Speaker #0Oui, tout à fait. D'abord, dans un premier temps, le XXe congrès, c'est un chiffre emblématique et on voulait que ça se passe dans un endroit qui est très important du point de vue de la représentation de la mort. Donc la Bretagne s'imposait. Ça a été facilité par le fait qu'Yves Coativi, qui est professeur à l'UBO, l'Université de Bretagne Occidentale de Brest, nous a fait la proposition de faire le congrès à Brest. Et on en était très contents, dans la mesure où, dans l'histoire de notre association, un des noms importants qui compte, Jean-Claude Lebotte, qui a été vice-président de l'association, est quelqu'un qui vivait près de Saint-Brieuc et militait pour la culture bretonne. C'était un érudit passionné par la Bretagne et aussi par la culture macabre. Et il a marqué notre association par sa grande générosité intellectuelle et humaine. Il est décédé en 2006 et pour honorer sa mémoire, nous étions très satisfaits d'organiser un congrès à Brest. Un congrès en Bretagne était ce que Jean-Claude aurait appelé de ses voeux. On a essayé d'avoir des spécificités pour ce congrès de Brest. L'appel à communication pour 2023 proposait trois axes d'études. Le macabre en Bretagne, dans l'art, la littérature et les légendes. L'image de la mort. les danses macabres, les pratiques dévotionnelles et la transmission mémorielle, les testaments, les obits et les sépultures. Tout le monde sait qu'en Bretagne, il y a une tradition à partir de l'Ancou, on parle beaucoup de l'Ancou, qui fait qu'au XIXe siècle, surtout, il y a eu énormément de récits, de contes, de légendes tournant autour de la présence de la mort, donc la crainte de la mort, le fait qu'elle emmène... qu'elle survient et qu'elle peut emmener différentes personnes. Voilà, donc la Bretagne s'imposait pour ce type de congrès. Après, il faut voir si, et ce sera un peu le but du congrès, si ce qu'on considère comme des points d'ancrage bretons, en fait, ne trouve pas des équivalents dans d'autres régions. Et ce sera peut-être le bilan qu'on tirera à la fin, de dire qu'elle s'intègre complètement à des périodes données. dans l'art, dans la littérature qui se produit dans d'autres régions. Mais il y a quand même une spécificité bretonne qu'il faut mettre en avant.
Speaker #0Oui, tout à fait. Je vais le résumer par l'intermédiaire de ce qu'on a inséré dans les actes, c'est-à-dire que les communications qui sont présentées pour varier les sujets, on a entremêlé des sujets de jour en jour. Par contre, si on regarde les grands thèmes qui sont utilisés, on peut en définir quatre. Un qui touche la mort et la société. On a des interventions concernant notamment les épidémies. peste notamment, qui est important par rapport à la mort, et les intercessions des saints, justement pour se prémunir de la mort et de la peste. Ce danger de mort qui interpelle la société. Ainsi, Trois communications nous feront voyager d'abord dans la littérature française des XIVe et XVe siècles, avec une étude sur le bubon pesteux, mais aussi en Suède, à la même époque, à propos des interventions miraculeuses par les saints qu'on implore. Et enfin, dans la Roumanie des XVIIIe et XIXe siècles, où la figure de Saint-Charles-à-Lampe est invoquée contre la peste. Dans Morts et Sociétés, on a également... des interventions sur le droit du sang, sur le fait que quand une personne décède, on n'est pas toujours certain de savoir quel est l'héritier légitime. Donc on a une communication qui touche au test d'ADN au Moyen-Âge, donc c'est la manière dont on se débrouillait pour savoir si on avait bien affaire au fils légitime quand quelqu'un mourait. On a également un ensemble d'interventions sur les fondations de messe pour les défunts, marque une solidarité entre les vivants et les morts, donc pour le salut de l'âme du défunt. C'est également au travers des gwersiou, qui sont des complaintes collectées en langue bretonne, qu'on verra, on regardera les apports des pratiques testamentaires qui viennent s'intégrer jusque dans les chants bretons. Un autre sujet tenant également au devoir de mémoire, et celui qui concerne la pratique des proélas. La pratique des proélas, c'est en fait les cérémonies qui avaient lieu en l'absence du mort. Quand par exemple, et c'est des pratiques qui avaient lieu principalement à Ouessant, le mort décédé en mer, donc le corps introuvable, et donc il faut faire un devoir de mémoire et créer une cérémonie en l'absence du corps du défunt. Donc voilà un peu pour tout ce qui touche le sujet de la mort. et la société. Un autre aspect est le macabre dans l'art. Alors bien sûr, la danse macabre est le point le plus connu et c'est vrai que dans les communications que l'on va avoir, on abordera la danse macabre en peinture murale, avec un exposé qui donne un point de vue global sur le sujet en France. On aura des sujets plus spécifiques sur la danse macabre des femmes. avec une intervention sur la sorcière. Donc, comment la sorcière intervient, quel est ce personnage un peu particulier, comment il est perçu au travers de la danse macabre. Et pour montrer que le sujet de danse macabre n'est pas simplement un phénomène médiéval, eh bien, on aura une communication sur une danse macabre qui a été créée au début du XXe siècle, avec des personnages qui sont des personnages XXe siècle, des personnages qui sont des personnages des généraux, des notables. Et cette danse macabre, la danse macabre de Boudon-Lachem, en fait, a été reproduite dans le velay. D'autres thèmes d'art macabre sont liés à la danse de barre sur loup. La danse de barre sur loup est une ville dans les Alpes-Maritimes et on a un tableau du XVe siècle qui représente une danse où les démons sont présents et où, dans le texte, on dit que si vous continuez à danser, vous finirez en enfer et vous danserez une danse macabre. Donc ce lien, non pas iconographique, mais