Speaker #0Bienvenue dans Élégance et Ambition. Je m'appelle Thalia et après plusieurs années à décrypter les codes de la classe aisée, j'aide désormais les personnes ambitieuses à gravir l'échelle sociale tout en restant fidèles à elles-mêmes. Ici, on parle d'élégance, de savoir-être et de conseils pratiques pour naviguer dans les cercles les plus prestigieux. Dans ce podcast, je vous partage tout pour transformer vos ambitions en actions concrètes et vous accompagner pas à pas dans votre quête de réussite sociale. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous inspirer. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Ellégances et Ambitions et aujourd'hui nous allons aborder un sujet que j'ai déjà effleuré dans le passé mais que je vais reprendre aujourd'hui sous un angle complètement différent, à savoir le langage non-verbal ou autrement appelé le langage corporel. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je prends quelques secondes pour un petit rappel à celles et ceux qui découvrent le podcast aujourd'hui, ainsi que pour les fidèles. Sachez que vous pouvez me retrouver sur Instagram sous le nom d'ascension.social, je vous partagerai le lien dans la description. Vous pouvez également me retrouver dans la lettre d'information dans laquelle je diffuse deux fois par mois des réflexions plus approfondies, des coulisses et des ressources que je ne diffuse nulle part ailleurs. Le lien sera également dans la description. et enfin vous retrouvez vous trouverez le lien vers mon programme de mentorat Athéna, ou plutôt le lien vers la liste d'attente, puisque Athéna n'est pas un programme dans lequel on s'inscrit quand on veut, les places sont ouvertes uniquement sur candidature, à certaines périodes bien précises, quand j'ai décidé d'en ouvrir. Donc pour être sûr de ne pas manquer l'ouverture des portes, je vous recommande vivement de vous inscrire sur la liste d'attente, sachez que cela ne vous engage en rien. Rentrons dans le vif du sujet, et pourquoi est-ce que je reviens sur le langage non-verbal ? Parce que j'avais enregistré l'épisode... 14 l'année dernière intitulée « Maîtriser sa posture pour rayonner, deux points, les secrets du langage non-verbal » dans lequel je vous parlais d'éléments à la fois sociologiques et théoriques. Aujourd'hui, je voulais faire un épisode déjà plus récent, plus actualisé et surtout beaucoup plus pratique avec une vraie boîte à outils. Avant même d'entrer dans le sujet, je voudrais qu'on s'arrête une seconde sur la définition. Puisque, de quoi parle-t-on lorsqu'on parle de langage non-verbal ? Parce qu'il y a souvent une confusion. Dans la communication, et ça c'est quelque chose qui a été mis en évidence par le psychologue américain Albert Merabian, on distingue trois niveaux de langage. Le premier, c'est le langage verbal. Ce sont les mots que l'on utilise, les phrases que l'on pourrait écrire, retranscrire sur un papier. Le deuxième, c'est le langage paraverbal. Là, on est sur tout ce qui est de l'ordre de l'intonation, de l'articulation, des silences, du débit, de la hauteur, du volume. Tous ces éléments que vous pouvez par exemple écouter dans un podcast, mais que vous ne pourrez pas lire sur un texte. Ce n'est pas ce dont on va parler aujourd'hui, ce dont on va parler aujourd'hui c'est le troisième niveau, c'est le langage non-verbal. Et là on parle de posture, de gestuel, donc toutes ces choses que vous ne pouvez pas voir par exemple dans ce podcast quand je vous parle, et ça comprend également le regard, les expressions du visage, la distance entre les personnes, le toucher, le rapport au temps, bon là on va encore un peu plus loin, mais bref tout ce qui touche au corps de manière globale. Et le langage non-verbal, je le rappelle selon les mêmes travaux du professeur Mérabian, cela représente 55% de l'impact d'un message contre 38% pour le langage paraverbal et 7% seulement pour le langage verbal. Donc autant vous dire que le langage corporel est loin d'être anecdotique. Au programme de cet