Speaker #0Bienvenue dans « Élégance et ambition » . Je m'appelle Thalia, et après plusieurs années à décrypter les codes de la classe Césée, j'aide désormais les personnes ambitieuses à gravir l'échelle sociale tout en restant fidèles à elles-mêmes. Ici on parle d'élégance, de savoir-être et de conseils pratiques pour naviguer dans les cercles les plus prestigieux. Dans ce podcast, je vous partage tout pour transformer vos ambitions en actions concrètes et vous accompagner pas à pas dans votre quête de réussite sociale. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous inspirer ! Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode, et aujourd'hui j'aimerais qu'on aborde un sujet qui revient très fréquemment. C'est un sujet qui revient sans cesse dans vos messages, dans vos questions sous des formats divers, et qui se traduisent sous la forme de questionnements du type « J'aimerais parvenir à m'affirmer » , « J'aimerais être plus sûre de moi » , « J'aimerais arriver à m'imposer » , « J'aimerais arrêter de me sentir petite en situation sociale » . D'ailleurs, à ce sujet, j'en profite pour vous rappeler que vous pouvez me suivre sur Instagram. C'est tout simplement Ascension Sociale. Le lien sera dans la description. Pour en revenir à mon propos initial, quand je vous lis à travers ces questionnements, ces souhaits, j'entends un besoin sous-jacent de leadership. Un besoin de leadership au sens large, pas seulement dans le travail, mais aussi dans votre vie personnelle, dans tous les aspects de votre vie, dans la façon de tenir votre place, de vous poser. de prendre des décisions, d'être vu, respecté par les autres et ce tout en restant soucieuse de ne pas jouer un rôle, de ne pas vous transformer en caricature. Dans cet épisode j'ai donc voulu répondre à la question suivante qui est de savoir comment est-ce qu'on développe un leadership aligné avec sa personnalité et apprendre à s'affirmer sans jouer un rôle. Parce que je sais exactement ce que ça fait pour l'avoir vécu et je vais vous expliquer ce processus. J'étais auparavant il y a... Dixaines d'années, on va dire, une jeune fille timide, réservée. Et aujourd'hui, je peux dire que je suis une femme qui est sûre d'elle dans la grande majorité des cas. Alors pas dans tous les cas, parfois j'ai mes moments de doute et d'appréhension comme tout le monde. Mais globalement, je suis suffisamment confiante dans mon expérience et suffisamment confiante en moi pour pouvoir vous parler de ce sujet et vous transmettre mes conseils. On va structurer cet épisode en trois parties. D'abord, le pourquoi vous avez l'impression de ne pas réussir à vous affirmer et surtout pourquoi le leadership n'est pas quelque chose d'inné. On va déconstruire cette croyance. En second lieu, nous verrons ce qu'est exactement le leadership. Et enfin, le comment, mes conseils concrets, comment le développer dans votre vie personnelle, dans votre vie professionnelle, même si à l'heure actuelle vous êtes en position d'exécutante. même si vous n'avez pas encore de titre, de fonction, de responsabilité, ou même si vous avez l'impression que ce n'est pas pour vous. Avant de rentrer dans le vif du sujet, je veux que vous gardiez en tête une idée, c'est que le leadership, ce n'est pas un trait de personnalité, ce n'est pas être extraverti, ce n'est pas parler fort. Le leadership, c'est une compétence. Et une compétence, ça s'apprend, ça se construit. Venons-en au vif du sujet et à mon premier point dans lequel je vais vous expliquer pourquoi le leadership n'est pas quelque chose d'inné. Je vais commencer par quelque chose que j'entends souvent et qui a tendance à m'agacer. Ce sont toutes les personnes qui disent « Ah, le leadership c'est inné, il y a des gens qui sont des leaders nés, on l'a ou on ne l'a pas » . Rien n'est plus faux. Le leadership, comme je vous le disais, c'est une compétence, c'est une capacité qui s'apprend et à plus forte raison, c'est une capacité qui est conditionnée et souvent socialement conditionnée. Quand on vous fait croire que le leadership est inné, qu'est-ce que ça produit ? Ça produit de la résignation, ça produit une forme de fatalité où vous vous dites « ce n'est pas pour moi » . Les autres l'ont, c'est pour les autres, ils l'ont naturellement. Mais surtout, ça contribue à quelque chose de beaucoup plus profond, à savoir la reproduction sociale. Parce que dans les catégories favorisées, on a tendance à croire que le leadership est une prérogative de sa classe sociale. Et ça, ça se transmet de manière consciente et inconsciente. Je vais vous expliquer comment. Ici, je vais mobiliser un concept de sociologie dont je vous parle abondamment. C'est celui de l'habitus qui a été popularisé par Pierre Bourdieu. L'habitus, pour rappel, qu'est-ce que c'est ? C'est l'ensemble des manières de penser, de réfléchir, de se tenir, d'agir, de se comporter, de parler, de se cultiver, de se voir dans le monde, de voir sa place dans le monde. Et dans cet habitus de milieu aisé, il y a une forme d'appétence au leadership. Cette appétence au leadership, elle est liée en partie à la position professionnelle. En fonction de votre position dans la société, vous serez plus ou moins rapidement mises dans des positions de leadership. Plus vous visez des carrières ambitieuses, plus cela vous amènera rapidement dans des positions de management et donc de leadership. Plus vous visez des écoles de formation initiale prestigieuses, plus on vous placera dans des positions de leadership. Et si je dis cela, ce n'est pas un hasard, c'est parce que dès l'école, dès