- Speaker #0
Hola, bienvenue dans ce nouvel épisode de Conscious Love, le podcast où l'on parle des relations conscientes, de comment construire des relations plus épanouissantes, et la relation avec notre corps, le désir. Et aujourd'hui, j'ai la joie d'accueillir Fanette, Fanette est sexothérapeute. On s'est rencontré lors de notre formation, de ma formation en sexothérapie avec Margot Fried-Filiozat. Et très vite, j'ai beaucoup aimé ta vision, Fanette, de la sexualité, mais surtout ta sensibilité. Et aussi ta vision inclusive, engagée, et une sexualité humaine. Donc bienvenue, et merci d'avoir accepté cette invitation.
- Speaker #1
Merci Heidi pour l'invitation, je suis super contente d'être là. micro et d'enregistrer cet épisode.
- Speaker #0
Merci, moi aussi. Et pour commencer, qu'est-ce que tu en penses si on commence par parler un petit peu de toi ? Qu'est-ce qui t'a amenée à explorer la sexothérapie ou l'intime dans ton travail ?
- Speaker #1
Avec plaisir. Alors moi initialement je suis kinésithérapeute et très vite Je pense que je n'avais même pas fini mes études. J'avais décidé de me spécialiser en rééducation pelvipérinéale, donc tout ce qui est rééducation du périnée, etc. Et du coup, dès que je suis sortie de mes études, j'ai enchaîné les formations complémentaires pour devenir compétente dans cette spécialité qui ne s'improvise pas. Et j'ai rencontré une formatrice, la première. qui était aussi sexothérapeute.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et ça m'a passionnée. Et je me suis dit, et je pense que ça faisait même pas peut-être 6 mois que j'étais diplômée, je me suis dit, ok, je sais qu'un jour je serai sexothérapeute, je vais pas être kiné toute ma vie, je sais que ça va m'arriver et que c'est ça que j'ai envie de faire. Et du coup, voilà aussi, ça a aussi été ma ligne directrice quand j'étais en cabinet de kinésithérapie, où je me suis aussi formée sur... tout ce qui est l'accompagnement des douleurs pelviennes, sur la thérapie manuelle viscérale, sur aussi l'accompagnement justement des problématiques liées à la sexualité, plus du coup d'un point de vue, d'un abord en tout cas, biomécanique, physique, plus rééducation. Et du coup, je travaillais aussi en complémentarité du côté psycho-émotionnel avec des sexothérapeutes, des sexologues. Et... Et voilà, à un moment donné, je me suis dit, allez, c'est mon tour. J'ai trouvé une formation qui m'a vraiment résonné dans le cœur. Et je me suis dit, allez, c'est parti. En parallèle, je suis aussi enseignante de yoga, yoga thérapeute.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Voilà, donc ça a été aussi un peu une continuité et une forme d'évidence.
- Speaker #0
C'était naturel.
- Speaker #1
Ouais, vraiment un truc de... Je sais et j'ai la ligne directrice de c'est là où je veux aller, ça me passionne, ça m'a toujours passionnée. Tout ce qui est les relations, l'intime, la sexualité, la psychologie.
- Speaker #0
Génial, très intéressant. J'ai entendu parler que la sexualité c'est un lieu d'émancipation, de guérison aussi, de révolution personnelle et collective. Est-ce que tu peux développer un peu plus cette vision que tu as ?
- Speaker #1
Oui, effectivement. On entend souvent la phrase « l'intime est politique » . Enfin, on l'entend souvent, peut-être parce que c'est ce à quoi j'ouvre mes oreilles. Peut-être qu'on ne l'entend pas assez souvent, au contraire. Mais je trouve que, en fait, la sexualité, c'est tellement un endroit où viennent ce... se catalyser les choses qu'on vit dans notre vie sur plein d'autres plans. Et c'est vraiment un endroit où les choses vont, pour plein de personnes, se révéler. Ou à plein d'autres endroits dans notre vie, je sais pas, avec notre famille, nos amis, dans notre sphère professionnelle, dans la vie de tous les jours, tu vois, on peut mettre un petit peu des masques, endosser un peu des rôles, certains personnages, etc. Et dans la sexualité, il y a ce truc où on se dévoile, on se dénude dans tous les sens du terme, genre on est à nu, quelque chose de très corporel aussi, où il y a un endroit où on ne peut plus trop faire semblant, on ne peut plus trop mentir. Souvent on essaye de faire semblant, de prendre sur soi, mais à un moment donné le corps va parler et il va se passer des choses...
- Speaker #0
On est vulnérable, on est à nu.
- Speaker #1
On est très vulnérable et du coup, je trouve qu'à la fois, c'est un haut lieu de révélation de choses qui se jouent aussi. dans d'autres sphères. Et donc quand, entre guillemets, il y a un problème, moi j'appelle pas vraiment ça un problème, mais quand il y a quelque chose qui nous pète à la gueule, entre guillemets, dans notre sexualité, je trouve que c'est toujours une opportunité de se saisir de ça et de voir aussi comment ça va diffuser dans tous les autres espaces de notre vie. C'est plus, voilà, une forme de révélateur, catalyseur, thermomix, enfin voilà. Et à la fois, C'est aussi un lieu où je trouve qu'on est tellement dans la vulnérabilité, l'ouverture, mais aussi la connexion. On est dans tous ces états modifiés de conscience, on est dans cette forme de trucs même plus grands que nous, qui nous dépassent. Ça peut être avec soi-même, ça peut être avec l'autre, ça peut être avec l'univers tout entier même. Et du coup, je trouve qu'il y a ce truc de potentiel, de guérison et de réparation. qui est portée par la sexualité. Moi j'aime beaucoup le concept de... Enfin je parle souvent de sexualité réparatrice.
