Speaker #0Bienvenue dans des fleurs et des pastèques, le podcast où on parle vrai. Parfois doux, parfois cash, mais toujours sincère. Un peu comme une pastèque. Ici, on déconstruit, on comprend, on explore, on ose. On se relève avec subtilité et grâce, sans artifice. So, c'est parti ! Bonjour à tous, bonjour à toi, j'espère que tu vas bien, j'espère que tu commences une très belle année 2026. Je n'ai pas eu encore l'occasion de te le souhaiter de vive voix, donc allez, je me lance. Bonne année, bonne année 2026, j'espère que tu auras évidemment une très belle santé, que tu l'as déjà, et que tu l'auras, que tu vas la préserver, que ça soit mentalement, émotionnellement et physiquement. Et évidemment que tous les projets que tu souhaites, dont tu rêves, se réaliseront. Et que tu puisses te sentir alignée, heureuse, fidèle à toi-même. C'est vraiment ce que je te souhaite. Ok ? Et à mon tour, pour cette saison 2 de Des Fleurs et des Pastèques, mon intention, c'est vraiment d'être beaucoup plus dans la spontanéité. D'être un peu plus détachée de mes notes. Parce que c'est vrai que pour la première saison, c'était le début. Je me lançais à peine en podcast. C'est pas pareil. C'est vraiment pas pareil. Le format court, forcément... C'est pas pareil, c'est un peu plus travaillé. Le format long, il est moins travaillé, mais évidemment il est toujours travaillé parce qu'il y a une structure. Mais forcément ça demande plus de vulnérabilité, plus de ma personne. C'est normal parce que je prends plus de temps. Et pour cette année, pour cette deuxième saison de Des Fleurs et des Pastèques, j'ai vraiment envie d'être plus fidèle à moi. Pas que je n'étais pas, attention, mais juste détachée de prise de notes, plus dans la spontanéité encore une fois. Et c'est pour ça qu'en fait j'ai envie de commencer cet épisode sur le rejet, parce que c'est un sujet qui est très fort, je pense que c'est un sujet qui touche tout le monde, très clairement tout le monde. Évidemment pas de la même manière, évidemment on a tous notre façon à nous de gérer cet aspect-là, mais je pense qu'on est malheureusement tous touchés par rapport à ce sujet. Donc, d'où mon intention de commencer assez fort pour cette deuxième saison. Donc commençons ! Euh... par où je peux commencer ? Alors, déjà, il faut savoir que moi, pendant longtemps, donc là, je parle vraiment d'il y a quelques années, je ne me suis pas forcément posée de questions. Je n'étais pas une personne comme aujourd'hui, qui se remettait en question, qui s'introspectait, qui réfléchissait, qui conscientisait des choses, qui aimait intellectualiser des choses, analyser. Non, je n'étais vraiment pas ce genre de personne, pour le coup. Et donc... Ce que j'essaye de dire, c'est que je ne cherchais pas tant à m'accepter, je ne cherchais pas non plus à guérir quoi que ce soit de moi, j'étais juste là. Je suivais en fait le mouvement que la vie me proposait. Je faisais comme on fait quand on est enfant finalement. On réfléchit pas trop, on fait, on suit, puis aussi quand on est ado et un peu jeune adulte. On avance, on s'adapte à la vie sans trop y penser. Et pour le coup, c'était vraiment moi, je prenais ce qui venait et je faisais avec ce que j'étais moi. Je n'avais pas de réflexion consciente sur le rejet, en fait. Voilà, c'est ce que j'essaie de dire. Je ne me disais pas que je dois changer pour être aimée. Je ne me disais pas ce genre de phrase. Je n'avais pas ces mots-là. Et pourtant, pourtant, il y avait quand même quelque chose. Il y avait quelque chose qui était douloureux. Je n'arrivais pas forcément à mettre des mots dessus à l'époque. C'était un sentiment qui était étrange et aussi banalisé à force. Et c'était quoi ? C'était celui de ne jamais être vraiment à la bonne place. Et justement, dans cet épisode, je n'ai pas envie de te raconter forcément une histoire inspirante aujourd'hui, pas du tout. Je vais vraiment te raconter quelque chose de beaucoup plus commun, peut-être qui va