- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent, un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des peurs qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité, une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Et j'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Aujourd'hui, je reçois une femme qui a connu plusieurs vies. Ludivine Aubourg a d'abord traversé des drames familiaux importants, très tôt. Des secousses intimes qui laissent une empreinte profonde, qui oblige à grandir plus vite, à tenir, à avancer malgré tout. Puis, elle s'est construite dans la musique. Pendant plus de 15 ans, elle a été musicienne professionnelle. Elle a accompagné sur scène des artistes internationaux comme U2, Jason Derulo, Nathalie Ambroglia. Elle a composé pour des publicités, des films, des séries, collaboré avec des maisons comme Disney. Elle a vécu l'exigence de la scène, l'adrénaline, la performance, la lumière. Mais derrière cette intensité, le corps accumule, le burn-out arrive. Une première alerte majeure, elle comprend que quelque chose doit changer. Et juste avant d'entamer sa reconversion vers le coaching, il y a l'AVC. Brutale, radicale. Le moment où la vie suspend tout et impose une clarté absolue. C'est à partir de là qu'elle décide de se former, coaching exécutif à HEC, neurosciences, psychologie, psychogénéalogie. Elle plonge dans la compréhension des mécanismes inconscients des héritages familiaux du rapport à l'argent au pouvoir à la réussite. Aujourd'hui, à travers Shift Masterclass, elle accompagne dirigeants, entrepreneurs et créateurs à dépasser leurs blocages invisibles, à sortir des répétitions inconscientes et à construire une réussite. qui ne se fait plus contre eux-mêmes. Ludivine connaît la performance, elle connaît l'effondrement, elle connaît la reconstruction. Et c'est cette trajectoire, faite de courage et de lucidité, que nous allons explorer. Bienvenue, Ludivine, chez Cerveaux Puissants.
- Speaker #1
Tu me mets bien dès le début ! Attends, tu n'as rien à envier à Michel Drucker ? C'est incroyable ! Et puis si j'écris un livre, tu feras la préface, parce que j'ai pleuré presque juste sur la présentation.
- Speaker #0
Je vais essayer... Comme ton parcours est extrêmement riche et surtout aussi très impactant, et en fait, aujourd'hui, on comprend pourquoi est-ce que tu es à ta juste place. J'ai essayé de résumer ce long parcours, et on va en parler, qui en fait est beaucoup plus large et puissant que mon petit résumé. Mais s'il te plaît, il n'y a rien qui me fasse plus plaisir.
- Speaker #1
C'est très intéressant ce que j'ai ressenti pendant que tu l'as dit. Je me suis dit, j'ai eu un peu honte, je ne raconte jamais tout ce que j'ai fait parce que c'est tellement dense que je me dis que les gens peuvent se dire, les mythos ou... C'est trop ou c'est trop pour moi. Et du coup, c'est très intéressant ce que ça vient trigger chez moi. Je garde ça pour traiter plus tard. C'est super cool, mais merci. C'était très joliment amené. Et ça m'a beaucoup émue.
- Speaker #0
Attends, mais c'est tout ce que tu mérites.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Alors, chez Cerveau Puissant, on commence toujours de la même manière. Est-ce que tu as une phrase, une citation ou un mantra à nous partager qui explique qui est Ludivine ou une phrase qui te porte ?
- Speaker #1
Oui, il y a une phrase que j'aime énormément, c'est peut-être... pas le fil de cette interview, mais c'est « Nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, nous les voyons telles que nous sommes. » Je l'aime parce que pendant des années, j'étais quand même pas très éveillée, ni sur moi, ni sur ma psychologie, ni sur le reste du monde. Et j'avais cette sensation que le monde devait penser, tout le monde devait penser de la même façon. Et donc, je m'étonnais de l'absurdité des choses et je croyais que quand les choses n'étaient pas telles que moi, je les pensais, c'était... contre moi, donc il y a une forme de narcissisme dans cette façon de penser jusqu'à ce que je comprenne qu'on a un filtre on a un filtre qui fait que toi et moi, même dans cette pièce, on ne voit pas les mêmes couleurs, on ne voit pas la même chose et même quand on va avoir une interaction avec une personne qui va nous dire exactement la même phrase, on ne va pas entendre le même discours et que d'un point de vue même neuroscientifique c'est prouvé le cerveau interprète tout ce qu'on voit tout ce qu'on perçoit par nos cinq sens et ce que j'aime aujourd'hui c'est C'est essayer de comprendre quels filtres portent les autres sur la réalité pour mieux les comprendre eux, mieux me comprendre. Moi, j'aime énormément cette phrase-là. Nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, nous les voyons telles que nous sommes.
- Speaker #0
Alors la réalité, justement, est-ce qu'on peut parler de la tienne ? Celle qui t'a amenée en fait à aujourd'hui vouloir coacher et aider les gens. Est-ce que tu peux nous raconter brièvement quel est ton parcours de vie ?
- Speaker #1
En plus de ce que tu viens de dire,
- Speaker #0
des choses qui t'ont impacté et peut-être des shifts, parce que justement ça s'appelle Shift Masterclass, quelques shifts.
