Speaker #0Bienvenue dans « Élégance et ambition » . Je m'appelle Thalia, et après plusieurs années à décrypter les codes de la classe Césée, j'aide désormais les personnes ambitieuses à gravir l'échelle sociale tout en restant fidèles à elles-mêmes. Ici, on parle d'élégance, de savoir-être et de conseils pratiques pour naviguer dans les cercles les plus prestigieux. Dans ce podcast, je vous partage tout pour transformer vos ambitions en actions concrètes et vous accompagner pas à pas dans votre quête de réussite sociale. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous inspirer. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'élégance et ambition, et aujourd'hui c'est un épisode un peu particulier parce que c'est le cinquantième épisode de ce podcast, et cinquante épisodes c'est un cas particulier et je trouve que cela mérite qu'on le souligne, ne serait-ce qu'un instant. Et j'en profite pour mentionner quelque chose d'important qui me tient à cœur. Si vous écoutez ce podcast depuis longtemps, vous savez qu'en guise d'appel à l'action, j'avais l'habitude de vous inviter à laisser une note ou un commentaire 5 étoiles. sur votre plateforme d'écoute préférée, selon la formule consacrée, et il se trouve que j'ai arrêté de le faire parce que je voyais peu de notes qui étaient effectivement apposées à ce podcast, et je me disais finalement que ce n'avait que peu d'intérêt, jusqu'à ce que mon hébergeur de podcast me remonte tout d'un coup toutes les notes qui avaient été mises sur Spotify, puisque je n'avais que celles sur Apple Podcast qui m'étaient remontées. Alors c'était déjà très bien, j'avais 9 personnes qui avaient mis des notes. Et puis tout d'un coup, j'ai eu toutes ces notes sur Spotify qui sont revenues. Ça représentait une trentaine de notes, exclusivement des notes 5 étoiles. Et ça m'a agréablement surprise. Et surtout de voir qu'on est sur un score parfait selon vos notations et votre appréciation. Et par conséquent, je voulais vous dire un grand merci. Je vous remercie chaleureusement pour toutes ces notes qui représentent autant de compliments que vous m'apportez vis-à-vis de ce travail que je mène depuis maintenant plus d'un an. et depuis maintenant 50 épisodes. Donc merci à chacune et chacun d'entre vous qui avez pris quelques minutes pour laisser une note sur votre plateforme d'écoute. Et un grand merci à celles et ceux qui prendront la peine de le faire. Sachez que ça me touche beaucoup et je vous remercie de me suivre dans cette aventure. Maintenant qu'on a passé ce moment cérémonie des Oscars, on peut passer à l'épisode. Et pour ce cinquantième épisode, j'ai voulu traiter un sujet que j'avais déjà traité dans l'épisode 12 sur le sujet du langage verbal. Et j'ai choisi de revenir sur ce sujet pour une raison très simple, c'est que à ce jour, c'est l'épisode qui rassemble le plus d'écoutes sur ce podcast, et donc c'est un sujet qui vous plaît beaucoup, c'est un sujet qui vous parle beaucoup. Et pour ce cinquantième épisode, j'ai eu envie d'en faire une version de meilleure qualité, ou du moins plus aboutie. Et d'ailleurs, j'ai une confession à vous faire, l'une des raisons principales pour lesquelles je continue d'enregistrer et de publier ces épisodes, c'est parce que j'ai tellement... honte de mes premiers épisodes que j'espère les faire disparaître dans les lindes, les faire noyer dans la masse des épisodes suivants pour que vous n'ayez plus que des épisodes qui soient non pas parfaits parce que la perfection n'existe pas, mais qui soient de meilleure qualité au fur et à mesure que je m'améliore dans l'enregistrement des podcasts. Voilà, c'est dit. Donc aujourd'hui, nous parlons langage, langage verbal en l'occurrence, avec une approche différente de l'épisode 12. L'épisode 12, c'était un épisode d'outils. Je mentionnais notamment les erreurs à corriger, quelques exercices à faire, l'éthique de langage à supprimer. C'était un épisode de fond. Dans l'épisode d'aujourd'hui, on va aller beaucoup plus loin qu'une simple liste de choses à dire ou à ne pas dire. Au programme de cet épisode, on va commencer par déconstruire une idée reçue très répandue sur la façon dont s'expriment les élites. Ensuite, on va voir ce qu'il faut enlever de son langage