- Speaker #0
Salut à toi et bienvenue à un nouvel épisode de Diète et Gourmand, le podcast. Je suis vraiment ravi de te compter parmi mes auditeurs. Je t'invite dès à présent à t'abonner, à liker, à partager et à commenter pour ne rien louper de ce podcast dont le but premier est de te réconcilier avec ton assiette et ton corps. Je te souhaite une très bonne écoute. Salut !
- Speaker #1
Diète et Gourmand, le podcast.
- Speaker #0
Eh bien, salut à toutes et à tous et bienvenue à un nouvel épisode de Diété Gourmand, le podcast qui parle de notre rapport à notre assiette et à notre corps. Alors, on le répète sans arrêt dans les épisodes, il faut aller voir des professionnels de santé, il faut aller se faire suivre, mais ce n'est pas toujours évident en fait. C'est quelque chose qui peut déjà être, ce message-là peut déjà commencer à être un peu une injonction, des choses qu'on n'aime pas faire dans les suivis, mais malgré tout, se dire oui, prenez soin de vous, écoutez votre corps, allez voir des professionnels de santé. Oui, c'est facile à dire. Ça peut effectivement être une injonction. Et surtout, ça peut être la personne qui reçoit ce conseil-là, qui peut aussi être transformée en injonction, mais qui reçoit ce conseil-là, ça peut être mal vécu parce qu'il peut y avoir des expériences un peu douloureuses. Dans des précédents suivis, dans des précédentes expériences avec des professionnels de santé, il y a parfois des choses qui font qu'on n'a pas une bonne vision de tout ça. On le disait d'ailleurs dans un précédent épisode qui était consacré à l'autodétermination. On disait bien qu'il ne fallait pas hésiter à stopper un suivi quand on identifie des red flags chez un professionnel qui vous suit. Et un des red flags qui revient souvent malheureusement, c'est la grossophobie médicale. Ça va être le sujet de notre épisode aujourd'hui. Parce que bien évidemment, un médecin, un diététicien, ça c'est une compétence qui est acquise. Il y a un diplôme qui est obtenu, mais ça n'empêche pas la personne qui est derrière et les jugements qu'elle peut avoir. Ça, ça ne s'apprend pas dans les cours. Ça c'est vraiment de l'humain et pour le coup il peut y avoir effectivement des fois des diagnostics douteux, des suivis malsains et ça on le dira jamais assez mais quand on se rend compte de ces choses là, le meilleur conseil c'est vraiment de changer de professionnel qui vous suit. C'est pas évident, il faut savoir les identifier, on n'est pas toujours dans les bonnes dispositions mais en tout cas on va en parler aujourd'hui. C'est vraiment le sujet dont on va parler aujourd'hui avec une collègue diététicienne que je reçois, qui a posté sur Instagram vraiment un... Un poste qui parle de tout ça et qui va vraiment servir de base à cet épisode. Aujourd'hui, je reçois Déborah. Bonjour Déborah.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Alors Déborah, pour commencer, est-ce que tu peux te présenter à nos auditeurs ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors moi, je suis Déborah Ohana. Je suis diététicienne nutritionniste depuis bientôt 16 ans. Et j'exerce en fait dans Paris, en présentiel et aussi en visio. Et j'accompagne en fait des personnes... en difficulté dans leur relation avec l'alimentation principalement, ou qui souffrent de vrais troubles du comportement alimentaire, anorexie, boulimie, hypermagie, etc. Et c'est notamment une de mes spécialisations. Je ne suis pas spécialisée que là-dedans, mais au jour d'aujourd'hui, c'est 90% de mes patients.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui revient souvent.
- Speaker #1
Qui revient très souvent. Et du coup, j'ai beaucoup, énormément voir. quasiment tous mes patients qui me font justement ce retour sur des remarques qu'ils ont pu avoir de part de professionnels médicaux, des médecins, même des confrères, des médecins, etc. Et en fait, c'est un peu désastreux parce que ces personnes-là à terme, elles n'osent même plus aller se faire accompagner, elles n'osent plus consulter. Du coup, d'autre côté, leur santé se dégrade, etc. Et ça accentue les difficultés. Dans le domaine de la relation alimentaire, c'est compliqué.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est quelque chose qu'on peut... Je ne sais pas si ça fait partie des questions dans tes premiers entretiens. Dans ton premier entretien de suivi, par exemple, est-ce que c'est un point que tu abordes ? Est-ce que vous avez eu une expérience douloureuse précédemment ? Ou c'est quelque chose que tu vas chercher de façon un peu plus cachée ?
- Speaker #1
Alors, la question que je vais souvent poser, c'est... Qu'est-ce que la personne a pu expérimenter pour l'objectif qui l'amène à moi aujourd'hui ? Et à partir de là, la personne se livre souvent. Oui, j'ai été accompagnée par un médecin, par un nutritionniste, par un diète, etc. Et après, on peut creuser, effectivement. Comment ça s'est passé ? Qu'est-ce qui a été ? Qu'est-ce qui a été difficile ? Et très souvent, en fait, on a ce retour-là.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que c'est important pour moi de faire cet épisode aujourd'hui parce que ça va aussi dans le sens de la lutte qu'on a un petit peu, nous, sur les réseaux sociaux, les diètes, pour se dire, attention, n'allez pas voir n'importe qui. Ne suivez pas les conseils de coach en nutrition qui ne sont pas diplômés ou qui ne sont pas aptes à le faire. mais c'est vrai qu'il faut qu'on mette des pincettes à tout ça parce qu'il ne faut pas non plus trop culpabiliser les gens de le faire parce que effectivement derrière de temps en temps il peut y avoir une très mauvaise expérience et assumons-le clairement avec des diètes aussi, on n'est pas tous parfaits c'est pas parce qu'on est des diètes qu'on a la on peut avoir certes la connaissance mais la qualité du suivi elle peut aussi être défaillante il faut vraiment l'image qu'on a pu se créer aussi, on l'entend souvent sous forme de blagues dans la vie de tous les jours quand on dit qu'on est diète les gens ont un peu peur d'être fliqués dans leur assiette, dans ces choses là, il y a souvent des blagues un peu qui ressortent. Mais tout ça ne vient pas de nulle part. Je pense qu'il y a eu déjà une mauvaise pratique de la diététique avec beaucoup d'injonctions, beaucoup de plans alimentaires. Et encore aujourd'hui. Et du coup, on a toujours tendance à dire, les gens, il ne faut pas qu'ils fassent ça. Mais des fois, il y a des expériences qui font qu'on va se tourner vers d'autres solutions parce que celle qu'on avait recommandée, l'expérience a été vraiment douloureuse. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu plus de ton approche de la diététique ? Comment tu exerces un petit peu en suivi pour qu'on comprenne un petit peu mieux ?
- Speaker #1
Alors moi, je travaille beaucoup, comme je le disais, sur la relation et le comportement alimentaire. Donc en fait, moi, mon approche, elle va viser à la compréhension des mécanismes comportementaux avec l'alimentation. Donc on ne va pas forcément travailler les conséquences, on va travailler la cause. Pas la cause profonde, parce que je ne suis pas psychologue, mais un petit peu ce qui va déclencher le dysfonctionnement. et donc en fait, on travaille la base.
- Speaker #0
C'est aussi pour ça que je t'ai contacté. C'est parce qu'on a vraiment la même approche, on a la même vision, cette diététique comportementale. Évidemment, les gens qui peuvent avoir un petit peu ces freins à aller consulter un diète, c'est qu'ils vont se dire, oui, ils vont encore me donner un plan alimentaire, ça va être des choses qui ne me correspondent pas. Et puis, on va juste aller voir comment agir en surface, parce que finalement, donner un plan alimentaire, c'est agir en surface. C'est ne pas comprendre pourquoi la personne, elle en arrive là et pourquoi à nous... Elle nous fait cette demande-là au début du suivi qui est parfois un peu faussée et erronée aussi. Et nous, on va aller chercher le comportement aussi. Et le comportement, comme tu le disais, il est entre deux os, entre la psy et le... On n'est pas psy, mais on est quand même forcément suffisamment formé. Et avec l'expérience, on peut voir les ponts qui se créent justement entre la psy et l'alimentation. C'est là où on va pouvoir agir.
- Speaker #1
Après, l'idée, c'est pas... Moi, dans mon approche, je ne suis pas complètement figée. Il m'est arrivé de... Même de travailler sur la base d'un plan alimentaire, c'est vraiment à adapter à la personne.
- Speaker #0
Et c'est surtout comment l'amener aussi.
- Speaker #1
Et comment on travaille autour de ça.
- Speaker #0
Bien sûr, qu'est-ce qu'on met autour justement pour que le plan alimentaire soit amené de façon un peu plus douce. Parce que finalement, on reste dans le conseil alimentaire et dans des plans. Moi, j'ai une amie qui me disait, au tout début, je me disais que je me lance dans la diététique. Elle me disait, moi j'arrête les diètes, je suis allé là. Les plans alimentaires, des fois, sont balancés au bout d'une demi-heure. Trois, quatre questions. Vous devez manger ça. Allez, hop, je vous envoie un PDF et vous avez les menus de votre semaine. Nous, on n'est pas là-dessus. Nous, on va quand même conseiller, on va guider, on va accompagner. Bien évidemment, on est sur du conseil alimentaire. C'est la base de notre métier. Mais c'est surtout comment on l'amène et comment on comprend le pourquoi du comportement de la personne. C'est vraiment très important. Et du coup, ça fait que tu es amené sur tes réseaux à poster aussi des choses qui parlent un petit peu de tout ça. avec tes... ton expérience de voir que la grossophobie médicale elle existe encore et malheureusement on en vient à recevoir des personnes un petit peu en détresse des fois il peut y avoir des parcours médicaux un petit peu compliqués parce qu'il peut y avoir des déserts médicaux il peut y avoir des mauvaises recommandations des parcours un petit peu chaotiques et effectivement il peut y avoir des mauvaises expériences comme ça
- Speaker #1
Je trouve ça dramatique parce que tu sais tu as beaucoup de TCA, des vrais TCA qui sont initiés par de la grossophobie médicale Exactement Et je trouve ça un peu... Enfin, on tourne à l'envers. C'est-à-dire que le médecin, à la base... On devrait les éviter. C'est pour protéger les personnes, pour les aider. Et en fait, ça les amène dans un cercle virtueux compliqué.