- Speaker #1
Après la musique, j'ai changé de carrière une première fois. Je me suis dirigée vers la création de contenu beauté. Et puis très vite, je me suis retrouvée présentatrice télé dans la beauté, donc sur M6, de cette émission qui s'appelle Incroyable Transformation. Et durant ces tournages, finalement... On a relooké à peu près 700 personnes, ce qui est assez conséquent. J'ai vu 700 personnes, entre 500 et 700, parce que je n'ai pas là tout le temps, mais j'ai vu entre 500 et 700 personnes s'asseoir sur un canapé et m'expliquer pourquoi elles en étaient arrivées là où elles en étaient là. C'est-à-dire, soit elles avaient un peu lâché la rampe, entre guillemets, et elles ne prenaient plus soin d'elles, soit elles étaient tombées dans des looks très extrêmes, dont elles n'arrivaient pas à se sortir comme un personnage qu'elles incarnaient, mais dans lequel elles se sentaient mal et elles voulaient changer. Et finalement, ce qui revenait le plus souvent, et mon rôle c'était de les écouter et de les guider dans comment elles allaient pouvoir se mettre en beauté. La question qui revenait le plus souvent, c'est comment avoir confiance en moi ? Comment m'habiller pour avoir confiance en moi ? Comment me coiffer pour avoir confiance en moi ? Comment me maquiller pour avoir confiance en moi ? Et cette question revenait perpétuellement et elle toujours, elle était dirigée vers moi parce qu'on était trois co-présentateurs. Et pour une raison que j'ignore, je me retrouvais un peu... malgré moi, représentante de la confiance en soi, parce que j'avais quand même cette volonté que ces gens-là se sentent bien. Et c'est devenu une question très récurrente, et sur le plateau, et sur mes réseaux sociaux, alors que moi-même, je n'avais pas confiance en moi. J'arrivais parfaitement à faire semblant d'avoir confiance en moi, mais au fond, je ne trouvais pas du tout la solution. J'étais mortifiée, je rentrais chez moi, mon discours interne était terrible, je me sentais mal tout le temps, je me tenais en p... permanence pour responsable des émotions des autres. C'est-à-dire que si en face de moi, j'avais quelqu'un qui était énervé, je demandais ce que j'avais fait de mal. Si j'avais quelqu'un qui était triste, j'essayais toujours d'arrondir les angles au détriment de mes propres projets santé, énergie. Bref, j'avais vraiment tous les signaux d'une faible estime de moi et d'une faible confiance en moi. Et en même temps, je représentais la confiance en soi pour les gens. Ça, ça crée ce qu'on appelle une dissonance cognitive. Tu sais, la dissonance cognitive, c'est la différence entre qui tu... Enfin... Il y a beaucoup de façons d'avoir de la distance cognitive, mais là, c'est très, très inhérent au syndrome de l'imposteur. Par exemple, c'est comment les gens me voient versus comment moi, je me vois. Et cette différence, elle leur en fout, parce qu'il y a carrément des gens qui... Il y a des stars, on se dit, mais pourquoi il s'est foutu en l'air ? Il avait tout pour lui. Je pense notamment à Avicii, qui le racontait très, très bien, qui vivait une dissonance cognitive énorme entre d'où il venait et la star mondiale qu'il était, cette timidité maladive qu'il avait, et puis ce besoin, du coup, de... de monter sur scène devant des millions de gens, tu vois. Bon bref, la dissonance cognitive, c'est quelque chose qui fait énormément souffrir. Et quand cet élastique s'est mis à tirer trop fort en moi, je me suis dit, écoute, il faut que tu ailles chercher la confiance en toi, pour toi d'abord, et ensuite tu répondras aux questions de tous ces gens qui te l'ont demandé. Et ma quête, c'était ça. Et c'est pour ça que j'ai l'autorité de shift en fait. Exactement. J'ai quitté la télé, enfin j'ai commencé à reprendre mes études alors que j'étais encore à la télé. Et là, je me suis dit, je vais aller chercher ça dans la psychologie, dans le coaching, qui peut le plus, peut le moins, j'ai choisi HEC parce que c'est une école reconnue. Et Dieu sait qu'aujourd'hui, on parle beaucoup des coachs autoproclamés, un peu gourous, et je ne voulais surtout pas tomber là-dedans. Je voulais être certifiée de quelque chose de très sérieux. Et en plus, comme je suis un peu saint Thomas, je crois que ce que je vois, j'avais besoin de cet aspect scientifique, neuroscientifique. et donc je suis allée m'enseigner dans les neurosciences pour comprendre le fonctionnement du cerveau parce que je trouvais que tous ces... concepts psychologiques qui sont pourtant éprouvés, j'avais besoin de preuves que ça fonctionne vraiment. J'avais besoin de comprendre. Et une fois que j'ai eu compris, je me suis dit pourquoi on ne nous dit pas ça ? J'ai eu cette sensation qu'on nous cachait ces choses-là. J'ai eu cette sensation qu'on m'avait caché ces choses-là.
- Speaker #0
Que tu avais su avant.
- Speaker #1
Ouais. Comme si je n'avais pas été assez intelligente pour les comprendre. Et c'est là que je me suis dit, personne n'est trop bête pour comprendre tout ça. Et je vais trouver les mots pour le vulgariser. J'ai très envie de le transmettre. parce que si j'avais su ça plus tôt, j'aurais gagné des années de vie, j'aurais gagné des points de vie, j'aurais gagné de la santé, de l'énergie, même si aujourd'hui, je pense que tout arrive en temps et en heure. Mais je me suis dit, si je peux aider des personnes, même une, une seule, en transmettant ce que j'ai appris, tout ce qui m'a fait me dire « mais pourquoi je ne savais pas ça avant ? » alors j'aurais tout gagné. Et donc, j'ai créé Shift Masterclass et je me suis mise à coacher des gens pour pouvoir partager tout ce que j'ai découvert sur notamment les neurosciences de la confiance en soi, les neurosciences de l'estime de soi. qui sont aujourd'hui ma grande passion, avec la relation à l'argent aussi.
- Speaker #0
Alors la santé, donc tu viens de me tendre la perche. Tu dis que tu aurais pu gagner un peu de santé et de temps. Alors, est-ce que tu peux nous raconter cette rupture quand même, et c'est peu dire, ton AVC ?
