- Lee-Ann
A A7
- Daz
Mon invité du jour cultive l'art du paradoxe. A première vue, une forme de réserve, presque de timidité. Et puis très vite, une présence. Une intensité, un charisme discret qui s'installe naturellement. Elle est le fruit d'un héritage, d'un nom chargé d'histoire. Pourtant, elle trace sa route à sa manière, par des choix forts, assumés, profondément personnels. Qu'elle soit dans l'eau, une guitare à la main ou engagée dans ses projets, elle met la même chose partout. De la créativité, de la sincérité et une liberté qui n'appartient qu'à elle. Elle est née avec un nom, elle en a fait un prénom. J'ai le plaisir d'accueillir dans le studio de A à Z, Liane Coeren. Bienvenue Léane.
- Lee-Ann
Merci.
- Daz
C'est pas évident de parler de toi sans parler de ton héritage. Est-ce que c'est quelque chose qui te saoule ? Parce que je pense que toutes les interviews que tu as dû faire dans le surf sont passées par là.
- Lee-Ann
Ouais, ça me saoule. Non mais après c'est aussi chouette et ça fait partie de, comme tu dis, mon héritage. Et c'est une chance aussi.
- Daz
Justement, c'est une question que j'allais te poser. Mais avant de te la poser, on va justement dérouler un peu l'arbre généalogique familial. Puisqu'il y a beaucoup de familles, j'ai remarqué en préparant cet épisode, qu'il y a beaucoup de familles de liens, soit de parenté, soit de fratrie dans l'histoire du surf. Alors que ce soit des frères et des sœurs comme les Wright. Tyler, Owen, Mikey, ou les Irons, ou les Hopgood, ou Lopez, ou alors des relations père-fils, comme Didier-Sam-Peter, par exemple, ou comme Dino-Andino et Coloé. Là, dans ton cas, on est plus en mode famille royale, parce que c'est sur plusieurs générations. C'est de tous les côtés. C'est-à-dire aussi bien du côté de ton père que de ta mère, il y a une histoire du surf très forte. Et c'est aussi au niveau de tes frères à toi. Donc, si on fait le détail...
- Lee-Ann
Un gros arbre généalogique. Et si on se dit que le surf, dans nos sociétés en tout cas, c'est plutôt récent, on va dire, sur quelques générations. Peut-être pas chez les Polynésiens, où ça remonte beaucoup plus. Donc, mon grand-père était un des pionniers du surf, surtout de Grosswag. Il était californien, mais c'était à Waimea qu'il était assez connu.
- Daz
Donc, ton grand-père, du côté de ton père. Mon grand-père paternel,
- Lee-Ann
voilà. Et du coup... Donc,
- Daz
c'est Pat Curren.
- Lee-Ann
Pat Curren, exactement. Et mon père, qui était un champion dans les... champion du monde dans les années 80, début 90. Donc, il y a un moment où le surf a aussi un peu explosé de manière... C'est ça, populaire, le surf professionnel. Enfin, un peu connu dans le monde entier, quoi.
- Daz
Ton père, triple champion du monde. Et puis, c'est une des premières grosses stars du surf, avec tout un côté iconique. C'est un des surfers les plus stylés qu'il soit encore. Oui,
- Lee-Ann
je pense qu'il y avait un peu tout ça, son... Peut-être sa personnalité, son style et puis le fait d'être le premier champion du monde américain, il me semble. Dans ces années-là, avant, c'était plutôt des Australiens, des Sud-Africains. Donc ça a été un peu... Et en un moment où le surf était très populaire et peut-être les marques se mettaient derrière, il y avait un peu plus de médiatisation. Voilà, une figure très iconique du surf. Et puis du côté de ma mère aussi, c'est des amoureux de l'océan. Et pas mal de... Voilà, dans ses frères et sœurs, des champions de France de surf. Elle qui était vice-championne d'Europe.
- Daz
Donc c'est la famille Delanne.
- Lee-Ann
La famille Delanne.
- Daz
C'est une grosse famille de surfeurs de Biarritz.
- Lee-Ann
Oui, et puis ma grand-mère... Adorer le bodysurf, c'est un lien avec l'océan aussi assez fort. Et mes cousins, cousines qui surfent aussi tous. Et ça m'a aussi énormément apporté en grandissant à Biarritz, entre mes frères et mes cousins, cousines qui étaient tous à l'eau. Et en fait, c'était une façon de passer nos journées tout l'été, sans que nos parents aient besoin de regarder. On surfait, on s'occupait comme ça et ça a un peu construit aussi ma façon de surfer, je pense.
- Daz
Est-ce que du coup, le surf, c'est un choix personnel ou c'est juste parce que tu as baigné là-dedans que ça paraissait être une évidence ?
- Lee-Ann
Je pense que c'est un peu un mélange des deux. Les deux sont vrais. J'ai quand même baigné là-dedans. J'ai eu la chance de voir du surf de très, très haut niveau des petites. Mais j'ai aussi un petit peu exploré plein de choses. Et puis, j'ai eu un peu ma phase rebelle où j'étais là, je ne veux pas être surfeuse. En fait, après, c'est quand même bien le surf.
- Daz
Tu as quel âge quand tu parles de cette phase rebelle ?
- Lee-Ann
J'avais entre 12 et 14 ans, je pense.
- Daz
Donc là, tu as entre 12 et 14 ans, tu dis le surf, peut-être pas ?
- Lee-Ann
Ouais, 12 à 14 ans, je n'avais plus les cheveux blonds, l'appareil dentaire. Je faisais tout sauf du surf. Après, ça m'a quand même bien rattrapée.
- Daz
Après, par contre, tu es rentrée dans le schéma très sportif du surf puisque tu as commencé à faire les compétitions. Il s'avère que ça s'est bien passé puisque tu es allée au plus haut niveau que tu pouvais puisque tu as accédé au World Tour. Tu es rentrée sur un circuit très classique.
- Lee-Ann
Oui, c'est ça. donc j'ai eu cette petite phase rebelle. Et après, en fait, quand je m'y suis, je me suis rendue compte à quel point je suis retombée amoureuse du surf, mais peut-être plus pour moi-même. Je pense que petite, quand j'allais un peu sur les compètes ou quoi, et qu'on me parlait de mon père toute la journée, ça me gonflait peut-être un peu. Et que, voilà, j'ai un peu fait ce cheminement comme ça à l'adolescence, où j'ai commencé à vraiment le sentir que je le faisais pour moi et que... que je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour réaliser cet objectif. Moi, c'était d'être dans le World Tour. Et ouais, c'était un peu vraiment mon premier quelque chose pour lequel je me suis dédiée à ça. C'était un peu ma raison d'être pendant des années et d'essayer vraiment d'accéder à ce haut niveau au surf avec toutes ces surfeuses. que j'admirais, surfer des spots dont je rêvais, comme Sunset ou Hawaii, tous ces endroits, Tahiti. Et du coup, j'ai fait ça par la filière de compète. Ça peut paraître classique, mais c'est aussi quand même pas classique, surtout à cette époque où le tour commence un peu à se professionnaliser chez les femmes. C'était une époque hyper... intéressante aussi, je trouve. L'année début 2000, dans le surf féminin aussi. Parce qu'il y a encore un peu de tout. Il n'y a pas forcément les preys sonnés, etc. Mais il y a quand même du gros niveau.
- Daz
Il n'y a pas encore la parité qu'il y a aujourd'hui.
