- Speaker #0
Bienvenue dans « Élégance et ambition » . Je m'appelle Thalia, et après plusieurs années à décrypter les codes de la classe CZ, j'aide désormais les personnes ambitieuses à gravir l'échelle sociale tout en restant fidèles à elles-mêmes. Ici, on parle d'élégance, de savoir-être et de conseils pratiques pour naviguer dans les cercles les plus prestigieux. Dans ce podcast,
- Speaker #1
je vous partage tout pour transformer vos ambitions en actions concrètes et vous accompagner pas à pas dans votre quête de réussite sociale. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous inspirer. Et si ce qui vous bloquait dans votre ascension sociale,
- Speaker #0
ce n'était pas un manque de méthode, ni un manque d'information, ou un manque de bonne volonté, mais quelque chose de bien plus profond que cela. Quelque chose qui se passe dans votre cerveau et que vous ne voyez même pas. Parce que c'est ce que j'observe depuis que j'ai lancé ce podcast et depuis que j'accompagne des personnes dans leur parcours d'ascension. Les personnes qui stagnent ne manquent pas de ressources, elles ne manquent pas non plus de talent. Ce qui les freine, la plupart du temps, c'est psychologique. C'est la peur de l'échec qui paralyse, c'est la peur de réécrire, oui ça existe, on va en parler. C'est le sentiment de ne pas être légitime dans le monde auquel on aspire. C'est la difficulté à se réinventer quand on sait qu'on doit changer, mais qu'on n'arrive pas à se lancer. Et pour vous aujourd'hui, je suis allée chercher quelqu'un qui pouvait répondre à toutes ces questions, pas juste avec des outils de coach, mais avec de la science. Et pour ce tout premier épisode avec une invitée, j'ai l'honneur d'accueillir Elodie Sarruco, docteur en neurosciences. Elodie, bienvenue sur le podcast.
- Speaker #1
Merci Talia, bonjour.
- Speaker #0
Bonjour Élodie, pour commencer, je vais prendre le temps de te présenter aux auditrices et aux auditeurs qui ne te connaissent pas encore. Élodie, tu commences ta vie professionnelle comme entraîneur sportif en Espagne. C'est à 25 ans que tu entames tes premières études universitaires et en parallèle, tu occupes un emploi d'ambulancière pour financer ta reprise d'études. À 33 ans, tu décroches un doctorat en sciences du sport avec une spécialité en neurosciences. À l'issue de ce doctorat, tu entames une carrière d'enseignante et de chercheuse à la faculté, puis de chercheuse dans un hôpital universitaire en Allemagne. Je précise que tu fais tout cela en langue allemande, alors même que tu n'as pas d'attache dans ce pays et que l'allemand n'est pas ta langue maternelle. On pourrait penser que l'histoire s'arrête ici, mais pas du tout, puisque depuis 4 ans et demi, tu es également étudiante en médecine vétérinaire. Et en parallèle de tout cela, depuis 2 ans, tu diriges ta propre entreprise grâce à laquelle tu aides les personnes à exploiter leur plan potentiel et à occuper la place qu'elles méritent, aussi bien sur le plan personnel que professionnel. En somme, la personne que vous allez occuper... écouter aujourd'hui, c'est quelqu'un qui cumule une expertise scientifique sur le fonctionnement du cerveau, une pratique d'accompagnement avec des vraies personnes sur le terrain et un parcours personnel qui illustre parfaitement ce dont on parle sur ce podcast. Et Élodie, ta présence ici, elle est extrêmement précieuse à double titre, d'abord par... ton expertise dans le domaine des neurosciences, grâce à laquelle tu aides maintenant des personnes à s'épanouir, à se développer, à développer leur potentiel et à se reconvertir sur le plan professionnel qui est un aspect extrêmement important pour l'ascension sociale, puisque ça fait partie des stratégies pour évoluer socialement. Et le deuxième niveau sur lequel ta présence est très utile, c'est que tu pourras apporter sur le fait que tu es également transfuge de classe, puisque tu n'es pas issue d'un milieu de professeur ou d'universitaire, et pourtant tu as atteint le... plus haut grade dans la hiérarchie universitaire puisque tu as le titre de docteur. Est-ce que j'ai bien résumé ton parcours ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En gros, c'est ça. Effectivement.
- Speaker #0
Très bien. J'ai une première question pour toi qui porte sur la peur de l'échec. Dans mon accompagnement auprès de mes élèves et sur ce podcast, j'encourage les gens à se fixer des objectifs ambitieux. Mais ce que j'observe, et c'est presque systématique, c'est que plus l'objectif est grand, plus la peur de l'échec est intense. Et parfois, cette peur elle paralyse complètement, ce qu'on appelle souvent la paralysie de l'analyse. Et toi qui travailles sur les mécanismes cérébraux, est-ce que tu saurais nous expliquer d'où est-ce que ça vient ? Et est-ce qu'il y a quelque chose de neurologique qui explique qu'on se retrouve bloqué juste avant de passer à l'action ? Et si oui, comment on dépasse cela ?
- Speaker #1
Alors, il faut savoir que la peur de l'échec, c'est l'un des blocages les plus universels qui existent. Et justement, cette peur-là ne touche pas les personnes qui manquent d'ambition, bien au contraire, elle touche... précisément celles qui ont quelque chose d'important à accomplir. Et donc, c'est là qu'on va venir observer des comportements divers et variés. Quand tu m'as dit, tu as évoqué justement le fait de suranalyser, d'accord ? Donc ça, ça en fait partie, la surpréparation excessive, toujours devoir venir peaufiner le dernier détail, la procrastination chronique, l'attente du bon moment, le besoin, il faut que je fasse encore une formation de plus, il me manque cette information, le fait de se comparer en permanence avec ceux qui sont plus avancés que nous. Donc, sous Merci. toutes ces formes, au final, le mécanisme est le même, c'est se préserver de l'échec. Et donc, cette peur, quand elle est vraiment extrêmement présente, elle l'empêche de passer concrètement à l'action. Et c'est là que la plupart des gens font vraiment une erreur d'interprétation fondamentale sur ce que signifie la peur, puisqu'ils la lisent comme un signal d'arrêt. Si j'ai peur, c'est que c'est le signe que je ne suis pas prêt, ce n'est pas pour moi, c'est trop risqué. Alors qu'en réalité, cette peur, ce qu'elle vient leur montrer justement, c'est que ça compte vraiment pour eux. Et donc, tu me disais, observée chez les personnes qui viennent te voir, plus leur objectif est grand, plus leur peur de l'échec est intense. Et c'est ça, parce qu'en réalité, plus l'objectif est grand, plus il ressort d'une vision plus grande encore que l'objectif en lui-même, et donc plus il est important pour nous. Et il faut savoir que cette peur qu'on ressent, elle est Elle n'est pas si irrationnelle que ça, c'est juste qu'elle est mal calibrée. Puisque dans notre cerveau, on a une structure qui s'appelle l'amidale. Et cette structure vient scanner en permanence l'environnement et elle est à la recherche de menaces pour nous préserver. Et donc pendant des siècles et des siècles, cette alarme de l'amidale nous a sauvé la vie face à de nombreux prédateurs physiques. Le problème, c'est que l'amidale ne va pas faire la distinction entre un lion qui nous charge et le fait de poster notre première vidéo en ligne. Dans les deux cas, il y a une menace réelle. Pourquoi ? Parce que Si on poste sa vidéo, on devient visible, on s'expose au jugement et potentiellement au rejet. Et pour nos ancêtres, le rejet, l'exclusion du groupe, c'était synonyme de mort. Il y a mille ans, on ne pouvait pas survivre seul dans un monde aussi hostile que celui dans lequel on vivait à l'époque des cavernes. Donc, se savoir, se sentir rejeté, être exclu du groupe, ça vient notamment activer le cortex singulaire antérieur et puis l'asthula antérieur, qui sont des zones cérébrales. impliqués dans la réponse à la douleur physique. Donc au final, quand on dit « le rejet fait mal » , ce n'est pas si métaphorique que ça. Et par ailleurs, il faut savoir que quand l'amidale vient s'emballer, le cortex préfrontal, qui est la zone du cerveau responsable de la pensée rationnelle, de la créativité, de la projection dans l'avenir, des fonctions cognitives plus élevées, ce cortex préfrontal se retrouve inhibé. Donc quand l'insula détecte ce danger qui allait suractiver, on n'est plus en train de raisonner. Et donc, on bascule en quelque sorte dans un mode de survie. Et ici, la seule priorité pour notre cerveau, c'est éviter la menace. Donc, en l'occurrence, ne pas poster sa vidéo, ne pas aller déposer les papiers à la mairie pour lancer son entreprise. Et c'est parce que notre cerveau n'est pas câblé pour nous pousser à évoluer, pour nous pousser à nous épanouir, à nous réaliser. Il n'est pas câblé pour que l'on vienne prendre des risques. Il est câblé pour nous maintenir en sécurité, pour survivre. Et donc, restez. dans sa zone de confort, même si on ne la trouve pas si confortable que ça, on l'appelle la zone de confort parce qu'elle est connue, elle est prévisible. Même si ça se passe mal, on sait comment est-ce que ça se passe et on sait comment gérer ça. Donc, on a un sentiment de sécurité. Et ça, ça va venir déclencher des petites doses de dopamine qui sont stables, qui sont prévisibles. Par contre, se lancer dans quelque chose de complètement nouveau, en revanche, là, ça implique de l'incertitude. Et l'incertitude peut signifier potentiellement une chute dopaminergique. Donc, résultat, Notre cerveau, qui est câblé pour ça, nous récompense biologiquement pour la procrastination. Donc, attendre, remettre à plus tard, se préparer encore, tout ça au final, ça vient générer un signalement immédiat que le cerveau va venir interpréter comme un signal qui est positif. Donc, c'est un piège de notre cerveau qui est parfaitement conçu pour nous maintenir en sécurité, mais qui nous empêche complètement d'évoluer. Et il faut savoir qu'il y a eu des travaux en psychologie du regret. Ça existe, la psychologie du regret. et qui montre de façon constante que sur le long terme, les personnes regrettent bien davantage les choses qu'elles n'ont pas faites que celles qu'elles ont tentées et ratées. Donc, le regret de l'inaction est beaucoup plus lourd que le regret de l'échec parce qu'il laisse aucune information. On ne sait jamais ce qui aurait pu se passer. Et au final, ne pas se lancer, parce qu'on a peur, un coup que l'on ne calcule jamais parce que ce coup est invisible. C'est le coup de ce qui ne s'est pas passé. on ne le connaît pas, donc on ne le prend pas en compte. Alors que c'est en réalité ce qui aurait pu avoir fait toute la différence dans notre vie. Par contre, j'ai une bonne nouvelle pour nous tous, c'est que notre cerveau est plastique, il se recâble par l'expérience répétée. Donc, à chaque fois que vous exposez votre cerveau à la situation qu'il craint et qu'il constate qu'il n'y a aucune catastrophe qui s'est produite, vous avez posté votre vidéo, vous n'êtes pas décédé, au final, il y a de nouvelles connexions neuronales qui vont... se créer et cette peur va venir s'affaiblir progressivement. Donc, si à chaque fois que vous faites un pas concret vers la réalisation de ce fameux projet que vous avez en tête et que vous constatez qu'il n'y a pas eu de drame, il ne s'est rien produit de vraiment douloureux pour vous, vous allez affaiblir les réseaux neuronaux qui vous freinent initialement et vous allez venir renforcer ceux qui soutiennent votre passage à l'action. Il faut savoir qu'il y a une porte de sortie. Et juste sur ce sujet, même si tu ne me l'as pas demandé, Je veux vraiment ajouter une dernière chose sur la peur de l'échec rapidement. C'est cette définition qu'on a de l'échec. Qu'est-ce que c'est que l'échec ? L'échec, c'est une expérience qui ne s'est pas déroulée comme on avait prévu. Qu'est-ce que c'est que l'échec ? Peut-être que vous avez manqué la signature d'un contrat ou vous n'avez pas décroché le job dans une entreprise. Donc, vous voyez ça comme un échec. Mais en réalité, peut-être que la collaboration aurait été horrible. Peut-être que ça allait très mal se passer. Vous ne savez pas. Et le fait de ne pas vous être engagé dans cette voie vous a donné de l'espace pour peut-être signer avec d'autres personnes avec qui tout se passera très bien. Quelqu'un qui va vous recommander, qui va faire décoller votre carrière. D'accord ? Donc, que quelque chose ne soit pas passé comme prévu, c'est un retour d'information. C'est la vie. Je ne vois pas en quoi c'est un échec. On analyse, on regarde ce qu'on peut améliorer et on continue. Parce qu'au final, le seul échec possible dans la vie, c'est arrêter. Si à un moment donné, vous arrêtez parce que ça n'a plus de sens pour vous, c'est de l'intelligence. Ça veut dire qu'il faut passer à autre chose. Par contre, si vous sentez que ça a encore du sens pour vous, qu'il y a encore des ressources, vous n'avez pas encore tout donné, mais vous arrêtez. Là, vous avez échoué. Le seul échec possible, c'est l'abandon. Tout le reste, c'est la vie. Donc, je vous invite à voir les choses comme une expérience. Quand vous voulez évoluer dans un aspect, vous vous fixez de nouveaux objectifs, vous sentez que vous êtes appelé ailleurs, c'est une expérience. Une expérience ne peut pas échouer. Une expérience vous donne toujours des données. Pensez à ce qui vous fait peur et dites-vous, « Ok, j'essaye pendant 30 jours. » Et vous voyez ce qui se passe. Vous ajustez au fur et à mesure, c'est tout. Plutôt qu'être obsédé par l'obligation d'un résultat précis immédiat, vous devenez curieux. Tout simplement curieux. Et dans cet état d'esprit-là, déjà vous allez être libéré de beaucoup d'impératifs qui vous effraient, qui vous effraient au point de vous paralyser. Juste cette petite bascule entre « je dois faire ça » et « tiens, je vais faire cette expérience et je vais voir ce qui se passe, ça m'intéresse, ça va venir enlever un poids considérable » qui va très certainement vous faciliter le passage à l'action, et donc vous permettre de recâbler certains réseaux neuronaux.
