Speaker #0Bienvenue dans Élégance et Ambition. Je m'appelle Thalia et après plusieurs années à décrypter les codes de la classe aisée, j'aide désormais les personnes ambitieuses à gravir l'échelle sociale tout en restant fidèles à elles-mêmes. Ici, on parle d'élégance, de savoir-être et de conseils pratiques pour naviguer dans les cercles les plus prestigieux. Dans ce podcast, je vous partage tout pour transformer vos ambitions en actions concrètes et vous accompagner pas à pas dans votre quête de réussite sociale. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous inspirer. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Ellégance et Ambition. J'enregistre aujourd'hui un épisode sur le sujet des non-dits dans les milieux élitistes, dans les milieux aisés. Et c'est un épisode que j'ai beaucoup aimé préparer et qui en même temps m'a demandé... une certaine réflexion, plus que d'habitude, ou plutôt différemment qu'à l'ordinaire. D'habitude, quand je scripte un épisode, j'en profite pour vous donner les coulisses, j'enfile mes baskets, je sors de chez moi, je prends mon téléphone, bien évidemment, et j'ouvre mon application de notes vocales, et je pars marcher de cette manière pendant une heure avec un sujet en tête, et puis je parle et je dis tout ce qu'il me passe par la tête. Et puis je rentre chez moi, je mets cela en forme, et ensuite j'enregistre. Pour cet épisode-ci, c'était un peu différent. J'ai commencé par écrire quelques idées, vraiment 5 ou 6 phrases, même pas des phrases, 5 ou 6 idées que j'ai mis sur une liste à plus. Et puis j'ai laissé le sujet maturer pendant quelques jours, j'ai dû réfléchir pendant plusieurs jours sans avoir écrit quoi que ce soit. J'ai laissé les idées infuser et c'était particulièrement complexe de mettre en forme cet épisode et de recollecter les idées. Parce que j'ai dû extraire des idées et des concepts à partir de souvenirs de petites scènes de la vie ordinaire dans mon expérience passée au cours des 10 à 15 dernières années. Alors avant d'aller plus loin, qui je suis pour vous parler justement de ces codes, de ces non-dits dans les milieux aisés, pour celles et ceux qui me découvriraient à l'occasion de cet épisode de podcast et qui ne me connaissent pas encore ? Je m'appelle Thalia, je suis issue d'un milieu qu'on pourrait qualifier de modeste, sans avoir grandi dans le dénuement total. Mais mes parents se plaçaient suffisamment bas dans la hiérarchie sociale, on va dire, pour me mettre dans une situation de malaise et de décalage culturel profond dès lors que j'ai intégré Sciences Po Paris. Et puis quand j'ai commencé à la suite de cela, travailler dans des institutions prestigieuses comme l'ambassade de France à Londres. Et c'est un décalage que j'ai fini par rattraper quand je suis devenue officier des armées. J'ai été pendant neuf ans officier de l'armée de l'air et de l'espace. Et j'ai eu l'occasion de travailler dans d'autres institutions prestigieuses. Et notamment, j'ai effectué une autre affectation en mission diplomatique à la représentation militaire et de défense à l'OTAN. Alors, c'est l'équivalent d'une ambassade, pour faire simple, mais dans une institution internationale. et j'ai également fait partie d'un... d'un comité de conseil rassemblé par le Premier ministre en 2018, et cette immersion quasi continue dans les milieux élitistes à l'âge adulte pendant ma carrière professionnelle, couplée au fait de ne pas être issue à l'origine de ces milieux sociaux, en ajoutant par-dessus cela le fait que j'ai une tendance à tout analyser et à vouloir tout comprendre, a fait que j'ai réussi à en extraire un certain nombre d'idées, de concepts dont je vais vous parler dans cet épisode. Puisque je pense que c'est important parce que c'est ce qui constitue souvent, et à mon sens, le plafond de verre en termes social et professionnel pour beaucoup de personnes qui ont du potentiel et de l'ambition, mais qui ne parviennent pas à grimper dans la hiérarchie sociale faute d'être reconnues et de comprendre ces codes. Et c'est profondément dommage et injuste parce que je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ont de la valeur à apporter, qui ont des compétences à apporter, qui ont une certaine personnalité à apporter. mais qui ne parviennent pas à déployer leur plein potentiel justement parce qu'elles ne maîtrisent pas les codes des milieux aisés. Donc dans cet épisode, on va parler de tous ces non-dits justement que j'ai décidé de mettre en évidence pour vous. Au programme de cet épisode, je vais vous dévoiler 7 codes non-dits, 7 idées, 7 concepts que j'ai mis en évidence, que j'ai voulu mettre en lumière, qui me sont apparus en faisant la rétrospective de mon expérience. et qui sont de l'ordre, comme on l'a dit, du non-dit, de l'implicite, et par conséquent ce sont des éléments que vous ne trouverez sans doute nulle part ailleurs, du moins j'en fais le pari, en espérant qu'à l'issue de cet épisode, cela vous permette d'acquérir un certain nombre de clés qui vont vous permettre d'être beaucoup plus à l'aise dans les environnements élitistes que vous fréquentez actuellement ou que vous aspirez à fréquenter. et que vous développiez une certaine aisance de par la compréhension de ces non-dits et de ces implicites. Et nous commençons avec le premier, qui est le fait d'acquérir une certaine intelligence situationnelle et relationnelle. Ça a l'air très simple dit comme ça, et en même temps ça peut paraître très complexe et très abstrait, mais ça passe par quelque chose d'extrêmement simple. Ça passe par ce réflexe que vous devez systématiquement avoir, quel que soit l'endroit où vous allez ou la situation où vous vous trouvez. qui est d'observer et d'analyser le contexte. La première chose à faire quand vous arrivez dans un environnement, ça devrait toujours être d'observer et d'analyser aussi bien les lieux que le contexte social que l'interlocuteur ou les interlocuteurs que vous avez en face de vous. Trop souvent, je vois des gens qui se jettent dans des conversations, tête baissée, sans comprendre à qui ils s'adressent, dans quel contexte ils se trouvent, et c'est comme ça qu'ils font des erreurs. La manière dont je procède... Quand j'arrive dans un endroit, dans un lieu, dans une situation, quelle qu'il soit, quelle qu'elle soit, et c'est quelque chose que font les gens qui sont dans les professions d'intervention opérationnelle, vous demandez à tous les gens qui sont policiers, pompiers, la première chose qu'ils font quand ils arrivent en intervention, avant de se jeter dans l'action, c'est de s'arrêter et d'analyser. Si vous demandez à des pompiers comment ils se comportent quand ils vont en intervention, ils vont vous dire la première chose qu'on leur apprend à