- Speaker #0
Oui, super.
- Speaker #1
Parce que je trouve que des fois, et je sais que ça m'est arrivé personnellement, et j'ai plein d'histoires de clients et clientes aussi comme ça, où des choses qu'on va vivre dans la sexualité, ça va tellement nous toucher fort, que ça va comme engrammer une nouvelle information dans nos cellules. Et des fois, ça peut venir faire shifter, venir vraiment réparer des schémas relationnels, des vécus personnels. Il y a un truc où, je ne sais pas, ça ne fait pas semblant, ça va direct dans le cœur des choses. Je crois que c'est ça que j'aime et que c'est pour ça que j'ai envie de travailler dans la sexualité. Parce que, ok, tu sais, on va droit au but, on va au fond du sujet, on ne prend pas mille détours, on ne tourne pas autour du pot, on est dans l'endroit où tout se révèle. et où c'est aussi un endroit où du coup le pendant entre guillemets négatif ou en tout cas plus challengeant c'est que du coup c'est aussi un endroit où on peut être très fort blessé et très fort abîmé, ça touche aussi directement à tout ce qui est l'intégrité personnelle donc il y a ce haut potentiel à la fois de guérison à la fois de blessure et à la fois de révélation de choses qui se passent dans d'autres endroits de notre vie donc ouais j'aime beaucoup cette idée que c'est un lieu d'émancipation. Et puis en fait, c'est tellement politique de venir se réapproprier sa sexualité dans un système qui a tout fait pour nous éloigner, pour dire que le plaisir, c'était mal, la sexualité, c'était tabou, c'était péché. Ce qui se passe dans la chambre à coucher, il ne faut pas en parler, c'est privé, ça ne regarde que les gens qui sont en couple.
- Speaker #0
Alors que c'est un sujet naturel qui fait partie de l'expérience humaine.
- Speaker #1
C'est ça. Et il y a tellement ce truc de politique, et encore plus quand on est dans ce système hétéropatriarcal, une femme, une personne qui fait partie d'une minorité de genre, il y a ce truc de dire, en fait, non, moi, votre bullshit, là, j'en veux pas, j'y crois pas, ça me fait pas du bien, et j'ai envie d'aller vers ce qui, moi, me... touche, me fait du bien, me fait grandir vibrer et ça c'est tellement politique parce que c'est se réapproprier son corps un pouvoir personnel la souveraineté ouais c'est ça de soi et sa sexualité moi j'aime bien dire que chaque orgasme pleinement joyeux, consenti et et et choisis, c'est un gros fuck au patriarcat. J'aime bien dire ça. Je le vois un petit peu comme ça.
- Speaker #0
La révolution moderne des virgins sexualités.
- Speaker #1
Ça changerait tellement de choses si tout le monde avait intégré à l'intérieur de soi que oui, j'ai le droit au plaisir. Oui, j'ai le droit à la joie. Oui, je suis libre dans mon corps. Oui, je peux m'écouter. Oui, mes limites sont... précieuses et respectées et non négociables genre oui j'ai cette énergie de vie qui m'habite et oui je peux tisser des connexions profondes avec les autres enfin le monde serait tellement différent tout à fait tout
- Speaker #0
à fait donc voilà un peu je suis tellement d'accord et ça me parle beaucoup le fait que oui la sexualité lorsqu'on vit une sexualité saine et épanouissante On peut vraiment toucher des endroits inconscients et que c'est une force réparatrice. des blessures anciennes, même aussi des familles ou des tabous, ça dépend de notre éducation, culture et autres. Et dis-moi, Fanné, c'est quoi le défi ou problème que tu trouves le plus souvent chez tes clients ?
- Speaker #1
Alors, on va dire si on parle en termes de motifs de consultation, c'est à dire ce avec quoi la personne consciemment arrive et me dit ok, c'est pour ça que je suis là. Je me dirais qu'il y en a un petit peu deux. Souvent, très souvent, c'est une thématique autour du désir. Soit genre il y a manque de désir, perte de désir, plus du tout de désir. Des équilibres de désir. Ou des équilibres de désir. Et du coup, là-dessous, C'est juste le sommet de l'iceberg. Tu le sais, tu as fait une formation sur la thématique également. Là-dessous, c'est juste un symptôme. Et du coup, tout le monde est focus sur « Oh mon Dieu, ça dysfonctionne, j'ai plus de désir. » Je le vois juste comme un symptôme, tout comme j'imagine une naturopathe voit un bouton d'acné comme juste un symptôme qui pourrait cacher un milliard. de cause, d'émergence de cette conséquence, en gros. Et j'ai aussi beaucoup de personnes, donc moi je travaille majoritairement avec des personnes avulves, donc j'ai beaucoup de personnes qui viennent pour des douleurs dans la sexualité. Donc ça peut être des infections chroniques, des cystites, des mycoses. Ça peut être du vaginisme, ça peut être des disparus unis, donc des douleurs qui ne sont pas forcément liées à la pénétration du vagin. Donc ça, c'est aussi une grosse thématique.
