- Speaker #0
Diète et Gourmand, le podcast.
- Speaker #1
Tu vas te rendre malade avec tes régimes à la con.
- Speaker #2
Eh bien salut à toutes et à tous et bienvenue à un nouvel épisode de Diète et Gourmand, le podcast qui parle de notre rapport à l'alimentation. Alors aujourd'hui on va parler des TCA, c'est un thème sensible et ça touche beaucoup de monde, on parle d'un million de personnes touchées en France. Alors ces fameux TCA, donc ces troubles des conduites alimentaires ou troubles du comportement alimentaire, eh bien qu'est-ce que c'est ? Eh bien c'est le fait d'ancrer des habitudes qui perturbent l'équilibre alimentaire. Le TCA ça peut prendre trois principales formes. La première ça va être l'anorexie mentale. C'est quand on s'impose une force de restriction alimentaire avec une importante perte de poids. La deuxième forme, ça va être la boulimie. C'est ces courtes périodes de frénésie alimentaire au cours desquelles on va manger beaucoup en peu de temps, en enchaînant ou non avec une purge, comme par exemple le fait de se faire vomir. Et la troisième forme de TCA, ça va être l'hyperphagie, qui va consister à manger plus que ses besoins en entraînant une importante prise de poids. Donc ça, c'est les trois principales formes de TCA, mais il en existe d'autres, comme par exemple l'orthorexie. qui va être le fait d'être obsédé par sa nourriture saine et donc de rejeter tout aliment considéré comme malsain. Ou bien il va exister également le pica, donc ça va consister à ingérer des substances qui vont être non comestibles, comme de la craie, du papier, du plastique, de la terre, du sable. Donc ça, ça peut toucher les enfants, mais ça peut aussi toucher les adultes. Donc le TCA, ce fameux trouble du comportement alimentaire, c'est une véritable pathologie. dont le traitement est complexe, même si c'est vraiment de plus en plus pris en compte par le suivi diététique. Mais il s'agit d'une déviance du comportement alimentaire, donc c'est souvent pris en charge lorsque la situation est déjà très avancée, voire grave. Mais c'est également parce que les causes sont multiples, donc ça rend encore le traitement et la prise en charge plus complexes. Alors effectivement, ce n'est pas toujours facile de se rendre compte et d'accepter qu'on est atteint d'un TCA. Et donc, pour y voir plus clair aujourd'hui, sur ces fameux troubles du comportement alimentaire, je reçois quelqu'un qui a vécu une période de TCA, qui en est sorti et qui a décidé d'y consacrer une page Instagram et même bien plus, on le verra plus tard dans l'épisode. Salut Inès !
- Speaker #0
Salut !
- Speaker #2
Alors Inès, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Alors là, pour être totalement clair, on est samedi matin à 9h. Donc à chaque fois, je suis très touché de l'engagement de mes invités d'accepter des horaires comme ça sur des week-ends, ça c'est vraiment cool. Et donc, avant vraiment de se lancer sur ce sujet-là, est-ce que tu peux commencer par te présenter à nos auditeurs ?
- Speaker #0
Oui, avec grand plaisir. Déjà encore merci pour l'invitation, même samedi 9h. Merci à toi de t'être rendu dispo aussi. Et pour me présenter, je m'appelle Inès, j'ai 29 ans. Dans la vie, j'ai, on va dire, deux casquettes. Je bosse dans un cabinet de conseil en finance, mais comme tu l'as dit, à côté de ça, j'ai créé un compte Instagram il y a presque 4 ans pour témoigner sur le fait que j'ai vécu... Enfin, j'ai... souffert de troubles alimentaires quand j'étais plus jeune, donc d'anorexie et de boulimie. Et donc voilà, je témoigne à ce sujet et au-delà de faire de la prévention sur les troubles alimentaires, je dénonce aussi tous les contenus qui peuvent être culpabilisants sur le rapport au corps et notamment le rapport au corps des femmes, même si on le sait, ça touche aussi les hommes.
- Speaker #2
D'accord. Et donc, via ton compte, Lâche ton assiette, qui parle de toutes ces mauvaises influences, notamment qui peuvent polluer notre rapport à l'alimentation et qui détruisent un petit peu notre estime de soi. et donc... Et donc, toutes ces influences, elles peuvent être culturelles, sociales, professionnelles. Ça, on va en parler. Mais vraiment, ce qui nous rassemble aussi aujourd'hui, et ce qui est vraiment intéressant, c'est de recueillir ton témoignage. Et merci beaucoup d'avoir accepté de le faire. Et donc, raconte-nous un petit peu comment toute cette période un petit peu de TCA, comment c'est apparu ? Enfin, voilà, raconte-nous tout ça. On t'écoute.
- Speaker #0
Alors, comment c'est apparu ? Je suis désolée, ça va faire très thérapie en direct, mais je vais revenir assez tôt dans ma vie. autre. Je vais revenir assez loin dans ma vie. Moi, je sais qu'en y réfléchissant bien, quand notamment j'avais fait une thérapie pour un peu m'en sortir, j'avais vu un psychiatre et un diététicien, bref. On était remontés assez loin et c'est vrai que moi très tôt en fait j'ai eu un rapport un peu compliqué avec mon corps. Dès mes 8 ans, je sais que je me comparais déjà beaucoup à mes copines de classe, aux stars, c'est pour ça aussi que j'en parle beaucoup sur ma société, aux stars que je pouvais adorer, Shakira, Britney Spears, etc. Enfin que des nanas qui ont un ventre très plat. Et moi je sais que j'ai des souvenirs qu'à 8 ans déjà j'avais une sorte de préoccupation sur le corps où je pouvais, je sais pas, pincer mon ventre et me dire ah ouais moi j'ai pas le ventre plat. Mais à ce moment là j'avais pas de troubles alimentaires. Les troubles alimentaires ils sont arrivés plus tard dans ma vie quand j'avais 14 ans au collège je faisais partie de ces ados qui étaient un peu rondes et du coup je subissais beaucoup de moqueries à l'école par rapport à ça et en fait j'ai subi du harcèlement scolaire à l'école et donc j'ai l'impression que c'est un peu cliché mais forcément t'es traumatisé par le fait qu'on soit moqué de toi parce que moi franchement quand j'étais au collège il n'y avait pas une seule journée. où on ne me rappelait pas que j'étais trop grosse, bref. Et donc suite à ça, j'ai fait mon premier régime, régime qui a très mal tourné, parce qu'en fait, ce régime m'a fait tomber dans l'anorexie. Donc j'ai souffert d'anorexie, et en essayant de guérir de l'anorexie, je suis tombée dans un autre trouble, qui s'appelle la boulimie. Et donc, en essayant de guérir de l'anorexie, j'ai commencé à réintroduire des aliments, et c'est comme ça que j'ai eu mes premières caisses de boulimie. Et là, je l'ai fait de façon très synthétique. Mais finalement, si on devait résumer en période de temps, moi, l'anorexie et la boulimie, ça m'a suivi de mes 15 à mes 25 ans. C'est à 25 ans que j'ai réussi à m'en sortir. Mais on pourra en reparler. Comment j'ai réussi à m'en sortir ? Là,
- Speaker #2
ce qui va être intéressant aussi, c'est les origines. Donc, tu parles d'effectivement, finalement, c'est assez commun. On est tous filles ou garçons. C'est vrai que tout ça, ça touche vraiment beaucoup plus les filles. de façon peut-être plus... plus importantes, mais malgré tout, on est tous influencés comme ça. Donc, c'est vrai que pour l'entourage, d'avoir un enfant qui regarde des films ou qui suit des chanteurs et qui adore, et forcément, c'est des chanteurs, que ce soit des boys band ou des choses comme ça, il y a toujours un rapport au corps, il y a une certaine perfection qui nous est affichée. Donc, forcément, on veut la suivre. Et puis, en plus, on est dans une période où on se construit, donc on a besoin de modèles, que ce soit des modèles familiaux, mais des modèles aussi extérieurs. Et du coup, comment a pu évoluer ton entourage dans tout ça, ta famille ? Quels ont été les premiers signaux d'alerte ? Est-ce que ça a été vraiment l'anorexie où là, c'était visible pour ton entourage ? Ou est-ce qu'avant, il y avait des petits signaux qui auraient pu apparaître ?
