- Speaker #0
Conscious Love, c'est le podcast qui t'ouvre les portes de l'amour conscient et des relations authentiques.
- Speaker #1
Nous, c'est Heidi et Delphine, et nous avons fait le choix de marcher main dans la main dans cette aventure passionnante qui est le couple, avec les joies et les défis que la vie nous offre au quotidien. Le couple est pour nous un voyage enrichissant où nous pouvons grandir et se transformer ensemble.
- Speaker #0
Comme il n'existe pas d'école pour apprendre à aimer, et que les relations humaines sont parfois complexes,
- Speaker #1
Nous avons à cœur de partager des réflexions, des expériences, des apprentissages afin de nous aider toutes et tous à cheminer ensemble et à choisir la voie de l'amour.
- Speaker #0
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans un nouvel épisode de Conscious Love, le podcast où on parle de relations conscientes et de comment améliorer ces relations, avoir des relations plus saines, équilibrées et épanouies. Aujourd'hui on va parler de ces moments où il y a des phrases comme « tu es ridicule » , « il n'y a pas de quoi avoir peur » . tu exagères, c'est pas si grave, tu es trop sensible. J'imagine que vous voyez exactement le genre de phrase dont je parle, dans lequel nos émotions sont dévalorisées. Ce genre de commentaire en fait nous fait sentir que notre réalité émotionnelle n'a pas forcément le droit d'exister et que nos émotions sont dévalorisées en fait.
- Speaker #1
Ces genres de commentaires lors d'une conversation avec une personne, un ami ou une amie, nous font sentir que notre réalité émotionnelle n'a pas le droit d'exister, comme tu l'as dit, mais aussi que nos émotions sont définies comme anormales. Et en fait, ce qui se passe est que les liens entre la situation extérieure et le vécu interne sont rompus. Donc on va parler sur... comment faciliter l'expression des émotions et bien sûr, comment les accueillir.
- Speaker #0
On va parler donc de validation émotionnelle et de comment faciliter l'expression des émotions, mais surtout de comment accueillir les émotions de l'autre. Et on verra aussi le gaslighting qui est selon moi un opposé un peu toxique dont on parle souvent j'ai l'impression en ce moment, mais qui est parfois un peu mal compris. Donc on va aussi voir un petit peu la différence avec la validation émotionnelle.
- Speaker #1
Déjà, il faut dire que les émotions sont des réactions physiologiques d'adaptation. Lorsqu'on est face à une situation, elles sont les mêmes pour tous les humains. Donc pour moi particulièrement, les émotions sont un service de la vie. Tu es d'accord Delphine ?
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, les émotions nous guident dans nos choix quotidiens et ils facilitent aussi la prise de décision, nos actes. La durée d'une émotion n'est pas très longue. Ça dure entre une minute voire deux minutes maximum.
- Speaker #0
Ah ok, une émotion ça ne dure qu'une ou deux minutes.
- Speaker #1
L'émotion naturelle en soi, oui.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu peux nous rappeler quelles sont les émotions basiques ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors on va les faire ensemble. La première c'est la surprise. C'est lorsqu'il arrive un événement soudain. La deuxième c'est la peur. Quand il y a un danger ou l'inconnu. Il y a aussi la colère qui est en lien avec la frustration ou une blessure ou un dommage. Il y a la tristesse lorsqu'il y a une perte, une séparation. Il y a aussi l'émotion de la joie. Il y a aussi le dégoût, l'amour et la honte.
- Speaker #0
Ok, donc ça c'est vraiment les émotions basiques auxquelles on a le plus souvent à faire, on va dire. Et la validation émotionnelle, c'est quoi exactement ?
- Speaker #1
La validation émotionnelle, en fait, c'est accepter l'expérience émotionnelle de l'autre sans la juger, juste l'accueillir. Par contre, toutes nos réactions émotionnelles ne sont pas des émotions. Les émotions sont des réactions physiologiques naturelles et adaptatives. Lorsque nos réactions émotionnelles sont disproportionnées ou irrationnelles, on va dire inappropriées, elles donnent lieu à des réactions émotionnelles parasites qui nous donnent l'information de notre histoire. Donc accueillir les émotions, ça ne veut pas dire accepter toutes les réactions émotionnelles de l'autre. Je suis claire ?