- Lee-Ann
Non, il n'y avait pas la parité. C'était un peu entre... Je ne sais pas si tu as vu le film Girls Can Surf, qui montre beaucoup le... L'évolution du surf féminin, dès le début, la professionnalisation, et puis jusqu'à aujourd'hui, et ça c'était un peu l'époque charnière où j'ai fait les compètes, où il y avait vraiment ce truc de « ouais, il fallait y croire aussi » . On commençait à avoir un encadrement qui nous donnait ces moyens-là, en pouvant se payer les voyages, etc. Mais ce n'était pas forcément tout le monde. Il y avait aussi beaucoup d'entraide. C'était un peu l'improvisation aussi. C'était intéressant.
- Daz
Tu te qualifiais en quelle année sur le World Tour ?
- Lee-Ann
Je me suis qualifiée en 2009, je crois. Je crois que j'ai fait le World Tour en 2009,
- Daz
il me semble. C'est ça. Une fois que tu arrives là-bas, c'était ton objectif. Qu'est-ce qui se passe ? Comment est-ce que de vivre ce World Tour de l'intérieur ? C'est satisfaisant ? T'es déçu ? Une fois que t'as atteint un objectif, justement, qu'est-ce qui se passe en toi ?
- Lee-Ann
Pour moi, en fait, même si j'ai grandi avec un... Mon père qui a fait tout ça, qui a été champion du monde, qui a réalisé les plus gros objectifs. J'ai vu cet exemple que c'est possible tout proche de moi. Mais en même temps, j'ai grandi à Biarritz. On a des hivers qui ne sont pas faciles pour s'entraîner. Pour moi, le World Tour, c'était quand même un peu un rêve. Des fois, je me disais que je n'allais pas. peut-être jamais y arriver. L'année où j'ai réussi, c'était... Il y avait beaucoup de chance et aussi de l'entraînement. C'est assez irréel quand ça se passe. C'est vrai que l'ambiance du QS était, comme je disais, assez intéressante parce qu'il y avait de l'entraide, on voyageait ensemble, on essayait de progresser. Il y avait pas mal de surfeuses dans la même situation. T'es jeune, tu voyages un peu partout dans le monde avec un budget un peu restreint. Il y avait de l'encadrement, mais on était aussi un peu livrés à nous-mêmes. Et ensuite, le CT, à l'époque, on était, je pense que c'est toujours pareil, mais voilà, t'es 17. Et là, c'était beaucoup plus individualiste, j'ai trouvé. À cette époque, il y avait beaucoup de... Les surfers voyageaient chacune avec leur famille, etc. Et on tombait un peu tout le temps contre les mêmes personnes au premier tour. Donc en arrivant en première année, tu tombes contre les premières du tableau. C'était pas évident de passer ce cap pour moi. Et puis d'avoir moins de 21 ans et de voyager partout un peu plus seule, j'ai trouvé ça pas facile. même logistiquement, de ne pas pouvoir louer de voiture. Des fois, il n'y avait pas de logement juste à côté du spot. Mon coach ne pouvait pas venir sur toutes les compètes. Donc, je pense que ça m'a manqué un peu le truc du QS. On était beaucoup plus nombreuses et qu'on pouvait un peu plus s'organiser pour pouvoir être entourées sur les compètes. Mais en même temps, j'étais en train de vivre mon rêve. J'étais en train de surfer contre les meilleurs surfers du monde. Et j'ai passé une année aussi inoubliable. Ok,
- Daz
donc au final, c'est quand même des bons souvenirs.
- Lee-Ann
Ouais, quand même des très bons souvenirs. Par contre, je m'étais blessée aussi. Donc j'ai dû louper deux, trois compètes. Et en fait, l'année est passée assez vite. Mais j'ai des très, très bons souvenirs. Même de la Gold Coast, surfer snapper à Trois-Allô. Bell's Beach c'était génial donc tu fais une année,
- Daz
il y a cette blessure tu te requalifies pas et très rapidement après ça tu fais un choix radical qui est d'arrêter la compétition pour te tourner vers le freesurf ou ça a été progressif ?
- Lee-Ann
non c'était pas si radical mais en fait ce qui était radical c'était un peu mes résultats donc on peut se dire que c'était un choix radical mais en fait j'ai essayé quand même mais... Je faisais aussi de la musique en même temps. En fait, j'ai vite beaucoup de... Mon attention s'est beaucoup dispersée sur des projets créatifs. Que ce soit même l'année où j'étais sur le tour, où j'ai réalisé un film avec mon copain de l'époque, qui était brésilien, vers chez lui. On avait fait un documentaire. Et donc ça, ça a été un... Une super expérience aussi, en même temps que ces années de compète. C'était Kids. Ça s'appelait les Titans Kids.
- Daz
Et c'était sur des enfants qui surfaient dans une favela au Brésil. C'est ça,
- Lee-Ann
c'était là où il avait grandi. On a filmé un peu la nouvelle génération, comment ils vivaient, ils surfaient, leurs rêves, etc. C'était la première expérience de filmer, monter un documentaire. On l'avait présenté en festival et tout ça. J'avais aussi un peu fait de la bande-son du film, donc ça, ça m'a aussi...
- Daz
Déjà ?
- Lee-Ann
Ouais, c'était un peu une des premières expériences de faire moi-même une musique de film. En fait, c'était un projet complètement do-it-yourself au final. Et donc ça, ça plante aussi une graine pour ce que je fais aujourd'hui. Et voilà, en parallèle des QS, du coup, quand je suis retombée du CT... Je commence aussi à beaucoup plus faire de musique. On remonte mon groupe Betty the Shark, avec qui je jouais plus au lycée. Et ça aussi, ça va me prendre pas mal de mon énergie et de mon attention. Je pense que si je ne suis pas, en n'étant pas complètement focalisée sur le surf de compète, mes résultats, ils n'ont pas suivi. Et par contre, j'ai beaucoup plus trouvé, je me suis épanouie en changeant de planche, en changeant un peu mon approche du surf. Et en faisant aussi des vidéos, des films. Je ne pense pas que mon surf n'ait pas progressé depuis, mais ça a été juste dans une autre direction. Et la compète, ça a rentré moins dans ce format-là. J'ai fait une carrière un peu comme ça. Après, il y a eu les réseaux sociaux qui ont commencé à beaucoup entrer en compte. de médiatisation, etc.
- Daz
Qui rajoute une forme d'autonomie sur ta création de contenu. C'est quelque chose qui te va bien, au final. Tu n'as pas le terme de « do-it-yourself » , mais ça te caractérise énormément. C'est un bien de tout faire par toi-même, maîtriser toutes les étapes du processus créatif.
- Lee-Ann
Oui, ça m'amuse énormément. Et puis, j'ai... C'est peut-être en filmant un clip que je vais avoir les idées d'une autre chanson. Pour moi, c'est le fait de faire un peu de tout, même si c'est super de collaborer. J'aime beaucoup collaborer aussi. Donc, ce n'est pas forcément do it yourself, d'avoir la main sur tout absolument, mais c'est de savoir un peu faire chaque étape. Et je pense que dans des groupes de musique indépendantes, tout le monde est assez do it yourself. On se rend compte que tout le monde sait designer sa pochette d'album et faire son clip et s'organiser une tournée. Enfin, parce que t'es un peu obligé aussi, des fois. Et du coup, maintenant, avec les réseaux sociaux, c'est un autre moyen d'exprimer des choses. Et ça peut être un peu submergeant. Je ne sais pas comment dire. Ça peut être... Ça peut donner un peu le vertige aussi. Ça fait beaucoup de choses à faire, mais c'est une façon de partager ce qu'on fait, qui est rapide. Ça donne accès à beaucoup de choses.