- Speaker #0
Il y a en grosso modo deux problématiques, si j'ai bien retenu. La première, c'est autour du désir, la relation du désir à l'intérieur du couple. La deuxième, c'est les douleurs.
- Speaker #1
En sachant que bien souvent, c'est lié parce qu'en fait, évidemment, que si j'ai des douleurs dans l'espace de la sexualité, je vais anticiper la douleur, donc je ne vais pas avoir envie d'aller dans l'espace de la sexualité. Et donc, il va y avoir des conséquences sur mon désir. Mais j'ai aussi beaucoup de personnes qui viennent et qui sont, par exemple, après une rupture, après une séparation, et qui sont aussi un peu dans un truc de « Ok, je vois qu'il y a des choses qui ne me conviennent pas, qui ne me conviennent plus, j'ai envie de faire autrement. » Il se passe ces choses-là dans mon corps, j'ai déjà eu des douleurs, ou j'ai des infections, quand je vais voir la gynéco, c'est compliqué, et j'ai envie de travailler sur mes schémas relationnels et sur ma vision de la sexualité pour de futures rencontres, etc. Donc voilà, j'ai aussi tout ce travail qui pourrait aussi s'apparenter à des endroits du coaching relationnel, mais lié aussi à de la réparation de trauma.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
de l'apaisement d'empreintes traumatiques, de choses comme ça. Donc voilà, j'ai un petit peu plusieurs thématiques.
- Speaker #0
Et en parlant de cette vision de sexualité que certains clients viennent te consulter, et quelles sont pour toi les normes ou les inductions justement qui influencent ou qui poulouent notre vie intime aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors on pourrait dérouler un... Un papyrus de 5 mètres. Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Mais oui, j'ai tellement l'impression que franchement, je pense que là, une des grandes majorités de mon travail, c'est de dézinguer justement ces injonctions. Enfin en fait...
- Speaker #0
D'enlever tout ce qu'on a hérité du système, des croyances, de la religion.
- Speaker #1
C'est tellement de pression. et du coup voilà pour répondre à ta question il y a Il y en a tellement des normes, des injonctions, des stéréotypes, il y a toutes les pressions autour de la performance qui peuvent se décliner dans plein d'endroits. Genre, il faut que j'ai un orgasme, il faut que l'autre ait un orgasme, il faut que j'ai plusieurs orgasmes.
- Speaker #0
Il faut avoir un orgasme en même temps.
- Speaker #1
Il faut avoir un orgasme en même temps, il faut avoir une érection, il faut être lubrifié, il faut genre être sexy, il faut donner envie à l'autre. Il faut être désirable, il faut entretenir la flamme, il faut faire l'amour trois fois par semaine, il faut faire l'amour régulièrement, sinon c'est que le couple ne va pas. Ah !
- Speaker #0
Tout ça,
- Speaker #1
c'est énorme, c'est énorme. Il faut répondre à des canons de beauté pour être désirable et avoir le droit à de l'intérêt et à de l'amour. Il faut se montrer fort et entreprenant pour donner envie et ne pas paraître, surtout pas paraître faible ou vulnérable.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Il faut faire des bruits de tel type, il faudrait ne pas se masturber parce que sinon ça veut dire qu'on est frustré ou qu'on est en manque. Ouais tellement... Ah il y en a beaucoup, il y a tous les tabous aussi dont on parlait un peu tout à l'heure, t'as nommé la religion, enfin voilà tous ces tabous aussi de... Et c'est même pas des tabous, c'est des jugements de... Le plaisir, le corps...
- Speaker #0
Je l'ai dit parce qu'en effet, j'ai grandi dans un environnement catholique. Donc, j'ai dû faire un travail pour enlever toutes les injonctions autour de la sexualité, surtout chez la femme. Et donc, oui, je comprends bien ce travail.
- Speaker #1
Il y en a tellement. Et puis, toutes les injonctions aussi à la monogamie. en fait il faut tout trouver chez un ou une partenaire, avoir du désir pour d'autres, c'est terrible. Et du coup, tellement de pression, à la fois de la pression sur soi-même, sur son apparence, sur son comportement. C'est très codifié, la sexualité, comment on l'utilise ou comment on la vit en tant qu'espèce humaine.
- Speaker #0
C'est très éthéronormé, codifié, en effet.
- Speaker #1
Complètement. C'est un ensemble de codes sociaux qu'on reprend. produit et c'est pas du tout quelque chose comme des fois on peut entendre d'animal, de spontané, de il faut pas réfléchir et on y va. Non, en fait, on suit un ensemble de codes et de scénarios et de jeux de rôle dans cet espace de la sexualité qui est majoritairement une histoire relationnelle chez les humains, chez les humaines. Qu'est-ce que ça veut dire sur moi, cette sexualité ? Et sur mon couple ?
- Speaker #0
Tout à fait. Oui, ça vient de ce qu'on apprend de la télévision, des réseaux sociaux, de la pornographie, des films, de Disney ou pas. De la culture aussi, de l'éducation.
