- Delphine Gardin
Vous écoutez Du Pin sur la Planche, le podcast qui vous plonge au cœur de la filière forêt-bois. Je suis Delphine Gardin et mon quotidien, c'est d'aider les acteurs de ce secteur à mieux communiquer. Qui sont-ils ? Pourquoi le bois est une ressource clé pour relever les défis de la transition écologique ? Si toutes ces questions vous intéressent, vous êtes au bon endroit. Ici, une fois par mois et sans langue de bois, je vous emmène à la découverte de cet univers et de ses experts.
- Roseline
Et donc, il a bien fallu que j'abatte un arbre, je m'en souviens avec toute ma vie. C'était un frêne, il faisait environ 22-23 mètres de haut, il faisait 50 centimètres de diamètre. Et quand l'arbre est tombé par terre et qu'il n'est pas tombé dessus, bon, il y avait un formateur à côté de moi, il n'est pas tombé dessus, j'en ai pleuré de soulagement. Mais celui-là, quand il est tombé, j'ai eu l'impression que la terre tremblait.
- Delphine Gardin
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode du Pin sur la Planche, le podcast qui s'intéresse à celles et ceux qui font bouger la filière forêt-bois. Aujourd'hui, je vous emmène à la rencontre de Roseline Labarrière-Duchamp. Roseline incarne la détermination, la passion et l'art de mener des transitions. Après une première vie professionnelle bien remplie, elle a choisi de bifurquer pour prendre racine ailleurs, et pas n'importe où, en forêt. Avec elle, on a parlé de reconversion professionnelle, et plus largement de la propriété forestière privée, de ses enjeux, de ses réalités. Car Roseline ne s'est pas arrêtée à sa reconversion. Elle s'est engagée dans plusieurs structures de la filière forêt-bois, comme le CRPF ou Fibois Occitanie. Un échange sincère, éclairant et qui peut-être vous donnera à vous aussi l'envie de questionner vos trajectoires. Alors installez-vous confortablement et bonne écoute ! Bonjour Roseline !
- Roseline Labarrière Duchamp
Bonjour Delphine.
- Delphine Gardin
Alors je suis ravie de partager ce moment avec vous. Aujourd'hui on a la chance d'être accueillis dans une partie des locaux du lycée forestier de Saint-Amant-en-Soult. Ensemble on va parler forêt, en particulier la forêt méditerranéenne que vous connaissez plutôt bien. On va parler reconversion professionnelle et puis on va aussi parler de vos engagements au sein de la filière forêt-bois. Mais Roseline, je vous laisse vous présenter.
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors je m'appelle Roseline Labarrière-Duchamp, j'ai... J'avance en âge, j'ai bientôt 68 ans. Je représente la forêt privée d'Occitanie. Je suis présidente de Fransylva Occitanie, c'est-à-dire la forêt privée d'Occitanie. J'ai moi-même une forêt et vous l'avez dit, en région méditerranéenne, en tout cas avec des essences méditerranéennes. Et la particularité, c'est que je suis venue à la forêt un peu tard et que j'ai fait une formation forestière. J'ai dû avoir mon diplôme, mon BTS de gestion forestière, il y a 8 ans. Donc vous voyez, je suis une étudiante tardive.
- Delphine Gardin
D'accord. Et alors, qu'est-ce qui vous a conduite à changer de vie professionnelle et à rejoindre la filière forêt-bois ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors moi, je suis la fille d'un agriculteur. J'ai grandi à la campagne. Et puis, je m'apercevais que sur certains terrains, dont mes parents m'avaient dit qu'ils me le donneraient, c'était des espaces boisés. Je ne parlais pas encore de forêt, je parlais de bois. Et qu'on arrivait de moins en moins à circuler parce que les chemins étaient envahis, parce qu'il n'y avait plus d'entretien, etc. Et après une carrière dans un tout autre domaine, au cours d'un plan social de l'emploi, c'est-à-dire licenciement qui peut être aussi accompagné et aidé, je me suis dit que j'avais envie de travailler au grand air, et puis d'être indépendante et de pouvoir prendre mon destin en main. Et du coup, m'est revenue cette idée de gérer la forêt. J'ai creusé, fait grandir cette idée. jusqu'à celle de reprendre des études pour effectivement bien connaître au moins les bases forestières et pouvoir ensuite gérer cet espace dont j'ai hérité.
- Delphine Gardin
Et vous avez donc repris ces études, vous pouvez nous en dire un petit peu plus ? Quelle formation vous avez suivie ? Et puis comment vous avez vécu ce moment qui n'est quand même pas anodin dans une vie ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors j'ai commencé pour apprendre le B.A.B.A. par aller dans ce qu'on appelle un CFPPA, donc un centre de formation professionnelle pour adultes, à Pamiers, en Ariège. Et là, c'était des adultes qui avaient entre 20 et 50 et quelques années, qui étaient en reconversion, qui venaient un peu de tout horizon. Et j'ai été plutôt bien accueillie, en tout cas très bien par l'équipe enseignante. Et j'étais la seule fille, il y avait 21 ou 22 messieurs. Et ça a été une année d'apprentissage, à la fois... comment dirais-je, d'apprentissage technique avec l'abattage manuel et à la fois d'apprentissage technique et théorique avec des cours. Ensuite, parce que ça c'était vraiment pour avoir une base, dans l'idée je voulais vraiment apprendre plus et connaître mieux et faire de la gestion.
- Delphine Gardin
Vous partiez vraiment de zéro ou vous aviez des connaissances ? Non,
- Roseline Labarrière Duchamp
je partais vraiment de zéro. Non, je savais ce qu'était un arbre et point, c'est tout. Et à peine le rôle de la photosynthèse et encore. Et ensuite, dans les locaux où nous sommes aujourd'hui, j'ai suivi une formation de BTS de gestion forestière que j'ai achevée ici. et ensuite... À distance, j'ai fait une licence pro de commerce.
- Delphine Gardin
Donc ça représente quatre années de formation. Quatre années d'études, oui. Il fallait bien ça. Il fallait bien ça.
- Roseline Labarrière Duchamp
Et encore, encore, je continue, je vous le disais tout à l'heure, à me former tous les jours. Parce que la forêt se renouvelle sans arrêt, parce qu'il y a des changements climatiques, des nouvelles conditions et que rien n'est jamais acquis.
- Delphine Gardin
Bon, mais vous étiez vraiment motivée en tout cas.
- Roseline Labarrière Duchamp
Ah, j'étais très motivée. Et en plus, personne n'y croyait dans mon entourage ou pas grand-chose avec cette reconversion et cette formation. Donc, quand on me lance un challenge, j'essaye de le réussir.
- Delphine Gardin
Vous n'avez pas été vraiment soutenue finalement par votre entourage ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors, mon entourage, certaines personnes, oui. Une de mes filles, par exemple, qui me faisait réciter les noms latins des Essences, parce que je ne le faisais pas. J'ai trouvé quelques personnes, mais... Dans l'entourage très proche, non, on a pensé que c'était encore une des bizarreries du M au caractère.
- Delphine Gardin
Que c'était un peu farfelu. Voilà,
- Roseline Labarrière Duchamp
ce qu'il était quand même, il faut le reconnaître.