- Speaker #0
Clairement, c'était l'anorexie. Enfin, c'est toujours ça que... Enfin, pas que je trouve triste, mais c'est qu'en fait, quand j'ai commencé à faire ce premier régime qui était très restrictif, en fait, vu qu'à ce moment-là, j'étais encore grosse, slash ronde, enfin, je ne sais pas trop comment le dire, mais on a compris. Eh bien... Les gens ne s'alertaient pas parce qu'ils se disaient « c'est bien, elle se reprend en main, c'est cool » . Mais en fait, le moment où les gens s'alertent, c'est le jour où pour le coup, tu es très maigre. Alors qu'en fait, ton alimentation n'a pas changé depuis le début, tu mangeais comme ça. Mais là, pour le coup, ça alerte. Quand on voit une personne maigre, pas beaucoup manger, on se dit « ah ouais, non, c'est pas bien » . Et c'est à ce moment-là que mes proches s'alertaient et me disaient « t'as arrêté, c'était pas bien, etc. » mais toute la période avant. Tout le monde s'en foutait.
- Speaker #2
C'est ça qui est difficile. On peut faire des parallèles avec quelqu'un qu'on connaît qui a une dépression ou qui va rentrer dans une orthorexie. La personne qui va faire du sport à outrance et qui va faire super gaffe, au début, on ne s'en rend pas compte. Alors que ce soit pour de la dépression, on se dit que c'est un coup de moins bien, que ce n'est pas très grave. Tant que ce n'est pas grave et tant que ce n'est pas vraiment très visible, même si la pathologie est en train de se développer et en train de grandir, Mais c'est vrai que pour l'extérieur, c'est très compliqué parce que ces signaux d'alerte, on n'a plus envie de s'alerter, de se dire « Oh là là, attention, tu vas développer une anorexie parce qu'à 8 ans, tu as envie de ressembler à Britney Spears » . Pourtant, ça fait partie de la construction, donc c'est là où c'est vraiment compliqué. Et du coup, c'est là aussi que le témoignage va être intéressant. L'anorexia se traduisait comment concrètement ?
- Speaker #0
Alors moi ça a été un peu, comment dire, graduel, ça s'est fait dans le temps. Au début, c'était pas vraiment de l'anorexie, c'est pour ça que je dis régime. J'ai fait, d'ailleurs le mot plus commun maintenant pour dire ça c'est rééquilibrage alimentaire, mais voilà, j'ai fait un rééquilibrage alimentaire, tout ce qu'il y a de plus normal. Sauf que comme toute personne qui essaye de perdre du poids, il y a un moment où tu arrives à un palier. où en fait c'est un peu T'as beau faire exactement la même chose, manger le même nombre de calories, etc. Tu ne perds plus de poids, parce que je... Peut-être c'est toi le lieu de se dire, donc tu auras peut-être mieux de me dire, mais je pense qu'il y a un truc où ton corps, il se dit, c'est bon, là on arrive à ton poids d'équilibre.
- Speaker #2
Et à ce moment-là, excuse-moi de te couper, à ce moment-là, t'étais suivie ? Ou tu l'as fait toi-même ?
- Speaker #0
Je l'ai fait moi-même, et d'ailleurs, je vais en parler parce que c'est important pour l'histoire, mais en fait j'ai téléchargé une application très connue, ça s'appelle MyFitnessPal c'est ça Et en fait, c'est une application où tu dis le nombre de kilos que tu veux perdre, sur quelle période de temps, et l'application te fait un plan alimentaire. En fait, l'application essaie de se substituer à un diététicien, sauf que clairement, ça ne se substitue pas à un diététicien, parce que c'était dramatique, parce que comme forcément, j'avais dit que je voulais perdre, je pense que j'avais dû dire, je veux perdre 5 kilos en un mois. Un truc pas possible, quoi. Et l'application m'avait donné un nombre de calories, mais hyper bas. de mémoire, je ne sais plus, c'était 1200 ou 1300 calories. D'accord. Ce qui est littéralement le nombre de calories d'un enfant, finalement. Mais bon, moi, à l'époque, ça ne m'avait pas choqué. J'étais là, bon, bah, cool. Oui,
- Speaker #2
parce que toi, en fait, ce qui se passe là, c'est que tu envoies un devis, concrètement. Et comme je veux faire des travaux dans ma maison, j'ai un délai. Effectivement, c'est un peu informatique, tout ça. Ça calcule, c'est très, très bien fait. Et justement, le souci là-dessus, alors... Ça peut rentrer dans tous ces trucs-là. Moi, je ne suis pas un anti-absolu. On en parlera peut-être tout à l'heure. Mais par contre, l'application est incapable de détecter ces fameux red flags. Le comportement de tous les jours, parce qu'ils vont dire tant de calories. Donc, toi, tu es rentrée dans une logique de compter tes calories aussi ? Oui, totalement.
- Speaker #0
C'est ça. C'est qu'en gros, l'application, elle nous disait, il faut que tu manges tant de calories. Je le faisais. Et effectivement, ça me fait perdre très vite le poids parce que je faisais comme une bonne élève. Exactement, je respectais tout le temps mon nombre de calories. Sauf qu'à un moment donné, je considérais que j'avais envie de perdre plus. Et donc là, c'est ce moment-là où pour moi l'anorexie a commencé à se développer chez moi. C'est que je voulais manger encore moins que le nombre de calories qu'on me donnait. Et donc de moi-même, j'ai décidé du jour au lendemain qu'il y avait des groupes d'aliments qui n'étaient pas bons pour la santé. En gros, les féculents ça ne sert à rien. en fait les graisses de manière générale ça sert à rien Tout ce qui pèse un peu sur le ventre quand on le digère on se dit bon bah c'est du poids, c'est du surplus et on l'enlève Exactement, en fait j'ai vraiment supprimé, enfin c'est dramatique même à un moment j'ai desséclé les fruits aussi c'était pas bon parce qu'il y a du sucre enfin bref c'était de la folie, non c'est pas le bon terme mais c'était dramatique et donc en fait là je suis arrivée dans un autre objectif c'est que à la fin de la journée quand j'avais fini de manger et bien en fait l'application m'a envoyé un message d'alerte pour me dire attention Là, votre nombre de calories dans la journée est inférieur aux recommandations de l'OMS.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Donc il y avait quand même un petit truc. Ouais,
- Speaker #2
il y avait un peu un red flag.
- Speaker #0
Et pour moi, ce red flag, c'était justement un green flag. Je me disais, ah bah, trop bien. Au-delà des objectifs. Au-delà des objectifs. Et en fait, vu que moi, j'étais un peu dans ma logique première de la classe, je me disais, c'est parfait, tout, je compte. Ouais, ouais. Et en fait, c'est là où je me suis fait prendre à mon propre jeu. Parce qu'au début, c'était un peu un truc d'ego, de « je veux battre l'application » . Et ensuite... finalement, j'ai commencé à vraiment avoir peur de ces aliments-là. Ce n'était plus juste, « Ah oui, à la fin de la journée, il faut que j'aie mangé tant de calories. » C'était en fait, « Je suis incapable de manger du pain. » « Je suis incapable de mettre de l'huile dans mes plats. » « Je suis incapable de prendre un laitage. » Enfin, en bref. Et c'est là où, en fait, c'était de l'anorexie. C'est qu'en fait, j'ai vraiment développé une peur d'un nombre incalculable de plats et d'aliments.
- Speaker #2
Ok. Donc, si on doit faire le parallèle, C'est un peu comme quelqu'un qui commence une chirurgie esthétique Qui dit je veux juste faire ça Ah bah tiens la petite ride là je l'ai enlevée, ah bah tiens finalement je me découvre d'autres besoins entre guillemets et c'est un peu un engrenage et c'est un peu la spirale quoi. Ok, le plaisir alimentaire dans cette période là il a disparu petit à petit ?
- Speaker #0
Totalement disparu, franchement totalement disparu, mes journées franchement c'est hyper triste quand j'y repense avec le recul, j'ai beaucoup de compassion et de peine pour cette jeune femme que j'étais mais mes journées étaient dictées par ce que j'allais manger, ça ne changeait jamais. tout le temps la même chose. Pour moi, c'était même des tocs alimentaires. C'est que je devais vraiment manger à la même heure tous les jours, à peu près le même repas. Je n'avais aucun écart par rapport à ça. Toute ma journée était rythmée par rapport à ça. Quand je finissais un repas, je réfléchissais déjà à mon repas. Parce que dans le fait, j'avais toujours faim vu que je mangeais tellement peu.
- Speaker #2
C'était une lutte perpétuelle. Il fallait tout intellectualiser, tout prévoir,
- Speaker #0
tout planifier pour te rassurer un peu.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a eu un peu d'isolement ? Social, est-ce que tu te privais de sorties entre... parce que bon on est dans une période de la adolescence début peut-être de la vingtaine même, enfin peut-être un peu avant, mais bon les premières sorties entre copains, les premiers restos et tout ça tu te privais de ça ? Ça t'isolait un petit peu ?