- Speaker #1
A posteriori, je pense que cet AVC, il est tombé à un moment charnière. Alors, je ne vais pas dire que j'en avais besoin, mais en tout cas, il me fallait un petit coup de pied aux fesses parce que c'était juste au moment où j'étais encore en télé, où j'avais terminé mes études et où j'étais censée commencer à pratiquer en tant que... en tant que coach, mais je n'arrivais pas à faire ce switch, je n'arrivais pas à assumer un nouveau changement de carrière, là où j'en avais déjà eu plusieurs et où on disait toujours « t'arrêtes pas de changer » , je n'arrivais pas à assumer ce truc-là. Et puis je faisais tellement de choses en même temps, je pense que c'est la fatigue d'avoir accumulé beaucoup, beaucoup, beaucoup de métiers, d'activités, quelque chose de très dense. Et donc d'un coup, l'AVC m'a fracassée en plein vol. Quand tu es fracassée en plein vol comme ça, et que d'un coup tu ne peux plus rien faire, la question qui se pose, c'est l'énergie. Et quand l'énergie va revenir, après l'AVC, donc plusieurs mois, à plus de 6 mois, 1 an, la vraie question qui se pose, c'est maintenant que j'ai beaucoup moins d'énergie qu'avant, qu'est-ce que je vais choisir ? Et finalement, on dit choisir, c'est renoncer, mais ça te fait renoncer plus rapidement aux choses qui devaient être mises derrière. Dans mon cas, mes activités antérieures. Et finalement... Ça a propulsé, entre guillemets, Shift Masterclass, puisqu'au moment où j'ai commencé à re-avoir de l'énergie, je me suis dit, OK, t'en as moins qu'avant, dans quoi tu veux la mettre ? Et il était évident que cette urgence de vivre que ça a créé en moi m'a fait me dire, fonce là-dedans et te pose pas de questions. Et j'ai bien fait, puisque ça a été, pour moi...
- Speaker #0
Un cadeau mal emballé.
- Speaker #1
Un cadeau mal emballé, et puis au final, Shift m'a tellement nourrie, m'a tellement fait grandir, parce que ça fait déjà bientôt trois ans, ça commence à passer. Et ce que j'y trouve, ce que j'y fais, ce que les gens me rendent, ce que mes coachés me rendent, c'est juste au centuple. Je ne pouvais pas rêver mieux.
- Speaker #0
Alors c'est drôle parce qu'en fait aujourd'hui on te voit, t'es rayonnante. Mais ce qui est vrai c'est que cet AVC arrive, c'est quand même un énorme trou noir pour toi. Et surtout, suite à cet AVC, il y a eu quand même une reconstruction psychologique et physique. Oui. Parce que t'as perdu plus de 60 kilos je crois ?
- Speaker #1
Non, 30. Pardon. Oui.
- Speaker #0
30 kilos. ce qui est déjà énorme et incroyable. Est-ce que tu peux juste nous parler, justement, de là on te voit telle que tu es, mais peut-être de celle que tu étais avant ?
- Speaker #1
Je pense que, en ce qui me concerne, ce n'est pas le cas de tout le monde, mais pour ma part, et je pense qu'il y a autant d'origines de problèmes de poids que de personnes sur Terre, c'est pour ça que je ne veux surtout pas. Je veux surtout préciser que je vais parler de mon cas en particulier. En ce qui me concerne, je me suis beaucoup construite par les traumas, par les métiers que j'ai choisis. sur un système nerveux extrêmement dérégulé et très activé. Donc j'ai toujours été dans le faire, j'ai toujours été dans l'action, j'ai toujours été dans l'énergie, on m'a toujours beaucoup complimenté sur le fait que j'ai une productivité sans limite, que je délivre très vite, que je travaille vite, que je suis forte, que je suis productive, etc. Et c'était tellement un compliment que c'était devenu une identité. Mais mon système nerveux, lui, il n'était pas trop d'accord avec ça. C'est aussi pour ça, je pense, que j'ai fait un AVC. C'est qu'un système nerveux En fight or flight, un système nerveux en survie, c'est un corps qui va finir par tomber malade et qui va te dire à un moment, stop meuf, ça ne peut plus fonctionner comme ça. Maintenant, tu vas devoir régler tes traumas, comprendre le système nerveux et le réguler. Donc, toute ma vie avait été déjà, on va dire, une lutte contre le surpoids. J'ai fait beaucoup de yo-yo, ça a toujours été là. Mais pourquoi ? Parce que je pense que j'ai toujours incarné la femme forte au sens propre comme au sens figuré. Et quand on est une femme forte, on va pouvoir avoir tendance à grossir, en tout cas c'était mon cas, pour l'incarner. Parce que finalement, ce poids est une protection contre un monde un peu trop dur comme celui que moi j'ai rencontré toute ma vie. J'étais déjà un peu en surpoids au moment de l'AVC, mais l'AVC évidemment était un tel choc pour moi que j'ai encore plus grossi après. Et au bout d'un moment, c'était devenu à la fois... Enfin, c'était même plus vraiment une protection puisque d'un point de vue de santé, les médecins m'ont dit « Bah là ! » L'AVC est une comorbidité, j'étais carrément en obésité, il fallait absolument trouver une solution. Pour trouver cette solution, pour moi, il n'y avait pas d'autre possibilité que de réguler mon système nerveux, et c'est sur quoi j'ai travaillé le plus pour pouvoir entamer cette transformation. Et c'était vraiment un travail à 360°, à la fois sur l'extérieur comme sur l'intérieur. Et ça venait un peu terminer cette boucle de... J'étais dans le monde de la beauté, on me demandait comment avoir confiance en soi. J'ai étudié les neurosciences parce que je pense que ça vient de l'intérieur. Et au final, c'est quand tu travailles sur l'intérieur que l'extérieur le montre. La peau. L'énergie, le corps, le tonus, c'est vraiment quelque chose pour moi qui se travaille à 360. Aujourd'hui, je ne peux plus te proposer un coaching si je te dis qu'on ne va que travailler sur le cortex préfrontal et rien sur le corps. Il y a quelque chose qui doit se faire. On a souvent dissocié la tête du corps et jusqu'à présent, la tête fait partie du corps. Donc maintenant, aujourd'hui, je travaille énormément sur quelque chose d'holistique, mais de complet.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu peux me donner trois recommandations, le nombre que tu souhaites ? Sur les traumas familiaux, parce qu'on est, pour le coup, je pense, tous concernés par des drames quels qu'ils soient, et puis une transmission. Quels sont, toi, tes recos pour travailler ce passé familial qui, parfois, nous empêche d'avancer ?