- Delphine Gardin
Et vous m'aviez dit que vous vouliez savoir faire pour pouvoir gérer votre forêt. Pourquoi c'était si important pour vous ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Parce que, étant la fille d'un agriculteur, j'ai bien vu que pour gérer ou pour cultiver, rien ne s'invente. Il faut de l'expérience, il faut s'adapter aux conditions climatologiques, il faut s'adapter au sol, il faut s'adapter à la pluie, au soleil, au vent, au gel tardif, etc. Et je savais qu'on ne vient pas comme ça ni à la vigne, ni à l'agriculture, et certainement encore moins à la forêt. Donc, comme ce sont des forêts qui n'avaient pas eu de gestion depuis très longtemps, depuis la fin de la guerre, où il y avait eu beaucoup de charbonnières, je n'avais aucune idée de comment on pouvait améliorer l'existant. L'idée partait quand même de là. Pas forcément faire du profit de la production, parce que ça s'y prête peu, puisqu'il y a surtout des taillis de chêne vert, mais comment améliorer l'existant. Et je pensais qu'en plus maintenant, on parle beaucoup d'incendie, etc. Voilà, j'avais trop peu de notions pour y aller comme ça, en dilettante.
- Delphine Gardin
Et alors vous m'avez dit que vous vous souviendrez toujours du premier arbre que vous avez abattu ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Ah oui ! Je peux vous dire l'endroit exact. Nous étions en Ariège avec le CFPPA de Pamiers et nous ouvrions en partenariat avec une commune, Luc et Saintenac, et avec le parc régional d'Ariège, nous rouvrions le paysage, c'est-à-dire que c'est des terres agricoles qui avaient été abandonnées, les arbres avaient énormément poussé, le village était dans l'ombre et on ne voyait plus. très très belles perspectives que j'ai découvertes au fur et à mesure avec une vue magnifique sur les Pyrénées. Et donc, il a bien fallu que j'abatte un arbre, je m'en souviendrai toute ma vie. C'était un frêne, il faisait environ 22-23 mètres de haut, il faisait 50 centimètres de diabète. Et quand l'arbre est tombé par terre et qu'il n'est pas tombé dessus, bon, il y avait un formateur à côté de moi, il n'est pas tombé dessus, j'en ai pleuré de soulagement. Mais celui-là, quand il est tombé, j'ai eu l'impression que la terre tremblait et peut-être aussi, quand même, avec le choc et la hauteur. Mais surtout, surtout, moi je crois que dans mes Méditerranées, je n'avais jamais vu d'arbre aussi haut pour moi. Moi, je suis issue d'une région où quand un arbre fait 15 mètres, il est gigantesque. Alors que vous allez en Ariège, un arbre de 20 mètres, c'est un petit arbre. Donc, surtout avec un diamètre pareil. Donc, je me souviens de cet arbre et je suis retournée dans ce village pour voir ce que ça donnait parce que vraiment, ça m'a laissé une émotion très forte.
- Delphine Gardin
J'imagine. Donc, si je comprends bien, il y avait un peu de crainte et puis quand même aussi un peu de fierté une fois que l'arbre a été abattu.
- Roseline Labarrière Duchamp
Ma plus grosse fierté, c'est le jour où j'ai passé mon diplôme. Parce que là, c'était vraiment un gros gros arbre, il faisait 97 cm de diamètre. Il faisait exploitable 33 mètres de haut, donc il était beaucoup plus grand. J'ai réussi à l'abattre et le faire tomber dans la direction qu'on m'avait indiqué, ce qui n'était pas évident. Donc ça veut dire qu'il fallait en plus de votre tronçonneuse, un merlin et des coins. Un merlin,
- Delphine Gardin
c'est ?
- Roseline Labarrière Duchamp
C'est une espèce de masse qui sert à taper dans des coins en fer pour redresser un arbre. et pouvoir l'envoyer dans la direction souhaitée.
- Delphine Gardin
D'accord.
- Roseline Labarrière Duchamp
Et là, déjà le Merlin c'est lourd, je pense que c'est au moins 8 kilos, quelque chose comme ça. Il faut taper dans les coins. Donc j'y suis parvenue et là c'était à la fois un grand soulagement, parce que grâce à ça j'ai eu mon diplôme de bûcheron. Ça s'appelle responsable de chantier forestier. Et ensuite, là on avait été dans la bonne direction, mais ça m'a fatiguée et je crois que c'est le plus gros. que j'ai abattu dans tous les mois que j'ai eu de formation et même après. Ici, je n'ai pas d'arbre aussi gros que ça, je n'en connais pas.
- Delphine Gardin
Donc ce soir-là, vous aviez bien dormi ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Je ne m'en souviens pas parce que c'est déjà ancien, mais je suis persuadée que oui.
- Delphine Gardin
Quand on est propriétaire forestier, ce n'est pas forcément une profession. Il y a des personnes qui ont des forêts, mais qui ont un travail à côté. C'est ça ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Oui, vous achetez ou vous héritez d'une forêt. En tout cas, quelle que soit la manière dont vous l'acquérez, vous n'avez pas forcément une formation adéquate. Donc, quand vous vous retrouvez avec une forêt, surtout si c'est une forêt de production, et donc une forêt dans laquelle on a investi longtemps pour avoir effectivement de la grume qui fera de la belle planche, ou autre chose, qui fera ce qu'on appelle du bois d'œuvre, il faut être formé. Donc, si on ne sait pas et on ne connaît pas la forêt, On peut s'entourer de gestionnaires forestiers, on peut s'entourer d'experts, on peut adhérer à une coopérative forestière, il y a toutes sortes. Mais on peut aussi choisir de se former, et tout au long, il existe des formations adaptées, à la fois en salle et sur le terrain, et par petits modules, pour apprendre d'abord à mieux connaître sa forêt, pour apprendre à la gérer. Il y a une multitude de législations autour, et surtout, pour apprendre à rédiger un document de gestion durable.
- Delphine Gardin
Donc quand on hérite ou qu'on achète une forêt, on n'est pas obligé de se former et de faire des choix radicaux comme vous l'avez fait ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Bien sûr que non !
- Delphine Gardin
Est-ce que vous pouvez nous présenter votre forêt, la surface, les essences, la qualité des bois, etc. ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors moi je suis à environ 500 mètres d'altitude. Je suis exposée plein sud, donc je suis dans les monts du Saint-Chignané pour ceux qui connaîtraient dans l'Hérault. Donc je suis exposée plein sud, ça veut dire qu'il y a du soleil tout le temps. Je suis sur un sol schisteux et plutôt des zones de rocailles ou de rochers, donc il n'y a pas de profondeur de sol. Les essences qu'il y avait à l'origine, c'était surtout des vergers de châtaigniers. A l'époque, ils étaient exploités, moi j'ai connu ça à petite. Et puis du chêne vert, voilà, ce sont les essences autochtones. On peut y rajouter de l'arbousier près des ruisseaux. On peut trouver un peu de frêne, de l'aulne, du saule. Mais le saule, ce n'est pas du bois de chauffage. Donc, je vous ai dit, les arbres, leur taille maximum, pour moi, c'est 12 mètres. Allez, quand ils sont 15, allez, maxi, suivant que la station est plus ou moins bonne. Donc, je ne pourrais pas, avec ce que j'ai, avoir du bois qui permettrait de faire autre chose que du bois de chauffage. et surtout, surtout, ce qu'on ne dit pas assez, c'est qu'en fait, je n'ai pas la... possibilité de faire venir des camions de gros tonnage, même si j'en avais, parce que les routes, les ponts ne supporteraient pas ce poids-là. Le problème souvent pour exploiter la ressource, c'est qu'il n'y a pas les pistes adaptées et la voirie adaptée à ça. Voilà. Donc, pour du bois de chauffage, ça va très bien. Pour le reste, si demain, puisque moi je plante aussi, et en imaginant que mes enfants ou mes petits-enfants, puisque c'est le temps long de la forêt, pourraient exploiter, il va falloir que toute la voirie se modifie et qu'on arrive peut-être à rejoindre les pistes DFCI, les pistes de défense de la forêt contre l'incendie. Mais là aussi, ça allonge la distance aussi et ça allonge le coût. On parlerait de débordage, mais on parlerait de sortie des bois de forêt. Voilà. Donc, ma forêt aujourd'hui, c'est du chêne qui dépérit, c'est du châtaignier qui n'existe plus.