- Speaker #0
Oui, c'est très clair. Donc en fait, une émotion, elle est naturelle plutôt quand elle est appropriée. proportionnée.
- Speaker #1
Oui, et on va se sentir bien lorsqu'une personne me dit de façon appropriée et proportionnée qu'elle est en colère parce que je lui crie dessus, par exemple. Donc c'est la façon de réactionner face à une émotion qui va nous pousser ou nous faciliter l'accueil émotionnel, évidemment. Donc pour tolérer en soi de fortes émotions ou exprimer la colère, mais aussi toute la gamme d'émotions, on a besoin de sécurité intérieure. Et en fait la sécurité intérieure c'est cette confiance de base et ça passe par le corps. C'est une expérience aussi corporelle qui se nourrit des touchers, du regard, d'amour, de tendresse, bref d'intimité. Quand tu me regardes, quand on est en contact, ça facilite mes émotions. L'expression de mes émotions, tu vas me mettre à l'aise et en sécurité pour que je puisse te dire ce qui réellement passe dans mon intérieur.
- Speaker #0
Il faut préciser que valider une émotion, c'est pas donner raison à l'autre. Je sais qu'on a souvent tendance à penser que parce qu'on va valider une émotion, on va être d'accord. avec la personne. Donc en fait, c'est pas forcément accepter toutes les réactions émotionnelles qui sont parasites. Un exemple concret que j'utilise souvent, c'est vrai que c'est frustrant, je comprends que tu sois en colère mais je n'accepte pas que tu me cries dessus. En fait là, on va valider l'émotion mais on va mettre une limite parce qu'on n'a pas envie que la colère de l'autre nous atteigne.
- Speaker #1
Le but est d'accueillir l'état de l'autre et autre chose, c'est d'accepter sa réaction émotionnelle. Dans cet exemple que tu as donné, la colère est légitime, mais la façon dont tu as canalisé ta limite, en fait, tu l'as exprimée en posant une limite sur les comportements. Crier n'est pas acceptable.
- Speaker #0
Moi, il m'a fallu beaucoup de temps pour comprendre ça, vraiment parce que dans ma tête, valider une émotion de ma partenaire, c'était un peu comme accepter quelque chose que je trouvais irrationnel. Et des fois, ça me mettait même en colère. Je ne sais pas si tu te souviens, il y a une situation où je me souviens que tu étais un peu stressée par rapport à un sujet au travail. Et pour moi, ça a tourné un peu en boucle parce que tu rentrais le soir et que tu parlais de cette situation. On en parlait beaucoup, mais j'avais l'impression que tu ne faisais rien pour changer. Et moi, ça m'a gassé en fait. Donc ma réaction, c'était plutôt « mais arrête d'être stressée, arrête d'être angoissée et change quelque chose. » Parce que ce n'est pas en tournant en rond qu'on va avancer. Et puis je disais un truc genre « moi à ta place, j'aurais fait ça, blablabla » .
- Speaker #1
Dans cet exemple que tu as donné, en fait, tu m'as donné des conseils, tu m'as proposé des solutions. Et ce n'était pas forcément ça dont j'avais besoin à ce moment-là.
- Speaker #0
Oui, mais surtout, c'est parce que ça m'énervait en fait. Moi, ça méritait de recevoir ton émotion, de valider juste et que ce soit tous les soirs pareil.
- Speaker #1
Je comprends, oui, bien sûr. Et en fait, c'est juste d'avoir le sens d'écoute, d'une écoute et de me sentir accueillie. Et de ne pas être jugée selon tes critères. Parce que c'est une expérience personnelle dans laquelle j'avais juste un sens d'une écoute.