- Speaker #1
En ce qui concerne les traumas familiaux, je dirais que la première chose, c'est de ne pas être dans le déni. C'est un bon début. Lever les tabous et aller, probablement, en thérapie, en coaching, essayer d'explorer. en fait l'impact de ce que j'appelle les loyautés familiales, c'est-à-dire tout ce qu'on a adopté comme croyance étant enfant, sur notre vie d'adulte et les décisions qu'on prend aujourd'hui. C'est souvent, on a l'impression, parfois on a l'impression dans notre vie qu'il y a comme un fantôme invisible qui prend les décisions à notre place ou qui nous pousse à prendre les décisions à notre place. Moi, il me poussait à aller chercher le pot de Nutella dans le placard alors que j'avais décidé d'arrêter. Il me poussait à écrire un annexe toxique alors que j'avais dit que je ne le rappellerais pas. On a tous ce truc de je sais où je veux aller. Et pourtant, je me vois en train de m'auto-saboter, tu vois. Et ça, ça demande d'aller visiter souvent l'inconscient, notre histoire, et pourquoi on en est là. Parce que finalement, aujourd'hui, ton cerveau, il préférera toujours un enfer familier, quelque chose qui ressemble à ce que tu as vécu, à un paradis inconnu. Pour lui, l'inconnu, c'est le danger. Plus qu'un enfer familier où tu aurais pu être vraiment en danger. Lui, il se dit, elle est toujours vivante, malgré tout ce qu'elle a vécu. c'est que ça devait convenir, alors on va continuer comme ça. Et donc, tu vas voir dans ton entourage tout ce qui peut te faire revivre les choses que tu as déjà vécues et même les choses mauvaises et traumatiques. Donc, c'est hyper intéressant d'aller les visiter, je trouve, peut-être en thérapie ou en coaching, et ensuite de te dire, OK, qu'est-ce que je mets en place pour qu'aujourd'hui, mon système nerveux ne retourne pas vers ce qui est familier et mauvais et toxique pour moi et le mettre en sécurité vers l'inconnu et lui dire, OK, on est ensemble. Maintenant, on va tenter des choses nouvelles parce que probablement, ce sera quand même mieux que toute la merde qu'on a eue avant, tu vois.
- Speaker #0
En combien de temps ? Il y a beaucoup de gens, alors je sais que tu ne vas pas me répondre, c'est en question de temps, mais il y a beaucoup de gens qui ont l'impression, alors c'est vrai que c'est un peu le chemin d'une vie de se remettre de ça. Et en même temps, moi, je suis l'artiste, ces gens, c'est que toi aussi, quand on prend en main le mal ou les mots, ce n'est pas si long que ça finalement. Puisque comme tu le dis, déjà rien que quand on a enlevé le déni, c'est déjà un énorme pas. Donc, combien de temps tu peux... Enfin, quelqu'un qui se prend en main. Sur un drame qu'il a un ou des, en combien de temps il peut redevenir plus aligné ?
- Speaker #1
En vrai, j'ai vu de tout dans ma vie. Et j'ai même vu des gens switcher en une séance de thérapie, de coaching, ou même parfois juste, t'as des déclics en écoutant un podcast. C'est ça. Ça peut aller tellement vite.
- Speaker #0
Dès qu'on touche là où on parle, il y a un jump qui se fait écologique.
- Speaker #1
Je trouve que c'est assez magique.
- Speaker #0
Parce que souvent, je te dis ça, parce que c'est vrai que moi, je vois, tu vois, personnellement, évidemment, et rien qu'entendre des discours inspirants, ce podcast, évidemment, est une vraie thérapie pour moi, personnellement. On me demande souvent comment je fais pour être heureuse et épanouie. Je dis, si vous interviewez des gens aussi fascinants que ceux que j'ai au micro, c'est impressionnant. Mais c'est vrai aussi qu'on se rend compte que, bon, évidemment, le positif attire le positif. Quand on se prend en main, c'est beaucoup plus rapide que ce qu'on se croit. Les gens, souvent, ils disent, j'ai pas le temps. C'est quand même une énorme phrase. J'ai pas le temps, j'ai peur. J'ai peur que ça me bouleverse, que ça me transperce, c'est pas le bon moment. Et en fait, parfois, t'as envie de dire, ouais, mais plus tu repousses,
- Speaker #1
plus ça va piquer déjà quand ça va... C'est comme un élastique.
- Speaker #0
Et finalement, t'as pas besoin non plus d'un temps incroyable. Je veux dire, tu peux avoir des déclics hyper rapides. Parce qu'en fait, les gens sont aussi beaucoup plus prêts qu'ils ne le pensent. Moi,
- Speaker #1
je crois que c'est surtout qu'on a encore l'héritage de la vision. de la thérapie d'il y a 20 ou 30 ans.
- Speaker #0
Allongée sur le divan. Exactement.
- Speaker #1
Genre, il faut 7 ans de psychanalyse et tout, tu sais. Aujourd'hui, Dieu merci, on a des thérapeutes qui sont spécialisés en TCC, thérapie comportementale cognitive, qui sont des thérapies ultra rapides. On a l'EMDR, on a l'EFT, on a le coaching aussi, qui peut être très puissant selon les personnes. Donc en fait, ce qu'il y a, je pense, c'est qu'il faut dédramatiser le travail sur soi et le rendre chouette, moi perso. J'ai eu la chance d'avoir des psys géniaux, d'avoir des coachs géniaux, d'avoir envie d'y aller en me disant « putain, il faut que je lui raconte ça un peu comme si c'était mon ou ma meilleure amie » . Et je crois que c'est vachement important de transmettre aux gens qui ne connaissent pas le travail sur soi cette joie. du travail sur soi, parce que même si ça vient...
- Speaker #0
Et puis ça a de la priorité.