avant même de chercher à l'enrichir. Et puis, on va parler de ce qui compte vraiment dans ce que l'on dit, dans la manière dont on s'exprime. Et enfin, on va voir comment adapter son registre en fonction du contexte, parce que c'est là que réside la vraie maîtrise d'un langage élégant. Commençons par déconstruire une idée très répandue sur la manière dont s'expriment les élites. Beaucoup de personnes qui sont dans une démarche de progression sociale et qui partent de la classe moyenne pensent que pour évoluer, pour intégrer des milieux élevés, il faut apprendre à parler d'une certaine façon. Il faudrait utiliser des mots compliqués, des tournures sophistiquées, un langage soutenu en permanence. Comme si... dans les milieux aisés, dans les dîners mondains, on s'exprimait comme si on lisait des pages du dictionnaire de l'Académie française. La réalité, elle est totalement éloignée de cela. Et si je peux me permettre d'affirmer cela, c'est qu'à chaque fois que j'en ai l'occasion, j'écoute attentivement la manière dont des gens dans des positions sociales élevées s'expriment dans divers contextes, et je peux vous dire avec certitude que ce ne sont pas des personnes qui utilisent un langage complexe. Pour vous illustrer cela, Je suis tombée récemment sur une interview de Christelle Edeman, qui est l'actuelle directrice générale d'Orange, donc une grande entreprise du CAC 40, que vous connaissez sans doute, qui était invitée sur le plateau de Quotidien. Quotidien, c'est une émission grand public, format décontracté, ambiance talk show à l'américaine, ou plutôt ambiance de débat télévisé, vous verrez pourquoi je me corrige, et je me suis employée à observer sa manière de s'exprimer. Et ce qui était le plus frappant, c'est qu'elle n'utilisait pas des mots compliqués, elle n'utilisait pas de jargon, elle n'utilisait pas de tournure alambiquée, elle utilisait un langage qui était simple, qui était clair, qui était direct. Elle utilisait même un registre de langage qui tirait sur le familier, avec des « je pars » qui devenaient des « je pars » , « je vais » , « je vais en Espagne » . Quoi qu'il en soit, je vous mettrai le lien de l'interview dans la description pour que vous puissiez... On va en faire le constat par vous-même. On voyait bien qu'elle utilisait un langage qui était simple et décontracté. Et pourtant, la présence est là, l'autorité est là, et on ne doute pas une seconde qu'on a affaire à quelqu'un qui dirige l'une des plus grandes entreprises françaises. En réalité, ce qui permet d'avoir une certaine reconnaissance dans la manière dont on s'exprime dans les cercles élevés, ce n'est pas la complexité du vocabulaire ou de la syntaxe qu'on utilise. Ce sont des éléments que l'on va détailler. dans la suite de cet épisode. Mais en tout cas, ce n'est pas de parler avec des termes recherchés ou de parler systématiquement dans un langage soutenu. Et le danger, d'ailleurs, d'utiliser du soutenu systématiquement, comme ce que voudraient faire beaucoup de personnes qui me questionnent sur le sujet, c'est justement de forcer un registre sophistiqué qui est hors contexte. Ça crée une distance, ça donne l'impression que vous faites des efforts visibles et quand on fait trop d'efforts, c'est la signature de quelqu'un qui cherche à impressionner. justement parce qu'il n'en fait pas partie. On cherche à appartenir, on cherche à montrer quelque chose, alors qu'en réalité le fait d'appartenir pleinement à ces cercles, notamment à travers le langage, ça passe par bien autre chose. Et c'est ce qu'on va voir tout de suite dans la manière dont on emploie le langage avec des éléments beaucoup plus concrets. Ce qui m'amène à mon point suivant. Maintenant que vous avez compris que vous n'avez pas besoin d'utiliser un langage soutenu et d'utiliser des mots excessivement complexes, pour bien vous exprimer, on va passer à des choses beaucoup plus concrètes. Et on va aborder en premier lieu un point qui est le plus contre-intuitif, mais qui est également le plus utile. Quand on veut améliorer son langage, le réflexe naturel, on l'a dit, c'est de vouloir ajouter, apprendre de nouveaux mots, mémoriser des synonymes, construire des phrases très longues ou plus longues. Or, la première chose à