- Speaker #0
C'est quelque chose qu'on a souvent tendance à faire. de trouver des solutions au lieu d'accueillir. Je le vois aussi dans d'autres relations. Et c'est vrai que maintenant, je fais vachement attention à ça et dans la posture dans laquelle je me mets. Je vais toujours écouter et valider au maximum ton émotion ou celle de quelqu'un d'autre, parce que ça s'applique aussi dans d'autres relations. Et je vais demander après si ça s'y prête, parce que ce n'est pas toujours le cas, mais si la personne a envie d'avoir un conseil ou pas dans cette situation. comme ça, ça permet d'avoir la possibilité de donner son conseil ou pas et c'est ok aussi de recevoir un non c'est pas un rejet c'est juste que la personne elle a pas besoin de ça pour le moment et c'est vrai que moi ça m'est arrivé plein de fois de me fermer émotionnellement parce qu'en fait je savais que j'allais raconter mon histoire ou j'allais raconter quelque chose que j'ai vécu et derrière j'allais avoir quelqu'un qui enchaîne sur des conseils des solutions, des trucs mais c'était pas du tout ce dont j'avais besoin. Au contraire, en fait, ça faisait un peu que empirer le problème, tu vois. Et il y a aussi, selon moi, une distinction entre la validation interne et la validation externe. La validation interne, c'est se dire à soi-même « c'est normal que j'ai peur » avant de prendre la parole en public ou « c'est ok d'être triste » même si objectivement tout va bien dans ma vie. Le fait d'avoir cette validation interne et cette empathie, cette compréhension envers soi-même, je pense que ça aide aussi à développer justement cette validation externe qu'on va avoir envers les autres lors d'une discussion. Parce que si on ne sait pas se valider soi-même, on va avoir beaucoup de mal à valider les autres.
- Speaker #1
Exactement, parce que si on juge ses propres émotions comme excessives ou inappropriées, on va juger celles des autres de la même façon. Ouais.
- Speaker #0
On va maintenant voir un peu les trois ingrédients clés. Quels sont-ils selon toi pour une bonne validation émotionnelle ?
- Speaker #1
Et donc pour moi, comme on a déjà évoqué, c'est... d'avoir une posture d'écoute active, d'accueillir l'émotion de l'autre. Et ensuite, le valider. Donc dans cette validation émotionnelle, on peut utiliser des phrases comme j'avais évoqué, je comprends à quel point ça peut être difficile pour toi. Ensuite, inviter la personne à parler de cette situation. Tu veux me dire plus Delphine sur ce qui s'est passé en toi ? En fait, la curiosité, c'est l'un des ingrédients qui va faciliter et qu'on se sent accueilli lorsqu'on partage une émotion à l'autre. Et ensuite, on peut poser des questions ouvertes pour que la personne puisse s'exprimer et elle-même peut trouver ses ressources, les solutions. Qu'est-ce qui te manque le plus ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui te préoccupe le plus ? Et quand la situation a été déjà parlée, a été déjà discutée, l'émotion exprimée, on peut venir à quelles sont les solutions que la personne peut envisager. Par exemple, qu'est-ce que tu peux faire dans cette situation ? Qu'est-ce qui t'empêche ? à agir. Tu vois ? En lieu de donner des conseils, là on donne le pouvoir à la personne elle-même à trouver ses propres ressources.
- Speaker #0
Oui en fait on crée une ouverture déjà.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et c'est vrai qu'on donne le pouvoir à l'autre de trouver ses propres ressources.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et c'est ce qu'on travaille beaucoup aussi en coaching ou en thérapie.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Essayer de... D'aider la personne, d'accompagner la personne à trouver ses propres réponses, ses propres ressources. On n'est pas dans quelque chose de tout fait où on va indiquer quoi faire. Je sais qu'on peut avoir tendance à penser ça, surtout du coaching. Mais en fait l'idée c'est de poser les bonnes questions dans ce que traverse la personne pour qu'elle-même identifie ce qui se passe en elle, ce qui se passe dans la relation, etc.