- Daz
Donc, c'est do it yourself, mais together.
- Lee-Ann
Voilà, exactement.
- Daz
Donc, il n'y a pas un moment précis, en fait, où tu te dis... J'arrête la compétition et je me mets au freesurf, c'est quelque chose, d'après ce que j'entends, qui s'est fait relativement naturellement.
- Lee-Ann
Ouais, moi ça s'est fait. En plus, il y a un moment, surtout le moment où je me suis qualifiée et où mes sponsors m'ont demandé de faire plus du freesurf. Et où je me suis dit, enfin sur le moment j'étais un petit peu déçue parce que j'avais fait tout ce travail pour être un peu focus plus sur la compète. Et reconnue un peu plus comme une compétitrice, on va dire. Mais déjà, les gens qui m'entouraient voyaient un peu plus de potentiel d'aller surfer des bonnes vagues, faire des images. Et au final, ils avaient peut-être raison. Donc dans tous les cas, c'est un peu vers ça que je suis allée. Mais petit à petit, après, au bout d'un moment, j'ai fait... des QS, mais si ce n'est pas pour se qualifier ou si ce n'est pas vraiment dans un objectif de résultat, ça n'a plus trop d'intérêt pour moi d'y aller juste pour faire acte de présence.
- Daz
Donc ça, c'est une période aussi où ce qu'on appelle le free surf, qui est cette partie plus créative, plus libre aussi, qui est plus en moyenne expression. se professionnalise et se développe avec le développement des vidéos, l'arrivée des réseaux sociaux. Et au final, c'est quelque chose qui s'accorde bien avec aussi ton autre activité, ton autre passion qui est la musique.
- Lee-Ann
Et c'est là que j'ai aussi commencé à faire plus de bande-son pour des films de surf et de trouver aussi mon son à moi, en dehors du groupe aussi. Et juste de... d'avoir d'autres horizons avec le surf et la culture surf j'ai aussi rencontré des gens qui font ça Andrew Kidman par exemple qui est une grosse inspiration avec qui je travaille
- Daz
Andrew Kidman, pour ceux qui ne le connaissent pas c'est un Australien qui est C'est un très bon surfeur. Il fait des planches, il fait des films, il fait de la musique. C'est un peu une icône underground du surf.
- Lee-Ann
C'est ça. Et il a vraiment ce style. C'est vraiment un artiste qui est passionné de surf, de planches de surf, qui est un super musicien aussi, réalisateur de films. Du coup, il fait tout le temps à 360 degrés. Et voilà, ces profils comme ça qui m'inspirent beaucoup et pour moi qui ont énormément apporté au surf aussi, un peu une innovation aussi par leur créativité.
- Daz
Toi, quand je regarde ta carrière, tu as toujours navigué entre la France, mais la Californie, mais aussi l'Australie. Tu as parlé du Brésil. Tu as un côté très international, qui est quelque chose qui te caractérise, je trouve, parce que ce n'est pas classique. des profils de surfeuse comme ça ou de surfeur. Est-ce que tu penses que c'est ta nature, c'est le fait d'avoir grandi entre deux cultures déjà ? Est-ce que tu te sens française, américaine, les deux, biarotte ? Ou est-ce que tu te sens juste citoyenne du monde ?
- Lee-Ann
Non, vraiment, je sais que pour moi, le Pays Basque, c'est un peu là où je me sens vraiment chez moi. J'ai grandi à Bérit, mais aussi, du coup, je suis aussi américaine. Mon père est américain. J'ai aussi passé beaucoup de temps là-bas et j'ai de la famille là-bas. Donc, j'aime bien ce côté d'avoir deux nationalités. C'est un peu une façon de voir un peu les choses. Enfin, sous deux angles, en fait, en plus, qui sont assez différents. Et ma belle-mère, la femme de mon père, est panaméenne aussi. Mes frères sont américains et panaméens. J'ai aussi... Enfin, ouais, mon père parle plein de langues. C'est un de ses trucs. J'hallucinais.
- Daz
Il parle hyper bien français, ton père.
- Lee-Ann
Il parle hyper bien français. Après, il va te dire un truc en japonais. Enfin, ouais, il... Je pense que c'est un truc qu'on aime bien dans notre famille, en tout cas les autres cultures, les langues étrangères. Et puis j'ai passé du temps dans d'autres pays avec le surf. Je pense que beaucoup de surfeurs ont ce côté international parce que c'est un sport où on voyage beaucoup. Chacun a un petit peu ses spots de prédilection aussi où ils vont repartir et c'est un peu la deuxième maison. Donc je pense que c'est aussi un truc de surfeur.
- Daz
Ok. Justement, tu parlais de tes frères. Tu en as trois ?
- Lee-Ann
Quatre frères en tout.
- Daz
Quatre frères.
- Lee-Ann
Ouais.
- Daz
Alors, explique-nous.
- Lee-Ann
Non, j'ai Nathan, des deux mêmes parents. J'ai deux frères du côté de mon père et un autre petit frère du côté de ma mère.
- Daz
C'est vrai.
- Lee-Ann
Ouais.
- Daz
Tu es très proche de tes frères.
- Lee-Ann
Ouais.
- Daz
Donc ? Nathan qui lui aussi est pur produit biaro j'ai envie de dire à tel point qu'il a co-réalisé un documentaire qui s'appelle Biarritz-Servant qui a cartonné, qui est super et puis t'as tes deux autres frères du côté de ton père avec qui tu fais de la musique c'est ça ?
- Lee-Ann
avec qui je fais de la musique et qui vient d'emménager à Biarritz il a emménagé à Biarritz donc voilà on va voir Merci. S'il a son visa, bien sûr. Et Frank, lui est resté à Santa Barbara. Et ensuite, Paul, du côté de ma mère, qui est mon dernier frère, dont je suis très proche aussi.
- Daz
Alors justement, il y en a un de tes frères qui avait une question pour toi.
- Lee-Ann
Ah, j'ai deviné qui c'est. Est-ce que tu aimes vraiment surfer ces grosses planches vintage ?
- Daz
C'est juste pour le style. Alors c'est lequel qui te pose cette question ?
- Lee-Ann
Ça c'est Nathan, sans aucun doute. Bah oui.
- Daz
Alors parle-nous justement de ce qu'il appelle des grosses planches vintage.
- Lee-Ann
Nathan c'est un core surfer, il ne surfe que des thrusters un peu fins. Et du coup j'essaie de lui faire surfer un peu des twins. Je lui ai laissé un twin fin qui part bien, il ne l'a même pas mis dans l'eau je pense. Et un jour, un jour, il changera d'avis, je pense.
- Daz
Toi, ça t'a changé ton approche du surf, justement, de passer sur des planches comme ça, sur des planches qui sont, entre guillemets, moins performance.