- Speaker #0
C'est extrêmement clair comme explication. Ce que je relève dans ce que tu dis, c'est que la peur de l'échec, finalement, elle est beaucoup plus émotionnelle que rationnelle. Quand bien même on parlerait de paralysie de l'analyse, on a souvent l'impression que les personnes qui ont peur et qui ne passent pas à l'action, c'est parce qu'elles analysent trop, mais finalement, ça n'est que de l'émotionnel. Et ce que je comprends dans les conseils que tu donnes, c'est finalement de rationaliser. le passage à l'action et la peur de l'échec, pour mettre les éléments en perspective et passer et remobiliser le cortex préfrontal qui est justement le siège de l'analyse rationnelle.
- Speaker #1
Alors oui, et surtout, j'aimerais rebondir sur deux aspects dans ce que tu viens de dire, dédramatiser. Il y a deux types de décisions dans la vie. Il y a celles qui sont irréversibles, comme faire un enfant, comme certaines très grosses opérations chirurgicales, on ne peut pas faire retour en arrière. Il y a des décisions irréversibles, elles sont rares dans notre vie. et il y a toutes les autres décisions qui sont irréversibles. On peut revendre une maison, on peut changer de poste, on peut déménager de nouveau, on peut retourner dans son pays d'origine si on est parti. Et il faut avoir à l'esprit que quand on prend une décision, on ne s'engage pas forcément pour toute la vie, sauf pour ces rares décisions irréversibles. Donc déjà, dédramatiser, ne pas se prendre autant au sérieux en termes d'attente de résultats, parce qu'à partir du moment où vous faites ce qu'il faut sur une durée suffisante, le résultat arrivera de lui-même. Ce n'est qu'une question de temps. Vous pouvez avoir confiance en ça. Donc, tout simplement se mettre à l'action, parce que justement, tu me parlais de suranalyser. La suranalyse, c'est une protection de l'échec. C'est se dire, j'ai besoin d'avoir tous les éléments qui vont me permettre avec certitude de réussir. Sauf que la certitude dans la théorie n'existe pas. Donc, si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour réussir le plus rapidement possible, Il va falloir passer rapidement à l'action parce que seule l'action va vous donner les retours pertinents qui vous permettront d'ajuster et d'atteindre votre objectif. Vous n'aurez jamais un plan parfait sur votre canapé, dans votre tête. Vous allez avoir un plan suffisamment sérieux, plausible, d'accord, avec 50-70% des informations, que vous allez lancer et là vous allez vous confronter à la réalité très rapidement. Et c'est ça qui va vous permettre d'adapter et de poser un plan qui lui par contre à terme va... va commencer à être parfait, mais parce que vous avez fait. Donc, n'attendez pas d'être prêt pour vous lancer, parce que vous ne le serez jamais. Vous allez être prêt parce que vous faites. Et justement parce que vous faites, vous allez développer les compétences qui vont vous permettre de développer ce dont vous avez besoin pour atteindre cet objectif.
- Speaker #0
J'ai une autre question sur une peur dont on parle beaucoup moins, qui est la peur de la réussite, et qui est une peur qui est très présente, mais qu'on n'identifie pas toujours en tant que telle. ou qu'on ne reconnaît pas comme telle. Et je pense que dans un contexte d'ascension sociale, cette peur-là, elle est d'autant plus présente que souvent, ça traduit une peur de trahir son milieu social d'origine, de devenir quelqu'un que ses proches ou que sa famille ne reconnaîtraient plus. En mobilisant tes compétences en neurosciences, comment est-ce que tu expliques qu'on puisse à la fois vouloir quelque chose profondément, c'est-à-dire s'élever socialement, changer de classe sociale, d'environnement social, et en même temps, rester exactement où on est initialement ?
- Speaker #1
Il faut savoir que dans notre cerveau, il y a une sorte de modèle prédictif de qui on est. Et ce modèle prédictif va venir réguler activement nos comportements pour rester cohérent avec ce modèle, ce modèle qui est celui de notre identité. Quand un niveau de succès dépasse ce que le cerveau associe à son identité, paradoxalement, il va venir déclencher un signal d'alarme, une sorte de régulation identitaire. Et c'est pourquoi certaines personnes abandonnent des projets qui fonctionnent. Ou alors elles trouvent des raisons de rater des opportunités exceptionnelles ? Ou combien de fois est-ce qu'on a entendu qu'il y a des personnes qui avaient gagné 5 millions au loto, et ensuite ils perdent tout et retournent vivre dans leur petit appartement ? C'est parce qu'en réalité, leur thermostat interne, disons, les ramène inconsciemment, on est bien d'accord, mais les ramène à ce qui est familier. Et par ailleurs, on vient juste d'en parler, mais réussir, c'est potentiellement s'exposer, c'est être visible. Les autres vont nous voir et ils vont potentiellement nous juger. Et on vient de voir toute la cascade qui peut en découler et qui va venir nous dire de surtout ne pas passer à l'action. Réussir peut signifier devenir visible. Et ce qui va ressortir aussi assez souvent dans la peur de réussir, c'est la pression de maintenir. Parce que si on réussit une fois, quelque part ça crée une nouvelle norme et cette nouvelle norme, il va falloir la maintenir. C'est ce qui est attendu de nous maintenant. Il va falloir continuer de performer de manière constante. Et là, on peut être amené à se demander, est-ce que je vais tenir ? Est-ce que ce n'était pas un coup de chance ? Et donc, il y a certaines personnes qui préfèrent inconsciemment ne jamais atteindre ce palier, plutôt qu'atteindre ce palier et risquer d'en tomber par la suite. Donc, encore une fois, c'est une logique de protection. Et puis, ce que tu évoquais, le fait que dans un contexte d'ascension sociale, cette peur de la réussite se traduise par une peur de trahir son milieu d'origine. Et effectivement, il y a une chercheuse, Anans Linschutzenberger, qui est pionnière en psychogénéalogie, et elle a montré qu'on porte inconsciemment des scripts familiaux qui contiennent des croyances sur l'argent, sur le mérite, sur la place qu'on a le droit d'occuper. Et donc, réussir au-delà de ces scripts, réussir au-delà du niveau familial, va venir activer potentiellement une forme de loyauté inconsciente. Comme si dépasser ses parents, dépasser son milieu d'origine, c'est une forme de trahison, une forme d'abandon, voire même potentiellement une source de honte. Et ce phénomène vient être renforcé par ce qu'on appelle l'homéostasie familiale, donc le fait que Le système familial, comme tout système, résiste naturellement au changement, même quand ce changement est positif. Donc ce qui va se passer, c'est que l'entourage, parfois sans s'en rendre compte, peut venir envoyer des signaux subtils, des petits commentaires, mais des signaux de désapprobation face à nos transformations. Et notre cerveau, qui est câblé pour la survie sociale, pour rester dans notre groupe, va venir enregistrer ces signaux comme des menaces. Donc, ce que je veux vous dire, et ça j'aimerais vraiment que vous l'entendiez, c'est la réussite. votre réussite n'est pas une trahison. Sachez que réussir dans votre vie ne vous éloigne pas des gens que vous aimez et qui vous aiment réellement. À moins que vous décidiez que ça doit être le cas, mais là, c'est un autre sujet qui pourrait d'ailleurs faire l'objet d'un autre podcast entier. Mais gardez en tête que votre réussite ne vous éloignera pas des gens qui vous aiment réellement, des relations qui sont saines dans votre vie. Et en plus, elle peut être vécue comme une ouverture, une démonstration de ce qui est possible, une façon d'élargir aussi ce que votre... entourage s'autorise à envisager. Votre propre succès peut venir représenter une permission pour ceux qui vous regardent et leur donner le courage de chercher également à exploiter leur réel potentiel.
- Speaker #0
C'est extrêmement éclairant ce que tu dis. Il y a énormément de choses, c'est extrêmement riche. J'aimerais premièrement rebondir sur la notion de thermostat qui est liée à l'identité finalement et que quand on règle son thermostat, c'est plus facile de le concevoir, de l'associer à la notion d'argent par exemple. Souvent, quand on vient de milieux populaires, on est On est bloqué à un thermostat et à un niveau de revenu qui correspond à ces milieux sociaux-là. Et on se dit, il y a une croyance qui est que 2500 euros, par exemple, c'est un bon salaire. Et quand on règle son thermostat sur ce niveau-là, finalement, comme un thermostat dans un appartement, on va tout faire pour atteindre ce niveau-là et cette température. Mais dès lors qu'on l'a atteint, finalement, on reste bloqué. Si on file la métaphore, comment est-ce qu'on recalibre son thermostat pour le mettre plus haut ? que ce soit en termes de salaire, mais aussi en termes de capacité, de responsabilité, de statut professionnel. Est-ce qu'il y a des méthodes ou des petites astuces pour parvenir à augmenter son thermostat en termes d'identité ?