- Delphine Gardin
Le chêne, il dépérit à cause du changement climatique ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Oui, le chêne est en train de souffrir. Bon, ça a commencé il y a une dizaine d'années. Mais il y a eu une grosse sécheresse en 2022. 2023, peu d'eau. 2024, quasiment rien. Là, on vient d'avoir un premier trimestre où il a vraiment, vraiment plu. C'est bien. Mais étant en plus sur des terrains pentus, l'eau absorbe moins. L'eau s'en va vers le fond. Et donc, ce sont des arbres qui ont suivi des stress climatiques, des stress hydriques plutôt, donc manque d'eau énorme. Et du coup, ils sont plus sensibles à ce qu'on appellerait des agents pathogènes. Donc des maladies, des champignons, des insectes ravageurs, en tout cas amoureux du bois.
- Delphine Gardin
À quoi ressemble votre quotidien de sylvicultrice ? Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu comment sont organisées vos journées ? Est-ce que ça varie en fonction des saisons ? Combien de temps vous passez en forêt, en fonction des moments dans l'année ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors vous avez raison, ça varie selon les saisons. Alors moi je vous l'ai dit, j'essaye d'améliorer l'existant, donc je ferai ce qu'on appelle des coupes sélectives. Je sélectionne les arbres plutôt dépérissants, malades ou morts, enlevés, pour favoriser la croissance des autres. Pour vous donner une image, une forêt, ça peut être une forêt, pourrait être une pizza faite pour 8 personnes, et puis il y en a 15 qui mangent parce qu'il y a trop d'arbres, donc il y en a qui n'ont pas assez à manger. C'est le cas de la forêt, quand elle n'a pas été exploitée depuis longtemps, ou gérée d'ailleurs, et donc moi j'essaye d'enlever les arbres qui gênent les autres, qui pourraient donner un peu de qualité, les enlever. Je ne coupe qu'en sève descendante. Alors comme les hivers raccourcissent, que les étés allongent, j'ai moins de périodes effectivement de coupe.
- Delphine Gardin
Vous pouvez peut-être expliquer en quoi c'est intéressant de couper en sève descendantes ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Parce que l'arbre n'est plus en croissance, il est plutôt au repos. Et du coup, ça permet d'avoir des tiges qui vont sécher plus vite et être exploitables plus facilement. Et d'avoir du bois, dans certains cas, qui ne va pas se fendre ou beaucoup moins, etc. Donc en fait, je dois commencer fin novembre et je dois arrêter mi-mars. Ça dépend de l'année. Cette année, il y a beaucoup plus. beaucoup travaillé. Il n'a pas fait très chaud jusqu'à maintenant, mais jusqu'à mi-mars, fin mars.
- Delphine Gardin
Donc on n'intervient pas en forêt l'été ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Non, mais chacun fait comme il veut. Moi, je peux me permettre de n'intervenir qu'à cette période-là. Donc je coupe, je stocke du bois qui va sécher pendant un an. Ensuite, je le vendrai en bois de chauffage parce que je n'ai pas de bois de qualité, je vous l'ai dit, en cycle court. Mais ça veut dire qu'après, pendant l'été, j'ai préparé mes livraisons. Comme je stocke mon bois en 1 mètre, c'est-à-dire que je vais le recouper à la taille que mes acheteurs veulent, je vais le refendre s'il est trop gros. Et puis, comme je suis en zone qui est, au point de vue incendie, identifiée comme une zone à risque, je vais broyer avec un broyeur à bois tout ce qu'on appelle les rémanents, c'est-à-dire les petites branches, les feuilles et tout, qui ne peuvent pas être exploitées, de manière à diminuer le risque d'incendie. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai de l'activité toute l'année.
- Delphine Gardin
Donc si j'ai bien compris, vous produisez du bois, plutôt du bois de chauffage, que vous vendez à des particuliers qui habitent dans un rayon proche de chez vous, ou en tout cas de la forêt, et qui s'en servent pour faire chauffer dans leur cheminée l'hiver.
- Roseline Labarrière Duchamp
Oui, comme ce n'est pas du bois de qualité, c'est à peu près le seul usage qu'on peut avoir. Donc effectivement, c'est un circuit court, ce sont des personnes qui sont, oui, je ne sais pas, maximum 30 kilomètres.
- Delphine Gardin
Alors, depuis que vous êtes propriétaire de cette forêt, vous nous l'avez dit rapidement, mais qu'est-ce que vous avez mis en place pour l'améliorer ? Quels travaux vous avez réalisés ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors, d'abord, j'ai commencé par en faire le tour dans tous les sens. J'ai rédigé un plan simple de gestion, c'est un document de gestion durable, qui permet de faire l'état à l'instant X de sa forêt, donc la décrire, dire les essences qu'il y a, la qualité des sols, l'eau, le climat, etc. Et qu'est-ce qu'on voudrait faire tout au long des années suivantes ? Un plan simple de gestion, ça se rédige pour 10, 15 ou 20 ans. Et à partir de là, moi j'avais dit que je voulais améliorer l'existant. C'est-à-dire quand il y a des belles tiges d'arbres qui me paraissent être d'avenir, travailler à leur profit, c'est-à-dire enlever tout ce qui gêne autour d'eux, pour que, je reprends mon image de pizza, pour qu'ils aient un peu plus à manger, c'est-à-dire qu'ils puissent puiser dans le sol et l'eau et tous les nutriments dont ils ont besoin. peu de régénération naturelle, parce que quand on appellera ça le couvert fermé, c'est-à-dire que tous les arbres se touchent et qu'il n'y a plus de lumière ni d'eau qui arrive au sol, les futurs petits arbres ne peuvent pas se développer. Donc, en créant comme ça des îlots de lumière, en enlevant des arbres qui sont malades, tordus, vilains, etc., on arrive à avoir de la régénération et pensée naturelle, et pensée à la forêt de demain. On travaille toujours en forêt au bénéfice Merci. d'un arbre qui pourra donner de la qualité ou d'un futur arbre qui pourrait pousser.