pas être agréable, qui va te déranger, mais bon, on est là pour ça. Et c'est de répondre à la question de comment on peut se sentir rejeté sans même s'en rendre compte, comment on peut se détester aussi sans l'avoir décidé, et comment l'acceptation commence parfois le jour où on met... Enfin des mots sur ce qui a toujours été là. Donc c'est parti ! Le rejet pour moi, bah pour le coup, comme je le disais un petit peu avant, bah ça n'a pas été quelque chose de d'évident, dans le sens où c'était pas une évidence, c'était pas là, c'était pas clair, c'était pas spectaculaire, c'était pas forcément non plus nommé, c'était juste un climat. Tu vois ce que je veux dire ? Une ambiance. Un peu un arrière-fond. Je ne me sentais pas forcément exclue au sens clair du terme. Il y avait des moments où je me sentais exclue, mais ce n'était pas forcément ça qui primait. Je me sentais différente, un peu à côté, un peu en trop, sans savoir pourquoi. Et je ne pensais pas qu'on ne m'aime pas. Je pensais juste qu'il y avait quelque chose qui clochait chez moi. Et justement, c'est ce que j'essayais de te dire aussi au début, quand on est enfant, On ne remet pas en question le regard des autres, on ne se remet pas non plus en question soi, on ne se dit pas que le problème est extérieur, on se dit juste que, bah, en fait, il y a quelque chose qui ne va pas, et ce quelque chose, bah, c'est moi, tu vois ? Et le rejet, quand il est diffus, bah, il ne te dit pas que tu n'es pas aimé, il te dit, tu n'es pas comme il faudrait. En tout cas, moi, je me disais, bah, je ne suis pas comme il faudrait, il y a quelque chose qui ne va pas. Et parfois, bah, en fait, très clairement, je ne savais pas ce qui n'allait pas, hein. Mais juste, je savais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Par contre, il faut quand même que je sois claire avec quelque chose. Je ne cherchais pas à m'adapter. Tu vois, assez souvent, je peux dire dans mes épisodes, ou en tout cas dans mon contenu, qu'on peut vouloir s'adapter. Parfois, on s'adapte sans s'en rendre compte. Mais en tout cas, il y a une forme d'adaptation, parce qu'il y a une intention derrière. Peut-être pour recevoir quelque chose, pour l'amour de l'autre. pour la validation, etc. Mais là, c'est un autre sujet. Et moi, je veux être très claire sur quelque chose. Je ne me suis pas consciemment adaptée. Je n'ai pas forcément calculé mes comportements. Je n'ai pas non plus joué un rôle. J'étais juste une suiveuse où je faisais avec ce que la vie m'offrait. Et pour moi, ça, c'était naturel. Je suivais un peu les dynamiques. Je faisais comme les autres. Et je ne me posais pas la question de savoir si j'étais alignée ou non. Non, parce que je n'avais pas ce type de réflexion. Je n'essayais pas non plus d'être aimée. J'essayais juste... d'exister, d'être là sans forcément faire de vagues. Que ce soit dans ma famille, dans mes amitiés, à l'école. En fait, je n'avais pas ce sentiment de me trahir. C'est ce que j'essaie de dire. Je n'avais pas ce sentiment de me trahir. J'étais juste, encore une fois, là. J'avais l'impression d'être normale. Et c'est ça qui est important à dire. Et c'est pour cette raison que j'insiste là-dessus. On ne se rend pas toujours compte, quand on se met de côté, quand on n'a jamais appris à se mettre au centre. C'était mon cas, ça. Et là où je peux justement... utiliser une situation plutôt concrète dont j'ai déjà parlé dans d'autres épisodes, saison 1. J'étais un petit peu ce vilain petit canard. Bon, je n'aime pas trop dire ça, mais je l'étais, j'avais ce sentiment, parce qu'il y avait justement un aspect dans ma vie où le rejet est devenu très concret. C'était justement ma couleur de peau. Et là, ce n'était plus diffus, ce n'était plus implicite. C'était là, sous mes yeux. J'étais très clairement trop foncée pour certaines personnes dans ma famille. Différente, pas comme il le faudrait. Et je me souviens très clairement de ce sentiment, d'être le vilain petit