- Speaker #1
En venant changer ses croyances. Et ce n'est pas simple, puisque c'est ce qu'on a entendu pendant des années, c'est ce qui nous a façonnés, c'est ce qui nous a conditionnés. Donc la question est, si vous voulez faire bouger ce thermostat, il faut que ça parte d'une intention. J'ai envie de le faire bouger, mais je me demande comment, à partir de là, la porte est ouverte. Ça, c'est la première chose. Une personne qui part de ce principe, c'est ancré et c'est comme ça, on ne pourra rien faire. Par contre, à partir du moment où on se dit, je me rends compte que j'ai un blocage à ce niveau-là, je me rends compte que j'ai été conditionnée et je me rends compte que je coince à un palier de 2005. Cela dit, j'aspire à gagner plus. Très bien. Là, c'est la base. À partir de là, tout va être possible. La première chose que je peux vous inviter à faire, c'est regarder des personnes issues de votre milieu, qui ont des conditions semblables aux vôtres et qui ont dépassé ce palier. Allez vous inspirer. Moi, je me souviens, en l'occurrence, j'avais cette idée fixe que ça allait être très compliqué pour moi de faire des études médicales sur le tard parce qu'il allait falloir que je me finance et que je n'allais pas pouvoir travailler à temps plein et faire médecine. Donc, il allait falloir que je travaille à mi-temps et avec un salaire de mi-temps, je n'allais pas pouvoir vivre. Et c'est quand j'ai découvert Ali Abdaal, qui est un grand expert de la productivité au niveau international, qui lui était étudiant en médecine, qui a monté son entreprise en parallèle et qui a eu un succès phénoménal. Je me suis dit, tu peux faire des études médicales, monter ton entreprise, travailler tant d'heures par semaine et bien gagner ta vie. Et ça, ça m'a donné l'autorisation, ça m'a montré que c'était possible. Donc si vous, dans votre environnement, vous n'avez pas de modèle qui vous montre que c'est possible, allez en chercher ailleurs. Il y en a. Il y a toujours des personnes qui seront même parties de plus bas que vous et qui auront dépassé ce fameux plafond. Cherchez-les, regardez ce qu'ils font, consommez leur contenu, posez-leur des questions si vous avez la possibilité, d'accord ? Mais que ces personnes-là deviennent vos nouveaux standards, vos nouveaux modèles. Changez de modèle. Donc, si vous aspirez à évoluer socialement et que vous n'avez personne dans votre entourage qui vous montre ce modèle-là, aujourd'hui, avec Internet, en trois minutes, là, d'ailleurs, vous avez l'exemple avec Thalia, suivez Thalia. Si vous voulez vous élever socialement, elle, elle l'a fait, inspirez-vous. Écoutez ses conseils. Écoutez les conseils de ceux qui ont déjà réalisé ce à quoi vous aspirez. N'écoutez pas les conseils de votre entourage qui ne vit pas sa meilleure vie. Regardez bien qui vous posez vos questions et faites confiance à ceux qui ont validé ce à quoi vous aspirez.
- Speaker #0
Merci pour cette recommandation élogieuse. Effectivement, c'est extrêmement important de se trouver des modèles d'identification. C'est ce que j'encourage à faire auprès de mon audience. Pas seulement moi, j'ai réussi dans un domaine particulier. qui était plutôt le domaine institutionnel qui m'a permis d'acquérir les codes. Mais ici, par exemple, votre objectif, c'est plutôt une réussite financière très marquée. Il y a énormément de modèles qui existent dans le domaine, sur les réseaux sociaux, qui s'affichent. Alors, tout l'enjeu, c'est de faire la distinction entre les faux transfuges, ceux qui louent des Lamborghini et qui s'achètent des voyages à Dubaï pour y rester quelques jours, le temps de faire des photos Instagrammables, et ceux qui ont vraiment réussi. et malheureusement, ceux qu'on voit le plus ne sont pas toujours ceux qui ont vraiment réussi. Donc c'est bien de se trouver des modèles d'identification, mais attention à qui vous accordez votre confiance.
- Speaker #1
Vérifiez vos sources.
- Speaker #0
Tout à fait. Vérifiez que la personne a réussi par les conseils qu'elle vous prodigue, qu'elle a appliqué à elle-même sa propre méthode et pas en copiant des choses qu'elle a vues chez les autres et qu'elle vous recrache dans des formations bidons, pour le dire simplement. J'aimerais qu'on aborde maintenant le syndrome de l'imposteur parce que la... plus-value avec ton expertise, c'est que tu peux éclairer ce sujet avec des éléments que des coachs classiques ne peuvent pas apporter. Parce que tu es à la fois neuroscientifique, experte dans l'accompagnement et transfuge de classe. Alors ma question, elle est double d'un point de vue neuro, neurologique. Qu'est-ce qui se passe quand on vit le syndrome de l'imposteur ? Et est-ce que selon toi, ce phénomène prend une forme particulière chez quelqu'un qui est en train de changer de milieu social ? versus quelqu'un qui ferait juste une simple transition professionnelle sans changement de milieu ?
- Speaker #1
Alors déjà, je vais commencer juste par rassurer beaucoup de monde. Il y a une méta-analyse qui a été publiée en 2020 et qui estime que 70% des personnes ressentent les effets du syndrome de l'imposteur à un moment ou à un autre de leur vie professionnelle. Donc, ce qui est crucial à comprendre avant toute chose, c'est que le syndrome de l'imposteur, ce n'est pas un manque de compétences, c'est une sorte de biais cognitif. C'est un mode d'interprétation de la réalité, ce n'est pas la réalité elle-même. Et ça repose en fait sur une conviction que l'on a, très ou moins inconsciente bien entendu, mais qui vient comme ça nous murmurer « ce que j'ai réussi ne prouve rien » . Par contre, ce que je n'ai pas encore fait prouve que je ne suis pas légitime. Donc, en d'autres termes, vos réussites vont toujours être attribuées à la chance, au contexte, aux autres. Par contre, vos lacunes, elles, elles sont vraiment directement attribuées à votre identité profonde. Donc, c'est un système de comptabilité interne qu'on a qui est totalement biaisé. Et on vient le reconnaître à travers des pensées récurrentes qui viennent nous dire qu'on n'est pas assez qualifié. Si les gens savaient vraiment, je réussis par chance. Et aussi à travers de comportements, comme on le disait, la surpréparation excessive, la difficulté à accepter les compliments, la procrastination sur les tâches qui nous rendent visibles, justement. Et donc... pourquoi est-ce que ce syndrome est si persistant et pourquoi, paradoxalement, il touche en particulier les personnes compétentes. Alors, la première chose, on l'a vu, c'est le biais de négativité. Donc, je pense qu'on a tous bien compris maintenant que le cerveau humain est câblé pour détecter les menaces. Il va traiter les informations négatives avec une intensité deux à trois fois supérieure aux informations positives. Donc, résultat, nos échecs, nos lacunes, nos erreurs occupent un espace mental disproportionné par rapport à nos réussites. D'accord ? Donc, ce n'est pas du masochisme, c'est neurobiologique. Et l'effet Dunning-Kruger inversé, c'est une théorie, elle explique que les personnes peu compétentes dans un domaine surestiment leur capacité, faute de repères pour mesurer leur ignorance. Mais l'inverse est tout aussi vrai, les personnes très compétentes perçoivent les nuances, les zones d'incertitude, les limites de leur savoir, et donc elles interprètent cette conscience comme un manque. Donc, plus vous en savez, plus vous mesurez ce que vous ne savez pas encore. Plus vous en savez relativement, plus vous ouvrez des horizons et vous percevez ce que vous ne savez pas encore. Donc, proportionnellement, moins vous en savez et plus vous risquez de vous sentir illégitime. Et tu m'as demandé si c'était quelque chose de plus marqué lorsqu'on évolue socialement. et pas uniquement lorsque l'on évolue au sein de sa même classe sociale. En toute honnêteté, je ne sais pas. Je ne pense pas qu'il y ait eu des études précises sur le sujet, mais ce n'est pas grave, puisque de toute façon, ce ne sont pas les informations théoriques qui nous permettent de changer notre vie. Donc, pour ton audience, ce qui me paraît essentiel de dire, c'est que vous ne ressentez pas d'imposture quand vous stagnez. C'est quelque chose que l'on ressent quand on devient quelqu'un d'autre. C'est quelque chose que l'on ressent quand on sort de sa zone connue. On ressent le syndrome de l'imposteur quand on prend des risques, quand on évolue. Et si vous le ressentez en ce moment, c'est que vous êtes exactement là où il faut être. Vous êtes à la frontière entre votre identité actuelle et celle que vous êtes en train de construire. Vous êtes à la frontière entre vos compétences actuelles et celles auxquelles vous aspirez. Arrêtez d'attendre de vous sentir légitime. Vous n'allez jamais vous sentir légitime dans la théorie. La légitimité ne précède pas l'action, elle en résulte. personne ne se sent légitime avant de faire quelque chose pour la première fois. C'est normal, sinon ce n'est pas sain. Donc la légitimité n'est pas un prérequis, c'est un sous-produit de l'exposition et de la pratique. Donc je me répète, mais n'attendez pas d'être légitime pour agir. Vous deviendrez légitime en agissant. Dites-vous, je ne manque pas de légitimité, je manque d'expérience et peut-être de certaines compétences, et donc je vais les acquérir. Point. C'est tout.
- Speaker #0
C'est extrêmement éclairant, je pense que ça aidera beaucoup de personnes, parce que le syndrome de l'imposteur, comme tu le disais, c'est 70% des personnes de manière générale qui le ressentent. Et alors ça résulte d'une part du fait qu'on surestime les choses qu'on n'a pas faites, ou les choses qu'on a mal faites. Alors qu'en fait, la clé, finalement, ce serait de se concentrer sur ce qu'on a fait de bien. Moi, ça me fait penser, je le dis souvent auprès de ma communauté, le syndrome de l'imposteur, finalement, parfois, c'est le signe d'une estime de soi un peu fragile qui se manifeste. Est-ce que tu confirmes ? Et si oui, comment est-ce qu'on améliore cette estime de soi ?
