Speaker #0Pourquoi la prévention cardiovasculaire est le coeur de mon métier ? Déjà pour reprendre les bases, la mortalité cardiovasculaire c'est la première cause de mortalité dans le monde. Deuxièmement, et malheureusement en cardiologie, c'est ce que je... Parce que j'ai l'habitude de dire, tout va bien, jusqu'à temps que ça va mal. Et il y a plusieurs pathologies, typiquement comme la crise cardiaque, l'infarctus du myocarde, comme l'accident vasculaire cérébral, comme l'insuffisance... cardiaques ou comme certaines valvulopathies donc du coup quand les valves cardiaques fonctionnent pas très bien qui ont comme premier symptôme la mort ou l'arrêt cardiaque et donc du coup le but et moi mon rôle que je tiens à coeur sans mauvais jeu de mots c'est de faire en sorte que vous soyez en bonne santé cardiovasculaire le plus longtemps possible Pourquoi ? Parce que même si... Quand il y a un événement cardiovasculaire, il y a une mort qui est possible, mais souvent, il y a en fait un état chronique qui s'installe et une pathologie cardiaque chronique qui s'installe. Et même si on s'efforce que votre qualité de vie soit la même, elle est souvent diminuée. Et donc du coup, pour moi et pour plusieurs de mes confrères, le but, c'est d'avoir cette qualité de vie la plus optimale possible et surtout la plus longue possible. Et comment on fait ? C'est de dépister toutes les choses, toutes les pathologies et tous les facteurs de risque asymptomatiques ou symptomatiques qui augmentent ce risque cardiovasculaire et donc du coup ce risque d'événement cardiovasculaire. Et la prévention, ça consiste en quoi ? Ça consiste en un interrogatoire précis, un examen clinique précis aussi, et quelques examens complémentaires type prise de sang, type électro. électrocardiogrammes, échographie cardiaque, ou parfois des examens complémentaires plus complexes, type épreuve d'effort, type coronarographie, type échographie vasculaire, qui permettent d'individualiser le risque cardiovasculaire. Et avec tout ça, ça nous permet d'avoir un score de risque plus ou moins précis permettant une prise en charge thérapeutique et non thérapeutique au long cours pour diminuer ce risque cardiovasculaire. Et donc mon rôle, ce que j'ai l'habitude de dire, c'est un rôle de probabilité. A chaque fois qu'un patient vient me voir, j'essaye d'évaluer de la manière la plus précise possible la priorité que ce patient ait un événement. cardiovasculaire demain, dans 5 ans, dans 10 ans, ou dans 30 ans, ou dans 50 ans, si c'est un patient jeune. Et parfois, il y a des choses qui se passent dans votre corps, comme... l'hypercholestérolémie, comme l'hypertension artérielle, comme le diabète, qui sont majoritairement asymptomatiques, mais qui, à bas bruit, augmentent la probabilité d'avoir un événement cardiovasculaire. Et donc, moi je suis là pour essayer de récolter toutes ces données qui ne viennent jamais ou que très rarement en surface, et qui, mises bout à bout, permettent de vous faire gagner des années de vie en bonne santé. Merci. tout en évitant l'événement cardiovasculaire le plus longtemps possible. Et c'est systématique. Et je pense qu'en 2026, aller voir un cardiologue, c'est bien sûr s'assurer que votre cœur va bien, mais c'est aussi réaliser des examens qui permettent d'évaluer de manière plus ou moins précise. précise la priorité d'avoir un événement cardiovasculaire et tout faire pour que cet événement arrive le plus tard possible. Et donc, après une consultation, vous allez toujours avoir une stratégie d'hygiène de vie. de sport, de sommeil. Donc toute cette stratégie non médicamenteuse, associée parfois à une stratégie médicamenteuse, avec des traitements antihypertenseurs, avec des traitements antidiabétiques, avec des traitements antilypémions, avec des traitements anticoagulants, qui, mis bout à bout, et associés, ont un effet synergique pour améliorer votre santé cardiovasculaire. Et ça, c'est mon cœur de métier. C'est ce que je fais tous les jours. C'est pas facile. Globalement, c'est pas une médecine de précision, c'est une médecine de