- Speaker #0
Bonjour, bienvenue chez Cerveaux Puissants, un podcast n'est d'une intuition, rien ne commence jamais, mais vraiment rien ne commence jamais comme on l'imagine, ni par une réussite, ni même par une décision, mais souvent, très souvent, par une faille. Et aussi, et heureusement, des prises de conscience qui nous transforment. Ici, les trajectoires de nos invités ne sont pas là pour vous impressionner, non pas du tout. Elles sont là pour comprendre et pour se rappeler que tout peut se transformer, que... tout peut changer, que tout peut être possible à chaque instant. Et ce podcast est soutenu par l'agence Sœur. Je sais que c'est un plaisir de te recevoir.
- Speaker #1
C'est un bon réciproque, c'est ce que je disais à cette ère. Je me suis dit, putain, franchement, si on a une pour laquelle je traverse Paris,
- Speaker #0
c'est la bonne. Non, parce qu'en fait, Agathe, t'es un peu notre meilleure amie.
- Speaker #1
Ouais, écoute.
- Speaker #0
Ça fait 10 ans de maternelle. Répétez-la. Non. Je suis en train... ça a commencé.
- Speaker #1
Ah ça a commencé ? Faites des petites coulisses. On fait des petits...
- Speaker #0
Oh les amis, on est des coquins. On est un peu des coquins.
- Speaker #1
En vrai je suis votre meilleure amie ?
- Speaker #0
Bah oui, parce que pas que la mienne, un peu la meilleure amie des français, la meilleure amie des mamans, la PDG des enfants. Ça je suis la PDG des bébés. La PDG des bébés avec ses maternels, ex-PDG avec les maternels. Maintenant quotidienne avec Belle et Bien ensemble et puis l'hebdomadaire Belle et Bien dans laquelle on a travaillé aussi. En fait, c'est un peu la PDG du bien-être. Une histoire comme ça de donner, il y a une générosité, je trouve, chez toi en permanence, puisque en plus, ce livre, quand même, Patient de Zéro, que tu viens de sortir, c'est pareil, c'est aussi un livre de transmission. C'est sur ta peur, ton anxiété, l'hypocondrie, d'accord, mais c'est quand même un livre que tu sors qui raconte des choses aussi pour les autres, j'ai l'impression.
- Speaker #1
C'est sûr qu'on est quand même plus heureux à plusieurs et qu'on n'a rien trouvé de mieux. Il y a l'humour et il y a le partage quand même. C'est-à-dire que moi, j'aurais adoré avoir au moment, dans mes pics d'hypocondrie, j'aurais adoré avoir un témoignage, je pense. Parce que ça permet de mettre à distance, de prendre du recul sur quelque chose qui, au fond, est quelque chose de totalement abstrait.
- Speaker #0
Mais il y a quelque chose dans ton livre qui m'a beaucoup étonnée, parce que le fil conducteur, c'est effectivement ton anxiété, si l'hypocondrie, on va en parler. Mais il y a un autre. qui est ta vie à toi. C'est Agathe qu'on ne connaît pas, que moi, je ne connaissais pas. Ce toi de toi que je n'avais jamais vu. Tu n'avais pas vu ça ? Non, parce que tu es, et d'ailleurs, je pense pour beaucoup de monde, une femme très solaire, une Californienne, le genre surfeuse, toujours en forme, qui fait des blagues. Regarde la tête de la soeur, je sors de l'eau. Non, non, non. Mais dans ce livre, ce n'est pas ça qu'on découvre. On découvre une femme vulnérable, une femme... qui avoue ses faiblesses et qui, page 76, j'adore cette page 76, parce qu'elle m'a beaucoup étonnée quand on... La différence entre celle qu'on voit à la télé et toi et ce que tu dis dans ce livre, j'ai toujours pensé que si je me montrais à la société telle que je suis vraiment, je n'aurais jamais rien de ce que je désire. Le monde n'aime pas les faiblardes, les timides, et si la télé les veut bien parfois... C'est à la condition qu'un charisme fou se dégage de tout ça. Enfin, je coupe un peu et à un moment, tu dis, c'est compliqué d'accepter d'être soi, d'avoir suffisamment d'assurance pour se présenter au monde tel qu'on est profondément.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il faut être, moi, je pense, sacrément en place et je trouve qu'on met du temps à trouver sa place. Donc, ça demande une vraie assurance de pouvoir, oui, se présenter au monde tel qu'on est profondément.
- Speaker #0
Et ça veut dire que là, aujourd'hui, C'est cette assurance que tu as ?
- Speaker #1
Parce qu'avec le livre,
- Speaker #0
c'est ça que tu fais.
- Speaker #1
Aujourd'hui,
- Speaker #0
je ne suis pas celle que vous croyez.
- Speaker #1
Non, et puis en fait, j'aime mieux celle que je suis vraiment. Parce qu'il y a plusieurs choses. Parce qu'il y a à la fois la société qui nous assigne à des rôles, surtout quand on est une femme, et qui attend de nous la performance, la beauté. En plus, dans nos métiers, il faut être sexy, etc. Donc, on attendait ça de moi. Ma réussite, entre guillemets, dépendait de ça. Or, ce n'est pas ce que je suis au fond. Moi, je ne me maquille pas. Là, j'ai fait un petit effort, mais tu vois, j'ai raté.