- Speaker #1
Et puis, on a aussi toute une autre famille d'injonctions dont j'aurais envie de parler, qui est aussi toute cette injonction au lâcher-prise. Cette injonction à être libérée sexuellement.
- Speaker #0
Ah, le possé.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et moi, j'ai beaucoup de personnes avec qui on travaille sur ces injonctions-là, parce que quand on commence à entendre un peu des podcasts comme celui-ci, ou à lire certaines choses sur la sexualité, on peut se dire « Ah ouais, je suis trop dans le contrôle, et puis je suis trop dans un scénario, et j'ai trop d'injonctions, et du coup il faut... » Que je sois libérée sexuellement, il faut que je sois détendue, il faut que je sois dans le lâcher-prise. Et du coup, comment toutes ces injonctions, elles viennent encore en rajouter une couche.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
Et de finalement, c'est encore quelque chose à atteindre. Quelque chose où on n'est encore pas assez. Où à nouveau, on n'y arrive pas.
- Speaker #0
À nouveau, ce sont les attentes, les performances.
- Speaker #1
C'est ça. Et de à nouveau, en fait... Qu'est-ce que ça veut dire de moi si je suis libérée sexuellement ? Est-ce que du coup, ça me donne l'impression que je vais avoir plus de sécurité dans ma relation ? Est-ce que ça me rassure à un endroit ? Pourquoi est-ce que je me dis qu'il faut que je lâche prise ? Pour qui ? Tout ça, tout ça. Et comment en fait, on a toujours l'impression de ne pas convenir, que c'est pas assez, ou surtout que les autres y arrivent mieux que nous. Alors qu'on n'en sait rien, parce que juste personne n'en parle. Et moi, je peux vous dire, les autres n'y arrivent pas mieux que vous. Tout le monde galère et tout le monde apprend et cherche et découvre et explore. Mais du coup, toute cette famille des normes, des injonctions, des pressions diverses et variées, soit les injonctions un petit peu plus, on va dire, répressives, Mais aussi... Toutes les injonctions à se libérer, à être extravertie, à être dans l'initiative, tout ça, tout ça, c'est aussi des injonctions qui nous tirent vers le bas, finalement.
- Speaker #0
Ouais, je vois ce que tu veux dire. Finalement, donc, soit, oui, on n'a pas fait le travail de nettoyer toutes ces injonctions éditées par le patriarcat ou notre éducation, soit L'extrême d'une sexualité, comment dire, qu'elle m'a utilisée, qui ne convient pas à notre réalité intérieure, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, et puis même des fois, c'est un petit peu tout lié, parce que finalement, après toutes ces injonctions à être libre sexuellement, sexy, lâcher prise... C'est en même temps... aussi une forme d'injonction patriarcale de « Sois sexy, fournis de la sexualité gratuitement. » Finalement, ce ne sont que des choses extérieures qui visent à priver de sa liberté intérieure et de sa joie, en fait.
- Speaker #0
Et donc, qu'est-ce qu'on peut dire à une personne qui a pris conscience de toutes ces injonctions intériorales ? et qui a envie de retrouver ou de reprendre un schéma de non, j'ai envie de vivre une sexualité qui me correspond, qui est respectueuse avec mes désirs et mes envies, comment on peut la guider ? Qu'est-ce qu'on peut lui dire pour qu'elle puisse retrouver ce schéma ?
- Speaker #1
Je pense que déjà, on peut se dire que c'est un long chemin et qu'on ne détricote pas des siècles. d'hétéropatriarcat et d'injonction en lisant un livre ou en faisant un stage. Et ça, c'est important à conscientiser parce qu'on a tous et toutes très envie d'aller très vite. Et on a l'impression qu'il y a un endroit merveilleux et beaucoup mieux que celui-là où on est, qui nous attend. Et que quand on sera là, tout sera facile. Et moi, je peux vous dire, je travaille sur ma sexualité, mais je ne sais pas, depuis plus de 15 ans, franchement, il y a encore plein de fois où je me dis « elle n'a pas eu un orgasme, est-ce que c'était bien ? » ou plein de fois où je me dis… Genre, ah oui, est-ce que... Alors là, ça fait tant de temps qu'on n'a pas fait l'amour. Est-ce que mon couple va bien ? Et pourtant, c'est mon métier. Et je lis et j'écris et je parle de ces sujets en permanence. Et donc, psychiquement, j'ai très bien décortiqué ces sujets. Et je pense que c'est important de se rendre compte qu'en fait, ça ne nous appartient pas que de s'émanciper de tout ça. Parce qu'en fait, c'est... notre environnement aussi.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'en fait,
- Speaker #1
ces injonctions et ces dogmes, elles sont perpétuellement renouvelées à l'extérieur.
- Speaker #0
Dans notre société.
- Speaker #1
Exactement, on baigne dedans. Et du coup, la question est plutôt, est-ce que dans là ou dans les relations où je suis, est-ce que nos pratiques, notre communication, nos cadres, nos comportements, contribue à valider et amplifier ces injonctions ? Dans quel sens je me retrouve piégée et emmenée comme ça ? Comme si ces injonctions et ces stéréotypes étaient validés par mes partenaires. Du coup, c'est renforcé à l'intérieur de moi parce que ça préexiste. Ou est-ce que je travaille avec mes partenaires à détricoter et à mettre en place des choses qui nous permettent à minima, de tenir légèrement à distance tout ce miasme et toute cette pollution pour nous donner de l'espace pour expérimenter autre chose. Et du coup, c'est plutôt ça, c'est de se lâcher la grappe aussi sur le fait de se libérer des injonctions. Pour aussi se rendre compte qu'en fait, on baigne dedans. Et quand on baigne dans quelque chose, on ne peut pas ne pas être mouillé.
