Speaker #0L'infarctus du myocarde arrive chez près de la moitié des personnes qui n'étaient pas malades. Aucun symptôme, pas de douleur, pas d'essoufflement, rien du tout. Aujourd'hui, je vais vous présenter 5 outils à notre disposition, nous cardiologues, pour anticiper et prévenir ce risque-là. L'idée, avec tous ces examens, c'est d'évaluer la probabilité. d'avoir une maladie des artères du coeur le premier examen en mode possession c'est un examen qui est rapide qui est simple et c'est l'électrocardiogramme tout le monde a vu ces 12 lignes sur un bout de papier rose c'est l'électrocardiogramme il est réalisé tous les jours chez tout le monde toutes les consultations de cardiologie. Je pense qu'il est ultra rare de voir une consultation sans électrocardiogramme, parce que c'est vraiment le noyau dur, la pierre angulaire, pour éliminer énormément de maladies, dont la principale est la maladie cardiovasculaire. C'est quelque chose qui dure 20 secondes, qui est très simple, on a juste des électrodes à mettre sur la poitrine, et en une minute, on a un diagnostic précis. une interprétation et une décision. Donc cet électrocardiogramme, il est central dans le diagnostic de l'infarctus, mais aussi en prévention de cette maladie. Et l'idée, c'est de traiter en amont cette plaque d'athérome pour... éviter qu'elle vienne ou de la détecter pour mettre en place un traitement interventionnel ou chirurgical pour éviter cette crise cardiaque. Pour revenir à la base, un infarctus du myocarde, une crise cardiaque, c'est une plaque d'athérome au niveau d'une artère coronaire qui se fissure, qui se rompt. et qui entraîne un caillot qui obstrue l'artère du cœur, et qui entraîne une obstruction aiguë, défaut de vascularisation, et crise cardiaque ou infarctus du myocarde. Il y a différents signaux en notre possession, type oncté négative, type sous-décalage du segment ST, type sus-décalage du segment ST. C'est des gros mots pour dire que Ce sont des signaux qui évaluent la probabilité d'avoir une anomalie des artères du cœur. Et cet électrocardiogramme avec des symptômes, une douleur thoracique aiguë, peut diagnostiquer un infarctus du myocarde. ou cet électrocardiogramme sans symptômes mais avec des signaux pathologiques, peuvent nous faire aller directement à l'examen de référence pour éliminer une anomalie des artères du cœur. Le deuxième examen, c'est l'échographie cardiaque ou l'échographie transthoracique. Globalement, ça aussi, tous les cardiologues sont en capacité de faire cet examen. C'est un peu le prolongement de la main du cardiologue. En tout cas, c'est ce que j'ai appris. Mais concrètement, à quoi il sert ? Ça sert à voir la structure cardiaque de manière précise et rapide. Avec l'échographie cardiaque, donc la technique d'ultrason, On peut voir le cœur se contracter, on peut voir le muscle cardiaque, on peut voir les quatre cavités, les deux ventricules, les deux oreillettes. On peut voir les gros vaisseaux, l'aorte, la veine pulmonaire, les veines caves. On peut voir les valves qui s'ouvrent et qui se referment. On peut voir la poche du cœur, le péricarde. On peut voir énormément de choses. Nous, ce qui nous intéresse, dans le cadre des maladies des artères du cœur, c'est de voir tous les arguments qui sont en faveur de cette maladie. Et il y en a deux principaux. Le premier, c'est un défaut global de la puissance du cœur. Donc, quand votre cardiologue vous fait l'échographie, il regarde ce qu'on appelle la fraction d'éjection du ventricule gauche, et pour faire court, c'est la puissance... à laquelle se contracte votre ventricule. Normalement, elle est évaluée à 60%. Si jamais elle est diminuée à 50, 45, 40%, auquel cas, le premier diagnostic est ce à quoi on pense au tout début. c'est d'évaluer le réseau coronaire, donc la vascularisation