faire, c'est de s'arrêter et d'observer la scène. Ce n'est pas de se jeter dans les flammes. Vous devriez faire exactement la même chose. Alors analyser, ça ne veut pas dire y passer trois heures et en faire une dissertation. Ça veut dire déjà s'arrêter physiquement et regarder autour de soi. Par exemple... Cas très concret, si jamais vous vous sentez mal à l'aise dans des lieux un peu prestigieux comme des hôtels de luxe, des grands restaurants, des boutiques de luxe, des institutions, je vous invite à faire cet exercice. C'est de vous y rendre, d'y aller et de vous arrêter dès que vous franchissez l'entrée. Passez le pas de la porte et prenez le temps, prenez 10 secondes pour scanner visuellement l'environnement. ça va avoir pour vertu, ne serait-ce que d'habituer votre système nerveux. Vous vous orientez corporellement, physiquement, nerveusement parlant. C'est une habitude que je mets en place quand j'entre dans une salle de réunion, par exemple, ou une salle de conférence. Ce que je fais, c'est que dès que je passe la porte, je m'arrête et je regarde la disposition des lieux. Comment est configurée la salle ? Qui est déjà là ? Quelle est la meilleure place pour se positionner ? Je regarde, en général, je cherche un endroit loin d'une éventuelle sono ou d'un haut-parleur, à distance d'autres personnes qui sont déjà installées si je ne les connais pas. Et si c'est dans une salle de réunion, par exemple, à un endroit où je n'aurai pas le soleil dans les yeux, donc pas face aux fenêtres. Et surtout, je regarde les endroits qui sont déjà potentiellement réservés à certaines personnes. Et parfois, c'est de l'ordre de l'implicite. Parfois, c'est écrit sur certains sièges, parfois ça ne l'est pas. Donc ça, c'est pour les lieux. Et puis, il faut aussi regarder, observer le contexte social. Quand vous vous intégrez dans une conversation, dans un événement réseau, par exemple, prenez toujours le temps d'observer. Quand vous discutez en face à face avec quelqu'un, observer la personne, observer comment elle parle, comment elle se tient dans les premières secondes, dans les premières minutes de l'interaction. La pire chose à faire quand vous arrivez dans une conversation ou un environnement social avec des gens qui discutent depuis déjà un moment, c'est de vous lancer tête baissée dans l'interaction sans prendre le temps d'écouter, sans comprendre de quoi on parle et qui mène l'interaction. Exemple typique, vous êtes à un événement réseau, vous voyez un groupe de personnes parler, vous avez envie de vous intégrer à ce groupe. Ce qu'il ne faut absolument pas faire, là où vous allez vous décrédibiliser, c'est par exemple de rentrer dans le groupe et de prendre la parole tout de suite pour placer une remarque sans comprendre de quoi en parler exactement pour amener votre idée brillante ou sans comprendre qui menait l'interaction, qui était un peu le chef du groupe. Et cette phase d'observation et d'analyse, qui doit durer à peu près 30 secondes à une minute, elle est importante pour comprendre quelle est la dynamique du groupe. Mais si vous omettez cette phase d'observation, et que vous vous lancez bille en tête à vouloir prendre la parole pour vous faire remarquer, pour vous intégrer, vous allez faire l'effet inverse et vous allez passer pour quelqu'un qui est à côté de la plaque. D'où l'importance d'observer avant de parler et de commencer à placer une remarque. D'ailleurs, si vous avez ce sentiment d'être constamment en décalage, d'être en inadéquation dans les interactions sociales, c'est peut-être parce que vous ne prenez pas suffisamment le temps d'observer ce qu'il se passe. D'observer ce qu'il se passe. en face de vous, autour de vous, dans le contexte dans lequel vous évoluez. Donc prenez toujours ce temps d'observation, d'analyse. Ça doit prendre quelques secondes à une minute. Encore une fois, l'idée, ce n'est pas de rester planté pendant des heures à faire un tableau complet de la situation, mais juste de s'arrêter et de regarder, d'observer, d'analyser. pour pouvoir comprendre le contexte, la situation, l'interaction, et de comprendre qui est là, quels sont les enjeux, et qui sont les personnes clés, notamment dans un enjeu ou dans un contexte social. Deuxième code non dit, c'est de savoir garder une juste distance avec les gens. Parmi les éléments, justement, qui empêchent de bien lire la situation, quand on ne sait pas comment se tenir dans un contexte, et je vous rassure, c'est beaucoup plus... courant qu'on ne le pense, en réalité, pratiquement tout le monde vit ça, pratiquement tout le monde a toujours ce ressenti de malaise, de ne pas trop savoir comment se tenir, c'est juste que certaines personnes savent mieux le dissimuler que d'autres, mais quand on ne sait pas quoi faire de ses deux mains, et quand on ne sait pas quoi dire, le réflexe, c'est de faire ce qu'on a l'habitude de faire. Quand on est en situation de panique, le réflexe, c'est de mettre en place et de déployer les réflexes. Et c'est là souvent que surgit l'habitus de classe. Et si vous venez de la classe populaire, eh bien c'est votre habitus de classe populaire qui va ressortir. Ou de classe moyenne, peu importe. Mais cet habitus, il conduit bien trop souvent à de la familiarité. Ou plutôt, pour être plus exact, à ne pas savoir quelle juste distance garder avec les gens. Et c'est normal parce qu'on ne vous a pas appris à faire autrement. Qu'est-ce que ça signifie concrètement ? parfois, trop souvent, c'est aller directement au tutoiement dans une interaction sociale alors que le vouvoiement aurait été plus approprié. Or, il faut savoir, justement, dans cette idée de garder une juste distance avec les gens, qu'il vaut mieux trop de formalité, trop de formalisme au départ, et relâcher ensuite, que l'inverse. Parce que vous pouvez toujours aller du formel vers le moins formel, aller du vouvoiement vers le tutoiement, Mais l'inverse, c'est toujours délicat. Aller du toutouement vers le vouvoiement, c'est très délicat relationnellement parlant. Quand on en arrive là, ça indique une cassure, ça indique que quelque chose n'a pas fonctionné. Ça veut dire soit que vous vous êtes braqué, soit que vous avez braqué votre interlocuteur. Et ça, ça n'est pas bon signe. En gros, ça veut dire que la relation est finie et qu'elle ne reprendra sans doute pas. Donc, utilisez toujours, pour garder cette juste distance avec les gens, le vouvoiement comme mode par défaut. Ça peut vous paraître trop pompeux ou trop cérémonieux, mais dans les milieux aisés, je vous assure que ça vous sauvera la vie en toutes circonstances. Ça vous protège et même si vous avez l'habitude de faire preuve de familiarité, que vous en avez envie, c'est toujours salutaire d'utiliser le vouvoiement