- Speaker #0
Non, pas du tout.
- Speaker #1
J'ai quand même raté. Mais bon, moi, l'été, par exemple, jamais, ça ne me donnerait même pas l'idée de mettre du mascara. Donc, la personne que je suis vraiment, ce n'est pas celle qu'on attend de moi dans mon métier. Déjà, premier boulot. Et après, j'avais l'impression, parce que j'avais un très grand manque d'assurance,
- Speaker #0
qui vient très de ma femme. On ne le voit pas, d'ailleurs.
- Speaker #1
Oui, parce que ça, j'ai trouvé le moyen de... Ça, j'ai trouvé assez vite la façon dont je pouvais faire semblant d'être très assurée. Mais parfois, c'était presque un petit peu agressif, quoi. C'est là où on sentait les gens qui grattaient un peu ou qui étaient particulièrement fins, se disaient, c'est pas là, on fait des caisses, ça sert à rien. D'ailleurs, ça continue, j'en fais toujours des caisses. J'ai quand même toujours cette habitude de me planquer derrière ces trucs-là.
- Speaker #0
Mais oui, parce que... Pardon ? Non, non,
- Speaker #1
c'est juste...
- Speaker #0
Non, mais parce qu'il dit, d'ailleurs... qu'il y a deux Agathe, en fait. Il y a la Agathe qui se roule en boule, comme ça, dans cette petite Agathe, cette petite enfant. Et puis, il y a la Agathe solaire et une autre. Donc, comment les deux cohabitent ?
- Speaker #1
Je crois qu'on est tous et toutes multiples, quand même. C'est aussi... Alors, il y a aussi la société qui impose ça. Moi, pendant toute une période, c'était au point que je m'adaptais à toutes les personnes que je croisais. Je pouvais même... parfois prendre des accents. Par exemple, tu me mets un quart d'heure avec une Belge, au bout de deux secondes, je dis, non mais c'est incroyable. Et tu dis, mais l'autre, dis la vie parisienne, c'est difficile. Oui, en fait, je me disais, pour me faire aimer, je crois que c'est la définition de l'empathie, mais c'était une empathie un petit peu calculée, elle n'était pas naturelle. C'était vraiment pour être aimée, parce que pour moi, je n'étais pas assez valable pour être aimée pour ce que je suis moi. Alors avec... Parce que je dis souvent quand même la rencontre de mon mari, parce que ça s'est passé par son regard aussi.
- Speaker #0
Parce que ton mari t'a dit, je ne t'aime pas, tes blagues c'est bon, je ne t'aime pas pour tes blagues. Oui, je t'aime.
- Speaker #1
Justement parce que totalement insensible à mon humour, mon mari c'était un mari que j'aime beaucoup. Oui, il faut savoir qu'elle a été amoureuse de mon mari, c'est un peu gênant. Donc elle m'a dit officiellement, je voudrais me faire ton mari. J'ai jamais dit ça ! Non, j'ai dit, j'aime moi des moments que ça vous rend heureux vu que je vous aime tous les deux. Une petite incartade.
- Speaker #0
Je me serais jamais permise. Je lui l'ai dit. Elle fait une blague pour ne pas parler de choses intimes.
- Speaker #1
Non, mais mon mari, qui était totalement hermétique à mon humour, parce que je ne comprends pas ce que j'ai un humour quand même, qui rassemble. Non, c'est vrai, il m'a dit, moi, ce n'est pas ça qui m'intéresse chez toi, c'est ce qu'il y a au fond. C'est le premier à avoir gratté le vernis. Et c'était marrant parce que ça contrastait ce qu'il dit de moi, c'est-à-dire que je suis une personne qui le touche, qui l'aime ma fragilité. qu'il aime ma sensibilité, etc. Ça contraste totalement à ce que disaient les personnes qui m'ont aimée avant. J'ai compris qu'en fait, ces personnes-là ne m'avaient pas aimée. Pourtant, j'ai eu des grandes histoires d'amour que je ne regrette pas parce qu'elles m'ont nourrie et des rencontres fabuleuses. Mais peut-être la personne qui a compté le plus pour moi à part mon mari, elle se dit, elle est drôle. Oh là là, comment je vais faire pour ne pas m'emmerder avec une femme après elle ? Mais ça, ce n'était pas quelque chose... Ce n'était pas mon moi profond.
- Speaker #0
Mais justement, ton moi profond, par exemple, c'est cette petite fille-là qui t'emboule sur son canapé. Est-ce qu'on peut aller lui parler ?