coronaire. La deuxième chose, c'est quand cette puissance du cœur est altérée, mais juste sur une des parois. Et ça, ça s'appelle un trouble de la cinétique segmentaire. Ce trouble de la cinétique segmentaire, c'est un argument fort pour dire qu'à cet endroit, il y a un défaut de vascularisation. Pour vous imager, le muscle cardiaque... Il est vascularisé par trois artères. Si une artère fait défaut, le muscle cardiaque correspondant se contracte soit moins bien, donc une hypokinésie, soit pas du tout, une akinésie. Et dans cet argument, on a quasiment la certitude qu'il y a une anomalie des artères du cœur, et auquel cas, il faut faire l'examen de référence, la coronarographie, qu'on va... détaillé dans les prochains examens. Le troisième examen, et il y en a plusieurs, c'est les épreuves d'effort. Donc il n'y a pas qu'une épreuve d'effort, il y a plusieurs types d'épreuves d'effort. Pourquoi on fait cette épreuve d'effort ? Donc c'est un examen indirect pour évaluer le risque de maladie coronaire. Quand on fait une épreuve d'effort, le but c'est d'accélérer la fréquence cardiaque, et donc du coup d'accélérer le débit cardiaque et d'augmenter la vascularisation, le débit au niveau des artères coronaires. Si ce débit est totalement normal, il n'y a pas de raison qu'il y ait de modifications électriques, échographiques ou de perfusion entre le repos et l'effort. Mais par contre, si jamais il y a... une sténose au niveau d'une des artères du cœur. Au repos, tout sera « normal » . Mais par contre, à l'effort, c'est là qu'apparaîtra un défaut de vascularisation et une anomalie soit électrique, soit échographique, soit de perfusion à l'effort. Et donc c'est cette différence entre le repos et l'effort qui permettra d'estimer la probabilité très élevée Merci. d'avoir une anomalie des artères du cœur, et donc du coup, de faire une coronagraphie, qui est l'examen de référence. Pourquoi j'ai parlé d'électrique, échographique, perfusion ? Parce qu'il y a plusieurs épreuves d'effort. Il y a l'épreuve d'effort normale, celle que globalement tout le monde connaît. On est sur un vélo, on pédale, et on a une surveillance électrique, avec un électrocardiogramme. Mais aussi, on peut avoir une surveillance électrique et échographique. Typiquement, on pédale. Et pendant qu'on pédale, le cardiologue nous fait une échographie pour évaluer la contractibilité de l'échographie cardiaque et de votre cœur. Il y a aussi la scintigraphie myocardique. où là c'est un défaut de perfusion, on vous injecte un produit avant, et on regarde l'évolution pendant l'effort de cette perfusion au niveau du myocarde. Il y a aussi l'IRM de stress, qui est l'examen techniquement de référence pour évaluer le risque de maladie coronaire. Tous ces examens... sont là pour évaluer de manière indirecte la probabilité d'avoir une maladie des artères du cœur. Pourquoi indirecte ? Parce qu'on ne regarde pas directement les artères du cœur, on se sert d'examens non-invasifs, électriques, échographiques, de perfusion, pour estimer cette probabilité. Le quatrième examen, c'est le... Coroscanner, ou le scanner cardiaque avec injection. Ce scanner, maintenant en 2026, c'est un outil indispensable dans l'arbre diagnostique des maladies coronaires. Ça permet d'avoir une évaluation très précise, directe, de l'arbre coronaire, et une évaluation précise du degré. d'éventuelles sténoses au niveau des artères du cœur. Et donc, il est capable de répondre et de savoir s'il y a sténose ou pas sténose, et s'il y a sténose, le degré de sténose, le caractère irrégulier de la sténose, et même le caractère obstructif de la sténose. C'est très important parce qu'en cas de symptômes et si on n'a pas d'accessibilité Merci. à l'épreuve d'effort ou à d'autres examens, le coroscanner est là pour répondre directement et