par défaut parce que peut-être que la personne en face de vous n'a pas envie justement d'avoir cette proximité et d'avoir cette familiarité avec vous. D'ailleurs, c'est quelque chose que beaucoup de personnes... remarque quand elles m'écrivent sur Instagram et je vous remercie de m'écrire, j'apprécie toujours quand vous me rapportez vos retours très positifs sur le podcast. Parfois, ça m'arrive de recevoir des messages au tutoiement et moi, je ne peux pas faire autrement que de vous voyer. J'ai été éduquée comme ça par l'armée parce que je vous vois systématiquement les personnes que je ne connais pas. Et je vous invite à faire la même chose dans toutes les circonstances avec des personnes qu'on ne connaît pas, vous voyez. Utilisez le vous. Et d'ailleurs, Merci. utilisez le vous, même avec des personnes qui ont l'air d'avoir votre âge. Parce que vous ne savez pas quel est comment la personne... L'âge apparent n'est pas forcément un signe de l'âge réel. Il y a des personnes qui font beaucoup plus jeune que leur âge, alors qu'elles sont beaucoup plus âgées et qu'elles ont peut-être été éduquées à l'ancienne et qu'elles préfèrent le vous-voiement. Pour vous illustrer cela, ça m'est arrivé il y a quelques temps quand je suivais un atelier de reconversion avec l'armée. J'ai rencontré d'autres personnes qui étaient aussi en processus de reconversion. Et il se trouve qu'au cours de ces ateliers, on était en tenue civile, donc on ne pouvait pas voir quel était le grade de l'autre personne. Et ça m'est arrivé de rencontrer une personne qui avait sensiblement le même âge que moi, ou du moins on était dans la même décennie, et on a commencé par se vouvoyer, avant de se rendre compte qu'on était tous les deux officiers et qu'on était tous les deux au même grade. Et quand on a compris cela, on est passé au tutoiement parce qu'on a senti qu'il y avait cette forme de proximité, ou plutôt du niveau hiérarchique qui était pratiquement identique, et donc on est passé au tutoiement parce que c'était approprié. Mais tutoyer cette personne d'emblée aurait été totalement inapproprié dans un sens comme dans l'autre, en l'absence d'indicateurs évidents qui auraient permis de savoir que c'était approprié. Je vais vous donner un exemple. cas qui va vous illustrer ce pourquoi c'est souvent une mauvaise idée de faire preuve de familiarité quand on ne connait pas les gens. Un soir, je rentrais de voiture sur la base aérienne où j'étais affectée. Et j'étais donc au volant de ma voiture en tenue civile. Et après avoir présenté mon badge pour le contrôle d'identité, le planton à l'entrée... Alors quand je dis planton, ce n'est pas péjoratif, c'est le jargon. Je ne sais pas quel serait le terme approprié. Le soldat de garde à l'entrée, voilà. Et le soldat de garde au poste d'entrée, qui était un sergent, voyant qu'il n'y avait pas de voiture derrière moi, engage la discussion et il me tutoie. Donc il était sergent, moi j'étais lieutenant, donc j'étais officier. Et sur le coup, je comprends, à cause de l'absence d'uniforme de mon côté, lui était en uniforme, moi non, je comprends qu'à cause de l'absence de symbole visible sur ma personne, il ne comprend pas que je ne suis pas du tout du même grade et du même niveau hiérarchique que lui, et il me parle comme si j'étais sa pote, très clairement. Et il finit par me demander quel est mon grade, et là je lui dis évidemment, je suis lieutenant, et je vous assure, il s'est fait. figé, il est devenu blême, il s'est mis à bredouiller. « Bonne soirée, lieutenant ! » Et la conversation s'est arrêtée là. Je n'ai rien dit de plus, je me suis dit qu'il avait compris la leçon avec ce qui venait de se passer. Alors il faut comprendre que l'armée, vous vous en doutez, mais c'est un milieu particulier qui est très hiérarchisé, mais dans le monde civil, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de grade explicite qu'il faut faire preuve de familiarité excessive avec les gens que vous ne connaissez pas, et ce, quel que soit le contexte. sociale ou professionnelle. Et d'ailleurs, dans l'armée, en réalité, c'est ce qu'il y a de plus simple. Les grades sont affichés, la symbolique est affichée sur l'uniforme, sur le vêtement. Dans le monde civil, c'est beaucoup plus complexe, c'est beaucoup plus compliqué. Il faut deviner avec un certain nombre d'indices. Mais en réalité, les indices sont parfois trompeurs. Et là, je pense en l'occurrence qu'avec cette anecdote, le sergent en question, il a dû faire une supposition déjà des officiers femmes. Il y en a peu. Une femme qui plus est de couleur, chez les officiers, il y en a encore moins. En plus, je suis plus jeune que mon âge, donc extérieurement, j'avais plutôt l'apparence, je le conçois, de quelqu'un qui n'était pas très gradé. Et effectivement, quand je ne portais pas l'uniforme, souvent, au premier abord, on ne pensait pas que j'étais officier. Il y avait une absence de signes évident, mais dans tous les cas, que ce soit dans le monde militaire ou dans le monde civil, que les signes soient évidents ou non, il faut... éviter, et je me réfère à ce fameux accord Toltec, de faire des suppositions sur les gens et de faire des suppositions sur la proximité sociale et hiérarchique que vous pouvez avoir avec eux. Il faut éviter de considérer que les gens sont vos amis au premier abord. Il faut éviter de considérer, de faire la supposition que les gens sont d'accord pour avoir une certaine proximité avec vous, parce que en réalité, il peut y avoir... un ensemble de barrières hiérarchiques, de barrières de classe qui font que les gens ont envie de garder leur distance. Alors là, il y avait la question du grade, mais ça peut être pour tout un tas d'autres raisons. Mais de manière générale, ne supposez pas que tout le monde a envie d'être votre ami. Alors maintenant, je vais m'arrêter sur un point en particulier parce que je le sens venir comme contre-argument. On pense souvent que garder ses distances, c'est être trop dur ou c'est paraître froid. Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, il y a une différence entre distance et froideur et ça n'est pas la même chose. On peut très bien garder ces distances tout en étant chaleureux. C'est F, l'épisode sur le charisme, qui est l'épisode 49, je vous mettrai le lien dans la description. Et dans cet épisode, je vous expliquais que le charisme, ce sont trois composantes, dont la chaleur humaine. Et c'est tout à fait possible d'être quelqu'un de chaleureux, de montrer de la chaleur humaine. tout en sachant garder ses distances et tout en sachant garder la bonne distance sociale. La différence entre la distance et la froideur, c'est que la froideur, c'est l'impression que vous dégagez par opposition à la chaleur, la chaleur humaine qui passe par la bienveillance, le sentiment de bienveillance que vous dégagez. Est-ce qu'on a l'impression que vous êtes bienveillant ? La bienveillance, c'est le fait de vouloir du bien des autres. Tandis que la froideur, ce serait plutôt l'indifférence vis-à-vis de l'état émotionnel des autres. Alors que la distance, c'est tout autre chose. La distance sociale, c'est de savoir quel degré d'intimité vous entretenez avec la personne en face de vous, quel degré d'intimité vous acceptez de partager avec la personne avec qui vous discutez. Et souvent, on confond ces deux notions de chaleur et d'intimité. On peut très bien être chaleureux en gardant de la distance, ça ne veut pas pour autant dire être distant, c'est encore autre chose, mais on peut cultiver cette chaleur humaine, cette bienveillance, et être dans une juste distance sociale. L'inverse est moins vrai. Cultiver la froideur et l'intimité, c'est un peu plus compliqué. Mais dans tous les cas, la froideur permet de mettre la distance, mais vous n'avez pas besoin d'être froid pour garder la bonne distance sociale. Ce que vous devez retenir de cette partie, c'est que ce qui est important, c'est de garder une juste distance sociale avec les gens que vous ne connaissez pas. Et ça, ça passe par le fait d'entretenir un certain niveau de formalisme qui passe notamment par l'usage du vouvoiement en première intention. Quitte à relâcher un peu au fur et à mesure que vous apprenez à connaître les gens. Troisième code non dit, c'est le fait d'éviter de parler de soi. Il faut absolument éviter de... parler de vous, surtout quand on ne vous l'a pas demandé. Et le problème, c'est que quand on est en situation sociale et qu'on ne sait pas trop de quoi parler, eh bien souvent, on a le réflexe de parler de ce qu'on connaît le mieux, c'est-à-dire soi-même. Sauf que c'est la pire erreur, parce qu'en faisant cela, vous allez saouler les gens. Je n'ai pas d'autres mots. Vous allez saouler les gens. Je vais parler de l'armée encore une fois, mais c'est une excellente école de la vie. Dans l'armée, on vous apprend très tôt quelque chose qui vous permet de survivre en société, et souvent c'est la première chose qu'on vous dit pendant vos classes. Notamment quand vous vous épanchez trop sur des explications, vous aurez toujours un cadre qui va vous couper et qui va vous dire sèchement « arrêtez de raconter votre vie » . Et j'aimerais que vous gardiez cette maxime en tête, « arrêtez de raconter votre vie » , parce que dans la vie réelle, les gens ne vous le diront jamais, parce que ça ne se fait pas si jamais vous êtes en flagrant délit de... de racontage de votre vie, pour le dire ainsi, les gens ne vous le diront pas, mais ils n'en penseront pas moins. Parce qu'en réalité, et je vais vous le dire très honnêtement, les gens n'en ont rien à faire de votre vie. Alors je suis assez mal placée pour vous le dire, puisque je raconte beaucoup la mienne dans ce podcast, mais je vous assure, c'est un effort de le faire. Justement, j'ai été tellement conditionnée à ne pas parler de moi, que ce n'est pas quelque chose que je fais naturellement, justement parce que j'ai appris cette retenue dans le fait de parler de soi-même. Mais de manière générale, c'est un code implicite de la vie en société qui est d'autant plus vrai dans les milieux supérieurs. On ne parle pas de soi, on ne met pas en avant son égo. D'ailleurs, ce code-là, ce n'est pas une invention contemporaine, c'est quelque chose qui a été analysé en sociologie, notamment par Norbert Elias dans son livre La Société de Cour, dans lequel il étudie le fonctionnement de la cour de Versailles. Et ce qu'il montre, Norbert Elias, c'est que dans les milieux aristocratiques, la maîtrise de soi, le fait de ne pas s'exposer, de ne pas... parler trop de soi, ce n'est pas un trait de caractère, c'est une disposition acquise, c'est une discipline sociale parce qu'à la cour, tout s'observe. Et dans ce milieu-là, il y avait énormément de jeux de pouvoir, de stratégie, et plus vous parliez de vous, plus vous donniez prise, et donc plus vous donniez matière aux autres pour vous nuire. Donc ce n'est pas par snobisme que dans les milieux supérieurs, on ne met pas en avant son égo, c'est par stratégie. Quand vous évoluez dans des cercles où il y a beaucoup d'enjeux, où vos paroles peuvent être utilisées contre vous, eh bien, le réflexe, c'est d'apprendre à vous contenir et à parler peu de vous-même. Alors, depuis, les codes ont évolué, je vous rassure, tous les gens dans les milieux aisés ne sont pas des mauvaises personnes qui vont retenir tout ce que vous dites contre vous, mais le fond est resté le même. Et puis, au-delà de ça, et dans tous les cas, il y a toujours quelque chose d'assez désagréable. Quand on a quelqu'un en face de soi dans une conversation qui est toujours en train de parler de lui-même ou d'elle-même, je pense que ça vous est déjà arrivé d'avoir quelqu'un qui ne parlait que de sa propre personne. Quand on se retrouve à devoir l'écouter monologuer, c'est foncièrement désagréable. Et quoi qu'il en soit, c'est le signe de quelqu'un qui est autocentré. Donc ne soyez pas cette personne qui parle constamment d'elle-même. mettez votre ego en retrait, ne faites pas l'étalage de vos exploits, de votre magnificence, même si vous avez déjà gravi le mont Everest, que vous avez gagné 5 prix Nobel et que vous êtes champion du monde de marathon, tout le monde s'en fiche, d'accord ? Plus vous essayez de montrer que vous savez faire des choses, plus vous allez mettre mal à l'aise les gens parce que ça va donner l'impression aux autres que vous vous sentez supérieur. Donc ne parlez de vous que si on vous pose... explicitement des questions. D'accord ? Ne prenez pas l'initiative de vous épancher sur la magnificence et l'excellence de votre personne. Les gens n'en ont que faire. Et si vous ne savez pas quoi dire, eh bien, il y a toujours le fameux small talk, le fait de dire des banalités, de parler de la météo. Vous pouvez aussi poser des questions à votre interlocuteur. Alors, oui, les gens aiment bien parler d'eux-mêmes et tout le monde aime parler de soi. Donc, si vous ne savez pas quoi dire à part parler de vous-même, eh bien, posez des questions aux autres. Laissez-leur l'occasion de s'exprimer. exprimer. Et normalement, si la personne est bien éduquée, elle ne va pas parler d'elle-même de manière extensive et elle va vous renvoyer la balle en vous posant également des questions. Et le fait de ne pas parler trop de soi, ça va également avec le point précédent, le fait de garder ses distances, puisque dès lors que l'on se livre de manière excessive, c'est là que l'on crée pas toujours de manière désirée de la partie en face de l'intimité. Le fait de ne pas