- Speaker #1
Ouais, même si ça vient trigger des émotions, c'est vrai qu'en fait, on se dit tellement l'émotion, ça va faire mal, quand ça va sortir, ça va être douloureux. La vérité, c'est que quand on le fait dans le but de le sortir de soi comme un poison, c'est un soulagement. Donc, cette peur d'aller faire le travail sur soi ou de découvrir des trucs incroyablement douloureux, bon, déjà, on sait que le cerveau, il a peur de zéro. enfin le cerveau Quand il a peur, il amplifie le drame de 70 à 90% par rapport à ce qui peut potentiellement arriver. Donc, tu as quand même peu de chance que ça se passe. C'est ce que je disais, il n'aime pas l'inconnu. Donc, pour lui, il y a du danger. Donc, forcément, là, il se dit, je vais en thérapie, je vais peut-être découvrir des trucs que j'ai oubliés. C'est dangereux. Alors qu'en fait, au contraire, grâce à toutes ces thérapies modernes, aujourd'hui, ça peut aller très vite. Et je vais te dire un truc, moi, je fais des coachings de groupe où ça, c'est magique. C'est qu'une personne est en train de se faire coacher devant les autres, et ça résonne tellement fort chez les autres que ça résout le problème. Chez quelqu'un qui n'est même pas lui-même en train de se faire coacher, et ça c'est magique. Magique.
- Speaker #0
C'est le même concept pour les constellations familiales. Le constellé sauve aussi ceux qui assistent à la constellation.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et donc non, il y a une vraie magie, de manière à une énergie entre nous, beaucoup plus puissante qu'on ne le croit. Et comme tu dis, souvent on a peur, mais alors que finalement de l'activer... Nous libère beaucoup plus vite qu'on ne le croit.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Alors justement, est-ce que tu peux donner un exemple de répétition de loyauté familiale ou de répétition inconsciente ? Parce que je pense que ceux qui nous écoutent vont se rendre compte qu'en fait, ils en font plein.
- Speaker #1
En fait, pour moi, dans les répétitions familiales, c'est plus dans le choix des relations. D'accord ? Donc si par exemple, tu as eu une mère qui s'est sacrifiée pour ses enfants, pour sa famille, pour son mari. On va aller dans l'extrême. Elle n'a pas travaillé parce qu'elle s'est dit je vais vraiment me concentrer sur mes enfants, j'ai envie de les voir grandir, ce qui est très très honorable. Et en même temps, elle avait un peu un tempérament à s'effacer, à s'oublier, à prioriser le reste de sa famille. Imaginons que tu t'es quand même, ça pourrait être toi, tu t'es quand même auto-éduquée dans une forme de féminisme et d'indépendance. Et bien quelque part, parfois dans tes relations, et ça va être peut-être par des choses très infimes, Tu vas... te sacrifier sur certains trucs très minimes, sans te rendre compte que ça correspond à une forme de loyauté vis-à-vis de ta mère. Donc, je sais pas, on va se trouver un exemple. Tu vas aller peut-être choisir un partenaire qui, au bout d'un moment, va te réclamer de moins travailler parce que, ben, en fait... Ça va ?
- Speaker #0
Non, mais c'est là où je me rends compte que j'ai bien travaillé sur moi.
- Speaker #1
C'est bien.
- Speaker #0
Déjà, ma mère est formidable et fabuleuse. Elle écoute chacun des podcasts. Maman, je t'aime. Mais ce qui est vrai, c'est que j'ai bien travaillé parce que, tu as raison, il y avait un moment où j'aurais pu avoir tendance à faire ça.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, j'ai un mari formidable. Et donc, j'admire ma mère. Et en même temps, je ne rends pas cette loyauté familiale.
- Speaker #1
Mais ça peut être pernicieux. Tu peux avoir développé cette volonté d'être une femme indépendante qui travaillera. Et puis, un jour, tu vas te mettre en couple avec quelqu'un qui, au bout de deux ans de relation, va te dire, écoute, je voudrais que tu arrêtes de travailler. Je voudrais que tu te consacres à moi. Je voudrais que tu arrêtes tes activités qui m'emmerdent et que tu t'occupes de la maison à la place. Et tu ne sais jamais. C'est un exemple un peu... un peu random que je suis en train de te donner là, mais ça peut s'exprimer de façon...
- Speaker #0
Non mais tu es active chez beaucoup de femmes, ça c'est vrai.
- Speaker #1
Oui, ça peut s'exprimer de façon beaucoup plus pernicieuse. C'est-à-dire que le jour où tu vas vouloir reprendre le travail, tu vas saboter tous tes entretiens, parce que tu te dis... Ça c'est inconscient, tu vas auto-saboter tes propres entretiens de travail parce que tu as une forme de culpabilité quand même au moment où tu es dans cet entretien de laisser tes enfants à la maison. Et là en fait c'est intéressant d'aller travailler tes loyautés familiales. Et dans l'argent, là où j'ai vu une interview très intéressante de Adèle Exarcopoulos, elle a fait une interview il n'y a pas longtemps où elle disait, quand j'ai vu mes salaires, je me suis dit, mais c'est indécent par rapport à ce que gagnait ma mère qui est infirmière. Et en fait, il y a un moment où tu peux aussi t'auto-saboter parce que tu vas dépasser ce que tes parents gagnaient dans un métier où toi, tu t'éclates et eux, ils ont souffert parce que tu as cette croyance transmise que pour mériter de l'argent, il faut souffrir et il ne faut pas en avoir trop. Et à ce moment-là, tu vas te retrouver dans des schémas. Peut-être avec un salaire qui ne dépasse jamais trop celui de tes parents. Ces loyautés familiales, ça peut se mettre en place dans ta vie par des choses extrêmement pernicieuses. Et c'est quand tu découvres les blocages que tu es obligé d'aller faire le taf. Avant, tu ne t'en rends pas compte. Mais le genre où tu te dis, je voudrais gagner plus et je ne comprends pas pourquoi, je l'observe que c'est moi qui ai bousillé cet entretien, c'est moi qui n'ai pas demandé mon augmentation, c'est moi qui n'ai pas augmenté mes prix. Pourquoi j'ai une résistance au niveau du système nerveux à ça ? Et en fait, c'est tout simplement parce que ton système nerveux, il est capable d'accueillir certaines choses et pas d'autres. Et comme le système nerveux, il est... Il s'exprime par le corps, c'est le corps qui va créer tous les actes manqués, toutes les choses qui vont... Tous ces autosabotages, c'est ton corps qui va les faire malgré toi.