- Speaker #0
Et du coup, l'idée de cet épisode, c'est un petit peu de lister, de reprendre un petit peu le post que tu avais fait. Parce que toi, c'était un post sous forme... Alors bon, on ne va pas rentrer dans les détails des formats Instagram, mais c'était sous forme d'un carousel, donc c'était quelque chose d'écrit. L'idée, c'était d'aller chercher derrière et d'expliquer tout ça pour que ça puisse peut-être, chez certains auditeurs, faire écho et se dire « oui, moi aussi, j'ai subi ça » . Et surtout de vous dire que quand vous subissez ça, ce n'est pas normal. Ce n'est pas parce que vous allez voir un professionnel de santé que c'est une sorte de gourou qu'il faut suivre les yeux fermés. Il peut y avoir des personnes, des fois, un peu malveillantes derrière tout ça. Il faut savoir les identifier. Il faut surtout savoir s'en détourner.
- Speaker #1
Mais le pire, c'est qu'à la base, ce n'est pas malveillant en vrai.
- Speaker #0
Oui, alors parfois, des fois, c'est bien sûr,
- Speaker #1
mais en fait, c'est très maladroit et ce n'est pas adapté à la difficulté de la personne.
- Speaker #0
Moi, je le vois aussi. C'est l'exemple que je vois aussi dans mon autre profession. Je ne fais pas que de la consultation diététique. Je travaille en tant que diététicien pour une fondation qui œuvre sur l'accueil de la personne handicapée. Et du coup, pour adapter les menus qu'on fait en cuisine centrale, on demande bien évidemment des certificats médicaux. Des fois, je vois des choses écrites sur les certificats médicaux avec des interdictions, avec des choses. Et j'ai même des établissements qui m'appellent, ceux pour lesquels je ne travaille pas, qui sont un petit peu extérieurs à notre zone, où ils me disent « mais je ne comprends pas, nous on a des diététiciens qui identifient des personnes qui devraient perdre du poids, on leur met des régimes hypocaloriques et les personnes grossissent » . Je leur ai dit « oui, mais parce que vous y allez comme des bourrins en fait, parce qu'en fait ils identifient un convive qui a 5 kilos en trop » . Plutôt que de travailler avec lui sur ces choses-là, ils vont lui dire qu'on va lui programmer un régime hypocalorique. Et comme c'est quelque chose d'un peu industrialisé, c'est une cuisine centrale, donc c'est des règles un peu fermes. C'est des menus, c'est des déclinaisons un peu strictes. Donc ça veut dire pas de sauce, pas de crème, on enlève toutes les graisses saturées. Donc du coup, ça les affame. Ils ont juste 5 kilos à perdre. Il n'y aurait peut-être pas besoin de mettre... Et derrière, ils vont grignoter. Et derrière, il y a des comportements qui se développent, qui sont catastrophiques. Et ça, ils ne le comprennent pas.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Voilà. Donc, l'idée, c'est de revoir un petit peu tout ça. Et puis, d'aller un petit peu sur chaque... Alors, ce poste que tu l'avais écrit sous forme de... Les lettres que j'aimerais bien... Les courriers que j'aimerais bien adresser aux professionnels de santé qui m'ont amené le patient, qui ont été recommandés par mes patients. Et je te propose qu'on les déroule un par un et qu'on développe un petit peu tout ça. Alors, si on commence avec le premier cas, c'était... Entre guillemets, donc, « Cher docteur, ma patiente est venue vous consulter parce qu'elle avait de la fièvre. Son poids n'a aucun lien avec son état grippal. » Alors, dit comme ça, ça pourrait presque faire rire, en fait.
- Speaker #1
Ah oui, c'est hilarant. Mais ouais, en fait, tu as des personnes qui vont voir leur médecin parce qu'elles sont malades, une grippe ou une angine ou autre. Et en fait, le sujet du poids est ramené sur la table alors que ça n'a rien à voir avec...
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
le motif de consultation du jour. Oui,
- Speaker #0
c'est en ça où, effectivement, pour une personne en surpoids, le médecin va avoir souvent, je ne vais pas généraliser non plus, mais on va se dire, c'est un peu comme nous, sur le calcul de l'IMC ou des choses comme ça, dès qu'on voit quelqu'un, on a envie de lui donner un conseil, mais attention à ce conseil, parce que ce conseil peut être fatal.
- Speaker #1
Bien sûr, mais c'est l'idée de ramener le poids dans une problématique qui n'a pas lieu d'être.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et puis, ça se trouve, la personne, elle vit bien avec son poids. Bien sûr,
- Speaker #0
on n'est pas du tout derrière tout ça. On parlait dans un précédent épisode avec Florian Saffer que j'ai reçu. C'est mon ami. C'est chouette. Du coup, sans faire exprès, tu vois, il y a un petit réseau tout autour qui participe à ce podcast. C'est chouette. Qui disait effectivement, on ne peut pas juger les personnes ou même quelqu'un qui va aller à McDo. On va lui dire, tu ne devrais pas, ce n'est pas bon pour ta santé. Mais il faudrait déjà connaître l'ensemble de l'alimentation avant de porter un jugement. Et ça, c'est pareil. Moi, je fais souvent aussi le parallèle sur la question du poids et de l'apparence. Moi, je fais un petit peu des trails de temps en temps. J'en fais un ou deux par an. Et je suis étonné. Et c'est là où on se dit, mais même nous, on a encore des clichés dans nos têtes, de voir parfois la corpulence de certaines personnes qui vont faire un trail pendant 8 heures et pendant 60 kilomètres et se dire, en fait, elle est en très bonne santé. Et c'est là où, même moi étant du métier, des fois, on se fait... Alors, je me surprends dans le bon sens parce que moi, je trouve ça chouette. Au contraire, je veux dire, mais c'est super. Il n'y a pas un moule pour faire des sports. La santé est vraiment décorrélée du corps.
- Speaker #1
Les compétences sont à part. Ce n'est pas parce qu'on a du surpoids ou un poids dit en obésité selon certaines normes qu'on n'a pas les compétences de pouvoir mettre en place des choses sportives, etc.
- Speaker #0
Dans ce cas-là, le cas de cette patiente, elle est tenue de voir suite à ça ? Est-ce que c'était un élément déclencheur ? Là,
- Speaker #1
en l'occurrence, c'est une patiente que j'ai accompagnée depuis un certain temps qui est tombée malade dans le suivi, au cours du suivi, et qui me relatait ça. Elle me dit « je suis partie voir mon médecin parce que j'étais grippée » et en fait, il m'a redit « il faudrait perdre du poids, il faut faire attention » . J'ai trouvé ça… on marche sur la tête.
- Speaker #0
Surtout que nous, quand on a une approche forcément pluridisciplinaire, parce que comme tu disais tout à l'heure, on n'est pas psy, on n'est pas médecin non plus, donc nous c'est quelque chose qu'on demande, est-ce que vous faites suivre et tout ça ? Peut-être que ce médecin-là aurait déjà dû proposer, si pour lui ça avait été quelque chose d'important, il aurait pu déjà demander est-ce que vous êtes suivi ou pas, plutôt que de balancer une énormité. Non mais ça aurait pu être la limite à ça,
- Speaker #1
mais ça ne le regarde pas effectivement. pas. Une patiente qui vient de voir pour une grippe, elle n'a rien demandé sur son poids. Je ne vois pas pourquoi ça arrive dans le sujet.
- Speaker #0
Je suis d'accord.
- Speaker #1
Bien sûr, si elle demande des conseils ou elle en parle, oui. Mais en fait, elle n'a pas l'idée.
- Speaker #0
Je suis assez d'accord là-dessus. On continue avec un deuxième cas. Alors là, ça concerne un ostéopathe. Ma patiente vous consulte pour sa nuque. Elle n'a pas besoin d'arrêter le gluten et l'alimentation n'est pas dans son champ de compétences. On en rigole aujourd'hui, on est posé, on en parle, mais si je fais cet épisode, c'est parce que c'est catastrophique.
- Speaker #1
Oui, mais c'est chaotique ça. Sans parler des raccourcis, tu as des problèmes digestifs, il faut arrêter le gluten, non, ce n'est peut-être pas forcément le gluten, et puis déjà, ce n'est pas ton taf, tu es ostéopathe, et en fait, tu ne peux pas proposer à une personne, tu ne peux pas faire un raccourci. Ton problème digestif, c'est ça. Sans faire d'analyse, sans...
- Speaker #0
Surtout que là, tu parles de problèmes digestifs. Je ne sais pas si cette patiente-là, on l'avait évoqué, mais là, tu dis bien un consulte pour sa nuque. Donc déjà, comme ça revient à tout à l'heure, ce n'est même pas lié, en fait.
- Speaker #1
Oui, mais après, tu sais, quand tu vas chez les ostéos, ils regardent un peu le corps entier. En fait, oui, ça n'a rien à voir. Tu as en fait cette nécessité des autres professionnels médicaux à vouloir parler de nutrition, à vouloir donner leur avis. Qui se basent souvent sur leur propre expérience, sur leur croyance.
- Speaker #0
C'est exactement ça.
- Speaker #1
Et en fait, c'est très dangereux.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est très dangereux.
- Speaker #0
Même nous, c'est quelque chose qu'on apprend à faire. Se dire, on ne peut pas conseiller que des choses qu'on aime. C'est comme quand on donne à manger à nos enfants. Pour leur bien, c'est de leur faire découvrir tous ceux qui sont leur propre jugement. Et en fait, il est là le danger. Ça, c'est un des premiers red flags, d'ailleurs, quand on consulte quelqu'un. C'est quand ça devient trop personnel et qu'on sent que c'est les goûts de la personne qui sont... Là, tu devrais arrêter le gluten. On imagine tout de suite qu'effectivement, cet ostéopathe, là, il a arrêté le gluten. Et lui, il a trouvé ça génial sur lui. Donc, il va dispenser ce conseil à tout le monde.
- Speaker #1
Ou qu'il a eu peut-être une pseudo-étude qui prônait que le gluten était mauvais. Tu sais, tu as plein de croyances autour de ça.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Alors qu'elle peut avoir des problèmes digestifs parce qu'elle a un syndrome d'intestin irritable ou d'autres choses. Et donc, on ne peut pas dire arrête le gluten.