- Lee-Ann
Pour moi, d'aller vite, c'est performance. Et un twin, ça va très vite. Et en fait, je me suis passée de surfer la même 5-11 tous les jours à être énervée, d'être frustrée de ne pas faire les turns que je voulais, à aller hyper vite et passer toutes les sections. Et oui, c'est un peu d'adaptation, de le mettre sur le rail. Mais en fait, tu apprends plein de choses de surfer des planches différentes, je trouve. Pour moi, c'est passionnant. Et je pense que la recherche de planches évolue tout le temps. On voit qu'il y a plein de planches asymétriques ou avec un double nose, un peu comme Ryan Burch. Qui viennent un peu dans le surf de haute performance, qu'on pâte aussi. Je pense qu'il faut avoir l'esprit ouvert dans la vie.
- Daz
et la curiosité c'est quelque chose qui te caractérise, t'aimes bien explorer que ce soit des planches des styles musicaux ouais,
- Lee-Ann
j'aime bien j'aime bien, oui j'aime bien explorer des choses que je connais pas et t'as un peu une fraîcheur et ça te remet un peu en question tout ce que tu... penser, savoir. Je trouve ça chouette, même si c'est pour revenir après à quelque chose qu'on connaît bien. C'est toujours intéressant de s'ouvrir à des choses qu'on ne connaît pas.
- Daz
On parlait tout à l'heure de la musique aussi, qui est ton autre passion avec le surf. C'est quelque chose aussi que tu partages avec ton père, qui est un très bon musicien. Donc tu as baigné, j'imagine... dans cet environnement aussi. Comment t'articules aujourd'hui tes deux passions, le surf et la musique ?
- Lee-Ann
Pour moi, ça s'articule plutôt naturellement. J'ai toujours eu des moments où on ne peut pas forcément surfer. Des fois, tu es fatigué physiquement. où il y a juste 37 jours de tempête à la suite. Du coup, ça s'articule très bien avec le surf. Ça reste quelque chose qui éveille un peu la créativité aussi. Je peux aussi le faire vraiment sur des projets où je vais surfer, faire une vidéo de surf et faire la musique de la vidéo. Donc ça, c'est vraiment l'exemple. de comment je peux les articuler ensemble. Sinon, dans un quotidien, je vais faire de la musique quand je suis un peu au calme et je vais aller surfer pour me dépenser.
- Daz
C'est des moyens d'expression, les deux, pour toi ?
- Lee-Ann
Oui, complètement.
- Daz
Et tu te sens plus... Tu te définirais comme une surfeuse, musicienne, ou c'est une question qui n'a pas de sens pour toi ?
- Lee-Ann
Je pense vraiment les deux. Quand je suis surfeuse, je le serai toujours en fait de quelque part, même si je ne surfe pas pendant longtemps. C'est quelque chose qui m'a un peu appris tellement. J'ai passé tellement de temps dans l'eau que ça fait partie un peu de moi. Et pareil avec la musique. Je sais que c'est peut-être un peu... Moins pour ça qu'on me connaît, de manière générale, mais je pense que je suis une musicienne. Je n'ai pas appris de manière classique, mais je sais que je suis un peu dans mon élément aussi, dans un studio, quand il faut brancher, trouver le son, faire un peu du mix, ou même en tournée, ou d'être bassiste pour le projet de quelqu'un. Ou guitariste, je ne sais pas. Je pense que c'est un truc dans lequel j'aime bien évoluer et je me sens à l'aise aussi.
- Daz
Alors justement, on va parler un peu de ton parcours musical. Tu nous parlais de ton groupe, Betty the Shark. Après, tu as fait des choses en solo. Aujourd'hui, tu as un nouveau projet musical. Raconte-nous un peu ton parcours en tant qu'artiste musicienne.
- Lee-Ann
Mon parcours, je pense quelque chose qui est, je me suis dit il n'y a pas longtemps, qui est intéressant, c'est que j'ai appris à jouer un peu de la guitare en même temps que j'ai appris à enregistrer sur un lecteur cassette, mais avec une petite table de mixage et tout ça. Donc ça a toujours fait partie un peu de l'enregistrement, le fait d'archiver une idée ou de... forme de la poser sur quelque chose, sur un support, ça a toujours fait partie de mon approche. Après, j'ai fait ce groupe Betty The Shark, qui m'a beaucoup appris. On a fait deux albums ensemble, on a fait des tournées un peu partout dans le monde. Et c'était aussi tout do-it-yourself. Vraiment, on était un peu le groupe indépendant. par définition. Et moi, j'ai ma musique solo après que j'ai commencé à faire et à sortir à partir de 2017. J'ai un projet qui s'appelle Ginette Carton que je produis, où je fais beaucoup plus les instrus. Et ça, c'est depuis 2011. C'était avec des amis qui étaient à l'école d'art de Biarritz que je vous invite à aller écouter. Les textes sont super. Donc moi, je fais pas mal d'instrumentales et elles, elles font le chant et les paroles. Et un projet qui s'appelle Malentendu aussi, avec qui on a avec mon amie Maya Ibar. Ça,
- Daz
c'est ton nouveau projet.
- Lee-Ann
C'est mon nouveau projet. On a sorti un album l'année dernière qu'on a entièrement enregistré et produit.
- Daz
Qui est hyper bien.
- Lee-Ann
Merci.
- Daz
C'est pas mal saigné pour préparer le... L'émission, c'est hyper bien. Il y a beaucoup d'évolutions. Justement, tu parlais de projets différents, mais j'ai l'impression que chaque projet que tu as ou que tu as eu a son identité musicale différente. Beatrice The Shark, on était quand même sur une influence très rock. Malentendu, là, on est sur quelque chose qui est beaucoup plus éthéré, qui me fait bronzer beaucoup à des artistes comme Mount Kimball ou à des choses un peu plus... ambiante, un peu plus électronique aussi. C'est quoi tes influences ? Comment tu fonctionnes pour passer d'un projet plus rock à un projet plus électronique, justement ?
- Lee-Ann
Ouais, ben... Moi, tu parles de Mande Kimbi. C'est un de mes groupes préférés. Toute cette scène de Londres, j'adore. J'aime beaucoup la productrice... Mika Levy, qui a fait des choses de tous les styles. Quand tu parles de rock underground, elle a fait une chanson avec Mon King Bee, des trucs plus électro, du R'n'B, vraiment de tout. Et aussi des bandes-sons avec des orchestres et tout ça. Donc c'est un peu... J'aime tous les styles de musique. Pareil, j'aime bien enregistrer d'autres gens qui font un style que moi, je connais beaucoup moins. Et du coup, ça me permet aussi de participer à un projet de quelque chose complètement différent. Donc voilà, je suis encore en train d'apprendre. Je ne fais pas ça depuis très longtemps en soi. Oui, je commence à avoir mes petits tricks.
- Daz
Est-ce que, dans tes influences, on retrouve PJ Harvey ?
- Lee-Ann
Oui, PJ Harvey, j'ai énormément écouté quand j'étais jeune. Et toujours aujourd'hui, c'est une de mes artistes préférées.
- Daz
Alors, je te demande ça parce qu'il y a quelqu'un que tu connais très bien qui a envoyé une question. C'est Stéphanie Guillemort.
- Lee-Ann
Ah oui !
- Daz
8 fois championne du monde de surf, qui te demande quel est ton morceau préféré de PJ Harvey. Je te laisse répondre et après tu m'expliqueras pourquoi elle te demande ça et quelle est ta relation avec Stéphanie Guillemot.
