- Speaker #0
Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible, disait Saint-Exupéry. Bienvenue sur mon podcast Connecting Leaders, le podcast business orienté futur du travail et futur DRH. Pour cette saison, j'ai envie de plonger dans un sujet qui touche à la fois l'humain et le business, le retour au travail après un congé maternité. Parce que ce moment de transition est décisif, aussi bien pour les talents que pour les entreprises. Et c'est un enjeu clé à la croise du business. du leadership et de la société. Et bien sûr, on continuera ensemble à parler de leadership, de culture et de culture du travail, toujours avec ce mantra, le fameux « Less is more, moins de bruit, plus d'impact » . Vous pouvez soutenir le podcast en mettant 5 étoiles et en laissant un commentaire sur Spotify, Apple Podcasts et toutes les autres plateformes d'écoute. Merci et belle écoute ! Il y a des conversations qu'on aurait aimé entendre plus tôt. Celle-ci en fait partie. Aujourd'hui, on parle du congé maternité quand on est dirigeante. Pas des règles, pas des injonctions, mais du vécu réel. La solitude, la fatigue, le retour au travail et ce moment où le corps et la tête disent stop. Pour en parler, je reçois Vera Kempf, cofondatrice de la startup Singulart, maman et entrepreneur. Elle raconte ce qu'elle n'avait pas anticipé, ce qu'elle referait différemment et pourquoi demander de l'aide est devenu pour elle un acte de leadership. Un épisode sincère, nécessaire et profondément humain. Merci Vera et belle écoute. Hello Vera, je suis ravie de t'accueillir sur mon podcast Connecting Leaders.
- Speaker #1
Merci Simone, de même ravie de partager cette expérience.
- Speaker #0
On se croise sur différentes communautés, startups, etc. Je suis très heureuse d'accueillir une dirigeante, une cofondatrice d'ailleurs. Est-ce que tu peux peut-être commencer par te présenter ?
- Speaker #1
Je m'appelle Vera Kempf, j'ai 36 ans. J'ai été formée à Sciences Po. mais je suis tombée dans le bain de l'entrepreneuriat à la sortie de mes études. Et donc depuis, je suis entrepreneur dans la tech et j'ai notamment cofondé Singular Art fin 2016, donc à 26 ans, qui est donc une galerie d'art en ligne. Il y a aussi toute une suite d'outils et de services pour accompagner les artistes. Et notre spécificité, c'est de les accompagner à l'international. Et depuis mars l'année dernière, Donc, 8-9 mois. Je suis sortie de l'opérationnel donc je continue d'accompagner Singular en représentant la marque et en accompagnant les artistes notamment via un podcast et j'accompagne d'autres entrepreneurs en tant que board member et senior advisor en attendant de réfléchir au prochain chapitre professionnel qui sera le mien.
- Speaker #0
Et Passion Eda ?
- Speaker #1
L'art est très important dans ma vie depuis très longtemps mon père enseignait l'histoire des Etats-Unis à travers l'histoire de la photographie donc chez moi il y avait de... plein de bouquins de photos. Et très jeune, j'ai développé une grande passion pour le photojournalisme, et en particulier le travail de Robert Capa. Et c'est ce qui me pense au moment où j'ai rencontré un de mes associés, Denis Fayol, et qu'on cherchait un projet qui allait me permettre de me lever tous les matins pendant dix ans avec l'énergie et l'envie. On a commencé à regarder le marché de l'art parce que j'étais assez sensible aux problématiques rencontrées par les artistes.
- Speaker #0
On va parler de maternité notamment. d'autres sujets également dans cet épisode, mais de maternité. À quel moment arrive la maternité dans ta vie de dirigeante ?
- Speaker #1
Alors la maternité, ma fille va avoir 5 ans, donc elle est arrivée en 2021, et pour Singular, c'était entre la série A et la série B, située en termes... Bon, on ne savait pas qu'il y aurait une série B quand j'ai mis en place le projet bébé, mais... Pour moi, c'est une réflexion beaucoup plus longue. Et je pense que ça, beaucoup de femmes ont ça en tête, de se dire qu'à quel moment elles vont pouvoir faire un projet bébé. J'avais été assez frappée au tout début, quand j'ai commencé ma première boîte. J'avais lu le livre de Sheryl Sandberg, Lean In, et son TED Talk qui est hyper inspirant. Et elle raconte qu'elle avait été marquée. par une de ses salariés, qui prenait des décisions à 23-24 ans en anticipant qu'un jour elle serait maman, alors même qu'elle n'avait pas encore rencontré le père de ses enfants. Et je pense que malgré moi, malgré tout ce que j'ai essayé de travailler en termes de croyances, je pense que forcément j'avais en tête, parce que je savais que je voulais un enfant, parce que j'ai eu la chance de rencontrer la bonne personne aussi, le père de ma fille. J'ai été avec lui depuis très longtemps et il était déjà dans ma vie au moment où j'ai... J'ai commencé Singular, je le savais que je voulais un enfant et qu'il fallait que j'organise aussi ma vie pro pour ça. Et donc, j'ai complètement organisé le moment où j'ai commencé le projet bébé. C'était donc un moment où je me suis dit, ça y est, la boîte va pouvoir se passer de moi. Parce qu'après la série A, l'objectif, c'était quand même de déléguer, c'était de recruter des managers. Et je me suis dit, voilà. Exactement. Donc, voilà, 3 mois, 100 mois, ça va le faire. Je vais pouvoir prendre un congé mat. Mais concrètement, ça s'est organisé autour de ça. C'est-à-dire que je me suis dit, je mettrai en place un projet bébé quand je pourrais prendre un congé maternité. Et peut-être que j'aurais dû réfléchir un peu plus. Mais en tout cas, c'était ça mon objectif. Et donc, à partir du moment où j'ai entrevu que c'était possible, j'y suis allée.
