Speaker #0Au moment où j'enregistre cet épisode, c'est la fin de l'année. Cette période un peu particulière où tout ralentit à l'extérieur, mais où à l'intérieur, les questions prennent beaucoup de place. Les bilans, les comparaisons, les repas de famille. Et cette phrase qui revient souvent, l'année prochaine, je vais tout changer. C'est le dernier épisode de la série sur la confiance en soi pour traverser la fin de l'année. Et aujourd'hui, j'aimerais qu'on parle des bonnes résolutions, mais surtout d'un énorme malentendu central. Et si le problème n'était pas que tu n'es pas assez motivé, mais que tu cherches à changer, là où il faudrait surtout te rapprocher de qui tu es vraiment. Bienvenue dans le Confetti et Confiance Club. Moi, c'est Fanny, coach et formatrice spécialisée en confiance en soi et en épanouissement professionnel. Depuis plusieurs années, j'aide celles et ceux qui se sentent perdus ou trop utiles pour oser apprendre leur juste place. Ici, on parle d'audace, d'alignement et de petits pas concrets pour avancer sans se prendre la tête. Parce que la confiance, ce n'est pas un don, c'est un chemin qu'on construit pas à pas. Alors, bienvenue au club, c'est parti ! Aujourd'hui, je vais évoquer le malentendu des résolutions de janvier. On nous vend souvent les bonnes résolutions, comme un nouveau départ, un reset, une meilleure version de soi. Mais dans la réalité, elles arrivent rarement dans un moment neutre. Elles arrivent après des bilans parfois un peu durs, des comparaisons sociales très présentes, surtout avec les réseaux sociaux, des jugements plus ou moins... explicite, une fatigue émotionnelle, physique accumulée. Et dans ce contexte-là, beaucoup de résolutions ressemblent à une tentative de correction. Je dois être plus disciplinée, je dois faire mieux, je dois changer. Ça, c'est pas un projet aligné, c'est une réaction à un malaise. En psychologie, on sait quelque chose d'important. Les changements durables ne tiennent pas quand ils sont basés sur la pression ou sur la culpabilité. Les travaux de Desi et Ryan en théorie de l'autodétermination montrent que la motivation est plus stable quand elle est reliée à des besoins psychologiques fondamentaux comme l'autonomie, le sentiment de compétence et le lien à soi et aux autres. Autrement dit, on ne tient pas une résolution prise pour se faire accepter, se rattraper, ou correspondre à une norme, on tient ce qui fait sens pour soi. On observe aussi que les résolutions prises après une période de stress ou de jugement sont rarement neutres. En plus, on a envie de fixer ses bonnes résolutions après une période de stress ou une période où on s'est senti jugé. Et les travaux de Roy Bonmeister sur l'autocontrôle montrent que quand on est déjà épuisé mentalement, on se fixe des objectifs encore plus rigides, histoire de se faire encore plus de mal. Et du coup, on les abandonne bien plus vite. Pas parce qu'on manque de volonté, mais parce qu'on essaye de se corriger au lieu de s'écouter. Et après des fêtes où on s'est senti peut-être comparé, évalué, remis en question, le réflexe devient « je dois devenir quelqu'un de mieux. Je dois devenir la meilleure version de moi-même. » Ah, la meilleure version de soi-même. Mon Dieu. Et si, au lieu de vouloir devenir... quelqu'un d'autre, on arrêtait de penser qu'on était quelqu'un à changer. J'aimerais te proposer un déplacement. Et si la vraie question n'était pas qu'est-ce que je dois changer chez moi pour passer une bonne année 2026, mais plutôt qui je suis vraiment et comment je peux me remettre au centre de ma vie. Parce que la confiance ne se construit pas en devenant quelqu'un d'autre. Ça se renforce quand on se rapproche de qui on est vraiment, quand on se rapproche de soi. Et c'est très proche de ce que montrent les travaux de Carl Rogers. Plus une personne agit en accord avec ses valeurs profondes, plus elle ressent de sécurité intérieure. Et cette sécurité, eh bien, c'est la base de la confiance. Il y a un paradoxe important. Plus tu cherches à devenir quelqu'un d'autre, moins tu es confiante. Parce que le message intérieur devient « je ne suis pas suffisante telle que je suis » . Pourtant, la confiance en soi ne se construit pas en se corrigeant en permanence, mais en se sentant cohérent. Les recherches sur l'estime de soi contingente montrent que lorsque ta valeur dépend de ta performance, de ta productivité ou du regard des autres, elle devient instable et très vulnérable au stress. Et c'est exactement ce qui se rejoue sur cette fin d'année. Alors, si la vraie question n'est pas de changer, comment se rapprocher de qui on est concrètement ? Dans les épisodes précédents, on a beaucoup parlé du regard des autres, du jugement. de la suradaptation. La continuité logique, c'est qu'à force de s'adapter, de répondre aux attentes, de faire comme il faut, on peut finir par s'éloigner doucement de soi. Alors, comment se rapprocher de qui on est ? Eh bien, ce n'est pas