- Speaker #0
Salut à toi et bienvenue à un nouvel épisode de Diète et Gourmand, le podcast. Je suis vraiment ravi de te compter parmi mes auditeurs. Je t'invite dès à présent à t'abonner, à liker, à partager et à commenter pour ne rien louper de ce podcast dont le but premier est de te réconcilier avec ton assiette et ton corps. Je te souhaite une très bonne écoute. Salut ! Diète et Gourmand, le podcast. Eh bien, salut à toutes et à tous et bienvenue à Diète et Gourmand, le podcast qui réconcilie avec le corps et l'assiette. Alors aujourd'hui, j'accueille une invitée dont le témoignage m'a particulièrement marqué. Dans son livre « Mon corps, mon combat » , Katrina Patchett partage une histoire intime, forte et surtout très universelle, à savoir son combat contre la boulimie. Parce que derrière ce qu'on voit, derrière un corps, il y a souvent un combat invisible. Et en tant que diététicien, je retrouve énormément de choses que vivent aussi mes patients. Le contrôle. La culpabilité, la pression et la lente glissade vers les TCA, ces fameux troubles du comportement alimentaire. Aujourd'hui, on va prendre le temps, on va prendre le temps de comprendre, on va prendre le temps d'écouter. Bonjour Katrina.
- Speaker #1
Bonjour, comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va très très bien, merci. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Avant d'entrer dans le vif du sujet du livre, est-ce que tu peux te présenter à nos éditeurs, même si, j'en suis sûr, beaucoup te connaissent déjà avec Danse avec les Stars ?
- Speaker #1
En tout cas, pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Catherine Apachette. Je suis danseuse et chorégraphe professionnelle, entre d'autres, mais notamment aussi connue pour ma participation depuis 15 ans maintenant sur Danse avec les Stars.
- Speaker #0
Très bien. Alors, première question aussi, avant de parler vraiment de ton histoire, de dérouler un petit peu ton témoignage. Pourquoi avoir écrit ce livre ? Pourquoi as-tu ressenti le besoin de témoigner ? Est-ce que ça n'a pas été trop dur, justement, de remuer un petit peu ce passé ?
- Speaker #1
Justement, pour répondre à tous, parce qu'il y avait plusieurs questions en ligne, ça n'a pas été facile à faire, mais j'ai senti que c'était quelque chose d'extrêmement utile à faire, surtout pour les autres, et en étant la preuve du fait qu'on peut passer de l'autre côté de ce type de maladie, notamment la bulimie. J'ai voulu vraiment faire ce livre, non pas pour moi, mais pour les autres, pour leur donner la parole, le courage d'en parler, pour les entourages de ces personnes-là aussi, des personnes qui ont des troubles alimentaires et d'autres addictions aussi. Parce que pour les entourages, les proches, c'est difficile de trouver les mots, c'est difficile de savoir comment aborder ce genre de sujet. Mais en le faisant, je me suis rendu compte que c'était ultra-thérapeutique pour moi aussi. Même si je pensais avoir, que j'avais déjà fait mon deuil avec tout ça. Le fait de tout mettre dans l'ordre, de comprendre le pourquoi, du comment de chaque sujet qui était un peu les uns liés aux autres. C'était quand même une sacrée aventure.
- Speaker #0
J'imagine, j'imagine. Ça t'a pris combien de temps d'ailleurs pour ce projet ?
- Speaker #1
En peu près un an. D'accord, très bien. Et c'est sorti là en février. On a finalisé le dernier manuscrit, c'était début janvier, mais j'ai édité ce livre cinq fois pour avoir vraiment la version parfaite.
- Speaker #0
Est-ce que le fait d'écrire ce livre t'a permis d'y voir plus clair sur cette période ? Tu disais que ça a eu des vertus thérapeutiques ?
- Speaker #1
Oui, absolument. J'avais déjà fait beaucoup de thérapie, j'ai vu des professionnels. C'est super important avec des gens comme vous, des nutritionnistes, des diètes et tout. Mais c'est vrai que même si j'avais déjà fait une thérapie, la thérapie que j'ai faite, c'était de trouver la source psychologique du problème. Une fois qu'on a résolu plus ou moins les choses psychologiques, là on peut comprendre pourquoi ça a amené à passer à l'acte de la bulimie. Et du coup, après on a pu... avancer le chemin vers la guérison, j'aime pas trop dire, mais plus d'actionner les soins qu'il fallait pour ne passer plus à l'acte. Mais en faisant le livre, c'était une thérapie supplémentaire, parce que c'était une thérapie que j'ai faite avec moi-même. Beaucoup de recul, et surtout, de se rappeler de chaque instant, dans l'ordre de ce qui s'est passé à tel moment dans ma vie, de voir comment les choses ont été liées les unes aux autres. Ça a ouvert pas mal de cicatrices quand même.
- Speaker #0
J'imagine, j'imagine. Ça doit être assez prouvant quand même.
- Speaker #1
C'était très prouvant.
- Speaker #0
Pour parler du livre maintenant et de dérouler un petit peu ce témoignage. Tu as abordé un premier thème qui est important, c'est de comprendre le pourquoi. Parce qu'effectivement, derrière, pour ceux qui ne sont pas initiés, c'est toujours un des sujets qu'on doit aborder, c'est derrière un trouble du comportement alimentaire. Ce n'est pas simplement une relation compliquée avec son alimentation. Ça, c'est juste la traduction d'autres problèmes, le cerveau qui décide d'agir comme ça. Mais effectivement, derrière, il faut essayer de comprendre les racines, un petit peu d'où viennent les problèmes. Et c'est ce que tu abordes dans le début de ton livre, avec le contexte familial, puis après le développement de... du rapport au corps en tant que jeune fille, adolescente. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette période ?
- Speaker #1
Justement, je pense qu'avec du recul, j'étais malade déjà avant de passer à l'acte de me faire vomir, à l'acte de la bulimie. Et surtout, c'est pas quelque chose qu'on décide du jour au lendemain. Ah bah tiens, ça serait drôle si je faisais ça aujourd'hui. Donc, forcément, c'est avec beaucoup de recul. Parce que quand on est gamine, on ne se rend pas compte de tous ces troubles-là tout de suite. On n'est pas dans la psychologie à l'âge de 5-6 ans, ni adolescente d'ailleurs. Donc, c'est vrai que ça a commencé petit à petit. Des petites pressions, des petits coups de pression, des critiques liées à mon métier, liées à la danse, liées à l'image qu'on doit avoir, qu'on doit avoir. qu'on nous dise qu'on devrait avoir. Et du coup, petit à petit, on y croit. On se dit, OK, si c'est des personnes avec plus d'expérience, des professionnels, des gens du milieu qui me disent ça, ils ne peuvent pas tous avoir tort. Donc, petit à petit, j'aimais mon corps de moins en moins. Mon objectif, c'était toujours de devenir danseuse professionnelle. Donc, je commençais à détester mon corps dans le sens où je me suis dit... Merde, on m'a donné un corps qui n'est pas apte pour ce métier, selon tous ces gens, selon tous ces critiques. Déjà, je commençais à aimer mon corps de moins en moins. Et puis, il y a eu d'autres circonstances aussi qui m'ont fait encore moins aimer mon corps, encore moins la nourriture. Ou qui ne m'ont pas aidé à avoir une bonne relation avec la nourriture et avec mon corps.
- Speaker #0
Et ça fait le lien un peu avec la fausse image qu'on peut avoir du monde du sport professionnel où on se dit forcément le corps c'est notre arme, c'est notre premier atout quand on est sportif professionnel et on a toujours l'impression que tous les sportifs professionnels ont une super relation avec leur corps parce que c'est leur outil de travail entre guillemets et on se rend compte que souvent on voit de plus en plus de témoignages émerger. Récemment il y a eu un trailer aussi qui a témoigné sur le développement de troubles comme ça. Peut-être que la recherche de performance, la pression qu'on se met fait que...
- Speaker #1
On aime notre activité. C'est ça, c'est l'endroit où je me sens à l'époque, même s'il se passait beaucoup de choses de négatifs autour de tout ça. C'était l'endroit où je me sentais le plus libre. C'était en dansant, c'était sur une piste de danse, malgré tous ces critiques, malgré tous ces jugements. Donc c'était aussi un combat, une dispute avec moi-même. On se met en avant ou on ouvre justement, on s'ouvre à ce type de jugement. Mais on aime tellement ça, on est tellement passionné par ça qu'on ne peut pas faire autrement. Donc de trouver l'équilibre avec tout ça, c'est ultra compliqué.
