- Speaker #0
Quand je suis arrivé aux Echos, j'étais un petit peu traumatisé par le format court en me disant que c'était trop court, que ça ne va pas du tout. J'avais envie de respirer, et c'est pour ça que je suis allé en priorité reconquérir du long. Au début, je pensais qu'on allait faire du 8 minutes, mais très vite, ça montait vers du 10-15. C'est d'abord mon parcours qui veut ça. Chez Konbini, je n'ai pas aimé l'expérience du... de ce que les plateformes nous ont imposé, et j'avais beaucoup l'impression de voler un petit peu l'attention des gens. Donc il y a déjà vraiment une idée perso derrière, et c'est lié à mon parcours.
- Speaker #1
Bienvenue dans Deep Media, le podcast qui décrypte les médias à l'ère du numérique. Je suis Julien Bougeaud, consultant social-média et IA générative, mais avant tout passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. DeepMedia, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. Pierre Schneiderman, bonjour et merci de participer à ce podcast et d'être le 14ème invité au micro de DeepMedia. Donc si mes informations sont exactes, vous êtes responsable vidéo pour le journal Les Echos. Auparavant, vous avez notamment travaillé au sein du Média en ligne Comini, et on a déjà eu le plaisir de discuter quelques minutes ensemble lors d'un précédent épisode de DeepMedia, que l'on avait fait à l'occasion des rencontres de l'innovation éditoriale qui se sont tenues en février dernier. D'ailleurs, je mets le lien en description de l'épisode pour celles et ceux qui souhaitent l'écouter. Donc, pour commencer cette interview, bien que je vous ai succinctement présenté, je vous propose de nous décrire un petit peu plus précisément votre champ d'intervention au sein des Echos.
- Speaker #0
Eh bien, bonjour Julien, et merci de m'avoir invité. Je suis responsable vidéo des Echos, je suis arrivé il y a un an et demi, un petit peu plus maintenant, presque deux ans, en octobre 2024. Ma mission c'était à la fois de fédérer la nouvelle équipe vidéo qui était en train de se constituer, qui était déjà largement et presque totalement recrutée. Donc je suis arrivé quasiment le dernier pour superviser une équipe qu'ils avaient façonnée avant mon arrivée. Et aussi, et ensuite... repenser la ligne édito vidéo des échos et essayer en un mot de rajeunir un petit peu l'audience des échos via la vidéo et comment on pouvait faire ça.
- Speaker #1
Sacré challenge.
- Speaker #0
Après, ça c'était au début et après maintenant, en vitesse de croisière, c'est supervisé au quotidien la stratégie qui a été élaborée au début.
- Speaker #1
Donc principalement sur du YouTube ou de manière générale les plateformes vidéo ?
- Speaker #0
Alors moi, je m'occupe principalement de YouTube. On a aussi des vidéos d'actu que je supervise avec mon adjoint Harold qui vont sur les réseaux sociaux. Et il y a une partie des contenus vidéo quand même qui est faite par l'équipe des réseaux sociaux. On s'est réparti les tâches quand même. Certaines petites interviews, par exemple, comme celle de Dominique Seux ou Jacques Attali, ou de la couverture d'événements, ça, c'est plutôt l'équipe réseau social.
- Speaker #1
OK. Si on résume un petit peu, si on fait un petit état des lieux en quelques minutes, elle en est où, la chaîne YouTube des échos, aujourd'hui ? Comment est-ce qu'en termes d'audience, d'abonnés, de rythme, voire même d'ambition, qu'est-ce que ça donne un petit peu ?
