disques qui attend l'album, que tu rentres en studio, tu n'as plus envie de rien, parce que tu te dis, ok, il faut battre l'autre. Le truc que j'ai fait par pur hasard. qui a vendu des millions dans le monde. Donc maintenant, je ne suis plus personne si je n'arrive pas à battre ça. Mais moi, j'ai envie d'autre chose. Et forcément, ça sera peut-être moins commercial ou peut-être plus, je n'en sais rien. Alors que là, c'est une machine, ton deuxième album et les médias. Surtout que toi, en plus, on te dit, quand on parle avec toi, on te dit, mais tu es brillant, en fait. Donc en gros, moi, je suis l'idiot de service. Vous, vous êtes les génies. qui savait tout, à qui on n'apprend rien, etc., les bien-pensants, etc. Moi, je dois faire pardon de l'expression, mais la pétasse pour venir répondre à vos questions de génie alors que j'en pense mais même pas le quart. Et en plus, vous m'appelez avant pour que je vienne avec ma grosse montre et mes chaînes pour que ça soit encore... Donc j'ai joué. C'est quoi ? Allez, vas-y. Parce qu'on est dans l'industrie des clowns, là. On va faire le clown. Et il y a des moments où j'étais à l'aise.
- Speaker #0
Pas tout le temps,
- Speaker #1
parce que là, je passe pour le mec qui crache dans la soupe. Non,
- Speaker #0
pas du tout, mais à un moment, comme tu dis, tu as fait ce qu'il fallait que tu sortes. Et en fait, après, tu n'avais plus envie de jouer le jeu.
- Speaker #1
Oui, j'ai mal géré. Tu vois, mes collègues rappeurs, je trouve qu'ils géraient mieux. Parce que comme du coup, les rappeurs n'aimaient pas aller parler avec ces gens-là, du coup, ils n'y allaient pas. Moi,
- Speaker #0
j'allais corriger.
- Speaker #1
Mais comme 50 Cent a pu faire un moment, Weminem, etc. J'allais pour provoquer ça. Mais c'est la rencontre. C'est la rencontre parce que j'avais quand même une... culture du hip-hop. Et j'étais... Tout était programmé comme ça chez moi. Mais j'avais un tube qui me permettait, moi, d'aller partout. Starac, TF1, M6, Charlie et Lulu, Jeunet Joli, enfin, je t'en passe, mais c'est Femme Like You qui m'amenait là. C'est pas Camaro, le mec qui a commencé à faire des freestyles. C'est Femme Like You qui m'amenait là. Et moi, je disais, allez, c'est pas grave, j'y vais. Peut-être qu'un rappeur pur et dur aurait dit, mec, laisse la chanson faire le chemin, mais toi, n'y va pas, ça va mal finir. t'es pas de la même culture, t'as pas ces réflexes, ça va finir en drame. Tu vois, tu vas en cogner un. Et moi, j'y allais en plus avec de la bonne volonté en me disant, non mais les gars, j'ouvre peut-être des chemins pour d'autres, etc. Et donc, j'ai été partout. À l'américaine, comme on m'a appris en Amérique du Nord, c'est qu'au début, tu fais tout. Et tu dis merci. Et tu prends toutes les expositions qu'on te donne, surtout quand t'es ton propre producteur. Tu ramènes la maille à la maison parce que tu as plein de jeunes artistes qui vont profiter de ce pognon aussi.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, entre-temps, tu as ton label de production et maintenant, aujourd'hui, c'est ta maison de 10. Tu produis notamment Shyme.
- Speaker #1
Oui, mais avant, il n'y avait même pas Shyme. Là, je vois Femme la Q, je dis, les gars, c'est bon, on peut le faire. Oui,
- Speaker #0
mais ce qui est vrai, c'est qu'entre-temps, tout ce que tu as réussi à faire, tu as permis d'avoir un label et comme tu dis, tu en as aidé plein, des connus et des moins connus. En tout cas, dans les connus...
- Speaker #1
Pas toujours avec de la réussite, mais j'ai fait tout ce que j'ai pu pour aider le maximum d'artistes que j'ai pu. J'ai super bien réussi sur certains, je me suis planté sur d'autres, mais au moins j'ai eu le mérite de leur donner une chance ou d'essayer. Mais tu vois, tout ça, j'y pensais pendant le succès, ça m'a tenu un peu en apnée pendant les périodes où je ne me sentais pas très à l'aise, parce que je me disais, mais attends, c'est pas grave, vas-y, allez, va faire le clown, là, tu rentres à la maison avec des sacs, et là, on va construire nos propres studios, on va construire nos propres...