- Speaker #0
Pour moi, avoir travaillé un certain nombre d'années en start-up, scale-up, Le rythme est très, très... C'est un environnement qui est quand même intense. Donc toi, dirigeante, cofondatrice, avec des levées de fonds, ça veut dire rendre des comptes à ton board, à tes investisseurs. Est-ce qu'il y a des moments où tu t'es dit « Non, mais je ne suis pas de merde dans cet environnement ? »
- Speaker #1
Encore une fois, comme je pense que j'avais beaucoup anticipé cette question, aussi pour des raisons personnelles, puisque j'ai de l'endométriose et qu'on me l'a découvert très tôt, à 21 ans, et qu'à l'époque, on n'en parlait pas beaucoup. et qu'à 21 ans, on m'a dit qu'un des super trucs pour guérir, c'est de tomber enceinte. J'étais là, super, ce n'est pas trop le plan là. Je n'avais même pas fini mes études. Je n'avais pas du tout envie de commencer par avoir un enfant avant de commencer ma carrière. Donc, en fait, je savais que mon parcours risquait d'être un petit peu plus compliqué, qu'idéalement, il fallait que je l'aie autour de 30 ans pour pouvoir ensuite, si ça ne venait pas naturellement, partir sur un parcours PMA, FIV, etc. ce que je n'avais pas trop envie de faire. Encore une fois, comme j'avais rencontré la bonne personne, à un moment donné, on a eu la discussion, je n'avais pas envie d'attendre d'avoir 34-35 ans, ce qui est aujourd'hui plutôt l'âge à laquelle les femmes avec des responsabilités commencent à penser au premier bébé. J'ai fait ça plus tôt parce que, encore une fois, je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour que ce soit facile et naturel. Mais effectivement, j'avais anticipé cette question et je le pense aussi pour cette raison. fait tout pour m'entourer. d'un board féminin. Donc, j'ai vraiment tout fait pour avoir des femmes business angels dès le début. Et ensuite, on a eu la chance en série A d'avoir notre lead investor qui soit une femme. Donc, en fait, j'avais un board qui était paritaire, mais même majoritairement féminin. Donc, j'étais complètement détendue sur la question d'annoncer à mon board que j'allais être enceinte. Et en plus, c'était très drôle parce que ma lead investor avait exactement le même terme que moi. pour elle son deuxième enfant. Mais on était hyper synchro. Et après, dans mes équipes, pour le coup, j'avais beaucoup de femmes. Donc, je ne me sentais pas en minorité. Je n'allais pas être regardée comme un objet bizarre d'observation pendant ma grossesse. Ça ne me faisait pas spécialement peur.
- Speaker #0
Et quand tu l'as annoncé, comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
C'était un moment un peu étrange parce que c'était le Covid. C'était le deuxième confinement. Merci. Au contraire, je me souviens que je l'ai annoncé à mon associé quand je l'ai vu pour un entretien. Je me souviens, c'était un entretien de notre CFO et je me suis dit qu'il faut que je lui annonce maintenant. Et après, je l'ai annoncé aux équipes alors même qu'on était en deuxième confinement parce qu'ensuite, on allait enregistrer une vidéo, etc. Et là, je me suis dit qu'ils vont le voir. Donc, trop bizarre s'il l'a appris à mon voyant. Donc,
- Speaker #0
je l'ai annoncé à quelques mois après. Ça se voyait bien, je peux dire.
- Speaker #1
J'étais à 5 mois ou quelque chose comme ça. Du coup, j'ai annoncé aux équipes à ce moment-là. Ça s'est hyper bien passé. Les gens étaient hyper cool. Encore une fois, je crois que j'étais le premier congé, peut-être le deuxième congé mat dans la boîte. Les gens étaient plutôt jeunes.
- Speaker #0
Il n'y avait pas de projet de bébé, vraiment ? Non.
- Speaker #1
Je pense que personne ne se projetait trop sur ce que ça allait représenter.
- Speaker #0
Est-ce que tu as pris un congé maternité, du coup ?