canard. C'est hyper dur, c'est douloureux et ça a été très difficile. Très difficile et ce sentiment, je le détestais. Je ne le comprenais pas, je ne voulais pas être celle-là. Et je ne me disais pas non plus que je suis rejetée, attention, parce que je ne m'en rendais pas compte. Je me disais, en fait, c'est de ta faute Sandiana. Et je me détestais d'être comme ça, c'est ça qui est horrible. Et même quand je le dis encore aujourd'hui, ça fait mal, ça me frappe encore parce que c'était violent. Et en réalité, se détester pour quelque chose qui fait partie de toi depuis toujours, c'est dur. Et tu sais que j'étais vraiment allée loin. Je me lavais au citron, je mettais des crèmes éclaircissantes jour et nuit. Et c'était même pas forcément une stratégie consciente. Encore une fois, c'était juste... Pour moi, c'était la suite logique de mon erreur. C'est ma faute, donc il faut que je fasse ça, tu vois. Et c'était juste un petit peu un espoir. Un espoir un peu silencieux, celui de ne plus être celle qui dérange. Et c'est fou, c'est fou de se dire ça. Tu sais, j'ai perdu tellement de temps, tellement d'énergie, tellement de douceur envers moi-même, juste pour essayer de ne plus être moi. C'est dingue. Et le moment où j'ai compris ça, déjà c'était pas forcément un déclic, c'était pas... je l'ai pas vécu en tout cas comme un déclic. Parce que ce n'était pas très clair, ce n'était pas une révélation spectaculaire. Ça a été une évidence lente, tout doucement, ça arrivait. Et un jour, j'ai compris que je ne changerais jamais ma couleur de peau. Pas parce que je n'avais pas assez essayé, attention, j'ai fait ce qu'il fallait. En tout cas, ce n'était pas bien, mais j'ai essayé. Mais j'ai compris que je ne changerais pas ma couleur de peau, parce que tout simplement, ce n'était pas quelque chose à changer. Et surtout, j'ai compris autre chose. Et ça, c'est encore plus difficile. Plus j'essayais de la modifier, cette couleur de peau, ma couleur de peau, plus je renforçais l'idée que je n'étais pas acceptable telle que j'étais. Et tu sais, ce n'était pas la couleur de ma peau le problème, c'était clairement après la relation que j'avais avec moi-même. C'était ça le problème. Et c'était justement à cet endroit précis que j'ai vu quelque chose de très clair, que j'ai compris quelque chose. Soit je pouvais continuer toute ma vie à lutter contre ce que je suis, ou commencer à arrêter cette guerre, ce combat silencieux. Et donc, je pense que tu le sais, j'ai fait mon choix. Le choix... de ne plus me battre contre moi-même. Mais évidemment, il y a eu des dégâts. Le rejet, pour ma part, ne m'a pas détruite parce que je suis là. Et j'espère que pour toi aussi parce que tu es là. Si tu m'entends aujourd'hui, c'est que tu ne t'es pas détruite. Le rejet ne t'a pas détruite. Mais évidemment, il abîme. Il y a des choses qui se sont abîmées. J'ai vraiment eu, tu sais, le sentiment de honte. C'est dur. Pour moi, le rejet... Il a créé une honte, une honte peut-être discrète, peut-être que les gens ne pouvaient pas forcément percevoir, mais je doutais en permanence. Et ça, forcément, ça fatigue, j'étais fatiguée. Et pour le coup, encore une fois, c'est pas forcément, entre guillemets, une souffrance spectaculaire, mais ça use, mentalement, tu vois, ça fatigue. Et pour moi, à chaque fois, c'était comme s'il fallait que je me dise... Ne fais pas trop, ne prends pas trop ta place en djana, ne sois pas trop visible. Et encore une fois, à force de se dire ça, émotionnellement, ça coupe, ça coupe de soi. On ressent les choses, mais à distance. Et le rejet le plus douloureux n'est pas celui qu'on reçoit, vraiment, vraiment. Parce que j'ai eu les deux pour le coup, j'ai eu les deux, et je peux te dire que c'est celui qu'on finit par intégrer. Donc, comment j'ai appris à m'accepter ? S'accepter pour moi, ce n'était pas forcément un objectif au point de départ. Parce que comme tu l'as compris, tout s'est fait naturellement presque, doucement. C'était