- Speaker #0
Alors, quand je suis arrivé, j'ai oublié d'imprimer photographiquement dans ma tête combien il y avait d'abonnés. Je ne sais plus exactement. Je pense qu'on était autour de 260 000. Et la chaîne avait déjà 12 ans. En fait, il l'avait ouverte il y a super longtemps parce que les échos, c'était vachement cherché en vidéo depuis très longtemps. Et donc, il y avait eu plein d'expérimentations différentes. Et donc, il y avait quand même une petite masse d'abonnés, de 260 000 abonnés. Et au moment où je suis arrivé à ce moment-là, il n'y avait pas vraiment de stratégie sur YouTube. Et ils mettaient tout. Il y avait beaucoup de vidéos d'actu parce que les journalistes vidéo qui étaient déjà là, on leur demandait de faire beaucoup des sujets d'actu. Il y avait aussi quelques business stories qu'ils essayaient de faire sur l'entente en livre que j'avais beaucoup aimé et qui m'ont inspiré. Et il y avait aussi déjà un format, ils avaient déjà commencé une collaboration et qui continue aujourd'hui avec la boîte de prod Upian, pour faire un format qui s'appelait « Ça s'explique » et qu'on a rebrandé complètement et changé même, et qui s'appelle maintenant « Macro » et qui est destiné à la macroéconomie. Donc, on était sur une chaîne. où il se passait des choses, mais où ce n'était pas totalement, je pense, harmonisé et pas très clair. Et donc, du coup, ce qu'on a fait, c'est vraiment, quand je suis arrivé, j'ai fait des formats, j'ai tout harmonisé avec des formats, des miniatures qui sont très repérables et une manière de faire les vidéos où elles ont tout un point commun, c'est quand même, on a le journaliste en studio qui raconte une histoire. et on a revu tous les titres, la manière de faire les titres, la manière d'écrire et tout. Plein de choses, mais ce qui fait qu'au final, aujourd'hui, on est à 460 000 abonnés. Donc, c'est 200 000 de plus, ce qui n'est pas trop mal. On en gagne encore à peu près 10 000 par mois, j'ai l'impression. On poste beaucoup moins parce qu'on a arrêté de mettre des vidéos d'actu sur la page principale. Elles ne vont qu'en short. La partie vidéo classique de YouTube, c'est que trois vidéos par semaine maximum. Et en ce moment, c'est deux parce qu'on est en été. Et les vidéos d'actu, elles vont en short, mais elles ne vont certainement pas en long. On laisse en plus de dix minutes. On ne met que du premium. On ne met pas autre chose.
- Speaker #1
Intéressant. Si je parle d'une notion de contenu evergreen, c'est un petit peu ça qui est en filigrane sur ce qui se passe au niveau.
- Speaker #0
Moi, la plupart du temps, on a des sujets qui sont evergreen parce qu'ils sont tièdes ou froids. Donc, on peut les regarder quasiment tout le temps. Et puis, on s'est rendu compte aussi que YouTube commençait à les traduire automatiquement dans d'autres langues. Et on se dit même qu'ils sont evergreen dans d'autres pays. On pense que ça pourra peut-être intéresser d'autres pays, on espère. Par contre, les shorts qu'on fait, ça nous prend beaucoup moins de temps. On y consacre beaucoup moins de moyens. Eux, ils sont vraiment chauds.
- Speaker #1
Ok, hyper intéressant, et c'est vrai que j'ai beaucoup regardé la chaîne et pas mal analysé un petit peu les contenus, et c'est vrai que les contenus qu'on peut trouver dans les vidéos longues, effectivement, c'est des contenus qu'on pouvait consulter il y a 6 mois, qu'on pourra consulter facilement dans quelques années, ça aura toujours beaucoup de valeur. Ouais,
- Speaker #0
à part certains, on répondit quand même sur l'actu un tout petit peu plus, par exemple quand on a fait la vidéo sur comment Patrick Drahi a essoré SFR, c'était lié à la vente de SFR. Ce sera moins regardé une fois la vente de SFR terminée. Il y a quand même certaines vidéos, très rarement, qui sont chaudes, par exemple. Pourquoi le blocage du Détroit d'Hormuz pourrait coûter très cher ? Celle-là, elle ne sera pas regardée dans un an. Mais c'est vraiment une vidéo sur 30 qui est comme ça. C'est très rare.