- Speaker #0
Alors justement, sur le sabotage, il y a un sujet que tu aimes et que je partage avec toi, la relation à l'argent. Pourquoi en France, on a une gêne, un problème, je ne sais pas, une gêne, un problème, un peu tout ça, par rapport à l'argent ? C'est très vrai au féminin, mais c'est vrai aussi, c'est de manière assez globale en tout cas en France. Est-ce qu'on peut en parler ? de tous les travaux que tu as pu faire sur le thème de l'argent ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Sur le thème de l'argent, la première chose qui est pour moi la plus essentielle, c'est celle du tabou. Le tabou, l'omerta, le fait que c'est pas bien, on n'en parle pas, ça, ça crée dans le cerveau une forme de mort de certaines synapses. Si on n'aborde jamais le sujet de l'argent, les circuits neuronaux à ce sujet-là ne se font pas. Ce qui fait qu'à chaque fois qu'il va falloir en parler, on va vivre une gêne. Le système nerveux va être mal, on va être mal, et c'est ce qui fait aussi, je trouve, que dès qu'on aborde le sujet, qu'il y ait autant soit de gêne, soit d'agressivité. C'est-à-dire qu'en fait, comme on ne s'est plus trop maîtrisé là-dessus, on va avoir des réactions assez fortes, d'accord ? Donc le tabou est un vrai souci, d'ailleurs, quel que soit le sujet, d'accord ? Est un vrai souci qui empêche le développement de soi, et empêche le développement tout court, et empêche carrément ce que j'appelle la manifestation. c'est à dire que si c'est pas clean si c'est pas fluide là-haut il ne se passera rien. Ça, c'est une première chose. Ensuite, la deuxième chose, c'est qu'on vit quand même dans un monde qui reste encore un peu patriarcal, d'accord ? Même si le féminisme est là et fait avancer les choses. Et dans cette éducation un peu judéo-chrétienne, notamment pour les femmes, il y a un petit souci qui se pose, c'est que pour avoir plus d'argent, il faut le désirer. Et plus non seulement en avoir besoin. Et une femme qui est au clair avec ses désirs, même avec le mot désir, qui est au clair avec le fait qu'elle veut plus d'argent parce qu'elle veut plus de plaisir, plus de facilité, plus de fluidité dans sa vie, les mots plaisir et désir sont très sexualisés. Et une femme qui est au clair avec ses désirs, dans notre société, c'est une salope. Et là, on arrive dans ce qu'appelle Carl Gustav Jung, le travail de l'ombre, le shadow work. Tout ce que tu n'aimerais pas qu'on dise de toi, ton système nerveux va mettre en place des processus qui t'empêcheront d'être cette identité-là. Donc si tu es une femme... qui veut désirer de l'argent et jouir de la vie avec beaucoup d'argent, tout le vocabulaire du sexe, mais que tu as été éduqué dans une religion judéo-chrétienne où désirer, jouir et avoir du plaisir, c'est mal, et que tu ne supporterais pas qu'on dise de toi, c'est une grosse salope, ben en fait, tu vas tout faire pour que ça n'arrive jamais. Et ça, ça va t'empêcher de gagner plus d'argent, de manifester plus d'argent, de créer plus de richesse. Et on n'est pas là pour parler d'une richesse où tu vas te rouler dans des billets. On est là pour parler d'une richesse ? Bah oui, mais parce qu'en fait...
- Speaker #0
Qui t'offre une liberté.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et le choix de...
- Speaker #1
Qui t'offre une liberté, d'abord, de pouvoir te sortir de n'importe quelle situation dangereuse pour toi. L'argent peut t'aider à ça. Il faut savoir qu'aujourd'hui, 90% des femmes battues ne quittent pas leur conjoint par manque d'argent. Donc, pardon, mais ça devient urgent d'en parler, tu vois. Et ensuite, de pouvoir avoir une forme de liberté, une forme d'indépendance. Et surtout, qu'est-ce que tu veux faire de cet argent ? Mère Thérésa ne se roulait pas dans les billets. Et pourtant... Elle réclamait abondamment d'argent et en touchait beaucoup.
- Speaker #0
Tout à fait. Et d'ailleurs, c'est très juste que tu dises ça, parce qu'elle le proclamait avec grande fierté en disant « Moi, je suis une financière, puisque en réclamant de l'argent, j'ai récolté énormément pour... » Non, mais c'est vrai. J'ai des fréquences. Nous deux, à chaque fois, on est tellement connectés. Et tout ce que tu dis, et c'est très important de le dire, et tu as raison de mettre le point là-dessus, c'est que pour sauver des vies, pour sauver des gens, on a besoin d'argent. et donc c'est Et ça n'est pas vénal, toi, tu dis salope, c'est assez... Mais moi, c'est vrai que souvent, les femmes peuvent avoir ce côté superficiel. Ah, je suis vénale parce que je veux plus, tu vois.
- Speaker #1
Bien sûr, mais en fait, l'important, quand tu veux bosser là-dessus, le meilleur moyen de trouver quelle est l'ombre, donc dans le shadow work, c'est quelle est la particularité que je détesterais qu'on dise de moi ? Qu'est-ce qui me trigger le plus ? Est-ce que ce serait qu'on dise, ah, c'est une grosse salope ? Ou est-ce que ce serait qu'on dise, ouais, de toute façon, elle a les dents qui rayent le parquet, c'est une arriviste opportuniste, égoïste ? cherche le mot qui te touche le plus, ça peut être tous en même temps, et en fait il va falloir que tu te réconcilies avec cette part d'ombre parce que pour pouvoir désirer et jouir de la vie, tu vas devoir avoir une part de salope en toi et être ok avec le fait qu'il y ait des gens que ça va trigger.