tout s'inventer, c'est souvent faire le tri. Et c'est là que mon outil chouchou, l'ikigae, peut être un outil précieux. L'ikigae, c'est une philosophie de vie japonaise dont l'objectif est de se rapprocher de la vie qui vaut la peine d'être vécue, c'est-à-dire la vie qui est la meilleure pour nous, la direction qui est la plus intéressante pour se rapprocher de qui on est véritablement. Faire un bilan avec l'équigaille, ce n'est pas chercher un grand projet ou une révélation spectaculaire, c'est revenir à des questions simples mais puissantes. Comme par exemple, qu'est-ce qui t'a donné vraiment de l'énergie cette année ? Quand est-ce que tu t'es sentie à ta place ? Quelles compétences ou qualités t'ont été utiles, même dans des périodes difficiles ? Qu'est-ce qui a du sens pour toi aujourd'hui, vraiment ? Par exemple, tu te rends compte que tu as dit oui à trop de choses, au détriment de ton énergie ou de ce que tu aimes faire ? Ou que tu as mis de côté une activité qui te faisait du bien dans le temps, mais qui n'est devenue non prioritaire ? Ou que tu t'es peut-être un peu trop adapté au regard des autres, au point de ne plus trop savoir ce que tu voulais vraiment ? Se rapprocher de soi, c'est oser. remettre au centre. Un rythme plus juste, des relations plus respectueuses, des choix plus alignés et des limites plus claires. Et ça, ce n'est pas une résolution de plus, c'est un réajustement identitaire. Devenir plus confiante, ce n'est pas devenir quelqu'un de nouveau, c'est retirer ce qui t'éloigne de toi comme des couches et remettre de la cohérence entre ce que tu fais, ce que tu ressens et ce qui a du sens pour toi. Si t'as envie d'aller plus loin sur ce sujet, Je te partage en ressource de cet épisode un outil de bilan Ikigai pour t'aider à faire ce point calmement, sans pression et surtout sans chercher à changer, juste à te retrouver. Pendant longtemps, mes résolutions ressemblaient aussi à des listes de correction. Je voulais être plus organisée, plus efficace, plus cadrée. Et chaque année, j'avais l'impression de courir après une version de moi qui n'existe pas vraiment. Ma confiance est revenue. Le jour où j'ai arrêté de me demander comment me transformer, et j'ai commencé à me demander plutôt comment aller vers une vie qui me permet d'être vraiment moi. Alors j'aimerais vraiment que tu retiennes de cet épisode, que tu ne dois pas chercher à changer. Tu dois chercher à devenir encore plus toi. Plus toi dans tes choix, dans ton rythme, dans tes besoins, et puis dans tes limites. La nouvelle année arrive souvent avec une forme de pression silencieuse, comme s'il fallait repartir vite. avec un plan, un cap, une version claire de soi. Mais en réalité, le passage d'une année à l'autre n'est pas toujours un nouvel élan. C'est parfois juste une traversée. Et c'est important de le dire, parce qu'on n'entre pas tous et toutes dans une nouvelle année avec de l'énergie, de la certitude et de la motivation. Certaines personnes arrivent fatiguées, d'autres arrivent encore en train de digérer ce qu'elles ont vécu. Certaines sont en transition, en flou, en reconstruction. Et c'est OK. La nouvelle année n'a pas besoin d'être un redémarrage brutal, mais peut-être un espace d'ajustement, un temps pour ralentir un peu la question du faire et revenir à celle du « qui je suis » , « comment je me sens » avant de décider où tu vas. Peut-être que la vraie question est « dans quel état intérieur j'ai envie d'entrer dans cette nouvelle année ? » Pas pour réussir plus, mais pour te respecter davantage. Et c'est exactement dans cet esprit que je te propose notre défi de la semaine. Créer un tableau de visualisation pour l'année à venir. Alors, pas un tableau d'objectif, pas un tableau de réussite. Un tableau de visualisation qui répond à cette question. Comment j'ai envie de me sentir en étant pleinement moi cette année ? Pour ça, tu peux soit prendre une feuille, soit utiliser un outil numérique. Et puis, y mettre des émotions, des ambiances, des mots. des images, des inspirations, des valeurs. Bref, tout ce qui est important pour toi, tout ce dont tu as envie pour toi. dans cette nouvelle année. Ce vision board ou tableau de visualisation n'est pas une promesse de changement, ça rappelle de qui tu es et de ce que tu souhaites. Si tu termines cette mini-série avec encore des doutes, c'est normal. La confiance, c'est pas un état figé, c'est un processus vivant. Et rappelle-toi, tu n'as rien à devenir de plus, tu as juste à revenir à toi. Merci d'avoir traversé cette fin d'année avec moi. Merci pour ton écoute. Si ces épisodes t'ont aidé, abonne-toi au podcast. Il y aura plein de nouveaux épisodes en 2026, avec et sans interview. N'hésite pas à mettre 5 étoiles sur ta plateforme d'écoute préférée. Cela permet au podcast de se faire découvrir encore plus et d'aider encore plus de gens. Alors merci pour tout ce que nous avons partagé cette année et à bientôt dans Confetti et Confiance Club. Sous