les grandes écoles en l'occurrence, on vous catapulte mentalement, on vous fait prendre conscience de certaines choses. Si vous m'écoutez depuis longtemps, vous le savez, j'ai fait Sciences Po et je me souviens du premier jour où je suis rentrée dans cette école, premier amphithéâtre de rentrée, le directeur de l'établissement, Richard Descoings à l'époque, commence par nous dire « Maintenant, vous faites partie de l'élite » . Je me souviens très bien de cette phrase et je me souviens très bien de ce que ça m'a fait. Ça m'a fait un effet très étrange parce que jusque-là, j'avais grandi dans un milieu très modeste et j'ai eu l'impression d'être propulsée dans un autre monde, comme si j'avais fait un saut dans une autre dimension spatio-temporelle. D'un coup, on vous parle comme si vous étiez déjà quelqu'un. Et ça, ça contribue au conditionnement. Et ce discours-là, il n'est pas tenu qu'à Sciences Po, c'est le même que l'on tient dans tous les amphithéâtres de rentrée de première année des grandes écoles. prévalidation symbolique. Deuxième élément très important qui contribue à renforcer cette appropriation du leadership dans les milieux favorisés, et ce dès le plus jeune âge, c'est ce qui se passe à la maison. Quand vous êtes enfant, et que vous avez papa ou maman qui rentrent du travail et qui disent « j'ai dit à un tel de faire telle chose, il ne l'a pas bien exécutée. Avec mes équipes, en ce moment on avance. J'ai pris la tête d'un projet. On m'a nommé à la tête de telle direction, tel service. » Quand vous êtes enfant et que vous entendez ces éléments de langage tous les soirs, qu'est-ce que ça imprime ? Eh bien, ça imprime l'idée que les figures d'autorité, donc vos parents en l'occurrence, sont en position de leadership. Or, quand on est enfant, on s'identifie en premier à ces figures d'autorité. Donc, qu'est-ce qu'il se passe ? Eh bien, ces enfants, ils se disent implicitement « moi aussi un jour je prendrai la parole » , « moi aussi un jour je déciderai » , « moi aussi un jour je prendrai la tête de quelque chose » . Parce que les enfants apprennent par imitation. Et d'ailleurs, ça se retrouve très tôt dans les comportements à l'école. Il y a des études, mais je n'ai pas pris le temps de retrouver les références, qui ont montré que les enfants de cadre supérieur s'affirment beaucoup plus à l'école. Ils parlent beaucoup plus. Ils ont moins peur de prendre la parole. Même s'ils ne sont pas forcément plus intelligents que les autres. Ils ne disent pas des choses plus intelligentes que les autres. Mais ils osent davantage prendre la parole et prendre des initiatives. Pourquoi ? Parce qu'ils voient leurs parents prendre des initiatives. Et puis, toujours dans le registre, dans ce qui se passe au sein du foyer, quand vous grandissez dans une maison où il y a un ou une employée de maison, voire plusieurs, voire une gouvernante, un chauffeur, des domestiques, ou même sans aller jusque-là, ne serait-ce qu'une femme de ménage qui passe quelques heures par semaine, et que vous voyez vos parents donner des ordres à cette personne ou à ces personnes, eh bien cela modèle votre conception du leadership. Ce n'est pas l'enfant qui voit ses parents parler. Dans ces conditions, il voit ses parents en action. Il voit ses parents donner des ordres. Et un enfant qui voit ses parents donner des ordres, encore une fois, ce sont ses figures d'autorité et ses figures d'attachement. Donc inconsciemment, un enfant va se dire « Donnez des ordres, papa ou maman le fait, donc moi aussi j'en suis capable » . Vous voyez bien avec ces éléments que ce n'est pas magique, ce n'est pas inné, c'est de l'ordre de l'appris. C'est intégré, c'est normalisé. Mais à l'inverse ! Quand vous êtes enfant d'une personne en position subalterne, et que vous entendez vos parents dire, après le travail, en rentrant à la maison, « Mon chef c'est un idiot. Mon chef m'a dit de faire ça. À partir de demain, il veut qu'on fasse telle tâche, il veut qu'on fasse telle mission. » Ou pire encore, si vos parents sont eux-mêmes ces femmes de ménage, ces employés de maison dont j'ai parlé chez les autres. Eh bien ça modèle aussi votre conception du leadership, mais pas de la même manière. Cette fois, ça vous incite à considérer vos parents en position... d'exécutant et à vous voir également, à vous identifier plus tard comme étant quelqu'un qui va exécuter des ordres mais pas comme celui qui en donne. Et vous intégrez malgré vous une certaine vision du monde dans laquelle les places sont bien définies entre qui décide, qui obéit, qui a le droit de parler et qui n'a pas le droit. Voilà comment se transmet de manière apprise le leadership. Tout ce que je vous ai dit ici, je l'ai simplifié mais ça a été abondamment documenté par tout un tas de disciplines, notamment la sociologie. les sciences comportementales, la psychologie, les neurosciences, les sciences cognitives, les sciences du management. Mais je préfère vous donner mon analyse et mon expérience personnelle. Et d'ailleurs, j'en ai moi-même fait l'expérience puisque mes parents ont occupé tous les deux des positions professionnelles subalternes. Quand j'étais petite, ma mère a repris un travail dans une candine scolaire, dans un collège, et il se trouve que j'ai été scolarisée dans ce même collège qui était un collège privé. Et dans ce collège, il y avait tous les enfants des notables du coin. Et j'ai eu assez tôt cette mise en perspective, c'est-à-dire moi-même un enfant de quelqu'un qui occupe une position subalterne et à peu près tous mes camarades dont les parents sont des