probabilité. Mais heureusement, et c'est pour ça qu'il y a un shift qui... se fait en 2026 et qui a commencé depuis quelques années, c'est qu'avec la technologie, et notamment avec l'intelligence artificielle, ça nous permet de personnaliser ce risque et de mieux en mieux le prédire. Et donc, on va passer clairement d'une médecine de guérison à une médecine de prévention, où une très grande majorité des patients seront en bonne santé, et le rôle du médecin, ça sera vraiment de diminuer le risque cardiovasculaire. et surtout d'augmenter le nombre d'années de vie en bonne santé. Donc on parle de facteurs de risque cardiovasculaire, hypertension artérielle, hypercholestérolémie, diabète, tabagisme et stress globalement. Comment on les attaque ? Une chose est sûre, c'est que si on ne les recherche pas, on ne va que très rarement les trouver. Et donc du coup, mon rôle, et le rôle de mon équipe, c'est de dépister ces facteurs de risque. Parce que la majeure partie de ces facteurs de risque, mis à part peut-être... être le tabac et le stress, sont asymptomatiques, c'est-à-dire que ça se développe sans aucun signe, sans aucun symptôme et sans que vous sachiez exactement si vous êtes atteint ou pas. Concernant l'hypertension artérielle, il y a une chose simple, c'est de prendre sa tension artérielle. Comment on prend sa tension artérielle ? C'est d'avoir un tensiomètre. Le plus... Le plus pratique, c'est de l'avoir chez soi et de mesurer sa tension artérielle. Si elle est normale, très bien, on peut la surveiller une à deux fois par an pour s'assurer qu'elle reste normale. Si elle est par contre anormale, il y a des choses à faire, comme un carnet tensionnel. Donc c'est un moyen pour dire qu'on prend une tension artérielle 18 fois sur 3 jours et on fait une moyenne. ou une mesure ambulatoire de la pression artérielle qui permet de... d'avoir 40 à 60 mesures sur 24 heures prises de manière automatique, pour faire justement une moyenne et diagnostiquer l'hypertension artérielle. Moi, en consultation, bien sûr, chez votre médecin traitant, chez le cardiologue, chez le néphrologue, chez le neurologue, ils prennent quasiment tous la tension artérielle. Mais les recommandations nous disent qu'il ne faut pas s'y fier, parce qu'il y a cet effet bouse blanche qui monte artificiellement la tension artérielle. Mais une fois que la carnet tensionnel... où la mesure ambulatoire de la pression artérielle diagnostique cette tension artérielle. Il y a différentes façons de la traiter, majoritairement deux, avec une stratégie non médicamenteuse, typiquement la perte de poids, typiquement l'exercice physique, typiquement l'alimentation, le sommeil, et une stratégie médicamenteuse avec des traitements antihypertenseurs pharmacologiques de plusieurs natures, qui permettent de manière sinergue l'association des deux optimisait quasiment la très grande majorité des hypertensions artérielles. Parfois, il y a ce qu'on appelle des hypertensions artérielles secondaires, avec des pathologies sous-accentes augmentant secondairement la tension artérielle. Et c'est seulement le traitement de ces pathologies qui permet de traiter cette hypertension artérielle. Là j'ai fait le laïus sur l'hypertension artérielle. J'ai commencé par ça parce que c'est la pathologie chronique la plus fréquente dans le monde. Il y a plus d'un milliard de personnes qui sont hypertendues. Et malheureusement, sur ce milliard de personnes... Il y a plus de la moitié qui n'est pas informée, qui n'est pas diagnostiquée et qui ne sait pas qu'il est hypertendu. Et sur cette moitié d'hypertendus artériels, la moitié de ces patients est mal pris en charge. C'est-à-dire qu'ils ont toujours des tensions artérielles supérieures aux objectifs et aux recommandations. Et malheureusement, on parle de près de 250 millions de personnes dans le monde, donc ça fait énormément de personnes. On parle de près de 17 millions de personnes en France, donc ça fait énormément de personnes. Et l'hypertension artérielle est un facteur de risque cardiovasculaire majeur. C'est-à-dire que c'est l'un