- Speaker #0
Ouais totalement, ça m'a totalement isolée socialement c'est une trop bonne question ce que tu poses parce que je sais que le moment où j'étais au pic de mon anorexie c'était pendant l'école de commerce et c'est vrai que j'ai un truc que j'ai oublié de raconter dans pourquoi tout ça s'est développé Au delà du harcèlement scolaire, moi j'ai vécu une relation amoureuse qui m'a vraiment fait beaucoup de mal quand j'avais 19 ans.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Et en fait quand cette personne m'a quitté, j'ai... Je sais pas pareil, mon cerveau il a fait un truc bizarre. Ou comme un jour il m'avait dit j'aime pas les filles grosses, c'est bien t'es pas grosse. Déjà dans ma tête c'était un peu bizarre parce que je me suis dit oula mais moi je suis une ancienne grosse donc... J'ai l'impression d'être un peu une imposteur genre... Il ne connait pas tout, il y a un pan et la partie cachée de l'iceberg qu'il ne connait pas. Et quand il m'a quitté, je me suis dit, mais attends, s'il n'aime pas les filles grosses, il faut absolument que je devienne la plus mince de l'école. En gros, je pense que s'il n'aime pas les filles grosses, ça veut dire qu'il aime les filles maigres. Il y a une espèce d'association de pitié comme ça. Exactement. Et donc, je me suis dit, il faut que je devienne la plus mince de l'école. et donc en école de commerce, ça s'est encore plus accentué alors que voilà. Et désolé, je me suis perdue dans mon monologue, c'était quoi ta question ? L'isolement social, voilà. Oui, exactement. En école de commerce, en fait, le fait d'avoir cette alimentation très restrictive faisait que je refusais des sorties. Je refusais des... typiquement, c'est cliché de la vie étudiante, mais le kebab en sortant de soirée, non, tu vois. Pareil, en soirée, j'étais très stressée, j'osais pas manger si je buvais de l'alcool. Enfin, il y avait plein de trucs qui se mêlaient Et clairement, au-delà de... m'empêcher de faire des choses même quand je faisais des choses pour moi j'étais pas là parce que ça on l'oublie mais quand tu as des troubles alimentaires en fait tu penses tellement à la nourriture tout le temps que quand tu es avec les gens tu as du mal à oui t'es pas là t'es absent en fait t'es pas là exactement t'es un peu morte et bah forcément si tu es quelqu'un de pas souriant qui a pas vraiment de conversation les gens ils ont pas envie de de traîner avec toi.
- Speaker #2
Effectivement, l'isolement social, il est de « je me refuse de sortir » parce qu'il va y avoir des écarts, entre guillemets. Donc ça, je me les évite. Mais il y a aussi le fait de se recentrer vraiment de façon excessive sur soi-même et du coup, tu n'es plus disponible pour tes amis même quand tu es physiquement présente à ce moment-là, tu es encore dans tes compulsions, dans cette pensée qui t'envahit vraiment, qui envahit toute ta tête. t'es pas là aussi pour... Parce que bon, boire un verre avec des amis, c'est aussi partager des choses. C'est des amis qui peuvent se confier. Et à ce moment-là, t'es pas forcément là pour... T'es pas là pour eux ou pour elles. Et donc, ça se voit aussi. Et là, tes amis t'alertaient aussi un petit peu à ce moment-là ? Ouais,
- Speaker #0
franchement, assez vite, pour le coup, ils m'ont alertée. Je sais que j'ai plein d'amis qui me disaient qu'elles s'inquiétaient pour moi, qui essayent de me faire manger un peu plus. Mais moi, je... J'étais un peu dans le déni parce qu'aussi, il y a un autre truc dont on n'a pas parlé sur l'anorexie, c'est que T'as quand même une période où t'es vraiment dans le déni, et moi dans mon cas, toujours par rapport à la vie étudiante, je me disais, en gros c'est eux qui gèrent mal leur centre alimentaire. En fait tu te sens un peu super... Vu qu'ils profitent,
- Speaker #2
en plus à l'école de commerce j'en ai fait une aussi, c'est un peu la période où on se lâche un peu, donc du coup forcément ça accrédite cette pensée-là qui dit, vous êtes dans l'abus total.
- Speaker #0
Exactement, et moi j'avais vraiment ce truc, en fait c'est moi qui prends soin de ma santé, vous qui êtes vous pour me donner des conseils alors que vous mangez des pâtes et des kebabs. Enfin, vraiment un truc un peu méprisant pour les gens. Alors qu'en fait, non, c'était moi qui étais malade, en fait. Mais ça a mis du temps avant que je me rende compte qu'en fait, c'était moi qui avais un problème et que c'était pas les autres, en fait.
- Speaker #2
D'accord. Et du coup, le moment... Et alors, j'imagine en plus ce qui est terrible là-dedans, c'est qu'au début, tu perds du poids rapidement, forcément. On reviendra un peu sur le... J'en parle souvent dans mes podcasts, mais le fait de perdre du poids rapidement et tout ça. Mais là, ce qui est vraiment intéressant, c'est l'histoire de l'anorexie et du trouble. Donc, on ne va peut-être pas trop développer. Mais là, il y a une période d'euphorie. Parce qu'au début, tu dis, mais en fait, c'est génial. Je perds du poids hyper rapidement, c'est top. Donc là, du coup, encore une fois, ça renforce. Il y a des renforçateurs qui sont là, qui disent, c'est génial, en fait. Continue, continue, continue. mais alors du coup, là on est dans cette période là Quel est l'élément déclencheur qui te fait dire, bon allez, maintenant, stop, je vais voir quelqu'un. Est-ce qu'il y a eu quelque chose ? Est-ce que ça a été un peu graduel ? Ou alors c'est vraiment un peu un choc, quelqu'un qui t'a mis devant ?
- Speaker #0
Alors, c'est plus quelqu'un qui m'a mis devant le fait accompli. En fait, je pense qu'il y a quand même un moment où je commençais à me rendre compte que, oui, effectivement, j'avais un problème, que les restaurants me stressaient plus que les autres personnes, qu'il y avait quand même beaucoup d'aliments que je m'interdisais. Donc je commençais un peu à me rendre compte que j'avais un problème mais j'avais pas forcément envie de le régler le problème. La personne qui m'a mis un peu devant le fait accompli c'est mon médecin de famille parce que au moment de l'école de commerce justement je vivais plus chez mes parents mais je revenais à chaque vacances scolaires et comme à l'époque je prenais la pilule il y avait toujours un moment où il fallait que je renouvelle mon ordonnance Donc, bref, donc. Oui,
- Speaker #2
il y avait quand même un suivi médical. Oui,
- Speaker #0
il y avait quand même un suivi médical. Donc tous les trois mois, je pense que j'allais voir mon médecin traitant pour lui dire, refais-moi mon ordonnance, bref. et donc forcément ton médecin traitant quand tu le vois A chaque fois, il te pèse. D'ailleurs, surtout pour la pilule, parce que je ne sais plus, mais je pense qu'il y a un truc par rapport au poids. Enfin bref, il me pesait à chaque fois, en tout cas. Et au début, il voyait que dès qu'il me revoyait tous les trois mois, le poids baissait, le poids baissait. Quelquefois, il m'avait alerté dessus en mode, votre poids, il baisse, etc. Mais bon, je disais, oui, c'est parce que je suis étudiante, je m'inventais. Oui,
- Speaker #2
il y avait une excuse.
- Speaker #0
Il y avait toujours une excuse. Et puis, en fait, à un moment donné, il me disait, Non mais par contre là, votre poids, en gros il a calculé mon IMC. Il m'a dit, là en fait vous êtes en stade de maigreur, donc c'est pas une perte de poids normale. Et donc là, il m'a posé un peu plus de questions pour comprendre d'où venait la perte de poids. Et de fil en aiguille en fait... Il a compris avec ce que je lui disais que ce n'était pas une perte de poids anodine et qu'en fait, c'était moi qui avais déclenché cette perte de poids. Et donc là, tout de suite, il a posé le diagnostic et il m'a orienté vers un médecin dans une clinique qui m'a aidé sans trop m'aider. D'ailleurs, ça va faire le pont vers la boulimie juste après. Mais en gros, je suis allée dans cette clinique. Le médecin en question spécialisé dans les trous alimentaires m'a dit tout un tas de choses pour m'expliquer que ce n'était pas viable de garder ce poids. Et il m'a un peu menacée en me disant que si mon poids continuait à baisser, on allait m'interner. Et comme moi à l'époque, j'étais déjà un peu carriériste, je ne voulais pas faire une pause dans mes études. Et donc j'ai repris du poids pendant cet été entre la L3 et le M1. non pas parce que j'avais spécialement envie de guérir mais juste parce que je voulais qu'on me laisse tranquille et que je voulais pas qu'on me fasse interner. Donc voilà, j'ai repris du poids et finalement, quand je suis revenue à la rentrée en M1, en fait, j'ai reperdu ce poids. Donc bon, ça m'a... Je sais pas comment dire, mais c'était...