- Lee-Ann
Ouais, avec Stéph, on est allé voir un concert de PJ Harvey quand on avait 18 ans. C'était à l'Olympia, je pense. Elle était venue en France. Un trip en plein mois de janvier, on avait des hacks pourris. Mais après, on est allés à Paris voir ce concert. On était fans les deux. Donc voilà, c'est marrant. C'était un des trucs qu'on a fait en dehors de faire des compètes. Elle, c'est une super guitariste, Steph. Ce concert a été hyper bien. C'était l'album. Mince, j'ai un trou de mémoire sur l'album. Mais attends, comment il s'appelle ? Attends, on pourra couper ? Ouais,
- Daz
t'inquiète. Putain, j'ai ton volume qui sort hyper bas.
- Lee-Ann
Ah, je suis désolée. Non,
- Daz
je suis chieuse. Écoute, je pense qu'en post-prod, je pourrais me montrer. Tu sais quoi, je te laisse chercher. Je vais juste enregistrer. C'était quel concert ?
- Lee-Ann
C'était de l'album White Chalk, qui est un de mes albums de PJ Harvey préférés. Mais je pense que ma chanson préférée, c'est Is This Desire, que j'ai vraiment énormément écoutée. C'était à l'époque où je commençais à voyager pour les compètes. Ça me rappelle plein de souvenirs, rien que d'y penser.
- Daz
Et Stéphanie Guillemort, c'est une de tes meilleures amies ? C'est quelqu'un dont tu es très proche ?
- Lee-Ann
Oui, c'est une de mes premières amies australiennes. Je ne suis pas allée forcément chez elle, mais à 15 ans, la première fois que je suis allée en Australie, j'ai beaucoup surfé avec elle. On a à peu près le même âge. C'est vraiment une de mes meilleures amies. Après, on se voit de temps en temps. Elle voyage énormément. Mais quand elle vient ici, à chaque fois, on se voit. Et quand je vais en Australie, aussi.
- Daz
J'ai l'impression qu'à chaque fois que vous voyez, vous faites de la musique plus que surfer.
- Lee-Ann
Ouais, c'est possible. Non, on surfe aussi. Mais c'est vrai qu'elle adore Jamais. Elle adore faire de la musique. Et c'est super de jouer avec elle. Elle a un super style, comme en surf.
- Daz
C'est vrai. C'est quelque chose qui vous caractérise toutes les deux. C'est qu'on reconnaît aussi bien votre style musical que votre style de surf.
- Lee-Ann
Oui, c'est possible. Je pense qu'en fait, en surf, c'est un peu un art, le surf, je trouve. Et quand on voit même des Ozzy Wright qui fait... Il a cette énergie quand il surfe et quand il joue de la musique. Ou, je ne sais pas, Jules Lepêcheux de Biarritz, qui est artiste, musicien et surfeur. Et tu as cette intention quand il surfe aussi. Je dis des noms au hasard, mais je sais que tout le monde a ça, en fait. Il y en a qui le font avec plusieurs expressions, et d'autres, c'est surtout le surf. Mais tu mets quand même un... que du mouvement comme un robot. Il y a une âme aussi, je trouve.
- Daz
Alors, tu parlais justement de tes différents projets musicaux. Aujourd'hui, tu fais tes morceaux, mais tu commences à produire aussi. C'est ce que tu m'expliquais. Tu as un studio de musique et tu commences à produire pour d'autres artistes.
- Lee-Ann
Oui, je commence un peu à faire ça. de plus en plus. J'ai un petit studio à Biarritz et avec ma collègue de malentendu aussi on produit ensemble et des fois je produis toute seule ou des fois avec mon frère Pat qui vient d'emménager ici comme je disais et qui est très talentueux donc j'aime bien faire ça parce que toute cette approche d'avoir une idée et de la d'arriver à un enregistrement, je trouve que c'est assez magique et j'aime bien en faire partie.
- Daz
Tu as beaucoup de... Je ne sais pas si tu as remarqué, mais je trouve que tu as beaucoup de générosité dans ton approche de tes projets et que ça se ressent encore plus dans la musique, parce que le surf, au final, c'est quelque chose qui est très personnel et individualiste, mais dans la musique, tu as toujours, ou dans ta vie en général, tu as toujours amené beaucoup de monde avec toi. Et tu as toujours eu cette frontière très floue entre tes projets passions et ta vie privée. Je ne sais pas si tu as remarqué que tu mets beaucoup les gens que tu aimes en avant.
- Lee-Ann
Oui, c'est vrai. Je n'ai pas toujours cette frontière très précise. Surtout, je trouve quand tu es... Peut-être dans une relation ou dans ta vie privée, tu as envie de faire plein de choses ensemble et je trouve que la créativité se mêle à tout ça au final. Et avec du recul, je suis super contente de toutes les choses que j'ai pu faire en équipe de cette façon-là, même si ce n'est pas forcément des relations qui ont perduré. Je trouve que ça, le projet où tu laisses ça, ça perdure. Et c'est quelque chose qui était fait avec une intention qui était assez pure au final. J'adore quand on parle de projets musicals, créatifs ou de films. C'est souvent des collaborations. J'ai beaucoup de... Même mes meilleurs amis avec qui je fais de la musique. Si je n'avais pas ça, je ne pourrais pas avoir des moments tout seul où j'arrive à faire mes trucs solo. Je trouve que ça nourrit énormément. Toutes mes idées aussi. C'est le fait d'échanger. Donc je pense qu'il y a un peu un équilibre avec tout.
- Daz
Ok. T'as beaucoup de projets aussi. Quand je regarde ton parcours, tu t'es beaucoup investie sur des projets soit associatifs, soit sur des causes, soit sur des projets qui te tiennent à cœur. Alors t'as mentionné dans le désordre, t'as mentionné... Ce film que tu avais fait sur les enfants des Favella, tu as été impliquée dans une assaut pour faire la promotion du skate féminin. Tu as des convictions ? Tu les véhicules à travers ces projets-là ? C'est quelque chose qui est important pour toi ?
- Lee-Ann
Oui, pour moi, c'est important. Et je trouve que... Il y a un peu de tout. Tu as des moments où tu fais des projets pour des choses dans lesquelles tu crois. Et d'autres où il faut gagner de l'argent. Je ne sais pas, il y a un peu un moment pour tout. Je pense qu'en surf, j'ai la chance de faire un sport qui est... C'est magique et qui peut aider aussi à faire une différence sur plein de points. Mais ça peut aussi être... La façon de le faire, ça peut tout changer. Moi,
- Daz
je trouve que tu as les convictions, mais tu fais ça de manière très subtile. C'est pas rentre-dedans.
- Lee-Ann
Après, c'est cool d'être rentre-dedans aussi. Je suis pas... Ouais, en fait aussi, c'est des projets qui se font naturellement en général. Et je trouve qu'on n'est rien sans ces projets associatifs des fois. Ça fait vraiment énormément pour la vie de tous les jours, pour plein de gens. C'est là que tu te retrouves, que tu as une communauté autour de choses que tu aimes. Je parle du projet de skate. Ce n'est pas mon projet, mais j'y ai participé un peu.
- Daz
Tu as été présidente de l'association.