- Speaker #1
Et puis c'est des vidéos qui sans doute ont connu un pic aussi dans la consommation au moment où la mûtu était vraiment très forte. Mais là je pense par exemple, j'en ai regardé une sur la terre battue à Roland-Garros par exemple.
- Speaker #0
Elle reviendra chaque année, elle est saisonnière.
- Speaker #1
Typiquement celle-ci elle va générer de l'audience, c'est sûr pas au mois de décembre, mais à partir du printemps ça devrait plutôt bien fonctionner. Je lui ai dit tout à l'heure dans ton parcours, tu viens de Combini. Combini c'est quand même la chantre du contenu court. Et donc, là, maintenant, aux échos, tu produis quand même pas mal de contenu long. Beaucoup de contenu court, tu disais, pour les contenus d'actu. C'est quoi, un petit peu, comment est-ce que tu dis, comment est-ce que tu vois plutôt l'avenir du format long ? Est-ce que tu penses que vraiment ces plateformes-là, maintenant, elles sont vraiment taillées pour la consommation du contenu long ou le contenu court et encore le contenu majoritaire et celui qui va générer plus d'audience et plus d'attractivité ?
- Speaker #0
Ben... Déjà... Moi, je crois plus en mon fort intérieur au contenu plus long. Quand les contenus... En fait, chez Konbini, j'ai assisté un peu avec tristesse... En fait, j'ai assisté avec tristesse à déjà une première vague de raccourcisation. Comment on dit ? Une première vague de... Réduction,
- Speaker #1
raccourcisation.
- Speaker #0
Réduction. Il n'y a pas de mot. De réduction des contenus. Parce qu'en fait, quand je suis rentré chez Konbini, la mesure... étendard d'une vidéo, c'était 5 minutes à peu près, et c'était du format Facebook carré. Et ça me plaisait beaucoup, 5 minutes, je trouvais qu'on avait le temps de dire des choses, et c'est comme ça que j'ai appris à faire de la vidéo au début, c'est en faisant du 5 minutes, et ça me plaisait beaucoup, et on a vu arriver Insta, enfin d'abord Snap, puis Insta, et ensuite TikTok, dans cet ordre-là, et petit à petit, on a vu que les formats de... 5 minutes ne marchaient plus du tout, et Combini a fait vachement plus de formats courts de 1 minute, 1 minute 30, 2 minutes, parce que c'était ce qui était demandé par les plateformes, favorisé par les plateformes. Les Facebook ne marchaient plus du tout, mais Combini a quand même toujours continué en parallèle du long sur YouTube. Ça n'a jamais été totalement abandonné, mais moi dans mon secteur, plutôt dans la tech que je supervisais, j'ai plutôt assisté à un appauvrissement. Ça m'a beaucoup saoulé, je trouvais qu'on pouvait dire beaucoup moins de choses, et ce n'était pas une contrainte qui me plaisait. Il y en a qui, cette contrainte, plaît beaucoup, parce qu'ils adorent la contrainte de faire passer plus d'informations en peu de temps, ils trouvent que c'est un vrai challenge journalistique. Moi, je n'aime pas. Donc, quand je suis arrivé aux Echos, j'étais un petit peu traumatisé par le format court, en me disant, mais non, c'est trop court, ça ne va pas du tout. j'avais envie de respirer et c'est pour ça que je suis allé en priorité reconquérir du long et aller chercher du au début je pensais qu'on allait faire du 8 minutes mais en fait très vite ça montait vers du 10-15 donc ça c'est d'abord mon parcours qui veut ça c'est que j'ai combini j'ai pas aimé l'expérience de ce que les plateformes nous ont imposé et j'avais beaucoup l'impression quand même de voler un petit peu l'attention des gens. Donc, il y a déjà vraiment une idée perso derrière et c'est lié à mon parcours. Et après, si je réfléchis en dehors de ma propre expérience, je pense que les formats moyens et YouTube vont mieux survivre, ont plus de chances à l'avenir de survivre face aux contenus très courts. Je pense. Je peux me tromper. Je suis vraiment... Tu peux vraiment me tromper, personne n'a la réponse. Mais déjà, quand je vois que les réseaux sociaux ont été interdits au moins de 15 ans en France, déjà, en fait, on commence vraiment à prendre plus de recul par rapport aux réseaux sociaux en général et à se dire qu'on commence à mesurer un peu plus, je pense, leur toxicité. Et YouTube s'en sort quand même beaucoup mieux parce qu'on considère que c'est une plateforme beaucoup plus hétéroclite et où il n'y a pas de contact direct entre les gens. Donc en fait, ce que j'aime bien sur YouTube, c'est que c'est fondamentalement une plateforme de contenu, alors que les réseaux sociaux restent fondamentalement des réseaux sociaux. Et moi, je crois plus à l'avenir d'une plateforme de contenu que d'un réseau social.