- Speaker #0
C'est dur avec toi, parce que... Je suis sûre que tous ceux qui t'aiment et qui t'adorent, moi, je n'ai jamais considéré que qui que ce soit fait le clown à la télé. Après, t'aimes, t'aimes pas.
- Speaker #1
Mais bien sûr que je suis dur. Et même lui.
- Speaker #0
Mais tu vois, je te trouve... Ce n'est pas une question de toi, c'est une question de... C'est un jeu. En fait, c'est une... Voilà, les gens allument leur télé, comme tu le dis pour la star, pour regarder. Et les gens qui regardent sont ravis d'avoir du move à la maison.
- Speaker #1
Je n'en doute pas. Toi,
- Speaker #0
t'es dur.
- Speaker #1
Je pense que, en fait, si t'es fait pour ça... Regarde, je vais te donner un exemple très simple. Je croise des artistes qui sont extrêmement tristes parce qu'on ne les reconnaît plus dans la rue.
- Speaker #0
Moi, j'ai donné tout ce que j'ai pu pour retrouver l'anonymat. Donc, non, mais c'est un truc qui est très...
- Speaker #1
D'ailleurs, d'où vous êtes reparti. Enfin, t'es reparti avec ta famille au Canada. On va en parler.
- Speaker #0
Ouais, c'est peut-être pour d'autres raisons. Mais vraiment, c'est-à-dire que je ne voulais plus qu'on me voit pour qu'on m'oublie, pour que je puisse revenir à des choses sérieuses. Et donc, parce que, pour moi, c'était pas important du tout que tu me reconnaisses. Pour moi, c'était important que je fasse des choses, que je... Que je montre une autre tête à la télé, que j'aille là où on n'était pas... Tu sais, ça m'a marqué, les freestyles où je t'ai dit qu'on attendait au buffet alors que les autres avaient des loges avec leur nom dessus. Ça m'a vachement marqué. Et je me suis dit, putain, mais c'est humiliant de ouf, plus jamais. Et donc pour moi, Femme Like You, c'était une occasion. Je ne sais pas si ça a servi ou desservi, je m'en foutais. Mais en tout cas, j'ai dit, s'il y en a un qui peut aller avec la tête que j'ai à la star, qui chantait en direct, c'est Bibi, je vais y aller. Mais comme je n'étais pas programmé pour ça... et ça il y a plein d'artistes aujourd'hui qui te le diront même encore des rappeurs aujourd'hui, tu demandes à Valde c'est dur pour lui le jeu de la promo il a eu des moments, je me rappelle de cette émission chez Ardisson c'est pas là pour,
- Speaker #1
en fait de manière générale, quand t'as un succès et les entrepreneurs le disent aussi et tout on te dit qu'il y a un moment, t'as un rythme justement où tu passes de pas connu à connu tu dois, enfin le burn-out en tout cas est très connu quand il y a un gros succès, même quand c'est pas artiste tu vois
- Speaker #0
Ouais, je sais pas.
- Speaker #1
Il y en a d'autres, c'est les congrès, c'est les conférences. Enfin, tu vois, ça dépend. Mais ça,
- Speaker #0
c'est physique. C'est parce que t'es très sollicité.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tu comprends ? Le problème,
- Speaker #1
t'as plein de gens qui se mettent à t'écrire sur LinkedIn, sur Instagram, enfin, quels que soient tes canaux. Et en fait, il y a un moment, t'as une sur-sollicitation. Et t'as raison. En fait, toi, t'as proposé un produit. Toi, c'est la chanson et d'autres. Et en fait, il y a un moment, t'as envie de dire à ces gens, mais je ne sais pas quoi vous répondre.