épisode, je vais commencer par évacuer une confusion assez fréquente sur le sujet, celle entre le langage non-verbal et les bonnes manières. Ensuite, je vais vous expliquer pourquoi le langage verbal commence dans la tête et pas dans le corps. Et enfin, on va passer en revue les cinq grandes dimensions du langage corporel. Ce sont des dimensions que j'ai étayées. Loin de moi l'idée d'être une prêtresse du langage non-verbal, mais c'est ce que j'ai mis en évidence en préparant cet épisode de podcast avec... pour chacune de ces dimensions, des techniques très concrètes pour vous améliorer, pour améliorer votre communication dans ce domaine. Et à l'issue de cet épisode, vous saurez identifier la composante sur laquelle vous devez travailler en priorité, vous aurez une boîte à outils utilisable dès vos prochaines interactions sociales et vous comprendrez pourquoi votre travail non-verbal commence par votre état d'esprit. Première chose, et je tenais à commencer par cela parce que c'est une confusion qui revient sans cesse, Le langage verbal, ce ne sont pas les bonnes manières. Et j'insiste lourdement là-dessus parce que vous savez sans doute, si vous me suivez depuis un moment, si vous écoutez ces épisodes de podcast, que je suis assez critique sur le sujet des bonnes manières. Les bonnes manières, on a tendance à les voir comme l'alpha et l'oméga de la capacité à se fondre dans des milieux sociaux exigeants, puisque c'est le fil rouge de ce podcast, c'est sa raison d'être. On voit ces bonnes manières comme un accélérateur, comme quelque chose qui va nous permettre de nous élever socialement. En réalité, ça n'est qu'une... pièce, une micro-pièce du puzzle et ce n'est pas, ça ne devrait pas être une priorité, quel que soit votre niveau d'avancement dans votre ascension sociale. Je vous parle en connaissance de cause parce que depuis que j'ai ouvert le programme Athéna, je mène des entretiens de candidature pour vérifier le sérieux et l'adéquation des candidats au programme et je commence à avoir un certain recul sur les raisons pour lesquelles les différentes personnes peuvent rejoindre ce programme. Et je peux vous dire que parmi les femmes qui viennent me voir, certaines arrivent après avoir fait des stages de bonne manière, après avoir pris des cours de bonne manière ou après avoir suivi des vidéos sur YouTube, sur Instagram. Et quand je leur demande ce que ça a changé pour elles, alors je connais la réponse, mais elle est toujours la même, c'est rien. Et pourquoi je le sais ? Parce que les bonnes manières, c'est un langage à part entière qui se pratique dans des contextes très précis, plutôt élitistes, voire aristocratiques. Et si vous n'avez pas mis en place des stratégies d'ascension sociale au préalable par vous-même pour vous retrouver fréquemment dans ces milieux, vous ne vous trouverez tout simplement jamais dans ces contextes où ces bonnes manières s'appliquent. Je vais vous donner une image pour que ce soit très clair. Apprendre les bonnes manières, prendre des cours de maintien, sans évoluer dans les milieux qui les pratiquent, c'est exactement comme apprendre à parler le japonais, mais sans jamais aller au Japon. Vous accumulez un savoir que vous ne pourrez jamais mettre en pratique. Et pire encore, si vous pratiquez ces bonnes manières dans des contextes où on ne reconnaît pas ce langage, vous allez passer pour un fou ou une folle. C'est comme parler japonais en France, personne ne vous comprendra et on vous prendra pour quelqu'un qui se donne des airs. D'accord ? Apprendre à parler japonais n'est pas un billet d'avion pour Tokyo. De la même manière qu'un cours de bonne manière ou des vidéos pour apprendre les bonnes manières n'est pas un ticket vers les milieux élitistes. Et il y a un autre piège plus insidieux avec les bonnes manières, c'est que comme ce sont des choses que vous n'avez pas l'habitude de pratiquer, dès que vous voulez les appliquer, vous êtes... constamment en train de micromanager le moindre de vos gestes. Vous êtes en train