cadres, des ingénieurs, des notaires, des médecins, des avocats, parfois même des députés. Et ça m'a permis de comprendre, alors pas forcément sur le moment mais en rétrospective, pourquoi certains enfants se sentent à l'aise partout et pourquoi moi j'avais un peu plus de mal à me sentir à l'aise dans certains milieux sociaux. perméabilité entre les classes sociales, il y a moins de possibilités que les enfants de classe moyenne et populaire soient exposés à d'autres milieux professionnels que ceux de leurs parents et que ceux de leur classe sociale. L'exposition à ces habitus-là, à ces différences d'habitus, elle n'est pas répartie équitablement au sein de la population. Maintenant, je veux vous apporter une deuxième preuve très concrète, très pratique, que le leadership non seulement n'est pas inné, mais qu'en plus il s'apprend. Et cette preuve, je la tiens de mon expérience en tant qu'officier dans les armées. J'ai commencé ma carrière militaire en 2016, quand je suis rentrée à Salon-de-Provence. J'avais 22 ans. À l'époque, j'étais une jeune femme prédéterminée, certes, mais en même temps, je manquais cruellement de confiance en moi, de cette assurance en mes capacités. J'avais du mal à m'affirmer, j'étais hésitante. Et niveau leadership, on va dire que j'étais à peu près au niveau zéro. Et je débarque... dans ce contexte et à cette époque, sur une base militaire dans laquelle j'intègre une promotion de 120 élèves qui découvrent tous l'uniforme. Quand je dis ça, ce n'est pas tout à fait exact en réalité. Certains ne découvraient pas l'uniforme parce qu'ils venaient de lycées militaires. Ils avaient fait leur classe préparatoire dans des lycées militaires. Moi, je venais purement du monde civil. Je n'avais jamais touché à un tri de ma vie. Et ce qui fait que dans les premiers jours d'intégration, on apprend les rudiments de la vie militaire. J'étais là, mais je ne comprenais rien à ce qu'il se passait. C'est-à-dire que très tôt, pendant les classes, pendant la période d'intégration, pendant la période d'instruction, on vous fait apprendre la marche au pas cadencé et surtout, on vous fait apprendre à donner des ordres pour mettre en mouvement une section et la faire marcher au pas. Et quand vous venez du milieu civil, tous ces ordres, ils ne font aucun sens. C'est du pur jargon militaire, c'est un peu comme une langue étrangère. Autant quand vous dites "en avant marche", oui on comprend ce que ça veut dire, mais quand on vous dit de dire "au coude à coude à droite alignement" concrètement ça ne veut rien dire. En tout cas ça ne veut rien dire en français mais dans le langage militaire ça veut dire quelque chose et si vous avez été dans l'armée un jour ou l'autre vous savez ce que ça veut dire. Tout ça pour vous dire qu'on apprenait donc les manœuvres à pied : comment diriger une section de 30 jusqu'à parfois 120 personnes, comment les faire marcher au pas cadencés tous ensemble d'un seul homme. Et je voyais certains de mes camarades qui semblaient le faire naturellement, comme s'ils avaient fait ça toute leur vie. Alors que moi, je perdais mes mots, j'étais maladroite et je me souviens à ce moment-là avoir questionné mes camarades en leur demandant « Mais comment est-ce que vous faites pour que ce soit aussi fluide et naturel ? » Et ils m'ont répondu très simplement « En réalité, on l'a juste appris en prépa militaire, en lycée militaire » . Et donc j'avais la preuve avec ça que ce n'était pas inné mais que c'était bien acquis et transmis. Et ce qui est intéressant avec l'armée, c'est qu'on ne se contente pas de vous dire « Sois leader de ta vie » comme on le ferait dans un slogan LinkedIn ou de développement personnel. Non, on vous met partout dans des situations, on vous donne des responsabilités, on vous fait exercer à être chef de trinôme, chef de groupe, chef de tout ce que vous voulez. On vous apprend à donner des ordres, on vous apprend à parler, on vous apprend à structurer vos ordres et vos instructions. dans quel ordre, comment formuler pour que les instructions soient claires, pour que les gens qui attendent vos ordres comprennent et que l'exécution roule. C'est la preuve que le leadership ce n'est pas inné, ce n'est pas naturel. Derrière il y a une méthode, il y a une manière et il y a un apprentissage. Ici je vous ai fait part dans les grandes lignes de ce à quoi ça ressemblait dans un milieu très particulier qui est l'armée mais dans tous les autres milieux ça existe. C'est juste que c'est un peu moins bien explicité. Mais pour en venir à mon exemple issu de mon expérience personnelle, si au début de mon instruction militaire j'étais plutôt maladroite, mal à l'aise, et je n'étais pas la seule dans ce cas, il y avait beaucoup d'autres élèves qui venaient du monde civil et qui avaient du mal aussi à se faire à ce nouveau mode de fonctionnement. et d'exercer ce nouveau rôle. Et ça, ça vient tout simplement de la répétition, de l'exposition, de l'entraînement. Donc à ce stade, on peut poser une première conclusion intermédiaire. Si vous avez du mal à vous affirmer, si vous avez du mal à faire preuve d'assurance, ce n'est pas parce que vous êtes comme ça, ce n'est pas le fruit de votre personnalité. Ce n'est pas parce que vous êtes trop douce, trop timide, donc ce n'est pas parce que vous n'êtes pas fait pour ça. C'est tout simplement parce qu'on ne vous l'a pas appris, on ne vous l'a pas transmis. On pouvait croire que c'est inné, mais non, je vous assure que ça s'apprend. Le problème, c'est que la plupart des écoles... quel que soit le niveau, les écoles