- Speaker #1
Oui, je lui parle d'ailleurs parce que les psys m'ont conseillé de le faire. Et c'est vrai que mon état par défaut, je le dis dans le livre, c'est un peu d'être seule, d'abord, j'adore ça, et d'être en boule sur mon canapé, à regarder des séries et à me dire c'est trop chouette la vie, pas pour le moment, mais plus tard, ça sera super chouette. À rêver à des choses, à me dire un jour peut-être que je pourrais faire ça, etc. Et puis tout à coup, je ne sais pas comment ni pourquoi, très certainement parce que c'est un ensemble de choses, c'est aussi la maternité. Je me suis permise de faire. Donc je cite tout le temps Alain, ce philosophe que j'adore, le secret de l'action c'est de faire.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Mais à un moment, oui, faire. Et puis tant pis, ce n'est pas grave. C'est-à-dire qu'en fait, je me suis sentie sans pression. Le regard... peut-être du monde n'était plus un poids. Et donc, quand on n'a plus ce poids-là, c'est ça qui est fabuleux, c'est qu'on ose. Donc,
- Speaker #0
j'ai osé faire ce livre, parce que dans lequel tu racontes aussi, par exemple, quand tu parles de tes parents, tu dis que ton père est un homme à femme, que ta maman est souvent de mauvaise humeur et que t'as été élevée dans l'écrit. Ça, par exemple, on ne s'y attend pas, on ne le voit pas. Bon, c'est des choses qu'on ne voit pas forcément, mais on peut sentir des failles. Et toi, tes failles, tu les caches vachement. Je me demandais si justement cette hypochondrie, qui est quand même le fil conducteur...
- Speaker #1
Hypo, pas hyper, mais... Hypochondrie, là, pourrait se... J'ai cherché la définition. Hypochondrie n'existe pas.
- Speaker #0
Alors cette hypochondrie, qui est le fil conducteur de ton livre, est-ce que ça ne vient pas de ça, justement ?
- Speaker #1
Oui, de toute façon, je pense que l'anxiété en général est l'hypochondrie. Oui,
- Speaker #0
parce que l'hypochondrie, aujourd'hui, on dit l'anxiété.
- Speaker #1
Oui, enfin, il est hypochondriaque, mais moi, ma théorie, c'est que je suis surtout une grande anxieuse chronique et que, comme beaucoup de monde, ça s'est mis là. Mais ça aurait pu se mettre sur la peur de l'ascenseur, toutes les phobies. C'est un peu des endroits où on dépose cette anxiété. Et puis après, elle grandit, elle grandit, elle grandit et c'est là où ça devient un problème, c'est quand c'est un empêchement. Et effectivement, je pense, pour avoir réfléchi sur moi, mais l'idée, c'était de réfléchir sur moi pour essayer de faire émerger des choses qui aident les gens, c'est que quand certaines parties de l'enfance ont été enfreintes, c'est-à-dire l'innocence qui est une période très importante. C'est vrai que quand, ça j'ai appris ça dans les maternelles, mais le maternage, c'est important. Ensuite, il y a la période de l'innocence où tout est rose, tout est beau. Après, il y a vers 11, 12, il y a la période de latence où il ne se passe pas grand-chose. et puis après... Il faut commencer à s'émanciper, à se perintruire. Et tous ces moments-là sont vraiment cruciaux, je pense, dans la construction d'un être humain. Moi, je pense que la période de l'innocence a été un peu enfreinte. Alors, ce qui est toujours très compliqué, c'est que quand j'entends des personnes qui ont subi des violences, des violences sexuelles, je me dis, mais, « Ouais, t'avais pas eu une enfance dorée, mais bon, ça va, quoi. » D'abord, j'ai eu accès à la culture, j'ai eu la chance de naître dans une famille qui était quand même aisée.
- Speaker #0
Et aimante aussi.
- Speaker #1
Aimante, mais tu le dis quand même. Tu dis j'ai aimé.
- Speaker #0
J'ai été née seule, mais j'ai été aimée.
- Speaker #1
C'était une drôle de façon d'aimer les parents des années 70-80. Je pense que tu t'es vécu ça aussi. Oui, c'est une drôle de façon d'aimer. Oui, c'est de l'amour. Oui, d'abord il y avait de la valorisation, mais il y avait aussi beaucoup de dévalorisation. Il y avait des standards en fait. Moi, mon père était hyper exigeant avec moi tout en étant un peu absent. Il me comparait beaucoup aux autres. Toutes ces petites choses dont on dit aujourd'hui, avec peut-être une mouvance de l'éducation positive qui est peut-être un tout petit poil trop exagérée, mais qui va nous permettre peut-être de trouver le juste milieu, enfin. Mais c'est vrai que sont apparues quand même certaines petites déviances de mon éducation. Effectivement, on dit attention aux violences ordinaires dans ce qu'on dit à nos enfants. C'est vrai que quand on dit... « Vas-y, mets ta bouche comme ça, parce qu'elle avance un peu. » En fait, c'est con, mais ma vie, j'étais comme ça quand je voyais des mecs qui me plaisaient.
- Speaker #0
« C'est marrant. » Non. Je disais, « Ça va ? » « Eh donc ! » Mais je te jure.
- Speaker #1
Mais en fait, c'est complètement con. Je me suis dit, « Ah, peut-être qu'en fait, elle n'est pas très jolie, ma bouche. »
- Speaker #0
« La bouche un peu comme ça. » Et quand mon fils est né, il est né comme ça.