faire si vous voulez améliorer votre langage, c'est exactement l'inverse, c'est de retirer. c'est de supprimer, c'est de délaguer. Il faut que vous voyez votre langage comme vous envisageriez un désencombrement. Quand vous voulez refaire votre intérieur, quand vous voulez améliorer votre décoration d'intérieur, votre aménagement intérieur, la première chose que vous faites, c'est désencombrer la pièce de toutes les choses qui prennent de l'espace, qui occupent l'espace pour rien et qui gâchent la présentation. Pour le langage, c'est exactement la même chose. Avant de choisir ce qu'on va y mettre, il faut commencer par enlever ce qui prend de la place pour rien. En premier lieu, l'éthique de langage. Tous les « du coup, en fait, genre, bah, voilà, quoi, tu vois » , tous ces petits mots qu'on glisse un peu partout et qui affaiblissent le propos sans qu'on s'en rende compte, ce sont des mots, ce sont des expressions qui signalent une pensée qui ne s'est pas encore organisée avant de prendre la parole, qui parfois cherchent à combler un vide, une gêne, et le problème c'est qu'ils sont... tellement ancrés dans le langage qu'on finit par ne plus les entendre. L'exercice simple et efficace que j'avais déjà mentionné dans l'épisode 12 et que je mentionne à nouveau, c'est de vous enregistrer pendant 2 à 5 minutes en parlant d'un sujet quelconque et de vous réécouter pour identifier justement les tics de langage qui reviennent le plus souvent. Et vous allez être surpris du nombre de fois où vous utilisez votre tic principal. En général, c'est un mot en particulier. Alors c'est normal d'avoir des mots parasites, des certains tics de langage. En ce qui me concerne, je sais que j'utilise beaucoup le mot « alors » en début de phrase. Je travaille à le supprimer, ne vous inquiétez pas. Mais il y a des mots qu'il faut absolument supprimer. Si vous avez trop tendance à dire « du coup » , « en fait » , « genre » ou le fameux « bar » en début de phrase, comme une sorte d'introduction à votre phrase, ce sont des mots que vous devez absolument supprimer de votre langage parce qu'ils n'apportent rien, ils alourdissent votre propos. et ils ternissent la manière dont vous vous exprimez. Et si vous voulez aller encore plus loin et progresser encore plus vite dans l'élimination de ces tics, vous pouvez demander à un proche de vous faire un signe, de claquer des doigts ou de taper dans les mains à chaque fois que le mot ressurgit. C'est très perturbant au début, mais ça fonctionne très bien et très rapidement pour arrêter d'utiliser ces tics de langage. Ensuite, on a bien évidemment les fautes de langue courante. Je ne vais pas vous faire une liste exhaustive parce que je me suis déjà beaucoup étendue dessus dans l'épisode 12, mais il y a quelques fautes que j'entends souvent et qui méritent d'être nommées. En premier lieu, les pléonasmes. J'en avais déjà parlé abondamment dans l'épisode 12, notamment le « comme » par exemple, que j'entends tout le temps et partout, mais il n'en reste pas moins que c'est une faute, c'est un pléonasme. « Comme » et « par exemple » veulent dire exactement la même chose. Par conséquent, si vous voulez citer quelque chose en exemple, dites « comme » ou « par exemple » . Vous choisissez l'un ou l'autre, mais pas les deux en même temps. Même chose pour une autre alternative. C'est également un pléonasme. On dira « une alternative » ou « un autre élément » , mais utiliser les deux ensemble, c'est redondant. Et puis, il y a des fautes que j'entends très souvent et qu'on n'identifie pas toujours comme telles. La première, c'est « palier à quelque chose » . On ne palie pas à quelque chose, on palie quelque chose. On pallie un problème, on pallie une situation. Je sais que c'est une faute qui est extrêmement répandue, y compris chez des gens qui s'expriment plutôt bien d'ailleurs. Et deuxième faute que j'entends trop souvent, c'est le fameux « j'habite sur Paris » , « je suis sur Bordeaux » , « je vais sur Lyon » . Non, on ne dit pas ça en bon français. On habite à Paris, on est à Bordeaux, on va à Lyon. On n'habite pas sur une ville, on habite dans une ville et on utilise la préposition « à » pour introduire le nom de la ville. A avec accent, bien évidemment. Et