- Speaker #1
Donc oui, puisque moi, j'avais organisé les choses pour pouvoir prendre un congé mat, n'est-ce pas ? Et c'était non négociable. Donc oui, j'ai pris trois mois. Ma fille était née en mai. Une fois, moi, j'ai eu une césarienne programmée et j'étais ravie parce que c'est tellement plus pratique d'organiser un congé mat quand on a une césarienne programmée, n'est-ce pas ? Donc du coup, j'ai pris mon congé mat, mais officiellement. C'est-à-dire que pour les équipes, effectivement, je n'étais pas présente. Après, on faisait des... points avec ma RH et avec mon associé pour me tenir un petit peu au courant. Mais dans les faits, j'ai accompagné la création d'un nouveau projet dans notre boîte. On a validé avec le board en juillet, donc un mois et demi, deux mois que j'étais en congé mat, la création d'un site pour les artistes non professionnels, les artistes amateurs. Donc ça s'appelait Balthasar. Et il n'y avait rien, donc c'était juste une personne de l'équipe qu'on allait mettre sur le projet.
- Speaker #0
Tu y as pensé déjà avant ? C'est un projet qui...
- Speaker #1
Oui et non. C'est-à-dire que oui, il était dans les cartons. On y avait réfléchi, mais on avait vraiment mis des gens de notre équipe dessus pour faire la présentation, pour faire l'étude de marché. Moi, j'avais juste revu les trucs. En revanche, dans la présentation au board... et la réflexion avec mes associés, on s'était dit qu'une des garanties qu'on va donner aux boards pour qu'ils acceptent, c'est que ça ne prenne pas de temps au cofondateur autre que le coaching des personnes et autre qu'un cofond qui accompagne le lancement. Comme on allait faire un copycat de manière technique et marketing, on allait faire un copycat de Singular, c'était plutôt des enjeux de branding, de communication, de positionnement, de prix, donc c'était plutôt ma partie qui était concernée. Et donc c'est ça qui a fait que Dès lors que le board a validé en juillet, il a fallu se mettre en ordre de marche pour que le site sorte en novembre, fin octobre. Donc moi, j'ai passé une bonne partie de mon été à coacher la personne, la jeune femme qu'on avait mise comme leader du projet. C'était grisant parce que moi, j'adore ce genre de moment, enfin ce début de projet. C'est vraiment une des parties que j'adore. Donc, je ne me rendais pas compte que je travaillais puisque quand on travaille sur un truc qu'on kiffe, on ne s'en rend pas compte. Mais en réalité, il y avait toujours ça dans ma tête. J'avais des calls qu'il fallait que j'organise. Même si on me laissait beaucoup de flexibilité, je disais, je préfère pas, je vous appellerai quand elle dormira, etc. Mine de rien, c'était quand même une heure ou une demi-heure prise sur un temps où j'aurais pu me reposer. Et j'ai pas laissé mon cerveau se reposer. Donc c'était grisant. Ça m'a permis de revenir avec ce projet-là qui était super chouette. Très concrètement, je me suis pas reposée autant que j'aurais pu. t'arrives à gérer la fatigue la fatigue clairement c'est je pense trop difficile en fait on fait croire que tu prends ton congé mat et puis voilà c'est bon mais en réalité ce qui est dur c'est le retour, c'est la fatigue qui s'accumule pendant et puis les sacrifices que tu fais cette crise identitaire que tu vis et des changements identitaires les sacrifices que tu fais aussi sur ta vie sociale, ta vie perso qui in fine il faut tenir Je dirais que c'est plus deux ans, deux ans, deux ans et demi qui sont durs après la naissance. Que c'est trois mois. Sur les trois mois, oui, je pense que je me suis relativement reposée. En revanche, c'est la suite qui a été plus compliquée.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des choses qui t'ont pesé pendant ton congé mat ?
- Speaker #1
Moi, j'ai détesté la solitude et le fait d'être seule avec mon bébé.
- Speaker #0
J'imagine,
- Speaker #1
c'est ça. Son père a repris le boulot. Mais voilà, j'étais... Les minutes ! passait tellement lentement. C'était horrible.
- Speaker #0
J'ai pas vu l'environnement startup où c'est hyper vite. Et là, la maternité, la naissance, le nouveau-né, le nouveau-né.
- Speaker #1
Ouais, et puis, je pense que j'avais pas forcément... Ma grossesse, c'était super bien passé. Donc, j'ai eu une césarienne programmée et donc là, le bébé est arrivé. Donc, moi, voilà, tout allait bien se passer. Et puis, en fait, j'avais pas anticipé ni la fatigue ni à quel point cet enfant allait à fond. 100 de mois pour survivre, pendant 3 mois en tout cas, juste le fameux 4ème trimestre de grossesse et ça je pense que j'ai appris en marchant, mais que oui c'est la solitude je pense qui m'a le plus pesée en plus c'était assez étrange parce que elle est née pile au moment où les restaurants ont réouvert après la période Covid, donc en fait tout le monde était dans une espèce d'euphorie de on va sortir on sort, on profite de la vie, et moi j'étais là avec mon bébé qui arrêtait pas de pleurer donc c'était c'est assez compliqué. Mais voilà, c'est un apprentissage nécessaire, je pense. Mais je pense que en tant qu'entrepreneur, ma personnalité, j'aurais pu prédire que d'avoir un petit être complètement dépendant de moi, ça n'allait pas forcément me rendre très heureuse. Et j'ai fait le choix de l'allaitement qui, en plus, rajoute des contraintes qui fait qu'on ne peut absolument pas s'accorder, ne serait-ce que deux heures parce que, pour moi, elle ne dormait pas. Donc, je n'étais pas en mode je vais tirer mon lait pour pouvoir sortir. Et ça, je pense que j'aurais pu l'anticiper et savoir que ça allait être dur d'être à la merci d'un petit être. C'est un gros changement quand même. Donc moi, l'arrivée de la nounou, ça a été un gros soulagement. Et en plus, elle était incroyable et ça a été un vrai soutien. Et à partir de ce moment-là, ça y est, je me suis dit, c'est pas fini, ça a été long, mais je ne suis plus tout seule responsable de mon bébé.