- Speaker #0
Oui, c'est très, très... Effectivement, c'est un équilibre à trouver. Tu as entre eux, effectivement, même d'un point de vue plus global, sans forcément parler de sport professionnel. Quand on veut prendre soin de soi, il y a quand même un risque qui s'appelle la vigorexie. C'est vraiment de tomber sur un sur-contrôle et qui ne se traduit pas forcément d'ailleurs sur du TCA, mais ça peut être vraiment une obsession du bien-être. C'est une pathologie aussi qui est référencée. C'est comme tout, en fait. Il ne faut pas aller dans l'excès.
- Speaker #1
Il faut que ça soit modéré, en fait.
- Speaker #0
Et ce n'est pas facile. Et souvent, effectivement, comme tu le décris bien dans ton livre, il y a des origines, un contexte familial, il y a une façon d'éduquer. Il y a aussi le milieu dans lequel tu as évolué, le milieu de la danse qui t'a mis un... forcément toute cette pression et c'est là, c'est intéressant cette partie du livre parce que vraiment c'est pour décrire le fait que tout ça, comme tu l'as dit tout à l'heure c'est pas une dérive qui arrive d'un coup on n'attrape pas un virus où du jour au lendemain on devient complètement perturbé avec la nourriture c'est une construction un petit peu lente et c'est là que c'est pas facile à voir aussi pour l'entourage
- Speaker #1
Oui, comme tu viens de dire, c'est une construction très lente euh Et qu'en ayant tout essayé d'autres, à l'âge de 15 ans, petite gamine, une jeune adolescente, je me suis dit qu'en fait, il n'y a que ça comme solution. Il faut faire quelque chose de plus extrême. Parce que tout ce que je fais jusque-là, ça ne plaît toujours pas. Et ça n'allait pas assez vite et je ne perdais pas assez de poids, même en faisant des choses correctement. Et puis, voilà, j'ai décidé de prendre cette décision. Personne ne m'a dit de le faire. C'est pour ça que je n'en veux personne non plus. Ce n'est pas eux qui m'ont dit. Oui, il y a un contexte que tu expliques, mais ce n'est pas non plus Yéhé Pou. C'est moi avec moi-même. C'est moi qui ai décidé de passer à l'acte.
- Speaker #0
Et du coup, cette décision, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette période-là ? Et qu'est-ce qui a fait qu'il y a eu une bascule vers la Boulimie ?
- Speaker #1
Ce qui a fait qu'il y a eu une bascule, justement, c'est que... Tous mes profs ou mes partenaires de danse, mais surtout mes professeurs qui m'ont dit il faut que tu perdes du poids, il faut que tu perdes du poids. Je me suis dit ok, je vais faire un régime, je vais plus à la salle de sport, plus mes entraînements de danse, plus, Et ces mêmes personnes m'ont dit mais ça ne va pas assez vite. Il y a une compétition là dans six semaines, il faut que tu perdes six kilos avant cette compétition. Mais comment je vais faire ? Parce que mon corps a besoin d'énergie aussi. Bien sûr. Donc, je ne trouvais plus de solution pour que ça aille plus vite. Et à un moment donné, j'ai essayé ça. Ce qui n'était pas facile au début, ça ne venait pas. Mais j'ai continué, j'ai insisté. Et tout de suite, il y a eu les résultats.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et puis, les gens ne savaient pas ce que je faisais pour obtenir ces résultats. Tout ce que j'ai reçu, c'était des compliments. C'est trop bien, t'es trop belle, t'as minci. C'est bien, ça se voit que tu fais un effort. Moi, dans ma tête, c'est génial, j'ai trouvé le meilleur régime du monde. Je mange ce que je veux et tout le monde est content.
- Speaker #0
Et puis surtout, le point de départ aussi, c'est que les personnes qui te disent tu dois perdre du poids, elles ne sont que dans l'optique compétition. Elles n'ont aucune notion de ce qui est bon pour ta santé. Moi, si demain, en tant que diététicien, on vient me voir et on dit « Je dois perdre 10 kilos en un mois » , je vais dire « Hop, hop, hop, ça, on va tout de suite arrêter. Si tu veux, je peux te le faire, parce que ça, c'est facile à faire. On peut soit se faire vomir, soit consommer 500 calories par jour, et les kilos, on va les perdre. » Et c'est vrai que ce qui est dangereux aussi, c'est là où c'est pervers, tous ces systèmes-là. Et même, j'ai envie de dire, même l'addiction, je n'aime pas ce terme-là parce que ce n'est pas vraiment une addiction, mais... le fait de tomber dans le cercle vicieux des régimes.
- Speaker #1
C'est une addiction. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Mais ça devient addictif parce que ça marche au début. Et du coup, on se découvre.
- Speaker #1
Et on s'habitue à le faire.
- Speaker #0
Et il y a plein de renforcateurs. Parce que comme tu le dis, toi-même, tu te vois dans le miroir, tu te vois maigrir, tu le vois sur ta balance. Ton entourage te dit, mais c'est génial, tu maigris. Comment tu fais ? Tu vois que les points positifs du truc. Tu reçois que ça. Et forcément, ça te renforce là-dedans. Et du coup, il y a un autre thème aussi qui est important dans ton livre. enfin une autre étape c'est bah tu sais Tout ça, à un moment donné, ça dérive et il y a ce fameux cercle vicieux. Restriction, frustration, perte de contrôle, culpabilité et hop, on y retourne. Est-ce que tu as des exemples concrets à nous citer ?
- Speaker #1
Bien sûr, parce qu'en étant bulimique, on a constamment faim. Donc, on veut remplir le vide. Quand on remplit ce vide, on se sent coupable. Donc, pour reprendre le contrôle, on se vide à nouveau et ça continue.
- Speaker #0
Et en compétition, tu as eu des bons résultats au début, au moment où tu as mis ça en place ? En fait,
- Speaker #1
c'est ça qui est vraiment con. Parce que j'étais déjà championne d'Australie, j'avais déjà des très bons résultats, j'étais déjà une très bonne danseuse. C'était déjà en avance pour mon âge. Je dansais contre des gens qui avaient presque 10 ans de plus que moi. Et je battais ces gens-là à l'âge de 15 ans. Donc, avec du recul, j'ai fait... Et surtout en voyant des images à cette époque-là, je me disais, mais je n'étais pas grosse en fait.
- Speaker #0
Oui, le rapport au corps est très compliqué.
- Speaker #1
C'est qu'on est dans un milieu d'images où on recherche de la perfection, selon qui, selon qui, c'est quoi la perfection. Et puis, le physique que j'avais avant de passer à l'acte était largement jouable. pour faire ce sport à haut niveau.
- Speaker #0
C'est dans la norme des autres.
- Speaker #1
Mais j'étais encore adolescente, le corps était encore en train de changer. Il évoluait,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Mais en aucun cas, j'étais en surpoids.
- Speaker #0
Mais surtout, l'adolescence, c'est typiquement un âge où on est... Mais bien sûr, parce que c'est un âge où on est très influençable. C'est un âge aussi où le corps change tellement qu'on a du mal à le percevoir, on a du mal à le comprendre. C'est pas... pas la meilleure période dans la vie de tout le monde par rapport au rapport au corps, l'adolescence c'est souvent compliqué, que ce soit du côté des garçons ou du côté des filles,
- Speaker #1
il y a des bouleversements que moi on m'avait déjà installé ces idées là dans ma tête avant d'être adolescente donc forcément des petites critiques supplémentaires ça a empiré j'avais déjà pas une bonne image de moi-même avant d'être adolescente là t'as avec les hormones, les trucs la pression de vraiment parce que c'était vraiment à cet âge là où je commençais vraiment à percer en plus dans le milieu euh euh
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
comment ça ne pouvait pas m'amener à faire des choses extrêmes au final, quand j'y pense ?