- Speaker #1
Je vois vraiment deux facettes. D'abord, pour le syndrome de l'imposteur, oui, il peut y avoir une sorte de comptabilité qui est vraiment erronée, comme on l'a vu. C'est-à-dire qu'on va mettre en avant ce qui nous manque. Et on ne va pas venir comptabiliser ce qui est déjà là. On ne va pas voir comment est-ce qu'à partir de ce que l'on a maintenant, on avance et on vient développer ce qui nous manque. Parce qu'il ne s'agit pas de se dire si je suis légitime, si je suis capable. Parce qu'il se peut qu'il vous manque certaines compétences. Donc c'est sain, c'est une bonne chose de le remarquer. Mais en aucun cas, ça vient dire que vous ne pouvez pas avancer, vous n'allez pas être compétent et vous n'allez pas être à votre place. Donc je pense qu'il faut faire un audit, il faut venir faire vraiment un inventaire honnête avec soi-même. Qu'est-ce qui joue en ma faveur ? Qu'est-ce qui me manque ? Et en fonction de ce qui me manque, comment est-ce que je peux le développer ? Très bien. Sur ce que je viens de voir qui est à développer, je sais qu'il faudrait que je fasse une formation là-dessus, il faudrait que je liste tel livre. Très bien. Quand est-ce que je commence ? Quel jour ? Quelle heure ? Qu'est-ce que je fais ? Et on commence. Et on y va. Et on développe ce qui nous manque. Donc, je pense qu'il y a vraiment cet aspect-là. Et effectivement, tu parles d'estime de soi. Oui, il y a l'estime de soi et la confiance en soi qui sont deux choses différentes. La confiance en soi est dépendante de nos performances. L'estime de soi ne devrait pas l'être. Cet amour qu'on a pour soi-même, ce respect qu'on a pour soi-même, cette perception de nos propres valeurs, ne devrait pas dépendre de nos performances en permanence. Sauf que malheureusement, c'est souvent le cas. Donc effectivement, pour des personnes qui vont avoir une faible estime, encore le même principe, c'est en venant faire des choses qui vont venir nous confirmer que oui, on peut, que oui, on est digne, que oui, on a le droit, qu'on va venir construire les choses.
- Speaker #0
N'attendez pas de vous sentir mérité pour. Montrez-vous que vous méritez. Faites les choses, c'est comme ça que vous allez construire, que vous allez vous développer. Vous allez enrichir cette identité, vous allez la modifier. Demandez-vous, ok, que penserait une personne qui a une estime d'elle-même saine en ce moment ? Si elle voyait, si elle regardait mon parcours et qu'elle avait une estime d'elle-même qui était saine, qu'est-ce qu'elle penserait ? Qu'est-ce qu'elle verrait ? Et laissez cette deuxième version de vous-même faire l'inventaire.
- Speaker #1
Oui, donc reconnaître les choses qu'on fait bien plutôt que de s'attarder sur ce qu'on fait de moins bien. C'est quelque chose qui n'est pas naturel, mais il faut forcer le trait d'après ce que tu nous dis.
- Speaker #0
Non, les deux. Moi, je dirais vraiment les deux. C'est-à-dire qu'au même titre qu'on va venir voir objectivement ce qu'on fait bien sans le dévaluer, et au même titre voir ce qu'on estime avoir encore comme lacune pour pouvoir performer comme on aimerait pouvoir performer pour se sentir à notre place, à l'aise et pouvoir donner le niveau de qualité que l'on souhaite transmettre. Les deux, tout simplement. Avec la même honnêteté, la même ouverture, et se dire très bien, ça ce sont mes points forts, ok, là ce sont les choses qui me manquent aujourd'hui, très bien, je les identifie, comment est-ce que je vais les développer, et je commence demain avec telle action.
- Speaker #1
Et finalement, le syndrome de l'imposteur, c'est quelque chose de sain. Ça montre qu'on se remet en question, et qu'on est capable de voir ce qui ne va pas, de voir nos manquements, et de progresser d'autant plus vite qu'on les comble.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'on veut bien faire en plus. Donc moi, je dis tant mieux. Tant mieux, à partir du moment où on vient déverrouiller et on sort les personnes de la paralysie, tant mieux, ça veut dire qu'il y a un souci de qualité.
- Speaker #1
Oui, versus les personnes qui souffrent, ou qui souffrent sans le savoir plutôt, du syndrome de Dunning-Kruger du fait d'une incompétence qu'elles n'ont pas identifiée. Donc si vous pensez être incompétent ou incompétente, finalement, c'est peut-être le signe que vous ne l'êtes pas.
- Speaker #0
Et c'est surtout le signe que vous avez cette capacité à analyser ce dont vous avez besoin pour performer. au niveau auquel vous aspirez. Et donc, c'est toujours l'étape qui vient précéder la performance, celle de venir analyser ce dont on a besoin pour pouvoir produire le résultat.
- Speaker #1
Est-ce que toi, à titre personnel, tu as déjà ressenti le syndrome de l'imposteur dans ton parcours ?
- Speaker #0
Je n'ai jamais ressenti le syndrome de l'imposteur, justement parce que je ne me sentais pas légitime, donc je ne me lançais pas. Donc, je ne me sentais pas ne pas être à ma place puisque je ne l'occupais pas. Je me souviens qu'il était très clair pour moi que je voulais aider les autres à atteindre leurs objectifs. Je voyais comment moi, je me sortais toujours de toutes les situations très compliquées qui faisaient que ce n'était pas gagné d'avance. Et comment je gravissais les échelons. Et quand on me demandait, que j'expliquais un petit peu, on me disait « Mais comment tu fais ? Moi j'aimerais tellement. » Et j'ai envie de dire « J'aimerais aider toutes ces personnes qui, elles aussi, aspirent à plus sans qu'elles sont faites pour autre chose, mais qui coincent. » J'avais ça, c'est vrai, je ne me sentais pas légitime. Et j'avoue, j'avoue que j'avais 35 ans et ma mère m'a dit « Non mais Élodie, tu es neuroscientifique, tu as publié dans des revues internationales sur le fonctionnement du cerveau, sur la capacité de nos réseaux neuronaux à se réorganiser en fonction de nos expériences, en fonction de nos pensées. Tu as un diplôme universitaire de préparatrice mentale, tu as changé de carrière cinq fois. Si toi tu n'es pas légitime, mais qui l'est ? » Et j'ai eu... besoin, ça m'a fait du bien. Ça m'a fait du bien d'entendre ça. Et donc, dans un premier temps, je me suis vraiment mise à aider gratuitement. Je ne demandais même pas d'argent en retour, je venais aider gratuitement et quand j'ai vu les résultats que j'avais, la vitesse à laquelle les personnes que j'aidais évoluaient, je me suis dit, bon, maintenant, c'est ok, c'est validé, mais j'ai eu besoin de cette phase de validation. Donc, plutôt de rester coincée dans cette phase de, ok, je ne me sens pas légitime, je ne fais pas, Eh bien, faites gratuitement comme ça. Si vous avez peur que ce ne soit pas correct ou quoi que ce soit, vous n'avez pris d'argent à personne, vous n'avez pas fait de mal. Donc, faites comme ça et vous allez vous prouver à vous-même. Ce sont vos résultats, ce sont vos retours qui vont vous démontrer les choses. Si vous manquez de confiance, construisez de l'évidence. C'est ce que dit Alex Ormosi, un très grand entrepreneur américain. Si vous manquez de confiance, construisez l'évidence. Moi, j'ai eu l'évidence que mon approche était très pertinente, fonctionnait très bien. Ça allait vite et donc, je me suis dit d'accord. D'accord. Tu es en droit de demander de l'argent contre cette valeur que tu apportes, parce que tu viens vraiment aider les gens. Et j'ai eu besoin de cette phase. Donc, je n'ai pas eu de syndrome de l'imposteur, parce que j'ai attendu d'être légitime pour monnayer.
- Speaker #1
Et avec le recul, est-ce que tu ferais les choses différemment ? Est-ce que tu te serais lancée plus tôt, par exemple ?
- Speaker #0
Alors, il faut savoir que quand j'ai commencé mes études de médecine vétérinaire, j'ai eu un Covid long pendant deux ans. Et donc là, je ne sais même pas comment est-ce que j'ai fait pour tout valider avec le Covid long, parce que j'avais 3-4 heures d'autonomie par jour. C'était absolument impossible. Même si j'avais déjà ça en tête, que je voulais aider les gens, j'avais pas du tout les ressources physiques ni mentales. J'étais vraiment, vraiment HS, mais vraiment. Par contre, dès que j'ai récupéré ma santé, j'ai lancé ça, tout de suite. Et ça a été un processus. Parce que dans un premier temps, comment est-ce que l'on fait pour être visible en ligne ? Ce n'était pas du tout mon univers. Il a fallu que j'investisse, il a fallu que je me forme. Et tout ça, c'est un processus, ça prend du temps. Donc, je n'aurais pas pu aller plus vite que ce que j'ai fait, puisque j'ai déjà travaillé comme une dingue 7 sur 7. J'aurais aimé que ça aille plus vite. J'aurais aimé ne pas avoir toutes ces croyances limitantes plus jeunes pour me lancer dans la chirurgie plus tôt. Et encore, parce que si j'avais fait ça, je n'aurais pas développé les compétences que j'ai aujourd'hui et je ne pourrais pas aider les personnes comme je le fais. donc finalement Non, je ne regrette rien. C'était mon choix.
- Speaker #1
Tu parles de reconversion. J'avais justement une question sur ce sujet. Au sein de ma communauté, j'ai plusieurs personnes qui sont en reconversion ou qui songent sérieusement. Et ce que j'entends souvent, c'est que ce n'est pas un plan d'action qui manque, mais c'est plutôt le courage de se mettre en action. Et dans ton activité d'accompagnement en reconversion ? Est-ce que tu confirmes que la reconversion professionnelle, c'est avant tout un travail psychologique ? On parlait d'identité juste avant. C'est davantage un travail psychologique qu'un travail sur la nature du projet en lui-même. Et concrètement, par où on commence quand on est bloqué sur ce plan-là ?
- Speaker #0
C'est les deux. Très clairement, ce sont les deux aspects. Moi, je commence toujours par venir mettre de la clarté sur le plan. Pourquoi ? Parce qu'on peut avoir plein de blocages dans la vie. On peut avoir plein de choses potentiellement qui ne sont pas optimales dans notre mode de fonctionnement mental, qui nous permettraient de performer. Mais si ça ne vient pas entraver un projet qui est important pour nous, j'ai envie de dire, mais pourquoi venir sans nous couper ? C'est là, ça ne nous dérange pas, très bien, on a d'autres Ausha à fouetter. Donc, c'est pour ça que pour avancer sur les blocages mentaux, pour venir développer ce plein potentiel, pour moi, il est important de savoir sur quoi on se base. Et on part vraiment du projet qui a été identifié. On parle vraiment de... l'objectif à atteindre et on voit tout ce qui vient freiner et on vient s'en occuper. Donc pour moi, la première étape, alors attention, c'est pas d'avoir le plan très clair en lui-même, c'est d'avoir une direction claire. Ça c'est très important. Le plan, l'objectif, ça vient se peaufiner au fur et à mesure, mais il faut avoir une direction très claire. Et là on vient voir tout ce qui coince. Parce que si on ne l'a pas encore fait, c'est qu'il y a un blocage. Sinon on l'aurait déjà fait. Les personnes qui me disent « ça fait deux ans, ça fait trois ans, ça fait un certain temps que j'y pense » , c'est dans la tête. Parce que clarifier un plan, ça prend deux, trois semaines maximum si besoin est. Donc, première chose, on vient clarifier ce à quoi on aspire et ensuite on vient voir ce qui coince et on vient traiter au fur et à mesure.
- Speaker #1
Oui, ça me fait penser. Pour illustrer cette idée, j'aime bien utiliser la métaphore du voyage. Par exemple, si on veut faire un trajet Paris-Marseille, l'important, c'est de savoir qu'on va à Marseille. Après, le détail du plan, de savoir si on y va en train, en avion, à pied, à vélo. À pied, ce sera un peu plus long, même si c'est faisable. Mais tous ces détails logistiques, tout ce qui va se passer sur le chemin, ce sont des choses qu'on ne peut pas forcément anticiper. Si on pousse encore plus loin, on dit finalement, je vais faire mon trajet en voiture. On peut très bien tracer son trajet sur une carte, mais on ne saura jamais quels seront les aléas qui vont arriver sur ce trajet. Est-ce qu'il n'y aura pas un nid de poules sur le trajet ? Est-ce qu'on ne va pas crever ? Et donc ça, c'est des choses qu'on a juste en chemin. Mais l'important, c'est surtout de savoir où on va pour pouvoir se mettre en mouvement.