- Speaker #0
Et du coup, le retour au travail, avec la petite gardée, on va dire.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vous êtes allée au bureau tout de suite, vous avez eu, quand ça a déconfiné, comment vous êtes ? Oui,
- Speaker #1
oui, alors nous, on était, oui, oui, puis là, c'était septembre 2021. Donc nous, on avait levé en 2020 notre série A. Et quand je suis revenue de congé mat, en fait, on est partie en levée de fonds. On a eu un moment où on s'est dit que de toute façon, l'adaptation et le fait que je devais passer beaucoup de temps sur la levée, ça ne servait à rien que je reprenne mes équipes. Pendant 3-4 semaines, mes équipes se sont débrouillées avec l'organisation qu'on avait mis en place pendant mon congé maths. Donc moi, j'ai passé mon temps à faire l'adaptation et à aller pitcher les fonds. Et c'était un peu loufoque parce que je raconte souvent cette anecdote, mais je n'avais rien à me mettre. J'avais pris 20 kilos, donc il m'en restait 12-13. Et puis en plus, c'était l'automne, on a commencé en robe d'été, puis on a fini en pantalon. Donc bref. Et comme je pitchais des fonds différents, j'avais vraiment trois tenues. Et j'avais marqué chaque jour quelle tenue j'avais pour ne pas remettre la même tenue si on avait un deuxième rendez-vous avec ce même fond. C'était un délire. Parce que je n'avais absolument pas envie de dépenser de l'argent pour ces vêtements que je n'allais pas remettre. On est tous d'accord. On pense ça pendant longtemps, mais en fait, je les ai quand même gardés pendant quasiment huit mois,
- Speaker #0
ces vêtements-là. que j'aurais pu investir un peu plus.
- Speaker #1
Mais bon, en tout état de cause, je suis rentrée pour lever des fonds et mon associé partait en congé PAT deux mois après. Donc, en fait, j'ai enchaîné sur... Pendant un mois, j'ai repris la boîte et c'était un moment assez particulier en plus parce qu'il y a une de ces N-1, donc une de nos C-Level, on n'appelait pas ça les C-Level à l'époque, mais une des personnes structurantes de la boîte qui a démissionné, qui m'a annoncé sa démission pendant le congé PAT de mon associé. Donc voilà. C'était rock'n'roll. Et ensuite, on est partis sur une phase d'hypercroissance où on a beaucoup recruté. Et moi, je n'ai pas pris de vacances pendant un an. En fait, je ne sais pas comment j'ai fait ça. Mais de septembre à août, je n'ai pas pris de vacances. Donc, clairement, j'étais sur les rotules.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a été le plus dur pour toi au moment de la reprise ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est à la reprise que ça a été le plus compliqué. C'est un petit peu... C'est vraiment plus tard. Moi, j'ai eu un moment où... Je trouve la difficulté, ça a été de changer d'identité personnelle, en train de se devenir maman, à un moment où je pense que j'ai vécu le plus grand changement identitaire professionnel. Parce que quand on a levé une série B, je pense qu'on est vraiment passé dans une autre cour, on est vraiment passé dans une autre stature, on était plus profondateur, on était dirigeant. Et en fait, je l'ai assez mal vécu cette phase-là parce que je ne sais pas si j'étais prête, je ne sais pas si j'ai aimé, je ne sais pas si ça me correspond. J'ai toujours cette question-là. Mais la perte de proximité avec les équipes, en tout cas, a été assez dure à vivre pour moi. Donc oui, on était sur un mode où on a eu notre premier CSE. Oula, en plus, j'avais des gens assez vains. indicatifs et donc ils nous ont agressés. J'avais l'impression qu'il y avait écrit patronne sur mon son. C'était un changement identitaire assez compliqué à vivre. Au bout d'un moment, j'ai regardé mon agenda. Je pense que c'était au bout de 10 mois, 11 mois. Je me suis dit je ne kiffe pas trop ce que je fais tous les jours. Ça a été un peu dur à accepter mais je me suis dit ce nouveau rôle en tant que dirigeant ne m'épanouit pas trop. Et je pense que ça, c'est un des trucs importants après la maternité, c'est que je n'accepte plus ça, en fait. Je n'accepte plus que mes journées ne m'intéressent pas. Pour supporter la fatigue, pour avoir de l'énergie à la fin de la journée, pour pouvoir lire les histoires, donner le bain et tout, j'ai besoin que ma journée me donne de l'énergie. Et ça, je m'en suis rendue compte au bout de 10-11 mois. Donc, on a réorganisé un petit peu les rôles. Mais voilà, je pense que c'était ça le plus dur. c'était de Comme j'étais très accaparée par mon changement identitaire perso, qui avait plein de choses à gérer à la maison, je pense que je n'ai pas pris la mesure, ou alors assez tard, de ce changement pro qui était en train de se passer.