- Speaker #0
Bien sûr. Ah oui, mais tout était réuni pour tomber là-dedans. Ça, c'est clair. Et est-ce que tu as vu une évolution de cette boulimie ? Est-ce qu'il y a eu vraiment... Tu as passé des paliers, entre guillemets, où tu as été vraiment jusqu'au moment où tu te dis, bon, là, ce n'est plus possible. D'ailleurs, qu'est-ce qui t'a fait dire... À quel moment tu t'es dit, bon, là, il se passe quelque chose ? Alors, moi,
- Speaker #1
je n'ai jamais vraiment voulu arrêter pendant... pendant très longtemps, pendant quasiment 20 ans. Mais ce qui a fait que, c'est qu'une personne en particulier qui j'ai vue, je lui faisais énormément du mal, parce que je m'en foutais de moi-même, je n'avais pas de respect pour moi-même ni pour mon corps. Et c'était l'ex-belle-mère, Virginie, auquel j'en parle dans le livre d'ailleurs, en voyant à quel point je lui faisais du mal quand elle l'a découvert. Je me suis toujours dit, fais ce que tu veux à toi-même, fais ce que tu veux tant que tu fais du mal aux autres. Et là, en voyant vraiment qu'il y avait d'autres personnes, mais elle en particulier, j'ai vraiment vu à quel point je lui faisais du mal. C'était le moment où je me suis dit, il faut quand même...
- Speaker #0
Donc, c'est l'entourage qui a fait que. Et comment elle a découvert... plutôt d'un coup ou ça a été...
- Speaker #1
Elle a découvert un soir à la maison, l'ex-Pel famille vient du Nord, donc on mangeait des frites. Ouais. Et puis, elle a bien vu que ce soir-là, en particulier, je mangeais extrêmement rapidement. Je suis allée aux toilettes, elle m'a entendue, elle m'a vue revenir et continuer. Et du coup... Du coup, sans le dire à mon ex-mari à l'époque, elle m'a pris à part en haut de la maison, à l'étage, pour m'en parler. Et puis, elle était hors d'elle. Mais pas en me pointant le doigt, en fait, rien du tout. C'est qu'elle était vraiment dévastée. Et là, ça m'a bouleversée.
- Speaker #0
Il y a eu un déclic chez toi, du coup.
- Speaker #1
Ça m'a vraiment bouleversée.
- Speaker #0
C'est une chance que l'entourage, parce que comme on le dit tout à l'heure, on le disait tout à l'heure, l'entourage, il est important, mais... Mais c'est compliqué pour l'entourage de voir...
- Speaker #1
Et de comment aborder le sujet. Comment ? Parce que moi, par exemple, je sais que pendant des années, et encore à ce moment-là, j'étais complètement dans le déni. Il ne fallait pas me parler. Et je ne voulais pas de l'aide.
- Speaker #0
Puis j'imagine que pendant ces périodes, ces crises, ces moments de crise, tu te caches, tu es toute seule. Tu ne fais pas ça. Tu fais tout pour garder ton secret.
- Speaker #1
Parce que tu n'as pas envie d'arrêter, parce que tu as peur des conséquences.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Comme on le disait tout à l'heure, il y a des renforcateurs, comme tu vois que ça marche. Et même au bout d'un moment, au bout de toutes ces années, il n'y avait pas de la fatigue pour les entraînements ? Bien sûr. Après, j'ai une mentale,
- Speaker #1
j'ai une vraie mentale de sportif de haut niveau. C'est ça qui m'a fait tenir, je pense. Mais oui, il y avait beaucoup de fatigue.
- Speaker #0
J'imagine,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Le corps devait être dans un stress pas possible.
- Speaker #1
J'ai parlé, il était très gentil avec lui.
- Speaker #0
C'est sûr. À ce moment-là, Ta belle-mère se rend compte de ça, elle t'ouvre les yeux là-dessus. Ça a été immédiat chez toi, du coup ? Tout de suite, ce soir-là ?
- Speaker #1
Ah non,
- Speaker #0
Où ça a été, il a fallu que... Elle, elle a fait un travail un peu ?
- Speaker #1
Elle a fait un travail dans le sens où elle voulait m'accompagner, elle voulait que je lui en parle quand je le faisais. Mais sauf que, enfin, voilà, je le faisais... à moitié. Parce qu'elle savait à quel point c'était régulier. Je pense qu'elle aurait été encore plus choquée. Pour moi, dans ma petite tête, je la protégeais un petit peu, mais c'était plus elle qui voulait me protéger. Mais non, c'était vraiment petit à petit. Ça a pris des années, avec beaucoup de rechutes aussi. Et ça, c'est important de dire aux gens aussi. C'est pas parce qu'on rechute que on est obligé de retomber complètement.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est que c'est... petit obstacle sur la route de se soigner, d'arriver de l'autre côté, tout ça. Donc ça a pris très très très longtemps. Aujourd'hui, je peux dire que ça fait à peu près 4 ans que je ne passe plus du tout à l'acte, mais c'est sous contrôle.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Et comment, si tu devais témoigner là-dessus, comment ça se traduisait concrètement, cette fameuse crise de boulimie, si vraiment on devait être totalement transparent sur ce que tu consommais, comment tu le consommais ? Est-ce que tu es OK pour en parler ? Bien sûr,
- Speaker #1
on est à la posse. Il y a eu beaucoup de phases différentes. Au début, ça a commencé entre guillemets juste après chaque repas. On mange le matin, le midi, le soir, comme tout le monde, sauf que moi, je me vidais. Et puis, on a constamment faim, donc on a envie de manger plus, mais on sait que ce n'est pas bien. Donc la culpabilisation, comme je disais tout à l'heure. Et c'est une maladie addictive. Donc, on devient addict à ça. On a besoin de remplir cet espace de vide. Et le plus que ça dure, le plus qu'on a besoin de remplir ce vide. Et quand je parle du vide, ce n'est pas juste le vide de l'estomac. C'est le vide de se donner un petit peu de confort. C'est aussi psychologique. C'est un vide de fait. En fait, c'est un stress énorme aussi. Parce qu'on est en train de cacher ça à tout le monde, de garder son secret, ça nous bouffe littéralement de l'intérieur. Donc du coup, ça devient vraiment à ce moment-là une addiction dans le sens où j'étais capable de le faire 20 fois par jour. D'aller prendre des grosses courses, mais des conneries. En fait, je n'avais même plus de goût, je ne goûtais rien. Je bouffais, je bouffais, je vidais, je bouffais, je bouffais. Je pouvais faire ça pendant toute une journée, toute seule à la maison.
- Speaker #0
En plus, quand tu parles d'addiction, comme c'est de plus en plus les montagnes russes émotionnelles et hormonales et tout ce qui va avec derrière les notions de stress et d'état psychologique. Parce que comme il y a ce fameux cercle vicieux à chaque fois, culpabilité, on reprend, on est frustré. On ne sait plus comment se sentir bien. Et plus ça arrive 20 fois par jour, plus le corps est en stress. Il n'arrive plus du tout à gérer. Et c'est là que l'addiction se crée et devient de plus en plus importante. Parce qu'effectivement, il y a un ascenseur émotionnel et hormonal tous les jours qui est très, très violent pour le corps.
- Speaker #1
Même pour le cerveau, parce qu'on est en train de se vider de plein de vitamines, des éléments auxquels on a besoin. J'étais très déshydratée, parce que vu que je vidais tout, il fallait boire énormément de flotte. Sauf que même ça, je finissais par vomir. Donc c'était terrible en fait. Je ne savais plus comment me sentir bien.
- Speaker #0
Je comprends, je comprends tout à fait. Et c'est par contre ce qui est intéressant. C'est pour ça que tout à l'heure je disais, je n'aime pas trop le terme addiction, mais malgré tout, parce que nous, il y a une grosse nuance à apporter, c'est qu'encore une fois, beaucoup de gens se déclarent accros au sucre. Et en fait, le sucre en lui-même, la substance sucre, on n'est pas accros au glucose. par exemple. On a des comportements, comme tu le décris là, qui peuvent être liés à de l'addiction, mais c'est de l'addiction psychologique et ce n'est pas de l'addiction à une substance. On n'est pas addict à un aliment comme on peut l'être avec la cigarette ou une drogue. L'alimentation, parce que j'imagine, tu peux le dire, tu ne mangeais pas toujours la même chose. C'était du sucre ou du salé. C'est tout ce qui passe en fait. L'addiction n'est pas au niveau de l'aliment.
