- #marie morgane
Bienvenue à toutes et à tous dans Diet is not only in the kitchen, le podcast qui met votre santé et notamment votre alimentation à l'honneur. Je suis Marie Morgan, diététicienne nutritionniste, opérant loin des oucas, cuisinière et créatrice culinaire, mais aussi journaliste médicale indépendante. Et c'est à travers ces trois regards que j'ai réalisé ces différentes saisons de podcast portées sur l'alimentation, mais pas que. Car comme vous allez le découvrir, notre bien-être ne se construit pas uniquement autour de la cuisine. Bienvenue dans un nouvel épisode de Diet is not only in the kitchen. Aujourd'hui, on va parler du lien entre le mouvement, les émotions et la médiation animale. Parce que parfois, la présence d'un animal peut tout changer dans la prise en charge d'un patient. Pour comprendre ce sujet, je pars à la rencontre de Barbara, psychomotricienne spécialisée en thérapie assistée par l'animal. Avec elle, à nos côtés, Urban, son golden retriever. qui l'accompagne dans ses séances et qui sera présent tout au long de cette rencontre. Et peut-être que vous l'entendrez parfois intervenir à sa manière. Bonjour Barbara et bonjour Urban.
- # barbara
Bonjour à tous. Barbara, psychomotricienne spécialisée en thérapie assistée par l'animal. Et je vais vous présenter Urban, qui est une Golden Retriever de deux ans, avec qui je travaille.
- #marie morgane
Barbara, avant de parler de médiation animale, peux-tu nous expliquer ce que c'est exactement la psychomotricité ?
- # barbara
La psychomotricité n'est pas facile à définir. Elle vient chercher sa spécificité notamment au niveau de la régulation tonique. Alors vous allez me dire, mais oui, mais qu'est-ce que c'est la régulation tonique ? En effet, on parle du tonus musculaire et la régulation tonique s'articule autour de différentes sphères. notamment les affects, donc vos relations. Par exemple, il y a des personnes avec qui on se sent plus ou moins à l'aise et on sent un peu dans son corps là où on n'est peut-être pas très bien, pas très à l'aise. Il y a toute la part émotionnelle où quand on est en colère, on est plutôt tendu. Quand on a peur, on est aussi tendu. Quand on est content, on est plutôt détendu. On a aussi toute la sphère de l'environnement. Par exemple, il y a des endroits dans lesquels on se sent bien, par exemple chez soi. Il y a des endroits où, par exemple, au travail... Peut-être qu'on peut se sentir un peu stressé. Dans d'autres lieux plus publics, par exemple, on ne peut être pas très à l'aise. On a aussi toute la sphère somatique. Quand on a des douleurs, quand on se fait mal, bien souvent, on a la tension du corps qui est plus élevée. Vous avez aussi tout l'aspect sensoriel qui vient aussi impacter cette tonicité. un son qui va vous déranger par exemple, vous allez être sursauté d'un seul coup et qui montre qu'effectivement vous allez avoir un tenu qui va s'élever à un moment donné, qui va peut-être avoir plus de temps pour se réguler. Et il y a aussi une dernière sphère qui est la psyché. Nos pensées, en fait, elles influent aussi notre tension corporelle ou par exemple quand on a des pensées qui nous contrarient. On a tous des moments où dans la vie on est contrarié et en fait on se répète en boucle peut-être un petit peu de... dans notre tête des choses qui nous font strisser ou qui en tout cas peuvent nous mettre à mal. Donc en effet, pour moi, je pense que la spécificité du psychomotricien, elle se joue autour de cette régulation tonique et elle vient compléter aussi vraiment dans un aspect pluridisciplinaire les autres professions de rééducation. En tout cas, c'est mon point de vue avec toute humilité et... Je pense aussi que la psychomote, comme tout autre métier, se pratique avec la part de qui on est, avec cette subjectivité aussi, avec nos points forts et nos points faibles. Et aussi qu'on a tous des visions peut-être un peu qui diffèrent sur certains points, mais c'est aussi ce qui fait la richesse de ce métier-là et la richesse de la pratique de la psychomotricité au sens large pour moi.
- #marie morgane
Barbara, tu as eu la possibilité d'appliquer donc la psychologie. psychomotricité en chirurgie bariatrique. Comme je suis diététicienne nutritionniste, ça a égayé un petit peu ma curiosité de savoir quelle a été ton approche en tant que psychomotricienne face à cette spécialité.