- Speaker #0
Exactement, exactement. Si tu veux descendre à Marseille, c'est bien identifié. Très bien, je vais y aller tel jour, à telle heure et je vais prendre ce TGV. Tu n'as pas besoin de savoir que tu vas être dans tel wagon, que tu vas être assis à la place 29. Et si tu as besoin d'identifier tout ça avant d'y aller, tu n'iras jamais. Parce que surtout si tu as besoin de la certitude, tu as besoin d'être sûr que tu seras dans le wagon 4 à la place 29, parce que c'est important pour toi, tu n'iras jamais. Et c'est pour ça que, comme tu le dis, ce qu'il faut avoir, c'est cette direction. Et au fur et à mesure, et si quand tu arrives là-bas, il y a déjà quelqu'un à la 29, ce n'est pas grave, tu regardes, il n'y a personne à la 37, tu t'assoies et tu arrives quand même à Marseille. Et ça se passe très bien. Donc, c'est pour ça, cette sur-analyse, ce besoin de certitude, le plan parfait n'existe pas. Et quand bien même vous pourriez l'échafauder, il ne se passera pas comme prévu, il va falloir adapter. Donc, autant gagner des mois de réflexion et avoir les éléments suffisants, c'est-à-dire je sais que je vais descendre à Marseille et je sais que je vais prendre le TGV, et le reste, vous le verrez en cours de route. Toujours. Sinon, vous perdez trop de temps. Et tu me disais, et concrètement, par où on commence quand on est bloqué ? On sait ce qu'on doit faire précisément, on a notre plan, on sait ce qu'on doit faire, mais on est bloqué. Et là, je voulais évoquer le fait que si le plan, on part du principe. que le plan est vraiment limpide, il est clair comme de l'eau de roche et qu'on ne passe pas à l'action, on se retrouve à procrastiner, c'est qu'il y a un bénéfice secondaire à ne pas le faire. C'est-à-dire, ne pas passer à l'action me permet de maintenir une situation dans laquelle, inconsciemment, Je préfère rester. Une situation dont je ne veux pas me défaire. Et très souvent, on va dire, mais non, mais quel intérêt je pourrais avoir à ne pas gagner d'argent, à être dans un job que je déteste ? Si on ne bouge pas, c'est qu'il y a un bénéfice secondaire. Donc, si vous savez précisément ce que vous voulez faire, mais vous ne bougez pas, je vous invite à faire pause, là tout de suite, pause sur le podcast, à prendre une feuille de papier et à écrire maintenant tout de suite ce que vous gagnez à rester dans cette situation et ce que vous perdriez potentiellement à en changer. Première chose. Une fois que ça c'est fait, une fois que vous avez identifié ça, notez ce que vous perdez à rester dans cette situation et ce que vous pourriez gagner à en changer. Et après, vous pouvez revenir nous écouter. Donc, complètement, par quoi on commence quand on est bloqué alors qu'on sait ce qu'on doit changer ? C'est venir répondre à ces quatre questions de la manière la plus détaillée possible. avoir de la clarté, avoir de la conscience sur tous ces processus qui se passent en arrière-plan, qui sont en train de dicter vos comportements et dont vous n'avez pas conscience. Reprendre le contrôle.
- Speaker #1
C'est extrêmement pertinent ce que tu dis, ça me fait penser à une étude, je ne sais pas quel était le domaine exact, ce n'est pas en lien direct avec l'ascension sociale, mais vous allez comprendre, il y a une étude longitudinale qui s'appelle l'Adverse Childhood Experience, l'A-Study, qui est une expérience dans laquelle les chercheurs avaient démontré certaines personnes qui étaient en situation d'obésité et de surpoids n'arrivaient pas à perdre du poids. Ils s'étaient rendus compte que certaines personnes n'arrivaient pas à perdre du poids et que ces personnes-là, justement, si elles n'arrivaient pas à perdre du poids, c'est parce qu'elles avaient subi dans leur enfance des abus et des agressions sexuelles. Bon, c'est pas très joyeux, mais ça permet d'illustrer la notion de bénéfice secondaire dont tu parlais, c'est-à-dire que le fait de rester dans une...
- Speaker #0
Elles sont attirantes et elles sont en sécurité.
- Speaker #1
Exactement, le fait de rester dans un état physique qu'elles jugeaient ne pas être attirant ça leur permettait en quelque sorte de garder une forme de protection vis-à-vis des agresseurs et ça illustre le concept de bénéfice secondaire. Je laisse aux auditeurs et aux éditrices l'intelligence de transférer cela sur leur propre situation pour trouver quel est le bénéfice secondaire à rester dans sa situation actuelle et à ne pas changer.
- Speaker #0
C'est une pilule qui est difficile à avaler de se dire je reste dans cette situation parce que c'est moi qui le veux. J'ai un bénéfice à rester, à m'apitoyer sur mon sort, à déprimer. J'ai un bénéfice justement à rester en surpoids. J'ai un bénéfice à rester dans un job qui ne me plaît pas, où on me parle mal, où on me sous-paye. J'ai un bénéfice à rester dans une relation qui est toxique. Se dire que c'est nous qui avons la responsabilité au final de ce qui est en train de nous arriver, ce n'est pas du tout ce qu'on a envie d'entendre. Mais pourtant, c'est essentiel pour pouvoir s'en sortir.
- Speaker #1
On a beaucoup parlé de neurosciences, on a commencé à aborder ton parcours à travers les questions, mais j'aimerais qu'on passe aux questions qui sont plus axées sur ton vécu, avec notamment celle-ci. Concrètement, qu'est-ce qui t'a poussé à passer de coach sportif et ambulancière, puisque tu as exercé ce métier pour financer tes études, qu'est-ce qui t'a poussé à passer de ces métiers-là, qui sont des métiers pas toujours bien considérés et pas très bien rémunérés, à docteur en neurosciences, qui est quand même un statut très prestigieux. quel était selon toi le moteur profond ? Qu'est-ce qui t'a poussé à changer à ce point de carrière professionnelle ?
- Speaker #0
Tu dis que c'est mal rémunéré. Je vais te dire que je gagnais plus d'argent en tant qu'ambulancière. J'en gagnais pas beaucoup, mais c'était plus que quand je donnais des cours et que j'étais dans la recherche à l'université en France. Donc, c'était extrêmement mal rémunéré, c'était même scandaleux. Donc, mon moteur profond, en l'occurrence, n'a pas été l'argent puisque j'étais très mal rémunérée. Alors, je dirais, avec beaucoup d'honnêteté, que je n'avais pas suffisamment de reconnaissance. J'aspirais à un autre niveau, mais pas un niveau en termes de valeur, pas un niveau humain, parce qu'on n'est humainement pas mieux quand on est chercheur en neurosciences, quand on est ambulancier, coach sportif, il n'y a aucun niveau. il n'y a aucune... comparaison. Socialement, oui, il y a une différence, mais ce n'était pas ça mon moteur. C'était vraiment, j'avais besoin davantage de stimulation intellectuelle. Je n'étais pas assez stimulée intellectuellement. J'avais besoin de plus de responsabilité. Et au-delà de ce que je pourrais expliquer avec des mots, parce que ce sont des raisons très objectives, non, c'était une sensation profonde de ne pas être à ma place. Je n'étais pas au niveau, alors je n'aime pas utiliser ce terme de niveau parce que je ne veux pas dire qu'on est à un niveau en dessous quand on est ambulancier, mais je n'étais pas à la place à laquelle j'aspirais. C'est-à-dire que quand j'étais ambulancière et que j'arrivais à l'hôpital, je me disais mais qu'est-ce que tu fais là à pousser ce brancard ? Toi tu devrais être celle qui a la blouse blanche, qui prend les décisions, qui va opérer. C'était évident, je n'étais pas à ma place. Quand j'étais coach sportif, même si aujourd'hui on peut exercer en se stimulant intellectuellement énormément, Moi, je remarquais que je n'étais pas... là où je devais être. Je le ressentais et il y avait une sorte de malaise, il y avait une frustration. Je n'étais pas à ma place. Très concrètement, et c'est tellement un ressenti qu'il est difficile de venir poser des mots qui puissent le définir avec précision. C'est quelque chose que je vivais vraiment à l'intérieur. Je n'étais pas à l'endroit où je rêvais d'être. Je n'étais pas à l'endroit auquel je voulais appartenir. Je voulais être dans une sphère plus élevée. Et encore une fois, là, on parle avec les termes de notre société. Pas parce que c'est plus élevé, mais oui. C'est vrai, socialement, c'est plus élevé. Et je voulais être celle qui décide. Je voulais être la chirurgienne. Je voulais être la chef d'entreprise. Oui, en moi, un ressenti, une notion de « c'est ma place » .
- Speaker #1
Je précise juste, en rapport à ce que tu dis, sur les termes qu'on utilise, le fait d'être élevé, pas élevé. Effectivement, oui, ça peut facilement être mal interprété ou être interprété comme du mépris de classe. Mais la réalité, c'est que notre société, elle est organisée de cette manière. on parle de classe supérieure de classe moyenne alors on ne parle plus le vocable ce n'est pas vraiment classe inférieure mais c'est plutôt classe populaire mais la réalité sociologique c'est qu'il y a des classes il y a une hiérarchie et le reconnaître c'est aussi reconnaître le réel tout à fait au sein de la hiérarchie dans notre société il fallait que je sois beaucoup plus haut et c'est pour ça que je voulais juste faire cette petite précision
- Speaker #0
quand j'entends je voulais être un niveau supérieur J'entends pas par là, en tant que personne, on a un niveau moindre quand on est coach sportif, quand on est ambulancier. Voilà, c'était pas d'un point de vue humain, c'était plus d'un point de vue de la hiérarchie.
- Speaker #1
Oui, le fait d'appartenir à une classe sociale donnée, ça ne présuppose pas des qualités et de la valeur humaine de la personne. Mais c'est juste qu'en fonction de la classe dans laquelle on se situe, et tu l'as très bien illustré avec l'expérience... que tu nous as rapporté, c'est qu'on n'a pas le même contrôle sur sa vie et sur sa carrière en fonction de la position sociale qu'on occupe. Tout simplement, tu parlais de responsabilité. Effectivement, on en a, même quand on est ambulancier, mais ce n'est pas le même niveau de responsabilité en fonction de la position hiérarchique qu'on occupe. Et donc, ça implique tout un tas de conséquences, notamment sur la rémunération. Alors, tu as donné un contre-exemple avec le fait qu'en tant que docteur en neurosciences, tu n'es pas du tout bien rémunéré. C'est scandaleux. J'ose imaginer qu'un docteur qui est à la tête d'un service, un docteur en médecine, j'entends, lui, il est bien rémunéré. Et ça va avec son niveau de responsabilité. Mais au-delà de la rémunération, oui, effectivement, le fait de monter dans la hiérarchie sociale, ça donne un meilleur contrôle sur sa propre vie. En tout cas, moi, c'est aussi une aspiration que j'ai eue en m'élevant socialement. Et j'imagine que c'est ce à quoi tu as aspiré également.
