- Speaker #0
Bienvenue dans l'épisode 4 de la mini-série autour de la confiance en soi lors de la fin de l'année. On parle de ce que décembre réveille vraiment, pas ce qu'on montre sur les photos, pas ce qu'on devrait ressentir, mais ce qui se joue à l'intérieur. Le regard des autres, la place qu'on prend, la place qu'on nous laisse surtout, et ce que ça fait à notre confiance.
- Speaker #1
Aujourd'hui, on va parler des repas de famille et d'un malentendu important.
- Speaker #0
Le problème, c'était pas forcément le fameux tonton raciste caricatural ou le conflit frontal. Ce qui fait le plus mal, le plus souvent, c'est le jugement ordinaire. Celui qui passe pour normal, celui qu'on minimise, mais qui pèse longtemps. Cet épisode est pour toutes les personnes qui se sont senties mal un jour durant un repas de famille.
- Speaker #1
Bienvenue dans le Confetti et Confiance Club. Moi, c'est Fanny,
- Speaker #0
coach et formatrice spécialisée en confiance en soi et en épanouissement professionnel. Depuis plusieurs années, j'aide celles et ceux qui se sentent perdus ou trop petits pour oser apprendre leur juste place.
- Speaker #1
Ici,
- Speaker #0
on parle d'audace, d'alignement et de petits pas concrets pour avancer sans se prendre la tête.
- Speaker #1
Parce que la confiance, ce n'est pas un don, c'est un chemin qu'on construit pas à pas. Alors, bienvenue au club, c'est parti !
- Speaker #0
Les repas de famille pendant les fêtes. En psychologie systémique, on voit que la famille, ce n'est pas seulement un lieu affectif, c'est avant tout un système relationnel, avec des rôles implicites et des attentes souvent silencieuses. Dans chaque famille, il y a celui ou celle qui réussit, celui ou celle qui est stable, le parent modèle, le pilier financier. et parfois celui ou celle qu'on regarde avec inquiétude, condescendance, voire même pitié. Et ces rôles-là, ils sont encore très souvent traversés par des normes patriarcales, la valeur associée au travail, à l'argent, à la stabilité financière, au couple, à la parentalité. Donc quand tu arrives à un repas de famille, tu n'arrives pas juste, tu arrives avec ton histoire, tu arrives dans un cadre où certaines vies sont plus valorisées que d'autres. Ce qui est douloureux, ce n'est pas qu'on ne soit pas d'accord avec toi. Parce que ça, ça arrive tout le temps dans la vie de tous les jours. Non, c'est le regard évaluatif permanent, c'est-à-dire le jugement. Ta vie est commentée, comparée, pesée. Par exemple...
- Speaker #2
Ah, tu fais toujours ça ?
- Speaker #1
C'est original comme métier.
- Speaker #2
Tu verras un jour, tu feras quelque chose d'épistable.
- Speaker #1
Tu n'as toujours personne dans ta vie ?
- Speaker #2
Ha ! T'es trop exigeante !
- Speaker #1
Tu devrais peut-être être plus ferme avec tes enfants. Tu les laisses vraiment tout faire.
- Speaker #0
Et dans les belles familles aussi, les...
- Speaker #3
Chez nous, on fait pas comme ça ! T'interprète, t'es trop sensible.
- Speaker #0
Ce ne sont pas des attaques directes, mais ce sont des remises en question déguisées. Qui est le plus exposé au jugement et pourquoi ? Le jugement familial ne tombe pas par hasard. Ils visent très souvent celles et ceux qui ne rentrent pas dans les rôles attendus. Les personnes séparées qui se retrouvent soudain reléguées à dormir dans le grenier ou sur le canapé du salon, comme si leur séparation les faisait perdre un statut. Les célibataires de longue durée qui restent le cas à part de la famille, objet de plaisanterie répétée même à 40 ou 50 ans. Les personnes sans enfants, dans des fêtes centrées presque exclusivement sur les enfants, donc sur les parents. avec ce sentiment d'être à côté, pas tout à fait concerné. Les personnes LGBTQIA+, pour qui les fêtes peuvent être un lieu menaçant. Silence gêné, sujet évité, plaisanterie lourde, dénigrement plus ou moins subtil, ou cette impression claire que leur vie dérange. Les personnes vivant avec des troubles psychiques, pour qui les fêtes augmentent l'anxiété, la fatigue, la vulnérabilité, et dont le retrait est ensuite interprété comme un manque d'effort. Et il y a aussi les personnes qui n'ont pas ou plus d'emploi, Ou les personnes précaires, celles qui sont au chômage, en reconversion, en transition professionnelle, avec la pression des questions.
- Speaker #3
Tu fais quoi en ce moment ?
- Speaker #2
Tu cherches ? Vraiment ?
- Speaker #3
T'as les pistes ?