parler trop de soi permet également de garder une certaine distance, une juste distance avec la personne en face de vous. Quatrième point, quatrième code non dit dans les milieux aisés, c'est de parler d'idées plutôt que de personnes ou d'événements. Il y a une citation d'Eleanor Roosevelt que j'affectionne beaucoup et qui disait que les grands esprits discutent des idées, les esprits moyens discutent des événements et les petits esprits discutent des gens. Et je vous invite à garder cette citation et l'idée qu'elle véhicule en tête et à observer cela autour de vous dans les prochains jours. Pour ma part, je trouve que pour avoir observé et être systématiquement dans une disposition où j'analyse ce qui se passe autour de moi et comment les gens se comportent, je trouve que cette citation est assez exacte, elle est assez proche de la réalité. Ce n'est pas qu'une vue de l'esprit, je l'observe à peu près à tous les niveaux. Par exemple, quand j'occupais des petits jobs étudiants, il y avait une chose que je détestais particulièrement, c'était passer mes temps de pause avec mes collègues. Parce que la pause, c'était toujours l'occasion de comérer sur les autres. Ah, un tel, il a fait ça hier. Ah, il a dit ça. Ah, et t'as vu, machin et machine, il se tourne autour. Voilà, des commérages. Ce sont des choses qui ne m'intéressent pas. Et je trouve que c'est beaucoup le fait et la tendance des personnes dans les milieux populaires ou dans des positions très subalternes. Je pense qu'on a tous en tête cette caricature des secrétaires qui, à la pause café, fument leur cigarette et commèrent sur les employés de l'entreprise. C'est une caricature, mais il faut comprendre que les caricatures sont des exagérations des faits réels. Et effectivement, les fois où j'ai entendu des conversations qui étaient des commérages, c'était plutôt le fait de personnes dans des positions tout en bas de la hiérarchie sociale d'une entreprise, ou d'une organisation, quoi qu'il en soit, ou d'une institution. Si on prolonge l'idée de la citation d'Eleanor Roosevelt dans les classes moyennes, oui, effectivement, les gens dans ces milieux-là parlent plutôt d'événements. On va raconter ce qu'il s'est passé hier, ou ce qu'on va faire demain, ou ce qu'on va faire ce week-end. Je ne m'étends pas plus sur l'exemple. Dans les milieux aisés, à l'inverse, on va plutôt privilégier les discussions autour des idées. On va parler d'idées, de concepts, de cultures. Alors ça ne veut pas dire que les gens dans les milieux aisés ne parlent jamais d'événements ou de personnes, mais c'est simplement que lorsqu'ils le font, ils le font toujours en le raccrochant à une idée. Je vous donne un exemple. Imaginez que... vos collègues Pierre et Paul se soient écharpés lors d'une réunion hier, qu'il y ait eu une altercation entre ces deux personnages, eh bien, plutôt que de commérer et de dire « Ah, t'as vu ce qui s'est passé entre Pierre et Paul hier ? » et de commenter bêtement comme si c'était un match de boxe, eh bien, quelqu'un d'un milieu aisé, quelqu'un qui a un peu d'éducation, vous dira que cette altercation ou cet événement entre Pierre et Paul illustre l'idée que toutes les personnalités ne seront pas compatibles dans une équipe. On va lancer une discussion, on va en tirer des leçons, on va extrapoler l'événement ou le comportement d'une personne pour en faire une idée. On va élever le débat au-delà du simple commentaire sur les personnes. Et c'est à ce niveau-là que vous devriez vous placer, vous aussi, si vous voulez adopter l'état d'esprit et le mode de raisonnement dans les milieux aisés. C'est toujours d'élever le débat à un cran supérieur, à quelque chose de plus noble, à celui de la pensée et de l'idée, à la conceptualisation. D'où l'importance de travailler sa culture générale, parce que la culture générale vous donne précisément des outils pour penser de cette manière et pour favoriser la pensée conceptuelle. Cinquième code non dit, c'est la sobriété dans l'apparence. Je vois souvent, depuis que je publie sur les réseaux sociaux et que je suis obligée de consommer des contenus qui sont diffusés, je vois souvent des représentations fantasmées des milieux aisés où on voit beaucoup d'artifices esthétiques. Mais en réalité, dans les milieux aisés, on est à des années-lumières de ce qu'on voit sur les réseaux sociaux. Et le problème de ces fausses images qui sont véhiculées sur les réseaux, c'est que ça induit en erreur des personnes qui veulent évoluer socialement et qui en font trop dans leur apparence. Le problème, c'est que quand vous en faites trop, justement, sur le plan esthétique, ça envoie des mauvais signaux. Quand vous en faites trop sur votre apparence, ça signale que vous accordez plus d'importance à la forme qu'au fond. Alors, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, les deux sont importants, mais c'est une question d'équilibre. Parce que si vous êtes... habillée, apprêtée comme une poupée Barbie, mais que derrière, vous n'êtes pas capable de tenir une conversation, justement d'élever la conversation au niveau du débat d'idées, au niveau de la conceptualisation, de la réflexion, eh bien on vous prendra juste pour une poupée Barbie et on ne vous donnera pas de crédit pour cela. On ne vous prendra pas pour quelqu'un de crédible juste parce que vous êtes bien habillée et que votre manucure est soignée. Et quand vous êtes trop apprêté, mais que le fond et les idées ne suivent pas derrière, ça signale implicitement que vous avez une approche superficielle des choses et que vous n'accordez pas votre attention aux éléments qui sont importants ou prioritaires. Le fait d'être trop apprêté, de porter trop son attention sur la chose esthétique, justement, c'est assez, et ça se passe à un niveau subtil, mais c'est assez caractéristique de la classe sociale. Et je l'ai vu dans les milieux diplomatiques. où j'ai travaillé, il se trouve que dans les deux missions diplomatiques où j'ai été, donc l'ambassade de France à Londres et le siège de l'OTAN, vous voyez, j'étale mes exploits, les deux chefs de mission, donc les deux ambassadeurs, étaient des ambassadrices, donc des femmes. Et ça m'a permis de constater qu'entre les femmes qui avaient du pouvoir, donc ces ambassadrices, et celles qui étaient tout en bas de la hiérarchie, donc les secrétaires, celles qui étaient les plus apprêtées, celles qui mettaient le plus d'efforts sur leur apparence, c'était les secrétaires, justement. Alors que les ambassadrices, elles, elles avaient une apparence certes soignée, mais qui était sobre, naturelle, qui avait l'air presque de ne pas avoir été travaillée, mais qui restait tout de même élégante. Ça ne les empêchait pas de tenir avec brio et élégance leurs fonctions et