- Speaker #0
Oui, quand tu parles de reprendre le contrôle sur sa vie... Je pense que ce n'est pas un hasard si j'ai eu besoin d'un doctorat, que je suis en train d'en préparer un deuxième. J'avais beaucoup de complexe, j'avais beaucoup d'angoisse, j'avais beaucoup de doute, beaucoup de peur. Et c'est venu apaiser tout ça en moi, me montrer que je suis capable, me montrer que je suis douée dans ce que je fais. Et quand je ne le suis pas développé les compétences pour le devenir, c'est venu apaiser énormément, énormément d'angoisse chez moi. Finalement, ma carrière est presque thérapeutique, j'ai envie de dire. Enfin, même pas presque, elle l'est. Je vais beaucoup mieux. Je vais beaucoup mieux depuis que je suis à ma place. Je vis beaucoup mieux depuis que j'ai monté une entreprise et que je gagne de l'argent. Je vis beaucoup mieux depuis que je suis à la fin de mes études et que je sais que si tout va bien, l'année prochaine, je pourrais commencer un internat en chirurgie. Parce que j'ai une solidité, j'ai une confiance en moi, je l'ai bâti en me prouvant au fur et à mesure que j'y arrivais, Non pas parce que j'y arrivais tout de suite, mais parce que je n'y arrivais pas et je développais tout ce qu'il était nécessaire de développer pour pouvoir performer et y arriver. Donc c'est du travail, du travail. Mais à chaque fois, ça a été couronné de réussite parce que j'ai travaillé. J'ai fait beaucoup de sacrifices. J'en fais encore. Et ce travail me permet d'avoir vraiment des résultats, de très bons résultats. Et la reconnaissance arrive maintenant. On remarque, on applaudit, on félicite. Et ce n'est pas pour l'ego vraiment, mais c'est juste que ça vient apaiser certaines parties de moi qui avaient besoin d'être validées, qui avaient besoin d'être assurées, qui avaient besoin d'être reconnues, d'être venues. Et j'assume, puisque je viens trouver une reconnaissance qui me manquait. Et je le fais en faisant de mal à personne. Donc au final, pourquoi pas ? Au contraire, j'aide d'autres personnes. Donc si mes névroses, j'ai envie de dire, ce sont des névroses, nos peurs, nos angoisses, au final me conduisent à devenir une personne qui non seulement s'en est sortie, mais qui aide les autres à s'en sortir, tant mieux si j'étais angoissée. Ça servira à beaucoup de monde.
- Speaker #1
Merci pour ce partage très profond. Ça me fait penser à une question. On a compris ce qui t'a poussé à passer de coach sportif à docteur en neurosciences, mais la transition de docteur en neurosciences à entrepreneur et futur chirurgien vétérinaire, c'était aussi de la reconnaissance. Est-ce qu'il y avait une composante sur la responsabilité ? Est-ce que la rémunération aussi a entré en compte ? Puisque tu disais que finalement, docteur en neurosciences, ça ne payait pas très bien.
- Speaker #0
Il y a plusieurs choses. En réalité, déjà à 18 ans, déjà à 20 ans, j'aurais voulu être chirurgienne. Mais c'était tellement improbable pour moi, parce que je ne le savais pas, j'ai été diagnostiquée très tard, il y a un an, mais j'ai le TDAH. Donc, pour moi, à cette époque, c'était juste, je ne peux pas rester plus d'une demi-heure sur une chaise, je ne peux pas maintenir mon attention, je ne peux pas écouter une personne qui me parle plus de 2-3 minutes, sauf si elle me raconte vraiment quelque chose d'exceptionnel, mais sinon, c'est absolument impossible. Donc, il était très clair pour moi que je ne pouvais pas faire d'études universitaires. Et c'est pour ça que je suis partie dans le sport. Parce que le sport, c'est ce qui me permettait de canaliser toute cette nervosité, toute cette anxiété. Donc, je faisais 5-6 heures de sport par jour, c'était mon travail. Et c'est ce qui me permettait de réguler à ce moment-là. Je n'en ai plus du tout besoin comme ça. Mais à cette époque, quand j'avais 20 ans, c'est ce qu'il m'a fallu. Et donc, comme j'ai eu cette frustration intellectuelle, j'ai aspiré à plus. Et là, évidemment que j'ai regardé la fac de médecine. Et je me disais, mais comment tu vas faire à 25 ans ? Il faut que tu aies un salaire, il faut que tu travailles. Merci. Tu ne peux pas faire des études de médecine, sachant que tu ne peux pas te concentrer, et en parallèle, en plus, travailler. Donc, je me suis dit, tu vas partir dans tout ce qui est préparation mentale, etc., parce que c'est ton point fort. J'ai toujours eu une sorte de don pour ressentir les gens. C'est-à-dire que quelqu'un me parle, je me dis, cette personne, il lui arrive ça, ça et ça, elle se sent comme ça et comme ça, ça vient de là et là et elle a besoin de ça. Ne me demande pas pourquoi. Parfois, je ne veux pas avoir accès à cette information, mais ça me vient. Et donc, c'était toujours vers moi qu'on se tournait quand il y avait quelque chose qui coinçait, des amis qui m'appelaient alors qu'on ne s'était pas parlé depuis 2-3 ans. Et en une demi-heure au téléphone, on débloquait les choses. Et donc, je voyais bien que c'était là que j'avais ma zone de génie, ce qui était facile pour moi et que j'avais envie d'aider les autres, justement. Donc, je suis partie, c'est pour ça, dans tout l'aspect neuro. Donc, j'étais en sport, mais prépa mentale. Et ensuite, je me suis dirigée dans vraiment l'aspect plus neuro, ce qui se passe dans notre cerveau. Je suis partie dans le domaine clinique. Mais je n'étais toujours pas à ma place dans la recherche. Je n'étais toujours pas à ma place. Et donc, quand j'ai fini ce doctorat, je suis partie en post-doc. Et là, où est-ce que j'ai été prise ? Dans un hôpital. Et je me suis retrouvée confrontée aux blouses blanches encore une fois. Et c'est là que je me suis dit, non mais Elodie, là maintenant, ça suffit. Tu ne vas pas passer toute ta vie frustrée. Tu n'as pas fait bac plus suite pour être frustrée toute ta vie. Donc, sachant que pour moi, l'important était d'être chirurgienne, médecine humaine ou médecine vétérinaire, mon égo et l'appel, c'était vraiment la médecine humaine. Mais si je regardais vraiment le genre de quotidien auquel j'aspire, heureuse dans ma vie. Moi, ce qui me rend heureuse, on ne dirait pas comme ça, mais c'est d'être dans la forêt avec mes animaux. J'aime vivre au milieu de nulle part. Là, je me soupre d'être à Munich, heureusement, le fard de main. J'aime être en pleine nature avec mes animaux. Et donc, j'ai postulé en médecine humaine, j'ai postulé en médecine vétérinaire en Allemagne. Donc, il a fallu que j'apprenne l'allemand. Et je me suis dit, donc là, pour les personnes qui ne sont pas très spirituelles, ça va peut-être paraître étrange. Ma foi, pour moi, ça avait du sens. Je me suis dit, merci de m'envoyer ce qu'il y a de mieux pour moi. Pas ce que je pense être le mieux pour moi, mais ce qu'il y a de mieux pour moi, pour mon évolution, mon bonheur, mon équilibre. Merci de m'envoyer ce qui va me convenir, même si je ne le sais pas encore. Et j'ai reçu une place en médecine vétérinaire. Et maintenant, je vois à quel point c'est une évidence. Je vais vraiment être très, très heureuse à soigner mes animaux. Au final, tout a été un appel du cœur. Tout a été un appel du ventre. Il n'y avait pas un objectif particulier. Et quand j'ai vu qu'en médecine vétérinaire, on pouvait potentiellement ne pas gagner autant qu'en médecine humaine, Quand j'ai vu qu'en reprenant mes études, au début, je continuais de travailler comme chercheuse à mi-temps, j'ai vu que ce n'était pas une organisation qui allait me permettre de performer. Je me suis dit, je vais monter une entreprise. Il n'y a qu'en tant qu'entrepreneur que tu vas pouvoir faire une somme d'argent satisfaisante en travaillant 20 heures par semaine, 30 heures par semaine. Donc, hormis toute la phase de lancement où on travaille comme des fous, mais ensuite, une fois que c'est lancé, il n'y a qu'en tant qu'entrepreneur. Donc là, oui, ça a été aussi une raison économique, très clairement, de pouvoir vivre correctement grâce à mon entreprise.
- Speaker #1
Comment tu fais ? puisque tu parlais d'organisation pour cumuler ces deux activités, à la fois des études en médecine vétérinaire qui doivent être très prenantes et exigeantes et une activité d'entrepreneur dont tu disais qu'elle était intense. Comment est-ce que tu arrives à t'organiser pour faire tout ça, non seulement en termes de temps, mais pour tenir la charge de travail que ça demande ? Parce que dans les deux cas, tu fais du travail intellectuel, donc ça doit beaucoup solliciter tes facultés intellectuelles.