- Delphine Gardin
C'est intéressant ce que vous venez de dire sur le couvert qui s'est fermé. Donc en fait, si je comprends bien, sans l'intervention humaine, la régénération naturelle se ferait moins facilement puisqu'il manque de lumière ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Il y a beaucoup d'essences d'arbres qui ont besoin de lumière. Et effectivement, c'est pour ça que quelquefois les tempêtes rendent service à la nature, puisque tout est par terre et après, quelquefois l'incendie aussi. C'est triste, mais il faut le dire, les aléas. Sinon, c'est forcément la main de l'homme qui travaille au profit et en pensant à la forêt de demain. Parce que, si je prends une autre image, vous êtes beaucoup plus jeune que moi. Moi, quand j'étais à votre âge, je n'avais jamais besoin de médicaments, de consulter, etc. Aujourd'hui, je commence à vieillir. Peut-être que j'ai besoin d'être aidée. Et j'ai donné la vie pour qu'il y ait d'autres vies après moi. Les arbres, c'est pareil. Quand ils ont été jeunes, ils ont poussé, ils ont grandi, ils ont pris. et puis un jour... ils vont semer des graines ou vont faire tomber des cônes, suivant l'essence que c'est, pour assurer la régénération et la forêt de demain. Comme nous, on essaye d'avoir les générations futures.
- Delphine Gardin
C'est vrai.
- Roseline Labarrière Duchamp
Pour mes forêts aussi.
- Delphine Gardin
Alors vous me l'avez dit, vous avez parcouru votre forêt de long. En large, à de nombreuses reprises, moi j'aimerais savoir qu'est-ce qu'on découvre dans une forêt qu'on ne découvre pas au premier coup d'œil ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Au premier coup d'œil, je pense qu'on la parcourt et on voit ce qu'on a envie de voir ou ce qu'on attend de voir. Je pense que c'est ça. Et puis au fur et à mesure, on la connaît mieux. Et donc, c'est comme tout, on voit des détails qu'on n'a pas vus au début, parce que ce n'est pas ça qui interrogeait notre regard ou parce qu'on était axé sur autre chose. Et moi, je dis qu'une fois que j'ai fini, terminé mon document de gestion, peut-être que je l'aurais fait à la fin, je l'ai fait tout au long de mes découvertes, je ne l'aurais peut-être pas fait de la même façon. C'est-à-dire, j'aurais certainement fait une description plus riche de ma forêt, enfin, en tout cas, plus argumentée, et peut-être que les coupes et travaux n'auraient pas été tout à fait les mêmes. Voilà. Mais, et je crois que j'appréhende cette forêt encore tous les jours un peu plus, parce qu'elle se modifie, parce qu'elle bouge, parce qu'il peut y avoir... Des arbres qui ont subi les attaques d'animaux. Tiens, le sanglier qui se frotte à votre arbre. Au bout d'un moment, il n'y a plus des corps. Si votre arbre finit par mourir. Des parcelles qui ont été trop pâturées autrefois. Eh bien, il n'y a plus rien dessous. Et quelquefois, au début, je voyais, je voyais, mais je ne savais pas analyser la cause. Voilà. Aujourd'hui, en connaissant mieux et en continuant à me former, surtout, j'analyse beaucoup plus les causes. Et donc, quelquefois, si vous voulez que votre forêt continue à vivre, il va falloir agir sur les causes. savoir si c'est le climat qui fait qu'elle est en danger, savoir si c'est parce qu'il y a une faune trop abondante et une faune qui lui est néfaste, les cervidés, les sangliers ou d'autres. Voilà, savoir si c'est le climat qui est le seul responsable. On apprend tous les jours, ça rend modeste la forêt.
- Delphine Gardin
Et alors, si j'entends bien, il y a quand même beaucoup de facettes dans la forêt et dans la manière de gérer une forêt. Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c'est que... Et qu'en fait, aucun jour ne ressemble à celui du lendemain. J'en discutais tout à l'heure. Je suis passée dans une parcelle au mois d'avril. Tout allait bien. Je suis revenue au mois de septembre, le stress hydrique du mois d'août a été éduqué. Et du coup, j'ai vu que sur des arbres qui paraissaient sains au mois d'avril, qu'ils étaient sûrement bien feuillus, pas de défoliation, etc. Et bien là, il s'est couvert de champignons et mort. Mort sur pied. Ça, ça me fait un mal fou. Vraiment, avoir un arbre mourir, c'est atroce pour moi. Et surtout, ne pas comprendre comment on a aussi peu de temps perdu. C'est ça. Et puis, en vous promenant, vous découvrez que quelques fois, il y en a qui ont fait un incendie au milieu de votre forêt. Enfin, un incendie, non. Ils ont voulu faire un feu de bois en se promenant ou en faisant un bivouac. Oui, mais ils ont brûlé les arbres autour ou les arbres ont été mal coupés. Si on coupe les feuillus en général, enfin, tous quasiment, repartent de la souche. Donc, quand on coupe une souche bien et très rase, on sait qu'après, il y aura de nouveau des tiges et il y aura de nouveau un arbre. Si c'est coupé à 60 cm du sol ou quoi, il n'y aura rien. Et ça aussi, c'est ralent, si vous voulez, parce que c'est un futur arbre qui a peu de chance d'exister.
- Delphine Gardin
Oui, j'imagine que ça doit être perturbant de voir des arbres mourir, même si, du coup, pour comprendre... Abattre un arbre, c'est peut-être moins problématique que les voir mourir du changement climatique ou de facteurs externes, c'est ça ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Abattre un arbre, c'est un choix. C'est un choix et c'est un choix raisonné. On étudie, on n'abat pas un arbre comme ça. Enfin moi, dans mon cas, non. Mais même pour tout le monde, parce qu'en général, avant d'abattre des arbres, même dans une forêt, il y a ce qu'on appelle le martelage. Dans le martelage, on choisit les arbres qui seront à conserver, au profit desquels on va travailler et ceux qu'on va enlever. pour que ceux-là soient plus beaux, plus grands, et qu'ils puissent donner de la belle charpente, des belles planches, des meubles, pourquoi pas de la lutherie, enfin, ou pourquoi pas des tonneaux en chêne. C'est des très beaux chênes, il faut qu'il y ait un droit fil, il y a des tas de conditions. Et du coup, on choisit, mais ce n'est pas pareil, parce qu'on connaît le destin que va avoir celui-là, et on sait qu'on travaille au profit des autres. Alors que les agents pathogènes, souvent s'attaquent aux arbres qui sont fragilisés, mais on ne l'a pas forcément vu, ou ça n'existait pas. Et le réchauffement climatique, il tape sur tous les arbres, qu'ils soient bien portants il y a six mois ou pas. Et quand vous voyez ce qui est arrivé avec la pyrale du buis, par exemple, tous les puits ont dépéri. Les bien portants, les mal portants, un agent pathogène, il ne va pas choisir. Il prend tout.
- Delphine Gardin
Claire.
- Roseline Labarrière Duchamp
Voilà, c'est ça.