- Speaker #1
L'aliment n'était pas important. Tant qu'il y avait quelque chose à manger. Mais l'élément en soi, ce n'était pas du tout important parce que je ne le goûtais plus.
- Speaker #0
Oui, c'était simplement que le cerveau n'avait pas le temps de comprendre. Et d'ailleurs, là aussi où c'est vraiment très compliqué pour le corps, c'est que le corps, c'est quand même une vieille machine. Moi, je dis toujours, il a besoin de manger, de dormir à des heures régulières, d'avoir une routine. Ça, c'est vraiment des conseils qu'on donne en consultation.
- Speaker #1
On perturbe le corps, mais malheureusement... et heureusement, ça dépend des circonstances, mais le corps est extrêmement intelligent. Et dans ces cas-là, moi, justement, avec cette maladie, mon corps s'est habitué.
- Speaker #0
Le corps est très, très puissant. Il a une capacité d'adaptation.
- Speaker #1
Il s'est habitué à ça, au point où je n'étais plus obligée de vraiment me forcer du tout à le faire. Et encore aujourd'hui, j'ai des petits problèmes de digestion parce que... Parce que mon corps n'a pas l'habitude que ça reste dedans. Il est là, mais en fait, ce que tu es en train de me faire, ce n'est pas censé rester ici.
- Speaker #0
Oui, complètement. Il y a la physiologie qui se met en place. Il en mange au taux. C'est un peu comme quand on fait des régimes. On habite le corps à mettre en stress. Moi, j'explique toujours dans les régimes, le métabolisme, quand on le prive, il est comme nous, en fait, quand on est en temps de guerre ou quand il y a eu le Covid en France, il y a eu des annonces. Dans les journaux, attention, on va manquer de papier toilette et de pâtes. Qu'est-ce qu'on a tous fait ? On a été faire du stock.
- Speaker #1
N'importe quoi, oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et le corps, il fait pareil. Quand tu l'habitues à ne plus rien avoir, à être en stress parce qu'il n'y a pas assez.
- Speaker #1
Il prend dans les réserves, il comprend, il survit. Voilà, et lui,
- Speaker #0
il stocke parce qu'il en survit. Et quand tu arrêtes ton régime, il continue de stocker pendant un moment. Et c'est là qu'il y a l'effet yo-yo et que tu reprends beaucoup de poids après un régime. Donc, c'est pour ça que tout ça, c'est vraiment intéressant comme témoignage. Alors... du coup là on en est à le moment où tu prends conscience,
- Speaker #1
on t'a ouvert les yeux et du coup qu'est-ce que tu actionnes quel plan tu mets en place ça a commencé petit à petit d'aller voir justement un généraliste juste pour faire des prises de sang des trucs, des machins des vrais check-up pour être sûr que il n'y a pas eu des conséquences extrêmement graves à tout ça Il me manquait vite fait des petits éléments, mais vraiment, franchement, je remercie mon corps. Il devait avoir des petites carences par rapport à... Parce que franchement, il m'a soutenue et il aurait pu vraiment me lâcher. Heureusement que j'avais quand même une activité. J'avais quand même du muscle.
- Speaker #0
On dit toujours à un sportif de haut niveau que vous avez une capacité d'encaissement et de récupération qui est quand même au-delà de la moyenne. On peut supporter beaucoup de douleurs,
- Speaker #1
on peut supporter beaucoup de choses. Donc peut-être sans ça, ça aurait été... probablement plus grave. Il y a eu des problèmes forcément par rapport à mes règles, je ne les avais plus, etc. Mais du coup, dans un premier temps, on faisait le premier check-up. Après, forcément, d'aller voir un psy pour vraiment essayer de mieux comprendre. des traumas, des choses que j'ai vécues pendant mon enfance, mon adolescence.
- Speaker #0
Ça a été dur cette étape ? Parce que c'est souvent une étape qui est difficile. C'est un cap assez dur. Oui, on ne trouve pas forcément la personne tout de suite. Oui, c'est ça. En plus, oui.
- Speaker #1
Il fallait l'avouer aussi à soi-même. C'est ça.
- Speaker #0
Sortir du déni, déjà, c'est une grosse phase.
- Speaker #1
Sortir du déni, c'est une phase énorme. Parce que jusque-là, je peux arrêter quand je veux.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Ça va. Oh non, il y a cette compète-là qui arrive. voir du coup. après ça, je vais me calmer un peu. Mais non, en fait, le problème était beaucoup trop avancé, trop grave. Et surtout, de l'avouer à des gens plus proches et en leur expliquant sans cacher, comme je faisais avant. S'ils l'ont découvert, genre, c'est une fois de ton temps, comme ça, c'est sous contrôle.
- Speaker #0
Justement, tiens, ça me permet de rebondir un petit peu pendant cette période de boulimie. T'avais des excuses ? T'as failli, entre guillemets, te faire choper, te faire... Enfin, quelqu'un qui dit, oh là là, c'est pas... Et puis, tu trouvais des excuses, des parades à chaque fois pour... Oh,
- Speaker #1
je me sens pas très bien aujourd'hui. Ouais,
- Speaker #0
je suis malade, j'ai la gâtre rouge et voilà.
- Speaker #1
Il y a toujours... Mais tu viens de faire vomir, non mais absolument pas, de quoi tu parles ? En fait, en répondant avec... Ouais, tu fermes tout de suite. défensive par la personne à côté et dire oh là c'est tranquille parce que je ne voulais pas de l'aide oui parce que ça te renforçait ça confirmait tout ce que et donc tu commences à aller voir un psy,
- Speaker #0
à sortir du déni,
- Speaker #1
parce que moi j'adore écrire aussi, visiblement parce que j'ai lu ce livre mais j'ai toujours aimé ça Donc ça aussi, ça m'a vachement aidée. Et j'adore lire aussi. J'ai lu beaucoup de choses sur la psychologie et puis sur les conséquences, les effets secondaires de cette maladie. Mais malheureusement, et une des raisons d'autres pour lesquelles j'ai fait ce livre, c'est que je n'ai pas trouvé de livre de témoignage. c'est une question que j'allais te poser est-ce que tu as pu trouver des témoignages de gens qui avaient vécu un petit peu la même chose que toi beaucoup d'articles énormément d'articles sur justement des sites de santé des choses comme ça des livres sur de la psychologie en général pas forcément spécifique à ce sujet mais quand même mais pas d'histoire personnelle
- Speaker #0
Pas un témoignage sur lequel tu pourrais t'identifier et te dire j'ai vécu la même chose et du coup ça va m'aider En voyant par exemple peut-être une autre sportive de haut niveau une actrice,
- Speaker #1
un mannequin ou je ne sais pas, quelqu'un qui aurait osé, et on sait que ça existe on sait très très bien que ça existe et on n'en parle pas suffisamment c'est très tabou et du coup ça pendant mes recherches j'en ai pas trouvé donc je suis contente de peut-être être la personne qui pourrait éventuellement aider d'autres mais complètement,
- Speaker #0
c'est pour ça que tu es ici c'est pour ça que je te reçois c'est vraiment dans ce but là et c'est aussi te dire parce que tu viens de dire que c'est un acte courageux parce que d'ailleurs est-ce que toi tu t'es posé la question de dire est-ce que sortir ce livre ça peut avoir une incidence sur ma carrière ou sur oui complètement complètement je me suis dit en fait c'est pas forcément ça j'ai
- Speaker #1
eu peur de la réaction en général ouais Parce qu'on est dans une génération aujourd'hui où on n'est pas toujours très gentil sur les réseaux. Les commentaires sont de plus en plus graves.
- Speaker #0
T'es exposé beaucoup plus.
- Speaker #1
Et je me suis dit, si j'expose ce truc-là, soit les gens vont être super acquis. Soit ils vont adorer cette imperfection. Et ils vont... ils vont jouir de cette imperfection. Parce qu'il y a des gens qui aiment ça aussi. Et la chance que j'ai eue, c'est que depuis la sortie du livre, le 11 février, il n'y a pas eu un seul commentaire négatif. On n'a rien vu de négatif. Du tout, du tout.