- Speaker #0
Le mieux est de trouver une communication, un dialogue, un minimum d'exprimer, de parler de sexualité déjà.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est aussi la base, de pouvoir parler ouvertement et aussi de nos peurs, de nos vulnérabilités autour de la sexualité et d'amener ce cadre de « tiens, ah oui, c'est vrai que… » J'ai identifié cette induction dans mes pensées, dans ma parole, et le mettre en lumière avec moi ou mon partenaire.
- Speaker #1
C'est ça, moi je dis toujours, en fait la première étape c'est de conscientiser soi-même, puis avoir une étape aussi d'en discuter, de le poser sur la table. Mais on va donner un exemple. Et après on a aussi besoin d'expérimenter autre chose, de vivre autre chose pour justement, tu vois, en parler avant, d'engrammer les informations directement. corps et ça nous permet d'avancer. On ne peut pas détricoter une injonction par la tête. On a besoin de vérifier dans le concret que ça peut exister. Je ne sais pas si par exemple je me rends compte que... Ah tiens, enfin, c'est pas que je me rends compte, c'est genre, voilà, je vais réaliser, parce que c'est un peu une injonction générale, où je me dis, ok, c'est dur pour moi d'envisager la sexualité sans que mon, ma partenaire ait un orgasme. Et je vois que je me mets la pression par rapport à ça, et ça me fait des pensées parasites, et ça me coupe du moment, et ça me déconnecte, ça fait que je fuis la sexualité parce que je me dis ça va prendre deux heures, après je me juge, ok, je me rends compte de ça. En fait, j'ai besoin d'aller essayer autre chose. Peut-être que je vais en parler à mon partenaire. Je vais dire, tiens, je me rends compte que j'ai cette croyance-là, qu'il faut que tu aies un orgasme pour que le rapport sexuel soit chouette. Et du coup, je vois que je me mets la pression.
- Speaker #0
Ou j'ai envie que tu aies un orgasme.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est la façon que tu me montres que tu m'aimes ou que je t'aime. Oui, exactement.
- Speaker #1
et je vois que Et je vois que c'est difficile pour moi et qu'en fait ça me prive d'un espace de joie et de détente dans notre sexualité que j'adore et que j'aurais envie de me sentir plus libre. Et comment c'est pour toi si par exemple t'avais pas d'orgasme dans un rapport ? Il y a des grandes chances que la personne dise bah oui, évidemment. Bah oui, je suis pas attachée à ça, ça signe pas la fin ou l'objectif d'un rapport. Moi, j'ai envie de passer un temps avec toi, etc.
- Speaker #0
Ça, je laisse passer.
- Speaker #1
Voilà, et là, on a déjà la validation mentale. Et après, on a besoin de le vivre. On a besoin de, je sais pas, proposer genre... Ok, ça te dit, là, je sais pas, on fait l'amour, mais je sais pas, par exemple, on fait l'amour 10 minutes.
- Speaker #0
Parce que bon,
- Speaker #1
là, il y a... ou 5 minutes, voilà. Comme ça, il y a assez peu de chances. qu'on ait le temps, entre guillemets, d'avoir un orgasme. Et du coup, voilà, on fait l'amour 5 minutes, 10 minutes, et on se rend compte, ah ok, c'est cool, on passe un beau moment. Ou on se dit, ok, là, on fait l'amour, mais notre règle, c'est qu'on ne va pas jusqu'à l'orgasme. Et on le vit. Et petit à petit, en fait, on va engrammer des expériences différentes. Moi, je travaille beaucoup aussi à proposer aux personnes des petits cadres, des petites expériences qui les sortent, en fait. De leur script et de leur scénario.
- Speaker #0
Donc Fane, je sais que tu as une vision inclusive et que tu te reconnais dans la culture, dans la communauté queer, c'est bien ça ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que la culture queer t'a appris de précieux sur les désirs, les conceptions, la communication, justement ?
- Speaker #1
Beaucoup de choses. Ça m'a vraiment appris et ça... continue de m'apprendre comment sortir justement de tous ces scripts et schémas hétéronormés qui enferment dans des rôles dans des stéréotypes l'homme doit se comporter comme ça la femme comme ça il y a un peu tout un scénario quelque chose dans lequel on est Plus vraiment soi-même, et juste, voilà, on reproduit des codes. On a appris, en fait, à se comporter d'une telle manière. Et voilà, disons-le, c'est... Le système hétérosexuel, c'est un système de domination. Donc c'est aussi un système qui va reproduire des violences, etc. Et du coup, dans la culture queer, j'ai vraiment déjà pris en pleine face mes conditionnements. Et j'ai vraiment appris à... Déjà juste, franchement, à séduire d'une autre manière, à sortir en fait de ce truc de voilà, en tant que femme cisgenre, de objet, de passivité, de juste me mettre en valeur physiquement et attendre que l'autre vienne et prenne le lead. Un peu tous ces schémas qu'on voit et je me souviens. partager une anecdote, c'était tellement drôle au début de ma première relation lesbienne et...