- Speaker #0
Et c'est là où l'approche pluridisciplinaire parfois elle est compliquée parce qu'il faut vraiment en tant que soignante enfin en tant que diététicien par exemple garantir que ces choses là n'arrivent pas dans les professionnels qu'on va recommander et c'est là où il faut vraiment créer du lien parce que du coup ça ça peut être complètement pour peu que tu y ailles après 5 suivis avec toi avec la patiente elle a eu 5 suivis avec toi et que du coup ça lui remet plein de barrières et ça lui génère d'autres comportements, d'autres questionnements toi tu vas Tu vas avoir l'impression de rétro-pédaler dans ton suivi parce qu'il y a quelque chose qui s'est ajouté, qui n'était pas prévu et que ça n'était pas forcément un sujet au départ. Ça en devient un, donc c'est compliqué.
- Speaker #1
Ça génère souvent ce qu'on appelle la diabolisation. C'est de la dichotomie alimentaire. Après, quand on avance, mes patientes que j'accompagne, elles arrivent à un certain moment, quand on a fait un certain suivi, elles arrivent quand même. à se rendre compte que ce n'est pas normal. Des fois même, elles recadrent.
- Speaker #0
Mais elles ont raison. C'est top si elles arrivent à faire ça. On en revient à l'autodétermination, en fait, de se dire, mais non, ça...
- Speaker #1
Mais c'est très important, parce que si tu ne recadres jamais ces professionnels, en fait, ils continuent. Et donc, ça peut ne pas impacter une personne qui a une relation un peu sensible, mais pas trop troublée à l'alimentation. Mais s'il va dire ça à une personne qui souffre d'anorexie mentale, c'est chaotique pour elle, tu vois.
- Speaker #0
Bien sûr, s'il le dit tous les jours à toutes ses patientes, forcément, il va y avoir à un moment donné une conséquence dramatique.
- Speaker #1
Ce n'est pas étonnant que les TCA sont en croissance exponentielle depuis ce temps ?
- Speaker #0
C'est le danger avec l'alimentation, en fait, c'est que tout le monde s'approprie. Forcément, manger, on le fait tous, c'est un geste naturel pour tout le monde, ça fait partie de la survie de tout le monde. Donc, on a tous des croyances là-dessus et pour peu qu'on évolue dans un domaine de santé qui ne soit pas du tout lié à l'alimentation, mais on va quand même trouver des ponts et on va quand même donner des conseils qu'on va croire bons. Et c'est là où ça génère plus de méfaits que de bienfaits, en fait.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Moi, je me souviens, j'avais un stage diététique. Alors, on fait des stages en hôpital, forcément. J'étais dans un service, on recevait une dame qui avait un cancer et on enquête alimentaire au moment de son arrivée à l'hôpital. pour adapter les menus, pour tout ça, elle nous disait qu'elle était végétarienne. On disait, oui, mais pour quelles raisons ? On ne lui a pas dit pour quelles raisons elle était végétarienne, mais on lui a dit, du coup, est-ce qu'on adapte les menus ? Dans quelle mesure ? On lui a dit, oui, mais bon, je peux quand même manger de la viande si vous voulez. C'est là où on se pose la question. On lui a dit, du coup, vous êtes vraiment végétarienne ou pas ? Ah bah oui, mais en fait, j'ai suivi ça, parce que c'est mon prof de Tai Chi qui m'avait dit de devenir végétarienne, parce que c'était bon pour la santé. La personne n'avait aucune conviction là-dedans, en fait.
- Speaker #1
C'est impressionnant.
- Speaker #0
donc le gourou, en ce moment il y a un film qui s'appelle le gourou alors que moi je n'ai pas vu mais en tout cas d'éviter c'est vraiment des red flags de se dire quand ça ressemble à ça en fait, à un gourou qui dispense des conseils un peu comme ça, là ça devrait vraiment alerter en fait, ça devrait mettre des gyrophares dans notre tête complètement troisième cas je vous ai adressé ma patiente pour une suspicion du syndrome de l'intestin irritable son poids n'a rien à voir avec ses douleurs digestives ça c'est fou aussi tu veux Tu peux nous en parler un petit peu, là, comment ça s'est dépassé ?
- Speaker #1
En fait, en gros, c'est systématiquement, dès qu'une personne qui a une difficulté de poids va voir un professionnel médical, elle va se voir forcément attribuer une partie de sa difficulté en lien avec son poids. Donc, en fait, tu as des médecins qui ramènent systématiquement tout au poids. C'est compliqué.
- Speaker #0
Oui. Oui, parce que c'est surtout qu'effectivement, le poids, c'est avéré. Le surpoids peut être un facteur de risque. Mais le problème, c'est que quand ça revient sans arrêt et quand on te culpabilise là-dessus, c'est la culpabilisation qui est un facteur de risque plus important que le simple fait d'être un petit peu en surpoids. Ça peut se régler et ce n'est pas non plus systématique. On parle de facteur de risque. quand... Quand on constate que la personne est un petit peu en surpoids et qu'on en fait une affaire un peu personnelle et que tout de suite, on va dans la critique et la culpabilité.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Là, c'est dramatique.
- Speaker #1
Surtout que le SI, en fait, le syndrome d'intestin intétable, ça n'a rien à voir avec le poids, en fait.
- Speaker #0
Du tout.
- Speaker #1
Rien à voir.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc, tu vas avoir des gastros comme ça qui vont ramener le poids sur la table.
- Speaker #0
Et la façon dont, à chaque fois, ça a été amené sur ces premiers cas. Est-ce que c'est une alerte parce que tes patientes étaient vraiment conscientes que ça n'allait pas ? Ou est-on posé des questions ou ça leur avait vraiment mis un doute ?
- Speaker #1
Par rapport à quoi ?
- Speaker #0
Par rapport à tous ces exemples. Là, tu avais dit qu'il y avait une de tes précédentes patientes, dans les précédents cas, qui avait identifié que c'était n'importe quoi ce discours qu'ils ont pu entendre. Mais est-ce que tu en as qui sont dans un vrai doute du coup ?
- Speaker #1
Non, mais je vais en avoir qui vont se retrouver découragés. vivent très très mal ça en fait. C'est obsessionnel en fait. Souvent le poids pour certaines personnes. Donc tu as des gens qui sortent en pleurs de consultations médicales et qui m'en parlent et qui me disent ça m'a anéanti, ça me ralentit dans mon projet d'apaisement alimentaire. Et en fait, le risque c'est que ça ramène l'alimentation sur le paradigme de la perte de poids qui est problématique. Tu ne manges pas pour perdre du poids, en fait. Tu manges pour te nourrir, pour prendre soin de toi avec l'alimentation. Et donc, c'est compliqué.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est vraiment, encore une fois, la différence entre un diagnostic... Quand je dis diagnostic, on parle de facteur de risque. Mais de se dire qu'effectivement, il faut en prendre compte. Mais effectivement, nous, notre métier aussi, c'est de se dire, mais qu'est-ce qu'il y a autour de ça et comment on doit amener cette question-là et comment on doit la traiter ? On ne nous reçoit pas nos patients en disant tu dois perdre du poids, tu as bien fait de venir me voir et on va agir vite. Non, parce que ça, ça peut être encore pire. C'est là où on peut creuser encore plus le problème.
- Speaker #1
Les problèmes de poids, en fait, c'est souvent une conséquence. Après, le paradoxe, si on peut appeler ça un paradoxe, c'est que la majeure partie des personnes qui viennent en tout cas me consulter, mais je pense que c'est pareil pour les confrères, elles n'ont pas de problème de poids. avec leur poids, c'est un problème relationnel c'est pas un vrai problème de poids et donc si on travaille sur la cause sur la conséquence en essayant de faire disparaître la conséquence,
- Speaker #0
c'est à dire le poids sans chercher le mécanisme qu'il y a autour ça reviendra quoi qu'il arrive on ne traite pas le problème en 20 ans elle est au même niveau la personne et c'est là où cette grossophobie médicale elle crée ses problèmes elle les entretient Parfois, elle peut même les faire apparaître. Ça peut être la base.
- Speaker #1
On peut les générer.
- Speaker #0
On avait reçu Inès du compte Instagram Lâche ton assiette. qui nous témoignait de son passé anorexique. Alors elle, il n'y avait pas eu ça, mais en tout cas, elle nous faisait part effectivement de toutes ces remarques qu'on peut recevoir de sa famille, de ses amis. Elle avait une relation, elle aussi, avec un petit ami à l'époque qui avait créé tout ça, mais tout ça peut aussi venir du monde médical et c'est ça qui est dramatique en fait.
- Speaker #1
Oui, parce que la famille, tu sais, le monde médical, surtout les médecins, les personnes ont une confiance absolue en leur médecin. Et donc, du coup, si lui, le médecin prône un problème de poids ou ramène le poids sur la table, ça peut devenir un sujet de préoccupation majeure dans l'ensemble de la famille. Oui,
- Speaker #0
tout à fait. Surtout qu'en plus, c'est un message qui peut être diffusé parce que comme il vient de quelqu'un, d'un médecin, on ne peut pas reprocher aux gens de croire à ces messages-là puisqu'ils sont diffusés par soi-disant les personnes qui sont censées savoir les traiter. Donc, c'est là où c'est le serpent qui se mord la queue quand même.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Allez, on passe à un autre cas. Cher naturopathe, votre conseil à ma patiente sur le fait qu'elle ne devrait pas mélanger les féculents avec les légumes a été le déclencheur de ces TCA. Alors là, c'est pareil. Quand j'ai lu ça, j'ai dit, mais autant avec les naturopathes, il y en a des biens, parce qu'il y en a qui sont formés à ça aussi, ça ne s'agit pas. Mais autant on peut entendre des choses. Mais alors ce truc-là, je ne l'avais jamais entendu, parce que je me dis, mais où est-ce qu'elle a entendu ça en fait ? Parce qu'autant arrêter les féculents le soir ou ce genre de trucs, ça, à la rigueur, on le voit beaucoup. Mais ne pas mélanger ces féculents avec ces légumes, c'est quoi le message derrière ? En fait,
- Speaker #1
tu sais, c'est souvent des naturopathes. Alors, je n'ai rien contre la naturopathe, mais des fois, elles ont des... Ils, ils... On peut parler en masculin, parce qu'il n'y a pas que des femmes. Ils ont des croyances alimentaires ou des conseils alimentaires qui ne se basent sur aucun fondement scientifique. Et en fait, tu n'as jamais entendu ça ? Il ne faut pas mélanger les féculents et les légumes.