enfin, troisième élément, une grande famille de mots qui méritent qu'on s'y attarde, ce sont les anglicismes. Sur ce sujet, j'ai une position nuancée et je vais vous partager mon propre cheminement sur ce point. Pendant longtemps, j'ai utilisé tous ces anglicismes qui pénètrent dans le langage français courant et j'ai décidé récemment d'en bannir un certain nombre. en premier lieu duquel newsletter que j'ai décidé de remplacer par le terme « lettre d'information » . Et d'ailleurs, j'en profite, si vous voulez vous abonner à la lettre d'information d'Ascension Sociale, je mettrai le lien dans la description. Là où j'ai encore une hésitation, c'est sur le fait d'utiliser le terme « courriel » plutôt que le terme de « mail » ou d' « email » . C'est un sujet qui est encore en réflexion. Est-ce que ça veut dire qu'il faut supprimer tous les anglicismes de son langage ? Bien sûr que non, il y a des mots qui n'ont pas d'équivalent français solide et dont l'usage est tellement ancré qu'il serait artificiel de les remplacer. Je pense notamment aux termes de leadership dont j'ai parlé dans l'épisode 39, je mettrai le lien dans la description, et pour lequel je n'ai pas trouvé d'équivalent qui rende vraiment la même idée. On peut tout à fait, dans le langage français, utiliser des termes anglais quand c'est approprié, quand ça traduit de manière correcte et concise une idée de la même manière que... Les anglais ou les anglo-saxons utilisent parfois certains termes français pour illustrer des idées dans lesquelles ils n'ont pas d'équivalent dans leur propre langue. Ce qui n'est pas acceptable en revanche, c'est l'accumulation excessive d'anglicismes. Quand vous avez deux, trois, voire quatre anglicismes qui se retrouvent dans la même phrase, on n'est plus dans du français et on n'est plus dans du français correct ni même élégant. On est dans un entre-deux qui n'appartient à aucune langue et ça devient brouillon. La règle que j'applique et que je vous invite à appliquer pour avoir un langage soigné, c'est d'utiliser les anglicismes en dernier recours et avec parcimonie. Et je vais vous donner une liste de substitutions concrètes que vous pouvez commencer à appliquer dès maintenant pour affiner votre langage et parler un bon français. Au lieu d'utiliser le terme business, vous pouvez dire entreprise, affaires, activités. Au lieu de parler d'un meeting, vous pouvez dire que vous allez à une réunion. Au lieu de demander des feedbacks, vous pouvez demander des retours ou des avis. Au lieu de dire que vous traversez un challenge, vous pouvez parler d'un défi ou d'un enjeu. Au lieu d'imposer des deadlines, vous pouvez imposer des échéances, des dates limites ou des dates butoirs. Au lieu de dire que vous voulez améliorer votre mindset, vous pouvez dire que vous travaillez sur votre état d'esprit. Au lieu de dire que vous allez à un événement de networking, vous pouvez dire que vous allez à un événement de réseautage. Au lieu de dire que vous avez un cool... À 14h, vous pouvez dire que vous allez prendre un appel ou une vidéoconférence à 14h. Et au lieu de dire que vous suivez une trend sur Instagram, vous pouvez tout simplement dire que vous suivez une tendance. Je pourrais m'étendre sur le sujet encore des heures et des heures. Ceci n'est pas une liste exhaustive. Je vous donne des substitutions qui sont très simples. Ce sont des mots qui existent en français et qui feront que votre phrase reste du bon français, correct et élégant. Point suivant, et c'est celui qui me tient le plus à cœur dans cet épisode, parce que c'est celui que l'on sous-estime le plus. On peut corriger tous ces tics de langage, éliminer les anglicismes, soigner sa diction, et pour autant rester vide sur le fond. Et ça, malheureusement, ou heureusement, ça se perçoit immédiatement dans les cercles qui sont intellectuellement et professionnellement exigeants. En réalité, ce qui capte leur respect, ce qui retient l'attention, ce qui fait qu'on vous écoute vraiment, c'est quand vous avez des choses à dire, tout simplement. C'est quand vous apportez des références pertinentes, c'est quand vous apportez des angles de lecture sur un sujet, c'est quand vous avez une pensée qui se tient. Et c'est là où ça devient intéressant, c'est