- Speaker #1
Finalement, la dynamique qu'il y a sur YouTube, aussi la diversité, c'est marrant, on peut faire aussi un parallèle, il y a une quarantaine d'années, avec ce qu'étaient les radios libres à l'époque, c'est-à-dire quelque chose qui s'est ouvert et où chacun y va un peu avec son format, avec ses envies, etc.
- Speaker #0
Ouais, avec des petites précautions, parce que les radio-libres n'appartenaient pas à Google, mais on peut enlever avec des petites précautions, oui, peut-être.
- Speaker #1
Avec des petites précautions. Ouais, je trouve qu'il y a un petit testerie aussi, où chacun y va un peu avec son format, et en plus, on voit notamment, là, pour revenir sur la consommation, on voit que la consommation au long cours, en plus, j'imagine que les stats que tu regardes sur la chaîne, tu le vois, le watch time, il est de plus en plus long, et on se rend compte quand même que ces contenus longs ont tendance à plutôt très bien performer.
- Speaker #0
Et puis même, ça je l'ai découvert après coup, mais on est de plus en plus regardé sur la télé. Et ça, ce n'est que sur YouTube. Et ça, on ne l'aura jamais avec les autres réseaux sociaux. Donc c'est agréable, je trouve que les gens nous regardent sur la télé. Donc ça fait plaisir. Et je pense que du coup, les gens sont plus concentrés et retirent plus quelque chose de nos vidéos. Et alors là, dernière news qui date quand même de la semaine dernière. on se rend compte que les vidéos YouTube sont aussi favorisées dans le Google IE Overview. Donc, je me dis, là, pour l'instant, aujourd'hui, deux ans après avoir choisi YouTube, là, je choisirais encore YouTube. Peut-être que ce ne sera pas le cas dans deux ans. Peut-être que pour des questions de souveraineté, à un moment, et que ça va très mal se passer avec les États-Unis, on aura des problèmes avec toutes les plateformes américaines, je ne sais pas. Mais là, s'il fallait faire encore un choix aujourd'hui, ce serait YouTube.