primaires, secondaires, d'enseignement supérieur, ne vous apprennent pas ces compétences de leadership. Même les écoles de management sont totalement incompétentes à transmettre ces éléments-là parce que dans ces contextes, l'apprentissage se fait dans les livres alors que pour qu'il soit efficace, il devrait se faire sur le terrain. Et c'est pour cette raison que les écoles militaires sont efficaces parce qu'on vous met sur le terrain et on vous pousse à prendre des responsabilités assez tôt dans des conditions qui sont proches des conditions réelles. Donc je veux que vous reteniez ceci, le leadership ce n'est pas ziné, c'est une compétence et ça s'apprend. Maintenant qu'on a posé ça on peut passer à la deuxième partie parce que pour répondre au comment on acquiert ce leadership il faut d'abord répondre au quoi. Qu'est-ce que c'est exactement le leadership ? Je m'étais amusée il y a quelque temps à demander une définition à ChatGPT et je l'avais trouvé particulièrement fade et molle alors je ne l'ai plus en tête parce que c'était il y a longtemps. Si vous voulez faire l'exercice, vous pouvez, chat GPT, qu'est-ce que le leadership ? Il vous donnera sans doute quelque chose de très beau, très polissé, presque poétique, mais ça ne vous aidera pas beaucoup parce qu'il ne vous donnera sans doute pas une définition qui vous donnera envie d'agir. Donc je vais m'efforcer de vous donner une définition avec mes propres mots. Déjà pour commencer, le leadership c'est un mot anglais. Si vous me connaissez, vous savez que normalement j'évite les anglicismes, mais je trouve... que l'anglais a une capacité assez forte à fournir des mots synthétiques qui désignent des concepts de manière très juste. Donc, je vais garder le terme de leadership et si on le reprend dans ce qu'il est, le suffixe ship en anglais ça désigne un état une manière d'être et le leader c'est tout simplement un meneur. Donc, le leadership c'est l'état de celui qui mène et dans la notion de meneur, dans le fait de mener, il y a une notion d'être un peu seul en scène, d'être le premier à donner une impulsion et surtout d'amener les autres vers le résultat que l'on veut obtenir. Autrement dit, c'est une certaine forme d'influence. Moi quand je pense au leadership, je pense à un chef d'orchestre. Un chef d'orchestre, qu'est-ce qu'il fait ? Eh bien il mène un ensemble de musiciens, c'est lui qui donne l'impulsion, le tempo, l'intention pour que tout le monde joue au même rythme vers un même objectif qui est d'interpréter une œuvre. Et le leadership fonctionne de manière générale de la même façon. Ce n'est pas forcer, c'est orienter. Donc un leader, un meneur, il inspire les autres à le suivre parce qu'il rend la direction évidente. Dans le leadership, il y a une autre notion fondamentale qui est l'exemplarité. L'exemplarité, c'est une valeur très forte qu'on m'a transmise dans l'armée et à laquelle j'ai été très réceptive parce qu'on nous disait souvent qu'un chef doit être exemplaire. élèves officiers, on était beaucoup à grincer des dents parce qu'il nous arrivait d'observer un certain nombre d'officiers plus gradés qui n'étaient pas à l'image de ce qu'on espérait quand on voyait un officier en termes d'exemplarité. En réalité, on était je pense un peu dur parce que surtout quand on entre dans l'armée, on a des étoiles dans les yeux mais on ne pouvait pas reprocher à ces personnes de ne pas être parfaits parce que l'exemplarité ce n'est pas quelque chose de facile et surtout je pense que l'on confond souvent exemplarité et irréprochabilité, alors que ce n'est pas la même chose. L'irréprochabilité, c'est être sans faute, ce qui est tout bonnement impossible. L'exemplarité, à l'inverse, c'est faire du mieux qu'on peut. C'est s'efforcer de montrer l'exemple, c'est surtout être cohérent. Mais ça implique aussi qu'on peut faire des erreurs, tout en gardant cette capacité à les reconnaître. Donc, première composante de ma définition du leadership, menée par l'exemple. Ça ne signifie pas être parfait, mais être... cohérent. Deuxième composante très importante dans le leadership, c'est la responsabilité. La responsabilité étymologiquement parlant, c'est répondre de ses actes. Répondre de ses actes, c'est quand on vous demande pourquoi est-ce que vous avez fait telle chose, eh bien vous devez être capable de l'expliquer. Quand on dit que vous êtes responsable d'un accident ou responsable d'un crime, ça veut dire que vous allez devoir répondre de vos actes devant un tribunal. Et c'est intéressant parce Je prends cet exemple parce que certaines catégories de la population sont exonérées de responsabilités en termes pénales. Les enfants, par exemple, ce sont leurs parents qui sont responsables. Et puis il y a aussi les personnes dont le discernement est altéré. Et ça permet de dégager quelque chose d'important, c'est que le discernement, c'est une condition essentielle pour exercer sa responsabilité. Quand je dis discernement, je parle à la fois de sa capacité de juger, qui est un prérequis, mais aussi de discernement intellectuel. Et c'est là que l'éducation joue un rôle. Plus vous êtes éduqué, plus vous avez d'outils pour penser, pour trancher, pour comprendre les conséquences de ce que vous faites, et donc plus vous êtes en mesure de prendre des responsabilités. Éducation ne veut pas forcément dire diplôme. Dans tous les cas, vous connaissez sûrement cette maxime qui dit : "un grand pouvoir implique de grandes responsabilités". On attribue souvent cette phrase à Spider-Man alors qu'en fait elle est beaucoup plus ancienne. Je crois de mémoire que