- Speaker #0
Non, franchement.
- Speaker #1
Ils sont remplis, en fait, de... Il ne faut pas dissocier les aliments. Il ne faut pas, en fait, mélanger tout. Et c'est par rapport à quoi ?
- Speaker #0
Par rapport à la portion ? Non,
- Speaker #1
par rapport au bien-être digestif. Alors là, en l'occurrence, ce n'était pas par rapport au poids, tu vois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais en fait, si tu... Alors, que ce soit, en fait, ne pas mélanger les légumes et les féculents ou les protéines et les féculents ou X mélange. Que ce soit en fait un diktat alimentaire comme ça, peu importe quel est ce diktat, ça va en fait générer une préoccupation alimentaire qui peut amener à des TCA.
- Speaker #0
En l'occurrence,
- Speaker #1
ce n'était pas pour le poids que cette naturopathe avait préconisé ça à ma patiente, mais ça a généré des troubles dans la relation à l'alimentation.
- Speaker #0
Oui, parce que pour peu que la patiente qui reçoit ce conseil-là le fasse tous les jours, elle va se dire, mais ça fait des années que je fais n'importe quoi en fait.
- Speaker #1
En fait, ça génère de la peur. C'est pareil. J'étais invitée dans une émission récemment. En fait, les discours alarmistes comme ça autour de l'alimentation, ça génère de la peur. Ça génère de la culpabilité alimentaire qui n'a pas lieu d'être.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et en fait, ça va ramener à des restrictions alimentaires et avec toutes les conséquences qui vont être impactées par les restrictions. Oui.
- Speaker #0
Non, mais c'est sûr que nous, enfin, sur le sujet, enfin, le... Le message aussi qu'on fait passer en permanence, c'est qu'il n'y a pas une bonne façon de bien manger.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
En fait, c'est juste de comprendre comment je construis mon assiette par rapport à mes valeurs, à mes goûts, à tout ça. Comment j'arrive à me construire un repas à peu près équilibré. Parce qu'il ne s'agit pas de viser une perfection. De toute façon, ça n'existe pas.
- Speaker #1
C'est très culturel.
- Speaker #0
Voilà. Mais de se dire... Moi, je sais que par exemple, avec ma femme, on est très différents. Mais alors, c'est plutôt une histoire de goût. Ma femme n'aime pas mélanger les ingrédients. Mais il n'y a aucune notion médicale ou quoi derrière. C'est juste par rapport à sa façon de manger. Moi, j'aime bien mélanger. Ça s'arrête là. Mais du coup, il n'y en a pas un qui fait mieux que l'autre tant qu'on mange les bons aliments. Et encore une fois, j'en reviens aussi à ces classements qu'on voit en ce moment, moi, qui me sortent par les yeux de coachs qui sont dans un canapé et puis on leur dit, note les aliments de 1 à 10, ça n'a aucun sens. Il y a plein de choses comme ça. Il y a plein de croyances limitantes comme ça qu'on se met et qui sont des vrais freins. Mais ce ne sont même plus des freins, ce sont des vrais dangers, en fait.
- Speaker #1
En fait, Ce qui est important à observer, c'est l'impact que vont avoir ces discours dans notre façon de vivre avec l'alimentation. Tu peux avoir des discours comme ça, qui viennent, qui sortent tout de suite, qui rentrent par une oreille, qui sortent par l'autre, comme on dit. Mais tu as souvent, malheureusement, ces discours qui entretiennent une obsession, qui créent en fait... En fait, on perd la neutralité alimentaire.
- Speaker #0
Et donc l'alimentation devient un sujet de préoccupation majeure. On quitte l'instant présent. En fait, après, tu as plein de conséquences.
- Speaker #1
Parce que c'est vrai que là, aujourd'hui, dans l'épisode, on parle de ça. C'est des phrases qu'on sort un peu de leur contexte, qu'on détache. Donc on aurait presque tendance à se dire, oui, enfin, on va y aller pour croire à ça. Mais sauf qu'il ne faut pas oublier que là, on est dans un contexte où quelqu'un va consulter un professionnel de santé ou au moins, où c'est un sujet de santé. Peut-être que la personne derrière a été se renseigner sur les réseaux et qu'elle a trouvé des discours qui confirment ça. Et que tout ça a été forcément la phrase prise un petit peu comme ça en détaché. Bon, on aurait tendance à juste sourire en coin et de se dire bon, la personne, elle est un peu presque un peu naïve de croire à tout ça. Mais il faut voir tout ce qu'il y a derrière. Il faut voir que souvent aussi, c'est des phrases qu'on entend. Alors là, tu disais, tu vois, pour le coup, moi, c'est le fait de mélanger féculents et légumes. Je n'avais pas entendu, mais j'imagine qu'elle existe et que. Et que si tu as envie d'aller sur ce biais-là et que tu as envie de trouver une confirmation sur Internet, tu la trouveras. Donc, c'est là où c'est dangereux, en fait.
- Speaker #0
Mais c'est pour ça que c'est super dangereux, Internet et les réseaux sociaux. Tu sais, je songe de plus en plus à créer une pétition, en fait, sur les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Oui, mais je suis d'accord.
- Speaker #0
Pour ramener un contrôle autour de tout ce qui est domaine de la santé.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Pour avoir un contrôle de ce qui est du contenu, en fait. Et c'est très dangereux parce que sur les réseaux, tout le monde parle de n'importe quoi et peut raconter n'importe quoi sur la base de n'importe quoi. Donc, en fait, tu n'as aucun contrôle. Vous savez,
- Speaker #1
une médecin du sport, il n'y a pas longtemps, qui, elle, parlait de prothèses ou de matériel médical. Elle a dit que dès que c'est médical, si on veut en parler sur les réseaux, il faut faire très attention à ce qu'on dit. Mais par contre, dès qu'on est dans du truc de confort, là... Là, tu peux y aller sur les arguments. Tu vas gagner 20 ans de vie. Ton arthrose va disparaître. Là, on peut y aller sur l'argument publicitaire complètement affolant. Et nous, on est confrontés à tout ça aussi. Parce qu'en plus, pour évoluer tous les deux sur Instagram, c'est compliqué, nous, d'avoir des portées équivalentes en termes d'audience. Parce que nous, on est anti-publicité, on est anti-discours comme ça. Et Instagram, lui, ne demande que ça, en fait. Il analyse nos contenus, il va vous dire « Ah, mais là, t'as pas été assez accrocheur, t'as pas été... »
- Speaker #0
C'est même pas ça, c'est que c'est très chronophage, les réseaux sociaux. Ça demande un temps de dingue. Et si on travaille à côté, on peut pas.
- Speaker #1
Mais ce que je veux dire, c'est que les discours de prévention ont une portée beaucoup moins importante que quelqu'un qui va dire n'importe quoi, quelqu'un qui va dire « Je vais vous faire perdre du poids en... » En deux jours parce que c'est un discours commercial publicitaire qui va être hyper accrocheur.
- Speaker #0
C'est normal, ça répond à une difficulté. Tu souffres d'une difficulté, je ne sais pas, si demain tu te brûles quelque part et que tu as une personne qui est en train de te dire « attends, fais attention, il faut laisser aérer un temps, tu es en train de souffrir » et que tu as l'autre côté qui te dit « ouais, attends, tu vas mettre cette pommade, tout de suite tu vas aller mieux » , c'est normal que la personne va tenter la pommade. Mais si à chaque fois qu'elle met la pommade, Ça accentue la problématique.
- Speaker #1
Ou si on se rend compte que la pommade, c'est n'importe quoi et que c'est dangereux pour la santé.
- Speaker #0
Elle ramène encore plus de douleurs. À un moment donné, c'est aussi important que les personnes prennent du recul sur leur expérience en se disant que ce que je suis en train de faire, ça ne fonctionne pas et ça accentue mes difficultés. Et c'est là, souvent, que les personnes font le choix d'aller consulter des professionnels pour travailler sur les réelles difficultés.
- Speaker #1
Mais d'où la nécessité, comme tu le disais, de peut-être un peu réguler un petit peu tout ça. Parce que c'est vrai qu'on est confronté. Nous, on ne peut pas lutter contre ça. On a cette mission-là de faire de la prévention. C'est vraiment la mission. C'est la raison pour laquelle ce podcast existe. Mais ça ne va pas tout résoudre. On est bien d'accord.
- Speaker #0
C'est des coups d'épée dans l'eau qu'on met à chaque fois. On ne peut pas non plus sauver le monde aussi. Exactement. Même si tu aides une seule personne, c'est toujours une personne.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que... D'ailleurs, c'était une de mes futures questions dans l'épisode. On parle des fois de médecins qui sont radiés pour X raisons, mais qu'est-ce qu'il existe comme recours derrière un patient ou une patiente que tu as pu récupérer, qui est dans une situation un peu dramatique ? Et si on identifie parmi les causes, justement, une grossophobie médicale, qu'est-ce qui peut arriver concrètement aux médecins ? Est-ce qu'aujourd'hui, il y a des vrais recours ?
- Speaker #0
Il me semble qu'il y avait une personne, j'ai oublié son nom, qui avait lancé une pétition justement pour que la grossophobie médicale fasse l'objet d'un décret de loi. Il me semblait, et après je ne suis pas partie valider la loi, mais il me semblait qu'on peut porter plainte, en fait. On pouvait porter plainte pour grossophobie parce que c'est de la discrimination. Bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr, tout à fait.
- Speaker #0
Mais par contre, personne ne le fait. Les gens flippent de ça. Donc il n'y a personne, enfin personne. Ça se trouve, il y en a qui ont été portés plainte. Je ne suis pas certaine que la plainte ait abouti.