- Speaker #1
Exactement comme moi. Donc j'ai dit, « Elle est belle, ta bouche. » C'est comme ça qu'on répare aussi.
- Speaker #0
En parlant de ton fils, tu m'as fait beaucoup rire parce que dans ce livre, on éclate de rire aussi. Il y a des moments tristes, il y a aussi des moments très drôles. Quand tu racontes que même ton gynéco, tu l'as mis en burn-out tellement tu t'es inventé des maladies. Et moi, j'aimerais bien qu'on revienne parce que j'ai noté sur ton voyage à New York avec ton amoureux de l'époque, Olivier. Est-ce que je me suis demandé si ce n'était pas à ce moment-là qu'il va y avoir un moment de bascule ? Tu vas nous raconter parce que quand même, la fin, je dis juste la fin. Tu vas voir 32 médecins, tu as fait 4 électrocardiogrammes, un halter tensionnel, je ne savais même pas ce que c'était d'ailleurs.
- Speaker #1
C'est un truc qui prend l'attention tous les quarts d'heure.
- Speaker #0
Un patient. Un échodoplay, 10 prises de sang. Non mais pourquoi ?
- Speaker #1
Ce qui est assez intéressant dans cette période-là, c'est que mes parents ont décidé de se séparer à cette période-là. Enfin ! C'est-à-dire que ça faisait... Moi j'avais 20 ans, c'est en 94, donc j'avais 20 ans. Et donc, je pense que pour eux, c'était la meilleure décision, même si ça a un peu brisé, ça a même beaucoup brisé ma mère. Mais peu importe, c'était trop tard. Mais en tout cas, il fallait que ça se passe.
- Speaker #0
Oui, parce que ta maman, elle n'était pas heureuse avec ton papa, mais elle était quand même heureuse dans ce pas heureuse.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'en fait, ça l'a sécurisé. Et puis, bon, voilà, elle avait un cercle d'amis. Tout à coup, se retrouver seule à 50 ans, c'est quand même un sujet. C'était quand même une rupture, pas qu'une rupture maritale. C'était une rupture aussi dans ses habitudes de vie. Tout à coup, il y a tout à reconstruire. C'est pas la même période, c'est pas la même époque que nous.
- Speaker #0
Pour le divorce, tu racontes, alors ça vraiment, j'ai cette scène, mais j'ai ri, mais alors que c'est pas drôle du tout, tu racontes qu'ils mettent des autocollants, des œillets. Des œillets, alors il y a les œillets, tous les meubles, et les roses c'est ma mère et les bleus c'est mon père. Mais alors mieux, on a... Tu vivais là-dedans.
- Speaker #1
Oui, je vivais là-dedans, j'ai vécu là-dedans pendant deux ans. Parce que, donc ils restent deux ans ensemble parce qu'il faut pas abandonner le domicile conjugal. Et ma mère, le truc le plus drôle, c'est qu'on avait une... une table basse comme ça, comme c'était la mode dans les années 80, dans une espèce de marbre un peu dégueu, où il y avait un creux pour mettre des pots de fleurs. Et ma mère, elle a toujours dit, mais c'est immonde cette table ! Et c'est mon père qui l'avait choisie. Elle disait, c'est une pierre tombale. Et ça, je ne raconte pas dans le bouquin,
- Speaker #0
mais elle l'avait mis aussi, parce qu'elle est quand même très drôle, ma mère. Elle avait mis une espèce de plaque comme ça, qui marquait « CIGI notre couple » .
- Speaker #1
Donc j'avais les œillets, le « CIGI notre couple » pendant deux ans. Et donc cette période-là, dont je me disais, parce que j'étais très heureuse avec mon amoureux, Donc je me disais que pour qu'on ne se touche pas, ce n'était pas grave. C'est grâce à ces malaises un peu chelous que j'expliquais. Oui,
- Speaker #0
parce que tu pars à New York, t'as des malaises.