- Speaker #1
Donc à l'intérieur du couple, lorsqu'on a ces outils de communication, ça renforce la connexion émotionnelle et l'intimité émotionnelle aussi.
- Speaker #0
Oui exactement, et la profondeur aussi. On va à un autre niveau je pense de compréhension de soi et de l'autre. Et on va voir maintenant un petit peu les formes subtiles d'invalidation émotionnelle. Et de ces petites phrases qu'on a évoquées en introduction, qu'on a tendance à employer ou qu'on entend de façon régulière et qui peuvent être un peu énervantes déjà, mais surtout qui ont un impact.
- Speaker #1
Qui sont un peu normalisées aussi. Oui,
- Speaker #0
tout à fait, qui sont normalisées. Par exemple, une phrase qui revient souvent, c'est « Non mais t'exagères, c'est pas si grave » .
- Speaker #1
Oui, dis-moi toi un exemple personnel Delphine.
- Speaker #0
Oui, c'est une phrase que je peux avoir dite quelques fois.
- Speaker #1
En fait, c'est une phrase qui minimise. On est d'accord ?
- Speaker #0
Ouais, c'est une phrase qui minimise. Et je sais que je l'ai pas mal utilisée, peut-être avec toi ou d'autres personnes avant, quand j'avais pas forcément ce recul et cette conscience. Parce que je suis quelqu'un d'assez optimiste. Donc ça fait partie de moi et de mon caractère. Pour moi, ce n'est pas grave. Mais c'est vrai que ça minimise vachement le vécu de la personne. Et finalement, ce n'est pas mon vécu. C'est OK si c'est grave pour elle ou si c'est important pour elle. En fait, on a trop tendance à réagir par rapport... à ce qu'on pense nous. À notre histoire,
- Speaker #1
à nos repères, à notre culture. Il y a plein de facteurs.
- Speaker #0
C'est ok que ça soit pas grave pour toi, mais ne le verbalisons pas. Essayons de trouver plutôt une façon d'accueillir plus justement.
- Speaker #1
Trouver cette posture d'écoute en fait.
- Speaker #0
Exactement. Il y a une autre phrase qui revient souvent, c'est « tu es trop sensible » . Alors là, pour le coup, c'est une phrase que moi j'ai beaucoup entendue. notamment dans mon couple, il y avait des moments où j'étais blessée, où je pouvais être triste. Et donc, quand je suis triste, forcément, je pleure. Et souvent, on m'a dit que j'étais trop sensible, que ma réaction n'était pas appropriée, que c'était too much. Et c'est vrai que ça rend encore plus mal parce que tu te dis, mince... Oui,
- Speaker #1
il y a quelque chose... Tu as un problème parce que tu...
- Speaker #0
Oui, c'est ça. J'avais l'impression d'avoir un problème parce que je pleure, parce que je suis triste. Ben non, en fait, c'est juste...
- Speaker #1
C'est juste OK, quoi. Oui, c'est une sorte de... C'est un blocage de communication. C'est... Une sorte de ridiculiser aussi la personne, de ravasser sa réaction. Exactement. Son émotion.
- Speaker #0
Exactement. J'avais l'impression d'être rabaissée dans ces cas-là. Et du coup, ça crée encore plus un fossé, une séparation d'incompréhension.
- Speaker #1
Donc je comprends qu'avec ce genre de phrases, on s'efferme, on s'éloigne.
- Speaker #0
Exactement. Une autre phrase d'invalidation émotionnelle, ça pourrait être « Pourquoi tu réagis comme ça ? » Cette question, c'est une question, donc oui, certes, mais qui est posée sur un ton de jugement.
- Speaker #1
Oui, ça peut être « Pourquoi tu as réagi comme ça ? » ou ça peut être… Une sorte de question qui n'aide pas à ouvrir à la personne, mais plutôt c'est une sorte d'accusation, d'enquête pour questionner. Donc encore une fois, c'est un autre blocage.