- Speaker #1
Ça a validé ta rentrée, en fait ? Dès que t'étais dans le process de tuer tranquille pendant un an, donc on peut repartir,
- Speaker #0
il y avait un peu de sapote. C'est ça, exactement. Mais bon, finalement, ça m'a fait aller vers autre chose, mais on pourra en reparler.
- Speaker #1
Et donc, Donc... Dans ce premier accompagnement-là, c'était plutôt orienté un peu psy, de ce que je comprends, mais il n'y avait pas de diète dedans ? Non, pas du tout. Il n'y avait pas de...
- Speaker #0
Pas du tout. Et justement, c'est ça qui fait qu'avec le recul, je me dis que si j'avais été mieux suivie à ce moment-là, peut-être que je ne serais pas tombée dans la boulimie après. Parce que la boulimie, ça a été une période encore plus compliquée que l'anorexie. Parce qu'en fait, encore une fois, quand je suis rentrée en M1, j'avais repris un tout petit peu de poids pendant les vacances, etc. et en gros quand j'arrive en M1 vu que j'avais commencé à reprendre du poids j'avais commencé à réintroduire certains aliments et en fait j'ai repris goût à ces aliments que je m'étais interdit pendant des années et c'est ça qui a déclenché mes premières crises de boulimie parce que j'avais envie d'en remanger cette viennoiserie j'avais envie de la remanger cette pizza j'avais envie de la remanger donc en fait je remangeais ces aliments mais comme j'acceptais pas la prise de poids qui était factuelle après ça j'utilisais des techniques compensatoires qu'on connait tous Et en fait, ça a été beaucoup plus dramatique parce que c'est devenu addictif d'avoir ces accès boulimiques et ensuite de les compenser. Et ça, ça m'a suivi de mes 19 ans à mes 25 ans.
- Speaker #1
Et du coup, pareil, l'élément déclencheur qui te fait dire là, boulimie, attention, on va aller se faire suivre. On va aller, on va revoir un peu, on va re-rentrer dans un suivi médical. Qu'est-ce qui a fait ?
- Speaker #0
Alors, c'est le confinement, moi, qui a fait ça. Parce qu'en fait, pendant très longtemps, je ne voulais pas me faire suivre. Parce que je pense que je me disais que j'étais un cas désespéré. Et que dans tous les cas, personne ne pouvait m'aider. Et puis même, pareil, je pense qu'il y avait un petit déni. Parce que, en fait, vu que finalement, la semaine, j'arrivais à avoir une alimentation cadrée, entre très gros guillemets. Et que mes crises de boulimie, elles survenaient plutôt le week-end. Parfois, je me racontais un peu le truc de non, mais bon, c'est juste que je n'ai pas de volonté, etc. Je ne me disais pas, en fait, non, c'est une maladie. Donc voilà, et ça a été le confinement parce que pendant le confinement, c'est le moment de ma vie où j'ai eu le plus de crises de boulimie. Parce que j'étais hyper stressée, hyper anxieuse par la situation forcément.
- Speaker #1
Ça a été le cas de beaucoup, sans forcément tomber dans la boulimie, mais je sais qu'il y a eu une prise de poids générale. Déjà, il y a eu moins d'activités physiques, on pouvait moins en faire. Il y avait toute une angoisse là-dessus, donc on en reparlera dans d'autres épisodes. Mais le lien entre émotions négatives et grignotage et tout ça, même sans que ce soit forcément... une boulimie ou un vrai trouble alimentaire ou quelque chose de chronique on va dire mais ça peut être dû à ça aussi donc ça c'est vrai que c'est une période qui a été compliquée pour tout le monde.
- Speaker #0
Exactement, t'as tout dit et moi finalement ces crises de boulimie qui avant survenaient plutôt le week-end etc bah là elles avaient lieu tous les jours et elles avaient pas lieu une fois par jour, elles avaient lieu genre limite dès le petit déjeuner je faisais une crise et en fait ça a continué sur toute la journée donc ça devenait assez compliqué et au delà du fait que c'était très répétée. J'avais beaucoup moins accès à mes techniques de compensation parce que finalement je me suis retrouvée enfermée dans un deux pièces parisien avec mon amoureux. Et forcément quand tu vis avec quelqu'un et que tu as moins de moments où l'autre est dehors parce qu'il sort. Tu peux moins te cacher. Tu peux moins te cacher et donc moi en fait je ne pouvais plus aller en salle de sport, courir sur un tapis pendant trois heures. Je ne pouvais plus potentiellement me faire vomir. Il y avait plein de trucs que je ne pouvais plus faire. donc en fait j'ai eu ces crises de polémique mais j'ai plus les techniques compensatoires. Et donc, factuellement, j'ai pris énormément de poids pendant le mouvement. Moi, en l'espace de deux mois, j'ai pris une dizaine de kilos. Et ça a quand même été mon élément déclencheur, parce qu'au-delà du fait que prendre du poids, ce n'était pas forcément agréable pour moi, ce qui m'a fait me dire, là, il faut vraiment que tu te fasses suivre. C'est que quand je suis sortie du confinement, comme encore une fois, moi, c'est pour ça que je voulais absolument parler de ça. Je suis une ancienne enfant qui s'est fait, enfin ado, qui s'est fait harceler à l'école par rapport à son poids. Je me suis dit, c'est sûr que quand je vais sortir du confinement, quand les gens vont voir que j'ai pris du poids, tout le monde va me faire remarquer, va se moquer de moi.
- Speaker #1
On va repartir dans un harcèlement.
- Speaker #0
Exactement. Et en fait, la vérité, c'est que les gens, personne n'a rien dit. Tout le monde s'en foutait. Peut-être qu'ils ont pensé quelque chose, mais personne ne m'a jamais rien dit. Et ça a vraiment été un déclic pour moi parce que je me suis fait. ah ouais en fait bah finalement Quand tu prends du poids, ta vie ne change pas, les gens s'en foutent, les gens ont leurs propres problèmes, leur propre vie, tu n'es pas le centre du monde. Donc je me suis dit, plutôt que de repartir dans un énième régime et retomber dans mes troubles alimentaires, est-ce qu'on n'essayerait pas plutôt de traiter ça ? Et c'est comme ça que j'ai enfin décidé d'aller voir un diététien, d'aller voir un psy, d'aller voir un psychologue et un psychiatre. Et là, j'ai eu un suivi qui a duré une bonne année, voire année et demie. et qui m'a fait aller beaucoup mieux.
- Speaker #1
Ouais, il y a un truc qui est important. Alors, il y a eu un vrai pont entre chaque... Toi, tu faisais le lien entre les différents professionnels que tu allais voir ?
- Speaker #0
Je leur disais que... Enfin, eux ne faisaient pas le lien entre eux. Mais moi, clairement, c'était hyper important pour moi d'avoir les trois parce que, en fait, psychiatre, pour le coup, je l'ai eu pendant le moins longtemps. Mais psychiatre, j'en ai eu besoin parce qu'il y a eu quand même un moment, justement, après ce confinement. Et pendant toute la période, fin 2020, début 2021, où finalement le monde n'était pas encore normal. Et donc moi, je ne dis pas aux gens de prendre des médicaments, je ne suis pas du tout pour forcément la prise de médicaments. Mais moi, dans mon cas, j'avais besoin d'avoir cette petite béquille pendant une période. Oui,
- Speaker #1
surtout que tu avais quand même un bagage assez lourd aussi, psy. Donc il y avait pas mal, ça plus rajouter cette période de confinement dessus. Et il y a un moment donné, voilà. Oui,
- Speaker #0
voilà, c'est ça. Moi, clairement, pendant cette période-là, c'est ce qui m'avait été diagnostiqué. j'avais euh un trouble anxio-dépressif. Et donc, j'ai dû prendre des anxiolytiques qui m'ont bien aidé sur la boulimie à un peu calmer mes crises. Et au-delà du côté médical, psychologue, c'était forcément pour un peu comprendre tout ça, d'où ça venait, détruire un peu toutes les croyances que j'avais. Typiquement, le truc de si tu grossis, on ne m'aime plus, etc. Enfin bref. Et dernière chose, le diététicien. Le diététicien, c'est tellement bizarre de dire ça, mais c'était vraiment pour me réapprendre à manger. Parce que je pense que je ne savais plus. en fait je Je me suis tellement mis des règles alimentaires que fallait tout déconstruire et fallait m'apprendre la base. Mais vraiment, quand je vais te dire ça, des trucs de base, je me souviens d'un rendez-vous avec mon dététicien où finalement, il m'explique le principe de... En fait, les aliments, si tu les manges, ça te donne de l'énergie pendant à peu près tant de temps. Et il me disait, bah oui, forcément, si tu manges une pomme, une pomme, ça te permet d'être calée pendant 30 minutes. J'étais là, une pomme, ça te permet d'être calée pendant 30 minutes ? Ah bon ? Enfin bref, c'était vraiment revenir aux bases. Mais les trois ensemble m'ont vraiment bien aidé. Et ça confirme que pour guérir d'un trouble alimentaire, je pense qu'il faut quand même avoir un suivi pluridisciplinaire.