dire sténose, pas sténose, avant la coronarographie. Donc là, c'est une évaluation directe. On a directement l'image, on a directement la sténose, on a directement le diagnostic. La seule chose qu'on n'a pas, c'est le traitement. Et donc, c'est pour ça qu'il faudra passer... à la coronarographie pour évaluer précisément la nécessité et la faisabilité du traitement. Juste, petite parenthèse, il ne faut pas le confondre avec le score calcique, qui est aussi un scanner au niveau du cœur, mais sans injection de produits de contraste. Et cet examen ne sert juste à évaluer le nombre de plaques d'athérome calcifiées au niveau... de vos artères du cœur. Il ne peut en aucun cas évaluer le degré de sténose et la nécessité d'un traitement interventionnel. C'est vraiment deux choses différentes. Et c'est pour ça que le coroscanner est le seul indiqué pour évaluer le degré de sténose. Le dernier examen, c'est l'examen de référence. C'est la coronarographie. Pour que vous sachiez... La coronagraphie, elle est là dans l'urgence, quand l'infarctus s'est créé pour déboucher l'artère, mais elle est aussi là en prévention, quand on a assez d'arguments pour dire qu'il y a, avec quasi-certitude, une anomalie des artères du cœur. La coronaraphie, comment ça se passe ? C'est l'examen invasif qui consiste à faire une ponction sous anesthésie locale de votre artère radiale dans 99% des cas, insérer un désilé pour mettre en place un cathéter jusqu'à l'abouchement de vos artères du cœur. Une fois que cet abouchement est... On injecte un produit de contraste, iodé, et on réalise des radios en concomitance pour regarder avec précision tout votre arbre coronaire. Les trois artères, artère circonflexe, artère interventriculaire antérieure et artère coronaire droite. On fait plusieurs injections, plusieurs radios avec différents points de vue pour évaluer de manière précise. s'il y a une sténose et le degré de sténose. Donc ça c'est la partie diagnostique qui se fait durant l'infarctus mais qui se fait aussi en prévention. La coronarographie a l'avantage par rapport à tous les autres examens, c'est d'avoir aussi la composante thérapeutique. C'est à dire qu'une fois qu'on est sûr que la sténose est significative, souvent supérieure à 70% de la lumière artérielle, on peut décider de mettre en place un stent, et donc de faire une angioplastie, avec la mise en place d'un stent actif. Qu'est-ce qu'un stent actif ? C'est un petit ressort qu'on appose au niveau de la lésion pour rouvrir l'artère et passer de 70% de sténose à 0% de sténose. Cet examen, il est magique. Honnêtement, il sauve des vies en cas d'infarctus. Il sauve des vies parce qu'il l'empêche à certaines plaques de se rompre. Mais par contre, il ne doit pas être réservé à tout le monde. C'est uniquement en cas d'urgence et uniquement quand la probabilité est assez élevée. pour avoir une lésion coronaire. Pourquoi ça ? Parce que, avant de parler de coût, il faut parler de balance bénéfice-risque et du caractère invasif. Ce caractère invasif, il n'est pas à négliger. On ponctionne une artère, on met en place des désilets, on met en place des cathéters dans les artères. Et même si dans la très grande majorité des cas, tout se passe bien, il y a parfois des complications de la chorégraphie qui justifient le fait de le réserver uniquement quand la probabilité est élevée, quand l'urgence est justifiée. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout. J'espère qu'à travers cet épisode, vous avez compris notre manière de travailler quant à l'estimation de la probabilité d'avoir une maladie des artères du cœur. C'est notre cœur de métier et c'est comme ça qu'on sauve des vies. Si jamais vous avez aimé ou si jamais vous avez trouvé cet épisode utile, n'hésitez pas à vous... abonner pour être prévenu du prochain épisode