- Speaker #0
Ça sous-entend que ta réaction n'est pas normale, encore une fois.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'elle n'est pas appropriée. Et comme tu l'as dit, ce n'est pas une question ouverte qui invite l'autre à s'ouvrir ou qui invite au dialogue, mais au contraire.
- Speaker #1
Oui, donc là, l'alternative, ça serait quoi pour toi ?
- Speaker #0
Ça serait par exemple « Je vois que tu es bouleversée. Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que tu peux m'en dire plus ? » Vous voyez la différence ? La première question « Pourquoi tu réagis comme ça ? » elle est accusatrice et l'autre, elle est plutôt accueillante. En fait, elle va inviter l'autre dans un climat de confiance à s'ouvrir.
- Speaker #1
Exactement. Il y a une autre phrase typique « Comme toi, pourquoi tu t'énerves ? » C'est encore un autre obstacle à l'expression émotionnelle. Est-ce que ça te dit quelque chose, ton exemple en tête, Delphine ?
- Speaker #0
Ben, j'ai pas d'exemple en tête particulièrement pour cette phrase-là, mais je vois tout à fait et je pense que les gens des fois ont peur des réactions émotionnelles des autres et donc ils se sentent un peu submergés et ils vont se dire « Mais calme-toi là, pourquoi tu t'énerves ? » parce qu'ils savent pas comment réagir ou comment avoir une posture d'accueil. Moi, je le vois un peu comme ça. Mais ça peut renforcer le sentiment de honte. De « ouais, enfin mince, pourquoi je me mets en colère ? » Alors que non, si la colère est là, c'est parce qu'elle est là pour une bonne raison. Il y a eu un élément déclencheur qui fait qu'on a le droit d'être en colère, bien sûr en maîtrisant ses émotions.
- Speaker #1
En fait, tous ces genres de phrases, pour faire un petit récapitulatif, ce sont des phrases que soit on les sent comme un jugement, comme une critique, soit ce sont des phrases pour ridiculiser l'émotion de l'autre. Un comportement typique, par exemple, donner des sermons moralisés. Quand ça me russe, ça m'énerve. Et donc à la place d'écouter, la personne avec qui je suis en train de partager ma situation est en train de donner un moral. Et donc non, c'est pas ça non plus. C'est comme donner des conseils. Pour résumer, avoir une bonne écoute et pour accueillir l'émotion de l'autre, la base est... Avoir une posture d'écoute active, accueillir l'émotion. Inviter à parler à la personne. Ensuite se rendre curieux, poser des questions. ouverte. Et enfin, quand la situation a été longuement décrite et développée, et l'émotion exprimée, on peut finalement poser des questions, quelles sont les solutions que tu peux envisager dans cette situation, et donner le pouvoir à cette personne à trouver ses propres ressources.
- Speaker #0
Et maintenant, on va parler du gaslighting. C'est un concept dont on parle pas mal en ce moment, et qui est assez récent, enfin, assez récent. Relatif, mais le gaslighting, en fait, c'est une forme de manipulation psychologique qui pousse une personne à douter d'elle-même, à douter de sa mémoire, de sa perception et qui est considérée comme une forme de violence émotionnelle. Et on va voir qu'en fait, il y a plusieurs degrés, il y a plusieurs niveaux.
- Speaker #1
C'est une sorte de jeu psychologique, non ?
- Speaker #0
Exactement,
- Speaker #1
oui. Ok.
- Speaker #0
Il y a l'invalidation qu'on appelle maladroite. C'est que le partenaire est inconfortable avec l'émotion et il ne sait pas comment réagir. Parce que peut-être qu'il a été élevé dans un environnement où les émotions étaient minimisées ou réprimées. En fait, il n'est pas habitué à ça. La personne ne sait pas quoi faire.
- Speaker #1
C'est parce que la personne n'a pas les ressources sur comment accueillir l'émotion de l'autre. Parce qu'elle-même ne sait pas ou n'est pas connectée à ses propres émotions.
