Didier JuganMerci Philippe. Oui, je suis membre de l'association depuis 1991, mais l'association Danses Macabres d'Europe a été créée en 87 par le docteur Bertrand Utzinger et son épouse Hélène. Alors, quel est le but de l'association ? C'est principalement de travailler sur le thème de la mort dans l'art, dans la littérature, dans l'histoire, de faire des recherches sur les thèmes iconographiques. Et en fait, on vit au travers d'un bulletin régulier où tous les membres peuvent écrire et donner des articles, et aussi par l'intermédiaire de congrès internationaux. Alors, il faut dire que Bertrand Utzinger, dès le début de l'association, avait pris contact avec un ensemble de groupes européens, donc avec des Suisses, des Italiens, des Néerlandais, des Allemands et également des Autrichiens d'ailleurs. Et l'association Danses Macabres d'Europe a organisé des congrès internationaux dès les premières années, aussi bien en France qu'à l'étranger. Le premier congrès a eu lieu à Clusone en Italie, qui est célèbre pour sa Danse Macabre, en 1987. Puis sont venus les congrès de Chartres, de Kinsheim, de Stropping, de Füssen en Allemagne. Donc on est actuellement à notre XXe congrès. Globalement, les congrès ont lieu tous les deux ans. Les derniers congrès ont été relativement prestigieux. En 2019, on a organisé un congrès à Paris avec le partenariat de l'Institut de France, de la Bibliothèque Mazarine, de la Bibliothèque Sainte-Geneviève et de l'École du Louvre. Notre congrès a été inauguré par Michel Zink, académicien, et nous avons eu l'honneur d'avoir Michel Pastoureau comme intervenant pour la première journée. Il est important de mentionner que l'association Danses Macabres d'Europe, nom qu'on contracte souvent en « DME », est ouverte à tous, amateurs comme professionnels. Nous sommes actuellement plus de 100 adhérents, 112 exactement, venant de tous les horizons. Les équipes qui ont présidé l'association montrent bien cette diversité. Bertrand Utzinger, président fondateur, et Jean-Claude Lemotte, vice-président, étaient médecins. Solange Fouilleul, qui leur a succédé, était collectionneuse de livres et d'art macabre. Notre actuelle présidente, Ilona Hans-Collas, est historienne de l'art, spécialiste de peinture murale et de manuscrits enluminés. Pour ma part, je viens d'un monde professionnel tout à fait différent, celui des télécommunications. Tout cela pour dire que tous les gens, curieux et intéressés par notre sujet, sans qualification particulière, ont leur place dans l'association. Maintenant, quelles sont nos actions ? J'ai parlé déjà des congrès qui rythment tous les deux ans notre activité. Il y a aussi l'édition d'un bulletin réservé à nos adhérents et qui paraît trois fois par an. Chaque bulletin, abondamment illustré, recueille dans une soixantaine de pages des articles de fond et l'actualité du domaine. Chaque adhérent peut y participer en mentionnant un livre, une exposition, un colloque, ou en écrivant un article de fond. Nous avons également des réunions de travail, deux fois par an, à Paris, lieu d'échange où chacun peut amener ses découvertes dans un souci de partage et de mise à disposition de tous, d'informations qui seront ensuite publiées dans le bulletin de liaison. Enfin, nous organisons des visites patrimoniales sur une journée ou un week-end, les années où nous n'organisons pas de congrès. La période du Covid avait un peu mis un frein à cette activité que nous essayons de relancer. Pour terminer, à l'aube de notre congrès brestois, je voudrais parler d'un autre grand projet qui nous tient à cœur : faire un congrès à Paris pour l'anniversaire de la création de la danse macabre du charnier des Saints-Innocents. C'est une peinture murale qui a été réalisée en 1424-1425, et qui est aujourd'hui disparue. Nous voudrions fêter dignement en 2025 les 600 ans de la première danse macabre figurative connue, celle de Paris, en organisant dans la capitale un colloque et une grande exposition avec les fonds prestigieux de la collection de Solange Fouilleul. Nous nous y employons dès aujourd'hui par la recherche de partenaires qui seraient intéressés par cette initiative et qui pourraient rendre le projet réalisable. Nous faisons ici un appel à ceux que le projet passionnerait.