- Speaker #0
Est-ce que tu as demandé de l'aide ? Aussi bien coaching pro, etc., qu'à la maison, justement. Est-ce que c'est des choses...
- Speaker #1
Sur le coaching, oui. En fait, quand je suis partie en congé mat, j'avais cherché des coachs pour coacher mes managers pendant mon congé mat. Donc, j'avais fait une petite étude et j'étais tombée sur Mounia RK, que j'aime beaucoup. Donc, en fait, je lui ai envoyé un message en août en mode, je vais reprendre, est-ce que tu peux me coacher ? Et elle m'a coachée pendant quasiment un an. Donc, c'était assez structurant pour la période de levée de fonds.
- Speaker #0
Avec l'habitude explicite.
- Speaker #1
Exactement. Donc, en fait, je pense que sur ce changement professionnel, en tout cas, même si moi, je le vivais mal. Je pense qu'en externe, ou en tout cas, j'ai totalement pris le rôle. Mais je pense qu'elle ne pouvait pas m'accompagner sur... sur la partie perso, forcément. Même si c'est toujours tout lié, mais on n'est pas rentrés là-dedans à fond. Et après, l'aide à la maison, elle m'a un peu aidée à réfléchir à comment je pouvais me reposer, que j'étais le meilleur asset de ma boîte, qu'il fallait que je sois en forme. On en a beaucoup parlé. Mais vu mon environnement familial, l'environnement dans lequel j'ai grandi, j'ai mis beaucoup de temps avant d'augmenter les heures de ma nounou. Parce que j'avais fait le choix dès le début. de prendre une nounou. J'avais parlé avec pas mal d'entrepreneurs, j'avais discuté et je m'étais bien rendu compte que pour un entrepreneur, c'est quand même beaucoup plus simple d'avoir une nounou. C'est plus flexible. Tu peux enchaîner sur un babysitting, tu peux lui demander de t'aider pour gérer un peu la maison. Donc voilà, ça c'était clair. Mais demander de l'aide le week-end ou prendre des soirées juste pour me reposer, ça pour le coup... je ne l'ai pas fait. En fait, je n'ai pas passé le cap de... En fait, je prenais de l'aide quand, de manière structurelle, ni moi, ni mon conjoint ne pouvaient être à la maison. Mais par contre, prendre de l'aide pour se reposer, ça, je ne l'ai pas fait. Pas assez ou trop tard. Et ça, je pense que c'est un gros learning. Mais ça prend du temps. Il fallait que je déconstruise des croyances de la manière dont j'ai été éduquée, comprendre et avoir des discussions avec mes parents sur le fait que ma vie ne ressemblait pas à la leur et que...
- Speaker #0
Merci. Oui, ce n'est pas le même contexte, ce n'est pas la même époque.
- Speaker #1
Pas la même époque, pas la même ville, pas la même vie, pas les mêmes responsabilités. Donc, il a fallu que je déconstruise tout ça, aussi chez mon conjoint, avant de me dire, OK,
- Speaker #0
en fait,
- Speaker #1
ce qui est important, c'est la qualité du temps que tu passes avec elle, l'énergie que tu as quand tu es avec elle. Et c'est totalement OK de prendre quelqu'un juste pour...
- Speaker #0
Construire l'écosystème dans lequel tu veux évoluer.
- Speaker #1
et le fait est c'est que quand j'ai craqué parce que on pourra en parler mais donc j'ai enfin acté que je faisais une dépression postpartum et que ça allait me prendre un peu de temps là pour le coup ma nounou elle a été incroyable et elle m'a dit mais il n'y a pas de soucis parce que moi j'avais honte en fait de lui dire mais vous travaillez déjà 10 heures par jour c'est énorme enfin moi ça me paraissait énorme et elle me dit non mais il n'y a pas de soucis je vais m'occuper d'elle vous inquiétez pas elle a été super Donc ça, ça a été une... Ouais, ouais. Et je me suis rendue compte, mais t'aurais dû le faire avant. C'est quelque chose d'ailleurs que j'ai complètement plébiscité et expliqué et dit à mes amis en Suisse qui sont tombés enceintes et notamment des entrepreneurs. Je leur ai dit deux choses. Je leur ai dit déjà, prenez de l'aide pendant votre congé mat. Parce qu'en fait, je pense que ça, ça m'aurait tellement aidé à me reposer. Clairement, quelques heures par jour. Quand on n'a pas sa famille à proximité, on ne peut pas déléguer quelques heures. En fait, moi, ma mère, elle arrivait et elle était là 24-24. pendant 7 jours et c'était horrible enfin je dirais c'était pas très reposant bon c'était psychologiquement ça aidait mais en fait bon j'étais quand même avec quelqu'un dans les pattes dans l'espace aussi pour le faire dans l'espace on n'avait pas un grand appart donc voilà et par contre ouais je vois que ça ça m'aurait beaucoup aidé quelques heures par jour de pouvoir me reposer et confier à un professionnel donc ça et ensuite effectivement de pouvoir s'accorder du temps de pouvoir non on a commencé à le mettre en place au bout de Merci. je ne sais pas, un an, mais des week-ends de temps en temps, juste tous les deux, c'est tellement important pour se retrouver, ne plus être juste des parents et être un peu loin du quotidien. Ça, je pense que c'est assez clé. Et puis, s'accorder du temps, oui, le week-end pour se reposer. Donc ça, c'est vraiment mon gros learning.