- Delphine Gardin
Moi, j'aimerais qu'on parle un petit peu argent pour comprendre comment se rémunère un propriétaire forestier, combien ça gagne avec une forêt, est-ce qu'il y a des charges ? C'est pas évident parce que j'imagine qu'on fonctionne des forêts, des surfaces, des essences, des bois qui sont présents sur les parcelles, c'est pas pareil. Mais comprendre comment ça fonctionne ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors ça dépend déjà du nombre d'hectares qu'on a ou que la personne possède et la région dans laquelle elle est. C'est dans une région qui est plutôt productive, donc on va dire plutôt en altitude parce que c'est ça. Ça dépend du stade où est sa forêt. Si on en est au stade où la forêt vient d'être plantée ou est régénérée, il y a beaucoup de travaux d'entretien. Ça coûte de l'argent et ça ne rapporte rien. Parce que les genets vont pousser plus vite que les petites pousses, parce que les chevaux vont risquer de les manger ou le cerf, donc il va falloir mettre une protection. Une protection, ça coûte de l'argent, il faut la poser, ça coûte de l'argent pour l'enlever. Ensuite, on plante souvent maintenant les forêts, autrefois c'était un peu plus, autour de l'hectare, 1300 tiges, 1200 tiges. Autrefois, c'était plus. Donc,
- Delphine Gardin
sur un hectare, on plante 1200 plants d'arbres.
- Roseline Labarrière Duchamp
Environ. Et donc, au bout d'un moment, ils vont commencer à grandir, à se gêner. Donc, il va falloir déjà faire un travaux en enlevant ces arbres-là et de dépressage. Et ce sont des trop petits arbres pour être exploitables. Donc, ça coûte de l'argent, mais ça ne rapporte rien. Ensuite, si on veut avoir aussi des beaux arbres, quelquefois il va leur faire une taille de formation pour éviter les branches basses qui feraient des nœuds qui pourraient devenir des trous ensuite. Dans les arbres, on va faire de l'élagage jusqu'à au moins 6 mètres de haut pour avoir une belle bille de pied d'au moins 6 mètres. Tout ça, ça coûte. Ensuite, on va décider pour éviter le tassement des sols que lorsque la forêt sera exploitée, les engins passeront toujours au même endroit. Et on va faire ce qu'on appelle des cloisonnements, des couloirs d'exploitation. Et là, on va faire systématiquement toutes les cinq rangées. La cinquième sera coupée sans regarder la qualité de l'arbre, etc. Juste pour faire un passage où systématiquement, le reste de la forêt sera protégée. On n'y pénètrera pas et les machines ou les hommes, etc. ne passeront que là. Cette coupe-là, elle coûte de l'argent et en général, les arbres, encore une fois, sont trop petits pour apporter ou au moins pour couvrir les frais. À la suite de cette étape-là, On dit que souvent les coupes interviennent suivant les essences. Alors on va prendre du résineux tous les 7-10 ans, sur les feuillus un peu moins souvent. Et on dit que souvent ça commence à rapporter de l'argent à partir de la troisième coupe. Alors ça dépend le diamètre des arbres, leur rectitude, ça dépend du marché, ça dépend de beaucoup de choses. Et qu'il y a en général, on va dire, 5-6 rotations, dont 5-6 coupes sur une forêt au fil du temps, à partir du couloir de cloisonnement. Et c'est souvent la dernière qui rapporte le plus. Mais encore faut-il que l'essence qui a été plantée par votre père ou votre grand-père il y a 60 ou 70 ans, soit aujourd'hui trouve des scieurs qui fient ces essences-là et trouve quelqu'un qui veut bien acheter. En fait, c'est toujours un marché mais qui est fluctuant. Et on parle toujours du temps long de la forêt. Donc, si vous avez une forêt qui arrive au moment de l'exploitation, évidemment, elle va vous rapporter de l'argent. Mais derrière, il y a une obligation légale à replanter dans les cinq ans. On est obligé de conserver l'état forestier. Et donc là, il va falloir investir. Et le circuit va recommencer.
- Delphine Gardin
C'est ça. Donc ce que j'entends, c'est que quand on arrive à une forêt qui a maturité, qu'on va pouvoir couper, souvent c'est des investissements qui ont été faits par les générations précédentes ou la première ou celle d'avant.
- Roseline Labarrière Duchamp
Tout à fait.
- Delphine Gardin
C'est ça.
- Roseline Labarrière Duchamp
Tout à fait. Et il y a des essences à rotation plus rapide. On pourrait parler du peuplier, mais c'est seulement au bord de fleuves, la Garonne, etc. Mais généralement, un arbre arrive à exploitation. en Les résineux à 50-60 ans, pour avoir un diamètre intéressant, sont rapportés. Mais on dit globalement que la forêt, je repense à mes cours, rapporte un capital qui se gère à 4 à 5 % par an. Mais à condition qu'il n'y ait pas d'incendie, pas d'agent amniotique, pas de changement climatique, pas de tempête.
- Delphine Gardin
Et ça, on sait tant qu'il court.
- Roseline Labarrière Duchamp
On n'essaie pas. Il y en a qui sont plus protégés que d'autres ou plus préservés.
- Delphine Gardin
Alors, vous avez été quand même assez rapidement reconnue dans la filière. Aujourd'hui, vous avez plusieurs mandats. Est-ce que vous pouvez nous en parler de ces engagements que vous avez pris ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Oui, alors je représente aujourd'hui la forêt privée en Occitanie. Donc, ce sont des propriétaires qui ont des finitions de la forêt, à partir d'un demi hectare jusqu'à des grosses surfaces. Et donc, mon rôle... Et le rôle des administrateurs du syndicat et puis au niveau national de la fédération, c'est de défendre ces intérêts de la forêt auprès de toutes les instances où il y en a besoin, tant au niveau français qu'au niveau européen. Voilà, donc je suis présidente de Francesylva Hérault, Francesylva Occitanie. Je suis élue au CRPF, vous savez, l'entité qui aide à la gestion des forêts privées, le pendant entre guillemets de l'ONF pour la forêt publique. Donc, dans ce rôle d'élu, c'est aussi de valider les documents de gestion durable dont nous parlions tout à l'heure, qui sont le plan simple de gestion à partir de 20 hectares depuis la loi de 2023, le code de bonne pratique sylvicole quand on a moins de 10 hectares, et rédigé par un expert, le règlement type de gestion.
- Delphine Gardin
D'accord. Ça, c'est le rôle du CRPF de valider tous ces documents. Des documents de gestion durable qui sont en fait obligatoires pour des propriétaires forestiers ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors, qui sont conseillés jusqu'à 20 hectares, qui sont obligatoires normalement par des 20 hectares, et d'autant plus obligatoires que si jamais les propriétaires veulent demander des aides pour faire des pistes forestières, pour reboiser, etc., il faut absolument avoir un document de gestion durable. Toute aide est la première des conditions, c'est un document de gestion durable. Et donc au niveau du CRP... Il y a des salariés et puis il y a des élus, comme moi, par département. Le CRPF instruit les dossiers de documents de gestion durable, va vérifier sur le terrain, d'ailleurs, si ça correspond bien à la réalité. Et ensuite, nous, les propriétaires, nous débattons pour agréer. Mais nous sommes accompagnés au niveau départemental par les DDT, c'est-à-dire les directions départementales des territoires. et ensuite au niveau régional par le DRAAF. Direction régionale de l'alimentation, etc. et de la forêt. Avec tous ces acronymes, ça devient difficile. Donc, en fait, ce que je voulais dire, c'est que ni le propriétaire, ni celui qui les représente ne sont complètement autonomes ou en tout cas n'ont pas de contrôle à ce niveau-là. Et ce document de gestion durable, il doit se conformer à ce qu'on appelle le schéma régional de gestion sylvicole, SRGS, et il y en a un par région. qui a été discuté, validé, etc. à tous les niveaux d'instance. Et là, on parle des espèces à protéger, on parle des essences qui ont peut-être une chance d'être là demain, on parle de la protection de l'eau, on parle de la protection de la faune, de la flore, protection et gestion de l'eau. Et tous ces documents, du climat évidemment, sont à prendre en compte lorsqu'on rédige ce document de gestion durable.