- Speaker #0
Déjà, je vais être très honnête. Dans cette partie de ma vie, là, actuellement, et je ne vais pas vivre comme ça toute ma vie. Je sais que c'est sur une période limitée. Il n'y a absolument aucun équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Je n'ai pas de vie sociale, je n'ai pas de vie amoureuse. Je suis seule. En ce moment, je suis seule, je bosse. Je vais être très honnête. Il n'y a pas de formule magique. Alors si, j'applique pour que ça fonctionne, parce qu'il ne suffit pas de travailler. Effectivement, il faut être très organisé, je vais y venir. Mais je vais être très honnête. En ce moment, dans ma vie, je n'ai pas beaucoup de loisirs. Je garde impérativement ce qui me permet de rester équilibrée, moi, en tant que personne, c'est-à-dire mon sommeil. Je ne peux plus faire de sport tous les jours. Donc, j'ai gardé ce qui est nécessaire, par contre, pour maintenir un équilibre, à savoir trois entraînements par semaine et tous les jours un nombre de... pas à la limite, donc je ne vais plus courir, je vais marcher parce que pendant que je vais marcher, je peux répondre à des messages, je peux répondre à des clients, je peux faire certaines choses. Donc je viens toujours combiner. Et par contre, je fais trois entraînements par semaine parce que c'est suffisant pour maintenir la masse musculaire. Je fais tous mes calculs, tout ce qu'il fallait analyser. Mais moi, en tout cas, pour me maintenir, ces trois entraînements sont non négociables. Et le fait de bouger, donc j'ai acheté un tapis. Parfois, je travaille et en même temps, je bouge parce que je ne peux pas rester toute la journée sur ma chaise. Donc le mouvement, reste chaque jour dans ma vie, chaque jour, il y a du mouvement, il y a du sommeil et je m'alimente ma poids très correctement, c'est-à-dire suffisamment et je mange des bonnes choses. Je ne vais pas commander des pizzas, je ne vais pas ce que là on ne performe pas, ce n'est pas possible. Donc là, ce sont vraiment les trois piliers de mon équilibre, le sommeil, le mouvement et l'alimentation. Et ensuite, comment est-ce que je m'organise ? Eh bien, avec un TDA, ce n'est pas qu'on est mal organisé, c'est qu'on n'est pas du tout organisé, et c'est une catastrophe absolue. En plus, ça va tellement vite ! et on fait tellement des connexions rapides qu'on pense à quelque chose et une fraction de seconde après, on est déjà ailleurs et c'est très, très compliqué de rester concentré. Donc, ça fait environ cinq ans que je recherche, je m'intéresse, je consomme, je fais tout ce que je peux pour acquérir toutes les connaissances nécessaires en termes de neurosciences et en termes de productivité pure et dure issues d'entrepreneurs pour monter un système qui puisse fonctionner pour moi. Et donc, c'est ce que j'ai fait. Comment ? organiser mes tâches, de quelle manière, à quel moment, pareil pour l'apprentissage, tout, tout, je viens tout optimiser. Je suis venue tester, parce qu'il y a certaines règles qui fonctionnent très bien pour certains, qui ne vont pas fonctionner pour d'autres, pour en arriver à construire mon système de productivité. Et effectivement, moi qui ai fait trois burn-out dans ma vie, ça fait un certain temps que je fonctionne très très bien, que je travaille beaucoup, que j'ai une énergie incroyable. Je ne suis pas fatiguée, le soir bien sûr, évidemment, j'ai une fatigue normale. Et donc, c'est preuve que mon mode de fonctionnement m'énergise, même si je travaille énormément. On dit toujours comment gérer son temps. Non, gérez votre énergie. Gérez votre énergie parce que vous pouvez avoir du temps. Si vous n'avez pas l'énergie, ça ne vous apportera rien. Gérez votre énergie. Et quand vous êtes au bon endroit, quand vous êtes sur les rails, quand vous sentez que vous êtes à la bonne place, vous pouvez travailler comme un fou. Vous êtes plein d'énergie. Et à l'inverse, vous pouvez faire deux heures dans un endroit qui n'est pas du tout l'endroit où vous avez envie d'être, pas du tout avec les personnes avec lesquelles vous souhaitez travailler et vous aider. épuisé, vous êtes rincé au bout de deux heures. Donc, si vous êtes au bon endroit, que vous êtes en train de faire les choses qui ont du sens pour vous, vous allez avoir de l'énergie. J'ai construit donc au final un système de productivité que je propose maintenant également pour aider les personnes à performer parce qu'elles veulent changer de travail. Donc comme toi, les personnes que tu accompagnes qui aspirent à autre chose, qui aspirent à un autre poste, qui aspirent à une élévation, pour pas prendre de risques financiers. Donc comment s'organiser pour maintenir son job actuel et lancer un side project sans faire de burn-out parce que ça... C'est très important pour moi que les gens tiennent sur la durée. Ou on veut tout simplement avoir du temps pour sa famille, pour son sport. Donc comment en faire beaucoup plus en moins de temps ? Donc j'ai construit tout un système pour ça maintenant. En réalité, tout ce qui était de très grande faiblesse chez moi, mais qu'il a fallu que je développe pour en arriver là où je souhaitais en arriver, j'ai surcompensé dans ces domaines. Et maintenant, je suis au-dessus du niveau des personnes qui à la base n'avaient pas de problème sur ces sujets. Et je viens les aider. Je trouve que c'est une belle revanche sur la vie. Je suis contente.
- Speaker #1
Donc, juste pour rassurer les auditeurs et les auditrices qui voudraient se reconvertir, tu confirmes qu'on peut avoir un emploi salarié, mener un projet à côté et maintenir une vie sociale à côté.
- Speaker #0
Oui, oui. Par contre, si vous me dites je veux monter mon entreprise en quatre mois, je veux aussi faire de la compétition en bodybuilding et à côté de ça, j'ai mon job à temps plein. Pendant trois mois, vous n'aurez aucune vie sociale. On est bien d'accord. Il faut juste prendre les priorités de chacun et on construit le plan qui est adapté. Peut-être que ça prendra 6 mois de plus, peut-être que ça prendra 3 mois de plus, on s'en fie. Si c'est du temps de vie dans lequel vous êtes aligné avec ce que vous faites, vous savez que vous avancez vers votre objectif et vous allez bien. Il faut aller bien. C'est très, très important. Si vous allez mal, vous n'allez pas performer. Donc, il faut trouver le mode de fonctionnement que vous allez pouvoir maintenir. Maintenir sur la durée parce que la durée, la constance bat toujours le talent, bat toujours l'intensité. Pour réussir, vous n'allez pas faire une action incroyable. Les athlètes au JO, ils n'ont pas fait une course de dingue qui leur a permis d'aller. Non. Tous les jours, ils viennent faire des entraînements, ils viennent sauter à cloche-pied pour travailler ça, ils viennent faire des petits exercices de proprioception, ils viennent faire du travail en fractionné. Et c'est cette constance répétée, et ils récupèrent, et ils se font masser, et ils mangent bien, et c'est ça qui nous permet de performer, c'est ça qui nous permet d'atteindre un haut niveau. Pensez sur le long terme, toujours.
- Speaker #1
Donc, si je résume ce qui vient d'être dit et ce que tu as dit avant, en fait, ce qui est essentiel, c'est d'une part avoir une bonne hygiène de vie qui repose sur trois piliers, le sommeil, le sport et l'alimentation, ou du moins l'activité physique et l'alimentation. Et après, dans l'exécution du travail, on va dire, de l'activité professionnelle, de la reconversion, c'est d'être régulier, d'être constant dans l'effort plutôt que de faire une grande performance un jour et puis plus rien pendant trois mois.
- Speaker #0
Exactement, parce qu'en faisant un... tout petit peu chaque jour. Déjà, vous allez le faire parce qu'on a toujours 20 minutes, on a toujours une demi-heure. Par contre, si on se dit là, je vais travailler, il me faut un créneau de deux heures, ça, on ne l'a pas toujours. Par contre, vous aurez toujours une demi-heure. Et si vous ne l'avez pas, je vous garantis, par les ments, on va la trouver la demi-heure. Elle existe. Elle existe toujours. En faire chaque jour, vous venez aussi alimenter cette vision de vous. Vous vous rappelez ce que vous êtes en train de faire. Une personne qui ne fait pas de sport de la semaine et qui s'alimente mal et qui le dimanche mange des légumes bouillis et va courir pendant trois heures, ce n'est pas une personne qui a cette image d'elle-même. Moi, je suis vraiment une personne saine qui prend soin d'elle. Non. Par contre, quelqu'un qui, tous les jours, va bouger une demi-heure, même si ce n'est pas parfait, mais 80 %, c'est OK. Là, on a une bonne image. Parce que chaque jour, on vient alimenter cette version de nous-mêmes. Et ça, c'est important. Et on sait tous à quel point, quand on sort de ce cadre, comme quand on part en vacances, par exemple, on va se régaler au buffet, on va manger plein de trucs. Puis c'est crescendo. La première semaine, on est encore à peu près dans notre mode de fonctionnement habituel. Puis c'est de pire en pire. Et donc, on se lâche de plus en plus. Et puis l'apéro commence à 7h, après c'est 6h, après c'est 5h30 dans la piscine. On sait à quel point on bascule rapidement. Et une fois qu'il faut revenir, c'est compliqué. Alors que si chaque jour, on maintient un peu sans que ce soit parfait, là, on vient maintenir son image, on vient ancrer cette identité. Et quand on sait en soi, on a automatiquement des comportements qui sont cohérents avec notre image de nous-mêmes. Ce qu'on pense de nous définit La manière de prendre nos décisions. Les décisions qu'on prend vont directement influencer nos actions. Et ce sont les actions que vous allez poser qui vont vous donner vos résultats. Donc, ce que vous ressentez, comment vous vous sentez avec vous-même, détermine vos résultats. Très clairement. Donc, venez l'alimenter un petit peu chaque jour.
- Speaker #1
Finalement, l'identité, le changement d'identité, il ne peut pas se faire du jour au lendemain. Il se fait aussi en passant à l'action.
- Speaker #0
Et uniquement en passant à l'action.
- Speaker #1
On pense que le changement de l'identité, ce sera juste un travail théorique. En fait, non, il faut passer à l'action et changer ces micro-actions tous les jours pour les faire coïncider avec notre nouvelle identité.
- Speaker #0
Exactement. Et puis, vous allez être agréablement surpris à quel point ça va faire effet boule de neige ou effet tâche d'huile, ça va se répandre sur le côté. Vous allez, par exemple, vous élever socialement, vous allez occuper un emploi qui vous confère une place beaucoup plus valorisante que celle que vous occupez jusqu'à maintenant. vous allez avoir davantage de revenus et vous allez être époustouflé de remarquer à quel point, dans votre vie personnelle, certaines relations qui étaient toxiques, vous n'allez plus les supporter, vous n'allez plus les accepter. Vous allez avoir plus de respect pour vous-même, vous allez vous prouver ce que vous valez, encore une fois. Je ne dis pas que pour avoir de la valeur, il faut avoir une place élevée dans la société, mais dans notre société, c'est comme ça, la performance. Quand on est bon, quand on performe, quand ce qu'on fait est valorisé dans la société, ça nous fait du bien, c'est Merci. Pareil pour tout le monde, c'est valorisant, ça nous aide à construire une estime de nous-mêmes. C'est dommage que ce soit comme ça, mais c'est comme ça. Et donc, à partir du moment où vous allez venir construire tout ça, vous allez voir comme dans d'autres domaines de votre vie, vous allez apprendre à dire non. Vous allez travailler dans votre entreprise, vous allez vous développer, et puis ce cousin qui vous demandait toujours de venir faire le taxi, qui n'était pas respectueux, vous allez remarquer qu'un jour vous allez dire, écoute, non, aujourd'hui je ne peux pas. Alors qu'avant c'était impossible, parce qu'il allait peut-être penser de vous que vous n'étiez pas sympa, que vous étiez égoïste, et là, vous allez voir. Vous allez être... époustouflée de voir à quel point vous allez vous respecter davantage et ça va venir impacter toutes les sphères de votre vie.
- Speaker #1
J'aimerais te poser encore quelques questions sur la transition sociale. Je reviens dans le passé. Dans ton ancienne position sociale, quand tu étais coach sportif, qu'est-ce qui te semblait le plus insoutenable ? Qu'est-ce qui te semblait le plus insupportable ? Je pose la question parce que... J'ai développé une théorie, j'essaie de la confirmer en me posant la question, mais moi, ce qui me paraît être la cause d'une ascension sociale, c'est que dans la situation où on se trouve, il y a quelque chose qui nous rend la situation profondément insupportable. Est-ce que tu avais cette sensation, cet élément dans ta vie qui t'a poussé ? Et si oui, quel était-il ?