Churchill l'a déjà prononcé. Il y a des références dans la Bible également. Bref, l'idée c'est la même, c'est que avoir du pouvoir c'est devoir répondre de ses actes. Et inversement, dès que vous prenez des responsabilités, vous prenez aussi une forme de pouvoir, le pouvoir de décider, de trancher, d'assumer. Et si la connaissance c'est un pouvoir, alors elle implique aussi une responsabilité, celle de réfléchir avant d'agir. Donc si je résume ma définition très simplement, le leadership c'est être en position de meneur et cela repose sur trois piliers, l'exemplarité, la responsabilité et le discernement. Maintenant qu'on a posé ça, je veux aborder un point qui va faire la transition vers ma troisième partie. Dans mes premiers jours, mes premiers mois d'armée, quand j'ai appris à donner des ordres, notamment pour faire manœuvrer des sections de 30 à une centaine de personnes, c'était très étrange, j'avais l'impression de jouer un rôle. Particulièrement parce que dans ces conditions, il faut parler fort, il faut donner de la voix, et quand vous êtes une femme, que vous avez un petit gabarit comme le mien, petite voix aiguë, et bien c'est assez difficile. Donc oui de manière générale au début quand vous voudrez vous exercer au leadership vous aurez l'impression de jouer un rôle, vous aurez l'impression d'être dans un costume un peu trop grand. Néanmoins il ne faut pas se faire d'illusions, vous ne passerez pas d'un état où vous vous dites "je n'ose pas je suis hésitante" à un état où vous êtes sûr de vous en un claquement de doigts. Il va falloir traverser une phase où vous allez vous sentir en décalage avec ce que vous faites. Vous aurez l'impression de jouer un rôle, mais jusqu'au point où vous direz « cette fois, ce rôle, c'est le mien, j'arrive parfaitement à l'incarner » . Dans l'intervalle, il y a un processus par lequel vous devrez passer, et on y vient dans cette troisième partie, on va parler du comment. Comment s'approprier ce leadership sans devenir une caricature ? Je vais vous donner quelques... bonnes pratiques, quelques étapes concrètes par lesquelles vous pouvez passer, par quelques exercices que vous pouvez faire. Mais il va falloir, si vous voulez développer votre leadership, ne pas vous contenter de les écouter à travers ce podcast. Il va aussi falloir mettre cela en pratique et vous approprier cela par la répétition, par la répétition de l'action. Premier point, et pas des moindres, il y a une chose importante à comprendre, c'est que la première personne sur laquelle vous devez... exercer votre leadership, c'est vous-même. Je le répète, la première personne sur laquelle vous devez exercer votre leadership, c'est vous-même. Ne partez pas en tête à donner des ordres à quelqu'un d'autre et à attendre qu'il les respecte si vous-même, vous ne faites pas ce que vous vous êtes imposé de faire. Je vous donne un exemple très simple. Si vous dites je vais me remettre au sport, je vais faire trois footings par semaine, eh bien faites vos trois footings Dans ces cas-là, vous portez deux casquettes. Celle du donneur d'ordre, celle du leader et celle de l'exécutant. Et un bon meneur, c'est aussi un bon exécutant. Quand on est élève officier, on passe par tous les rôles. On n'est pas en position de commandement tout le temps. On apprend aussi à exécuter les ordres. Pour que vous compreniez très bien ce que je veux vous dire, posez-vous cette question. Si vous ne respectez pas les ordres que vous vous donnez à vous-même, qui va respecter ce que vous donnez aux autres ? C'est la même logique que j'avais déjà abordée dans l'épisode 26 sur la confiance en soi. L'une des raisons pour lesquelles on n'a pas confiance en soi, c'est quand on ne fait pas ce que l'on dit. Vous ne pourrez pas avoir confiance en vous si vous ne faites pas ce que vous dites. On ne peut pas avoir confiance en quelqu'un qui ne fait pas ce qu'il dit. La même logique s'applique à vous-même. Donc ne dites pas tout ce que vous faites, mais faites au moins ce que vous dites. Ça c'est le premier élément. Deuxième point. Une fois que dans votre vie personnelle, vous avez commencé à être en accord avec ce que vous voulez, une fois que vous commencez à faire ce que vous dites, je vous encourage à sortir du cadre, voire à créer le cadre. Qu'est-ce que j'entends par là ? Eh bien, pour mener, il faut prendre des initiatives. Et mener, ce n'est pas seulement diriger des personnes, c'est aussi initier un mouvement. Mener, c'est faire des choses qui n'ont pas encore été faites. c'est proposer, c'est initier, c'est être à l'origine de quelque chose, même quelque chose de tout petit. Le leadership, il ne se développe pas dans l'attente que les autres vous disent quoi faire. Il se développe dans l'action. Et dans votre vie personnelle, c'est exactement la même chose. Si vous avez un projet que vous avez envie de réaliser, mais que pour une raison ou pour une autre, vous n'osez pas vous temporiser, eh bien lancez-vous. Que ce soit investir dans l'immobilier, créer un blog, ouvrir un compte Instagram, lancer un podcast. Faites quelque chose qui vous sort un peu de votre zone de confort, passivité et de latentisme. Parce que le leadership, ça ne s'apprend pas dans une salle de classe. Ça s'apprend par la pratique, par l'exposition et par l'inconfort. À l'armée, on ne vous apprend pas le leadership en restant assise derrière une table avec des cours théoriques. On vous met sur le terrain, dans des vraies conditions, dans la boue, dans le sable, et c'est là que ça se construit. D'ailleurs, je vais vous dire quelque chose. Si je