- Speaker #1
Mais oui, après, on en vient toujours. C'est un peu le... Je fais un parallèle qui ne devrait pas exister, mais avec MeToo, effectivement, on se rend compte maintenant dans les statistiques que l'accueil de la plainte, alors sur un autre sujet, sur l'histoire de viol et d'agression sexuelle, l'accueil de la plainte dans les commissariats, c'est déjà très, très compliqué. Alors j'imagine que sur la grossophobie médicale, on a peur de se faire... carrément rironner quand on va aller voir quelqu'un pour porter plainte et dire oui sur une remarque comme ça comme on le disait tout à l'heure sur des phrases comme ça mais parce que c'est devenu tellement courant que c'est dans les mœurs c'est normal et puis ceux qui sont censés recueillir ces plaintes sont pas non plus alors formés c'est peut-être un grand mot mais voilà il n'y a pas de prise de conscience là-dessus et il n'y a pas au moins une sensibilisation sur ce sujet là je trouve ça aberrant
- Speaker #0
Oui, on est bien d'accord. En plus, je trouve ça fou parce que les médecins, c'est des médecins, donc ils sont censés savoir que le poids, ce n'est pas une question de volonté, ce n'est pas une question de choix. Ils sont censés le savoir. Je ne sais pas, je n'ai pas fait médecine, mais j'imagine qu'on apprend ça dans les cours de médecine quand même. Et donc, leur dire, faire culpabiliser les personnes, ou leur dire, au tout cas, moins manger, ou leur sortir des conseils alimentaires à bidon, pour un médecin, je trouve que c'est un peu...
- Speaker #1
Ça revient presque à dire qu'on te pose un diagnostic de cancer du poumon et le médecin te dit que tu n'avais qu'à ne pas fumer en même temps. On est dans cette violence-là quand même.
- Speaker #0
Où tu n'as qu'à arrêter de fumer, ton cancer va disparaître. C'est un peu ça.
- Speaker #1
Oui, aussi.
- Speaker #0
C'est plutôt ça la comparaison.
- Speaker #1
Mais dans la culpabilisation, c'est ça. C'est de ta faute et ça ne tient qu'à toi de guérir. Un autre cas, cher gynécologue. Je vous ai adressé ma patiente pour son endométriose. Son poids n'est pas à l'origine de sa difficulté.
- Speaker #0
Les gynécos, c'est un peu fou. Parce que, que ce soit pendant la période de grossesse ou post-grossesse, en fait, le poids est un sujet quasiment systématiquement abordé, sans que la personne demande quoi que ce soit. Et effectivement... et on va adresser des personnes pour endométriose ou autres problèmes hormonaux, en fait, on va se retrouver confronté avec cette question de poids.
- Speaker #1
Moi, j'ai déjà vu aussi passer des témoignages pendant des échographies.
- Speaker #0
De grossesse ? Oui, de grossesse.
- Speaker #1
Où la personne va dire, bah oui, mais bon, là, je ne vois pas bien. À cause du surpoids, à cause de votre âme agresseuse. enfin bref, on voit passer des choses qui sont quand même...
- Speaker #0
Mais je ne me rends pas compte de l'impact de ces paroles pour les personnes.
- Speaker #1
Et puis là, en plus, l'échographie de grossesse, c'est un moment heureux. Et là, tu transformes ça en un espèce de cauchemar. Là, pour le coup, en plus, c'est une consultation médicale qui est vraiment heureuse. Il n'y en a pas beaucoup, mais celle-là, c'est vraiment des moments super sympas. Et là, ça cache tout en une phrase.
- Speaker #0
C'est beaucoup. J'ai beaucoup de retours de grossophobie via les gynécologues. Après, c'est une généralité, bien sûr. Tu as des gynéco. Oui,
- Speaker #1
mais il ne s'agit pas de dire que tout le monde bosse mal. Là,
- Speaker #0
on alerte sur les problématiques. Oui, bien sûr. Le but, ce n'est pas de se dire qu'il ne faut plus aller voir un gynéco. Non, bien évidemment.
- Speaker #1
Mais en tout cas, il faut se dire que ce n'est pas normal. Il ne faut pas hésiter à mettre ça sur la table et recadrer, effectivement.
- Speaker #0
C'est très important de recadrer. Moi, j'invite tous mes patients. Je travaille d'ailleurs avec mes patients sur ça, ce qu'on appelle un peu de l'assertivité. Il faut recadrer ça.
- Speaker #1
pour voir ce qu'il s'est passé comme toute remarque qu'on peut recevoir de l'entourage moi ça m'est déjà arrivé et de se dire et surtout qu'en plus des fois on aurait tendance à croire qu'on va rentrer dans un conflit et pas forcément en fait des fois la personne comme tu disais tout à l'heure ça part pas forcément d'une mauvaise intention et des fois simplement de recadrer et de dire là tu vas un peu trop loin je le percevois je m'en rendais pas compte ça s'apprend
- Speaker #0
L'assertivité ça prend c'est une façon de faire c'est pas l'idée de rentrer dans le conflit tout de suite peut-être que les médecins ne se rendent pas compte de l'impact justement juste leur dire moi quand vous me parlez de ça ça me fait mal, ça m'aide pas, c'est difficile pour moi peut-être que le médecin ça va le faire réfléchir à deux fois avant d'en parler
- Speaker #1
Là je lis le prochain cas alors là pour moi on va pas classer du pire au moins pire Celui-là est vraiment marquant parce que là, on est vraiment sur quelque chose qui est lié à la consultation elle-même. Cher psychologue, je vous ai adressé ma patiente pour travailler ses traumas, pas pour lui en créer un autre en lui disant qu'elle est trop grosse pour faire du mannequinat. Tout à l'heure, on était sur des choses qui ne font pas partie du champ de compétences d'un ostéopathe, l'alimentation. Alors là, le psychologue, normalement...
- Speaker #0
C'est magnifique, mais après, tu vois, tu as des psys qui ont... eux-mêmes une difficulté. Et eux-mêmes, victimes de grossophobie. Et j'ai déjà vu des psys dire des réflexions un peu désastreuses. Et ça, c'est un vrai retour.
- Speaker #1
Oui, j'en ai aucun doute, mais il est quand même...
- Speaker #0
Il n'était pas spécialisé TCA particulièrement, mais il disait de toute façon, le maquina, c'est pas pour vous. Vous êtes trop grosse pour ça. En fait... Quand on relate ça en consultation, on se dit, mais mince.
- Speaker #1
Ah ouais, ouais. Comment ça a été amené, ce truc-là ? D'où ça vient ? Mais c'est sûr que la phrase, elle est dramatique. Elle est franchement dramatique. Là, tu ne peux pas dire que ça n'aura aucun impact sur la personne qui reçoit ce type de phrase. Franchement...
- Speaker #0
La grossophobie, tu sais, je pense que la plupart des personnes en sont victimes. Après, on ne va pas rentrer dans les débats, mais c'est un peu voulu. C'est une sorte de manipulation sociale. La société fait que la grossophobie existe. Parce que ça génère un business derrière, parce que ça clone les gens, ça les catégorise, etc. Et en fait, tu as des personnes qui en sont victimes elles-mêmes. Et donc, quand tu es victime, toi, de grossophobie, en fait... Tu le retransmets. Oui,
- Speaker #1
c'est quelque chose qui devient un terreau un peu. C'est un truc sous-jacent.
- Speaker #0
C'est la norme, en fait. C'est la norme. Il ne faut pas être gros. Quand tu es gros, tu n'es pas normal.
- Speaker #1
Et en plus, je voyais qu'il y a eu toute une période qui n'a pas duré très longtemps, malheureusement, de body positive et tout ça. Et là, j'entendais déjà des tendances qui disaient « Non, mais là, on est revenu à... » Tout ce qui est autour de la mode, on est revenu à des tendances 2000-2010 où c'est le skinny à fond. On oublie le body positive a vite été balayé. Peut-être qu'ils se sont rendu compte qu'il n'y avait pas un business dingue à faire autour de ça. Je ne sais pas, à mon avis, mais en tout cas, les tendances de mode, où des mannequins un peu plus forts étaient dans des défilés et tout. Et là, je voyais une analyse d'autre fois qui disait que ça n'existe même plus. On est reparti au culte de la minceur à fond.
- Speaker #0
On n'est jamais parti en fait. Après, tu sais, le body positif, ça a aussi des limites. Bien sûr, bien sûr. Mais c'est jamais parti, en fait. Le body de la minceur, il a toujours été là.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Non, mais il y avait une des tendances, des débuts de mannequins grande taille et tout ça, dans les défilés de très grandes marques. Alors évidemment, c'était du business aussi. Mais au moins, on peut se dire, c'est un début de prise de conscience. Ça envoie quand même des messages, parce que ça envoie des mauvais messages. Mais là, pour le coup, ça envoyait un bon message, même si on savait que c'était du business. Mais même ça, ça a disparu de ça, en fait. Donc, on est retourné. Voilà.
- Speaker #0
C'est infernal. J'imagine qu'il y a tellement de business autour de la perte de poids et de la minceur qu'en fait, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Oui, et puis, c'est aussi l'association malheureuse du glamour et de la minceur. Et ça, voilà, peut-être que...
- Speaker #0
C'est triste. Moi, je pense à mes enfants, en fait. Je trouve que c'est triste parce que c'est eux, après, qui vont subir ça.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc après, au jour d'aujourd'hui, ce que je trouve bien, c'est qu'on parle de plus en plus des TCA, on alerte de plus en plus. Tu vas avoir des comptes aussi sur Insta qui sont hyper bien référencés et qui parlent de ça.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et c'est super.
- Speaker #1
Oui, mais ça reste quand même… Quand le psy balance ça, c'est que tu te dis qu'il y a encore un gros boulot à faire. Là, on en est vraiment au tout début. prochain, dernier cas qu'on va aborder ensemble. Cher coach sportif, je vous ai adressé ma patiente pour travailler sa mouvance et évacuer sa charge mentale, pas pour lui parler de déficit calorique. Là, on est dans le cliché un petit peu, enfin quand je dis le cliché, du coach sportif, voilà. C'est ça, qui s'approprie toute l'alimentation.
- Speaker #0
Mais c'est même pas ça, c'est que, en plus moi j'ai plein de potes coach sportif, j'avais, fut un temps, et en fait, Je pense que c'est leur job de parler de nutrition. Il y en a beaucoup qui ne travaillent pas forcément en partenariat avec des diètes. Et en fait, dans la plupart des coachs, alors il y en a qui ne sont pas comme ça du tout, mais des coachs sportifs, ils voient le sport comme un moyen de perdre de poids. Et ça entretient en fait la difficulté, parce que le sport, à la base, ce n'est pas fait pour perdre du poids.