- # barbara
En effet, j'ai eu la chance d'intégrer pendant un temps un service de chirurgie bariatrique pour un stage de troisième année. où j'ai pu observer effectivement La place que pouvait en tout cas avoir et le rôle que pouvait avoir le psychomotricien dans un tel service auprès de ses patients qui subissent des transformations physiques très très rapides, il faut le dire, qui finalement par la perte de poids parfois ne peuvent pas se reconnaître ou peuvent avoir un sentiment de vieillissement. Et effectivement la place du psychomotricien, elle a été... questionnés à un moment donné, aussi parce que vous perdez quand même effectivement de la masse graisseuse, mais aussi de la masse musculaire, et donc qui pouvait aussi potentiellement impacter les coordinations motrices, parce que justement, cette notion de régulation tonique, elle était perturbée par rapport à la perte de poids.
- #marie morgane
C'est-à-dire,
- # barbara
par exemple, par rapport aux patients que j'ai pu rencontrer. rencontrer, la chose qui revenait quand même assez souvent, c'est cette notion de vieillissement, où vous avez en fait la peau qui est distendue, où en fait, on a la sensation d'être plus vieux après avoir perdu du poids. Ça, c'est quelque chose qu'effectivement, j'ai pu rencontrer plusieurs fois. On peut aussi rencontrer des patients qui pouvaient en fait, juste un laps de temps, être un peu maladroit suite à une perte de poids très rapide. le temps qu'ils puissent s'habituer à leur nouveau corps.
- #marie morgane
Alors si j'ai bien compris, cette maladresse, c'est en lien avec cette notion de régulation tonique.
- # barbara
Oui, c'est ça. C'est vraiment en lien avec cette notion de régulation tonique. Et du coup, c'est vrai que le psychomote, il aurait pu avoir une place pour accompagner justement cette transformation. On peut aussi rencontrer toute cette notion d'espace. Ou vous passez d'une personne qui prend une certaine place et finalement, elle n'a pas encore intégré, qu'elle prend moins de place aujourd'hui et qui va continuer à s'habiller avec des vêtements trop larges, par exemple. Ça, c'est très fréquent aussi. Les gens ont beaucoup de mal à prendre conscience qu'ils prennent moins de place et que les vêtements, ils peuvent prendre des tailles en dessous. Et pendant longtemps, On peut rencontrer des personnes qui vont prendre des tailles toujours au-dessus de la réalité. Ça, c'est des choses aussi que j'ai pu rencontrer. Après, le stage s'est arrêté avec la réparation du Covid, donc je n'ai pas pu pousser plus loin. Ça, c'est des petites premières observations. C'est vraiment hyper intéressant et très enrichissant.
- #marie morgane
Alors Barbara, tu as une spécificité, donc tu es psychomote en médiation animale. D'ailleurs, c'est pour ça que... Nous avons entendu m'achouiller, hein ? C'est à côté. Donc, si vous avez pu percevoir ce bruit, c'était Urbane. Et tu vas nous expliquer un petit peu ce que c'est que la psychomotricité en médiation animale.
- # barbara
Alors, effectivement, je suis psychomotricienne de métier. Et la médiation animale est vraiment, pour moi, une spécialité. C'est une extension de mon métier initial. Après... Dans la médiation animale, il y a beaucoup de choses qui existent, peut-être qu'on connaît un peu, peut-être pas assez, mais là aujourd'hui on parle beaucoup des chiens d'assistance juridique, on voit de plus en plus dans les hôpitaux, même les EHPAD qui accueillent aussi des chiens. Et pour ma part, j'aime bien parler aussi de thérapie assistée par l'animal. C'est des séances de psychomote, mais au lieu d'être seule ou en tout cas d'utiliser... Un médiateur comme un ballon, comme un cerceau, comme une couverture lestée ou tout autre matériel, mon médiateur à moi, il est vivant et c'est le chien. À travers ce médiateur, on va travailler tout ce qu'on peut travailler en psychomotricité, en partant de la régulation tonique, on peut travailler tout ce qui va être des coordinations motrices, la motricité fine, la motricité globale. On va travailler l'espace, le temps. Vraiment, tout ce qu'on peut travailler en psychomote, on le fait avec le chien.
- #marie morgane
Ça s'adresse à quel public, la psychomote ?
- # barbara
En psychomote, comme dans d'autres métiers, selon le public, vous n'allez pas pratiquer de la même façon. Maintenant, en psychomote, on peut intervenir, effectivement, de la naissance, même des mamans enceintes, jusqu'à la fin de vie et même jusqu'en soins palliatifs. en passant par tout type de pathologie, de maladies, de handicaps. On peut vraiment intervenir auprès de tous. Ce n'est pas du tout douloureux.