des éléments qui augmente le risque d'avoir un événement cardiovasculaire type crise cardiaque ou accident vasculaire cérébral. Et c'est pour ça qu'il faut s'y atteler, c'est pour ça qu'il faut la dépister et surtout c'est pour ça qu'il faut la traiter. Parlons cholestérol. C'est un autre facteur de risque cardiovasculaire. C'est le fait d'avoir une hypercholestérolémie, donc du coup un dosage de cholestérol, majoritairement le LDL cholestérol élevé, qui augmente aussi le risque cardiovasculaire. Ce taux de cholestérol, il n'a pas un objectif commun chez tous les patients. En fonction justement du risque cardiovasculaire, il y a des objectifs de LDL cholestérol qui, de manière raisonnée, en tout cas... En tout cas, c'est ce que les recommandations disent, nous permettent de prédire une probabilité assez faible d'événements cardiovasculaires. Après, vous avez le diabète, donc le problème de glycémie, avec, en cas d'hyper... le diagnostic soit d'insulino-résistance, donc quand notre taux d'insuline est élevé et que nos cellules ne répondent pas assez bien à cette augmentation d'insuline, pour avoir une glycémie toujours normale. Et après, le deuxième niveau, c'est le diabète, où on a vraiment une hyperglycémie chronique, qui attaquent les vaisseaux, les petits et gros vaisseaux, qui attaquent les nerfs et qui attaquent parfois les... les organes type cerveau, coeur, rein, oeil, pied. Et donc du coup, c'est pour ça que la prise en charge est nécessaire et elle doit être réalisée le plus tôt possible pour éviter que ces événements cardiovasculaires ou ces atteintes d'organes n'arrivent. Et après, vous avez bien sûr le tabac. Ça, il ne faut pas tergiverser 30 ans. Il faut soit arrêter de fumer si vous fumez, il ne faut pas commencer de fumer si vous ne fumez pas. Et il faut convaincre tous ceux qui fument autour de vous d'arrêter de fumer pour le tabagisme passif. je sais que c'est dur je sais que c'est compliqué je sais que ça fait prendre du poids pour certains d'entre vous mais globalement si on parle de risque cardiovasculaire et si on parle de santé globale typiquement coeur, cancer respiration c'est la meilleure chose que vous pouvez faire dans votre vie et après vous avez le stress Pourquoi j'en parle en dernier ? C'est parce que ça commence de plus en plus à être associé à un risque cardiovasculaire élevé, mais malheureusement, et du coup c'est très subjectif, on n'a pas d'échelle précise pour évaluer le stress. Mais par contre, on le sait, le stress chronique, pas le stress aigu, typiquement une réunion stressante ou le sport, ou le sauna, les pains froids, pas ce stress aigu. qui est plutôt bénéfique, c'est plutôt le stress chronique, qui, si jamais il dure trop longtemps, a des répercussions hormonales, a des répercussions métaboliques et d'un répercussion cardiovasculaire qui augmente le risque cardiovasculaire. Et donc du coup, une fois que j'ai résumé tout ça, moi dans ma clinique, comment on fait ? Il y a des consultations spécialisées de prévention cardiovasculaire, 2. Traitement de facteurs de risque cardiovasculaire. hypertension artérielle, cholestérol, diabète, et aussi des prises en charge spécialisées de gestion du stress ou d'arrêt du tabac pour ceux qui souhaitent et qui se sentent dépassés par ces deux choses. Et bien sûr nous cardiologues ou infirmières en cas de consultation on est bien sûr proactif pour dépister l'hypertension artérielle et tous les autres facteurs de risque cardiovasculaire avec la prise de tension et avec la mesure ambulatoire. ou les carnées tensionnelles, avec les prises de sang pour le cholestérol et la glycémie, et avec un interrogatoire précis et parfois des discussions qui nous mènent sur des gestions de stress difficiles où on peut orienter les patients vers des prises en charge spécifiques. Voilà, globalement, la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire, c'est primordial parce que c'est en 2026 la meilleure manière pour éviter les événements cardiovasculaires et la meilleure manière pour traiter la première cause de mortalité cardiovasculaire.