- Speaker #0
Exactement. Oui, je sais que moi, ça pouvait m'arriver avant quand j'étais pas trop connectée avec mes émotions. J'avais un peu du mal avec les émotions des autres. Ça me mettait vraiment mal à l'aise de voir quelqu'un pleurer. Ça me mettait un peu inconfortable. J'étais un peu en mode « bon, ça va aller » , tu vois, de manière un peu mécanique. Et je sais que c'était maladroit. Et donc ça, ça pourrait s'apparenter à ça.
- Speaker #1
Un exemple. J'arrive avec une situation qui me rend triste et je commence... à pleurer, je suis émue. Et donc je sais que ma main ou mon partenaire n'est pas très confortable ou sûrement je sais que cette personne n'a pas tous les outils d'intelligence émotionnelle, donc je l'explique. En fait, quand je pleure, j'ai juste besoin que tu me prennes dans tes bras. Tu n'as pas besoin de ressoudre quoi que ce soit. J'ai besoin juste de ton écoute, de ton accueil.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. On peut montrer la direction à l'autre, à la personne qui n'a pas forcément ces ressources-là ou qui peut être un peu maladroit. La direction à prendre. Et petit à petit, en fait, ça va créer aussi d'être plus confortable avec ses propres émotions et avec celles des autres et de se sentir un peu plus capable de gérer.
- Speaker #1
Ça fait.
- Speaker #0
Ensuite, on a le niveau au-dessus qui est le gaslighting défensif. Donc là, c'est plutôt... Pour éviter d'avoir tort ou de se sentir coupable, la personne réécrit un petit peu la réalité. Et c'est là où ça pose problème parce que ça fait douter en fait de la perception de l'autre et ça peut la faire passer pour quelqu'un qui ment. Donc par exemple les phrases typiques ça peut être « Non mais tu te souviens mal, ça s'est pas passé comme ça, j'ai jamais dit ça, non mais là t'as envombé des trucs » . Tu vois ce genre de phrase ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais, c'est un peu violent je pense. Ouais,
- Speaker #0
clairement. Moi, je me rappelle que dans une relation passée il y a très longtemps, ça m'est déjà arrivé. En fait, je ne sais plus la situation exacte, mais je me suis mise à douter. En fait, est-ce que j'avais mal compris ? Est-ce que j'avais demandé quelque chose qui n'était pas juste ? Que genre j'exigeais trop ? Ou est-ce que c'est ma mémoire qui n'était pas bonne ? En fait, ça te fait vraiment douter de toi.
- Speaker #1
Donc ça t'éloigne de ta propre perception. C'est intéressant, ça. En fait, tu commences à douter de toi-même, de ta propre intuition, de te ressentir, de ton monde intérieur.
- Speaker #0
Et le danger, en fait, c'est que cette forme-là de gaslighting qui est souvent inconsciente, mais la personne, en fait, elle fait ça pour protéger son égo. Il y a vraiment une histoire d'égo qui rentre en jeu. Et le problème, c'est que l'impact, il est quand même réel pour l'autre. Même si pour la personne qui est dans cette forme-là, c'est inconscient. Pour l'autre, c'est là. Oui,
- Speaker #1
tu commences à perdre confiance à ton propre raisonnement.
- Speaker #0
Oui, c'est ça exactement. Et le dernier niveau, qui est le plus élevé on va dire, c'est le gaslighting manipulateur. Ici clairement, on est dans de l'abus émotionnel. Ce n'est plus du tout de la maladresse, ce n'est plus de la défense inconsciente. C'est vraiment une stratégie consciente. pour garder le contrôle total sur l'autre personne.
- Speaker #1
Tu peux nous dire un petit peu plus ?
- Speaker #0
Là, on va vraiment rentrer dans un truc de négation des émotions et de la réalité. C'est-à-dire que la personne va réécrire systématiquement ta réalité, va pousser à l'isolement, va faire des projections aussi. En fait, elle va utiliser des exemples avec d'autres personnes pour valider son propos.
- Speaker #1
Un exemple, on est dans une soirée et je t'ai dit « tu as flirté avec cette personne devant moi, ça m'a blessée » .