vous parle aujourd'hui à travers ce micro, c'est parce qu'un jour... J'ai ouvert un blog sur l'ascension sociale, c'était un sujet qui me tenait à cœur. Et puis du blog j'ai ouvert un compte Instagram et puis du compte Instagram j'ai créé un podcast. Quand j'ai commencé je n'avais pas forcément d'intention précise, j'avais juste envie de partager ce que je savais et pour aussi répondre à ce qui me semblait être une injustice. Au début ce n'était pas simple parce que j'avais l'impression qu'en commençant à publier des choses les gens allaient me lire, me juger. Alors en réalité au début... personne ne vous lit, donc personne ne vous juge. Mais le cerveau, lui, ne veut pas l'entendre. Donc c'est une étape difficile à franchir. Mais c'est comme ça que le leadership commence. C'est quand vous agissez sans garantie, un peu sans filet de sécurité. Et quand vous prenez une initiative sans validation préalable, sans que personne ne vous dise quoi faire. Et quand vous acceptez cet inconfort au début. C'est un confort de l'inconnu. Donc, je répète, lancez-vous, engagez-vous. ayez des convictions, mettez-les en pratique, développez des projets. Et ça c'est un terrain d'entraînement extraordinaire pour le leadership. Troisième point pour développer son leadership, c'est au travail. Alors comment on fait même quand on est en position d'exécutant, qu'on n'a pas d'équipe ou de projet à diriger ? Parce que je sais que beaucoup d'entre vous êtes dans ces cas-là, parfois vous me dites « oui mais moi je suis en position d'exécutant, je n'ai pas de pouvoir, je n'ai pas de titre, je suis en bas de la chaîne alimentaire » . Écoutez-moi attentivement sur ce point-là. Le leadership, il ne commence pas quand vous avez une équipe. Il commence quand vous cessez d'attendre qu'on pense à votre place. Quand vous êtes en position d'exécutante, vous pouvez très bien développer un leadership et le montrer de manière très concrète. Première manière, c'est de comprendre le pourquoi on vous fait faire certaines choses. Au lieu de vous contenter d'exécuter comme un robot, faites l'effort mental de comprendre... Pourquoi votre N plus 1 vous demande de faire telle action ? De comprendre comment cela s'inscrit dans l'objectif global de l'équipe ou de l'organisation. De comprendre le pourquoi. Quand vous faites cela, c'est déjà sortir de la posture d'exécution pure. C'est commencer à penser en termes de finalité et pas forcément en termes de tâche. Vous pouvez aller plus loin en montrant que vous voyez au-delà de ce que l'on vous demande. Quel est l'impact de l'action qu'on... qu'on voulait faire, quels sont les risques, qu'est-ce que ça va produire en aval. Et forcez-vous de le verbaliser, d'en discuter, parce que cet effort change non seulement votre posture intérieure, mais quand vous le montrez, quand vous le traduisez en mots, ça change aussi l'image que vous renvoyez. Autre manière de faire ou de posture que vous pouvez changer, c'est la prochaine fois que vous avez une question à poser à votre N plus 1. Au lieu d'arriver comme une fleur dans son bureau en disant « je ne sais pas quoi faire » . Venez avec votre question et au moins deux solutions possibles en ayant réfléchi à deux options et surtout en ayant réfléchi à pourquoi vous préférez l'une plutôt que l'autre. Vous posez votre question et vous présentez les options et vous dites je peux le faire de cette manière ou de cette autre, voilà ce que ça change dans un cas ou dans l'autre. En faisant cela, vous n'êtes plus dans la position de celui ou celle qui dit « moi quoi faire ? » Vous dites « j'ai réfléchi, je vous propose deux options » . Et c'est ça aussi le leadership. C'est anticiper, prévoir, réfléchir. Vous voyez le simple changement que ça génère. Vous n'êtes plus dans l'attente, vous êtes dans la proposition et vous adoptez une posture proactive, une posture adulte. Et c'est exactement ça quand on dit être force de proposition. La fameuse formule qui revient dans beaucoup d'offres d'emploi. Ce n'est pas juste avoir des idées géniales tous les jours. Être force de proposition, c'est être dans une posture active. C'est réfléchir, c'est structurer et c'est mettre des options sur la table. Quatrième point, on va sortir du travail puisqu'il y a d'autres terrains sur lesquels vous pouvez vous entraîner et notamment un que l'on sous-estime beaucoup, c'est le milieu associatif. Il faut savoir que les associations recherchent des bénévoles, certes, mais elles recherchent aussi des cadres pour encadrer ces bénévoles. Elles ne cherchent pas seulement des exécutifs. plus de temps, elles ont besoin de personnes pour encadrer, organiser, prendre des responsabilités comme dans n'importe quelle entreprise. Je vous en parle parce que j'en ai fait l'expérience. J'ai été bénévole, enfin je le suis toujours, mais je me suis mise en retrait dans une association de secourisme très connue. J'ai passé mes qualifications, j'ai pris beaucoup de missions et déjà le secourisme en soi c'est un excellent exercice de leadership parce qu'il faut agir, décider, garder son sang froid au bout d'un moment à force de... de m'investir et de prendre beaucoup de missions et beaucoup de gardes, on m'a proposé de devenir cadre dans mon unité locale. A l'époque j'ai refusé la proposition parce que j'avais d'autres priorités mais je vous donne cet exemple pour que vous compreniez une chose, on ne m'a pas proposé ce poste de cadre parce que j'étais plus douée que les autres, on me l'a proposé parce que j'étais investie. Donc si vous cherchez un terrain pour justement développer votre leadership