- Delphine Gardin
Donc, quand on est un propriétaire forestier, à partir de 25 hectares, 20 hectares, on est obligé d'avoir un document de gestion. Donc, on ne fait pas ce qu'on veut dans notre forêt, même si on est les propriétaires.
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors, on ne fait pas ce qu'on veut. Ce n'est pas tout à fait ça. C'est-à-dire qu'en fait, on fait, je vous l'ai dit, un bilan à l'instant T. Et ensuite, on fait des propositions. Mais il faut que ces propositions soient d'abord conformes à ce schéma régional de gestion sylvicole. Et ensuite, en adéquation avec tout ce qui est législation autour. Et par exemple, il y aurait quelqu'un qui dirait qu'il veut planter de la forêt, et en plus il aurait été aidé avec des subventions, donc tu es obligé d'avoir un document de gestion durable, mais pour cette forêt, à 5 ans, il y a un contrôle, il existe, peut-être qu'il va falloir qu'il accepte que les chasseurs passent de temps en temps chez lui. Donc par exemple, si on ne prenait pas en compte l'équilibre s'il vaut la forêt, si il vaut la chasse, on sait que la forêt n'aurait pas d'avenir par exemple. t'es obligé de revenir vers la personne et lui dire, écoutez, vous plantez une forêt ou vous avez une forêt en régénération naturelle que vous allez aider, mais qu'est-ce que vous comptez faire par rapport à ce problème-là ? Je dirais que c'est plus un rôle d'aidant qu'un rôle quand même très drastique.
- Delphine Gardin
Et dans le cadre des coupes, il me semble quand même qu'il y a des coupes qui sont soumises à autorisation.
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors, dans le cadre de ce document de gestion durable, on va dire, effectivement, les coupes et les travaux qu'il va y avoir. Et quand ce document est accepté, c'est que les coupes et travaux sont acceptés. Oui. En revanche, si vous n'avez pas de document de gestion durable, le propriétaire que vous êtes va être sous règlement administratif et du coup, il va être obligé de demander une autorisation pour la coupe si elle dépasse un hectare. Et si jamais il y a plus de 100 mètres cubes, si c'est un abattage manuel, plus de 100 mètres cubes de bois et 400 mètres cubes pour une abatteuse. pour un abattage mécanisé.
- Delphine Gardin
D'accord.
- Roseline Labarrière Duchamp
Et ça, ça se fait auprès de la DDT. Après, une fois que vous avez fait votre document de gestion durable, si vous avez un aléa climatique dans votre forêt, par exemple le scolyte qui arrive dans les épicéas, et que la coupe n'était pas prévue, ça vous fait une demande de coupe sanitaire. Voilà. Et le CRPF ira vérifier que la coupe est bien justifiée avant de vous donner l'autorisation.
- Delphine Gardin
D'accord. Et est-ce qu'il y a d'autres obligations auxquelles sont soumises les propriétaires forestiers ? Au-delà des documents de gestion durable ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Eh bien déjà, lorsqu'ils ont fait des coupes de replanter, de conserver l'état de la forêt, ça veut dire aussi que quand il y a un incendie sur votre forêt, je pense à un propriétaire il y a peu de temps là, et qu'il y avait un peuplement qui était arrivé à maturité, qu'il avait vu son grand-père planter, il avait suivi toute sa vie, ça a pris feu à cause de la foudre. Pour une fois, ce n'est pas la faute d'un promeneur ou autre. Alors, il n'a touché aucun argent de sa forêt, il a même dû payer pour le faire enlever les arbres brûlés. faire des travaux de préparation du sol et replanter parce qu'il y a une obligation de conserver l'état forestier.
- Delphine Gardin
Ce qu'on n'a pas dit, c'est qu'en France, 75% de la surface forestière est détenue par des propriétaires privés, comme vous. Pourtant, parmi les citoyens, on pense souvent que la forêt est un bien commun dans lequel on peut circuler librement. Est-ce que vous, vous laissez les gens circuler dans votre propriété ? Comment ça se passe s'il y a un accident ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors, je dirais d'abord que la forêt rend des services à tout le monde, des aménités, je vous l'ai dit, protection des sols, captation de l'eau, climat, captation et séquestration du carbone, c'est vrai. Les propriétaires ne sont pas rémunérés pour ces services qui sont rendus à tous et c'est bien dommage, il faudrait qu'un jour ça soit fait. Mais la forêt n'appartient pas à tout le monde, ça c'est clair. Alors pour les personnes qui sont respectueuses de ce qu'il y a, qui ne sortent pas trop des sentiers, qui ne vont pas aller piétiner, etc. Oui, moi je laisse passer les gens qui me demandent l'autorisation. Et surtout, on peut aussi avec les associations qui gèrent les sentiers de randonnée ou pour les VTT, les vélos, passer des conventions. Parce que ça sécurise et l'association et le propriétaire forestier. Moi, j'avoue que je ne tourise pas partout, mais tout le monde s'en fiche et les personnes passent partout. Une anecdote, je vous disais, le dimanche de Pâques, je passe et je vois cinq ou six voitures garées, pourquoi pas, et puis une trentaine de personnes qui pique-niquaient et qui avaient fait un énorme feu pour faire la grillade, juste sous des chaînes, en plus des périssants qui ont tendance à être un peu secs. Moi, toute seule, je ne vais pas les voir, parce que d'abord, j'ai essayé. Je suis vite partie parce que je me suis fait remballer et que je ne fais pas le poids, vous avez vu ma taille, face à 30 personnes, mais ils n'ont pas conscience du danger. Donc la première chose que j'ai fait après, c'est d'afficher l'arrêté préfectoral et de mettre un panneau en disant que le feu est interdit à partir du 31 mars. Mais je pense que les personnes qui ne sont pas habituées à la forêt, qui la connaissent peu, ils viennent pour ramasser champignons, des fleurs, je n'en sais rien, au moins des châtaignes, les châtaignes pour les châtaigniers. Mais ils ne connaissent pas les dangers de la forêt, mais ils ne connaissent surtout pas comment la protéger. Laisser son chien en laisse dans une forêt, c'est quelque chose de très bien. Le laisser vadrouiller, ça veut dire que tous les oiseaux qui sont en train de nider ou d'autres vont être dérangés. Donc, ce n'est pas forcément bien. Ou alors qu'il va mettre sa tête dans un terrier, qu'il ne pourra plus la sortir. Donc, la forêt, en fait, il faut apprendre à la connaître. On peut se promener en forêt, mais je pense qu'il y a des éléments de base à connaître auparavant. Et surtout, ne pas laisser de déchets. Je n'en peux plus des déchets que je trouve en forêt, qu'on me dise pas que le Red Bull est là depuis la bouteille 150 ans. Ce n'est pas vrai, ça n'existait pas. C'est en plus un facteur de risque pour l'incendie.