que la culture générale et le langage ne sont pas deux chantiers séparés. Ce sont des éléments qui se nourrissent mutuellement. Quand vous lisez, vous enrichissez votre vocabulaire sans faire un effort conscient. Et en faisant cela, vous n'avez pas besoin de faire des fiches de vocabulaire comme à l'école. En vous cultivant, les mots entrent naturellement parce que vous les rencontrez dans un contexte, dans une phrase, dans une idée. Et quand vous écoutez des gens qui pensent à voix haute avec une certaine précision, vous absorbez ces structures de raisonnement, vous apprenez à construire une idée, à la nuancer et à l'argumenter. Travailler sa culture générale, c'est donc aussi travailler son langage. Et quand vous faites cela, vous faites d'une pierre deux coups. Et dans ce même registre, j'aimerais vous parler de la nuance, de l'idée de nuance. Parce que nuancer son langage, ce n'est pas aligner des mots ou des synonymes pour faire savant. C'est utiliser le mot qui exprime l'idée que vous voulez développer et qui traduit avec exactitude votre pensée. Si vous voulez agrémenter votre langage avec des termes plus riches et plus recherchés, ne commencez pas avec des termes abscons comme « plus il y a de limité » péremptoire, rodomontade, vicissitude, débonnaire, ou encore avec le terme abscon que j'ai utilisé pour introduire mon propos. Ce sont des mots qui sont bien trop complexes, qui ne sont pas forcément d'utilité publique. Mais si vous les connaissez, c'est très bien. Dans tous les cas, vous pouvez commencer avec des termes beaucoup plus simples, et notamment commencer par remplacer les verbes très génériques. Des verbes comme faire, être, avoir, parler, qui sont des verbes fourre-tout. Et dès lors que vous commencez par les remplacer avec des synonymes, vous commencez déjà à donner une certaine précision à votre pensée en même temps que vous en donnez à votre discours. Si vous prenez le verbe faire, par exemple, en fonction du contexte, vous pouvez le remplacer par réaliser, accomplir, exécuter, concevoir, mettre en œuvre, élaborer. Ce ne sont pas des synonymes qui veulent dire la même chose en chaque circonstance, ils expriment chacun une nuance. Réaliser un projet, ce n'est pas tout à fait la même chose qu'exécuter une tâche, et c'est précisément cette nuance qui enrichit votre propos. Autre exemple, le verbe être peut être remplacé par incarner, se révéler, se situer, représenter, exister. De la même manière, le verbe avoir peut être remplacé par posséder, détenir, acquérir, obtenir, bénéficier de, jouir de. Et de la même manière, le verbe parler peut se transformer en s'exprimer, formuler, énoncer, articuler, développer. Et vous pouvez faire cela avec plein d'autres verbes ultra génériques comme dire, manger ou que sais-je encore. Entraînez-vous de manière générale, prenez les mots que vous utilisez le plus souvent et demandez-vous quel synonyme, quelle tournure précise rendrait mieux compte de ce que vous voulez dire. C'est un réflexe qui s'acquiert et avec le temps ça deviendra naturel. Le point suivant de mon éloquence... concerne les registres de langue. Vous l'avez appris en cours de français, dans le langage il y a trois registres, le familier, le courant et le soutenu. Et si vous avez bien suivi l'épisode depuis le début, vous avez compris que la vraie maîtrise du langage ce n'est pas de choisir le registre soutenu une bonne fois pour toutes et de s'y tenir en permanence. En réalité c'est de savoir passer de l'un à l'autre de ces registres avec fluidité selon le contexte. Le registre familier, comme son nom l'indique, c'est celui que l'on utilise avec sa famille, avec ses proches, avec ses intimes, avec ses amis. Alors attention, familier ne veut pas dire vulgaire. Et le langage, le registre vulgaire, qui serait en quelque sorte une forme de quatrième registre, qui est situé en dessous du langage familier, celui-là, il est à éviter en toutes circonstances. Et le familier, c'est simplement le langage du cercle intime, et il est tout à fait approprié de l'utiliser dans ce cadre-là. Ensuite un cran plus haut. Ou un cran de formalisme plus haut, on va dire le registre courant. Celui-ci, c'est le langage neutre, clair, fluide, celui qu'on utilise au