- Speaker #1
Oui, complètement. Je reviens juste un peu de contexte. Effectivement, on enregistre le 29 juillet et l'AI Overview est arrivé en France il y a une semaine tout de suite. Une semaine, oui. Le 22. Donc voilà, c'était juste pour ceux qui écouteront pour qu'on ait un peu de contexte. Par rapport aussi aux vidéos qui sont faites, alors il y a le sujet, effectivement, les échos, voilà, sujet économique, pas toujours évident à mettre en musique et en scène. On reviendra un peu là-dessus. Et aussi, je me suis amusé à regarder un petit peu sur le top des vidéos, on va dire que j'appelle nouvelles organisations, c'est-à-dire celles qui ont été faites sous... Sous ton égide, je vois, donc là j'en ai noté deux, j'en ai noté une en neuf mois qui a fait 683 000 vues sur ce que la carte des kebabs révèle de Paris, et une autre qui a fait 585 000 vues en cinq mois du kebab au club d'investisseurs Hakeem Bennettman raconte-t-il des salades ? Voilà, ces deux sujets qui sont ceux qui ont fait en général plus de vues sur les derniers mois, qu'est-ce que ça t'inspire un petit peu sur ? la consommation et sur ce qui est fait sur Youtube ce que vous faites sur Youtube et les sujets qui sont en attente deux réflexions différentes petit 1 il y a une grosse appétence pour les kebabs sur Youtube ça effectivement si vous voulez faire des vues faites un sujet kebab ça marche toujours le
- Speaker #0
kebab n'est pas mort et ça m'inspire aussi la réflexion qu'on Les deux sujets dont tu parles, c'est deux sujets ultra différents. Il y en a un, c'est un plan carte, et l'autre, c'est un business drama. Le plan carte, c'est fait par Jules Grandin, et c'est un format mi-géographique, mi-humoristique. J'espère qu'il m'autorisera à le présenter comme ça. Et du coup, il y a plein de blagues sur ce sujet kebab, dans tous les sens, mais ça parle en même temps de géographie, de sociologie et d'économie un petit peu, aussi. Mais il y a quand même une vibe assez divertissante. on est vraiment sur de l'edutainment. Alors que le business d'Arma, le roi du kebab, là, on est complètement... C'est un des sujets les plus enquêtés qu'on ait fait, qui a demandé le plus d'enquêtes parce qu'il a fallu trouver des choses ou au moins fouiller le plus possible sur Hakim Benotman. Et ça, c'est Fleur qui l'a fait. Et c'était beaucoup de temps et c'était compliqué. On n'est pas super calibré pour faire des vraies enquêtes. donc on a fait qu'on a pu et avec nos moyens et voilà donc mais tout ça pour dire que c'est pas du tout la même vidéo que le plan carte qui est humoristique et donc ça montre qu'il y a quand même une appétence pour deux trucs ultra différents d'un côté un contenu edutainment un peu divertissant de l'autre un contenu une enquête premier degré sur sur
- Speaker #1
Hakim Benotman raconte-t-il des salades et est-ce que ça nous raconte pas aussi quelque chose d'autre sur l'audience
- Speaker #0
qui vient consommer les échos qui je pense qui est bien différente de celle qui lit le papier alors oui l'audience elle est ultra différente enfin ultra différente elle est bien différente du papier parce que il y a deux choses au moins trois choses c'est que déjà elle est plus jeune on touche en priorité les 25 ans voilà c'est notre quand on regarde les stats c'est principalement enfin pardon pour être plus exact c'est la case des 25-35 parce que YouTube décompose comme ça je crois C'est eux qui nous regardent en priorité. Et ça, c'est bien parce que c'est les personnes qu'on voulait toucher pour renouveler un petit peu l'image des échos, pour faire connaître les échos chez les plus jeunes. C'est plus juste de le dire comme ça. Ce que ça dit aussi, c'est aussi que la chaîne, je l'ai voulu dès le début, très populaire. J'essaie de faire en sorte que les vidéos intéressent tout le monde, même ceux qui ne s'intéressent pas à l'économie ou au business. Le journal est un petit peu différent parce que c'est quand même pour un public un minimum averti que ce soit en économie ou en business et souvent qui est en entreprise. La chaîne YouTube, non, elle est 100% grand public et ils ne m'avaient pas forcément demandé ça aux échos. Je n'avais pas là-dessus des ganades bien précises mais moi je trouvais ça plus intéressant. de faire connaître les... En tout cas, moi, ça m'intéresse de faire des vidéos pour le plus large public possible. Et je pense qu'aussi, pour les échos, c'est aussi plus intéressant que ça touche le plus de public possible. Et dernière chose à savoir, quand même, notre chaîne est très masculine. Alors, je ne sais pas si le kebab est un sujet spécialement masculin. Je pense que oui, quand même, plus. Et en tout cas, notre chaîne, elle est consultée, je pense, par 94% d'hommes, je crois. Ah oui ? Donc, oui, c'est ultra... C'est ultra fort. On essaie parfois de contrebalancer avec d'autres sujets, ça ne marche pas tout le temps, et je pense que ça s'explique parce que YouTube, de base, est une plateforme vraiment masculine, peut-être plus que les réseaux sociaux même. Donc on est déjà sur une plateforme masculine au départ, et l'économie et le business sont aussi des sujets qui font que ça intéresse, je pense, à la base des audiences plus masculines, et les sujets où c'est plus équilibré. On arrive maximum, je pense, à un ratio de 70-30. 70% d'hommes, 30% de femmes. À mon avis, c'est très difficile de faire plus.