- Speaker #0
Je me souviens encore d'être là, de me balader en culotte dans l'appartement de ma chérie et de me dire « tiens, j'aurais un peu envie qu'il se passe quelque chose » . Du coup, je vais me mettre en culotte et je vais prendre une pause, je vais m'accouder sur le bar. Et je vais un peu sortir les fesses et ça va passer quelque chose. Je vais attendre. Et là, elle passe devant moi, se fait une tartine. Je suis là genre, merde et tout, ça ne fonctionne pas. Et plusieurs fois comme ça, je voyais qu'en fait, j'étais tellement habituée à ce que juste mon corps soit passif et objet de désir et que juste on me regarde comme... On se sexualise directement, donc c'est un peu genre bout de viande quand même. Même si j'ai eu des relations avec des hommes très respectueux, avec du consentement, etc. Il y a quand même ce truc de code, finalement, de je propose mon corps et tu disposes de moi.
- Speaker #1
Un créa, un conscient.
- Speaker #0
tellement drôle au début de cette relation parce qu'en plus, elle, elle comprenait rien. On en a parlé après des mois. Après, je lui ai dit, mais tu sais, moi, je faisais ça et tout. Et j'ai vu que ça marchait. Elle était là, ah bon, et tout. Mais moi, que tu sois en culotte ou en jogging, franchement, ça ne change rien. Et du coup, ça m'a vraiment appris à venir moi-même plus me poser la question avec qui j'ai envie de relationner, qu'est-ce que j'ai envie de proposer, Comment je peux plus être dans cette énergie de proposer, de l'idée, pas dans le sens d'imposer, mais en fait de participer, finalement. De participer volontairement et activement.
- Speaker #1
De reprendre aussi ton pouvoir de... Ah oui, je suis actrice, acteur de mon expérience aussi.
- Speaker #0
Et c'était tellement, tellement fort, quoi. Et ouais, ça m'a... Aussi beaucoup appris de comment tous les biais de pouvoir qui altèrent notre consentement. Par exemple, les biais de genre, les biais sexistes. On a aussi des biais par rapport à l'âge, des biais racistes, etc. Des biais classistes, plein de choses, plein de biais qui altèrent notre capacité à consentir. Tous ces biais de pouvoir, d'autorité, aussi d'aura, etc. Et que finalement, comment... dans la relation et le script hétérosexuel, il y a un biais. Parce qu'il y a plein de croyances sur le désir des hommes versus le désir des femmes, qui font que notre capacité à consentir, elle est aussi altérée. Parce qu'on se dit, ah ben, il a des besoins, il va aller voir ailleurs, je dois fournir de la sexualité, tout l'historique du devoir conjugal. Exactement. Voilà, mon vagin doit être ouvert. Et Merci. Et du coup, ça m'a beaucoup appris à beaucoup plus me poser la question, en fait. Ça m'a appris, genre, waouh, en fait, c'est ça, une relation ou des interactions. Parce que dans les milieux queer, dans les relations queer, ce qui est assez chouette, c'est qu'il y a moins de script et de scénario parce que, du coup, c'est sous-représenté.
- Speaker #1
Ouais. Et selon mon expérience, on... On parle aussi, on amène le dialogue, dans mon cas, nos désirs de chacune, et de quoi j'ai vraiment envie.
- Speaker #0
En fait, c'est ça, on se pose plus la question. On ne va pas juste mimer un acte reproductif en se disant « bon, j'ai juste vu ça à la télé, c'est comme ça que ça se passe » . En fait, vu que c'est une communauté minorisée, on ne les voit pas. On n'a pas de représentation de... On ne sait pas c'est quoi, genre un couple queer qui fait de l'amour. Je ne sais pas, c'est protéiforme, ça peut ressembler à plein de choses. Et du coup, ça m'a beaucoup plus amenée à me poser la question et à sentir, mais waouh, c'est ça ? Une interaction où en fait, mon désir a la place d'exister.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Où en fait, ça peut ressembler à plein de choses différentes. J'ai découvert une variété de... Une variété... On parle de scénario, une variété de films possibles à vivre, en fait. Des longs-métrages, des courts-métrages, des films d'action, des films romantiques. Enfin, plein de choses différentes.
- Speaker #1
Il y a tellement de possibilités.
- Speaker #0
Ouais. Et de sentir, ouais, un truc de... Je suis pas à disposition. En fait, je suis vraiment... Je suis vraiment là pour moi. Et du coup, en fait, voilà, moi, ça m'a... Enlever des billets, enlever du coup toute une chape de l'hétérosexualité, l'hétéropatriarcat, toute cette chape, elle s'est enlevée, elle s'est évaporée. Je dis pas qu'elle s'est complètement annihilée parce que voilà, il y a encore des fois où je me dis ça fait trois semaines qu'on n'a pas fait l'amour. Et donc oui, ça c'est encore un truc hérité, etc. Mais en tout cas, il y a eu toute cette chape qui s'est enlevée. permis d'accéder à beaucoup plus de liberté. Je crois que c'est aussi vraiment ça. Et ça m'a permis de découvrir des aspects de moi, des facettes de moi dans la sexualité, dans la séduction, dans la relation que je ne connaissais pas. Parce qu'en fait, ces facettes n'avaient pas l'espace d'exister.