sans attendre une promotion au travail Le milieu associatif, c'est un excellent milieu. Et il n'y a pas que les associations de secourisme, il y a les associations caritatives, il y a les associations qui sont sur des fondements intellectuels, peu importe. Le milieu associatif, de manière générale, c'est un excellent terrain d'exercice pour vous. Et au passage, petite minute prévention, formez-vous aux gestes de premier secours, c'est important. Cinquième point, le leadership, c'est aussi décider. Ça, on le sous-estime beaucoup, mais c'est presque une évidence. Beaucoup de gens ont du mal avec ça, ils hésitent. On leur demande de prendre une décision même pour des choses anodines : qu'est-ce que vous voulez faire ce soir ? Dans quel restaurant tu veux aller ? On pose une simple question et ça se transforme en drame intérieur, une hésitation sans fin. Par peur de mal choisir, par peur de rater quelque chose, peu importe. L'exemple le plus parlant c'est quand il faut choisir son plat au restaurant. D'ailleurs je me rends coupable de cela pendant longtemps. Au restaurant je mettais un temps infini à me décider. À chaque fois qu'on était à table, j'étais toujours la dernière à refermer la carte parce que je n'arrivais pas à me décider, à poser mon choix sur un plat. Comme si c'était un dilemme insolvable. Mais de manière générale, pourquoi on a du mal à faire des choix ? Parce que choisir, c'est renoncer. Et renoncer, ça fait peur. Et je remarque que depuis que j'ai développé mes compétences en leadership, je me décide beaucoup plus vite dans tous les aspects de ma vie, y compris sur mon choix de plat au restaurant. Ce n'est pas une fin en soi, mais c'est significatif. Aujourd'hui, quand je suis au restaurant, j'ouvre la carte, je choisis d'un coup d'œil, même si ce n'est pas le meilleur plat du monde. Je sais que ce n'est pas une décision qui va avoir un impact fondamental sur ma vie. Mais surtout, la réflexion plus sous-jacente, c'est qu'il faut apprendre à décider, à trancher et à discerner les décisions qui nécessitent un temps de réflexion important et celles qui ne nécessitent pas qu'on y passe des heures. Donc oui, le leadership c'est aussi apprendre à décider vite mais pas pour tout. Et la nuance elle est importante : il faut apprendre à distribuer les décisions et le temps que vous passez. Pour les décisions qui ont peu d'importance, décidez vite. En général j'ai pour maître étalon de me dire que si une décision n'aura pas d'impact dans deux ans, elle nécessite moins de 2 minutes de réflexion. Mais pour les décisions importantes, à l'inverse, il faut prendre le temps. Il faut éviter justement... la prise de décision sur un coup de tête, sans pour autant repousser indéfiniment. Une décision importante, selon les conséquences, elle mérite un temps de réflexion plus ou moins long. Par conséquent, pour choisir votre plat à la cantine ce midi, ne prenez pas plus que deux secondes. A l'inverse, si vous prenez la décision de quitter votre travail, ne le faites pas en deux jours. Ça mérite au moins deux semaines, voire même deux mois. Mais gardez quand même une idée en tête, c'est que ne pas prendre une décision, c'est déjà une décision. Une décision subie, certes, mais une décision. Donc posez-vous cette question très simple pour non seulement travailler votre leadership, mais aussi à partir de maintenant prendre des bonnes décisions dans votre vie. Dans l'état actuel de votre vie, est-ce que... votre quotidien, votre travail, vos activités, votre entourage, vos amis, votre cercle ? Est-ce que tout cela c'est le résultat de choix que vous avez fait consciemment ou est-ce que c'est le fruit de l'absence de choix et donc une conséquence de l'inaction ? Sixième point pour exercer, affirmer votre leadership dont on parle très peu et qui pourtant change tout, c'est accepter de ne pas être aimé par tout le monde. Quand votre priorité, c'est d'être apprécié, c'est d'être validé, c'est de faire consensus, eh bien vous aurez du mal à exercer un véritable leadership. Parce que le leadership implique nécessairement, comme on l'a dit, de prendre des décisions et prendre des décisions, c'est accepter que tout le monde ne soit pas d'accord. Prendre des décisions, c'est quelque part accepter de faire des mécontents. Parmi les éléments qui vont ne pas vous faire être appréciés par tout le monde, il y a aussi le fait de poser des limites, dire non. Tout ça, cela fait partie intégrante du leadership. Trancher, même quand c'est inconfortable, ça fait partie du leadership. Mais tous ces éléments, poser des limites, dire non, ce n'est pas être dur, ce n'est pas être agressif, ce n'est pas être autoritaire. C'est être clair. C'est dire ce que vous acceptez et ce que vous n'acceptez plus. C'est dire ce que vous êtes prête à faire et ce que vous ne ferez pas. Dans la vie personnelle, cela peut être très concret. Oser dire non à une invitation sans avoir justifié pendant cinq minutes. refuser quelque chose sans se sentir obligé de s'expliquer ou encore exprimer un besoin clairement même si les autres qui vous entourent ne l'entendent pas ou ne sont pas d'accord. Dans la vie professionnelle, c'est exactement la même chose. Poser des limites sur votre périmètre d'action ou à l'inverse, refuser une surcharge de travail, dire non à votre N plus 1 quand il veut vous confier une tâche supplémentaire ou un projet supplémentaire alors que vous êtes déjà bien occupé avec ce que vous avez à faire. Ce n'est pas être un mauvais employé ou une mauvaise employée. C'est poser vos limites et c'est surtout dire non