- Speaker #0
Non, je te jure que non. Vraiment. Vraiment, c'est-à-dire que je n'ai jamais senti que j'étais en train de m'effondrer parce que j'étais fatigué. J'ai senti que j'étais en train de m'effondrer parce que ce qui est le plus pénible et le plus dur, c'est d'aller là où tu n'as pas envie d'y aller. Mais après, tu me disais que tu repars pour 17 concerts en 18 soirs. J'étais comme un dingue. Aller sur scène. Sauf que pour aller sur scène, je suis un artiste qui vient d'arriver en France. Je suis obligé d'aller faire toutes les émissions. C'est comme s'il y avait un prix à payer. Et j'ai aidé tellement d'artistes à arriver, à trouver leur public, que je leur ai toujours dit, je t'en supplie, n'écoute rien de ce que je te dis. Parce que moi, je n'avais pas le profil. Et c'est ça qui faisait d'ailleurs que les artistes me faisaient confiance. J'essayais jamais, jamais que je pouvais m'attraper à essayer d'être plus star que la star. Parce que moi, tout ce que je voulais, c'est disparaître derrière elle ou lui. J'étais ravi. Moi, si je pouvais avoir ma petite place dans le concert que je produis pour mon artiste, dans les gradins, assis en train de regarder ce qu'on a réussi, c'est le moment de fierté absolue pour moi. Et je suis sincère. D'ailleurs, on n'arrête pas une carrière au sommet comme ça si on n'est pas vraiment sincère qu'on a besoin de se mettre à l'ombre. Mais en même temps, je disais à mes artistes, n'écoutez surtout pas ça. Parce que si vous vous mettez à penser comme ça, t'es obligé de jouer le jeu. T'es obligé d'aller raconter aux gens qui t'aident. T'es obligé d'aller serrer des pinces, de parler avec des journalistes que tu trouves peut-être pas nécessairement brillants. De parler de trucs que tu trouves pas nécessairement brillants sous prétexte que t'as une chanson légère qui fait danser les gens. Ça veut dire que t'as aucun... C'est pour ça que je disais, ah mais t'es brillant en fait. Mais j'avais envie de les patates. patate, tu vois, dans nos yeux, mais c'était sérieux, mec ! T'as vu ton interview, là, me demander si je préfère les briefs ou les caleçons. Tu me demandes si je préfère le bleu ou le rouge, la pizza, est-ce que je la veux, all dress. T'es sérieux ? Et moi, tu me dis, ah mais t'es brillant, en fait. Pauvre con, bah.
- Speaker #1
Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu te dis, il y a quand même des moments où ça vole très bas. Et là où les rappeurs ont été malins pendant des années, ce que moi, j'ai pas fait, c'est que j'ai en leur attaché de presse, même pas, je l'envoie là.
- Speaker #1
Non mais pour le coup ce qui est vrai c'est que c'est censé être le travail de l'attaché de presse De sélectionner des personnes C'est moi qui dis
- Speaker #0
Moi, j'ai arrivé et j'ai dit à mes équipes de promo chez Warner, vous me faites la même promo que Hennessy. C'est le producteur qui parlait, ce n'était pas l'artiste. Et c'est comme si le producteur disait à l'artiste, donc moi à moi-même, maintenant tu fermes ta gueule et tu vas au charbon. Et le producteur avait toujours raison. Puis on est l'artiste. Je me disais, ok mec, je vais au charbon. Tu veux quoi de plus là ? J'en ai vendu des millions. Regarde les virements qui partent à la boîte. Regarde, on peut construire nos studios, on peut construire nos bureaux, on peut engager les meilleurs mecs de marketing pour être notre propre maison. Qu'est-ce que tu veux plus ? Parce que moi, pour le moment, là, je commence à sentir que je fais le clown. Parce que j'en ai trop fait. Si c'était en Amérique, il n'y aurait pas eu ce problème. Mais en France, tu te rends compte ? Chaque émission, c'était « Alors, vous êtes un businessman ? Vous avez combien votre montre ? Vous aimez le bling-bling ? Alors, on peut dire que vous êtes un artiste à l'américain ? » C'était que ça. Il n'y avait pas un « putain, si, de temps en temps... » On parlait de la guerre et d'un discours inspirant pour les plus jeunes.
- Speaker #1
C'est pour ça que je voulais te recevoir. Je voulais qu'on parle de tous ces sujets-là. Je ne voulais pas te poser des questions. Est-ce que tu aimes la pizza ou les pâtes ?
- Speaker #0
Je m'en doutais beaucoup.
- Speaker #1
Ce qui est hyper intéressant, c'est que tu vis tout ça. Et puis à un moment, tu as toujours ce côté où tu aimes être discret. Aujourd'hui, c'est réel. Ce n'est pas du tout pour ça que vous êtes reparti au Canada. Mais tu as emmené ta petite famille et ta femme. Au Canada, vous avez une vie, je crois, relativement... Quand tu es en France, tu continues à bosser comme un dingue parce que tu restes un malade de travail et tu as toujours mille projets. Mais au Canada, tu as ta petite routine. Néanmoins, tu es quand même toujours un passionné. Tu te lèves, il semblerait, à 4h30 du matin tous les jours là-bas. Mais c'est vrai, c'est que tu es un peu plus au calme là-bas. Est-ce que c'est comme ça que tu interprètes ta vie aujourd'hui ?