quotidien dans les contextes sociaux et professionnels ordinaires, dans les échanges avec des gens qu'on connaît peu, ou dans des conversations sociales de manière très générale et générique. Et enfin, le registre soutenu, c'est celui qu'on utilise dans les contextes formels, dans des prises de parole officielles, dans des allocutions. et pas forcément dans des dîners d'affaires ou dans des réunions importantes. En réalité, quand vous discutez avec des gens, vous n'utilisez pas le langage soutenu. Le langage soutenu, c'est un langage qui est très travaillé, qui s'emploie dans des contextes bien particuliers, en particulier dans des pistes de parole qui sont préparées devant des personnes d'un certain rang, dans certains contextes, et dans lesquels on va mettre en place une certaine forme de formalisme. Là où je veux en venir, c'est que les personnes qui ont vraiment de l'aisance sociale, elles ne parlent pas un langage soutenu tout le temps. Elles ajustent leur langage en fonction du contexte. Pour vous l'illustrer de manière concrète, vous prenez l'exemple d'un avocat. Un avocat, quand il va plaider devant une cour, il va utiliser un registre soutenu parce qu'il aura préparé son réquisitoire ou sa plaidoirie. Il utilisera un registre soutenu, très précis, très construit. Chaque mot sera choisi, chaque phrase sera tenue. Mais si vous croisez ce même avocat dans un dîner, dans un café, dans un contexte informel, il va s'exprimer dans un langage courant, voire familier. en fonction du contexte et de la personne à laquelle il s'adresse. Ce n'est pas une contradiction, ce n'est pas de l'incohérence, c'est exactement ce qu'on attend de quelqu'un qui maîtrise le langage. Je reviens à mon exemple de Christelle Edeman, que j'ai mentionné en première partie. Lors de son intervention sur le plateau de quotidien, elle était dans un registre courant, voire familier, qui était en quelque sorte ajusté à un plateau grand public où l'ambiance se veut décontractée. Mais je me suis amusée à l'écouter... dans un contexte totalement différent qui était celui de son audition au Sénat devant la commission d'enquête sur les aides publiques aux grandes entreprises. Je vous mettrai le lien en description si vous voulez faire l'expérience par vous-même. Et vous pourrez constater que quand elle s'exprime dans ce contexte devant des parlementaires, devant des sénateurs, là le registre change. Ce n'est pas du soutenu à proprement parler. Alors en réalité, elle passe sur deux registres. Elle commence par parler dans un registre soutenu parce qu'elle lit un document qu'on lui a préparé. Et ensuite vient le temps des échanges avec le sénateur qui l'auditionne, et là on passe sur un dialogue dans le registre courant. Mais c'est un langage courant qui est un peu plus tenu, qui est précis, dans lequel elle utilise des termes techniques, et c'est normal puisqu'elle s'adresse à des parlementaires dans un cadre officiel, et par conséquent son niveau de langage s'ajuste naturellement. Et si vous, vous voulez faire la même chose que Christelle Edeman, qui est donc... directrice générale d'une grande entreprise française, je vous invite à faire la même chose, c'est d'ajuster votre langage en fonction du contexte dans lequel vous vous trouvez, tout simplement. Ce n'est pas une question de niveau de langage en tant que tel, c'est une question de conscience du contexte. Et le piège symétrique existe aussi, c'est-à-dire que si vous, vous qui m'écoutez, quand vous parlez avec vos amis, vous utilisez un niveau de langage qui serait celui d'une allocution officielle, et bien inévitablement vous allez créer une distance ou un malaise, vous allez vous donner des airs de quelqu'un qui est extrêmement rigide et qui ne sait pas s'adapter au contexte. Une chose importante d'ailleurs à ce sujet, c'est que si vous êtes dans une démarche de progression sociale et que vous commencez à soigner votre langage, vous allez peut-être entendre autour de vous des remarques, des gens qui vont vous dire que vous parlez comme un bourge, ou que vous faites la précieuse, ou que vous vous exprimez comme les gens de la haute, en somme que vous vous prenez pour quelqu'un que vous n'êtes pas. Deux choses à comprendre à ce sujet. La première, sur