leurs postes. Si vous avez envie de savoir quelles sont les erreurs à éviter sur ce sujet, je vous invite à écouter l'épisode que j'ai enregistré sur les erreurs vestimentaires. C'est l'épisode 46 et je vous mettrai bien évidemment le lien dans la description. Sixième code non dit dans les milieux aisés, c'est la retenue et la maîtrise émotionnelle. Dans les milieux aisés, les gens qui ne progressent pas, ceux qui restent bloqués sous le plafond de verre, ce sont les gens qui se laissent trop facilement envahir par leurs affects et par leurs émotions, qui ne savent pas prendre du recul sur leurs émotions et sur les événements. Or, c'est crucial d'avoir cette maîtrise émotionnelle et c'est ce qu'on va attendre de vous et c'est ce qu'on va regarder implicitement dans les milieux élitistes. À quel point vous êtes capable de vous ? contenir. D'ailleurs, ce dont je suis en train de vous parler, ça a été documenté par la sociologie, et je vais encore citer Norbert Elias, qui a consacré une œuvre entière à ce phénomène dans son livre La civilisation des mœurs. Ce qu'il montre, c'est que ce qu'on appelle la civilisation, le fait de vivre en société avec un certain nombre de normes, ce processus historique par lequel les sociétés se sont raffinées, c'est le résultat d'un long processus d'auto-contrainte, c'est-à-dire le fait que les individus Merci. apprennent progressivement à contenir leurs impulsions, à maîtriser leurs émotions, à ne plus laisser libre cours à leurs affects en public. Et ce qui est intéressant, c'est qu'Elias montre que cette autocontrainte, elle s'est diffusée du haut vers le bas de la société. Et ce sont les classes aristocratiques qui, les premières, ont intériorisé cette discipline émotionnelle. Et progressivement, ces normes se sont diffusées dans le reste de la société. Mais elles ne se sont jamais diffusées de manière uniforme et aujourd'hui encore, le degré d'autocontrainte n'est pas... pas le même selon les milieux sociaux. Et c'est précisément l'un des marqueurs les plus subtils et les plus discrets qui distinguent les classes sociales. C'est-à-dire que cette capacité à la maîtrise émotionnelle, elle est vraiment caractéristique des milieux aisés, des milieux sociaux élitistes. Donc quand je vous parle de retenue et de maîtrise émotionnelle, je ne vous parle pas d'un trait de personnalité, ni d'une question de caractère, je vous parle d'une discipline. Et comme toute discipline, ça s'exerce, ça s'apprend, ça s'intériorise et ça se travaille. Et ça, ça passe par plusieurs niveaux. Ça passe déjà par la manière dont vous vous exprimez. Par exemple, le langage vulgaire, c'est la marque de quelqu'un qui ne sait pas se maîtriser. J'ai enregistré deux épisodes sur le sujet. Alors, pas sur le langage vulgaire, mais sur l'expression orale. L'épisode 12 et l'épisode 50. Mais pour en revenir au langage vulgaire, le fait d'utiliser des jurons devant tout le monde, c'est la marque de quelqu'un qui ne sait pas se maîtriser émotionnellement. C'est la marque de quelqu'un qui se laisse aller à ses émotions et à ses affects. La maîtrise émotionnelle, ça passe aussi par le langage corporel. Il faut savoir que tout ce que vous pensez, même si vous ne le dites pas, ça se voit dans le langage non-verbal, dans le langage de votre corps. Votre niveau de stress, votre niveau d'impatience, votre fébrilité, tout ça, ça se voit à travers votre langage corporel, à travers votre posture, à travers votre stature. Et quand on parle de maintien, vous avez peut-être entendu parler de ce terme quand je vois souvent passer des cours de bonne manière et de maintien, je cite. Et ça me fait toujours rire parce que, je le rappelle, les bonnes manières, ce n'est rien d'autre que la partie émergée de l'iceberg, de l'habitus des classes aisées. L'habitus, c'est l'ensemble des dispositions incorporées, des réflexes conditionnés qui sont issus d'un conditionnement social et qui ont été ancrés depuis tellement longtemps qu'ils semblent naturels alors qu'en réalité, c'est le fruit d'un conditionnement. Mais il faut savoir que quand on vous donne des cours de maintien, à travers notamment le fait de porter un livre sur la tête et de marcher droit, en réalité, le maintien corporel, ça passe avant tout par un maintien émotionnel parce que votre corps est influencé par ce que vous pensez et inversement. J'avais enregistré un épisode sur le sujet, je crois que c'est l'épisode 14 de mémoire. Alors comment on fait justement pour arriver à cette maîtrise émotionnelle ? Eh bien ça passe par deux éléments. Le premier, c'est par la pratique sportive. Encore une fois, le corps. Par le fait de mobiliser le corps, en quelque sorte de décharger l'énergie que suscitent les émotions dans une pratique, dans une activité physique. Il faut savoir que les gens dans les milieux isés sont des gens qui pratiquent du sport, alors pas que dans l'armée, je vous rassure. Et d'ailleurs, il y avait une étude, dont le nom m'échappe, sur les pratiques sportives des Français, qui montrait que plus on appartenait à un milieu aisé, plus on avait une pratique sportive. A l'inverse, dans les couches les plus populaires, on s'adonne beaucoup moins aux disciplines sportives. Mais il faut comprendre que dans les milieux aisés, le fait de pratiquer un sport, ça permet d'entretenir une discipline du corps, qui permet justement de canaliser les émotions et les affects, et de faire passer cette énergie émotionnelle à travers le corps. Et puis, le fait de se maîtriser émotionnellement, ça passe aussi par la pratique artistique et créative. Et quand je dis cela, ce n'est pas uniquement regarder, consommer passivement de l'art. C'est facile de regarder des choses sans faire, mais ça va être plutôt de pratiquer, d'avoir une vraie pratique. Par exemple, de jouer d'un instrument de musique, de faire de la peinture, de prendre des cours de théâtre. Et le théâtre, d'ailleurs, c'est une excellente discipline parce que ça mobilise à la fois le corps, et le côté artistique. Ça mélange les deux. Et ça permet, en plus de cela, de faire un travail sur les émotions. Finalement, c'est une excellente école pour la pratique et la maîtrise émotionnelle parce que ça combine toutes les dimensions dont je viens de parler. Donc, apprenez à vous maîtriser émotionnellement. Faites du sport. Faites du théâtre, tout simplement. Et vous verrez que ça aura des bénéfices sur la manière dont vous vous tenez et dont vous vous retenez. Septième et dernier code non dit. Celui-là, il est beaucoup plus complexe. complexe à saisir. Et si je devais le résumer en une phrase, c'est le juste rapport à la hiérarchie sociale et à l'autorité. Ou plutôt le juste rapport aux hiérarchies sociales, au pluriel, et à l'autorité. Je m'explique. Il