- Speaker #1
Merci. Franchement, toute cette histoire-là, elle est vraiment intéressante. Déjà, moi, je trouve ça très fort comme témoignage. Pourquoi ? Parce que c'est ton histoire, elle t'appartient. peut-être que certains ne vont pas forcément s'y retrouver et dire, moi, mon trouble alimentaire... Mais bon, il y a quand même des grandes tendances. Donc déjà, c'est fort d'avoir un témoignage parce qu'il y a des gens qui peuvent se dire, mais oui, je ne suis pas tout seul là-dedans. Donc ça, déjà, c'est une vraie aide. Donc ça, c'est super. Et ça raconte aussi plein de choses. Pas forcément aussi d'avoir dans un excès comme ça, mais de se dire, moi, je veux perdre du poids, je veux perdre du poids rapidement. Qu'est-ce qui va se passer ? Quand on perd du poids rapidement, en fait notre corps c'est une machine Si on veut perdre du poids rapidement en mangeant beaucoup moins, cette machine, on va la faire tourner en ralenti. Et moi, ce que j'explique souvent, je dis, si vous vous privez trop, déjà, on a des mécanismes un peu enfants. Moi, j'ai des enfants en bas âge. Si je leur interdis quelque chose, ils vont avoir envie de le faire. Donc, on ne s'interdit rien. Et il y a aussi le fait de notre métabolisme. Lui, pendant cette période de confinement, je prends toujours cet exemple-là. Quand on a dit aux gens, attention, il ne va plus y avoir de PQ ni de pâtes dans les magasins. Qu'est-ce qu'on a été tous faire ? globalement. On a été faire du stock. Notre métabolisme, c'est pareil. Quand on le met en stress et qu'on ne lui apporte pas suffisamment, lui, il le manque, il le retient. Et quand on, même à la fin, c'est ce qu'on appelle l'effet yo-yo, même à la fin d'une forte privation comme ça, on a perdu du poids, on dit bon, maintenant, je remange normalement. Je sais que j'ai besoin de 2000 calories, je mange mes 2000 calories. Pendant une période, votre corps, il va stocker, stocker, stocker parce que vous l'avez mis en stress pendant une période. C'est pour ça qu'il y a un effet yo-yo, même sans remanger de façon abusive après une période comme ça. forcément vous allez prendre du poids. Donc ça, c'est intéressant. Et il y a aussi un autre aspect qui est super intéressant dans ton témoignage, c'est déjà l'importance de l'entourage, mais c'est aussi l'accompagnement pluridisciplinaire. On a tous un peu peur, les diététiciens, tout le monde, on se dit, ah ouais, mais alors si mon patient... je lui dis d'aller voir quelqu'un d'autre il y a encore cette peur là et je vais le perdre il y a un peu un espèce de business de dire je vais perdre mon patient alors que non il faut vraiment qu'on ait conscience de ça nous les diètes on se bat sur Instagram pour défendre un peu la reconnaissance qu'on peut avoir parce que comme tu le dis un diététicien ton exemple aussi il est fort là dessus c'est pas quelqu'un qui t'aide à maigrir c'est pas que ça en fait c'est quelqu'un qui t'apprend à manger quelqu'un qui peut t'apprendre aussi dans ton cas à retrouver du plaisir alimentaire et rééquilibrer ton alimentation. Mais par contre, à l'inverse, moi, on ne donne pas des conseils sur le sport. On ne donne pas chacun à sa place. On peut accompagner sur du psy en disant, attention, là, Inès, je te reçois, je perçois deux, trois trucs. Ce n'est pas moi qui vais t'apporter la solution. Moi, je vais aller te conseiller d'aller voir quelqu'un. L'approche pluridisciplinaire, elle est vraiment essentielle pour que chacun soit à sa place. Et toi, en tant que patiente, tu fais un peu le pont entre tout ça. Tu peux être transparent en disant, je vois un psy, mais tu n'es pas obligé de tout raconter à ton diète et vice versa. Et c'est aussi ce que je trouve qui va être important aussi pour la suite de notre podcast. C'est notamment l'outil que toi, tu as créé finalement après tout ça. Et de se dire, en tant que diète, de se dire, OK, tu n'es pas une professionnelle de santé, mais tu as un vécu qui est fort. Tu as créé un outil derrière. Et bien, sans dire que, et d'ailleurs, c'est aussi pour ça que je te reçois, parce que ce carnet-là que tu vas vendre, que tu vends et qu'on va en parler. Tu ne te présentes pas sur Instagram comme étant la solution, miracle à tout, parce que tu as vécu ça et tu as cette Ausha, c'est aussi pour ça que je te reçois. Et de se dire, ça, ça peut être un outil comme mille autres, d'un accompagnement, ça peut servir. Donc, il faut s'ouvrir toutes ces portes-là, parce qu'au final, c'est le patient qui va décider et qui va orienter, qui va se dire, moi, j'ai testé le fameux carnet que tu as créé, ça marche, ça ne marche pas. OK, on va essayer autre chose. Cette Ausha, elle est essentielle. Il ne faut pas qu'on se positionne en tant que professionnel de santé comme la solution miracle et le je-sais-tout, donc tu restes avec moi, va pas voir les autres, reste avec moi. Non, une approche pluridisciplinaire sur des sujets complexes comme ceux-ci, ils sont hyper importants et il faut aller chercher les compétences là où elles sont.