- Speaker #0
Pour être une femme qui peut donner de l'argent, tu vas devoir supporter que certains trouvent que c'est trop arriviste, c'est trop opportuniste de demander autant d'argent ou que c'est trop vénal. En fait, à chaque fois, il faut toujours rétrécir un peu l'élastique de l'ombre pour pouvoir trouver l'équilibre. Mais pour les gens, et ça, ça vient tout de suite toucher à l'impact du regard et du jugement des autres que les gens peuvent avoir sur toi, pour quelqu'un qui n'a pas réglé ce problème, tu passeras pour une meuf vénale. Pour quelqu'un qui n'a pas confiance en lui, tu passeras pour quelqu'un de prétentieux. C'est à toi de trouver ce juste milieu. C'est un travail qui est assez dur parce que ça va t'affranchir du regard des autres. Et pour ça, tu dois construire une sécurité intérieure pour ne pas te sentir comme le vent qui te balade de Ausha droite quand les gens ont des jugements sur toi. Mais si ça te touche qu'on te traite de vénal, c'est qu'il y a une part de toi. qui a peur de l'être et qui le croit encore. Mais ils ont qu'il y a un truc à aller bosser. Et ce qui est génial, c'est d'observer quand ça te touche ou d'observer les peurs qui créent les raisons pour lesquelles tu ne vas pas faire plus d'argent. Et là, tu peux vraiment travailler dessus. C'est un indicateur. Moi aujourd'hui, l'inconfort dans lequel me mettent certains jugements, je ne le prends plus comme un inconfort et « Ah mon Dieu, on m'a jugé ! » Je le prends comme « Ah super ! Un fil pour aller bosser ! » Alors là, ça m'a trigger qu'on dise ça de moi. Pourquoi ça me trigger ? Quel est l'ombre que je n'ai pas encore réconciliée ?
- Speaker #1
Je dis toujours, la vie nous fait du bien. Et tant qu'on n'a pas compris le message, elle nous renvoie d'autres obstacles. Et donc, tu as raison. Quand quelque chose nous dérange, nous affaiblit, nous chafouine, comme tu dis, la chose la plus intelligente, c'est vraiment d'aller travailler dessus. Et c'est comme ça qu'on monte un palier. C'est d'avoir un plus performant et plus épanoui.
- Speaker #0
C'est d'avoir une forme de curiosité sur ce que je retiens au lieu de le juger.
- Speaker #1
Exactement. On parlait justement d'ambition. Comment est-ce qu'on peut remarquer ce qui est une ambition saine d'une ambition qui est déctée par une blessure ? Quelles sont un peu les...
- Speaker #0
Ça, c'est une bonne question.
- Speaker #1
Oui, mais parce que tu vois, quand tu me parles, c'est vrai que moi, je me sens assez... En tout cas, j'ai beaucoup travaillé sur moi et j'ai aussi eu beaucoup de blessures. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je suis en face de toi à interviewer. Mais souvent, parfois, on me dit, mais comment tu sais, comment tu ressens que c'est le bon moment ?
- Speaker #0
Alors, attends.
- Speaker #1
Ambition saine versus une ambition dictée par une blessure.
- Speaker #0
Quel est le problème d'une ambition dictée par une blessure ?
- Speaker #1
Ben voilà, tu viens de répondre. On a le droit d'avoir de l'ambition, même si c'est...
- Speaker #0
Moi, j'ai un avis, j'ai une opinion, mais ça ne veut pas dire que c'est... Là, tu parles pour toi, en fait. Non, il y a quelqu'un qui a envie de...
- Speaker #1
De manière générale, à chaque fois, mes questions.
- Speaker #0
Moi, je pense que les blessures poussent à une forme d'ambition. Là où, en revanche, j'aimais une opinion assez controversée, c'est que j'arrive à ressentir... Deux types d'énergie différentes chez les gens qui ont de l'ambition. Et j'appelle ça, et c'est juste moi, mon point de vue, je trouve qu'il y a l'ambition de la revanche et l'ambition de l'amour. Et j'arrive très facilement à percevoir quand les gens sont dans une ambition d'amour et d'autres dans une ambition de revanche. Je trouve que ça se sent très perceptible. Et là où ça fait une différence, et encore une fois ça n'est que mon point de vue, c'est que pour moi, il y a deux types de pouvoir. Il y a le pouvoir pour et le pouvoir sur. Et quand on est dans l'énergie de l'amour, on utilise son pouvoir pour les autres, pour transmettre de l'amour. Et quand on est dans l'énergie de la revanche, malheureusement, souvent, je trouve qu'on est dans un pouvoir sur les autres. On a une envie de les surpasser pour dire « Ah, tu vois ! » Et c'est là où j'aimais, voilà, où je suis un peu moins fan de la revanche, même si je trouve qu'elle a fait... Il y a des gens qui ont créé des choses incroyables grâce à cette énergie, donc il ne faut pas la renier. Mais je sais que moi, je fonctionne très mal avec ça. J'ai besoin d'énergie pour.
- Speaker #1
J'ai un point de vue là-dessus. Donc, si tu as une énergie de revanche, tu peux effectivement très bien réussir et être très heureux. Mais ça risque d'impacter les générations qui vont te précéder. Tu vois, tes enfants, tes petits-enfants. Parce que, comme tu le dis, il n'y a pas cette énergie d'amour. Et en fait, ça peut effectivement créer des générations qui sont moins épanouies dans l'abondance. Et donc, tu vois, c'est drôle parce que moi, je pense comme toi, mais je n'ai pas les mêmes mots. Et c'est vrai que souvent, la personne n'est plus là pour se rendre compte. Elle est en général là-haut, tu vois. Et ça se ressent beaucoup parce que c'est une énergie qui est agressive, qui est plus dans le jugement. Et moi, comme toi, je la ressens.