- #marie morgane
Quand on t'entend parler un petit peu de cerceau, de ballon, on s'imagine un petit peu les séances comme des jeux. Est-ce qu'on joue pendant une séance de psychomote ?
- # barbara
Effectivement, on va jouer. On aime bien jouer. On va aussi avoir des approches de type de la relaxation, des approches plutôt sensorielles. On parle beaucoup, par exemple, de l'approche multisensorielle. Avec les salles de type Snow the Land, par exemple, on va avoir des approches plus dynamiques, plus statiques. Ça va vraiment dépendre du public qu'on accompagne et des besoins.
- #marie morgane
Mais j'ai quand même l'impression, et ça c'est toi qui va me le dire, que venir en séance de psychomote, c'est plutôt un plaisir. C'est le cas ?
- # barbara
Oui, en général, on aime bien venir en psychomote. Ce n'est pas du tout douloureux.
- #marie morgane
Et donc... Comment tu sais qu'est-ce qui va convenir à un patient et pas à un autre ?
- # barbara
Ce qui est important, c'est de dire quel est le besoin du patient et comment je vais y répondre. Par exemple, j'ai fait beaucoup de psychiatrie adulte avec des personnes qui peuvent être très anxieuses. On va pouvoir, selon les personnalités, être dans du mouvement. On va plutôt peut-être être dans de la danse, on va plutôt être dans du yoga, voire même de la boxe pour décharger. J'ai déjà fait ça. avec des patientes justement qui étaient très anxieuses et à qui ça faisait pas mal de bien de décharger à travers la boxe. On fait de la décharge motrice. Vous avez des personnes qui sont très anxieuses et qui effectivement, elles, elles ont besoin de quelque chose de plus passif, de recevoir le soin.
- #marie morgane
Et comment ça t'est venu d'intégrer en fait un animal en tant que médiateur dans ta pratique ?
- # barbara
Parce que finalement, ça se base, même si le chien a toujours fait partie de ma vie, de ma pratique de psychomotricienne en psychiatrie adulte, où j'intervenais au domicile des personnes que j'accompagnais. Et bien souvent, il y avait un chien ou un chat à la maison. Et de façon très naturelle, j'ai intégré l'animal dans la thérapie. Parce que pour moi, il y a aussi une histoire de relation entre l'homme et l'animal. Je vous donne un exemple concret. d'une personne qui vivait une dépression, donc avec une difficulté à sortir de la maison, avec une grosse fatigue, une difficulté à se mettre en mouvement, mais qui avait un chien à la maison. Et donc, finalement, avec l'aide de ce chien, on a commencé simplement à jouer un peu à la balle, à caresser le chien à la maison. Tout doucement, on a remis du mouvement et finalement, on a commencé un peu à sortir de la maison, à remarcher, à aller dans un parc. En tout cas, à redonner effectivement du mouvement à la personne et en se basant sur la relation que cette personne avait avec son chien. C'est un peu de là où est venue, moi, l'envie de travailler avec le chien. Et je trouve que le chien amène vraiment une autre dimension dans les sciences psychomotes. Et quand vous intervenez auprès d'une personne qui ne vous connaît pas, finalement, lui, il connaît son chien. L'animal est devenu un support, un médiateur pour moi, au sein de mes accompagnements.
- #marie morgane
Et vu que tu travailles avec les enfants... Est-ce que cette approche t'a semblé être la même ? Et est-ce que tu n'aurais pas un exemple à nous donner ?