- Speaker #0
C'est exactement ça.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
dis-moi. Et j'en profite sur le côté pluridisciplinaire, il y avait un autre truc dont je n'ai pas parlé en rapide, c'est qu'au-delà de l'accompagnement par des professionnels de santé, Moi, encore une fois, les professionnels de santé, pour moi, c'est 80% de ce qui m'a aidé à guérir. Mais il y a quand même 20% qui sont importants et que je voulais mentionner parce que moi, ça m'a beaucoup aidé. Au-delà de cet accompagnement-là, moi, à ce moment-là, j'ai fait beaucoup de ménage sur mes réseaux sociaux. Alors, je ne vais pas faire de name dropping, j'ai envie de bâcher personne. Mais en fait, je me suis rendu compte que les réseaux sociaux, comme à l'époque, les fameux stars dont je parlais, ont eu un impact sur ma construction, je me suis dit qu'il fallait que je fasse un ménage dans les comptes que je suivais. Et donc, j'ai décidé de me follow tous les comptes qui pouvaient me faire culpabiliser, etc. Donc, il y a eu ça. Et à l'inverse, j'ai commencé à suivre beaucoup plus de comptes body positive qui montraient d'autres types de corps. Donc déjà, ça a permis de même chose, de déconstruire des choses que j'avais dans la tête qui étaient en fait, pour être belle, il faut absolument être mince. Et autre chose par rapport à pour être belle, il faut absolument être mince, Je me suis vachement intéressée au féminisme. Moi, le féminisme, ça m'a vraiment beaucoup aidée. J'ai lu beaucoup d'essais féministes. Peut-être même trop, à une période, sans mauvais jeu de mots. Je pense que j'avais fait une boulimie de féminisme à un moment. Donc, voilà. Mais pareil, les essais féministes m'ont vachement aidée parce que... En fait, je me suis rendue compte que... Même chose, l'envie d'être mince, c'est pas quelque chose qui vient de nulle part. tu ne travailles pas en m'attendant j'ai envie d'être mince
- Speaker #1
Dans un futur épisode, je recevrai une journaliste qui a sorti un livre sur le diktat de la minceur, justement, et qui déconstruit pas mal d'idées reçues et pas mal de choses. Ce qui est important aussi dans ce que tu dis là, c'est que le fait d'avoir fait du ménage dans tes réseaux, est-ce que c'est une prise de conscience qui a eu lieu suite à cet accompagnement où tu as pu comprendre des choses et tu t'es dit, il faut que j'agisse aussi ? Ça rejoint un autre épisode. Le but, ce n'est pas de faire de la promotion des épisodes, mais c'est de se dire... Mon premier épisode, c'est sur l'autodétermination. Donc ça veut dire quoi l'autodétermination ? Ça veut dire que l'accompagnement médical, c'est avec un spécialiste qui lui est sur l'accompagnement de la personne handicapée, et la problématique c'est de se dire, une personne handicapée, souvent l'erreur qu'on peut faire, c'est de trop lui dire ce qu'elle doit faire. Donc de la mettre sur des rails, sur des choses, mais la personne, pour que ça marche, peu importe l'accompagnement médical, il faut que le patient ou la personne accompagnée soit l'acteur, soit vraiment acteur. ok on va aller voir des professionnels ok on va avoir des recommandations mais si le professionnel se positionne comme c'est ma méthode, tu l'appliques tu te tais et voilà, et bien on en revient un peu à l'accompagnement que tu as pu avoir enfin entre guillemets accompagnement, avec une application qui te dit Inès 1200 calories tu veux perdre temps, allez hop on y va et tu te tais et tu t'appliques, je t'envoie un plan alimentaire et on n'en parle plus. Toi tu as pris conscience de ça tu as pu agir aussi de ton côté, tu n'as pas été que dans l'attente des recommandations, tu te dis, ah oui, mais ça, il ne m'a pas parlé de ça, mais peut-être que mes réseaux aussi, il faut que je fasse du ménage. Donc, tu as repris en main le truc, peut-être parce que tu as été aidé avec tous ces professionnels-là qui t'ont aidé à ouvrir les yeux. Mais en tout cas, j'insiste sur ce sujet-là parce qu'il est super important. Il ne faut pas être que dans l'attente parce que la solution au quotidien, c'est toi qui l'as et ça, c'est important. Et ça, tu as su le faire. Donc, ça, c'est top. Et alors, on n'aura peut-être pas le temps de parler de ton contenu, mais j'invite vraiment tout le monde à aller voir. En plus, il y a un traitement qui est parfois humoristique, mais qui est bien parce que par l'humour, on peut faire passer plein de trucs. Et les messages, ils sont vraiment forts de se dire, bah oui, il y a plein d'influences, des films, tout ça. Il y a beaucoup de choses qui peuvent nous influencer là-dessus. Donc ça, allez voir encore une fois le compte Lâche ton assiette. Vous verrez, il y a plein de choses très, très intéressantes et vraiment des sujets profonds en plus là-dessus. Là, je voudrais vraiment qu'on parle de ce fameux outil que tu as créé. Raconte-nous un petit peu ce fameux carnet d'accompagnement. En quoi il consiste ? Comment tu l'as créé ?
- Speaker #0
En fait, justement, c'est très bien qu'on ait parlé des pros de santé juste avant. Parce que moi, ce carnet, clairement, c'est un héritage de conseils qui m'avaient été donnés par mon diététiste à l'époque. En fait, il m'avait demandé d'avoir une sorte de journal alimentaire. c'était pas forcément pour... Encore une fois, être dans un truc très cadré où tous les jours, je dis OK, j'ai mangé tant, ça faisait tant de calories. Non, pas du tout. Il me disait juste de noter ce que j'avais mangé et de notifier si avant de manger ce repas, est-ce que j'avais faim ? Et d'évaluer ma faim. Et après d'avoir mangé ce plat, comment je me sentais niveau satiété ? C'était un peu pour remettre mes signaux de faim et de satiété au milieu de tout ça. Et au-delà de ça, il me demandait aussi quand j'avais fait une crise. De même chose, faire du journaling et expliquer qu'est-ce qui se dépassait dans ma journée. Parce que moi, j'avais vraiment cette pensée que si je fais une crise, c'est parce que je manque de volonté, je suis trop nulle, etc. Et il me disait non, non, il y a une histoire exactement. Il me dit quand tu fais une crise, pose-toi le soir ou le lendemain, peu importe, et note qu'est-ce que tu as fait dans la journée. Et au-delà de noter ce que tu as fait dans la journée, justement, regarde ce que tu as mangé avant. Est-ce qu'avant, finalement, tu étais bien niveau satiété ? Enfin bref. Et ça m'a hyper aidé parce qu'en fait, le fait de le faire sur plusieurs semaines comme ça, voire une année entière. Ça m'avait rendu compte que typiquement, moi, dans mon cas, mes crises, elles survenaient tout le temps au même moment. En fait, justement, je reviens à l'anxiété, le stress, etc. Moi, dans mon cas, quand j'avais des crises, c'était tout le temps dans des moments, particulièrement au travail, du coup, où, par exemple, on me demandait de faire quelque chose. Je n'arrivais pas à m'organiser pour faire cette chose-là. Donc, je procrastinais. Et donc, le fait de procrastiner déclenchait une crise chez moi. Donc, voilà. Donc, me rendre compte que c'était ça, ça me permettait de réfléchir après avec mon diététicien. OK, comment on peut faire pour que tu gères cette procrastination ? Et pareil, un autre moment où je faisais des crises, c'était souvent avant d'aller à une soirée. J'avais un truc ou même chose par rapport à l'image que je projetais aux autres. Je ne sais pas, je me restreignais dans la journée pour arriver au top à la soirée.
- Speaker #1
Parce que la soirée, on s'habille bien, on se maquille, il y a un côté représentation. Donc, il faut l'image parfaite.
- Speaker #0
Exactement. Et le truc, c'est que dès que je rentrais de ces soirées-là, Dès que je suis rentrée tes soirées, en fait, j'avais un truc où ça est bon, je relâchais la pression. Et donc, tu pouvais être sûre que quand j'entrais chez moi, je faisais une crise.
- Speaker #1
Compensation, enfin surcompensation, décompression.
- Speaker #0
C'est ça. Et pareil, même chose. On a pu voir comment on pouvait agir là-dessus. Et c'est... Enfin non, ce n'est pas débile, mais en fait, ça m'a vraiment aidée de faire ça. Et c'est pour ça qu'à un moment, quand je me suis dit j'ai envie de lancer un produit sur ma page Instagram. Je me suis fait, mais en fait, j'ai envie que ce cahier qui était juste un cahier Clairefontaine tout pourri soit un truc un peu joli pour dédramatiser le sujet. Et donc voilà, et donc moi, c'est vraiment un petit journal où tu peux faire ça. Et au-delà de ça, tu peux suivre, tu as des habits de tracker pour suivre un peu quand est-ce que tu as fait des crises ou pas. Tu as des moments pour écrire sur ton corps. Tu as des pages aussi pour... écrire sur la peur des aliments, noter les aliments qui te font peur, pourquoi ils te font peur, qu'est-ce que tu dirais à une amie qui a peur de ça. Bref, c'est plein de petits exercices comme ça qui sont totalement hérités de ce que j'avais fait avec mon diététicien et mon psy de l'époque. Et c'est trop cool. Mais là,
- Speaker #1
on rejoint exactement ce qu'on disait avant, l'accompagnement autodéterminé. C'est quoi ? C'est de se dire que ce n'est pas un objectif de se dire, maintenant, on va te réconcilier avec l'alimentation, donc tes repas vont être ça. Toi, tu vas après au cabinet, c'est bon, j'ai réussi à manger ça en fait. Mais non, ce n'est pas ça. L'idée, c'est que tu prennes conscience. Donc, il faut que tu écrives, il faut que tu sois... Là, tu as été actrice et ton diète a été dans un accompagnement autodéterminé parce qu'il a voulu t'impliquer là-dedans. Il a voulu te dire, mais il faut que tu comprennes toi, ça vient de toi. Ce n'est pas moi qui dois comprendre ton histoire, c'est toi qui dois la comprendre. Et c'est là où le carnet a été utile. alors effectivement sous forme de feuilles souvent il y a des feuilles volantes un peu qui... Mais toi, tu as décidé de formaliser un petit peu tout ça et d'en faire un cahier, comme tu dis, vraiment accessible. Et il peut être aussi utile sur des personnes qui peuvent avoir un doute avant d'aller voir un diète ou de se dire « Ouais, moi j'ai écouté, je regarde un peu Inès ce qu'elle fait sur son compte et effectivement, il y a des choses qui me parlent. Donc bon, j'ai un doute et peut-être que ça peut être aussi une porte ouverte pour se dire « Bon ben là, prise de compte. » Ça peut être quelque chose qui fait prendre conscience d'aller voir vraiment un diète et d'utiliser ce cahier comme quelque chose d'un vrai support et d'un vrai outil.
- Speaker #0
Oui, voilà, c'est ça. Mais c'est bien que tu dises support ou outil parce que, comme tu l'as dit, moi, je ne suis pas une professionnelle de santé. Ça ne se substitue pas du tout à un suivi. Pour moi, c'est plus un outil à avoir en parallèle d'un suivi.