beaucoup plus par le texte avec la danse macabre, représente en fait l'interdit de danser au Moyen-Âge. Une autre communication touche à l'enluminure européenne, donc au nord de la Loire, des représentations macabres de l'atelier du maître de Bedford et de son entourage. Le thème macabre se poursuit au XVIIe et XVIIIe siècles en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas. Une communication aborde un livre hollandais de Laurent van Zooten, illustré de gravures qui appartiennent à la tradition littéraire des moralités. Puis, trois danses macabres de la fin du XVIIIe siècle, celles de trois artistes, Schellenberg, Burckhardt et Chaudot-Viecky sont analysés en relation avec leur époque et les grands défis historiques l'esprit des Lumières, la franc-maçonnerie et la Révolution française. On terminera cette session sur le macabre dans l'art par les représentations des monuments funéraires dans les Pays-Bas méridionaux et la principauté de Liège. pour approfondir la compréhension de l'idée de la mort à l'époque baroque. Le troisième thème concerne la littérature, la mort dans les livres. Nous aurons une série de trois communications, deux communications directement sur des grands... prédicateurs qui sont intervenus en Bretagne, Vincent Ferrier au XVe siècle et Gilles de Quérampuil qui était recteur de Clé d'Empeuer et qui a écrit des ouvrages en breton pour le salut des bretons. La mort dans la littérature édifiante est présente aussi par l'image qui illustre des textes à caractère religieux. Une communication nous emmène en Roumanie. Les auteurs y analysent les images pieuses présentes dans les livres roumains anciens des XVIIe au XIXe siècle et l'imaginaire du grand passage dans le graphisme de leur illustration. D'autres communications touchent les allégories littéraires. Un intervenant parle du jeu d'échecs qui, dans la tradition littéraire médiévale, est plutôt une vision harmonieuse de l'univers, mais qui... peut également montrer la toute-puissance de la mort. Une autre communication touche au récit Le Chevalier délibéré d'Olivier de Lamarche, un roman achevé en 1483 où les personnages allégoriques montrent un chevalier qui est aux prises avec deux serviteurs d'atropos, Accident, Accident c'est la mort violente, et Débile, la mort par maladie. Une autre communication touche aux figures de la mort, une sorte de danse macabre, qui accompagne le texte des loups ravissants de Robert Gobin, vers 1505, et qui fut repris par Gilles Ardouin et Guillaume Godard dans les livres d'heures et les petits pamphlets du début du XVIe siècle. Un autre sous-chapitre de la littérature, c'est sur les mythes. dans les livres. L'histoire du bonhomme misère, ou la mort dans le poirier, fait partie du légendaire breton et a été mis en chanson avec plusieurs versions, et également utilisé dans la bibliothèque bleue, bibliothèque populaire, donc des récits qui étaient particulièrement appréciés. On abondera à ce moment-là, plus la partie XXe siècle. 19e et 20e siècle, avec une danse de la mort de Gustave Flaubert, une œuvre de jeunesse, donc parathéâtrale, qui réinvente dans un esprit romantique le thème qui traverse l'imaginaire européen. Enfin, un autre texte, L'enchanteur pourrissant de Guillaume Apollinaire, illustré par une série de gravures d'André Derain, a un texte qui reprend le motif de la mise au tombeau de Merlin. et s'interroge sur les liens entre le mythe arthurien et la topique macabre. Le quatrième sujet qui sera abordé concerne les monuments funéraires. On abordera en trois communications les ossuaires. Ce n'est pas une spécificité bretonne, mais disons que c'est un monument qui est caractéristique des enclos paroissiaux en Bretagne. Une première communication déterminera l'origine de ces monuments, à quoi ils servaient. Une autre communication évoquera les dernières heures de ces ossuaires bretons, entre le XIXe et le XXe siècle, les conditions qui ont conduit à leur désaffection, en interrogeant les sources qui en parlent, témoignages et écrits, textes de loi, réglementations, ainsi que l'iconographie. Enfin, une dernière communication abordera... Deux osphères particuliers, Ploudirie et la Roche-Maurice, sur un thème iconographique. Après les osphères bretons, et toujours sur le sujet des monuments funéraires, nous aborderons le sujet médiéval avec une communication sur le transit de Jeanne de Bourbon-Vendôme au XVe siècle. Nous passerons ensuite de la tombe individuelle au monument collectif et au cimetière, en faisant un bond dans le temps du XVe siècle jusqu'au début du XXe. avec une étude sur les monuments aux morts de la première guerre mondiale, ceux qui ont été peints dans les églises des pays de la Loire. Nous reviendrons ensuite localement à Brest pour une communication sur les deux cimetières historiques de la ville. Nous terminerons, Urbi et Orbi, de la ville de Brest au reste du monde, par un récit des rites funéraires dans plusieurs parties du globe, avec une communication intitulée avec humour, de l'art d'accommoder les restes. Voilà en fait les quatre points qui forment le congrès, donc la société, comment la mort est vue dans la société au travers de quelques thèmes. L'iconographie, donc l'art macabre en tant que tel, c'est un peu le point fort dans notre association, mais pas le seul, qui sera développé autour principalement des danses macabres. Ensuite, la mort dans les livres et le dernier point sur les monuments funéraires. Voici en résumé le contenu du congrès. Il faut signaler également à l'UBO, pendant toute la durée de ce congrès, une exposition d'une jeune artiste, Cécile Chiron, qui reprend... un ensemble de gravures des XVIe et XVIIe siècles en les recomposant avec des lettres. Une pratique du calligramme en utilisant des textes sur la mort pour recomposer des gravures elles-mêmes à caractère macabre.