- Speaker #0
Ça, c'est... Après, ça ne m'étonne absolument pas que ça ait fait écho auprès de beaucoup de personnes. Parce qu'effectivement, comme tu le dis, ça reste assez rare. De plus en plus, quand même, on voit un livre comme ça, témoignages ? Vraiment, un journal intime de cette période-là, c'est quand même assez rare. Et forcément, il y a tellement de monde qui est touché par les troubles alimentaires que même si ce n'est pas la boulimie, mais si c'est un autre trouble, tu vas être touché, tu vas faire des parallèles et tu vas te sentir concerné.
- Speaker #1
Ça m'a fait super plaisir parce qu'au final, c'était le message que je voulais faire passer. C'est qu'il faut arrêter le jugement. Il faut montrer aussi aux gens que le fait d'en parler... regarder ce résultat. J'ai eu le courage d'en parler et regarde tout l'amour que je reçois. Moi, la première, je pensais que les gens allaient me tourner le dos.
- Speaker #0
D'autant plus toi qui es d'un milieu dur, que ce soit le monde sportif, la danse professionnelle, les métiers d'image aussi. Et le métier d'image avec la télévision, tu peux te dire que c'est risqué. C'est d'autant plus, encore une fois, courageux de sortir ce témoignage.
- Speaker #1
Je pense que ça encourage les autres à en parler parce que moi, Avec mon expérience, le soutien et l'amour que j'ai reçu, c'était flagrant, c'était extraordinaire. Je ne m'y attendais pas.
- Speaker #0
Oui, c'est là que tu te rends compte que... En fait,
- Speaker #1
c'est OK, j'ai le droit d'en parler. Les gens vont continuer à t'aimer, tout va bien.
- Speaker #0
Et c'est là que tu te rends compte de la gravité du sujet aussi et le fait qu'il concerne vraiment beaucoup de monde.
- Speaker #1
J'ai reçu des milliers et des milliers de messages privés sur les réseaux sociaux. des personnes, pas que des jeunes personnes, mais même des personnes plus âgées qui l'ont vécu, qui sont encore baignées dedans. Et ça me touche énormément.
- Speaker #0
Oui, ça rassure aussi de se dire qu'on n'est pas tout seul là-dedans, que ce soit de ton côté, toi qui as écrit ce livre, et du lecteur qui se dit « Ouf, je ne suis pas tout seul. » Il y a des gens qui peuvent comprendre ma situation aussi. Ça, c'est important. Donc, tu vas voir un psy, tout ça. Et comment, quelles autres actions tu as pu mettre en place dans ce processus de soins ? Est-ce qu'il y a eu d'autres interventions ? Tu disais que tu avais été voir des diètes aussi ? Oui,
- Speaker #1
j'ai vu des diètes aussi. Après, j'ai repris aussi le sport en dehors de la danse parce que ça, pour le cerveau, pour se vider le cerveau et tout, c'est vachement important. C'est bien de commencer à voir. Une autre façon de regarder mon corps, d'apprécier mon corps et de vraiment apprendre à manger pour la première fois. C'est ce que j'allais dire,
- Speaker #0
se reconnecter aussi à ce que tu mangeais. Se reconnecter à la nourriture,
- Speaker #1
d'apprécier la nourriture. Ça, ça m'a pris vachement longtemps.
- Speaker #0
Oui, j'imagine.
- Speaker #1
Parce que ce n'était pas mon ami.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et qu'aujourd'hui, c'est une chose que j'arrive à faire. Je dois faire très, très, très attention aux portions parce que ça, ça peut être le déclencheur chez moi encore aujourd'hui. Euh... Si je me sens trop remplie, forcément, mon cerveau va dire, il faut vider ça, il faut vider ça. Mais à part ça, aujourd'hui, j'ai appris de vivre avec, j'ai appris à écouter mon corps, de lui donner de quoi il a besoin, s'il a soif, s'il a faim. Ok, il a faim, ok. Mais de ne pas, moi, pour mon cas, en tout cas, je ne peux pas manger matin, midi, soir. Je mange quand mon corps me demande.
- Speaker #0
Quand tu as faim ? On t'a expliqué ce que c'était la vraie faim, pas l'envie de manger. Du coup, tu es à l'écoute de cette vraie faim et tu manges à ce moment-là.
- Speaker #1
À l'écoute de mon corps. Et aujourd'hui, je lui donne de quoi il a besoin sous écoute.
- Speaker #0
Et c'est souvent, ça c'est un travail qu'on fait en consultation. Alors nous, les diététiciens, on conseillera d'aller voir un psy parce que toute cette partie-là, on sait l'identifier. On sait dire, attention, je te conseille peut-être d'aller voir un psy. Il faut encore que la personne soit volontaire pour le faire. Mais en tout cas, ça, ce n'est pas une partie. Mais nous, on peut travailler quand même sur ce qu'on appelle la diététique comportementale où on va quand même participer un petit peu à relier et même jouer un petit peu sur l'image, enfin totalement même sur l'image corporelle. Il y a plein d'exercices et notamment en tenant un journal, comme tu l'évoquais tout à l'heure. À ce moment-là, tu as commencé à…
- Speaker #1
Alors moi, j'ai toujours écrit. Ok, tu as toujours… Depuis toute petite, j'ai toujours, toujours écrit. mais c'était justement avec la nutritionniste que j'ai commencé à écrire combien de fois je le faisais par jour donc on voyait petit à petit que le nombre de fois ça commençait à se réduire donc ça le travail entre la nutritionniste et la psy aussi de me sentir moins coupable quand je le faisais et puis commencer à apprendre à comment manger correctement par rapport à mon corps, par rapport à mes besoins. Ça, c'était vraiment un travail qui était très intéressant et très important de faire en parallèle.
- Speaker #0
Et de noter aussi tout ce que tu ressentais.
- Speaker #1
Tout ce que je ressentais, tout ce que je mangeais, tout ce que je ressentais. De décrire tes envies. Si je replongeais, si je rechutais, qu'est-ce qui se passait à ce moment-là, etc. Essayer de comprendre pourquoi, un déclencheur. S'il y a eu une raison en particulier ou est-ce que c'est juste... tout simplement parce que j'avais envie de me vider et tout ça j'étais obligée d'être très honnête avec eux et avec moi-même pour qu'on puisse petit à petit régler donc au lieu de le faire 7 ou 8 fois par jour on voyait qu'il y avait des semaines où je ne le faisais que 5 fois par jour donc déjà on m'a fait comprendre que ça c'est une victoire c'est une progression donc de moins me faire culpabiliser mais on regarde quand même il y a des résultats Oui. Ça fonctionne ce qu'on est en train de faire.
- Speaker #0
C'est là où ce type d'accompagnement, il est vraiment essentiel. Parce qu'effectivement, encore une fois, je fais les parallèles avec les régimes où on veut perdre du poids rapidement, c'est qu'on veut tout de suite quelque chose. On est une génération qui a vécu dans la publicité. On veut le truc miracle. Et quand on le soigne, ce n'est pas forcément de dire la première consultation, je vais arrêter complètement les crises, mais ça va être dur de tenir. Non, on va comprendre pourquoi, faire un travail vraiment en profondeur. Ça va diminuer petit à petit.
- Speaker #1
C'était un travail des années pour en arriver là.
- Speaker #0
Chez certaines personnes, ça peut être plus ou moins long. Effectivement, chaque cas est unique et chaque travail à faire est vraiment particulier. C'est pour ça qu'il faut un suivi personnalisé. C'est pour ça que les programmes ne marchent pas. pas du tout personnalisés. Il faut trouver les bonnes personnes. Il faut connecter aussi avec le soignant.
- Speaker #1
Il faut que ça soit vraiment personnalisé. Exactement. J'appelle ça un peu faire sur mesure.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'on est encore utile. Parce que finalement, nous aujourd'hui, par exemple, un programme, tu vas venir me voir pour régler un problème avec de poids ou de choses comme ça. Ce que faisaient avant des diététiciens, c'est de t'envoyer un plan alimentaire. Maintenant, tu dois manger. Si je ne sais pas comment tu travailles, quels sont tes horaires, quel est ton sommeil, ce que tu aimes ou ce que tu n'aimes pas, si je t'envoie par mail un plan alimentaire à suivre, c'est comme un régime en fait. Ça va durer deux secondes. Voilà, ça va durer une ou deux semaines et puis tu vas culpabiliser, puis tu vas tomber dans un régime encore plus restrictif. Donc aujourd'hui l'accompagnement il est vraiment comportemental.