- Speaker #0
Au calme, parce que tu sais, j'ai réussi à la retrouver, cet anonymat, depuis plusieurs années. Et même quand je fais des projets aujourd'hui ou quand j'écris un bouquin et que je fais le tour de la presse, je me sens hyper bien. Preuve. Aujourd'hui, tu m'envoies au charbon, j'y vais au charbon. Mais ça y est, les gens m'ont compris. Ils me parlent d'autres choses. J'ai l'impression que je sers à un truc. Qu'est-ce que ça change dans ta vie de savoir que je préfère la péperonie à la cate fromage ? Tu vas faire quoi en sortant de là ? Tu vas te dire, putain, le mec, bravo, il m'inspire un truc. Je préfère rester chez moi. Mais là, tu vois, quand j'écris mon bouquin, à la sortie de mon bouquin, je veux dire, j'ai fait des médias jeunes, mais j'ai fait aussi des médias intellos. On avait des vraies discussions. J'avais l'impression de servir à un truc, de pouvoir utiliser ma parole et mon nom. Et je sortais dans la rue et les gens m'interpelaient de manière hyper polie, hyper posée. Tu vois, c'était cool. Et je me suis dit, tu vois, dans ces conditions-là, moi, je veux bien me servir de ma notoriété pour faire un truc parce que c'est vrai que je n'ai pas choisi, mais malgré le fait que j'ai disparu pendant... 12 à 15 ans, les gens se sont rappelés de moi et m'ont gardé une petite place, que ce soit en média, que ce soit chez les gens. La tournée des 20 ans de Femme Like You, c'était un choc pour moi de voir à quel point les gens étaient encore là. Même les mecs qui n'aimaient pas ma musique à l'époque, qui étaient plutôt de l'école dure et tout, en disant « Ah mais Camaro, c'est pour ma meuf » , etc. Eh bien, ils m'envoyaient du love, parce qu'ils ont respecté le fait que... j'ai toujours fait les choses de manière ultra sincère. Femme Like You, je l'ai fait de manière sincère. J'ai arrêté de manière sincère. J'ai jamais, j'ai jamais, alors que certains puristes disaient que j'avais retourné ma veste quand ils ont connu mon parcours et qu'ils ont compris les choses, je n'ai jamais retourné ma veste pour rien. Déjà, ma veste était déjà réversible. Je pouvais la tourner dans tous les sens. Et donc, le Canada s'est venu peut-être encore plus pour appuyer ce truc. Je ne peux pas dire, ouais, en France, ma vie est devenue invivable, donc je vais vivre au Canada pour être tranquille, c'est pas moi. J'aimerais que mes enfants aient un bout de ma résilience, un bout de la gagne. Et je trouvais, et ça m'attriste beaucoup de dire ça d'ailleurs, que je trouve que la France passe un moment difficile dans ces sujets-là. Je trouve qu'on est dans la culture du l'un contre l'autre, on est dans la culture des pauvres contre les riches, des privilégiés contre les non-privilégiés. On est dans le débat dur entre les bosseurs et les paresseux. C'est tellement de choses que la France a voulu nourrir pendant des années. Et du coup, on est dans un truc extrêmement aigri avec beaucoup de jugements de l'un de l'autre. Et je trouve que pour nous, les grands adultes, majeurs, vaccinés, déjà ça saoule au bout d'un moment. Chacun pour nos raisons différentes. Mais pour des gamins entre 4 et 15 ans, oui, il y a des choses plus superficielles en Amérique, c'est vrai. Et là, tout le monde a m'attaqué en me disant « Bravo, tu les as amenés chez Trump, machin. » Certes, mais ça, c'est notre job à la maison de compenser. Mais putain, à l'école, on leur apprend la gagne. Ils font cinq sports, ils parlent trois langues. S'ils parlent en anglais et qu'ils disent un mot de travers, les mecs les aident. Ici, déjà, tu te dis un mot en anglais, c'est « Vas-y, comment tu te la racontes, l'américain ? » Et les gamins, aujourd'hui, c'est pour ça qu'ils ne parlent pas anglais. Ils n'osent pas être dans leurs potes. Et si tu parles bien anglais, c'est fini, t'es larisé. À la limite, il faut parler anglais mal, tu vois. Je trouve que l'éducation nationale peine beaucoup sur plein de sujets,
- Speaker #1
publics comme privés.