- Speaker #0
Et là, moi, je vais te dire « ben non, j'ai juste été polie » . C'est vraiment ta jalousie maladive qui te fait voir des choses qui n'existent pas. D'ailleurs, c'est pour ça que tous tes ex sont partis. Tu devrais vraiment consulter. Dans cet exemple, vous voyez, là j'ai totalement nié sa réalité. J'ai même pathologisé son émotion, utilisé des peurs et inversé la culpabilité. Le résultat, en fait, c'est qu'après des mois ou des années dans cette situation, tu ne sais plus qui tu es, tu doutes de tout. Tu vas t'excuser constamment, tu as l'impression de marcher sur des œufs, de devoir faire attention à tout ce que tu dis. Et donc c'est vraiment une situation qui est très complexe. Voilà, si vous voyez ce genre de signe dans votre relation, c'est qu'il y a un problème profond.
- Speaker #1
Comment on peut distinguer les trois niveaux des gaslightings ?
- Speaker #0
On peut se poser ces questions par exemple sur la fréquence. Est-ce que c'est occasionnel ou systématique ? à reconnaître quand tu fais remarquer le comportement, qu'est-ce qui se passe. Donc par exemple dans le niveau 1, ça peut être tu as raison, je ne savais pas comment réagir. Ou dans le niveau 2, est-ce que c'est des justifications tout le temps sur la défensive ? Ou voilà comme on l'a dit, le niveau 3 de l'attaque, du retournement, etc.
- Speaker #1
Oui et observer surtout si c'est un pattern. Est-ce que ça arrive surtout quand tu exprimes avec soi une émotion ? quand tu poses tes limites, ou quand tu partages une petite victoire ? Et si c'est oui à toutes ces questions, ça veut dire qu'il y a potentiellement des red flags.
- Speaker #0
Ouais, et comme j'ai dit, si vous reconnaissez dans ce dernier cas, c'est ok en fait. C'est pas de votre faute, c'est pas parce que vous êtes trop sensible, trop compliqué, c'est vraiment de l'abus et de la manipulation. Donc si vous vous reconnaissez dans une de ces situations... N'hésitez pas à en parler à quelqu'un en qui vous avez confiance pour avoir son point de vue extérieur. Même si vous aimez cette personne énormément, cette relation peut vous faire plus de mal que de bien. Et c'est pour ça que c'est intéressant aussi de pouvoir en parler avec quelqu'un à l'extérieur qui va peut-être déjà vu ces signes que vous-même, vous n'avez pas forcément fait conscience. Bon, maintenant, on va parler de comment valider et comment créer cette sécurité. émotionnel justement pour arriver à quelque chose de plus sain.
- Speaker #1
Alors concrètement comment on fait ça ?
- Speaker #0
Il y a des phrases clés en fait qu'on peut retenir, qu'on pourrait dire donc par exemple je vois que tu es et là on va simplement nommer ce qu'on observe comme émotion donc par exemple je vois que tu es bouleversé ou tu as vraiment l'air en colère ou tu sembles triste. Pas besoin de comprendre tout de suite pourquoi mais juste d'abord de reconnaître l'émotion c'est vraiment premier pas.
- Speaker #1
Le deuxième, c'est reconnaître que l'expérience est réelle pour cette personne. Par simple, oui, je vois à quel point ça doit être difficile pour toi cette situation. Ensuite, on va inviter l'autre personne à parler de sa situation. Je t'écoute, on peut dire. Parle-moi de ce qui s'espace.
- Speaker #0
Exactement, on va ouvrir l'espace plutôt que de le fermer et on ne va une validation qui pourrait être ok mais superficielle ça pourrait être je comprends que tu sois triste mais bon faut pas te prendre la tête là en fait ok on valide dans un premier temps mais ensuite on minimise un petit peu donc une validation qui irait un peu plus en profondeur je comprends que tu sois triste c'est tout à fait juste et je vois à quel point ça t'a impacté est-ce que tu veux m'en parler plus ?