- Speaker #1
Ouais, j'ai des malaises un peu bizarres. Et je comprends pas. Et donc, ça active mon hypochondrie qui est là depuis bien longtemps. Et donc là, je vais voir une multitude de médecins, je fais un milliard d'examens. À chaque fois, ils me disent « Bah écoutez, non, franchement, y'a rien, y'a rien. » Jusqu'au jour où mon médecin de famille me dit « Mais vous allez bien ? » Et là, je me dis « Bah personne. » Je pense, honnêtement, que... personne ne m'avait jamais demandé si j'allais bien. Mais personne. Ni une amie, ni peut-être même mon chéri de l'époque et encore moins mes parents. En tout cas, il y avait une prise en compte de... Et ça, c'est un sujet très important pour les hypochondriacs. Il y avait de l'attention donnée à mon symptôme.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et ça, c'est vraiment important. Alors, d'où qu'ils viennent ? Je dis souvent, parce que j'ai fait beaucoup d'interviews, autour de ce livre et qu'en fait, les hypochondriacs ne sont pas des menteurs. Quand on vient dire j'ai mal, je fais des malaises, on fait des malaises. C'est pour ça que le malade imaginaire, ce n'est pas le bon terme. Parce qu'en fait, non, ce n'est pas imaginaire. On le vit vraiment. Après, d'où ça vient ? On ne sait pas. Et oui, effectivement, on ne connaît pas les pouvoirs de l'esprit. Moi, je crois, avec le recul, que j'ai mis beaucoup de temps à comprendre que ces malaises, qui ont duré deux ans... Tout le temps. Alors, je vais dire, je ne pouvais plus rien faire. C'était l'horreur. Je me disais non, non, je ne vais pas sortir parce que j'ai mes malaises. Je disais toujours, mais j'ai mes malaises, j'ai mes malaises. Jusqu'à voir justement ce médecin. Et en fait, je pense que c'était une dépression. Mais chez moi, comme je suis quelqu'un d'assez joyeux, ça ne s'est pas mis. Je n'ai pas éteint la lumière pendant deux ans, enfermée et à dormir dans mon lit. J'ai continué à essayer de vivre tant bien que mal. Mais je le dis dans le bouquin comme ça. C'est comme si ton inconscient te tapait sur l'épaule en disant arrête-toi sur ce symptôme. décortique-le et demande-toi ce qu'il veut dire. Parce que ce qui est génial, c'est que c'est des leviers, c'est comme si à chaque fois on montait une marche vers le moment que je vis en ce moment, qui est celui de je suis ancrée, je suis à ma place. En fait, j'ai mis le cadre, on a des discussions souvent, toi et moi, sur comment mettre le cadre et moi non plus pendant très longtemps, parce que parfois j'ai pu te dire, attention, je pense que tu ne mets pas le cadre. Et moi, avant très longtemps, je n'ai pas mis le cadre. Alors j'étais un peu... On se foutait beaucoup de ma gueule. Comme j'étais un peu la fille marrante, le clown petite, moi, j'étais... C'était celle qu'on emmerde un peu. On mettait de la crème dans les cheveux. Il y avait un tuyau, on m'arrosait. J'ai les rires de mes copines qui se foutaient un peu de moi. Je n'avais pas un physique... Personne ne s'arrêtait sur moi en disant... Je n'avais pas un physique qui forçait le respect. Tellement j'étais jolie, j'avais un physique. On ne se disait pas que j'étais moche, mais... C'est la marrante.
- Speaker #0
D'ailleurs, il y a une fille, une productrice de télévision qui va te faire une remarque extrêmement déplacée sur ton physique. Tu le dis dans le livre.
- Speaker #1
Oui, alors ça, c'est encore autre chose. C'est la télé. C'est-à-dire qu'à la télé, la télé aime bien les rondeurs. Donc, il fallait avoir des seins, des joues. Moi, j'ai un visage taille à la serpe. Donc, j'ai des pommettes de Russe. Enfin bon, tu vois, il y a un moment où... Donc, j'avais un petit côté Dolph Lundgren, quoi. Tu vois,
- Speaker #0
dans Rocky. Elle va te dire, Virginie Elfira, quand elle sourit, ça se voit qu'elle sourit. Quand toi, tu souris, en fait, ça ne se voit pas.
- Speaker #1
Mais c'est pas ça. Elle dit, toi, quand tu souris, on a l'impression que tu tires la gueule.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Quand Virginie Elfira tire la gueule, on a l'impression qu'elle sourit. Ce n'était pas méchant. C'était un constat. À la télé, on aime bien ces femmes un peu généreuses. Bon, OK. Mais donc, c'est vrai que j'ai toujours été... En fait, je me disais, moi... On m'a assignée à la fille drôle, à la fille dont on se fout un peu. Donc je vais rester comme ça, parce que ça n'empêche pas que je crois que les gens m'aiment pour ça. Comme je faisais beaucoup rire, c'est quand même chouette de fréquenter des gens qui vous font rire, vu que le rire a une sensation agréable. Mais donc je me disais, bon allez, je vais à un dîner, je suis crevée, je ne suis pas bien,
- Speaker #0
mais mon rôle, je vais de faire rire. Et donc c'était comme un masque, parce que c'est des masques. Il y a la gâte qui fait rire, et puis il y a la gâte qui, comme on le raconte dans le livre, et En permanence, en train de se dire, mais qu'est-ce que j'ai ? Est-ce que je vais bien ? Est-ce que j'ai pas un cancer ? Ben oui,
- Speaker #1
c'est le masque. Peut-être, j'allais dire, c'est pas une démarche, je crois, très altruiste, parce qu'on pourrait dire, allez, elle fait rire, c'est généreux, etc. Je pense que c'est pour être aimée. C'est la seule façon de créer du lien pour moi. Mais j'ai compris après que non. Et... Et à la fois, je pense que le thème de mon livre, ce n'est même pas l'hypocondrie. Ce sont ces masques sociaux. Et que moi, je mettais parfois, j'ouvrais ma valise, j'avais mille masques différents. J'avais le masque Elsa. Le masque professionnel, le masque avec mes amoureux. Je pense qu'avant mon mari, je n'ai jamais été moi-même dans une relation amoureuse. Jamais. Mais quelle fatigue. J'ai eu une grosse histoire avant mon mari. Je me souviens que c'était un effort de tous les jours de lui plaire. Il faut que je le fasse rire. Attends, là, je sens qu'il prend de la distance. Alors, je vais me déguiser, ça va le faire rigoler. Il aime bien la cuisine. Je vais lui faire un plat que je ne lui ai jamais fait.