- Speaker #1
J'aime bien cette phrase que tu as utilisée, de découvrir des facettes de soi, de toi et à l'intérieur de la sexualité. Je suis complètement d'accord. On nous découvre avec notre vie intime et sexuelle.
- Speaker #0
C'est ça. En fait, c'est ça. Dans la culture queer, en fait, vu queer, ça veut dire bizarre, ça veut dire étrange, ça veut dire hors normes. Hors normes. C'est ça. Ça veut dire hors normes.
- Speaker #1
Et pourquoi suivre la norme ? Et du coup,
- Speaker #0
en fait, tu peux être qui tu veux.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Tu peux t'habiller comme tu veux. Tu peux emprunter les... Emprunter les... codes que tu veux, tu peux bouger comme tu veux. Et du coup, ça m'a vraiment permis de me questionner sur, waouh, mais tout cet apprentissage et ce dressage à me comporter et à relationner et à faire de la sexualité d'une telle manière, en fait, ça peut être tellement différent. Et ouais, vraiment ce truc de, en fait, je peux être beaucoup plus vaste que la petite case dans laquelle j'ai été mise.
- Speaker #1
Oui, je sens vraiment la liberté intérieure qui se réveille et aussi un pouvoir intérieur.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et aussi, on attend dans certains contextes ou environnement, notamment dans les tantrades, on parle de polarité ou d'énergie féminine versus énergie masculine. au féminin, au masculin sacré. Et qu'est-ce que tu en penses de ce langage ?
- Speaker #0
Alors, on a déjà une petite conversation off là-dessus, alors you know. Eh bien, je déteste. En fait, pour moi, c'est très... Je ne sais pas pourquoi, enfin si je sais pourquoi, mais je ne vois pas pourquoi on utilise ces mots de masculin et féminin pour... qualifier des énergies, des polarités, des qualités d'être. En fait, tout ce que ça fait, ces termes-là, c'est que ça essentialise, ça remet dans des cases et ça réduit les gens. Et même quand on a des discours qui nous disent « Oui, mais chaque personne a son masculin intérieur et son féminin intérieur. » En fait, même quand on dit ça, ça vient nous dire quoi ? Je sais pas si toutes les personnes qui écoutent ce podcast sont familières avec ces thématiques-là, mais en gros, voilà, on va nous dire l'énergie masculine, c'est l'énergie verticale, c'est l'énergie d'action, c'est l'énergie qui contient, qui rassure, c'est l'énergie qui donne la direction. L'énergie féminine, c'est celle qui accueille, c'est celle qui reçoit, c'est celle qui est dans l'émotion, dans la fluidité.
- Speaker #1
Dans les mouvements aussi. Dans le mouvement,
- Speaker #0
voilà, on va dire ça, dans la douceur, etc. Et du coup, qu'est-ce qu'on va entendre quand on se dit ça ? On va se dire, bah oui, du coup, les hommes sont plus dans l'action, dans le cadre, ça renforce le stéréotype masculin, tous les stéréotypes de masculinité hégémonique, de virilité, de « il faut être leader, être le chef de famille » . Être fort, être musclé, savoir où on va, avoir de l'assertivité, être rassurant, être le pilier de la famille. Être fort, ne pas montrer ses émotions, être stable, un petit peu tout ça. Être le provider financier. Et ça, on entend encore ça aujourd'hui dans, oui, les discours masculinistes, mais aussi les discours... discours spirituel, etc. On entend des variantes de ça et la femme, on va dire, elle est plus dans la douceur, dans la cyclicité, dans l'ouverture, dans les émotions, la tendresse. Du coup, quand on utilise ces mots-là, pour moi, on vient renforcer des stéréotypes de genre existants. On vient les valider. Et moi, j'appelle ça l'hétéropatriarcat saupoudré de paillettes spirituelles. Genre, on met des petites paillettes en mettant sacré dessus et tout d'un coup ça serait censé mieux passer mais en fait ça fait la même chose donc moi je préfère parler, enfin je sais pas, si on veut utiliser ces concepts, je pense qu'on peut les utiliser parce qu'en fait c'est un peu deux thématiques d'énergie moi je sais pas, j'aime bien parler de Il y a l'énergie qui va vers l'autre, il y a l'énergie qui prend action, il y a l'énergie qui est droite dans ses bottes, qui sait ce qu'elle veut, puis qui vient offrir un contenant, tu vois. Et il y a l'énergie qui s'ouvre, qui reçoit, qui se laisse traverser. Il y a l'énergie qui enrobe, qui se dépose. mais ça... pourquoi est-ce qu'on doit dire que c'est masculin ou féminin en fait oui donc c'est l'induction qui peut ajouter ce type de mots à cette énergie qui peut
- Speaker #1
prendre forme de différentes façons c'est ça,
- Speaker #0
parce qu'après on pourrait on peut aussi dire on va se retrouver à voir des images du masculin sacré qui ressemble Au qualité du masculin, toutes réunies dans un bel archétype de masculin sacré, voilà. Et oui, on va se dire, oui, il est aussi connecté à son féminin parce qu'en fait, il est connecté à son humanité. Il exprime des émotions et de la vénérabilité, super. Et on va avoir cet archétype du féminin sacré avec des belles robes et des longs cheveux. danse comme une déesse. Et oui, c'est cool et c'est beau, mais en fait, ça renforce déjà l'existant. Donc après, on peut parler d'énergie verticale et d'énergie ronde. On peut parler d'énergie qui va vers, d'énergie qui reçoit. On peut parler de yin et de yang. On peut parler d'énergie lunaire, d'énergie solaire. On peut parler d'énergie d'action, d'énergie de réception. Mais en fait, quand on fait masculin-féminin, c'est un peu...