de vous auto-surveiller en permanence. Et ça, ça vous détourne de l'essentiel, c'est-à-dire d'être pleinement présente à la conversation. Et là, on touche à un point fondamental. Si vous avez une gestuelle parfaite, une maîtrise irréprochable des arts de la table, que vous savez parfaitement tenir votre couteau et votre fourchette, mais que vous n'écoutez pas ce que la personne en face de vous est en train de vous raconter, croyez-moi, elle va le remarquer et pas dans le bon sens. Et vous allez faire très mauvaise impression. A l'inverse, si vous tenez votre fourchette dans la main droite, ce qui n'est pas la bonne chose à faire techniquement selon les bonnes manières, mais que vous écoutez vraiment, que vous posez des questions au cours d'une conversation à table, que vous relancez, que vous vous intéressez authentiquement à la personne, et bien là vous aurez de bonnes impressions, là vous aurez gagné. Sans même maîtriser les bonnes manières, et on vous pardonnera beaucoup plus le fait de mal tenir vos couverts, mais d'être pleinement investi dans la conversation, que de parfaitement tenir vos couverts, mais d'être complètement ailleurs. Le plus important, ce qu'il faut retenir, c'est l'écoute. Et ça, on oublie de vous le dire dans les stages de maintien de bonne manière. C'est même complètement contre-intuitif avec la notion de bonne manière, parce qu'étymologiquement parlant, et c'est pour ça que je fais la distinction entre langage corporel et bonne manière, c'est que les bonnes manières, ça désigne la bonne façon de manier, d'utiliser ses mains et par extension son corps. Donc on est dans une logique de gestes, alors que ce qui... comptent réellement dans l'échange, l'interaction humaine, dans la conversation, c'est l'attention que vous portez à l'autre. Voilà, j'espère que ça aura suffi à évacuer le sujet une bonne fois pour toutes. Si vous pensiez que votre gestuelle allait s'améliorer avec des cours de bonne manière, oubliez, c'est probablement la pire des idées. Et à plus forte raison, donc comme je l'ai dit, les bonnes manières ça s'applique à des contextes bien particuliers. Ici les éléments dont on va parler dans cet épisode, ils sont applicables quelle que soit votre situation sociale ou professionnelle actuelle, ils sont applicables dans tous les contextes sociaux. puisque tous les êtres humains, indépendamment de leur classe sociale, perçoivent certains éléments du langage corporel de la même manière. Donc là où je veux en venir, et c'est mon deuxième point, et là on va vraiment rentrer dans le cœur du sujet, c'est que dans l'optique d'améliorer votre langage corporel, il faut comprendre que le corps et l'esprit sont intrinsèquement liés. Et si vous voulez avoir une gestuelle posée, sereine, lente, comme ce que vous disent les fameux tenants des bonnes manières sur les réseaux sociaux, c'est d'abord sur votre état d'esprit qu'il faut travailler et non sur votre corps en lui-même. Pourquoi ? Parce que c'est extrêmement difficile d'avoir à la fois un esprit dans un état de nervosité et de cultiver en même temps une gestuelle sereine. À un moment donné, ça va finir par ressortir d'une manière ou d'une autre. Parce que si dans votre tête, vous êtes en train de turbiner, vous êtes nerveux, nerveuse, vous vous posez plein de questions, vous vous doutez de vous-même, et pensez-vous à mille à l'heure, vous n'êtes pas bien, Quel que soit le niveau de contrôle que vous essayez d'appliquer sur votre propre corps, ça va finir par ressortir. Vous pouvez en être sûr. Et dès que votre attention va se relâcher, ça va finir par ressortir sans même que vous ne vous en rendiez compte. C'est une jambe qui commence à s'agiter, qui tressaute, c'est les mains qui commencent à tripoter un stylo, c'est des jambes qui se croisent et qui se décroisent frénétiquement. Et plus vous allez essayer de faire l'effort de contrôler, plus ça va s'empirer. Donc la première chose à travailler, ce n'est pas votre corps, c'est ce qu'il se passe dans votre tête. Et pour cela, je vais vous donner trois outils très concrets. Le premier, c'est la méditation. Alors quand je dis méditation, ce n'est pas rester assis pendant une heure sur un coussin de moine bouddhiste à faire des incantations. Non, c'est vous prenez votre téléphone, vous mettez un minuteur de 5 minutes et vous vous posez dans un endroit calme. 