- Delphine Gardin
Ah oui ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Oui. La canette ? Oui, la canette avec le soleil et la réverbération. Les vieux pneus.
- Delphine Gardin
Ça paraît fou de devoir le dire encore aujourd'hui.
- Roseline Labarrière Duchamp
Je vous assure qu'on peut le dire tout le temps. Je repasse dans des parcelles où je ne suis pas passée depuis un an, un an et demi. donc c'est pas beaucoup dans le temps, c'est 18 mois. Et moi, je mets beaucoup de panneaux. Vous aimez la forêt, respectez-la. Des panneaux qui sont édités et je peux vous dire que je trouve des déchets, ne serait-ce que tous les jours, je vois passer des cyclistes et je retrouve des gourdes. Mais encore maintenant, il y a des personnes très respectueuses et d'autres beaucoup moins. Mais demander aux chasseurs qu'on fait une opération il y a environ un mois pour nettoyer la nature, ils font chaque année le même endroit. Le nombre de tonnes de déchets qu'ils trouvent.
- Delphine Gardin
Est-ce qu'on peut parler plus globalement des différents enjeux de la forêt ou de la forêt méditerranéenne que vous connaissez en particulier ? Il me semble qu'il y a justement cet équilibre sylvocinégétique, mais il y a aussi pas mal d'enjeux vis-à-vis du changement climatique.
- Roseline Labarrière Duchamp
Oui, aujourd'hui la forêt est dans un tourment, si on voulait parler surtout côté méditerranéen, mais partout. En fait, parce que ce n'est pas les mêmes attaques qu'elles subissent suivant que vous êtes en plaine ou que vous êtes en colline ou en montagne. D'abord, la forêt, tout le monde pense que la forêt diminue. Or, ce n'est pas vrai. La forêt a doublé en 200 ans. Il faut bien le dire. Aujourd'hui... En surface ? Non, non, pas en surface. En quantité de bois, en volume. Et en surface, effectivement, ça s'est agrandi, ne serait-ce que par la déprise agricole. ou par des grosses opérations qui avaient été menées par les différents gouvernements dans les années 60, 70, 80, de ne pas vouloir que les terres agricoles qui étaient abandonnées deviennent... et qu'il y ait des glissements de terrain et des problèmes, et qui ont aidé la forêt à être plantée, ce qu'on appelait le fond forestier national, ou les reboisements des territoires de montagne. Aujourd'hui, ce sont des forêts matures. On n'a pas toujours pensé à l'accès pour ces forêts, c'est un peu un souci. Et aujourd'hui, si vous avez votre forêt dans laquelle les épicéas ont été plantés, À moins de 800 mètres, par exemple, aujourd'hui il y a la crise du scolyte dont on parle beaucoup. C'est-à-dire que c'est un petit insecte qui se met sous l'écorce et qui va bouffer l'arbre. Il va dépérir très très vite. Si on n'intervient pas, ça se déplace. Relativement rapidement, ça veut dire que le trimestre suivant, c'est les forêts des voisins qui vont être attaquées.
- Delphine Gardin
Et alors le scolyte, c'est parce que les hivers ne sont pas assez froids, c'est ça ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors c'est surtout que les hivers, il n'y a plus vraiment d'hiver, vous avez raison, assez froid. Et puis il y a beaucoup de raisons, en fait, ils ont commencé par l'est de la France et je pense qu'ils descendent au fur et à mesure. C'est surtout parce que l'arbre est en stress, certainement à la fois à cause du climat, à la fois par le manque d'eau, par le manque d'hiver, que ces insectes se développent. Mais là, si le bois n'est pas exploité rapidement, 1. Il n'est plus du tout commercialisable. Et deux, vous allez aussi infester les forêts environnantes. En plaine, ce n'est pas tout à fait le même problème. Le problème en plaine, c'est souvent, même en forêt aujourd'hui quand même, mais en tout cas sur le pourtour méditerranéen, c'est l'incendie. L'incendie. Nous, les départements méditerranéens, que sont l'Aude, les P.E.O., le Gard, l'Hérault, etc. Les Bouches-du-Rhône, c'est un phénomène qu'on connaissait bien. Et il y avait déjà beaucoup de mesures de... prévention qui était mise en place. En revanche, des départements comme la Lozère, l'Aveyron, qui ont connu des gros incendies il y a trois ans, ils ne connaissaient pas. Donc, il n'y avait pas de silviculture préventive, il n'y avait pas forcément l'accès dans les forêts. Et puis, quelquefois, il y a des personnes qui ont construit sans autorisation ou avec en plein milieu de forêt. Et quand il y a un incendie, on essaye de sauver les biens et les personnes. Les personnes avant les biens, je dois dire. Mais du coup, la forêt brûle. Et là, pour le coup, on en libère du carbone. Et du coup, c'est vrai que cette forêt est en danger parce qu'elle a subi aussi beaucoup d'incendies et qu'elle n'est pas tellement résiliente. Il n'y a plus beaucoup de sol et puis elle a subi aussi l'érosion. Il y a beaucoup de motifs. La forêt, aujourd'hui, c'est vraiment une entité à protéger, à mieux connaître. D'ailleurs, on développe des sylvicultures, c'est-à-dire de la culture de l'arbre sylvaux aux forêts, toujours préventive. On essaye de faire de plus en plus de... le Pi se défense contre l'incendie, on essaye de valoriser tout ce qui est points d'eau. On fait en sorte, par exemple, quand il y a des moments qui sont avec des risques très forts, parce que vent et chaleur excessives, de fermer le massif forestier pour éviter qu'il y ait des personnes en danger et qu'on mette des pompiers ou d'autres personnes en danger pour aller les chercher et les sauver. Donc quand on voit l'été un panneau avec forêt axée et interdite, surtout respectons-le, c'est environ 8 ou 9 jours par saison. Mais c'est hyper important parce que c'est votre vie que vous mettez en danger et celle des autres.
- Delphine Gardin
Donc en effet, la forêt, particulièrement la forêt méditerranéenne, mais je crois plus globalement la forêt en France, elle est vraiment un tournant et elle fait face à de nombreux enjeux. Qu'est-ce qu'on peut lui souhaiter pour les prochaines années, les prochaines décennies à la forêt méditerranéenne ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Alors la forêt méditerranéenne est de plus en plus... On est à son chevet, je vais dire, et à son écoute. Et de trouver des solutions, d'abord pour trouver des essences, donc des qualités d'arbres un peu plus résistantes à la chaleur.