- Speaker #1
Mais j'insiste aussi sur le côté un peu en amont parce que se faire suivre, c'est pas... Forcément, on dit t'as un problème, il faut que t'ailles te faire suivre, mais ton histoire le raconte bien aussi, il faut être dans les bonnes dispositions aussi. Malgré tout, l'importance d'aller voir un psy à un moment donné et de remettre un peu les choses à plat, parce que derrière un accompagnement, il y a des actions à mettre en place, il y a un peu de motivation malgré tout à avoir. Et la motivation, encore une fois, c'est pas que de le décider, c'est pas quelque chose qui doit être culpabilisant, la motivation... C'est le résultat d'un comportement hormonal. Et pour avoir un bon comportement hormonal, il faut être dans les bonnes conditions. Quelqu'un qui est beaucoup trop stressé ou qui est, comme tu l'as dit à un moment donné, qui a eu besoin d'avoir un peu une médication pour déjà remettre un peu le truc à plat avant d'engager d'autres actions, ça c'est important aussi. Et peut-être que ce cahier aussi peut être à une valeur aussi préventive aussi, de se dire il y a des comportements dont je n'ai pas conscience. Mais finalement, par cet outil-là, je me rends compte que là, je suis en train de dériver un petit peu. Donc il va falloir... Je disais à tout le monde ça. Et t'as eu des témoignages déjà ?
- Speaker #0
Ouais j'en ai quand même beaucoup Les gens sont hyper contents Ça les aide Après bon ils rentrent pas forcément dans les détails Mais à chaque fois ils me disent qu'ils sont contents Que le cahier est hyper bien Que ça les aide vraiment Et je suis trop contente parce que encore une fois C'est pour ça que je ne cesse d'insister C'est pas ça qui va te faire guérir Forcément mais moi je sais que Écrire, c'est vraiment quelque chose qui m'a aidée. Et donc, je suis trop contente. Parce qu'en fait, moi, au-delà de ça, ce que je voulais, parce que le carnet, je l'ai développé avec des graphistes pour la mise en forme, je veux dire.
- Speaker #1
Mais c'est important. Moi,
- Speaker #0
je voulais vraiment que l'objet soit beau, en fait. Et je suis trop contente parce que, voilà. Bon, ça fait très bisondre comme ça, mais c'est cool d'avoir quelque chose que je trouve et qui est coloré, etc. Versus, moi, quand je le faisais, bon, voilà, c'est dans un...
- Speaker #1
petit carreau le truc hyper scolaire mais tu sais que tout ça c'est autant de briques dans un accompagnement j'ai pas encore moi de cabinet physique mais je sais que mon cabinet physique je veux pas d'un bureau je veux pas d'un bureau où je reçois où j'ai l'impression d'être le PDG qui reçoit ses employés les uns après les autres pour faire un point étape dans l'année c'est pas du tout ça moi je veux des un peu comme notre configuration là aujourd'hui je veux qu'on soit au même niveau ça peut paraître un peu accessoire comme tu le dis avec le côté visuel du cahier mais en fait ça ne l'est pas du tout parce que ça met dans des conditions qui sont vraiment importantes et ça c'est de toute façon un process de guérison sur des problématiques comme ça c'est plein de petites briques qu'on va mettre dans un mur on va construire un mur, on va aller chercher plein de choses parfois les briques peuvent être différentes selon les cas mais en tout cas et Et c'est ça qui est intéressant aussi dans ce que tu as créé. La façon, pourtant, tu as un compte Instagram, donc tu pourrais vite tomber dans cet écueil-là de ce qu'on fait un peu tous. Malgré tout, quand on veut Instagram, ça nécessite des discours courts, des discours accrocheurs. Instagram te dit sans cesse, la vidéo que tu as faite, c'est pas assez accrocheur. Sois plus accrocheur. Oui, mais là, on parle de santé. Donc, à un moment donné, il faut freiner un peu. Il faut peut-être accepter, même si ton compte cartonne, et bravo pour ça, parce que ça veut dire que ça pousse. Ça touche beaucoup de monde, mais il y a des fois, nous, si on veut faire du contenu de qualité, c'est d'ailleurs pour ça que je fais un podcast, parce qu'Instagram, ça ne suffit pas à faire de la prévention. Parce que des fois, Instagram va dire, tu n'as pas été assez accrocheur là. Je dis, oui, mais bon, j'ai besoin de nuances, je n'ai pas besoin de... Ou alors, je suis Thibaut Inchep, je prends toujours cet exemple-là, parce que c'est le plus connu, ça parle à tout le monde. Mais c'est surtout, il n'y a pas de solution miracle, surtout sur des sujets qui touchent aux psys et tout ça. Et même sur de l'alimentaire un peu basique, sur du rééquilibrage alimentaire, c'est le bon sens qui marche. Et le bon sens, quand on est atteint de TCA, il est dur à aller le chercher. C'est un process long et on a besoin de plein de professionnels pour nous aider à retourner dans ce bon sens-là. Donc, c'est vraiment important. Et du coup, ce cahier, il est disponible. Tu as un site. Je dis un cahier, c'est un carnet. Oui, ta quête,
- Speaker #0
c'est exactement pareil. Moi, je dis carnet, mais c'est un cahier aussi. C'est la même chose. En tout cas, tu peux écrire dedans. Et il est dispo sur mon compte. Donc, il faut aller sur « Lâche ton assiette » et le lien est en bio. D'accord. Tu cliques et tu arrives sur la page de vente. Ok.
- Speaker #1
Tu as réussi un petit peu à en parler, à le proposer aussi à des professionnels ?
- Speaker #0
Non, j'avoue. Tu sais que là, quand on en a parlé, quand je n'arrêtais pas de dire, c'est en partenariat avec un… Ah, je n'arrive plus à parler. Avec un accompagnement thérapeutique. Mais c'est vrai que… non je n'ai jamais proposé alors qu'il y a plein d'auditétiens que je suis sur Instagram à qui je pourrais le proposer donc trop bonne idée rapproche toi parce que moi je sais qu'il y a beaucoup de feuilles volantes,
- Speaker #1
il y a beaucoup de choses comme ça peut-être qu'il ne sera pas utilisé dans tous les cas parce qu'il y a d'autres cas là on est sur un sujet un peu TSA et tout ça mais malgré tout ça touche quand même beaucoup de monde et souvent même des gens qui viennent te voir en disant non mais moi c'est juste du rééquilibrage alimentaire même si c'est à faible dose Il y a toujours une petite part de psy qui rentre dedans. Il ne faut pas avoir peur de ça. D'ailleurs, même en tant que patient, il ne faut pas avoir peur de se dire peut-être que si je vais voir un psy, un psy, ce n'est pas forcément que pour des cas vraiment graves ou des pathologies un peu avancées. Ça permet de comprendre des choses, même des fois des choses très simples. Dire pourquoi je grignote dans ma voiture, par exemple, même si je n'ai pas pris 20 kilos en trois mois et qu'on n'en est pas à cheveux rééquilibrés. Il y a peut-être des comportements à comprendre. Ce cahier-là peut être aussi utile là-dessus. Mais en tout cas, ça peut être un vrai support pour les... Pour les patients, surtout que tu as un compte qui grossit quand même. On voit que ça touche plein de monde. Tu as été pas mal repris récemment en dénonçant justement ce côté aussi. Pour finir, on peut parler un petit peu de ce côté féministe. Parce que moi, j'ai l'impression, en te suivant, qu'il y a une tendance qui est vraiment géniale. J'ai l'impression qu'on est un peu dans le deuxième étage de la fusée MeToo. On a abordé MeToo, harcèlement sexuel et tout ça. mais il n'y a pas que ça en fait derrière parce que c'est peut-être lié ou pas, mais il y a aussi tout ça, tout ce diktat, tout ça qui gravite autour de la femme, de cette pression permanente, et de ce rapport aussi à la représentation, à l'image qu'on doit avoir, et tout ce que tu dénonces, et qui est d'ailleurs pas mal repris, je ne sais pas, cette fameuse tendance avec les hommes, avec le Z,
- Speaker #0
c'est vrai que c'est hyper repris,
- Speaker #1
et c'est génial parce que tu montres qu'effectivement, le harcèlement, ça peut être juste un commentaire sur sur un réseau social, ça c'est important et ça peut atteindre aussi, on peut arriver sur des dérives comme ça.
- Speaker #0
Non mais totalement, exactement. Ouais effectivement j'ai un contenu sur Instagram qui, bon je sais pas pourquoi ça fonctionne autant mais tant mieux ça fonctionne.