- Speaker #0
C'est dur, c'est dur et je peux comprendre parce qu'on dirait qu'on arrive au bout d'un système. Je ne vais pas commencer à rentrer dans des revendications politiques, mais je trouve qu'on est comme arrivé au bout d'un système où beaucoup d'un côté comme l'autre ont abusé pendant des décennies. Et ça a bien arrangé ceux qui cherchaient les votes. Sauf qu'aujourd'hui, on se regarde tous un peu les uns les autres en se disant qu'ils m'ont fait quoi maintenant, en fait ? Ça va être très difficile de m'entendre avec toi de nouveau demain matin, on nous a tellement tiraillé, séparé. Et quand je prends mes enfants et que je les emmène au Canada, mais même ma femme... Ma femme, j'ai toujours dit, elle n'est pas française, elle est parisienne. C'est un pur produit de Paris. Je me suis dit, mais jamais, jamais, ça va être compliqué. Elle n'y arrivera pas. Et en fait, elle fait ses allers-retours, elle aussi. Elle reste très proche de ses ride-to-die parisiennes, machin. Mais elle a retrouvé ce truc, cette quête de soi, dans cet espace très grand, avec l'hiver très froid, où tu as le temps de réfléchir à plein de choses. Les enfants ont retrouvé, comme je t'ai dit, la gagne, l'envie du sport. La bienveillance ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Les gamins sont bienveillants les uns avec les autres. Les gens sont bienveillants dans la majorité. Alors, ce n'est pas un monde de bisounours. Il y a plein d'autres choses qui ne vont pas. Mais dans une période aussi, je trouve critique pour les gamins. Moi, j'avais envie qu'ils aient autre chose. Et donc, j'ai quitté.
- Speaker #1
Merci pour toutes ces convivences. Ça donne envie d'aller au Canada, en tout cas. Et en tout cas, ça se voit que toi, tu es bienveillant et que tu as toujours été dans ton travail et dans ta vie familiale. et tu sais, il y a un moment, les valeurs... Ça ne nous fait pas mentir. Ça se ressent et c'est probablement pour ça que les gens te croisent dans la rue et ont beaucoup d'affection pour toi. Qu'est-ce que tu pourrais recommander à quelqu'un pour avoir une vie, comme on appelle, réussie ? Un jeune ? C'est quoi tes conseils ? Tu as parlé de la bienveillance. La bienveillance peut en être un. Pour être quelqu'un d'aligné et d'ancré.
- Speaker #0
C'est une grosse question. Ce que tu conseilles à tes enfants ? Moi, ce que je leur dis, en tout cas... ils sont encore jeunes je sais pas si faut savoir que si par exemple mon fils ou ma fille mon beau-fils ou ma fille me dit tu sais moi tout ça ça m'excite pas de ouf moi j'aimerais bien travailler dans quelque chose que j'aime, dans une boîte qui me traite bien et qui me paye mon salaire tous les mois et j'aimerais mettre mon stress sur d'autres trucs qui sont plus importants pour moi c'est un truc que je respecte mais que ce soit des potes ou des gens que je connais j'essaye pas de Tu sais les mecs qui arrêtent de fumer et qui saoulent tout le monde autour d'eux avec leurs histoires. Je ne suis pas du tout ce mec-là. Vraiment, je trouve que c'est important d'entrepreneur, pas entrepreneur, salarié, fonctionnaire. L'important, c'est d'être aligné. Et c'est ça pour moi la réussite. Alors ça fait hyper bateau, limite un peu Miss France, tu vois. Mais c'est vraiment vrai. Les plus gros coups de fric, tu les fais quand tu ne les attendais pas en fait. Tu te lances dans un truc. Parce qu'on t'a dit que ça pouvait bien gagner, parce que la réussite là-dedans, et ça peut faire... Plus tu mets des price tags sur tes trucs, plus ou moins tu y arrives. Ou alors tu vas y arriver, mais alors tu vas te dire, c'est ça le price tag ? Je ne sais pas, on va parler de millions, elle fait 10 balles dans ton truc. Ça ne rime à rien, vraiment. Et je n'essaie pas de faire le vieux sage, vraiment. Même, c'est une quête que moi, je n'ai pas finie du tout encore. Mais à partir du moment où tu as l'impression que tu te poses des questions très régulièrement, dès le jeune âge. Et moi, j'ai de la chance d'être tombé sur un vieux monsieur sage qui m'a un peu pris sous son aile et qui a dit à ma mère, votre fils, il a un truc de particulier, je vais l'accompagner. Et ma mère, elle ne comprenait pas. Au début, elle était, tu vois, elle disait, mais il est chelou. Elle m'a demandé de faire attention, etc. Carrément. Et ce type était tellement fort de bienveillance que ma mère l'a senti. Moi, je l'ai senti aussi. Et il m'a donné quelqu'un que j'ai fréquenté pendant 2-3 ans, qui est un entrepreneur accompli. Et j'ai eu la chance de ouf. de pouvoir parler avec ce mec avant qu'il nous quitte. Et c'était que des discussions, un peu comme dans ces scènes du loup de Wall Street, où il va s'asseoir avec le vieux mec et l'autre, il lui balance des trucs comme ça, un peu sur sa life. C'était pareil. On allait boire des cafés, et le mec, il a jamais rien demandé. Il est parti, il a jamais rien demandé en échange.