ces expressions-là que je viens d'utiliser à dessein, parler comme un bourge, faire partie de la hôte, ce sont précisément des marqueurs d'expression de la classe populaire et de la classe moyenne. Les personnes qui appartiennent réellement à ces cercles-là n'emploient pas ces termes pour s'autodésigner. Donc si vous les utilisez vous-même, c'est un signal. Si vous aviez l'habitude de les utiliser, je vous invite à bannir ces expressions de votre vocabulaire, si toutefois vous vouliez évoluer socialement. La deuxième, c'est que si ces remarques viennent de votre entourage proche, c'est sans doute le signal que votre progression linguistique crée un écart, et cet écart nous amène directement au dernier point de cet épisode. Dernier point qui est probablement le plus sous-estimé dans la progression en termes de langage, puisque vous pouvez faire tous les exercices du monde, mémoriser des synonymes, effacer tous vos tics, soigner vos liaisons, éliminer les anglicismes, Mais si votre environnement quotidien tire dans l'autre direction, eh bien... tous ces efforts vont s'éroder, progressivement, sans que vous ne vous en rendiez compte. Pourquoi ? Parce que l'être humain fonctionne par mimétisme. On s'aligne sur le langage de ceux que l'on fréquente, et ce n'est pas une question de volonté ou de faiblesse, c'est un mécanisme de plasticité cérébrale et il fonctionne à tout âge. Et cela joue à deux niveaux. D'abord, au niveau de ce que vous écoutez au quotidien. Si vous passez vos journées à consommer des contenus où le niveau de langage n'est pas soigné, votre cerveau va s'habituer et il va reproduire ses comportements en termes de langage. Et à l'inverse, si vous exposez vos oreilles à des gens qui s'expriment avec soin, avec précision, avec fluidité, eh bien votre oreille va s'affûter et votre expression va naturellement suivre. Ainsi, je ne peux que vous recommander d'écouter des médias comme Radio Classique, France Culture, qui sont des émissions de radio que vous... Vous pouvez également retrouver un podcast qui sont plutôt écoutés par des CSP+. Écoutez des podcasts où les intervenants s'expriment bien. Regardez des auditions parlementaires, par exemple des émissions comme celle d'Arte. Alors je sais que ça peut paraître austère. En réalité, ça ne l'est pas. On trouve des choses très intéressantes, y compris sur Public Sénat. Et dans tous les cas, je vous assure que c'est un investissement, alors pas en termes pécuniaires, mais en temps, et surtout en termes de connaissances, puisque votre cerveau va absorber naturellement ce à quoi il est exposé. Par conséquent, choisissez avec soin les personnes que vous écoutez. Et dans l'autre sens, soyez sélectifs et veillez à supprimer les médias qui ne correspondent pas au niveau de langage que vous voulez atteindre. Parce que si vous passez des heures à regarder des émissions de télé-réalité ou écouter des contenus sur les réseaux sociaux, notamment où le niveau de langage est pauvre, votre cerveau va s'y habituer aussi. Et ce n'est pas un jugement de valeur sur les personnes qui produisent ou qui consomment ces contenus, c'est simplement une réalité neurologique. Deuxième niveau sur lequel cela joue, c'est dans les échanges que vous vivez au quotidien. C'est une chose d'écouter passivement certains médias, c'en est une autre de dialoguer avec des personnes qui s'expriment bien. Parce que si chaque fois que vous faites l'effort d'utiliser un mot plus précis ou une tournure plus soignée, les gens autour de vous le signalent d'une manière ou d'une autre, ou plutôt vous critiquent d'une manière ou d'une autre, vos efforts vont s'effriter ou plutôt vous allez être découragés. A l'inverse, un entourage qui s'exprime avec clarté, avec nuance, avec soin, c'est un entourage qui vous tire vers le haut sans que vous n'ayez à forcer. Quand les gens autour de vous sont articulés, qu'ils utilisent un vocabulaire qui est épuré, vous n'avez même plus besoin de faire d'efforts conscients, c'est votre environnement qui va faire ce travail pour vous. Concrètement, qu'est-ce qu'il faut faire ? Tout d'abord, je vous invite à faire un audit honnête. Quelles sont les cinq personnes que vous fréquentez le plus ? Et à partir de cette cartographie des