- Speaker #0
La frustration énorme de ne pas être à ma place. La frustration énorme de, pour moi, ne pas être ma meilleure version. Parce que, pour moi, Je dis bien pour moi, avec ce que j'avais comme ça, et Dieu sait d'où ça vient, mais en tout cas pour moi, à partir du moment où je n'étais pas dans la médecine, et je n'étais pas celle qui prenait les décisions, que je n'étais pas la chirurgienne, médecine animale, médecine humaine, peu importe, à partir du moment où ce n'était pas moi qui occupais ce poste-là, quoi que je le fasse, j'étais en dessous de ma meilleure version. C'est comme si, enfin ce n'est même pas comme si, c'est une vision que j'ai. Et c'est aussi pour ça, je reviens sur ce que tu m'as dit tout à l'heure, Qu'est-ce qui fait que je peux maintenir ce rythme sans craquer ? C'est que j'ai une vision, j'ai un pourquoi qui est extrêmement clair. C'est-à-dire que si je le faisais juste pour l'argent, si je le faisais juste pour la reconnaissance, si je le faisais juste pour le prestige, mais il y a des jours, Thalia, ce ne serait pas possible. Quand j'ai déjà fait 80 heures de travail dans ma semaine et que je me rends compte que c'est dimanche, que j'ai envie de me reposer, et là je reçois, j'ai une urgence à gérer, il faut que je travaille encore le dimanche, mais jamais de la vie je le ferais si c'était juste pour l'argent, la reconnaissance ou le... Non, surtout quand il fallait réviser pour mes examens. Il m'est arrivé de passer deux mois où le seul être, même pas la personne, le seul être à qui j'ai parlé, c'était mon chien. Et j'ai travaillé sept jours sur sept. J'ai révisé des trucs en allemand qui ne m'intéressaient pas, sur l'hygiène du lait ou des trucs, mais je m'en fous pour être chirurgienne. Et je passais, mais 100% de mon temps là-dessus. Je ne faisais rien d'autre, alors que ça ne m'intéressait pas. Je savais que ça ne m'apporterait rien. Juste parce que c'était un prérequis pour pouvoir continuer. Parce que je savais sur quoi j'aspirais. Parce que moi, je me vois sur mon grand terrain avec tous les animaux que je vais sauver, que je vais opérer gratuitement. Je vois la vie que je vais mener et je sais déjà à quel point mon cœur va exploser de chaleur quand je vais y être. Et c'est justement cette connexion à sa vision, à son pourquoi on fait ça, qui nous permet de dégager une énergie pareille et un maintien, une constance. Ce n'est pas la motivation, ce n'est pas la discipline. Et donc, pour moi, je l'avais cette vision. Et au moment où je ne l'avais pas encore, Encore précisément, je ne me voyais pas sur mon terrain avec mes animaux. Je savais en tout cas que je n'étais pas à ma place. Et je savais que c'était la médecine ma place. Donc même si je n'avais pas encore la vision précise, j'avais la direction. Et je n'étais pas sur les rails. Je voulais gagner de l'argent dans ma vie. J'étais employée à l'université. Très clairement, je n'allais jamais être dans l'abondance. Je voulais être dans la médecine. J'étais chercheuse en euros. Bon, j'étais dans le domaine du clinique, mais je n'allais pas prendre un scalpel à aucun moment. Je n'étais pas sur les bons rails. Donc j'avançais. Alors le train avançait, même en TGV parfois. Je savais que ce n'était pas la bonne direction. Et c'était ça, c'était la frustration. C'est ça qui m'a poussée. J'étais une sous-version de moi-même. Je n'étais pas mon moi idéal. Et ça, ce n'était pas possible.
- Speaker #1
Ça me permet de faire la transition vers ma dernière question, ou du moins la dernière question que j'ai préparée. Il n'est pas exclu que j'ai encore des questions. Si tu devais faire le bilan du chemin que tu as parcouru, qu'est-ce qui est le plus satisfaisant dans ton parcours de transfuge, dans ton parcours professionnel ?
- Speaker #0
Alors, je dirais probablement d'être passée de devoir nettoyer les douches d'une salle de sport pour 4 euros de l'heure à Barcelone, à, si tout va bien, bientôt faire des chirurgies dans les Alpes germaniques. Je pense que c'est un bon résumé, on peut laisser nos auditeurs dans cette image. Non, le plus satisfaisant pour moi dans cette évolution, c'est par rapport à moi-même. C'est quand je me compare à ma version d'il y a 10 ans, quand je me compare à ma version d'il y a 5 ans, ou même ne soit-ce qu'il y a 6 mois, à chaque fois c'est le jour et la nuit. Donc... avoir utilisé toutes mes faiblesses, comme je le disais, mes angoisses, mes complexes, mes peurs, mon trouble de l'attention, tout ce qui voulait qu'on m'a défaveur, très clairement, même fut un temps à un niveau pathologique, eh bien non seulement l'avoir transcendé, mais en avoir fait des atouts qui m'ont permis de surcompenser, de développer encore plus d'assurance, plus d'organisation, plus de stratégie, plus de capacité à travailler longtemps sur un sujet, plus de capacité à prendre des risques qu'au final beaucoup de personnes qui n'étaient pas aussi défavorisés que moi sur ces aspects initialement. Donc je dirais que le plus satisfaisant pour moi, c'est d'avoir fait de mes faiblesses de très grande force, et grâce à cela, non seulement pouvoir être en train de réaliser mon rêve, mais également pouvoir aider de nombreuses autres personnes à réaliser le leur.
- Speaker #1
Je trouve que ce sont des très belles paroles qui font une très belle conclusion. Je propose qu'on en vienne à la fin de l'épisode et qu'on conclue avant de te laisser, Elodie, où est-ce qu'on peut te retrouver ?
- Speaker #0
Alors, dans les Alpes, si tout va bien, si je peux m'organiser comme prévu, vous ne me trouverez pas parce que je serai perdue au milieu de la forêt. C'est mon idéal. Vous pouvez me trouver sur Instagram, donc docteurdr.elodissarucco. Et puis, il y aura bientôt un podcast qui va arriver, parce qu'évidemment, j'accompagne des personnes, j'ai plusieurs programmes en fonction des besoins de chacun. Mais bientôt, il y aura toutes les semaines des ressources gratuites qui vont arriver avec la diffusion d'un podcast, qui devrait arriver assez sainement sous peu, d'ici six semaines, on va dire. Et sinon, pour l'instant, c'est Instagram principalement.
- Speaker #1
Je mettrai bien évidemment le lien vers ton compte Instagram dans la description. Et pour le podcast, dès qu'il sera publié, je mettrai également le lien pour qu'on puisse t'écouter de manière extensive. Élodie, merci beaucoup.
- Speaker #0
Je voulais dire surtout que je pense que c'est très complémentaire puisque toi, tu apportes vraiment toutes les stratégies pour s'élever, tous les codes, tout ce dont on a vraiment besoin quand on change de classe. Parce que je te le dis très honnêtement, si demain je devais... Alors... Un dîner de gala dans les séminaires, je m'en sors encore. Mais si à un moment donné, je devais aller dans certains cabinets, ministères, etc., j'aurais très certainement besoin de tes conseils puisqu'il y a des choses qui sont codées, tout simplement, qui sont codifiées et il faut les connaître. Alors, je suis toujours quelqu'un qui s'adapte facilement, mais en l'occurrence, il y a certains modes de fonctionnement de certaines sphères qui me sont étrangères. Et donc, c'est vraiment ce que toi, tu viens apporter. Et je trouve que l'aspect mental, s'autoriser à développer. Parce qu'un mental, ce n'est pas en allemantal qu'on n'a pas le mental. Un mental, ça se développe, ça se construit. Et plus le monstre est méchant, j'ai envie de dire, plus le héros est grand au final de l'histoire. Et plus l'histoire est incroyable. Donc, j'ai envie de dire à tous ceux qui nous écoutent, arrêtez de vouloir que ce soit facile. Arrêtez de vouloir que ça aille vite. Vous ne construisez rien d'exceptionnel comme ça. Laissez-vous être exceptionnel. Laissez-vous vous développer, accueillez les difficultés, parce qu'elles sont toujours là pour vous permettre de vous développer. C'est toujours un cadeau mal emballé. Donc, accueillez la difficulté, l'incertitude, l'inconfort, c'est temporaire. Et vous avez le mental pour si vous choisissez de le développer. Je voulais juste rajouter ça pour juste dire à toutes les personnes qui te suivent, quel que soit l'endroit d'où elles partent, parce que si elles me voyaient, si elles voyaient d'où je suis partie, ça en décomplexerait beaucoup. Quel que soit l'endroit d'où vous... partez, et là je vais le dire avec mes mots habituels, on s'en fout ! Ce qui compte, c'est où est-ce que vous voulez aller et est-ce que vous allez vous donner les moyens ? Et si la réponse est oui, je vais me donner les moyens, alors vous y arriverez. Ce n'est qu'une question de temps.
- Speaker #1
Et l'aspect mental est extrêmement important pour pouvoir dépasser ces blocages et tu nous as donné une démonstration avec brio que on peut très bien dépasser tous ces blocages à condition déjà d'en prendre conscience et de passer à l'action.
- Speaker #0
D'être honnête avec soi-même, d'être humble, il faut être humble, il faut reconnaître.
- Speaker #1
Tout à fait. Et la dernière composante dont tu as parlé à l'instant, c'est le temps. Il faut accepter que la progression sociale, la reconversion, le succès, ça prend du temps. Et on ne peut pas faire l'économie de ce temps. Il faut l'accepter. Si vous êtes impatient, vous n'y arriverez pas.
- Speaker #0
Il faut accepter que pour qu'un arbre immense soit stable, il y a tout un réseau souterrain de racines incroyables qui a mis des années à se développer. Vous n'avez pas construit le couple stable dans lequel vous êtes, juillet-août, au bord de la mer Méditerranée. Vous l'avez construit dans les moments difficiles. Toutes les fois où vous auriez pu vous séparer, mais que vous vous êtes parlé, que vous vous êtes encore plus aimé, que vous avez été intelligent, que vous avez été patient. C'est ce qui fait que vous êtes dans un couple qui est solide. Si votre entreprise, elle fonctionne, c'est parce qu'il y a eu des problèmes et vous avez changé de stratégie et vous avez construit une trésorerie pour les coups durs. Tout ce que vous allez construire, qui est beau, qui est stable, qui est solide, ce sera toujours dans le temps. Donc, arrêtez de vouloir... tiré sur la tige pour que ça fasse un arbre, vous allez juste la déraciner, il ne se passera rien d'autre. Donnez le temps aux choses, nourrissez-les au quotidien et croyez-moi le mont Grandir.
- Speaker #1
Tout à fait, toutes les bonnes choses prennent du temps, finalement.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour toutes tes réponses et la précision de tes réponses, l'éclairage que tu nous as apporté.
- Speaker #0
C'est difficile parce que ce sont toujours des concepts qui sont complexes, extrêmement ramifiés, qui renvoient à d'autres notions. Donc c'est difficile de cadrer comme ça en quelques minutes à chaque fois. Mais j'espère avoir apporté des éléments de réponse qui, en tout cas, permettront à tes auditeurs de débloquer certains aspects et d'avancer.
- Speaker #1
c'était extrêmement clair dans tous les cas et je pense que ça plaira à l'audience on a plutôt ici un public qui aime les références intellectuelles en tout cas moi je suis à peu près sûre que ça va plaire à l'audience, merci encore une fois d'avoir répondu à toutes mes questions et surtout d'avoir partagé beaucoup d'éléments sur ton propre parcours personnel, je pense que ça pourra aider beaucoup de personnes et ça pourra aider des personnes qui auront besoin de quelqu'un pour s'identifier également ceux qui réussissent ce ne sont pas ceux qui ont moins peur
- Speaker #0
Ce sont ceux qui avancent malgré la peur. Ce ne sont pas ceux qui ont accumulé moins d'échecs. Ce sont ceux qui se sont relevés rapidement après l'échec. Donc, vous n'avez pas besoin d'être exceptionnel. Vous avez juste besoin d'avoir de la clarté, un plan et de la constance.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Élodie. C'est une excellente conclusion et on va pouvoir terminer là-dessus. Encore une fois, je te remercie pour tes réponses et je te dis à très bientôt.
- Speaker #0
À très vite.