- Speaker #0
Je peux te donner deux exemples. Regarde, Trump-Obama. Qui a l'énergie sûre ? Qui a l'énergie de revanche ? Qui a l'énergie d'amour ? Qui a le pouvoir sur les autres ? Qui a le pouvoir pour les autres, d'après toi ? Qu'est-ce que tu ressens ? Je te donne deux exemples extrêmes, même si c'est beaucoup plus complexe.
- Speaker #1
C'est très amusant pour chacun d'entre eux,
- Speaker #0
mais je trouve qu'on arrive... Si je te donne une liste de noms, je suis sûre que tu es capable de me dire.
- Speaker #1
Moi, je suis comme toi, je ressens énormément ceux qui sont tournés vers l'amour. Et en même temps, tu as raison, je ne juge absolument pas ceux qui sont dans la revanche, parce qu'en même temps...
- Speaker #0
On peut tous y passer.
- Speaker #1
Exactement, on peut tous y passer, mais moi, c'est quelque chose qui ne m'attire pas. Je dis toujours que j'admire les gens quand ils ont un parcours... bienveillants et pas du tout dans le sens béni, oui, oui, et qui sont, tu vois, ouverts aux autres, c'est quelque chose qui m'attire. En fait, c'est la puissance de la lumière, tout simplement. Et j'en connais beaucoup, beaucoup à des postes incroyables, qui ont des parcours incroyables. Et ça me fascine. Et j'en vois d'autres, tu vois, dans ma carrière qui sont brillants, mais qui ne m'attirent pas du tout et qui ne m'apportent pas beaucoup de connaissances, en tout cas. Voilà, mais chacun son chemin de vie, en fait.
- Speaker #0
Ouais, je suis d'accord. Mais ce qui est important, c'est de te dire que si tu te reconnais dans l'énergie de la revanche, pose-toi juste une question. Ou plutôt, dis-toi juste une chose. Les gens ne se souviendront pas ce que tu as dit. Ils ne se souviendront pas ce que tu as fait. Ils se souviendront comment tu les as fait se sentir. Et quand tu es dans l'énergie de la revanche, d'après toi, comment ils se sentent les gens face à toi ?
- Speaker #1
Mal.
- Speaker #0
Quand tu as le pouvoir sûr, tu as raison très souvent. Quand tu as raison, les autres ont tort. Donc, Téla, tu peux partager des leçons, mais... quand c'est avec une position de supériorité, il se peut qu'il y ait des gens qui soient inspirés, parce qu'il y en a qui seront dans cette énergie-là, donc c'est pour ça que je dis qu'il en faut pour tout le monde, pour tous les goûts. Mais qu'est-ce qui va rester derrière ? Je te dis ça parce que moi, j'ai probablement eu des moments dans ma vie où j'étais dans l'énergie de la revanche et où je ne me rendais pas compte parce que j'avais quand même l'impression de transmettre quelque chose pour tous ces gens qui avaient envie d'une revanche. Mais la vérité, c'est que comment se sentent les gens quand tu transmets de cette façon-là, en fait ? Et c'est ça qui est intéressant. Donc rappelle-toi, les gens ne se souviendront pas ce que tu as dit, ils ne se souviendront pas ce que tu as fait, ils se souviendront comment tu les as fait se sentir.
- Speaker #1
Alors résultat, qu'est-ce que signifie pour toi réussir sa vie ? Alors tu viens un peu de le dire, tu pourrais répondre que les gens se souviennent de moi sur ce que j'aurais fait sentir, mais de manière un peu plus large que juste ce spectre-là des autres.
- Speaker #0
C'est marrant que tu me poses cette question parce que j'ai un pote qui m'avait éveillée là-dessus. Il y a quelques années, il m'avait dit, mais Ludivine, après quoi tu cours ? Et qu'est-ce que tu cherches ? Tu veux réussir ta vie ? Non, parce que si jamais c'est ça la question, vu tout ce que tu as fait, on peut dire que c'est déjà bon, c'est déjà fait. Et ça, ça m'avait vraiment percuté comme question, ça m'avait fait ralentir. Aujourd'hui, j'essaye, et je ne dis pas que j'y arrive tous les jours, mais j'essaye au maximum de réussir ma journée, en fait. Et ma question, c'est qu'est-ce qui va se passer aujourd'hui ? Qu'est-ce que j'aimerais vivre aujourd'hui comme sensation ? Voilà. Et si j'arrive à être vivante d'ici la fin de cette journée et d'avoir pris un max de plaisir tout en m'accomplissant de la façon dont j'en ai envie, eh ben, ce sera ça, réussir ma vie. Mais j'ai arrêté de courir après une forme de réussite absolue parce que je pense que c'est une erreur de penser aussi loin, sachant qu'on ne sait pas combien de temps on va vivre. Et Dieu sait que je me suis fait freiner par la vie qui m'a dit « Meuf, ça peut s'arrêter à tout moment, tu vois » . Et donc, du coup, maintenant, vraiment, j'essaye. Mais je ne dis pas que j'y... Enfin, ce n'est pas si simple. J'essaye au maximum de mettre de la réussite, entre guillemets. Ce n'est même pas le mot. C'est plus du bien-être, du bonheur, de la fluidité dans cette journée.
- Speaker #1
Moi, je te remercie parce que moi, j'ai réussi ma journée en t'intervivant. Merci. Et non, vraiment, c'est un cadeau. Et j'espère que ce sera aussi un cadeau pour tous ceux qui vont nous voir et vont nous écouter. Je pense que c'est vraiment... Enfin, moi, c'est bon. Il est 13 heures. I'm done for today. Et merci mille fois. Tu reviendras parce qu'il y a... tellement de sujets que je vais aborder avec toi. Et on le sait, il y a plein de choses qu'on va faire ensemble. Donc merci une fois pour tout ce que tu nous as raconté aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
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