- Speaker #0
Donc tout à l'heure, tu as évoqué ta dépression postpartum et qui est arrivée plus tard. Tu peux nous raconter ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors encore une fois, je pense que comme beaucoup de parents, moi j'ai vécu ce moment où en fait c'était plus reposant d'aller au travail que d'être à la maison. Et que du coup, avec tout ce qui se passait, l'adrénaline de lever des fonds, recruter, etc. Encore une fois, pendant un an, je ne me suis pas posé trop de questions. Et puis ensuite, j'ai essayé d'aménager. Une fois que j'ai pris conscience que je faisais au travail, ma première réaction quand je me suis dit « je ne vais pas bien » , C'est dit ! Je ne fais pas bien parce que je ne kiffe pas mes journées au travail. Donc, j'avais la chance, en tant que fondatrice, de pouvoir le dire et de pouvoir discuter avec mes associés et de pouvoir dire en fonction des enjeux de la boîte. À ce moment-là, ça marchait bien de repartir sur des projets plus opérationnels et plus de création ou d'accompagnement de lancement de projet. Et là, j'ai retrouvé un peu d'élan parce que déjà, j'aimais plus mes journées. Mais il y avait un truc qui ne passait pas, qui continuait à être latent. Et moi, c'est clairement le décès d'une amie proche qui m'a fait craquer. Parce que souvent, c'est des éléments externes. Et je me suis dit, là, en fait... Là, c'est trop. Le bol est plein. Je ne vais pas pouvoir prendre ce choc-là en plus de tout ce que j'ai encaissé depuis deux ans, plus la fatigue. C'est pile au moment où ça devient plus simple avec un enfant, normalement, au bout de deux ans, que j'ai craqué. Là, je suis allée voir une thérapeute et que j'ai pris des entrées de dépresseurs. C'est ce qu'il fallait faire. Mais il aurait fallu le faire avant, je pense. J'ai peut-être eu ce truc où, parce que tu es dirigeante, Je t'aime. te poses pas la question, enfin il faut que tu tiennes quoi,
- Speaker #0
il faut que tu tiennes,
- Speaker #1
peu importe c'est pas une question puis les autres ils ont besoin de toi, la boîte elle a besoin de toi voilà je m'étais aussi dit j'ai de la chance parce que j'ai pu repenser mon job enfin voilà j'étais presque en mode gratitude en me disant bah j'ai mes problèmes je sais pas si je culpabilisais parce que du coup je me suis pas du tout arrêtée enfin je pense que personne a vu que ah ouais je pense que personne a vu avant, après Tchooo ! je pense que personne n'a vu ah non je me suis pas arrêtée ah non non c'est vraiment je pense qu'il y a eu un moment parce que j'avais dit que j'avais perdu une amie proche donc je pense que les gens m'ont vu pleurer au bureau et en fait pour moi j'étais en mode ce n'est pas normal que je lâche à ce moment là et donc voilà je pense que les gens ont assimilé ça à la tristesse de ce que je vivais à ce moment là ce qui était complètement vrai mais moi je me suis rendu compte qu'il devait y avoir un truc Merci. un peu plus profond. Mais je ne me suis pas du tout arrêtée. En plus, à ce moment-là, je lançais un projet qui m'intéressait énormément. J'étais super contente de le faire. Donc, en fait, c'est juste que je savais. Je me suis dit, OK, de toute façon, tu as tenu deux ans. De toute façon, il n'y a pas de souci, tu vas tenir. C'est juste que pour tenir dans la durée, il va falloir un peu d'aide.
- Speaker #0
Justement, est-ce que, selon toi, demander de l'aide, c'est aussi un acte de leadership ?