- Speaker #1
C'était la question, j'ai reçu, comme je te disais tout à l'heure, j'ai reçu un médecin du sport, la question c'était est-ce que le sport fait maigrir ? Voilà, on a débattu de ça, voilà, parce que c'est comme ça que le sport est abordé en fait.
- Speaker #0
Mais ça devient une stratégie de contrôle de poids alors que ça ne devrait pas l'être. Donc tu vois, on change encore de paradigme du coup de poids, du sport et en fait l'éco-sportif en venime ça. Je ne sais pas, tu vois sur Insta, tu as des comptes de coachs mais c'est chaotique. Alors eux, leur truc, c'est déficit calorique. Ils pensent avoir le gras ultime et la solution magique en sortant ça, avec tous les discours grossophobes autour. Et en fait, alors là, ils accentuent un max. Alors eux, je pense que, je n'ai pas fait de statistiques, mais je pense qu'ils sont au tout début, ils sont au sommet en fait de ce qui génère les TCA.
- Speaker #1
Oui, en termes d'influence. Ah oui, je suis d'accord. On parlait tout à l'heure de phénomènes ancrés. Pour te dire, il n'y a pas longtemps, surtout cet hiver, j'ai des enfants en bas âge, donc je me disais que la course à pied, ça va être compliqué. Peut-être que je peux compenser cette activité physique-là en m'inscrivant dans une salle de sport. J'aurai le temps au moins. Je regarde sur une salle de sport très connue, je ne vais pas citer de marque, donc je commence à m'abonner et tout ça. Puis je vais voir un petit peu dans la rubrique, tiens, je vois une rubrique alimentation. L'image. de la rubrique alimentation, c'était de la poudre. Rien que l'icône sur le... Donc là, tu as tout de suite compris. Même eux, c'est la plus grosse enseigne de salle de sport. Même eux, pour eux, l'alimentation, au sein d'intégrer dans du sport, par quoi on va la représenter sur le site internet ? De la poudre.
- Speaker #0
C'est logique.
- Speaker #1
Non, mais c'est là où tu te dis, mais on en est arrivé là, franchement.
- Speaker #0
Tu quittes la culture, la bonne culture française, gastronome. Non, mais c'est dramatique quand même. Nous, en fait, à notre niveau, on ne peut qu'alerter les personnes pour que les personnes prennent conscience et puissent se préserver de ça et préserver leurs enfants et leurs proches. Mais en fait, je ne pense pas que ça va changer. Tu vois, c'est un vrai business.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Après, j'ai des potes coachs de sport qui sont sur des approches complètement différentes et où là, tu as vraiment le développement de soi, le bien-être. Bien sûr. C'est un corps. incorporer dans un prendre soin de soi global. Et donc, effectivement, j'ai adressé souvent des patientes juste pour travailler la mouvance, pour qu'elles bougent, parce que c'est ça qui est important. Et en fait, elle s'est retrouvée avec des programmes de déficit calorique, des régimes.
- Speaker #1
Mais en plus, ce qu'on disait l'autre fois avec Florian Saffer, dont on parlait de son livre, qui répondait avec la fameuse question « Est-ce que j'ai un problème de poids ou avec mon poids ? » Et c'est vrai que le danger de tout ça, c'est que le déficit calorique, en fait, ça marche au début. Et ça nous conforte. Pour perdre du poids, évidemment, je t'affame, je te fais manger quatre fois moins et je te mets au sport pendant deux semaines. Ce que je veux dire, c'est qu'il va y avoir ce que disait Florian, le danger de tout ça est là où ça développe du TCA. C'est parce qu'au début, comme le régime, en fait, ça marche. Le poids évolue vite. Donc, on se conforte là-dedans et on se dit que finalement, la solution qui existe, c'est ça. Et c'est là où, à un moment donné, quand on arrête tout ça, parce que ce n'est pas normal de faire ce genre de choses, c'est là où, quand on arrête, on se culpabilise parce qu'on se dit « mais en fait, je ne suis pas capable » .
- Speaker #0
On ne cause jamais le déficit calorique qui est foireux, mais on a l'impression que c'est nous qui avons foiré les choses. Voilà,
- Speaker #1
parce qu'on n'est pas assez motivé, entre guillemets, bien sûr, je mets des gros guillemets.
- Speaker #0
Parce que c'est les discours que disent après les coachs. Après, ça marche, moi je suis... Ça marche sur le poids, mais ça ne marche pas sur la vie.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Je précise bien, ça marche sur la balance. Ça comporte le client. Je parle bien de client parce qu'on n'est plus dans des patients, on est dans des clients. Le client se dit que la promesse est tenue. J'ai perdu 15 kilos en un mois, c'est génial.
- Speaker #0
Mais c'est là où il faut faire vraiment gaffe. Ce n'est pas la perte de poids qui est difficile. C'est de maintenir la perte de poids sur la durée. Ça ne peut être maintenu qu'en travaillant les mécanismes qui amènent à la prise de poids.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
C'est un petit tenté qui est du poids à perdre.
- Speaker #1
Parce que du coup,
- Speaker #0
il n'y a pas de poids à perdre. C'est juste une difficulté de relation avec le poids.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #0
C'est tout le travail d'être accompagné.
- Speaker #1
Mais c'est là où ces discours-là vont dire que tout le monde doit perdre du poids, parce qu'il y a des chiffres qui existent de surpoids, d'obésité. Donc on va te dire, toi tu dois être dedans aussi, évidemment que tu as du poids à perdre, donc viens me voir, tu vas perdre du poids, tu verras, en un mois tu auras perdu 15 kilos, ça va être génial. Mais derrière, quelles conséquences sur le corps, quelles conséquences sur la tête, quelles conséquences sur l'assiette ? De toute façon, le contrat sera rempli.
- Speaker #0
J'adorerais que ça existe. Notre métier n'existerait plus en fait. Même pas. Je pense que notre métier existerait encore, mais il serait vu sous une autre façon, la vraie façon de prendre soin de soi à travers l'alimentation et pas de perdre du poids.
- Speaker #1
Mais quand je dis notre métier, l'approche de traiter du TSA n'existerait pas, puisque si tout marchait comme ça, si les gens arrivaient à inclure ça en permanence dans leur vie, mais oui, mais non, parce que le TSA, il se crée comme ça, en fait.
- Speaker #0
On pourrait travailler sur d'autres. Notre métier est très vaste. Bien sûr. travail sur la façon de manger, même sans TCA, tu as des personnes qui ont pas des vrais TCA mais qui ont juste des relations conflictuelles.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Mais effectivement, je trouverais ça super, il n'y aurait plus de problème, l'obésité n'existerait plus parce que c'est quand même une pathologie. Si ça marchait vraiment, qu'on avait la solution extrême, ça serait super.
- Speaker #1
Et tout ça, en fait, c'est souvent des discours, évidemment, c'est efficace mais parce que c'est simpliste, parce que cette approche de l'alimentation, mais même on le voit, on en a parlé d'ailleurs, récemment, c'est aussi on voit des choses, la malbouffe on parlait de diabolisation tout à l'heure de classer les aliments bons ou mauvais, là on a vu passer quelque chose il n'y a pas longtemps au Royaume-Uni alors moi j'ai vu passer des articles, les titres parce que je n'ai même pas pris la peine de lire mais rien que le titre de dire le gouvernement au Royaume-Uni a dit on va interdire la pub pour la malbouffe tout le monde dit, c'est super, c'est génial C'est quoi la malbouffe ? Qu'est-ce que c'est la malbouffe ? Qu'est-ce qu'on met dedans en fait ? On met tous les produits qui sont un petit peu gras, qui sont un petit peu sucrés, mais il reste quoi globalement ? Il reste des carottes et de la salade ?
- Speaker #0
En fait, on fonctionne à l'envers. C'est un peu l'idée, quand je suis partie à l'émission de l'Assemblée Générale, l'Assemblée Nationale, il n'y a pas longtemps, c'était ça en fait. C'était le sujet de la malbouffe. des aliments ultra transformés mais en fait le simple fait de parler de malbouffe génère une difficulté.
- Speaker #1
Qui dit malbouffe dit bonne bouffe.
- Speaker #0
Tu vois, tu rentres dans une dichotomie alimentaire qui est problématique et en fait, ça ne va pas. Donc on fonctionne à l'envers, on ne travaille pas sur les vrais mécanismes. C'est une façon d'esquiver la vraie problématique.
- Speaker #1
Bien sûr, parce que c'est simplifié de se dire, pour être en bonne santé, il ne suffit pas de manger ces aliments. Comment ? Enfin, peu importe. Mais juste supprimer ça. Et du coup, ça entretient tous ces discours. Moi, quand je vois que Thibaut Inchep est reçu, j'ai rien contre lui. Il fait ce qu'il veut dire. Il est dans son domaine. Moi, j'ai rien contre lui. Mais juste quand je vois qu'il est reçu par Emmanuel Macron pour parler nutrition et qu'il se prend en photo devant l'Elysée avec ses pots de protéines et ses compléments alimentaires, moi, je me dis, mais c'est comme ça qu'il voit le problème nutritionnel. Et c'est cette personne-là qu'ils vont appeler pour en parler. On en est là quand même. Et je me dis, du coup, effectivement, la prévention santé, la santé publique, ouais, ok, c'est comme ça qu'on va la traiter.
- Speaker #0
C'est infernal, en fait. On tourne en rond. Mais je pense sincèrement, je ne pense pas que ça va changer en réalité.
- Speaker #1
Non, parce qu'on est sur une approche aussi très marketing. Ils ont vu Thibaut Inchep, premier youtubeur de France. Ça va avoir une super portée. On va envoyer des super messages. Ils parlent aux jeunes. Nous, on ne parle pas aux jeunes, eux, ils parlent aux jeunes. Bon, là, je ne rentre pas dans des discours trop politiques, mais moi, ça m'attriste. Et même des fois, alors je sais que toi, je te vois beaucoup aussi, enfin, beaucoup, je te vois souvent intervenir dans des JT, dans des choses comme ça, mais des fois, j'ai vu, ils faisaient appel sur des questions alimentaires. Ce n'est même pas des diètes, en fait, ou même pas des nutritionnistes, c'est des médecins généralistes qui répondent à des questions alimentaires.
- Speaker #0
Ils ne connaissent rien.
- Speaker #1
Ils n'ont même pas connaissance de certains métiers. C'est comme si on demandait à un dentiste d'analyser des problèmes cardio. C'est n'importe quoi.