- Speaker #0
Tout le temps. Et là, par exemple, il y a un masque ?
- Speaker #1
Non, je ne crois pas. Je m'étonne d'ailleurs, parce qu'en fait, je me dis... Je m'étonne parce que je suis de plus en plus... Je sens quand je mets un masque que je me contracte et que je suis dans une espèce de surenchère. Et en fait, depuis un petit moment, je me rends compte que dans mes interviews, non, il faut qu'elle ait l'intérêt. Mais il y a se le dire et il y a faire exercer l'habitude. Et donc là, je pense que ça y est, c'est... Ça s'est bien engrammé dans mon plexus solaire qu'il fallait que...
- Speaker #0
Et alors, est-ce que dans le plexus solaire, tout va bien ? Est-ce qu'il y a une maladie aujourd'hui ?
- Speaker #1
Là, ça va.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Oui, étonnamment. Ça va laisser une bonne journée aujourd'hui. Je suis très joyeuse. Non, non, en ce moment, ça va. Bon, hier, quand même, là, j'ai un petit ganglion.
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
Oui. Donc là, ici, il faut dire que j'ai un ganglion permanent. Quand il gonfle, je me dis système immunitaire en marche. Donc, je me dis, je vais peut-être avoir un. Et là, je me dis, tiens, il y en a un autre. Je me dis qu'il ne faudrait pas qu'il reste trop longtemps. Mais c'est tout. Pour le moment, on n'est pas encore sur un cancer de la lymphe.
- Speaker #0
On n'est pas encore sur un cancer de la lymphe. Parce que tu as rencontré, et tu l'écris très bien, un médecin qui tout d'un coup va un peu changer ton... Enfin, va stopper un peu cette folie que tu as. Qui n'est pas une folie d'ailleurs.
- Speaker #1
Non, mais enfin, il m'a quand même dit que c'était une maladie mentale. Donc, je dis là-haut.
- Speaker #0
Et que tu as interviewé. Que j'ai interviewé. Docteur Chaboch. Docteur Chaboch.
- Speaker #1
Le médecin de ma vie. Il faut avoir l'homme de sa vie, le médecin de sa vie.
- Speaker #0
Moi, ça, c'est obligatoire. J'ai ni l'un ni l'autre. Je suis mal.
- Speaker #1
T'as docteur Ausha, je suis le cognate. Oui,
- Speaker #0
c'est docteur Ausha, c'est vrai.
- Speaker #1
Bon, et bien, docteur Ausha. Après, il y a le médecin qui te va à toi et le médecin qui me va à moi. Moi, il fallait que je le rende compte. Alors, lui, ce qui est formidable, c'est que ça rejoint ce que je te disais tout à l'heure. Le symptôme est pris en compte. Et la récurrence de l'appel, la récurrence du symptôme, la récurrence de l'angoisse est prise en compte. Donc, il te dit. il a toujours, moi en fait, je pense que tout simplement il est supérieurement intelligent et il s'adapte à son patient. Moi il a compris une chose, c'est que je dois avoir une explication scientifique à mon symptôme. Donc tant qu'on ne m'a pas dit ça vient de tes gènes, ça vient de parce que tu as fumé pendant 20 ans, il faut m'expliquer pourquoi j'ai ce symptôme. Il peut me dire je pense que là, c'est émotionnel donc on va travailler les émotions. Mais en tout cas, il faut que j'ai une explication scientifique. Et quand il ne l'a pas, puisque... C'est vrai que ce que je dis dans le livre aussi, c'est que mon rapport au médecin est un rapport un peu bizarre, comme si la parole était d'or.
- Speaker #0
Peut-être que tu es par toi-même.
- Speaker #1
D'abord, je remets en question toujours ce qu'ils me disent. Donc c'est pénible pour moi, mais surtout pour eux. Mais ce sont des êtres humains. Donc parfois, il n'a pas la réponse. Et là où il est intelligent, je lui dis, pourquoi tu ne m'as pas répondu pendant deux jours ? Parce que donc, on se tutoie, ce qui est quand même une grande fierté pour moi. Et donc, il me dit, parce que je réfléchis. Je suis en réflexion sur ton symptôme. J'essaie de comprendre pourquoi il est là. Et la meilleure réponse, pour toi. Et donc, ah, ça me va. Je dis, tant que... Tu vois, il faut m'expliquer le manque d'explications. Les mecs deviennent dingues, quoi.
- Speaker #0
Mais je ne pensais pas que vous étiez si nombreux, parce qu'il y a 8 millions d'hypocondries.