- Delphine Gardin
Vous en avez déjà identifié avec des forestiers ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Ah oui, on est plutôt sur des pins, parce que sur des sols pauvres, il n'y a guère que les résineux qui poussent. Et des sols qui ont été mûltes fois brûlés, il n'y a guère que ça. Et peut-être des essences, on regarde vers le sud, beaucoup plus bas que nous, pour voir qu'est-ce qui aurait la chance de se vivre. On cultive aussi des feuillus. Donc, ce sont des arbres qui, en général, pètent la feuille, alors que les résineux ont des aiguilles et ne les perdent pas, pour essayer de diversifier et de faire en sorte... Actuellement, ce matin, j'assistais à une réunion de la direction des Santé aux forêts. On tâtonne un peu, on étudie et on essaye de voir ce qu'ont fait les autres pays, les autres pays du plus au sud, pour se servir de leur expérience. Mais encore faut-il qu'ils aient le même sol. On tient toujours compte pour une forêt de son environnement, c'est-à-dire la qualité du sol, le climat, la roche, l'apport en eau, le nombre de jours de soleil par an, le nombre de jours de gel par an, les tempêtes s'il y a lieu, mais ça aussi ça change. Quelqu'un me disait il y a peu de temps qu'en fait on a à peu près la même pluviométrie dans certains endroits sur l'année qu'autrefois, mais pas aux mêmes périodes. Or les arbres ont besoin d'eau. Au moment du printemps, quand c'est l'heure poussée, quand ils sont en débout, et puis l'été jusqu'à la fin de l'été. Après, ils commencent leur repos, ils ont beaucoup moins besoin d'eau et surtout certains perdent leurs feuilles. Du coup, ils sont vraiment au repos et à bon moiseau d'eau. Donc en fait, il faudrait qu'il pleuve bien pendant l'hiver, quand les arbres sont au repos, pour que les nappes phréatiques, etc.
- Delphine Gardin
Comme cette année ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Comme cette année. pour qu'au moment où il y a de nouveau les arbres se réveillent, mettent leurs feuilles comme actuellement, etc., ils puissent puiser, mais surtout tenir tout l'été. Et le problème, c'est que l'été s'allonge de plus en plus.
- Delphine Gardin
Donc, on lui souhaite une régulation du climat, même si ce n'est pas forcément... Et puis, attention...
- Roseline Labarrière Duchamp
une gestion de l'eau qui soit beaucoup plus raisonnable. On gaspille beaucoup trop l'eau et les réserves actuellement. Et puis, je pense que depuis plusieurs années, on ne s'était pas beaucoup occupé de l'eau dans certains coins, parce qu'il y en avait toujours eu. Et qu'aujourd'hui, on va penser préservation des eaux, préservation des rives. À l'époque, par exemple, on avait des truilets. C'est bien pour les animaux, mais ça permet aussi de retenir un peu l'eau lorsqu'elle arrive, etc. Curer les fossés. Enfin, il y a de plus en plus d'organismes qui se mettent à penser haut et à gérer l'eau. Donc, que... On peut espérer que demain, ça sera bien, on va trouver de nouvelles solutions.
- Delphine Gardin
Oui, il faut. En tout cas, il y a des professionnels qui y travaillent au quotidien. Et c'est important de parler de tous ces métiers, justement. On arrive à la fin de l'enregistrement. Et moi, j'aime bien terminer par une petite question sans langue de bois. Si vous deviez démonter un cliché qu'on entend trop souvent sur la forêt ou sur les gens qui travaillent en forêt, lequel ce serait ?
- Roseline Labarrière Duchamp
Je reviendrai à ce que je vous ai dit tout à l'heure. On ne prélève pas ce que la forêt, au point de vue naturel, a comme accroissement. Un arbre, il grossit chaque année, donc c'est ce qu'on appelle l'accroissement, et donc en volume, déjà. Et puis que les personnes qui travaillent en forêt ne sont pas là pour faire du mal à la forêt, et au contraire. Il faudrait qu'on arrive, en France, à ne plus opposer à la fois les usagers de la forêt, ceux qui sont les protections de la faune et de la flore, de l'eau, et puis ceux qui exploitent. On a besoin de la forêt parce que ça génère quand même en France 400 000 emplois. Donc, c'est une bonne économie. Et puis, on veut tous avoir des meubles en bois, une cheminée, des sculptures. Et puis, on oublie que le papier, c'est du bois. On oublie que le carton, c'est du bois. Et donc, on a besoin de bois. Et donc, laissons exploiter ceux qui exploitent. Et surtout, privilégions les circuits courts, ça, c'est certain. Et regardons tous les rôles rendus dans la forêt, je vous disais, et qui ne sont pas globalement ni connus ni reconnus. Et alors, surtout, l'idée reçue, c'est que le propriétaire forestier est riche. Non, le propriétaire forestier n'est pas forcément riche. Il y en a, oui, mais vous l'avez dit tout à l'heure, 75% de la forêt est privée. Il faut savoir qu'elle appartient à 3,5 millions de propriétaires et que 90% de ces propriétaires ont moins de 4 hectares.
- Delphine Gardin
Oui, 4 hectares, ce n'est pas grand-chose.
- Roseline Labarrière Duchamp
Ce n'est pas grand-chose. suivant où vous vous trouvez. À certains endroits, ça pourrait être mieux, si je disais, si votre forêt est mature, arrivée en pleine production, etc. Peut-être, mais c'est une idée reçue. Et encore ce matin, j'étais en réunion avec des forestiers et des amoureux de la nature, etc. Et en discutant, si chacun connaissait mieux le rôle de l'autre, parce que la personne qui est dans la forêt aussi, elle a ce rôle aussi de surveillance des forêts. Et ça, on ne le dit pas. Ce sont les premiers qui voient que la forêt est malade, les chasseurs. peuvent aider parce qu'ils sont aussi beaucoup en forêt. Mais tous ceux, le promeneur, s'il connaît un peu la forêt et qu'il s'aperçoit, mais c'est surtout le technicien ou l'amoureux de la forêt ou celui qui connaît les arbres qui va pouvoir donner des signaux d'alerte.
- Delphine Gardin
Et c'est important d'observer la forêt, effectivement, pour pouvoir après avoir les gestes et les techniques adaptées. Roseline, je vous remercie pour ce partage de votre expérience de cette reconversion professionnelle et puis pour toutes les connaissances que vous avez partagées avec nous sur la forêt. Merci beaucoup.
- Roseline Labarrière Duchamp
Merci à vous de m'avoir écoutée. Et puis écoutez, si ça a pu, je ne sais pas, donner des vocations, pourquoi pas ? Moi, ce que je dirais, c'est que je suis très contente d'avoir fait ce que j'avais fait, mais j'aimerais bien avoir 20 ans de moins. Aujourd'hui, j'ai une vie... passionnante, je ne reviendrai pas en arrière, même si j'ai beaucoup aimé ce que j'ai fait dans ma vie professionnelle autrefois. Je pense que je suis encore plus active qu'autrefois. Je dis souvent que je suis bénévole, mais que je travaille plus que quand j'étais salariée. Mais on a besoin de vocations dans la forêt, on a besoin surtout qu'elles soient mieux connues, mieux appréciées, et qu'on en parle un peu plus. Donc merci si vous nous permettez de mieux faire connaître la forêt, et comme ça d'essayer d'éviter tous ces clivages ou ces idées fausses.
- Delphine Gardin
Avec grand plaisir. Merci à vous. Vous venez d'écouter du Pin sur la Planche, le podcast. Un grand merci à mon invité pour son temps et son témoignage. Si vous aimez cet épisode, aidez-moi à le faire connaître. N'hésitez pas à mettre des étoiles ou des commentaires sur vos plateformes d'écoute préférées. Et si vous voulez en savoir plus, ça se passe sur Instagram. Rendez-vous sur mon compte Delphine Gardin. A bientôt !