- Speaker #1
Tu as un objectif à ce niveau ? Non,
- Speaker #0
j'ai un objectif. On me dit que ce serait bien. Moi, je pense que ce serait bien aussi. Les journalistes pensent que ce serait bien. On aimerait tous le faire. Mais dans le fait, on n'y arrive pas tous les jours. Parce que ça veut dire que... On ne sait pas trop comment le faire, parce que même en faisant des sujets sur des poutaux, donc ça, c'est quand même un cliché, mais c'est ce qui a changé. C'est que si on fait des sujets sur des marques de vêtements, il y aura une audience plus féminine, mais on ne peut pas en faire mille non plus, on en a déjà fait pas mal. En revanche, ce qu'on sait, c'est qu'il faudrait faire peut-être des sujets plus sociétaux. et que là les sujets plus sociétaux par rapport à l'économie ramèneraient peut-être plus de femmes et on le voyait avant dans le format ça s'explique mais tel que j'ai construit la grille et peut-être sûrement à cause de mes biais les sujets sont plus éco business et géopolitique. C'est aussi l'appétence de mon équipe des journalistes. Les journalistes sont quand même quatre hommes et quatre femmes, par contre, c'est complètement... c'est la parité. Mais on n'a pas réussi à trouver un super format de sujet de société. Peut-être que si on l'avait, on le ferait, mais de fait, ce n'est pas ce qui émerge trop... Non, mais en même temps, je dis ça parce qu'il y a des formats, donc c'est logique. Mais il n'y a pas eu de super méga envie. parce que moi aussi quand même quand j'ai fait la chaîne YouTube des échos enfin quand on l'a refaite quand je l'ai repensé et qu'ensuite on l'a refaite avec les journalistes parce que c'est vraiment on leur doit presque tout c'est moi quand même au départ j'avais vraiment envie qu'on se mette sur la niche très forte de l'économie parce que je me suis dit il faut aller vraiment là dessus il y a le moins de concurrence et là dessus qu'on trouvera le plus de de... de sujets intéressants, niches inattendues, avec des compétences dans la rédaction et tout. Et du coup, c'est aussi parce que j'ai voulu cette niche de l'économie qu'on a moins de sujets sociétaux. Ça s'explique aussi pour ça.
- Speaker #1
Ok. Oui, mais hyper intéressant. En tout cas, c'est vrai que souvent, on a tendance à avoir des chaînes YouTube qui sont un peu plus équilibrées dans les profits. Par rapport aux chiffres que tu nous donnes, c'est assez dingue. C'est la fin de la première partie de cette interview de DeepMedia avec Pierre Schneiderman, responsable vidéo pour le journal Les Echos. Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite de cet échange où l'on va continuer d'explorer le futur des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez des commentaires et étoiles adéquates. DeepMedia, c'est désormais une newsletter mensuelle pour poursuivre les sujets majeurs, un outil d'exploration du podcast Explore DeepMedia ainsi qu'un chatbot de veille IA et Média appelé IA Media Lab. Pour accéder gratuitement à ces 3 outils, je vous mets les liens en commentaire d'épisode. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisé en IA générative et social media. A très bientôt !