pour pouvoir bien faire le travail que vous avez déjà à faire. D'ailleurs, ceux qui progressent le plus vite dans la hiérarchie sont ceux qui appliquent ce type de méthode. C'est-à-dire qu'ils refusent une surcharge de travail pour se concentrer sur ce qui est vraiment important. Et c'est comme ça qu'ils brillent auprès de leur hiérarchie et qu'ils sont plus facilement et plus rapidement promus. Le leadership, c'est trancher, décider et c'est aussi choisir la cohérence et accepter que cela puisse déplaire. Pas par provocation ou par rigidité mais parce que vous êtes au clair sur ce que vous voulez et sur ce que vous avez à faire. Le leadership, ça ne consiste pas à éviter les conflits mais plutôt à éviter les non-dits. Et paradoxalement, c'est souvent quand vous assumez de poser vos limites, quand vous assumez vos décisions même quand elles sont impopulaires. que la confiance s'installe réellement. C'est là qu'on vous respecte. On a beaucoup plus de respect pour les gens qui savent dire non, qui savent poser leurs limites, que pour les gens qui disent oui à tout. On apprécie les gens qui disent oui à tout, mais ce n'est pas pour autant qu'on le respecte plus. Parce que quand vous vous assreniez à cette discipline, les gens savent à quoi s'en tenir avec vous. Donc interrogez-vous, posez-vous cette question. Dans quelle situation est-ce que vous continuez à dire oui alors que vous savez pertinemment que vous devez dire non ? Et septième et dernier point, sur le développement du leadership. Et je termine avec ce point parce qu'il est central dans notre problématique, à savoir s'affirmer sans jouer un rôle. Je vous l'ai dit au début, vous aurez l'impression de jouer un rôle et c'est tout à fait normal parce que vous apprenez un nouveau comportement et votre cerveau n'a pas l'habitude. Mais l'objectif, ce n'est pas de rester dans le rôle. L'objectif, c'est que ce comportement, par la répétition, devienne une habitude. puis une identité intégrée. Et ce qui fait la différence, c'est l'itération, la répétition. Et ça ne consiste pas à devenir une autre personne du jour au lendemain pour devenir quelqu'un de dur, d'agressif ou quelqu'un qui parle très fort. Non, ça consiste juste à répéter, répéter et répéter à peu près tous les points dont je vous ai parlé précédemment. cela deviendra naturel. J'en viens à ma conclusion, et pour résumer ce que l'on a dit, on a commencé par le pourquoi. Pourquoi vous avez l'impression de ne pas réussir à vous affirmer ? Et souvent c'est parce qu'on ne vous l'a pas appris. Le leadership n'est pas inné, il est transmis, conditionné, socialement reproduit à travers l'habitus, l'environnement familial, les modèles parentaux, les positions professionnelles. Et je vous ai montré à force d'exemples que le leadership s'apprend. Il y a une méthode, des canevas et un entraînement. Ensuite, on a défini le leadership. C'est la position de celui qui mène. C'est exercer une forme d'influence et cela repose sur trois piliers dans ma définition, à savoir l'exemplarité, la responsabilité et le discernement. Et enfin, on a vu le comment et conseils concrets, à savoir exercer votre leadership d'abord sur vous-même. Autrement dit, faites ce que vous dites. Sortir du cadre et créer le cadre. Prenez des initiatives au travail. Vous pouvez justement prendre des initiatives également, même quand vous êtes en position d'exécutant. Donc proposer des options, anticiper, parler, discuter, réfléchir et vous mettre à réfléchir un peu comme... comme vos supérieurs, comme vos N+1. En dehors du travail il existe également plein de structures dans lesquelles vous pouvez vous entraîner : l'association, le bénévolat, le secourisme on en a parlé et de manière générale dans tous ces domaines il va falloir apprendre à décider, à trancher, à choisir, à hiérarchiser et surtout et enfin il va falloir accepter une phase d'apprentissage. Vous aurez l'impression certes de jouer un rôle mais pour qu'un jour ce ne soit plus un rôle mais un... quelque chose d'incarné et de naturel. Et si je devais résumer cet épisode en un enseignement clé, un seul, que vous pouvez garder comme une boussole, eh bien le leadership ce n'est pas un masque que l'on met, c'est un rôle que l'on endosse comme un costume que l'on ajusterait progressivement à sa propre taille et à sa propre personnalité. Et ce rôle on se l'approprie dans des petites choses, dans ce que vous décidez, dans ce que vous faites, dans ce que vous assumez et dans ce que vous cessez de justifier. Si vous voulez commencer dès aujourd'hui, je vous propose un exercice très simple. C'est de répondre à cette question et de la mettre à exécution dès que vous aurez terminé l'écoute de cet épisode. Quelle est l'action parmi celles que j'ai citées que vous repoussez depuis longtemps par peur, par crainte, par appréhension mais dans laquelle vous pourriez exercer votre leadership ? Vous exercez au leadership. Merci infiniment d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si vous avez apprécié cet épisode... pensez à vous abonner pour être informé de la sortie des nouveaux épisodes. Si l'épisode vous a particulièrement plu, je vous invite à laisser un commentaire et une note 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée, ça aide énormément le podcast à grandir et je vous en serai extrêmement reconnaissante. Merci à toutes celles et ceux qui l'ont déjà fait. Et quant à moi, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente journée ou une excellente soirée et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode d'élégance et ambition !