- Speaker #0
Après, le médecin, tu vois, tu n'as pas beaucoup d'heures de nutrition. Non, il y a beaucoup de choses. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
En fait, ils n'y connaissent que dalle, les médecins. Ils ont les bases.
- Speaker #1
La médecin du sport que j'ai reçue, elle me disait, alors oui, des fois, c'est des sujets qu'on aborde, mais moi, elle le disait clairement. Elle disait, moi, ce n'est pas du tout ma... Et c'est normal, on ne peut pas tout aborder non plus, sinon les études durent déjà suffisamment longtemps.
- Speaker #0
Mais j'ai fait des formations, tu sais, j'ai fait plein de formations dans mon cursus. Et en fait, j'ai été amenée à rencontrer des médecins généralistes qui pensaient, par exemple, mais c'est tout bête, mais que l'huile d'olive était moins grasse que l'huile de colza. Ouais, ouais. C'est de l'huile, en fait. Ouais,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
En fait, tu vois, c'est...
- Speaker #1
Bah oui, oui. Même dans ces milieux-là, dans ce monde-là, il y a des croyances comme ça.
- Speaker #0
C'est eux qu'on va appeler pour parler de nutrition alors qu'ils n'y connaissent pas grand-chose.
- Speaker #1
Oui, et c'est eux qui vont délivrer ce type de message à des patients. Et derrière, on va récupérer ça. Il va falloir déconstruire toutes ces barrières qui n'auraient même pas existé.
- Speaker #0
Tout à fait. Après, c'est parfait. J'aurais pu faire une slide aussi sur des confrères. Des confrères qui sortent aussi des déficits caloriques. Ce n'est pas forcément le diplôme. Moi, ça m'a un peu mis en colère parce que je me dis que ce sont des médecins. Normalement, ils sont là pour protéger. Ils ne sont pas là pour générer des difficultés. Mais il y a plein de confrères qui font aussi des désastres sur le plan alimentaire, qui parlent de transformation corporelle. Et en fait, on lutte en permanence avec le corps. C'est infernal.
- Speaker #1
Oui, c'est compliqué. en fait Tout ça, c'est pour ça que sur Instagram, moi, je suis présent parce que j'ai voulu un petit peu comprendre ce monde-là. Mais je me suis vite rendu compte. C'est pour ça que j'ai décidé de faire un podcast, en fait, parce que je me dis, mais dès qu'on aborde un thème, un sujet, mais il faut en parler pendant longtemps parce qu'il faut apporter de la nuance, parce que chaque cas est particulier. Il n'y a pas de règles générales, universelles. Enfin, si, sur l'équilibre alimentaire, il y a des règles un peu universelles. Mais dès qu'on... Dès qu'on diffuse ces messages, il faut tout de suite mettre un peu de nuance, de dire mais oui, mais parce que c'est pas non plus que ça en fait. C'est beaucoup plus complexe que ça. Et faire de la prévention ou du discours diététique alimentaire sur des rilles de 90 secondes, c'est pas possible en fait. Parce que forcément on va dire des bêtises. On va faire des raccourcis.
- Speaker #0
C'est important de nuancer tout le temps. Effectivement, t'as la base théorique, mais on vit dans la vraie vie, on vit pas dans la théorie.
- Speaker #1
Et puis on n'est pas des robots.
- Speaker #0
Exactement, donc c'est à adapter à chaque personne.
- Speaker #1
à chaque difficulté surtout c'est important on pourrait dire effectivement qu'il faudrait manger en gros tant de quantité et tout mais derrière la quantité on se dit attention, on va pas dire aux gens de peser tous les jours leur aliment parce qu'il va y avoir ces risques là donc en fait tout ça, à chaque fois on déroule un fil et c'est là où il faut être très prudent avec ces discours là en fait c'est surtout des quantités théoriques tout à fait Ah ouais, sans arrêt, il y a des risques qui... Nous, on voit ça avec notre œil et notre pratique, on voit des risques partout. Alors parfois, c'est là aussi où nous, il faut qu'on fasse attention, parce qu'à force de... On peut être un peu alarmiste, des fois aussi, avoir des risques partout. C'est pour ça qu'il faut tout ça, il faut le nuancer aussi, et il faut prendre le temps d'en parler, en fait. Il n'y a rien de grave tant que c'est pas... Mais il ne faut pas non plus tomber dans des discours de raccourci, parce que c'est très dangereux, en fait.
- Speaker #0
Il faut flexibiliser tout le temps. C'est important.
- Speaker #1
Et personnalisé, surtout.
- Speaker #0
C'est vrai. Les coachs, dès qu'on voit une pub... Tu ne peux pas le faire dans la grande partie. Tu personnalises quand tu as un cas. On le fait en suivi, quoi. Exactement. Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Donc ça, c'est... Parce qu'effectivement, moi, j'aurais très bien pu... Enfin, je ne l'aurais pas fait moi, mais on peut faire un podcast de conseils diététiques avec des thèmes. Il faut faire ci sur le sucre, il faut faire ça sur la... Voilà. On y va sur l'injonction à fond, mais ce n'est pas ça, en fait.
- Speaker #0
C'est fou. Mais les gens ne sont pas perdus. Les gens sont... Ils sont vraiment perdus. Ils ne savent plus, en fait. Ils ne s'y retrouvent plus. J'ai beaucoup ces retours.
- Speaker #1
Je comprends.
- Speaker #0
Il y a une tonne de formations. Et puis, en fait, ils ne travaillent pas sur la réelle difficulté. La plupart des personnes, ce n'est pas vraiment dans l'alimentation qu'il faut travailler. C'est dans le rapport, dans la relation. C'est pour ça, d'ailleurs, que je vais mettre en place des e-books, une série d'e-books. Bientôt.
- Speaker #1
Et qui seront du coup sur...
- Speaker #0
En fait, l'idée, c'est de faire plusieurs e-books, il va y en avoir dix, sur des thèmes spécifiques d'une problématique de comportement alimentaire ou de relation à l'alimentation. Et en fait, ça suit un peu le cheminement du travail que je peux amener à faire en consultation. Bien sûr, ça ne remplace pas une consultation, mais ça suit. Et ça permet en fait de comprendre certains mécanismes, ça donne des outils concrets pour mettre en place des choses. Et après les e-books, on peut tous les choisir ou les choisir celui qui nous parle le plus. Et c'est vraiment mon projet là. Bon, j'écris à mon rythme.
- Speaker #1
Ah oui, non mais il faut que ce soit...
- Speaker #0
Je vais lancer le premier e-book bientôt là. Je ne sais pas quand exactement, soit là en février, soit début mars, j'espère. Mais c'est pour ça que ça me tient vraiment à cœur.
- Speaker #1
Non, mais c'est très compliqué. Et c'est pour ça que même nous, on peut avoir ce discours. Ça peut être des fois culpabilisant de se dire, faites attention, n'allez pas voir n'importe qui, n'importe quoi. Mais il faut aussi qu'on ait conscience que c'est très compliqué. Moi, j'ai fait un épisode sur le lien alimentation et cancer avec une oncologue, avec une spécialiste. Et même, on parlait d'études. Et même, elle disait, oui, mais attention, ces études-là, il faut savoir que là, derrière, c'est une commande d'une entreprise. d'une... Donc même quand on fait la démarche d'aller se renseigner sur Internet, il faut savoir démêler les études qui sont des études scientifiques, d'autres études qui sont en fait des commandes et qui sont du business. Tout ça fait qu'on ne peut pas s'y retrouver par soi-même. On peut se noyer dans quelque chose assez facilement.
- Speaker #0
Les études ne se valent pas, effectivement. Et effectivement, la science, on peut lui faire dire n'importe quoi. C'est ça, on peut l'interpréter. Elle est dans notre sens.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Donc, il faut aller voir l'étude, si elle a été suffisamment randomisée.
- Speaker #1
Mais quand on n'a pas étudié ces sujets-là, c'est hyper dur en fait. Je veux dire, c'est très compliqué. Parce que moi qui ai un passé professionnel en marketing, il y a deux choses qui font que la publicité fonctionne. C'est la peur, on en parlait tout à l'heure, d'être alarmiste et de faire peur. Et le biais cognitif aussi, c'est quelque chose qui est beaucoup utilisé en politique. C'est-à-dire, je vais te prouver ce que tu as envie d'entendre, je vais te le dire. Et puis du coup, ça te conforte là-dedans. Mais ça peut conforter dans un TCA ou dans quelque chose. Comme on disait tout à l'heure, même des énormités comme on a pu citer, on peut aller les valider via des études, entre guillemets, ou via des contenus sur Internet.
- Speaker #0
Mais c'est pour ça que je pense que la problématique de base, c'est de faire appel aux vrais professionnels.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. C'est le discours que je martèle sans arrêt.
- Speaker #0
De TCA, tu vas avoir une... personne spécialisée en TCA, quelqu'un qui bosse dessus. Tu ne vas pas avoir même le diète du coin qui fait de la nutrition du sport. En fait, c'est d'aller vraiment se fier à des vrais professionnels spécialisés et pas la personne du coin qui pense savoir...
- Speaker #1
C'est vrai que sur l'alimentaire, ce n'est pas encore... Moi, je dis toujours au début, on dit que quand vous avez un problème de voiture, vous allez avoir un garagiste diplômé. Vous n'allez pas... ou si demain on doit aller se faire opérer, ce n'est pas un cardiologue ou un chirurgien qui va te dire, moi je n'ai pas vraiment fait le diplôme, j'ai fait un truc un peu alternatif, mais je vais quand même t'ouvrir, on va t'ouvrir là, tu vas voir, ça va marcher. Je l'ai fait sur moi, donc je vais t'ouvrir et je vais te bidouiller le cœur et tu vas voir, ça va aller super bien. Là tout de suite on part en courant, mais il faudrait qu'on ait ces réflexes-là aussi sur l'alimentaire.
- Speaker #0
Il y a encore un gros boulot. Je ne sais pas, je pense.
- Speaker #1
Je vais te recevoir encore dans pas mal d'épisodes. Dans 10 ans, on sera peut-être encore là à faire des...
- Speaker #0
Oui, ça ne m'étonnerait pas.