une évolution lente, mais ça s'est fait. Mais ça a commencé par me regarder, vraiment. Regarder cette petite fille qui s'est sentie différente. Et j'ai été bien entourée. En venant en France par des amis, des amis qui ont su me valoriser et ça fait du bien. J'ai aussi été vue, valorisée par mon conjoint. Et c'est aussi à cet endroit-là, à ce moment-là précis, que mon regard aussi s'est transformé envers moi. Mais donc je me suis regardée. J'ai regardé cette petite fille, cette adolescente. qui se détestait, mais qui se détestait d'être foncée. J'ai regardé cette femme qui avançait sans jamais vraiment se choisir aussi. Je n'ai pas fermé les yeux sur la douleur, c'est ce que j'essaie de te dire. Je n'ai pas fermé les yeux sur ma douleur. Je l'ai traversée et c'est comme ça, c'est comme ça qu'on peut avancer. Je n'ai pas cherché à effacer le passé parce qu'évidemment, on ne l'efface pas. Je l'ai reconnu. Et petit à petit, j'ai arrêté de me traiter comme quelqu'un à... corriger. Tu sais, est-ce que ça t'est arrivé qu'on te corrige ? Peu importe sur quoi. Tu fais quelque chose et on te corrige. Et à chaque fois, et à chaque fois. Bah forcément, tu ne te sens pas valorisé. Forcément, tu ne te sens pas à la hauteur. Forcément, tu te sens tout le temps, tout le temps remise en question. Et bah, je faisais ça exactement avec moi-même, tout le temps. tous les jours, tous les jours. Je m'habillais même en noir parce que pour moi, dans ma tête, s'habiller en noir, il y a quelque chose qui se passe. Je paraîtrais peut-être plus claire. Mais bon. Donc forcément, il y a eu des aspects concrets quand même. Même si évidemment, j'ai fait un travail sur moi qui m'a menée à m'accepter, à accepter ma couleur de peau aujourd'hui. Et il y a eu des aspects concrets, comme je disais. au quotidien. Et ça s'est traduit dans des choses très simples. Le sport, par exemple, m'a beaucoup aidée. M'a beaucoup aidée dans le sens où, déjà, ma relation avec mon corps a été assez délicate, non seulement par rapport à ma couleur de peau, mais aussi pour d'autres raisons. Mais le sport m'a aidée pour habiter mon corps autrement que par le regard des autres. Très important. Les vêtements aussi, pour arrêter de me cacher. L'affirmation, pour dire ce qui me convient. Et aussi, dire ce qui ne me convient plus. L'expression, pour... parler, même quand c'est inconfortable, dire en fait ce que je pense. Et oui, ça fait encore peur. J'en ai fait l'expérience il n'y a pas longtemps. Mais j'ai compris une chose essentielle que je veux te partager aujourd'hui et là, pour le coup, je l'ai écrit en gras, en rouge. S'excuser d'exister n'est pas compatible avec le fait d'avoir des convictions, une vision et une identité. Juréitaire, s'excuser d'exister n'est pas compatible avec le fait d'avoir des convictions. conviction, une vision et une identité. J'espère que t'as eu le temps de comprendre cette phrase et de la noter quelque part parce que pour le coup, elle est folle, elle est dingue. Évidemment, je n'ai pas changé qui je suis et pour le coup, bah j'en suis fière. Et en fait, ce que j'essaie de dire c'est que j'ai arrêté de vouloir être quelqu'un d'autre. Je n'ai pas effacé le rejet mais j'ai arrêté de le porter comme une faute. Et aujourd'hui, je sais que m'accepter, ce n'est pas me sentir bien tout le temps, c'est ne plus me laisser tomber. Et si tu te reconnais dans ce partage, peu importe ce que tu as pu traverser, sache une chose, tu n'as rien à corriger pour mériter ta place. Tu as juste à arrêter de te quitter. Merci de m'avoir écoutée pour cet épisode. J'espère que ça a résonné, j'espère que ça t'a fait du bien, que ça a apaisé quelque chose en toi. Et évidemment, on se retrouve la semaine prochaine pour la suite. Je ferai deux épisodes par mois, donc celle-ci normalement, si tout se passe bien, tu l'écoutes ce mercredi 21 janvier. La semaine prochaine, il y aura un autre. Et souviens-toi, tu mérites des fleurs et des pastèques. Gros bisous.