- Speaker #1
Et ce n'est pas réalisable en fait au final. On a tous des vies qui courent à 100 000 heures, il faut trouver son propre... Et différent en plus,
- Speaker #0
on n'est pas tous la même vie. Toi comme moi, on n'est pas du tout dans les mêmes rythmes de vie. Donc, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Il faut qu'on trouve chacun son propre rythme.
- Speaker #0
Exactement. Et en plus, il n'y a pas une façon de bien manger. C'est là aussi où c'est un vrai travail d'éducation qu'on doit faire. Mais il y a ta façon de bien manger. La façon de bien manger, c'est ce qui correspond à ton besoin, à ton corps et à être à l'écoute de ton corps, comme tu le disais tout à l'heure. Donc,
- Speaker #1
un programme pour moi, par exemple, ça ne serait pas le même programme pour quelqu'un d'autre ? C'est pour ça, moi j'ai déjà eu ça à l'époque, surtout quand j'étais pré-adolescente et on me disait, faut perdre du poids, faut perdre du poids. Ma mère m'avait emmenée dans les trucs de nutrition, de sport. Pour un sportif de ton niveau, c'est ça qu'il faut manger. Ah, ok,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
Parce que c'est des professionnels, tu y crois, ok. Au final, pas du tout.
- Speaker #0
Aujourd'hui, nos premiers concurrents, parce que c'est les solutions les plus faciles et les plus rapides, c'est les applis. Mais une appli, elle va te dire un truc. Elle va te dire, Catherine, tu as tel âge, tu fais tel poids, tu mesures tant. Ton métabolisme, on va le calculer. C'est une formule. On te dit ton besoin énergétique, il est de tant de calories. Tu veux perdre du poids, donc on va le diminuer de 10, 20%. Et voilà. Et tu vas perdre du poids. Oui, mais ça, tu n'es pas un robot, en fait. Tu n'es pas un robot qu'on nourrit. Ça, ça marche à l'hôpital quand tu n'as pas le choix et que tu es dans ton lit. Et que tu n'as pas le choix, on t'amène un plateau, tu le manges. Mais quand tu es chez toi et que tu prends les décisions, nous, ce qui est important, le travail en consultation, c'est... C'est tout ce qui est en amont du moment où tu manges. Au moment où tu vas faire tes courses, au moment où tu vas décider quoi manger, comment tu vas te le préparer.
- Speaker #1
Il ne faut pas oublier aussi, et ça c'est vraiment très important de le dire, et moi c'est quelque chose que j'ai appris récemment, de manger c'est aussi un plaisir.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc il ne faut pas non plus se priver, parce que si on se prive trop, après on a envie de juste péter un plan et tout bouffer d'un coup. Donc ça ce n'est pas bon pour le corps non plus. il faut quand même dans notre quotidien rajouter des petits éléments de plaisir.
- Speaker #0
Tu viens de définir, il y en a plein, mais mon nom, ce podcast s'appelle Diète et Gourmand et j'insiste sur le gourmand parce que la gourmandise fait partie de l'équilibre alimentaire. Si tu n'avais pas aimé la danse et que tu avais dû en faire toute ta vie, à un moment donné, tu aurais arrêté, tu aurais jeté ton sac et tu aurais dit ciao, je vais faire autre chose, ça ne me plaît pas. Et la nourriture, c'est pareil. Si on veut être en bonne santé, Le plaisir, il fait vraiment partie de la santé. Et ça, c'est un travail aussi qu'on fait en consultation. Et reconnecter, par exemple, un cas comme le tien.
- Speaker #1
Il faut prendre du plaisir aussi à le faire pour le faire correctement.
- Speaker #0
J'imagine que le travail aussi avec ta nutritionniste, ça a dû être de retrouver le plaisir à manger. Oui, parce que j'ai dû apprendre à manger pour la première fois de ma vie. Que ton cerveau reconnecte avec toutes ces sensations-là.
- Speaker #1
C'est pour ça, ce qui a fonctionné pour moi, en tout cas, c'est les portions.
- Speaker #0
aujourd'hui je ne fais plus de régime je mange vraiment ce que je veux ce que mon corps me demande et puis est-ce que tu es passée par une étape où tu as dû peser un petit peu tes aliments non
- Speaker #1
avant quand j'ai essayé de faire tous les régimes possibles sur terre avant de passer à la bulimie je suis passée par là mais non
- Speaker #0
Parce qu'on entend souvent que, attention, il ne faut pas peser ses aliments. Alors moi-même, je le dis tout le temps parce que je ne veux pas que ce soit ancré dans le quotidien. Mais malgré tout, dans un process de soins pour retrouver l'idée de se dire, ben voilà, là, tu n'as plus aucune notion de volume et de quantité. Pèse pendant une semaine. Rends-toi compte ce que c'est dans ton assiette. Tant de grammes de féculents, tant de grammes de légumes, tant de grammes de protéines, histoire que ton cerveau réimprime une image de ce qu'est une assiette.
- Speaker #1
après on laisse tomber la balance tu verras en fait tout court la balance ne fait plus partie de ma vie le chiffre est sorti c'est très bien si t'as réussi à portionner surtout en ce qui concerne mon corps je me pose plus la balance
- Speaker #0
dans tous les sens de terme ne fait plus partie de ma vie ni de mon quotidien surtout dans un métier comme le tien tu te rends vite compte que si t'es en forme ou pas je veux dire sur... Moi, je fais de la course à pied.
- Speaker #1
Je sens tout de suite s'il y a une faiblesse ou quoi. Je vais manger à ce moment-là parce que je ne peux pas me sentir trop lourde pour faire mon activité. C'est la sensation. Je prends une bonne barre de protéines ou quelque chose comme ça qui va me donner la force nécessaire. Et puis...
- Speaker #0
Même sur ton poids, si ton poids est amené à évoluer, dans le sport que tu fais, tu t'en rends compte. Tu le vois dans tes sensations. Tu te dis que tu es un peu moins en forme en ce moment. Je suis un peu moins rapide. Je traîne un peu sur la piste. Quand on fait du sport, le sport, c'est un bon indicateur pour ça aussi, pour éviter justement de tomber dans le surcontrôle du poids.
- Speaker #1
Surtout quand on fait ce même sport depuis de nombreuses années, on voit de quoi on a besoin pour être efficace.
- Speaker #0
Tu apprends à te connaître. T'as eu des périodes où t'as été blessée ? T'as eu des blessures ?
- Speaker #1
Non. Des petites blessures, oui. Mais rien qui m'a empêchée.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Heureusement.
- Speaker #0
Il ne manquerait plus que ça. C'est souvent le lot des sportifs de haut niveau. J'imagine que même la danse n'y échappe pas.
- Speaker #1
Après, nous, les danseurs, on se fait tellement du mal. Oui, vous êtes sur la douleur. On est sur une douleur constante. Même là, je parle avec toi, j'ai mal. Mais ça, c'est normal.
- Speaker #0
Mais je sais que j'entends beaucoup de sportifs de haut niveau dire ça. Même dans plein de sports. Même un tennis-man ou un footballeur va te dire « Jamais j'ai commencé un match sans aucune douleur. » À ce point de niveau, tu sollicites tellement que tu es toujours sur la douleur. Aujourd'hui, tu disais que tu es sorti de cette période-là. En tout cas, je suis sorti de cette période-là.
- Speaker #1
Je considère qu'aujourd'hui, ça reste quelque chose sous contrôle.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Parce qu'ils peuvent avoir, comme j'ai expliqué tout à l'heure, des petits déclencheurs. J'espère. jamais assez pour m'emmener à repasser à l'acte. Mais aujourd'hui, je me considère que je suis passé de l'autre côté.
- Speaker #0
Tu fais attention. Tu sais qu'il peut y avoir des petits warnings de temps en temps. Mais tu es sortie de ce sur-contrôle. Aujourd'hui, tu es plutôt zen.
- Speaker #1
Ça fait quelques années maintenant. Je dis quand même aujourd'hui que chaque repas est une victoire. Même si c'est un petit repas, je suis fière de moi. Je sais maintenant quand j'y vais dans un restaurant avec mes amis, je ne recherche plus les toilettes, que je peux rester après avoir mangé, avoir un petit verre ou quoi.
- Speaker #0
Et à l'apprécier que ce soit un moment joyeux.