- Speaker #0
Mais aussi une pression très concrète. L'argent, la difficulté à offrir des cadeaux, la gêne de ne pas pouvoir participer comme il faut, la honte parfois de ne pas être en capacité de donner. Dans une famille où la valeur est encore fortement liée au travail et à la réussite matérielle, ne pas avoir d'emploi. peut te placer, sans un mot, dans une position inférieure. Et ça, ça attaque directement ta confiance. Ce qui fait le plus mal pendant les fêtes n'est pas d'être différent, c'est d'être traité, comme si cette différence te rendait moins légitime. La psychologie d'attachement nous aide à comprendre ça. Les travaux de Bowlby et Ainsworth montrent que les liens familiaux activent des besoins très profonds. La sécurité, l'appartenance. Donc quand tu sens du jugement, ton système nerveux n'entend pas
- Speaker #1
« On critique mon choix » ,
- Speaker #0
il entend
- Speaker #1
« Suis-je en sécurité ici ?
- Speaker #0
Ai-je vraiment ma place ? » Et il faut le dire clairement, on n'est pas en sécurité dans toutes les familles. D'autres familles sont violentes, sont insécurisantes émotionnellement, par des jugements répétés, par la minimisation, par le non-respect des limites, par la pression à devoir encaisser et se taire. Préserver ta sécurité émotionnelle, c'est pas un caprice, c'est un besoin fondamental. Faites à cette insécurité, beaucoup adoptent les mêmes stratégies. Se taire pour garder le lien, expliquer pour éviter le conflit, minimiser pour ne pas déranger. Ce ne sont pas des faiblesses, ce sont des mécanismes de protection. Mais à long terme, ils coûtent cher à la confiance, parce que tu t'effaces. S'affirmer, ce n'est pas débattre, ce n'est pas se justifier, ce n'est pas expliquer toute sa vie, c'est changer de posture intérieure. Dire « oui, je suis comme ça » . C'est mon choix, je n'ai pas envie de parler de ça, non merci, je rentre. Des phrases simples, calmes, sans justification, ou même s'accorder la possibilité de ne pas fêter Noël avec des gens qui nous mettent en insécurité, ou le faire à sa manière, parce que s'affirmer, ce n'est pas être contre les autres, c'est être pour soi.
- Speaker #1
Et maintenant, le moment. oups de cet épisode.
- Speaker #0
Je repense à un repas de Noël précis. Un repas de Noël que j'ai fêté avec ma famille. Toute la soirée, tout le monde sortait fumer dehors. Encore, et encore, et encore. Si bien que, moi qui ne fume pas, je suis restée à table seule. Littéralement. Pendant des heures. Alors que tout le monde était dehors en train de fumer et moi j'attendais, Et ce que j'ai ressenti, c'est pas tellement de l'ennui, c'était un sentiment de rejet. Parce que je n'étais pas pareil, parce que je ne faisais pas comme eux, parce que je sentais que j'étais perçue comme ennuyeuse. Et ça m'a minée pendant des jours. Et depuis, j'ai compris que c'était pas à moi de changer, que j'avais le droit d'être qui je suis, que ne pas fumer ni boire ne faisait pas de moi quelqu'un de moins fun ou de pas sympa. et que j'avais le droit d'exprimer mes besoins. Mais comme toutes les familles ne sont pas en capacité d'entendre les besoins des uns et des autres, je te propose un défi de la semaine pour tous les moments où tu sens la pression monter. C'est un exercice de respiration. Quand tu sens que la cocotte minute se remplit, que tu vas exploser, que tu sens que tu n'as pas envie d'être là ou que tu te sens jugé ou mal, Tu peux utiliser cette respiration qui s'appelle la respiration carré. Alors c'est très simple, imagine un carré. Tu inspires par le nez pendant 4 secondes. Tu gardes l'air poumon plein pendant 4 secondes. Ensuite tu vas expirer lentement par la bouche comme si tu soufflais dans une paille pendant 4 secondes également. Et puis tu vas faire une pause poumon vide pendant 4 secondes. Tu peux répéter ça autant de fois que tu le souhaites. En réalité, avant de souffler très fort comme ça, c'est plutôt discret comme exercice. Et cette respiration, elle envoie un message très clair à ton système nerveux. Tout va bien, je suis en sécurité, je respire. Tu n'as rien à expliquer, tu n'as rien à prouver, juste à respirer et ça ira mieux demain. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si les repas de famille, les repas de fête sont un petit peu stressants pour toi, N'hésite pas à te rapprocher de professionnels si tu sens que tu en as besoin ou à prendre un petit pas de côté pour ton bien. Et si tu le souhaites, j'ai créé un guide de survie pour les fêtes. Tu peux le retrouver sur mon compte Instagram Fanny Wimmer dans lequel je partage plein d'exercices et de rappels pour passer des fêtes un petit peu meilleures même si tu stresses énormément. Et dans le prochain épisode, on va parler de bonne résolution. Et surtout, pourquoi après des fêtes où peut-être tu t'es sentie jugée, comparée ou mise sous pression, on a souvent envie de se corriger en janvier. On a envie de faire mieux, on a envie d'être différente, de changer vite. Et si cette année, les résolutions devenaient un acte de respect plutôt qu'une nouvelle exigence ? On en parlera la semaine prochaine. En attendant, je te souhaite une très belle semaine. Je te remercie pour ton écoute. Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à le partager ou à lui mettre 5 étoiles. Cela aide beaucoup le podcast à se faire connaître. A bientôt dans Confetti et Confiance Club !