- Speaker #1
À la transmission.
- Speaker #0
Exact. Et il me disait, tu sais, c'est pas une question d'argent, c'est pas une question de chèque, c'est pas une question de nombre. C'est le soir, quand tu te couches, que tu es ta tête sur l'oreiller, tu es tout seul. Si tu as menti à tout le monde, si tu joues à un jeu, etc., c'est épuisant et tu vas tomber et tu ne vas rien réussir à faire. C'est très important que tu sois aligné. Et au début, tu ne le sais pas, donc il faut que tu te poses régulièrement des questions. Est-ce que j'aime vraiment ce que je fais ? Je faisais beaucoup de sport de haut niveau à ce moment-là, donc je me demandais est-ce que j'ai envie de continuer à faire du sport ? Est-ce que je trouve que ce que mon coach me raconte, c'est aligné avec mes valeurs ? Peu importe si j'adore venir jouer, peu importe si je suis bon et que du coup, quand je rentre sur le terrain, on me regarde et je brille. Et surtout, il m'a dit, fais très attention au miroir. Tu passes, tu peux te regarder deux secondes pour voir si tu es bien habillé. Mais tu ne te mets pas devant un miroir et tu te mets à parler tout seul devant un miroir. Parce que ça veut dire que tu vas cultiver ce besoin de la reconnaissance des autres, de comment on te voit, etc. Et en fait, c'est des petits trucs qui font que tu apprends à t'aligner avec ce que tu as juste envie de faire, qui tu as envie d'être en tant que personne. Et le reste, c'est juste de transformer tes idées. Mais toujours en disant que tu ne peux pas faire de sacrifice sur cette partie-là. Peu importe ce que tu veux faire, peu importe ton métier, peu importe... Pondre des idées comme ça juste pour gagner sa vie, pour ne pas avoir de patron, c'est un truc... Pour moi, ce n'est pas une quête.
- Speaker #1
Tu vois que tu as plein de conseils à donner.
- Speaker #0
Non, mais c'est large parce que...
- Speaker #1
Oui, mais c'est bien, ce serait intéressant.
- Speaker #0
C'est l'alignement avec soi. On peut écrire 25 bouquins là-dessus. Ça fait partie de mon livre, d'ailleurs.
- Speaker #1
Alors justement, quels sont tes prochains projets ? Je sens que tu en as mille et que tu me dévoiles pas encore.
- Speaker #0
Je n'en ai pas... Non, mais il y a plein de sujets. Je suis un mec de tech, donc là, tout ce qui se passe dans l'IA... J'ai envie d'aider, peut-être pas autant les artistes maintenant, mais aussi des entreprises du secteur culturel et du secteur artistique à comprendre comment maîtriser cette bête. Moi, c'est des sujets qui me passionnent et c'est une bête si on n'arrive pas à la maîtriser correctement. Moi, ça m'a permis de faire beaucoup plus de choses, de m'organiser vraiment différemment. Mais également, laisser plus de place à la musique. Comme je t'ai dit, j'écris et je compose pour beaucoup d'artistes en ce moment, pour des DJ, pour des artistes à l'international en France. Donc, prendre du temps d'être dans mon studio et créer de la musique et prendre du temps pour ma famille et pour moi, tu vois. Et ce n'est pas à tout prix. Je peux faire beaucoup, beaucoup de choses et bizarrement, il me reste encore du temps.
- Speaker #1
Écoute, on a hâte. Merci mille fois d'être venu.
- Speaker #0
Merci à vous de m'avoir reçu.
- Speaker #1
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