- Lee-Ann
Je suis présidente et j'ai fait le logo et puis j'ai fait des événements avec les filles et tout ça. Avec Pioche Project, c'est là où j'ai mon studio de musique. On est un peu un collectif d'artistes aussi. On fait des événements et ça fait passer des artistes qui sont hyper intéressants. On peut voir des concerts super. Ce n'est pas forcément des... Ça, c'est vraiment du travail plus bénévole, associatif, mais en fait, ça rapporte énormément juste une qualité de vie, en fait, et d'avoir cette culture chez nous. Donc, c'est tout un peu... Il faut un petit peu de tout sans non plus se perdre complètement dans un truc où tu fais que ça, mais après... Dans tout ce qui est volontariat, il faut trouver cet équilibre, mais ça apporte énormément aussi.
- Daz
Est-ce que c'est important pour toi de mettre ta notoriété au profit de certaines causes auxquelles tu crois ou pour lesquelles tu es prête à te battre ?
- Lee-Ann
Oui, pour moi, je pense que c'est important. d'être alignée un peu avec ses valeurs et s'il voit si mon nom peut aider des fois. Que ce soit une pétition ou quelque chose, si c'est quelque chose auquel je crois, je le ferai. Je pense que tout est politique. Que tu dises rien sur rien, en tant que surfeur ou qu'artiste, ou que tu... tu dises plus les choses ou que tu les mettes dans une parole de chanson ou que t'exprimes un petit peu on est dans un monde quand même qui est assez dur en ce moment surtout et je pense que c'est important aussi de parler ou de participer à des causes ou de...
- Daz
ouais justement le monde de la musique pour le coup il est connu pour avoir des... Des engagements, on a vu des artistes s'engager, que ce soit politiquement, pour des causes humanitaires ou pour l'environnement. Qu'en est-il du milieu du surf ? J'ai l'impression qu'il est beaucoup plus discret, ou en tout cas beaucoup plus frileux de s'engager.
- Lee-Ann
Pardon, j'ai le chef, il se dit tout de suite. Ouais, le milieu du surf, je pense que c'est un milieu où quand même on est très privilégiés. Et de manière générale, c'est pas comme les artistes ou les... Ouais, les musiciens s'engagent plus peut-être pour... Mais bon, pas tous, mais on voit quand même plus de... de prise de parole sur les choses. Mais il y a quand même quelques surfers très engagés et surfeuses. Beaucoup de surfeuses, en fait. Souvent, les femmes qui aussi sont prêtes à perdre un peu plus pour ces choses. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai remarqué ça un petit peu aussi.
- Daz
Peut-être parce qu'elles ont dû gagner leur place aussi. C'est un milieu supermatchiste, quand même, le surf à la base.
- Lee-Ann
Oui, enfin, oui. Ça dépend quelle base, mais c'est vrai que la base du surf de confette, il y a un petit côté machiste. C'est pour ça, je ne sais pas. Peut-être qu'il y a un peu moins peur de perdre toute sa place ou quoi, parce qu'au final, ce n'était pas gagné. Je n'en sais rien. Je ne sais pas dire. De toute façon, je n'ai pas de jugement à donner. Je sais que chacun fait un peu comme il peut. Chacun a une situation différente et je peux parler pour moi au final. Je pense que sur certaines causes qui me tiennent à cœur, je vais parler. Parfois, elle me dira que je n'étais pas... Peut-être que je n'avais pas raison. Ça ne veut pas dire que tu as la vérité, que tu dis tiens la vérité. Je ne sais pas.
- Daz
Tu as la science infuse.
- Lee-Ann
Je n'ai pas la science infuse. Tout le monde est humain. On est dans un monde aussi où c'est pesant. Un peu les réseaux sociaux, les trucs. Tu dis un truc, on te tombe dessus. Tu dis rien, on te tombe dessus aussi. Il faut un petit peu s'alléger avec tout ça. Tout le monde est humain, mais c'est vrai que quand on a des causes qui nous tiennent à cœur, je pense que c'est chouette de s'exprimer ou de sentir qu'on a une place pour le faire. Ce qui serait bien, ce serait des espaces un peu de paroles qui sont un peu plus libres et plus doux, et plus d'écoute, plus d'échange. Je pense que c'est ce qui manque un peu, plutôt que de balancer des trucs et d'être tous les uns contre les autres.
- Daz
Alors, on va parler de quelque chose d'un peu plus doux. On a une tradition dans ce podcast, c'est de prendre un livre de ma bibliothèque pour l'offrir à mon invité.
- Lee-Ann
Un cadeau ?
- Daz
Oui, on repart avec des cadeaux ici. Donc voilà, c'est un livre. sur David Bowie qui a un livre de photos d'un film auquel il a participé alors pourquoi j'ai choisi sur David Bowie parce que tu connais le film ?
- Lee-Ann
C'est celui où il atterrit sur la Terre ?
- Daz
C'est ça, exactement. J'ai pris ce livre parce que t'as un chien qui s'appelle Bowie. Alors tu peux nous parler soit de Bowie le chien, soit de Bowie l'artiste.
- Lee-Ann
Wow, bon ben mon chien alors, je vais parler de mon chien. Non mais Bowie c'est vraiment le meilleur chien du monde. Je l'ai eu en Islande. Sur un trip justement où il y avait Andrew Kidman, Conan Mocassin, Steph et Cassia.
- Daz
Ça c'est le genre de trip parfait qui mélange le surf et la musique.
- Lee-Ann
Il y avait plein d'autres gens, je ne vais pas tous les citer. Il y avait des petits chiens et lui il avait besoin d'une maison. Je l'ai adopté sur ce trip. Et depuis, c'est une histoire d'amour inconditionnelle. Et donc, David Bowie, c'est un artiste qui m'a aussi énormément influencée jusqu'à son dernier album. Ce film-là, merci beaucoup pour ce bouquin parce que j'adore ce film. Il est magnifique. Ça a l'air super.
- Daz
C'est un artiste, David Bowie, qui t'influence. Pourquoi ? Parce qu'il a toujours navigué, il a toujours été dans l'art du temps. C'est des artistes qui s'adaptent ou qui intègrent tout ce qui se fait, qui se renouvellent.
- Lee-Ann
Même le personnage, tu le vois, t'as envie de le regarder, il est magnétique. Il mélange... Pareil, des styles de musique. J'aime bien, comme je crois qu'il le disait, qu'il arrive un peu à rendre des idées musicales un peu complexes, à le transmettre un peu plus au grand public et le rendre pop. J'adore la musique pop et même sa voix, ses chansons.
- Daz
il touche quelque chose de vraiment magique en fait je trouve pour en revenir à Bowie le chien ça me fait rebondir sur l'autre question de Stéphanie Lillemort si tu étais un animal, lequel serais-tu ?
- Lee-Ann
ouh moi on m'a déjà dit Une amie qui a fait un peu un trip psychédélique m'a appelée en plein trip pour me faire part d'une révélation. Et la révélation, c'était que mon animal, c'était le pingouin. Je ne sais pas trop comment le prendre, mais voilà, donc j'irai avec le pingouin.
- Daz
C'est mignon un pingouin.
- Lee-Ann
C'est mignon, c'est marrant, ça marche un peu comme ça. Elle m'a dit que c'était aussi parce que je marchais comme ça. Donc c'était assez drôle. Et puis c'est à l'aise dans l'eau. Ouais, moi j'aime bien. J'aime bien l'eau froide. Non, j'aime bien tous les animaux. J'adore les observer. J'adore leur présence. Et donc, voilà, ce sera le pingouin pour cette fois.
- Daz
OK, on va rester sur le pingouin, Steph. Aujourd'hui, tu te sens plus surfeuse, plus musicienne ? C'est un mix des deux ? Tu définis comment ? Ou tu n'as pas besoin de répondre à cette question ?