- # barbara
Si on prend un exemple d'enfant qui a un trouble de l'attention avec une hyperactivité et qui a beaucoup de difficultés à se poser, c'est aussi comment on va pouvoir aider cet enfant à s'inhiber. On va travailler vraiment l'inhibition par le jeu. Et donc avec le chien, qu'est-ce qu'on a fait ? On a commencé tout simplement à jouer à cache-cache. Vraiment de façon très simple, en comptant. Au début, on compte jusqu'à trois. Le chien va chercher l'enfant. L'enfant est très content. Finalement, après, on augmente ce temps. Et donc, on travaille l'inhibition à travers ce jeu qui est tout simple. Après, au départ, on est caché. Puis finalement, après, on a changé de jeu. On est passé à un, deux, trois soleils. Là, il ne faut surtout pas bouger. Même si j'ai très envie de bouger, non, je ne bouge pas. Et puis, là, on a Urban qui fait un, deux, trois, soleil et qui va voir l'enfant. Ah, pour vérifier s'il bouge. Non, c'est bon, il ne bouge pas. Ah, je vais essayer quand même de jouer un peu, de passer entre les jambes, de le déstabiliser. Il ne bouge toujours pas. Donc, on est sur vraiment cette notion d'inhibition où avec un enfant, pour qui c'est très difficile de ne pas bouger, et dans la notion de plaisir. Et après, vous avez Urban qui retourne à sa place. Après, on peut inverser les rôles. Finalement, c'est l'enfant qui va au ciel. Urban qui ne bouge plus. Il y a vraiment cette notion de jeu, de plaisir, de non-jugement aussi qu'on retrouve avec le chien. Après, on va aussi, avec le chien, travailler tout ce qui va être coordination. Lancer une balle, ça paraît tout bête, mais ce n'est pas forcément si simple. Lancer une balle sur une cible pour que le chien aille le chercher et que le chien ramène la balle. J'ai même joué au Twister avec le chien. Le chien vient justement chercher à déséquilibrer les enfants ou alors va aussi choisir la couleur. Après, il y a des techniques. On invente des jeux, on essaye de créer aussi parce qu'il n'y a pas beaucoup de choses qui existent en termes de jeux. Donc, il faut aussi créer. Mais c'est aussi toute la richesse de cette spécialité. En psychomote, avec le chien, on peut vraiment tout travailler. l'équilibre, la coordination, l'inhibition.
- #marie morgane
Et est-ce que c'est la même approche que tu as pour les personnes âgées ?
- # barbara
Oui, si on prend un exemple, on peut très bien aussi proposer, si la personne âgée est d'accord, de s'allonger sur le lit avec le chien. Ou par exemple, si on fait un comparo entre l'utilisation d'une couverture lestée, qui est un objet, et le chien finalement. Là, le chien, sur l'aspect sensoriel, vous avez le poids. qui va venir à côté de la personne, qui va aider la personne à relâcher les tensions. Vous avez la chaleur du chien, vous avez les poils, la douceur, le touffé du chien. Vous avez aussi l'odeur et vous avez un point important, la relation entre la personne et le chien. Et ça, par exemple, c'est une pratique qu'on peut faire auprès de personnes âgées. qui ont besoin de se détendre, qui peuvent être très anxieux. Ça vient aussi valoriser l'estime de soi par rapport à la personne au travers du travail relationnel qu'on a fait avec le chien.
- #marie morgane
Tu utilises aussi des accessoires pour venir compléter cette médiation animale ?
- # barbara
Oui, par exemple, à côté de moi, j'avais créé un prototype. de peignoirs pour favoriser la motricité fine auprès des personnes âgées. En fait, c'est un peignoir que vous mettez sur le chien. Vous avez des petits boutons, une petite pochette qui sent la lavande, une fermeture éclair, des petits anneaux, des colliers de perles. Ça fait un peu comme les tabliers de motricité fine qu'on utilise parfois. Là, vous le faites avec le chien et notamment avec, encore une fois, cet aspect relationnel. entre l'homme et l'animal.
- #marie morgane
Alors Barbara, est-ce que Urban est formée ? Parce que tous les animaux ne sont pas capables de pouvoir réaliser ce type de médiation.
- # barbara
Tout à fait. Urban a été formée par l'association LAFTA, qui est l'association française de thérapie assistée par l'animal, qui intervient dans toute la France entière auprès de publics fragiles.
- #marie morgane
Et est-ce que ton métier, Barbara, il est soumis à une prescription médicale ?
- # barbara
Il faut savoir que c'est un métier qui est soumis à prescription médicale. Ça veut dire que quand vous allez voir n'importe quel psychomotricien, vous êtes censé avoir une ordonnance de votre médecin.
- #marie morgane
Et donc, à qui s'adresse la psychomotricité assistée par l'animal ?