- Speaker #1
Parce que ça touche et ça concerne beaucoup de monde.
- Speaker #0
Ouais c'est ça et effectivement en fait comme tu dis, je trouve ça hyper intéressant quand t'as dit c'est un peu la deuxième vague après MeToo quoi, c'est que ouais on sait, alors clairement c'est trop bien d'avoir eu MeToo mais... Bien sûr. Il y a une prise de conscience, ça a ouvert une porte. Oui, ça a ouvert une porte, mais effectivement, il n'y a pas que ça. Il y a encore du boulot. Oui, exactement, il y a encore du boulot. Et c'est vrai qu'on s'est beaucoup concentré sur le harcèlement sexuel, le harcèlement de rue aussi, mais il y a aussi le harcèlement en ligne. Et en fait, on ne se rend pas compte, mais OK, c'est entre guillemets que des commentaires. Ce n'est pas du même ressort que peut-être harceler sexuellement quelqu'un ou harceler quelqu'un dans la rue, mais ça reste du harcèlement. c'est juste qu'il est en ligne et ça aussi il faut le dénoncer Et ce qui est bien dans le fait que ce soit très repris, c'est que j'ose espérer que justement ça va faire qu'il y aura une prise de conscience et que même chose, il y aura une amélioration. Parce que clairement, les problèmes d'harcèlement sexuel et harcèlement de rue n'ont pas été réglés.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Mais je trouve que depuis qu'il y a eu ces vagues-là et ces dénonciations-là, j'ai l'impression que t'en as moins.
- Speaker #1
tu partages aussi des fois des témoignages d'hommes de ce que j'ai compris t'as un public de plus en plus masculin et qui se dit aussi peut-être que je ne m'en rendais pas compte mais finalement ces remarques elles n'étaient pas cool peut-être que je me remette aussi en question et ça c'est top c'est pas du vent en fait tout ce qui se passe là c'est important En plus d'avoir des commentaires insultants, il y a aussi toute cette vision vis-à-vis du body positive. Moi, je sais que là, il n'y a pas longtemps, j'ai fait une vidéo sur Anthony Bourbon, qui est au podcast Légende, parce que lui, il vend des produits en poudre. Et il dit ouvertement, moi, j'en ai marre qu'on valorise le fait d'être gros. J'en ai marre qu'on dise aux jeunes que c'est cool d'être gros. Donc là, on est sur un raccourci body positive égale valorisation. Et tout le monde pense que... C'est des discours qui sont... Mais ça aussi, c'est très nauséabond. Juste une phrase comme ça, ça peut avoir un impact fort sur un ado qui a envie de mincir, de paraître parfait. Tout ça, c'est vraiment important. Je parle aussi souvent des petites remarques qu'on se fait entre nous. On peut être amené... Nos poids évoluent dans nos vies. Et la simple remarque parce que c'est un pote, puis on déconne, ça peut avoir des impacts. Clairement. Ce qui est bien, et ce que tu as pu voir aussi, justement avec toute tous ces hommes qui te disent bah oui moi j'en ai pris conscience c'est qu'effectivement quand t'en parles en fait les gens tu vois derrière que même si c'est un impact qui peut être négatif les gens des fois ils en ont pas conscience ils disent oh non mais moi pardon mais je déconnais en fait juste et là parce que je suis dans ce métier là aussi et je dis attention parce que moi j'apprends à faire le tri sur moi mais de se dire attention si tu dis ça tu vois t'as des enfants attention à pas leur faire trop de blagues là-dessus non plus, fais attention et ils disent c'est vrai t'as raison et quand on discute avec les gens de façon calme et qu'on n'est pas dans l'agression non plus en retour et bien tout ça ça peut avoir un impact fort et on peut faire changer les mentalités aussi là-dessus donc on s'excuse souvent de subir ça et n'hésitez pas aussi à en parler de dire non attention là ce que tu me dis c'est un matin et les personnes en vrai comprennent il suffit juste de communiquer d'être dans la bienveillance dans un sens comme dans l'autre Euh... On est souvent surpris de ça.
- Speaker #0
Oui, de fou, le fait de dire aux gens que ça t'atteint, c'est hyper pertinent. Et je sais que moi, typiquement, dans mon entourage proche, c'est quelque chose que j'ai fait. Parce que moi, ma mère, bon, c'est pas du tout pour la blâmer, mais comme beaucoup de mamans, tu sais, c'est un peu le cliché.
- Speaker #1
Ah, mais l'injonction familiale, elle est tout à fait là.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Moi, ma mère, je l'ai quasiment toute ma vie vue au régime. Elle a toujours fait des petites remarques sur l'alimentation. Et je sais que typiquement quand j'essayais de me sortir de mes troubles alimentaires ça lui arrivait de parler de son dernier régime, de sa dernière méthode. Et en fait, moi, à un moment, je lui ai dit, je lui ai dit, mais en fait, maman, moi, je ne veux pas qu'on parle d'alimentation. Je ne veux pas qu'on parle de corps, de poids, etc. Donc, toi, ça te concerne, mais s'il te plaît, ne m'en parle pas. Moi,
- Speaker #1
j'aimerais bien avoir cette force-là quand j'étais ado et puis même encore aujourd'hui. Alors, j'ai des périodes où je peux prendre un peu de poids parce qu'on boit des enfants, parce que les études, voilà. Bon, j'essaie de faire du sport régulièrement, mais bref. Mais toute mon adolescence, moi, dans ma famille, ah bah t'as pris du poids. Puis comme je suis plutôt sympa, rigolo et tout ça, c'était un peu en me pinçant la joue, tu vois, la petite tape sur le dos. J'aimerais bien redevenir ado, enfin redevenir à ces périodes-là, avec ce bagage-là aujourd'hui, et dire à mes oncles, à ma grand-mère, mais c'était que de la bien. Il n'y avait aucune méchanceté dans ce qu'ils disaient, mais leur dire, attention là, là ça me saoule. Arrête, stop. De mettre un stop. J'aimerais bien faire ça en fait. Mais bon, quand on est ado, on n'a pas ce bagage-là aussi.
- Speaker #0
mais effectivement pour moi quand tu le dis une fois La personne, en fait, elle comprend. Ah ouais,
- Speaker #1
elle n'a plus le choix, en fait. Écoute, Inès, l'épisode touche bientôt à sa fin. On est dans l'heure et qui nous était imparti avec la location du studio. Mais en tout cas, merci beaucoup parce que c'est encore une fois un témoignage fort. Merci beaucoup de t'inscrire aussi dans cette démarche-là de pluridisciplinaire, de dire, moi, j'ai une solution, j'ai un outil, c'est une aide. Je ne vais pas tout régler. Mais en tout cas, nous aussi, de faire cette démarche-là, de te recevoir, c'est aussi faire la démarche de allons vers le témoignage aussi. Nous, en tant que professionnels, on a de la théorie, on apprend plein de choses pour accompagner les gens, mais les gens qui ont des témoignages forts comme ça et qui sont aussi finalement un peu experts sur le sujet, il faut aussi s'appuyer sur ces gens-là. D'autant plus quand ils créent un contenu qui est vraiment sur Instagram, qui peut vraiment être utile, et d'autant plus quand ils créent des outils qui peuvent nous servir au quotidien en tant que... En tant que professionnel, j'espère que cet outil vivra longtemps, qu'il y aura peut-être d'autres versions, ça peut-être évoluer. Merci à toi. Est-ce que tu as d'autres, une dernière petite actu peut-être à mettre en avant ?
- Speaker #0
Non, à date, non, je n'ai rien. En tout cas, j'ai beaucoup apprécié notre échange et je voulais juste passer un dernier message pour les personnes qui écouteront ça. On peut s'en sortir, parce que c'est vrai que ça, on ne l'a pas dit. Il y a vraiment une croyance dans les troubles alimentaires qu'on ne s'en sort jamais, que ça reste un temps bon.
- Speaker #1
On est un peu emprisonné.
- Speaker #0
Oui, voilà, c'est ça. Mais on peut s'en sortir.
- Speaker #1
Il faut s'ouvrir. Ce n'est pas facile. C'est une première étape qui n'est pas forcément évidente. Mais ouvrez-vous, allez consulter, allez voir, discutez-en avec votre entourage. Ce n'est pas toujours évident. Essayez de se mettre dans les bonnes conditions. En tout cas, il y a plein d'outils qui existent aujourd'hui. Donc voilà, il y a plein de choses à faire. Inès, je te remercie encore beaucoup. de t'être levé tôt ce matin, ce week-end. Passe un très bon week-end. Merci beaucoup. Quant à moi, chers auditeurs, je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Diète et Gourmand. Salut !
- Speaker #0
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