- Speaker #1
Oui, mais c'est parce qu'en fait... D'abord, c'est un truc... D'abord, on en rit beaucoup. Ce n'est pas drôle. Ce n'est pas drôle, mais il y a plein de clichés. Il y a le malade imaginaire. Allez, détends-toi. J'ai la rate qui se dilate. J'ai le foie qui ne va pas. Ça va. Mais comme moi, on m'a toujours fait une petite tape sur l'épaule. Oui, il voit des médecins qui me disent « Calmez-vous, ça va, allez. » On se rappelle, mais je ne suis pas inquiète. Moi, je suis contente, j'ai ma réponse et tout ça. Mais en fait, 15 jours après, ça recommence. C'est le petit monstre qui se remet en marche. Donc, oui, je pense que là où je suis contente, c'est que j'ai pu un peu dire que l'hypocondrie, en fait, ce n'était pas quelque chose de léger.
- Speaker #0
C'est ça que tu as eu envie de dire ?
- Speaker #1
Je ne sais pas trop ce que j'ai eu envie de dire. J'ai eu envie déjà d'écrire ce truc parce que dans le livre, je raconte que j'ai, à force de chercher, on trouve et que donc là, pour le coup, je suis rentrée dans le monde des malades et que j'ai perdu 10 kilos, que ça a été pour moi un peu l'arroseur arrosé. Donc j'avais besoin de le mettre parce que c'est pour moi très thérapeutique d'écrire. Donc j'ai plein de mini-bouquins dans mon ordinateur de 10 pages, 15 pages. qui traînent, il y a des chagrins d'amour, il y a même parfois des engueulades, il y a des messages à mes enfants, plein de trucs comme ça. Et puis là, je ne sais pas pourquoi je le continuais. Parce que ça a été quand même un gros trauma, cette affaire. Donc je n'ai pas tout de suite pensé quand même au sens que j'y mettais. Je me disais, voilà, c'est mon réflexe. Et puis après, en le relisant, je me dis, il y avait quand même une espèce de truc de... Oui, un peu d'écriture automatique comme ça. Donc, ça veut dire quelque chose quand même. C'est peut-être que...
- Speaker #0
Alors, tu peux juste nous reparler de ton trauma.
- Speaker #1
Alors, à un moment, je vois une nutritionniste. Je lui dis, je suis très fatiguée. C'était après le Covid. Et je pense que j'étais très fatiguée, soit par un Covid, soit par les vaccins. Enfin, les trois doses. mais donc en tout cas j'avais vraiment pour le coup un symptôme de fatigue et comme je suis au bord de la mer, j'ai pas mon médecin je connais pas encore docteur Chaboch etc donc je peux appeler personne et ça sert à rien d'aller voir un médecin dans une station balnéaire parce qu'il va vous dire bah oui bah reposez-vous et donc j'appelle une nutritionniste que j'avais vue 2-3 fois j'ai dit t'as pas un petit truc pour me rebooster, elle m'a dit oui mais ça serait quand même bien de voir les neurotransmetteurs c'est ça donc bon moi je suis à l'époque pas médecin des neurotransmetteurs, maintenant complètement, ça je peux le dire. Et donc je lui dis, ok, très bien, c'est une analyse d'urine, je le fais depuis mes vacances, et quand je rentre, mais genre trois semaines après, il y a les résultats. Mais j'avais un peu oublié. Et j'ouvre et je vois un marqueur, le marqueur de la sérotonine qui est dix fois la moyenne. Et moi qui suis médecin, un marqueur en gras, c'est pas très grave. Ça peut être un petit... C'est une photo.
- Speaker #0
Évidemment, quand elle dit moi que je suis médecin, Agathe n'est pas médecin.
- Speaker #1
Si, Elsa. J'ai horreur qu'on me contredise sur ça. Je suis médecin. Non, non, évidemment, je ne suis pas médecin, mais bon, j'ai tellement de connaissances médicales qu'on me consulte. Et donc, un marqueur en gras, ce n'est pas grave. C'est une photo d'un déséquilibre. Deux jours après, ça peut se remettre normal. Mais là, dix fois la moyenne, je sais qu'il faut quand même regarder. Évidemment, je vais sur Internet. Je ne suis pas très inquiète parce que... Je ne connais pas les neurotransmetteurs et je me dis, bon, la sérotonine, c'est l'hormone du bonheur. Je suis soit très heureuse, soit c'est... Ça veut dire que je compense peut-être quelque chose. Et là, je vois, la sérotonine élevée est un marqueur de carcinome, de tumeur neuro-endocrine. Je vais voir carcinome, tumeur de neuro-endocrine.
- Speaker #0
Tu passes ta vie sur Google quand même.
- Speaker #1
Et oui, et là, je vois que c'est un cancer. Et je vois qu'il n'y a pas d'autre alternative, vraiment. Tu vois ? Donc, je vais voir mon médecin qui est quand même... Et je vois à sa tête que là, pour le coup, il est inquiet. Et là, je vais rentrer dans un engrenage. C'est-à-dire que moi, qui aime bien, comme je dis dans le livre, rester dans le sas entre le monde des pas malades et le monde des malades, pour qu'on me ramène dans le monde des pas malades en disant « T'inquiète pas, là, on me force à faire des PET scans, mais là, j'ai plus envie de faire des examens. » Et on me dit « Mais si, il faut continuer, c'est pas normal, c'est pas normal. »
- Speaker #0
Et donc, c'est les médecins qui sont inquiets et plus moi. Donc là, ça a été l'horreur. Qu'est-ce que tu peux dire aux gens qui sont comme ça, bourrés d'anxiété, qui passent leur vie à appeler des médecins, à se angoisser, à se stresser ? Qu'est-ce que tu pourrais donner comme message ?