- Speaker #1
Et qu'il y a deux heures qui se passent, je dois aller faire pipi, oh dis donc ! Que le pipi n'était jamais l'objectif.
- Speaker #0
Ou que ce n'est pas une excuse pour aller aux toilettes. Exactement. Mais c'est bien parce que de toute façon, chaque repas, on parlait de tolère de gourmandise, le maire. On associe trop souvent la gourmandise à la notion de quantité, de choses un peu régressives, forcément un McDo ou un dessert. Mais la gourmandise, c'est aussi dire, j'ai mangé un bon repas, j'ai passé un bon moment, je me suis fait plaisir. Et d'apprécier ça. Mais il faut que chaque repas soit un peu ça, alors à différents niveaux, parce qu'on ne mange pas toujours au resto avec ses amis. Mais même quand on est tout seul chez soi, est-ce que tu te cuisinais avant beaucoup ? Même quand tu étais en Boulimie, tu cuisinais ? Tu n'as pas eu le travail à faire ?
- Speaker #1
J'adore faire plaisir aux autres aussi. J'adore la cuisine. Et quand on est bulimique, c'est une bonne manière de manger plus que les autres sans que ça se voit.
- Speaker #0
Tu prépares, tu goûtes.
- Speaker #1
Tu goûtes pendant que tu prépares.
- Speaker #0
Donc, tu n'as pas eu ce travail-là à faire ? Parce que souvent, si parfois, se reconnecter à son alimentation, ça passe aussi par... apprendre à se préparer des repas. Toi, tu étais déjà une cuisinière. Oui, j'ai toujours aimé ça. Tu as des spécialités un peu australiennes à nous partager ? Non,
- Speaker #1
pas forcément des spécialités australiennes parce que nous, en Australie, c'est beaucoup de barbecue ou les fruits de mer. Donc ça, c'est vraiment nos plus grands kiffs. Maintenant, je cuisine un peu de tout. Italien, mexicain, un peu de tout.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Asiatique, j'aime beaucoup cuisiner aussi. Et puis des plats traditionnels, des casseroles, des trucs comme ça, des soupes.
- Speaker #0
Ok, super.
- Speaker #1
J'aime beaucoup cuisiner.
- Speaker #0
Et donc, si on devait un petit peu résumer le message que tu voudrais vraiment véhiculer par ton livre et par ce témoignage, qu'est-ce que tu aurais à dire à des gens qui te contactent notamment sur les réseaux ?
- Speaker #1
Déjà, le message, c'était un message positif. C'était super important pour moi que ça ne devienne pas un message, parce que le sujet est cru. c'est quand même un sujet un peu dark donc je ne voulais pas que ça devienne quelque chose de déprimant ou négatif non le message justement c'est ultra positif dans le sens où j'ai réussi à m'en sortir aujourd'hui je suis apte à en parler et en espérant que ça donne du force, du courage aux autres d'en parler aussi ou de commencer par l'avouer juste à eux-mêmes et pour ceux qui n'osent pas en parler à des proches ni aller chez un médecin dans un premier temps il y a des super hotlines il y a des hotlines un peu appelées autant qu'anonymes complètement anonymes donc il faut juste que ça sorte et je pense que sans en parler c'est... Je dirais pas impossible parce que je peux pas parler pour les autres, je peux que parler par rapport à ce que j'ai vécu. Je pense pas que c'est possible.
- Speaker #0
C'est dur d'avoir du recul dans ces situations-là.
- Speaker #1
Juste donner du force et courage. Et le message aussi de s'aimer. On est la seule personne avec qui on se lève le matin et avec qui on se couche ce soir, avec qui on est mis au monde et avec qui on va mourir. Donc, se donner du respect et de l'amour.
- Speaker #0
Ce n'est pas facile. Ce n'est pas toujours. C'est marrant parce que quand on dit ça, on a l'impression que c'est évident.
- Speaker #1
D'aimer les autres, c'est facile. Mais de s'aimer soi-même, ce n'est pas quelque chose de facile. Et ça, ça fait partie des messages que je voulais passer aussi.
- Speaker #0
Ce n'est pas facile parce qu'il y a un diététicien comportementaliste qui a écrit un livre sur la gestion du poids et du rapport au corps. Et il explique justement que le cerveau, pour des raisons de survie, il a toujours tendance à nous mettre des alertes. Et quand on se regarde dans le miroir, il va nous envoyer un peu automatiquement des messages négatifs pour nous garder un petit peu en alerte. C'est un peu le... le vieux cerveau reptilien, le cerveau un peu primitif qui est toujours dans ces trucs-là. Après,
- Speaker #1
on a aussi besoin de ça pour avancer. Il faut quand même qu'on se critique, mais d'une manière constructive et pas d'une manière négative. Il faut quand même être objectif. Il faut se dire, si je veux obtenir tel ou tel but, pour ça, qu'est-ce qu'il me faut ? Il faut se donner les moyens. Bien sûr. Mais c'est cette objectivité-là qui est dure à trouver. Oui, tout va bien. Mais il faut s'aimer.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, ce type de témoignage, ça c'est quelque chose aussi que je voulais insister là-dessus, il est non seulement utile et vraiment les gens vont s'identifier, les gens qui souffrent de ça, mais aussi il est très utile pour l'entourage parce qu'effectivement, des fois, on peut avoir un doute en se disant « Ah, ma copine là, ou mon ami, ou mon frère, ma sœur, j'ai des doutes là-dessus. » Et ça permet ce type de témoignage, même si encore une fois, chaque histoire est différente et il n'y a pas une raison d'eux.
- Speaker #1
On peut reconnaître peut-être...
- Speaker #0
Tu peux identifier des fois des red flags, de se dire, tiens, là, il y a des comportements, j'ai l'impression, qui ne sont pas... Voilà, qui m'alertent un petit peu.
- Speaker #1
Via ce que je raconte dans mon livre, il y a plusieurs comportements que je raconte, parce que je n'ai pas fait des choses à moitié. Je suis vraiment allée au fond du sujet assez rapidement. Peut-être les gens vont dire, Alors, là, on est... c'est vrai que il ou elle a fait ça j'avais pas remarqué mais en fait oui on peut peut-être reconnaître certains actes chez leurs proches aussi ouais ouais tout à fait donc encore une fois merci beaucoup Katrina pour ta
- Speaker #0
présence et ce témoignage fort parce que c'est encore une fois c'est très très utile On cherche, même nous, en professionnels qui accompagnons des gens, on a besoin aussi de ce type de témoignages. C'est aussi pour ça que moi, je fais ce podcast pour me dire, le jour où j'ai un... Enfin, c'est déjà arrivé d'ailleurs, mais là, du coup, on enregistre l'épisode d'aujourd'hui, de me dire, mais va écouter l'épisode avec Katrina, parce que peut-être que ça va t'aider. Tu vas peut-être comprendre plus de choses et ça va être du contenu additionnel par rapport à une simple consultation où on va être dans un milieu... Voilà, prends un peu de recul, va écouter cet épisode-là, il te sera utile.
- Speaker #1
On a tous des choses à apprendre les uns et les autres. En faisant justement tous ces interviews pour ce livre, il y a des journalistes, que ce soit des personnes comme toi qui font des podcasts ou des interviews, ou même des journalistes des émissions de télé ou radio, où leur réaction du livre et des questions qu'ils me posent... j'apprends des choses. Je dis, tiens, je n'avais pas pensé à ça comme ça. Mais en effet, oui, ça peut nous amener à poser ce genre de questions. Donc, c'est super important. Donc, c'est pour ça. L'échange, le partage et surtout d'en parler.
- Speaker #0
Et l'humain, mettre de l'humain dans tout ça. Sortir un peu de toutes ces applis, de ces solutions choisies dans le miracle. Quand on met de l'humain et de la psychologie, on obtient souvent beaucoup de choses. Écoute, alors... Moi, j'aime bien finir mes épisodes. Donc, diète et gourmand, on va passer sur la notion de gourmand. On va parler un peu de toi, de ton rapport actuel à l'alimentation, mais pas forcément sur tout ce qu'on vient d'évoquer. Mais j'ai toujours plein de petites questions autour de l'alimentation en général. Par exemple, ton plat signature ou le plat que tu préfères. Est-ce qu'il y a un plat qui vraiment...