- Speaker #1
Ça renforce le langage de Patriarcat.
- Speaker #0
C'est ça, puis je vais un petit peu y aller cash, mais c'est un petit peu comme si du coup, en fait, on apprend aux gens, toute leur vie, à se comporter, à mimer leur organe génital, ou en tout cas, le comportement attendu de leur organe génital dans un acte sexuel, socialement, moralement accepté, qui est un homme, une femme, avec une pénétration. et donc en gros et après on a des discours essentialistes comme ça en disant ah mais oui mais l'homme et du coup là on parle des hommes cisgenres bah il a un pénis du coup et la femme cisgenre bah elle a un vagin du coup mais on va pas se comporter juste comme des organes sexuels en pénétration enfin je trouve que c'est n'importe quoi oui
- Speaker #1
du coup je suis très d'accord avec en utilisant un langage non essentialiste hum Et plus inclusif de la sexualité. Et j'aime bien ces mots que tu as dit, yin-yang ou énergie solaire ou énergie lunaire. Ouais,
- Speaker #0
yin-yang, ouais.
- Speaker #1
Je veux les prendre pour moi. Et donc, pour finaliser, le podcast, c'était hyper intéressant pour moi, toute cette ouverture de...
- Speaker #0
Wow.
- Speaker #1
C'est très vaste.
- Speaker #0
Oui, et puis on a abordé plein de sujets divers et variés.
- Speaker #1
J'ai l'impression qu'on peut continuer à parler des heures. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. J'ai l'impression que, enfin voilà, après ces sujets, il y a tellement de choses à dire. Et puis c'est vrai qu'on a couvert plein de questions différentes. Et ça nous donne envie de creuser dans une direction. Mais oui, on a déjà dit pas mal de choses.
- Speaker #1
Et si tu avais une phrase à partager aux personnes qui nous écoutent ? Et sur les droits au plaisir, ou sur ces inductions qu'on a un peu prévalagées, ça c'est à quoi pour toi ?
- Speaker #0
En tout cas, sur le plaisir, j'ai envie de dire que ton corps, comme tous les corps humains sur Terre, il est câblé pour le plaisir. Il est genre vraiment, littéralement fait pour ça. Et que du coup, tout ce qui te fait croire que ce n'est pas le cas, ben tu peux jeter à la poubelle.
- Speaker #1
Diorote, le corps est câblé pour le plaisir, pour ton plaisir.
- Speaker #0
Il y a tellement de récepteurs sensoriels. Toutes ces connexions, tous ces sens. Et en fait, le plaisir, ça nous amène... Le plaisir couplé à la joie, vraiment, c'est de la nourriture, en fait, pour le corps. Ça fait du sens. En fait, le plaisir, c'est le kiff. Et ça se diffuse dans plein de sphères de la vie. C'est pas que sexuel, mais en tout cas on peut aussi parler de plaisir sexuel. En tout cas voilà que tous les corps sont câblés pour le plaisir. Et que du coup, si ce que tu fais ou ce que tu vis dans tes relations, ta sexualité, c'est pas le fun, le kiff, la joie, l'extase et une abondance de plaisir, et ben Peut-être qu'il y a autre chose à aller voir pour toi.
- Speaker #1
C'est ça. Pour conclure, la sexualité nous amène à un schéma de joie et de plaisir, que notre corps s'encavelait pour vivre justement une vie duissante et avec beaucoup de plaisir. Merci beaucoup, Fannette, pour notre échange. C'était hyper riche pour moi. J'ai beaucoup apprécié ton intervention.
- Speaker #0
Merci beaucoup, c'est passé vite.
- Speaker #1
Alors, si une personne invite de se faire accompagner ou de trouver plus d'informations sur toi, comment cette personne peut te trouver ?
- Speaker #0
Donc, il y a mon site, fanateschoulier.com. Vous pouvez me retrouver sur Instagram aussi, donc arrobase fanates.choulier. J'ai aussi une newsletter où j'écris régulièrement mes réflexions, tout ça, tout ça. je partage tout ce que je fais des accompagnements des ateliers en ligne des masterclass, des choses comme ça. Et bientôt, j'espère, un podcast en 2026. C'est mon projet, donc voilà.
- Speaker #1
On te propose des ateliers en ligne, des accompagnements individuels.
- Speaker #0
Et couples aussi, entre partenaires.
- Speaker #1
Merci, Fanette.
- Speaker #0
Eh bien, merci.
- Speaker #1
Et merci à vous qui nous écoutez. Si cet épisode vous a touché, n'hésitez pas à le partager, à laisser un commentaire et à continuer cette exploration de l'amour. conscients avec nous. A très bientôt dans Conscious Love.