- # barbara
Elle s'adresse à tout le monde. On peut, comme on l'a vu, intervenir dès le plus jeune âge, dès la naissance, même à la femme enceinte. jusqu'à effectivement aux soins palliatifs, en passant par tout type de pathologie. Seulement, il y a trois critères qui sont importants à prendre en considération. Le premier, il va paraître effectivement évident, mais on l'oublie parce qu'il est peut-être trop évident, c'est la non-allergie. Si vous êtes allergique effectivement aux poils de chien ou aux chiens, ça risque d'être compliqué. Vous n'allez pas aller vous mettre en contact de l'animal. Il y a aussi un autre critère qui est important, c'est la non-violence. Parce que quand on travaille avec un animal, avec un être vivant, son bien-être est primordial. C'est votre médiateur, c'est votre coéquipier. Et donc, c'est important qu'il puisse être bien, qu'il ait envie de jouer. Parce que le volontariat du chien est primordial dans ce type d'accompagnement. D'ailleurs, quand vous travaillez... Avec le chien, vous avez toujours une porte de sortie. Il y a vraiment cette notion de... Volontariat, si le chien à un moment donné a besoin d'une pause, il a un espace à lui dans lequel la personne ne peut pas aller. C'est vraiment son espace à lui. Et à un moment donné, quand il est prêt, il revient en séance. Il a le droit de se retirer dans son espace pour mieux revenir quand il en a envie. Ça, c'est important pour effectivement son bien-être à lui. Après, vous avez un troisième critère qui est le volontariat. Ça veut dire que si vous voulez faire une séance de psychomote assistée par l'animal, il faut aussi que la personne soit en capacité de collaborer avec le psychomotricien, donc avec moi. Si la personne ne souhaite pas travailler avec moi et elle ne veut être qu'avec le chien, ça paraît compliqué effectivement de bénéficier de la séance de psychomote assistée par le chien. Dans ces cas-là, il y a d'autres. possibilités en médiation animale qui existent et moi personnellement je renvoie vers ces autres possibilités qui répondra aux besoins du projet de la personne et de l'envie de la personne.
- #marie morgane
Est-ce que tu vois un petit peu la différence entre tes séances de psychomote classique que tu avais auparavant et les séances de psychomote en médiation animale ?
- # barbara
Alors... Oui, parce que je peux faire un comparo entre de la psychomote plutôt classique, sans le chien, et avec le chien. Et c'est vrai que je pouvais avoir imaginé les résultats qu'on pouvait avoir avec le chien. Sauf que je pense que tant qu'on ne l'a pas vécu, on ne peut pas s'imaginer ces résultats-là. Parce que même moi, j'ai été vraiment très surprise de voir... que le chien est un accélérateur. Bien sûr, il faut aussi que la personne en face, elle, adhère. Après, peut-être qu'il y a des gens qui détestent les chiens et qui ne font jamais cette thérapie. Et c'est normal, en fait. On est tous différents et on a tous des centres d'intérêt différents. Il faut juste trouver le bon médiateur qui nous correspond.
- #marie morgane
Est-ce que tu as des retours, Barbara, d'expériences que tu aimerais partager ?
- # barbara
Alors, on arrive à la fin, en fait, pour moi, d'une année scolaire. avec Urbaine sur des interventions auprès d'enfants, où on a démarré avec, par exemple, un enfant qui était vraiment très angoissé, avec des comportements un peu compliqués, avec un peu des cris, où il y avait vraiment une peur, une peur du chien et une angoisse débordante. Et au final, aujourd'hui, cet enfant, il n'a plus peur du tout. Le chien est en liberté, en fait, dans l'espace. C'était aussi un enfant qui avait peur des chiens à l'extérieur et aujourd'hui il n'a plus peur des chiens en extérieur. Aujourd'hui on est en capacité d'aller promener Urban, il tient la laisse tout seul, il fait passer Urban entre ses jambes, ça paraît tout bête mais c'est beaucoup. Son gros challenge c'est de réussir à donner une croquette à Urban parce qu'il a peur des dents. Et aujourd'hui il y arrive en fait quelques fois, on le voit, il saute. trop content. J'ai un peu la larme à l'œil, mais parce que c'est aussi une belle réussite. C'est la sienne et celle d'Urban, et c'est aussi à travers la construction de leur relation que tout ça a pu se faire. On a eu le temps d'installer une relation entre les deux, pour qu'ils puissent aussi investir cette relation et que chacun, parce que aussi Urban a investi la relation des deux sens. Et grâce à ça, effectivement, en fait, il a fait de très gros progrès. Par exemple, un enfant qui a eu une histoire de vie pas facile. Et avec Ruben, on a fait un travail autour de la place, en fait, de sa place. C'est encore fragile, mais on voit aussi qu'il a investi vraiment la relation avec Ruben. Et il peut s'appuyer aussi un peu sur elle quand il a un débordement émotionnel, où elle, elle va. Quand il va s'isoler, elle va le chercher. Et elle s'assoit à côté de lui. Ou alors elle va chercher une caresse. Elle va lui dire, qu'est-ce qui se passe ? Tu reviens, on va jouer. Allez viens s'il te plaît. Et c'est marrant parce que c'est un enfant qui pouvait aller chercher et contacter Urban de façon un peu inadaptée au début. Et là, aujourd'hui, il lui fait des câlins, il lui fait des bisous. Il peut s'appuyer dessus quand l'émotion est trop forte. C'est un enfant qui pouvait aussi faire des crises. Et finalement, petit à petit, il a pris place dans la relation auprès d'Urbain.