- Lee-Ann
Si j'ai plus l'une ou l'autre ?
- Daz
Ouais.
- Lee-Ann
Non, je n'ai pas. Moi, je crois... Vraiment, dans le fait que tu n'as pas de plus ou moins. Ces choses peuvent exister en même temps, des fois de manière aussi intense. Je pense que je suis le des deux.
- Daz
Et aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est dur aujourd'hui, en 2026, de vivre de la musique. Est-ce que c'est le cas pour toi ? Ta carrière de surfeur qui te permet de continuer à faire de la musique ? Comment ça s'articule au quotidien ?
- Lee-Ann
Pour moi, je n'ai pas encore trouvé le... La clé pourrait être faire fortune avec la musique, mais on peut en vivre. En plus, en France, on a de la chance d'avoir l'intermittence, il y a des moyens d'en vivre. Je pense qu'aussi le fait d'avoir fait les deux avec le surf, le côté un petit peu business modèle de la musique, je ne l'ai pas encore trop. Fait à fond, mais après, je pense que si tu as des placements dans des films ou la synchro, ou que tu fais des tournées, tu peux vivre de la musique. Mais pour l'instant, vu que je fais encore beaucoup de surf, ça reste un peu plus un truc complémentaire.
- Daz
Aujourd'hui, tu as la chance d'avoir des sponsors en surf qui te font confiance ou en tout cas soutiennent. tes différents projets ?
- Lee-Ann
J'ai énormément de chance de pouvoir faire partie de cet écosystème. C'est fou de me dire que mon surf peut un peu contribuer à une image d'une marque et que je peux faire ce que j'aime comme métier. C'est une chance extraordinaire. J'en profite.
- Daz
Tu parlais justement de projets de musique à l'image. Tu en as fait pas mal. Raconte-nous un peu en détail comment ça se passe. Tu as fait ça jusqu'à présent pour des films de surf essentiellement, j'imagine ?
- Lee-Ann
J'ai fait essentiellement des films de snow aussi. Un peu des vidéos de skate et le documentaire que j'avais fait. fait. Donc ça se passe, en fait chaque film est complètement différent et unique et c'est un peu toujours un travail avec la personne qui réalise, d'essayer vraiment d'aller toucher ce qu'ils veulent en fait, de mettre en valeur. les images du film.
- Daz
Raconte-nous comment tu fonctionnes. Les images sont déjà montées et toi, tu crées la musique à partir des images ou est-ce que c'est le contraire ? Est-ce que le réalisateur te demande de faire des morceaux, il te donne des références, des inspi, il te demande de faire les morceaux et il monte les images après ?
- Lee-Ann
Il y a pas mal de cas de figure, mais des fois, en fait, ils font un pré-montage avec des chansons sur... des chansons qu'ils ou elles choisissent. Donc là, tu as un petit peu des inspirations ou des intentions. Par exemple, on a fait une bande-son de film avec Alex Nost et on a fait un live improvisé sur une demi-heure et là, il a tout pris. Et ça, c'était la bande-son du film. Il a monté sur le son. Donc ça, c'était... Une autre façon de faire, des fois, c'est un peu plus à l'aveuglette. Il te demande de faire un peu ce style. Quand j'ai fait avec Patrick Treves, il me demandait... Il voyait peut-être des petits extraits de choses que j'avais faites et il me demandait quelque chose dans cet esprit. Donc, je lui envoie les chansons et puis lui, il fait ce qu'il veut avec. Donc, des fois, j'ai le film monté dans ma session et je vais vraiment placer... un coup de batterie sur un turn. Là, ça va être beaucoup plus précis. Il y a vraiment plein de façons de faire différentes.
- Daz
C'est plus contraignant dans ce cas-là ?
- Lee-Ann
Pas forcément plus contraignant. Moi, j'aime bien avoir le film comme ça. Tu peux jouer en regardant et après, tu te rends compte de ce qui marche ou pas. Le fait d'avoir grandi à regarder des films de surf, à faire des petits montages. Même adolescente, tu vois, d'essayer de faire mes films de surf et tout ça. Je pense que ça m'a aussi donné un peu les bases pour savoir ce que veulent potentiellement les réalisateurs ou les surfers. Aussi, c'est important pour les surfers d'aimer la musique de leur part, en fait. Ou les snowboardeurs. Snowboardeuses.
- Daz
On mettra dans le descriptif du podcast les liens des films qu'on pourra regarder.
- Lee-Ann
Ok.
- Daz
C'est quoi tes projets à venir ?
- Lee-Ann
Mes projets, là, je sors quelques morceaux en solo. C'est ce que je n'avais pas fait depuis un petit moment.
- Daz
Donc, sous le nom Liane Curren.
- Lee-Ann
J'en ai sorti un il y a trois semaines qui s'appelle Winter Ballad. C'est un morceau que j'ai mis beaucoup de temps à finir. Avec le projet Malentendu, j'ai un peu mis mes morceaux persos de côté pour un moment. Là, l'idée, c'est d'en sortir quelques-uns, peut-être faire ou un EP ou un album. Et quelques trips cette année du surf et d'autres choses encore en perspective. Pour l'instant, c'est ça.
- Daz
T'as les concerts prévus ?
- Lee-Ann
J'aimerais bien faire une tournée, peut-être vers le mois de juin. Donc voilà, il faut que je m'organise un peu.
- Daz
Mais sous quelle forme ?
- Lee-Ann
Sous la forme... Idéalement, ce qui serait cool, ce serait de faire un peu de tout en même temps. De faire...
- Daz
C'est quoi, c'est Malentournus qui fait la première partie de Liane Corrêne ?
- Lee-Ann
Ouais, ou le contraire. Et Anne Curren, je peux faire un peu la première partie. Hop, changement de tenue. Et malentendu. Je pense à Cyprète. C'est un peu d'être artiste indépendant. Ce n'est pas facile. On a beaucoup d'organisations, beaucoup de trucs à gérer. Et du coup, si on peut un peu unir les forces et faire un peu des projets, si on va faire des performances, de montrer tous les projets en même temps, je trouve que ça peut être une bonne idée. donc voilà c'est un peu en cours d'organisation mais j'ai quelques dates qui se profilent pour juin donc je vais essayer de mettre ça en place
- Daz
Tu vis comment le live de joueur devant du public ta musique ?
- Lee-Ann
J'adore ça j'adore le côté un peu c'est une nouvelle version du morceau il y a un truc très euh Unique à chaque concert et l'ambiance et le public, ça peut aussi contribuer un peu à l'énergie de la performance. Donc j'aime beaucoup ça et c'est surtout le travail en amont, c'est de trouver la meilleure formule pour être un peu fidèle au morceau, mais rester un peu spontané dans le live aussi.
- Daz
Tu as beaucoup joué déjà, tu as eu plein d'expériences, tu as fait des premières parties d'artistes connus, tu as fait des festivals. Raconte-nous un peu toutes tes expériences diverses et variées sur le live en musique.
- Lee-Ann
Différentes expériences, comme de jouer soit dans un bar avec deux personnes, que j'ai eu souvent. Ou faire des premières parties. J'ai fait pas mal de premières parties d'Isia pour mon premier EP. Donc c'était génial parce que c'était des salles remplies d'un super public.