- Speaker #1
Les fruits de mer.
- Speaker #0
Oui, les fruits de mer, c'est ta passion.
- Speaker #1
C'est ma passion. C'est ma passion. J'adore les fruits de mer.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui est très intégré dans la nourriture australienne ? Oui,
- Speaker #1
on est si proche de la mer, donc on a les fruits de mer.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu as... Ah bah tiens, il y a une question qui est intéressante, c'est si aujourd'hui tu devais définir ton rapport à l'alimentation ? Aujourd'hui.
- Speaker #1
Mon rapport ?
- Speaker #0
Apaisé ou...
- Speaker #1
Franchement, on a plutôt une bonne relation.
- Speaker #0
C'est super, tant mieux. Est-ce qu'il y a un livre, un film, un objet culturel qui parle d'alimentation, qui parle de... bouffe ou de repas qui t'a marqué ou qui t'a plu ou que tu auras envie d'évoquer ?
- Speaker #1
Pas de tête. Moi, tous les livres de nourriture, c'est surtout pour cuisiner. Oui, tu as des livres de cuisine. Oui, j'ai des livres de cuisine. J'en ai beaucoup chez moi en Australie. Parce que j'ai fait une saison de danse avec les stars en Australie avec un chef qui est français d'ailleurs, mais qui n'est pas connu en France, mais il est connu en Australie. D'accord. Très drôle. Il s'est installé là-bas. Oui, il s'est installé là-bas. Et lui, il a fait plusieurs livres. Donc, j'ai tous ses livres aussi à la maison. Moi, je suis fascinée des chefs parce que c'est un art.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Toutes les façons dans lesquelles on peut s'exprimer, ça me fascine. Donc, oui, les livres de cuisine, j'aime beaucoup.
- Speaker #0
OK. Et qui est pour toi le meilleur cuisinier, que ce soit dans la famille ou peut-être ce chef-là ? Tu avais été manger d'ailleurs chez lui, j'imagine ? Oui,
- Speaker #1
il m'a fait à manger. Il s'appelle Manu. Manu, il m'a fait à manger chez lui. C'est un cuisinier extraordinaire. Après, j'aime tellement des choses différentes chez la nourriture. Moi, je suis plutôt quelqu'un qui aime des petits assortiments, quand on mange un petit peu de tout. Un vrai plat, ça peut m'écurer un petit peu, parce qu'aujourd'hui, j'ai vu que je dois faire très attention aux portions. si on met genre une grosse assiette de pâtes devant moi, ça peut vite me calmer donc moi c'est plutôt justement la nourriture un peu espagnole tapas un peu le grignotage apéro parce que ça c'est ma life, ma vie franchement vraiment si mes amis veulent me faire plaisir ils savent très bien, ils m'invitent pour l'apéro et qu'il y a une espèce de planche euh... Avec plein de petites choses. Là, c'est parfait. Ça, c'est ma life.
- Speaker #0
Bon, auditeurs, si un jour vous invitez Katrina, vous savez ce que vous devez préparer. Des tapas. Et la suite pour toi maintenant, qu'est-ce que c'est tes projets ?
- Speaker #1
Il y en a beaucoup. Déjà, je travaille beaucoup aussi dans l'événementiel un peu partout. Je suis invitée un peu partout en France. Il y a notamment la tournée de danse avec les stars, avec les pros. Avec les danseurs pros qui aura lieu novembre et décembre de cette année. Donc on va être en préparation de ça dès la rentrée. Et puis sinon, on continue justement avec le livre. On va partir aussi partout en France pour rencontrer enfin les gens, pour dédicacer le livre. Justement, comme tu disais tout à l'heure, continuer dans ce vrai partage, de rencontrer les gens en vrai. Et puis sinon, le calendrier est quand même surchargé en ce moment. J'imagine. Mais je suis invitée un petit peu de partout. Donc, c'est plus sur des événements, des one-shots. Mais chaque rôle est intéressant à chaque fois. On peut m'inviter pour présenter une soirée ou un événement, comme je peux être dans le jury d'un autre, ou sinon de venir faire un stage, ou un surpassement de soi, development. Développement personnel.
- Speaker #0
Tu fais des formations aussi ?
- Speaker #1
Je fais aussi des formations, je donne beaucoup de cours. C'est très divers.
- Speaker #0
Ok, c'est top. Dési des projets de livres ?
- Speaker #1
Il en aura. Ça t'a donné envie d'écrire d'autres ? C'est sûr que ça ne sera pas le dernier.
- Speaker #0
Oui, je suis dans son temps. Mais c'est dans un coin de ta tête. Potentiellement, s'il faudrait écrire un truc...
- Speaker #1
C'est quelque chose que j'ai toujours aimé faire. C'est quelque chose que j'ai toujours voulu faire. et j'ai eu beaucoup de propositions pendant les dix dernières années j'ai dit non tant que j'ai pas le sujet je vais pas juste écrire un simple mémoire je ne suis pas en fin de carrière je ne vois pas l'idée donc c'était vraiment quand on a eu cette idée du sujet qui m'a fait un peu peur c'est là où j'ai dit oh non là tu écrivais aussi pendant tes périodes de boulimie
- Speaker #0
Et tu t'es replongée du coup dans ces journaux-là pour le livre ? Alors, pour les trouver,
- Speaker #1
parce que j'ai bougé tellement de fois dans ma vie, dans plusieurs pays différents, certains carnets que j'ai encore. Parce que moi, je fais tout à la main. Je suis très old school à ce niveau-là. Mais des anciens trucs, ça doit être malheureusement parti, parce qu'on a eu la maison en Australie qui a pris feu il y a une dizaine d'années. À mon avis, les plus vieux trucs sont partis là-dedans.
- Speaker #0
Il y a eu quelques archives qui ont disparu.
- Speaker #1
Mais il y a d'autres archives qui sont encore à la maison. Parce que je suis tombée dessus quand je suis allée pour Noël. Et je sais que dans ma chambre actuelle, il y a encore des archives.
- Speaker #0
Ok. Très bien. Merci beaucoup, Katrina. C'est la fin de l'épisode.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Vraiment un grand merci pour avoir pris le temps. Je dis toujours, quand j'ai créé ce podcast il y a moins d'un an, Et je suis toujours touché par mes invités qui prennent le temps. Tu vois, on parlait d'humains tout à l'heure. C'est un truc que je répète à chaque fois, mais... J'invite, on prend le temps, on accepte déjà, c'est super cool, mais de prendre le temps physiquement de venir, de consacrer du temps pour discuter sur un sujet aussi important soit-il que la boulimie, mais de s'installer autour de, voilà, de s'asseoir dans des chaises derrière des micros et de discuter ensemble.
- Speaker #1
C'est toujours mieux de se voir en vrai.
- Speaker #0
Ouais, je trouve ça, encore une fois, je le dis, mais je n'étais pas préparé à ça quand je me suis dit tiens, je vais faire un podcast, ça va être cool, je vais discuter avec des gens. Ça, ça va être sympa, des experts, des journalistes, des gens qui ont écrit des livres, des personnalités qui viennent témoigner. Et à chaque fois, je trouve ça fort. C'est parce que... Je ne me rendais pas compte de l'engagement.
- Speaker #1
C'est une vraie preuve d'investissement. Oui,
- Speaker #0
complètement.
- Speaker #1
C'est que le sujet nous tient vraiment à cœur. On a envie de le partager, que ce soit juste comme ça, en tête à tête, mais aussi pour les autres. Le fait de se déplacer montre cet investissement et ça montre aussi du respect pour le travail des autres.
- Speaker #0
Oui, c'est en ça que je remercie. bien évidemment souvent mes invités. Et on se rend compte aussi qu'on fait un peu tous une équipe autour de ces sujets alimentaires. Et on voit que c'est central, en fait, et que ça concerne tout le monde. Et qu'il y a un vrai besoin de santé publique autour de l'alimentation. C'est un vrai sujet. Donc, merci beaucoup pour apporter ta pierre à l'édifice. Et continue comme ça,
- Speaker #1
franchement. Franchement, tu es top.
- Speaker #0
Eh bien, merci beaucoup, Katrina. Et quant à vous, chers auditeurs, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de... Diété Gourmand, le podcast. Salut à tous.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #2
Diété Gourmand,
- Speaker #0
le podcast.