- #marie morgane
Alors avant de conclure, une dernière petite question. Est-ce qu'il n'y a pas un petit peu de tristesse quand les séances se terminent ? entre le patient et bien évidemment Urbane et toi-même.
- # barbara
C'est marrant parce que justement, c'est aussi tout l'attachement. On vient travailler ça. On vient travailler sur cette notion d'attachement. Sur sécuriser le lien pour des enfants qui peuvent être insécures dans la relation à l'autre. Et le chien, il est constant. Et du coup, ça donne une constance et ça permet aussi à l'enfant de s'autoriser à échouer. En fait, je ne me suis pas fait comprendre. Finalement, l'échec n'existe pas avec le chien. C'est une histoire de compréhension, de communication. Et si le chien ne comprend pas, il ne va pas faire. Mais ce n'est pas grave. En fait, on va faire autrement pour que justement, on puisse communiquer ensemble. Et du coup, on vient vraiment aussi de travailler, encore une fois, cette notion de relation. Et qui dit relation, dit aussi potentiellement séparation. Et c'est aussi comment on va pouvoir travailler cette séparation de façon sécuritaire, sécurisante pour l'enfant. Et donc, bien sûr qu'il y aura de la tristesse, bien sûr. Et c'est normal d'avoir de la tristesse. Mais l'idée, c'est de l'accompagner.
- #marie morgane
Avant de conclure cet épisode, si tu avais un message à faire passer à nos auditeurs sur la psychomotricité en médiation animale, quel serait-il, Barbara ?
- # barbara
que c'est une médiation qu'il faut vivre pour pouvoir avoir notion de tout ce qu'elle peut apporter. Le chien est vraiment un puissant médiateur. Quand il y a une adhérence, bien sûr. Pour moi, c'est un accélérateur. Et dans toute cette dimension aussi relationnelle, parce qu'il y a tout l'aspect technique, mais il y a vraiment tout cet aspect relationnel avec un animal qui est non jugeant, qui est bienveillant. qui va vous apporter ce côté humain. Il vient vous donner de l'amour au sens large. Et lui, il s'en fout de ce que vous avez fait avant, de votre physique. Il y a un cas où vous avez un handicap. Lui, ce qui l'intéresse, c'est juste la personne. C'est vraiment l'échange, c'est la relation. C'est pour moi une relation qui est vraie, qui est sincère et qui va redonner aussi cette place à l'humain. sans jugement, simplement pour qui il est à l'instant. C'est en toute simplicité, en toute humilité. Si je peux me permettre peut-être de conclure comme ça. C'est vraiment une thérapie qui me touche beaucoup. Quand je vois le regard de ces enfants et comment Urban est contente. Vraiment de les retrouver et comment eux, ils sont contents de la retrouver, la joie que ça génère. C'est beau.
- #marie morgane
Merci beaucoup pour ces témoignages et cette conclusion très touchante, Barbara. Et maintenant pour le mot de la fin. Si diet is not only in the kitchen, where is psychomote en médiation animale ?
- # barbara
Dans le lien entre l'homme et l'animal, mais aussi peut-être au sens... large entre le lien entre nous et le vivant.
- #marie morgane
Barbara, merci de nous avoir expliqué la psychomotricité en médiation animale et de nous avoir reçu chez toi en compagnie de tes fabuleux animaux et donc bien évidemment d'Urban.
- # barbara
Merci beaucoup à toi pour cette interview qui était hyper intéressante, enrichissante pour moi. Merci beaucoup de m'avoir mis aussi en confiance et merci à tous de nous avoir écoutés. Au plaisir. À bientôt.
- #marie morgane
Et voilà, on arrive à la fin de ce podcast. Merci à tous nos auditeurs et bien sûr à notre avion de nous avoir écoutés. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de Diet is not only in the kitchen. Restez à l'écoute.