- Speaker #1
En tout cas, n'hésite pas à partager d'autres sujets comme ça, d'autres phrases, un peu de témoignages comme ça, d'expériences de grossophobie médicale, parce que c'est vraiment important. Parce que ça, ça fait partie de la prévention, par exemple, de dire que ces choses-là existent, en fait. Il y a des personnes aussi qui peuvent se sentir des fois un peu coupables de se dire « mais moi j'ai l'impression que j'ai entendu des choses, est-ce que c'est moi qui interprète mal ? » parce qu'il y a aussi ça en fait, quand on reçoit ce type d'injonction, des fois on n'est pas forcément très très bien dans sa tête, on est dans des situations de vulnérabilité qui font que ça va être encore plus fort et qu'on n'a pas forcément la force de recadrer et d'identifier tout ça et on va se sentir des fois même un peu bête d'avoir cru à ça. Mais il ne faut pas, parce que tout ça, il faut le remettre dans un contexte et ce n'est pas aussi simple que ça.
- Speaker #0
Mais ce post a suscité beaucoup, beaucoup de réactions. Beaucoup de commentaires, beaucoup de likes, beaucoup de vues, en fait. Mais parce que ça parle à quasiment tout le monde.
- Speaker #1
Malheureusement, ça existe. Ce ne sont pas des cas isolés.
- Speaker #0
Tu avais quelques commentaires de médecins qui n'étaient pas contents, en fait, parce qu'ils se sentaient ciblés, visés à chaque fois. Mais en réalité, ils ne sont pas conscients de ce qui se passe autour.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
C'est peut-être des médecins qui ne sont pas là-dedans. Ils ne comprennent pas.
- Speaker #1
Pour eux qui sont autant horrifiés que nous de lire ça, c'est pas possible que ça existe.
- Speaker #0
Tu casses du sucre sur du médecin, mais je ne casse pas du sucre sur un médecin. Comme on le disait,
- Speaker #1
ça peut être aussi des diètes. Nous, on ne peut pas se dire que nous, on est tous parfaits et que c'est que les autres corps de métier de santé qui font mal les choses. C'est ça où il faut avoir aussi conscience. C'est bien le discours que tu disais au début. Il ne s'agit pas d'attaquer telle ou telle profession. Il y a des bons et des mauvais partout. Mais c'est en ça que des fois, effectivement, les parcours médicaux peuvent être vraiment compliqués.
- Speaker #0
Bah ouais.
- Speaker #1
Eh bah écoute, Déborah, merci beaucoup en tout cas. On arrive un petit peu à la fin de l'épisode. Merci beaucoup d'avoir abordé tous ces thèmes. C'était vraiment un épisode intéressant parce qu'effectivement, à force de donner du conseil, je ne vais jamais le dire assez, mais la culpabilité, c'est vraiment quelque chose contre laquelle il faut lutter. Et c'est pas toujours facile quand on détache quelque chose, quand on sort des phrases de son contexte, même quand on le raconte à un pote, de se dire, est-ce que j'ai bien fait de croire à ça ? Et puis il va dire, c'est n'importe quoi, mais il faut toujours remettre les choses dans leur contexte. Attention à ne pas trop culpabiliser les gens. Avant de terminer l'épisode, j'aime bien poser des petites questions un peu personnelles. Alors on n'aura peut-être pas le temps de toutes les faire, mais il y en a une qui me tient particulièrement à cœur, par rapport à toi, ton rapport à l'alimentation. et ta façon de voir la chose, est-ce qu'il y a un objet culturel, un film, un livre, qui parle d'alimentation, et que, pas forcément pour des raisons préventives, mais il y a un truc qui t'a particulièrement marqué.
- Speaker #0
J'ai rien qui me vient. Pas rien qui te vient.
- Speaker #1
Moi, je sais que, par exemple, je reprends ce truc parce que j'ai eu un atelier équilibre alimentaire il n'y a pas longtemps dans un des établissements qu'on suit, et la personne m'a ressorti ce film, c'est l'aile ou la cuisse. Alors, le film qui parle de malbouffe et de tout ça, alors moi, c'est un souvenir. petit, parce que moi j'ai 42 ans donc tu n'es en... c'était vraiment petit que je l'ai vu, ça me faisait beaucoup rire et j'avais une personne qui était un peu qui me disait justement ça permet de parler un peu ça, il me dit les produits industriels c'est pas bien, il faut pas en prendre c'est pareil, c'est un peu comme la malbouffe derrière un produit industriel en fait il y a beaucoup de choses un steak haché de nature qui n'a pas été retravaillé ça a quand même été produit dans une industrie donc qu'est-ce qu'un industriel ? et alors lui il me disait, non mais quand on voit dans la loue la cuisse comment c'est fait et au revoir Là, on est dans la croyance inverse. Là aussi, attention, tu vas dans des croyances qui ne sont pas... La loula cuisse, pour moi, je trouve que c'est un truc rigolo pour les enfants pour faire un peu de prévention, de se dire, ouais, elle a mal bouffe, tout ça. Mais attention, il ne faut pas aller non plus dans des choses extrêmes.
- Speaker #0
Toujours, toujours.
- Speaker #1
Ou un livre, peut-être, que tu recommandes sur tes futurs e-books, on peut le dire.
- Speaker #0
Oui, mais on est dans le rapport à l'alimentation, dans le e-book essentiellement.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Je n'ai pas d'objet comme ça ou de livre. particulier. J'ai une relation plutôt cool avec l'alimentation.
- Speaker #1
Comment tu définirais d'ailleurs ton rapport à l'alimentation ? Cool.
- Speaker #0
Je déteste cuisiner. Ça choque mes patients souvent. Mais tes diètes, je ne suis pas chef. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Je ne tiens pas à un resto étoilé.
- Speaker #0
J'adore manger, mais je n'aime pas cuisiner, donc je fais des trucs un peu simples. En même temps,
- Speaker #1
c'est bien parce que tu peux... On reçoit aussi beaucoup de patients. Ça peut être aussi un écart concret. Moi, je sais que la cuisine, c'est quelque chose que j'aime bien faire. Je ne me prétends pas, mais c'est une activité qui me plaît. Mais il faut aussi avoir conscience que des personnes qu'on va accompagner et qu'on va conseiller n'aiment pas du tout ça. Je ne peux pas te dire, si demain je te reçois en suivi, « Déborah, il faut absolument que tu apprennes à te faire amener et que tu apprécies la cuisine. » Ça fait partie d'une injonction, par exemple. Et là, c'est là où ça va être contre-productif. mais c'est plutôt de prendre en compte... Le fait que tu n'aimes pas cuisiner. Ça ne veut pas dire que je ne fais pas. Et ça ne veut pas dire que tu ne manges pas équilibré.
- Speaker #0
Ça ne veut pas dire que je mange n'importe quoi, n'importe comment. Je cuisine, mais ce n'est pas un truc qui est...
- Speaker #1
Ce n'est pas un plaisir.
- Speaker #0
Ma relation est plutôt spontanée avec l'alimentation. C'est vraiment ça. On m'avait posé cette question d'ailleurs. On m'avait dit, quand je faisais des podcasts à l'époque, on m'avait dit, mais est-ce que toi, tu as l'impression d'avoir une relation apaisée avec l'alimentation ? Et en fait... J'avais répondu, et je répondrai la même chose encore aujourd'hui, que je pense qu'on ne peut pas accompagner une personne dans son apaisement avec l'alimentation si nous-mêmes, on a une relation apaisée avec l'alimentation. Parce qu'il y a des moments où ça bifurque, en fait. Donc, oui. C'est vrai que moi aussi,
- Speaker #1
j'ai constaté beaucoup, et c'est de là peut-être que peuvent venir un petit peu cette grossophobie et des fois des remarques déplacées. ou pas du tout adapté, c'est parce que bien souvent, moi je l'ai vu dans les diètes aussi, il y en a beaucoup qui font cette profession, qui se reconvertissent là-dedans parce qu'elles ont subi des TCA, parce qu'elles ont... Et effectivement, il faut être sûr que le problème est entre guillemets réglé parce que si c'est pour rebalancer ses propres peurs et ses propres... Voilà, et c'est là où c'est dangereux aussi. Donc effectivement, il y a l'intérêt de se dire je sais parce que je l'ai vécu. Mais déjà, chaque TCA est différent, chaque histoire est vraiment différente. Alors évidemment, il y a des choses qu'on peut retrouver dans les cadres, dans les grandes lignes. Mais c'est difficile de... C'est d'ailleurs la même critique qu'on ferait avec un coach sportif qui disait « Moi, j'ai réussi à maigrir en allant à la salle et en mangeant cette poudre, donc je vais le dire à tout le monde. » Mais des fois, il y a des diètes qui sont un peu comme ça aussi. Parce qu'ils ont subi et le problème n'est pas totalement réglé. Et ils s'y sont intéressés, ils se sont dit « Je vais en faire mon métier. » Et du coup, la relation n'est pas apaisée.
- Speaker #0
Tu as même des profs, des professeurs de diète en fait.
- Speaker #1
qui souffre de TCA et qui donne des cours de nutrition c'est particulier c'est là où c'est un peu dangereux et ça forcément on ne le sait pas tout de suite quand on va voir un diète ce ne sont pas des questions qu'on va lui poser donc voilà, merci beaucoup Déborah d'avoir accepté mon invitation avec plaisir ma dernière question c'est est-ce que tu as une actu à nous faire part mais c'est le fameux ebook qui vont... Tu annonceras ça sur tes réseaux ?
- Speaker #0
J'ai commencé un petit peu à annoncer, mais je voulais le proposer là, le premier. Mais en fait, là, il faut mettre toute la technique. Je ne sais pas comment on appelle ça, mais comment le proposer, etc. La distribution, tout ça. Exactement. Et là, je suis dessus. C'est imminent. Le premier, en tout cas, il est imminent. D'accord. Et je suis dans l'écriture des autres. J'ai encore du temps, mais je suis dans l'écriture des autres. De toute façon,
- Speaker #1
je partagerai tous ces liens sur mes réseaux. Le lien de ton site internet aussi, si on peut trouver un peu de contenu, de choses comme ça. Je partagerai tout ça, puis nous, on fera des petites vidéos ensemble pour parler de cet épisode qui nous tient vraiment à cœur. Merci beaucoup, Déborah. Quant à moi, chers auditeurs, je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Diète et Gourmand, le podcast. Salut !
- Speaker #2
Tu vas te rendre malade avec tes régimes à la con.