- Speaker #1
Oui, je n'ai pas de problème sur la santé mentale. j'ai vu un petit à plein de moments dans ma vie, j'avais pas de soucis là-dessus. Je pense que c'est plus le fait d'accepter de mettre sa santé mentale ou son bien-être comme un élément clé de réussite de la boîte, c'est-à-dire de se dire, encore une fois, si je suis pas en forme, il va rien se passer de bon pour ma boîte. Donc je pense que ça, c'est le fait de se mettre au centre, de mettre son énergie et le fait qu'on aille bien au centre des choses importantes pour sa boîte. je pense que ça c'est un truc je ne suis pas sûre de l'avoir encore bien intégré mais qui est hyper important pour un leader ça c'est mon axe de progression clairement parce que je l'ai vu c'est comme quand on prend des vacances souvent on revient avec l'esprit beaucoup plus clair et c'est bien plus important pour un dirigeant de prendre des vacances parfois que de s'entêter à vouloir résoudre les problèmes du coup est-ce que tu penses que la parentalité est compatible en startup ? tout dépend du rôle qu'on a bien sûr mais je pense que pour un homme oui il n'y a pas de soucis par contre le changement identitaire qu'on vit en tant que femme c'est compliqué dans une start-up parce que tu as ce rythme un peu effréné où on te demande
- Speaker #0
souvent de changer de rôle, de changer, on change les objectifs. Voilà, donc ça dépend bien sûr du rôle qu'on a, mais si on a un rôle de leadership, donc de C-level ou en tout cas un des seniors dans la boîte sur lesquels on va faire reposer ce besoin d'agilité, de changer de job, peut-être. Alors moi, c'était tous les six mois. Pour un salarié, c'est peut-être un peu plus long. Mais je trouve qu'effectivement, ça rend plus difficile, encore une fois, le fait de vivre son changement identitaire. personnel, sereinement. Et je pense que, voilà, j'ai un peu décrit, moi, la levée de fonds, le changement de passage de « je suis dirigeante d'une boîte où tout le monde se connaît » à « j'ai un CSE et je suis la patronne » . En fait, c'est allé tout très vite, plus ensuite changer de rôle au sein de la boîte. Je pense qu'opérationnellement, vraiment changer les tâches que je faisais au quotidien, avant mon congé mat et après mon congé mat, parce qu'avant mon congé mat, Merci. Je faisais encore de l'opérationnel avec le produit que j'avais encore en opérationnel, au retour où je ne faisais que du management de manager. Donc ça, c'est des changements qui, vécus en parallèle de changements personnels forts, c'est beaucoup de choses en même temps. Donc je dirais que ça dépend vraiment du rôle qu'on a dans la startup et à quel point on se dit, à mon retour de congé mat, je serai dans une zone de confort pendant quelques mois. Voilà, je pense que c'est plutôt ça en fait. qui est plus un indicateur de est-ce que ça va bien se passer ou pas. Après, c'est une question de personnalité aussi. Moi, j'ai vu beaucoup de femmes qui n'avaient pas forcément, pour qui la vie de famille était un pilier très central de leur identité et de leur bien-être. Et donc, avoir un enfant, renforcer ce pilier-là, c'était OK. D'aller au boulot et d'avoir une vie de famille épanouie, ça leur suffisait. Moi, j'ai toujours eu besoin. d'avoir une vie sociale, d'avoir des amis, de voir mes amis souvent. Ça a toujours été hyper important et forcément, ça a pâti au début. Ou en tout cas, je me suis mise à jouer en Tetris ou alors j'étais crevée parce que si je voulais voir mes copines, ça renforçait la fatigue de la première année. Mais c'était super important pour moi. Et en même temps, encore une fois, je ne me reposais pas. Donc, je pense que ça dépend de la personnalité. Si on est quelqu'un qui n'a pas forcément besoin d'avoir un pilier amical ou externe en dehors de sa famille et de son travail, Ou alors, les amis au travail suffisent. Bon, je pense que ça peut aller. On peut se dire pendant un an, un an et demi, on serre les dents et ça va aller. Moi, ce n'était pas possible. Donc, j'avais vraiment besoin de ça. Et donc, forcément, ça rajoute. Donc, je pense qu'il y a le côté, est-ce qu'on est dans sa zone de confort ou dans une zone qu'on maîtrise, où on n'a pas à changer d'identité quand on revient de son congé mat ? Et ça, je dirais pendant six mois, voire un an. Et ensuite, est-ce que socialement, on arrive à tout je sais pas ça peut être quelqu'un qui ouais ouais est-ce que c'est ses amis ou c'est des activités extrascolaires je fais comme les enfants si on va faire de la musique ou du sport bah est-ce qu'on arrive à le mettre dans son emploi du temps et c'est là qu'une femme je trouve enfin moi je l'ai vu sur plein de collaboratrices et sur plein d'amis bah ouais on va mettre des mois avant de retourner au sport alors que les mecs c'est même pas une question ils vont continuer à aller au sport il n'y a pas de changement Merci. Ouais, il n'y a pas de gros changements et tout. Donc, prendre soin de soi. Moi, je me suis... Je n'allais que, par exemple, en sport. Je ne faisais que des cours collectifs avant ma grossesse. Et là, j'ai commencé à aller à la salle, le truc que je n'aurais jamais pensé faire de ma vie. Et en fait, pour me motiver, j'ai commencé à écouter des podcasts, justement.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, pour moi, c'était une manière de prendre soin de moi, me nourrir intellectuellement, faire du sport pour être bien dans ma tête. Mais ça a été aussi un changement que j'ai dû réfléchir, mettre en place, prendre une nouvelle habitude. Enfin voilà, c'est plein de choses qui se sont mises progressivement en place, mais qui sont nécessaires. Donc voilà, par rapport à la start-up, je pense que ça dépend vraiment de son rôle et à quel point on va te demander de te challenger et te mettre des nouvelles responsabilités et te faire sortir de ta zone de confort à la sortie de ton congé maternité.
- Speaker #1
Vous avez mis des choses en place, particulièrement pour les retours de congé mat ?