cinq personnes, demandez-vous comment est-ce qu'elles s'expriment au quotidien. Quel est leur niveau de langage ? Est-ce que c'est un niveau vers lequel vous voulez tendre ? ou au contraire, est-ce qu'elles ont une manière de s'exprimer qui n'est pas dans les standards que vous utilisez ? Ensuite, si votre entourage répond plutôt à la deuxième option, dans ce cas-là, il va falloir prendre des mesures, alors non pas évincer cet entourage, mais plutôt commencer par rejoindre des cercles où les gens cultivent un langage soigné. Par exemple, des clubs de lecture, des réseaux professionnels. Dans tous les cas, il faut que ce soit des environnements qui soient intellectuellement stimulants. Et ce n'est pas une question de snobisme que de dire que vous voulez fréquenter des personnes qui vont vous permettre de vous améliorer à la fois sur le plan intellectuel et sur le plan de l'expression orale. Mais pour cela, il vous faudra cultiver une certaine hylienne, si je puis dire ainsi. Ce n'est peut-être pas l'expression la plus valorisante pour tout le monde, mais c'est ainsi que vous progresserez le mieux. Et je parlais de réseaux sociaux précédemment, soyez sélectifs dans vos abonnements sur les réseaux sociaux, dans les comptes. que vous suivez dans les voix que vous écoutez régulièrement, tout cela façonne votre rapport au langage. Ceci dit, vu l'imprévisibilité et l'aléatoire des algorithmes, je vous conseille de manière générale de couper au maximum les réseaux sociaux, de ne pas les utiliser ni comme source d'informations, ni comme source d'amélioration ou de développement personnel. Privilégiez le monde réel et choisissez des gens qui s'expriment bien. identifier des journalistes, des auteurs, des personnalités publiques qui ont plutôt un rapport soigné au langage et forcez-vous de consulter, écouter leurs publications, qu'elles soient écrites ou audiovisuelles. Nous en arrivons au terme de cet épisode et j'aimerais que l'on récapitule les points essentiels. Les élites ne parlent pas avec des mots compliqués. Elles parlent avec justesse, elles adaptent leurs registres au contexte. Ce ne sont pas des gens qui sont dans de la sophistication permanente, ce sont des personnes qui cultive simplement de l'intelligence situationnelle et relationnelle. Deuxièmement, avant d'enrichir votre langage, commencez par le désencombrer. Retirez l'éthique, corrigez les fautes structurelles, limitez les anglicismes inutiles. Un beau langage, un langage élégant, c'est avant tout un langage qui est débarrassé du superflu et des artifices. Troisièmement, ce que vous dites prime sur comment vous le dites. cultiver avant tout votre culture générale, travailler votre pensée, nuancer vos propos en choisissant le mot qui exprime exactement ce que vous voulez dire. Quatrièmement, maîtriser les registres. Tous les registres, familiers, courants, soutenus et sachés, passés de l'un à l'autre selon le contexte. C'est cela la vraie aisance en termes de langage. Et cinquièmement, votre entourage est votre niveau de langage. Par conséquent, choisissez avec soin. les personnes que vous écoutez ainsi que les personnes que vous fréquentez. Parce que le langage c'est avant tout une affaire d'environnement. Et je terminerai par cette phrase qui a guidé cet épisode depuis le début. Il vaut mieux utiliser des mots simples pour exprimer une idée pertinente et intelligente que d'utiliser des tournures alambiquées pour dire des choses creuses. Voilà, c'est dit. Le langage est le miroir de votre pensée, travaillez votre pensée et le langage suivra. C'est tout ce que vous devez retenir de cet épisode. Merci infiniment de m'avoir écoutée jusqu'au bout. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à le partager autour de vous. Et si vous ne l'avez pas encore fait, vous pouvez aller laisser une note et un commentaire 5 étoiles, comme les 33 plus 15, soit 48 personnes qui l'ont déjà fait, sur votre plateforme d'écoute préférée. Tous les liens que j'ai mentionnés dans cet épisode seront bien évidemment indiqués en description. Et quant à moi, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente journée ou une excellente soirée. Et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode d'élégance et ambition.