y a des personnes qui ne veulent pas reconnaître qu'il y a de la hiérarchie et qu'on devrait être tous égaux. Et cela vient, je pense, d'une grande passion française pour l'égalité qui oublie aussi que la nature humaine est grégaire, que les gens aiment bien être en groupe. voire même en troupeau et aiment bien être menés, avoir des chefs au-dessus d'eux pour leur dire quoi faire. Les gens aiment bien avoir du cadre et dès lors qu'on ne leur met pas de cadre, ils se sentent perdus. Et ça, je l'ai observé à plusieurs niveaux. Il y a beaucoup de personnes qui ont besoin d'avoir un cadre, qui ont besoin d'avoir des personnes au-dessus et autour d'eux qui posent un cadre. Et de là naissent les hiérarchies dans les groupes sociaux, quelle que soit leur échelle et leur envergure. Et il y aura toujours des gens qui auront le réflexe de... prendre le leadership d'un groupe sans forcément être compétent ou légitime, mais parce qu'ils ont été conditionnés à le faire, souvent du fait de leur milieu familial. Et si vous laissez les gens faire, ils prendront ces positions même s'ils ne sont pas forcément compétents pour le faire. Et l'autre extrême, justement, ce sont les personnes qui sont entièrement soumises à cette hiérarchie, qu'elle soit légitime ou pas, mais sans esprit critique. Et c'est un autre extrême qui est lui aussi dangereux parce que si tout le monde se mettait dans cet état d'esprit de soumission Mouah ! absolue, sans aucune prise de recul, sans jamais contester ce que la hiérarchie ou ce que l'autorité peut dire ou peut faire, et bien, c'est de là que naissent finalement les dictatures et les régimes autoritaires. Mais sans aller jusque-là, souvent, quand on vient de milieux populaires, on est conditionné à respecter l'autorité et la hiérarchie, et moi, je l'ai vécu, je l'ai senti par mon milieu d'origine, je sais que ma mère a toujours... travaillait dans des métiers subalternes et elle avait cette tendance à ne pas contester l'autorité, comme si l'autorité c'était quelque chose de sacré qu'on ne pouvait jamais contester et remettre en question. Et... Entre ces deux attitudes extrêmes, on va dire, il y a un juste milieu qui se situe entre la connaissance des codes et de la hiérarchie sociale telle qu'elle est installée aujourd'hui. Et ça, c'est quelque chose qui est très difficile. En tout cas, j'ai l'impression que pour la plupart des gens, c'est assez difficile à saisir. Moi, ça me paraît évident parce que je viens de l'armée, je viens d'un milieu où justement cette hiérarchie, elle est institutionnalisée, elle est visible, symboliquement parlant. On sait qui est le chef, on sait comment se comporter vis-à-vis de l'autorité, tout est codifié, on sait quoi faire. Mais à l'inverse, dans le monde civil, les choses sont beaucoup moins codifiées. Mais elles n'en sont pas moins existantes. Et connaître ces hiérarchies, qu'elles soient visibles ou non, c'est important. Mais à l'inverse, il faut savoir aussi que les personnes qui incarnent l'autorité, et ça il faut bien s'en rendre compte, ne sont pas des dieux vivants. Et ça, c'est tout aussi important, parce que ça implique de savoir remettre en question l'autorité de la personne pour se dire, déjà, est-ce que la personne qui occupe cette position sociale élevée ou cette autorité, cette position haute dans la hiérarchie, est-ce qu'elle est vraiment légitime à être là ? Comment est-ce qu'elle a obtenu cette position ? Qu'est-ce qu'elle a fait ? Est-ce qu'elle l'a vraiment méritée ? Si c'est une question de mérite, puisque c'est la promesse de notre société, de notre société méritocratique républicaine, pourquoi est-ce que moi je ne pourrais pas atteindre ces positions hiérarchiques-là ? Alors je dis « moi » , mais ce n'est pas « moi » en tant que personne, c'est « je vous invite à vous poser ce questionnement, vous, ou vous dire aujourd'hui, si par exemple vous êtes salarié dans une entreprise et que vous avez un N plus 1, N plus 2, quelle que soit la composition de votre hiérarchie, demandez-vous pourquoi. » Pourquoi les gens qui sont dans ces positions-là le sont ? Et qu'est-ce qui fait que vous, vous n'y êtes pas ou que vous n'y êtes pas encore ? Et comment vous pourriez vous visualiser dans ces positions ? Et cette capacité à remettre en question l'autorité et la hiérarchie, ça se traduit dans le fait déjà de prendre conscience que l'ordre des choses n'est pas figé. Et ça implique une certaine attitude vis-à-vis de la hiérarchie, un changement de posture mentale, c'est-à-dire qu'au lieu d'être dans une posture déférente, une posture de soumission, où vous dites oui, vous dites amène à tout. Il faut vous placer dans une posture où quand le chef ou votre supérieur dit quelque chose, vous vous demandez constamment est-ce que ce qu'il dit est juste ? Est-ce que c'est légitime ? Et si ça ne l'est pas, comment je réagis ? Moi, j'ai appris tout cela en tant que jeune officier. J'ai eu... Au début de ma carrière militaire, j'ai appris comme tout jeune officier à respecter la hiérarchie, à respecter les grades, les codes, les symboles, l'autorité et les gens qui la représentaient, avec un respect presque religieux de cette hiérarchie, jusqu'à ce que je comprenne un moment dans ma carrière. Je ne sais pas comment ça s'est fait, mais j'ai fini par le comprendre assez tôt et je l'ai compris, je pense, quand j'ai été justement... pendant ma deuxième affectation en milieu diplomatique. Donc à ce moment-là, j'étais sous-lieutenant et j'ai été affectée dans un état-major international où j'étais la seule officier subalterne. C'est-à-dire que tous les autres officiers qui étaient en poste étaient des officiers supérieurs. Donc je vous invite à vous renseigner sur la composition des grades dans l'armée parce que je ne vais pas faire un cours dans cet épisode de podcast. Mais j'ai vu à ce moment-là des officiers très gradés. des lieutenants colonels et des colonels claquer des gardes à vous. J'utilise cette expression un peu familière, mais c'est vraiment, je ne vois pas comment le formuler autrement, mais j'ai vu des colonels claquer des gardes à vous devant des généraux et devant ce qu'il y a encore au-dessus des généraux, c'est-à-dire l'autorité politique. Alors que jusque-là, en tant que jeune officier, quand vous êtes jeune officier dans les armées, les colonels sont des cadres qui sont très très gradés par rapport au grade auquel vous vous trouvez. Mais en tant que jeune officier, c'est un personnage qui est assez impressionnant. En tout cas, quelqu'un qui a ce grade-là et quelqu'un qu'on considère comme très gradé. Et quand on voit quelqu'un qu'on considère très gradé, finalement, se mettre au garde-à-vous comme un militaire basique devant une autorité encore plus élevée, ça