- Speaker #0
Sur Singular, on n'en a pas eu beaucoup, pour être honnête. Je pense que ça dépend des personnalités. On a essayé d'être flexibles. Nous, on n'a jamais eu des réunions à des heures indues. Enfin voilà, donc ça, c'était totalement compatible. Pas forcément beaucoup plus, à part la flexibilité. On avait déjà lutté du travail. Mais encore une fois, je pense que c'est une question identitaire qui chamboule et il y a des personnes. il y a des personnalités, je savais qu'au bout de quelques mois, elles partiraient parce que c'était... Il y avait un changement trop fort.
- Speaker #1
Et ça s'est fait ? Et ça s'est fait,
- Speaker #0
oui, exactement. Et ça s'est fait, c'était OK. Je savais, mais le moment où elles m'ont annoncé qu'elles étaient enceintes...
- Speaker #1
Ça, ça allait être un risque.
- Speaker #0
Je savais qu'elles resteraient quelques mois et puis qu'ensuite, elles partiraient.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais un conseil à donner à une dirigeante enceinte aujourd'hui ? Alors, quand je dis dirigeante, ça peut être haute fonction, si level, pas forcément fondatrice. Oui, oui,
- Speaker #0
bien sûr. Alors moi, exactement ce que j'ai dit à mes copines, c'est de prendre de l'aide. Pendant le congé mat, moi, j'ai pris une nounou et encore une fois, je pense que c'est quand même un très bon choix pour pouvoir justement être flexible, ne pas être ultra stressée de tourner l'horaire, de te dire, si je dois rentrer une heure plus tard, elle peut rester. Prendre de l'aide le week-end si possible. Prendre une soirée par semaine ou un week-end de temps en temps avec le conjoint. Je pense que ça vraiment, c'est hyper important. Et puis voilà, se reposer quoi et mettre ses limites. Après, je pense qu'un coaching, c'est bien, mais effectivement, sur le mode « est-ce que tu kiffes ? » , pas « comment je fais pour tenir ? » . Je pense que c'était la manière dont j'ai approché le coaching. C'est « ok, comment je fais pour tenir l'année ? » , alors que je pense que si on a la présence d'esprit de se dire « en fait, ça va être dur si on le sait » , « comment je fais pour traverser cette période avec le plus d'énergie et de plaisir possible ? » , je pense que c'est une approche plus saine et plus constructive.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'il y a des avantages d'être en congé maternité en tant que dirigeante ? Tu as eu un seul congé maternité, mais peut-être autour de toi ou de ce que tu as vu, est-ce qu'il peut y avoir des avantages ?
- Speaker #0
Franchement, mes copines, soit elles n'ont pas pris de congé maths.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Non, j'ai plein de copines dirigeantes qui n'ont pas pris des vrais congés maths. Donc moi, encore une fois, j'avais plutôt de la chance de pouvoir le faire. Après, c'est plus qu'on peut potentiellement imposer la manière dont on reprend. dont on reprend potentiellement progressivement. Et moi, typiquement, c'est un truc auquel je n'avais pas trop réfléchi et je pense que j'aurais dû faire un peu différemment aussi. Mais avec la levée de fonds, c'était aussi compliqué. Mais oui, j'ai pas mal de copines qui prennent vraiment les six semaines après le congé mat. Elles coupent ou elles essaient au maximum de juste répondre à des trucs. Et puis après, elles travaillent quatre heures par jour des demi-journées. Donc ça, c'est une possibilité, mais ça veut quand même dire de ne pas prendre de congé maths.
- Speaker #1
Est-ce que, dans ton board, ça a été évoqué, le sujet du congé maths, mais là, tu t'es concrété aussi advisor. Est-ce que c'est des sujets qui font surface de temps en temps ? Comment gérer les congés maths ? Est-ce qu'il y en a déjà ? Tu en as le temps ?
- Speaker #0
Alors, les boîtes que j'accompagne ne sont pas du tout concernées parce que ce n'est pas du tout des profils. Une de celles que j'accompagne va potentiellement, mais ils sont pré-séria, donc ils n'ont pas encore euh... des populations pures j'ai un dirigeant que j'accompagne qui va avoir un enfant donc oui et là on en discute mais c'est un homme donc je pense que voilà c'est un peu ça va être rapide la discussion va être rapide la discussion va pas être rapide mais il anticipe quoi il sait que ça va être un chamboulement après un mois s'il prend vraiment son congé un mois dans une start-up c'est clair il va le prendre il va le prendre mais forcément je vais pas lui parler autant des changements identitaires Merci.
- Speaker #1
Ok, merci beaucoup, Kéra. Dernière question. Quelle est justement ta chanson Good Vibes ?
- Speaker #0
Alors, moi, ce n'est pas forcément la chanson que j'écoute le matin, mais une chanson qui me met de bonne humeur et que j'adore chanter en karaoké. C'est Shine Bright Like a Diamond de Ariana.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Vera. C'est hyper intéressant.
- Speaker #0
Merci à toi. Et puis, j'espère que ce sera utile à d'autres femmes qui se posent des questions.
- Speaker #1
Dirigeante ou non, d'ailleurs. Parce que je pense que tes conseils peuvent aussi s'appliquer à des personnes qui ne sont pas dirigeantes.
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Prendre soin de soi. Merci, Vera. À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
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