- Daz
Et justement, le public, il est comment ? Parce qu'il attend l'artiste principal ? Oui, ça,
- Lee-Ann
ça ne peut être pas évident. Mais en tout cas, le public d'Isia, ils étaient super chouettes. Ils respectaient énormément. Et ma musique passait bien. Ce n'était pas la grosse déception. Des fois, je voyais un peu les enfants. Moi, ça me l'a fait quand j'ai eu mon premier concert. Je voulais aller voir les cranberries. Ma mère m'a amenée. Là, je vois un autre groupe. J'étais là, mais non, on s'est trompé. Grosse déception. Des fois, je le voyais un peu dans le regard. Je leur disais, c'est easy, elle va arriver après. Mais ce fois-là, c'est... Oui, c'est chouette aussi. J'aime bien les petits concerts où tu t'attends à rien. En fait, ça devient une super soirée. Le public est vraiment au rendez-vous. J'ai bien aimé, j'avais fait un concert à Osgore où tu étais là aussi, un peu avec mes machines et tout ça, à l'époque où je commençais mon projet solo. Ça, c'était un concert qui était cool.
- Daz
C'est quand on avait fait le festival. Oui,
- Lee-Ann
pendant le festival.
- Daz
Avec Rory.
- Lee-Ann
Oui, celui-là, il était cool. Donc, c'est souvent des bonnes expériences. Même si ça ne se passe pas comme tu voulais, il y a toujours un truc à... à apprendre et à améliorer.
- Daz
Donc ça, c'est quelque chose que tu as encore envie de faire, de développer sous des formes différentes ?
- Lee-Ann
Oui, bien sûr, j'ai envie de le faire et de le faire bien. J'aime beaucoup jouer en live, j'aime jouer de la musique. Mais après, le mode de vie de faire des tournées, c'est quand même super fatigant et ce n'est pas la même fatigue que quand tu surfes. C'est pas facile, mentalement aussi. Donc je pense que ce serait plus contenu sur des tournées, peut-être deux mois par an. Mais je ne me vois pas vivre sur la route, dans un bus, et faire que ça non plus. Je préfère faire du studio, faire des morceaux, et puis faire quelques tournées qui me correspondent et me ressemblent. Et faire que ça marche aussi pour ma vie.
- Daz
Est-ce qu'on peut dire que tu es d'une nature plutôt réservée ?
- Lee-Ann
Oui, ça dépend.
- Daz
Et justement, de te mettre comme ça, de t'exposer, de partager ta musique devant des gens que tu ne connais pas, c'est une forme de violence interne ou tu prends du plaisir ?
- Lee-Ann
Pour moi, c'est une performance. C'est pas comme mettre dans un repas autour d'une grande table et devoir parler avec tout le monde. C'est pas du tout la même... Là, tu viens, t'as un peu tes petits rituels, tu fais ton concert. Pour moi, c'est différent. C'est une forme d'expression artistique, mais c'est pas... C'est pas comme d'être dans une salle pleine où tu dois parler à tout le monde. Moi, c'est ça qui peut me fatiguer ou je peux me dire que je suis peut-être réservée parce que j'ai du mal à gérer beaucoup d'interactions en même temps. Mais quand tu fais ton concert, tu montes sur scène, t'as tes musiciens, tu joues. C'est pas exactement le même échange, en fait.
- Daz
C'est toi qui choisis.
- Lee-Ann
Ouais, c'est toi qui choisis. C'est un spectacle aussi. T'as un peu un masque. Enfin, pas un masque, mais t'as ta tenue. Et t'as la musique, en fait. La musique, c'est quelque chose qui est... Tu vois, quand tu joues fort, tu sens les vibrations que tu te mets dedans. C'est plus ça, pour moi, qui... J'aime pas parler entre les morceaux, par exemple. Ça, j'ai du mal.
- Daz
T'es pas du genre... Salut, c'est moi ! Salut, Toulouse !
- Lee-Ann
Ouais, salut tous ! Non, non, mais par exemple, ça se travaille. Je sais que c'est un des trucs que je dois travailler.
- Daz
Ok. Par contre, tu parles justement de tenue. J'ai remarqué que sur le projet Malentendu, l'aspect visuel est quelque chose de très important.
- Lee-Ann
Ouais, et pour moi, c'est un projet, donc on est deux sur ce projet. Et l'autre personne, c'est Maya Ibar, qui est... Une artiste peintre, elle est franco-américaine aussi, mais elle a grandi à New York, elle était à l'école d'art là-bas et elle fait de la performance aussi, donc elle a beaucoup plus de savoir sur tout ça et d'expérience. Et donc depuis le début, c'est assez important, donc les chorégraphies, la tenue, l'univers. Et je trouve que ça m'a vraiment énormément appris. C'est une des facettes du projet que j'aime beaucoup. Ça fait énormément la scénario. Parce que quand je vais faire mes trucs en solo, Liane Curène, je viens, je suis moi, et j'ai ma même tenue que... Oui, je vais peut-être m'habiller un peu différemment, mais peut-être que ça manque un peu d'un univers... J'ai mon univers, comme tu dis, peut-être, qui est un petit peu ma personnalité. Mais le fait d'avoir un peu une scéno en plus, une histoire en plus, ça permet de vraiment rentrer dans la performance différemment. Et donc, moi, ça m'apprend beaucoup de faire ça.
- Daz
On arrive bientôt à la conclusion de ce podcast. Liane Cohen, dans 20 ans, elle fait quoi ?
- Lee-Ann
Toujours elle-même. Enfin, je ne sais pas. Dans 20 ans, je me vois bien un peu faire la même chose. J'aime bien, j'aime bien ma vie. Mais après, on verra ce que... On verra... Ouais.
- Daz
Tu te projettes ou tu vis les choses comme elles se présentent ?
- Lee-Ann
Je vis un peu... Enfin, je fais un petit peu un mélange des deux. Mais je vis... Peut-être que je me projette à 2-3 ans, en général. Mais à 20 ans, c'est... Du coup, ouais, j'aurais presque... C'est 60 ans. C'est ça ? Waouh ! J'aurais 57. Je pourrais faire un petit peu mes petites tournées avec mes synthés, ma guitare. Je ne sais pas, ça me paraît pas mal. Red Space Lady.
- Daz
Tu surferas toujours ?
- Lee-Ann
Je serai encore un peu plus... Mon caractère va s'affirmer encore plus parce que au bout d'un moment, tu... Je pense que tu te deviens un petit extrapol un peu certaines caractéristiques. Et voilà, je continuerai de surfer. Je mettrai peut-être un peu plus de braque. Parce que voilà, tu peux quoi. Je surferai des planches encore plus bizarres. Et ouais, j'aurai la peau, j'aurai des bonnes rides. Et voilà, c'est un peu la même sinon.
- Daz
On va rester sur cette bonne projection. Ça donne envie d'y aller.
- Lee-Ann
C'est pas mal.
- Daz
Merci beaucoup, Liane. Merci à toi. Je trouve que c'était un échange qui te ressemble. Freestyle, libre et très sincère. On va vous mettre tous les liens de tes morceaux, de tes différents projets musicaux et tous les films sur lesquels tu as contribué au niveau de la bande-son. Encore un grand merci à toi.
- Lee-Ann
Merci à toi. Bravo pour ce podcast et j'ai hâte d'écouter les autres et tout ce que tu fais dans le futur.
- Daz
Merci beaucoup. A bientôt. Ciao.