- Speaker #1
Tout à fait il y a une grosse différence On accueille l'émotion, on invite la personne à parler.
- Speaker #0
Et on valide l'émotion de l'autre.
- Speaker #1
Oui, et puis on va approfondir, montrer qu'on comprend vraiment. Pas juste qu'on veut que l'émotion passe vite, parce qu'on a tendance à faire ça aussi des fois. Genre on n'a pas le temps, on n'a pas envie de gérer. Donc on se dit, oh là là, on va fermer le dialogue pour que l'émotion passe.
- Speaker #0
Donc quels sont les petits conseils pratiques pour le quotidien ? Est-ce que tu as des petites boîtes à outils à utiliser ?
- Speaker #1
Oui, tout d'abord parler de soi, communiquer son état. Je suis en colère en ce moment. Je ne veux pas dire des choses que je regretterais. J'ai besoin de 30 minutes pour me calmer et après, j'aimerais qu'on en parle.
- Speaker #0
Très bien, oui. Je sais que l'émotion de la colère, ce n'est pas facile à exprimer. Et moi, personnellement, j'ai besoin de prendre une douche. Donc, je sais que je te dis, mon amour, là, en ce moment, j'ai besoin de prendre une douche et je tiens vraiment à notre relation. pas du tout envie d'utiliser des mots qu'après j'avais regrettés.
- Speaker #1
Oui, et puis ça évite que l'autre se sente rejeté ou abandonné. Tu pars pas comme ça parce que tu t'en fiches. Mais tu prends soin de l'espace qu'il y a entre nous, de toi et de moi. Ensuite, on pourrait valider à tour de rôle. C'est-à-dire ne pas se couper la parole. Donc d'abord, un exprime son émotion, son ressenti, etc. L'autre le valide, l'écoute vraiment. Et puis ensuite, on peut inverser les rôles. Mais pas genre, oui, mais moi aussi, j'ai vécu ça. Non, juste on écoute ce que l'autre a vécu, a ressenti. Et ensuite, on peut inverser les rôles.
- Speaker #0
On peut aussi respirer, laisser la place au silence, prendre le temps d'écouter.
- Speaker #1
Exactement. Et d'ailleurs, on peut demander du temps. Je ne sais pas exactement comment je me sens maintenant. Laisse-moi y réfléchir. On peut en reparler ce soir. parce qu'on n'a pas besoin d'identifier toujours les émotions immédiatement. Parce que des fois, ça prend du temps et c'est OK en fait. Donc pour finir, je vous lance un petit défi pour cette semaine. Observez combien de fois vous invalidez, même si c'est de façon gentille, même avec amour, les émotions de votre partenaire. Les petites phrases comme « oui, mais c'est pas si grave, tu devrais plutôt » . Et combien de fois les vôtres sont invalidés ? Et si ça arrive, essayez juste une phrase. J'ai besoin que tu reconnaisses que ce que je ressens est réel pour moi, même si tu ne comprends pas pourquoi.
- Speaker #0
Voyez ce qui se passe, observez. Peut-être que ça offre une porte, une invitation à accueillir le monde de l'autre. Peut-être que ça déclenche une conversation encore plus profonde, encore plus importante.
- Speaker #1
Voilà, laissez voir ce qui se passe. Pour terminer cet épisode, on vous invite aussi à aller voir plus en détail notre jeu Parlons Love qu'on a créé justement pour créer tout simplement des moments de connexion à deux. C'est un moyen ludique avec Descartes de prendre ces moments justement pour avoir des conversations plus authentiques, plus profondes, pour retrouver des gestes de tendresse, des moments d'intimité, etc.
- Speaker #0
Et pour compléter l'expérience, il y a aussi le carnet d'exploration du couple qui va aller plus loin. dans cette exploration à deux.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On vous met tous les liens dans la description de l'épisode et on vous dit à très bientôt. À bientôt. Car l'amour conscient ne se trouve pas, il se construit tous les jours.
- Speaker #1
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