remet les choses en perspective et on se dit finalement que l'autorité n'est que relative. Et ça m'a fait changer. Donc ça, ça a été la première prise de conscience. Et la deuxième scène, c'était encore une fois sur cette même affectation. où, alors je ne me rappelle plus exactement ce qu'il s'est dit en termes exacts, mais je me souviens de l'impression que ça m'avait fait. C'était un jour où je travaillais tranquillement à mon bureau et un général vient me voir, il passait par là et il me fait une réflexion un peu sur le ton de la taquinerie, rien de méchant, mais voilà, c'était quelque chose d'un peu piquant. Et je lui réponds avec une réflexion tout aussi piquante et de manière un peu sèche. Et j'avais répondu sans réfléchir et sur le coup, parce que j'étais très concentrée, je ne voulais pas être embêtée. Et je vois à ce moment-là, je pensais que je l'avais vexée et en fait pas du tout. Je vois un grand sourire s'afficher sur son visage et je me suis dit, j'ai eu cette deuxième prise de conscience à ce moment-là en me disant « Ah, en fait, les gens qui sont gradés n'attendent pas de leurs futurs successeurs, donc les jeunes officiers, qu'ils disent oui à tout, qu'ils exécutent sans réfléchir, mais ils attendent aussi un peu de répondant derrière. » Cette anecdote me laisse penser que ce qu'on attend de quelqu'un dans les milieux aisés et les personnes qu'on identifie comme ayant du potentiel pour grimper dans la hiérarchie, pour monter, pour occuper des positions de leadership, c'est des gens qui ne se laissent pas faire, qui savent poser des limites et qui savent apporter un regard critique et qui ont du répondre, qui montrent qu'ils ont une personnalité forte. Quand on dit personnalité forte, ce n'est pas être dans la contestation, mais c'est justement ce juste milieu entre reconnaître les hiérarchies et savoir en même temps, dans ce cadre, poser ses limites, remettre en question au bon moment et avec un regard critique et une prise de recul. Le jour où j'ai compris qu'il fallait que j'ajoute une pointe d'irrévérence, c'est le mot, de l'irrévérence à mon attitude, cela a drastiquement changé le regard de mes supérieurs sur moi. Et ça a généré non pas de l'aversion, mais du respect vis-à-vis de moi, parce qu'on attend de la part d'un jeune cadre, d'un jeune leader, une certaine forme de caractère. Et cette forme de caractère, elle passe par le fait de savoir dire non, de savoir dire stop, de savoir pointer là où ça ne va pas et d'avoir du répondant. Et c'est ce que je vous invite à faire, quel que soit le cadre, militaire ou civil. plutôt civile, n'ai pas vocation à former des jeunes officiers, quoique si vous m'écoutez et que vous êtes dans l'armée, j'en serais ravie, je vous salue. Mais si vous avez l'ambition de vous élever socialement, ayez conscience de ces hiérarchies qui existent, des codes qui régissent ces hiérarchies, mais ayez toujours un regard critique dessus et sachez les remettre en question dans une juste mesure. J'en viens maintenant au terme de cet épisode et pour récapituler ce qui a été dit, on a vu cette codes non dits des milieux élitistes, d'abord observer le contexte avant d'agir, garder une juste distance avec les gens, ne pas parler de soi, ne pas mettre son égo en avant mais plutôt s'intéresser à l'autre, parler d'idées plutôt que d'événements ou de personnes, la sobriété dans l'apparence, la retenue et la maîtrise émotionnelle et enfin le juste rapport à l'autorité et la hiérarchie tout en sachant garder du recul et une pointe d'irrévérence. Si vous ne deviez retenir qu'une seule chose de cet épisode, ce serait la chose suivante. Tous ces codes que je viens de décrire, vous voyez bien qu'ils n'ont pas grand-chose à voir avec l'apparence ou avec ce qu'on appelle communément les bonnes manières. Ce sont des codes qui traduisent plutôt quelque chose qui est de l'ordre de l'intériorité. Une manière d'être au monde, un rapport à soi, aux autres et à l'autorité et aux normes sociales. Et c'est précisément la raison pour laquelle on ne peut pas les limiter, ces codes. Il faut les intérioriser. C'est ce que je dis et c'est ce que je répète depuis le début de ce podcast. L'ascension sociale, ce n'est pas un travail de surface, ce n'est pas un sac à main qu'on achète, c'est un travail de fond. Vous pouvez vous apprendre à vous habiller, à vous tenir à table, à parler correctement. Si en interne, vous êtes encore dans les schémas mentaux et émotionnels de votre milieu d'origine, vous ne progresserez pas et ça se verra toujours. Les codes, et à plus forte raison, ces codes-là, qui sont de l'ordre de l'implicite, ce sont des signaux. Et ce que ces signaux traduisent ou trahissent, c'est ce qui se passe à l'intérieur de vous. Votre rapport au temps, à l'effort, à l'autorité, à votre propre valeur, et c'est sur cette intériorité qu'il faut travailler en priorité si vous voulez évoluer socialement et véritablement changer de milieu social. Et c'est la démarche que je propose dans mon programme de mentorat Athéna, qui est mon programme d'accompagnement pour les femmes qui veulent effectuer, réussir leur ascension sociale en profondeur et pas seulement en surface, pas avec des artifices cosmétiques. Si cet épisode a fait écho à quelque chose en vous, si vous sentez que c'est ce travail-là, ce travail intérieur que vous avez besoin de faire, sachez que le programme ouvre ses portes. régulièrement, en fonction du moment où vous écouterez cet épisode, soit les portes seront ouvertes, soit elles ne le seront pas. Dans tous les cas, ce que vous pouvez faire si le programme vous parle, c'est de rejoindre la liste d'attente pour être informé en priorité de l'ouverture des portes. Je vous invite à le faire pour deux raisons. La première, c'est que je réserve des bonus pour les personnes qui sont inscrites sur liste d'attente, et la deuxième, c'est que au moment où j'enregistre cet épisode, j'ai plus de personnes sur liste d'attente que je n'ai de place à proposer pour la prochaine ouverture des portes. Par conséquent, ceci est un appel à ne pas manquer cette occasion et à ne pas louper le coche. Ceci dit, vous faites ce que vous voulez, mais au moins vous êtes prévenus. Vous trouverez bien évidemment tous les liens dans la description. Je vous invite également à laisser un commentaire et une note 5 étoiles si cet épisode vous a plu, qu'il vous a apporté quelque chose, qu'il vous a apporté ne serait-ce qu'une prise de conscience. Je vous invite également à vous abonner pour être sûr d'être informé de la sortie des prochains épisodes. Et quant à moi, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente journée ou une excellente soirée, et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode d'élégance et ambition.