- Speaker #1
D'abord, je pense qu'il faut essayer de mettre à distance. C'est-à-dire de se dire, déjà première chose, se parler à soi-même en disant « je sais, j'ai une sensibilité, j'ai une anxiété qui s'est mise là » . Donc déjà, peut-être que ma réaction est un... tout petit peu exagéré. Comme m'a dit un jour, quand j'ai vu le docteur Chaboch sur cette histoire-là précise, sur mon marqueur, il m'a dit, le cancer fait partie des options, mais loin d'être la première option. Voilà, donc ça c'est déjà ça. C'est loin d'être sa première option. C'est pas pour ça que l'anxiété va partir, mais c'est au moins essayer de la mettre un peu à distance, comme un objet. C'est-à-dire, pourquoi elle est là ? S'arrêter dessus, en fait, déjà. Et après, il faut quand même en parler. À partir du moment où c'est un empêchement, moi, j'ai perdu 10 kilos, je n'ai plus dormi. Donc là, il faut aller voir quelqu'un.
- Speaker #0
C'est pas possible. Il faut se faire aider.
- Speaker #1
Il faut se faire aider. Et puis alors après, quand on est hypochondrique depuis longtemps et qu'on le sait, c'est dans les trucs très concrets, c'est avoir un petit cahier où on note toutes les maladies qu'on a eues. Donc moi, par exemple, ce bouquin, c'est mon petit cahier. Parce que je les répertorie, toutes les maladies que j'ai eues. Je vois bien que je n'en ai eues aucune. Donc ça commence avec l'hépatite C que j'ai à 20 ans.
- Speaker #0
Et que non.
- Speaker #1
Et que non.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une petite chose qu'on n'a pas ? Est-ce qu'il y a quelque chose qu'on n'a pas abordé et que tu as envie d'aborder ?
- Speaker #1
Mon amour pour toi ?
- Speaker #0
Ah, pas si ! Mon amour pour toi ?
- Speaker #1
Et au travers de ça, parce que c'est un vrai truc, les rencontres qu'on fait. Parce qu'en fait, tu me disais, qu'est-ce qu'on peut dire aux personnes anxieuses, aux personnes qui sont empêchées, ou même aux personnes qui ont du mal à vivre. Aujourd'hui, j'ai 52 ans, je me disais, j'ai jamais été aussi heureuse, épanouie et tout. Et en fait, c'est beaucoup grâce à des rencontres. Et donc, tu en fais partie. mes meilleurs amis, mon entourage en font partie. Tout ce qu'on échange, tous ces moments précieux, c'est aussi des moyens de mettre à distance nos angoisses. Mais une chose est sûre, c'est que... c'est que il faut...
- Speaker #0
Je pense que l'angoisse, l'anxiété, il faut la prendre à bras le corps.
- Speaker #1
En faire une amie, tu veux dire ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si on peut s'en faire une amie, parce que c'est vraiment trop chiant. Mais en tout cas, il faut... Ok, tu es là, comme une espèce de boule, là. Parce que c'est des boules à l'estomac. Tu es là. Qu'est-ce que je fais de toi ? Comment j'arrive à te transformer ? Qu'est-ce que ça dit de moi ? Qu'est-ce que je dois réparer ? C'est aussi quand même des super leviers de réparation.
- Speaker #1
Et alors justement, ce livre, est-ce que c'est un super levier de réparation ?
- Speaker #0
Écoute. Je ne sais pas, je suis toujours hypochondriaque. Mais en tout cas, une chose est sûre, c'est que ça m'a permis de m'être à distance. Voilà. Et puis, oui, de peut-être mieux me comprendre aussi. En fait, c'est tout ce que je m'étais dit avec des psys, avec moi-même, avec mes amis, avec toi, que j'ai concentré dans un endroit. Et voilà, c'est comme un résumé de tout ce que j'ai réussi à faire pour aller mieux et pour progresser et pour être mieux au monde. Parce qu'on n'est pas là longtemps, on ne comprend pas. pas grand-chose au sens de notre existence. Au moins, si on arrive à progresser, à être plus heureux et à mieux comprendre. Évidemment, on connaît toi-toi-même comme dirait l'autre. Donc, en se connaissant mieux, on comprend peut-être mieux le monde qui nous entoure. Et l'expérience n'est pas longue sur Terre. Donc,
- Speaker #1
autant en profiter. Alors moi, je vais te dire en tout cas que la petite Agathe qui est en boule dans son canapé, je l'aime autant que la Agathe qui est solaire. Voilà mon Agathe. Merci beaucoup d'être venue sur Cerveau Puissant. Vraiment.
- Speaker #0
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