5 minutes par jour, ça suffit. et c'est d'autant plus efficace que vous serez régulier ou régulière. C'est la régularité dans la méditation qui ne paye pas la durée en soi. Donc ne serait-ce qu'une minute de méditation par jour, c'est largement suffisant, vous augmentez la durée au fur et à mesure que vous arrivez à tenir la régularité, mais c'est un exercice, déjà ça va vous aider à vous concentrer, donc ça va vous aider à travailler votre niveau de présence et en plus ça va vous aider à apaiser votre esprit. Deuxième outil, c'est le fait d'écrire dans un journal ou le journaling. Écrire dans un journal, c'est la meilleure manière de poser son esprit. En particulier si, je sais que la méditation ça ne marche pas pour tout le monde, il y a des personnes pour lesquelles ça a tendance à faire s'emballer l'esprit plus qu'autre chose, donc si la méditation ne fonctionne pas ou pas toujours, écrire dans un journal est une option. C'est à pratiquer le matin ou le soir, voire le matin. et le soir, et même, cela dit, à n'importe quelle heure de la journée, si vous avez tendance à voir que votre cerveau turbine beaucoup, eh bien, si vous voulez arrêter ce flux de pensées, vous prenez un journal, ne serait-ce qu'un morceau de papier, un crayon, vous écrivez ce qu'il vous passe par la tête, et l'idée, c'est de sortir les pensées de votre tête pour les poser sur un papier et libérer de l'espace mental. Alors, ces outils, la méditation et le journaling, ce sont des outils qu'il faut utiliser avant ou... après une interaction à fort enjeu. Bien évidemment qu'en pleine, par exemple, en pleine réunion, en plein entretien d'embauche, c'est difficile de se mettre à méditer. Quoique c'est possible si on arrive à s'isoler mentalement, mais ça c'est autre chose, c'est un autre niveau. Et c'est pour cette raison que je vais vous donner un troisième outil qui sera d'un plus grand secours au quotidien, qui est de se reconnecter au moment présent. Parce que souvent, quand on a l'esprit nerveux, c'est qu'on est en train de cogiter, de s'embourber dans ses propres pensées. et qu'on a nos pensées, notre attention qui est tournée vers soi-même. On est littéralement en train de se regarder penser. Et la meilleure chose à faire dans ces moments-là, c'est de décentrer son attention de soi pour revenir au monde extérieur, au moment présent. Pour ça, trois astuces. La première, c'est de respirer. Tout simplement, littéralement, respirer un coup. Quand on vous dit « respirer un bon coup » , ce n'est pas qu'une expression. Ce n'est pas juste se concentrer sur sa respiration, c'est respirer activement pour... réoxygéner le cerveau. La technique, c'est la suivante. Vous pouvez le faire maintenant en m'écoutant. Vous prenez une grande inspiration par le nez, vous bloquez, et quand vous êtes arrivé à ce stade où vous avez l'impression que vous ne pouvez plus réinspirer, vous reprenez quand même une petite inspiration supplémentaire à la fin, et ensuite vous relâchez doucement par la bouche. Vous pouvez le faire tout de suite en repassant ce passage au besoin, et est-ce que vous sentez la différence ? Est-ce que d'un coup vous vous sentez beaucoup plus détendu ? Si la réponse est oui, c'est normal, c'est parce que ça réoxygène le cerveau. Et non seulement ça réoxygène le cerveau, mais en plus ça vous reconnecte immédiatement à votre corps. Deuxième astuce pour se reconnecter au moment présent, c'est de se concentrer sur les sons extérieurs. Repérez tous les sons qui passent autour de vous, le bruit de la rue, d'une porte qui claque, une voix au loin, une conversation de personnes qui marchent à côté de vous. Tout ça, ça décentre l'attention, votre intériorité vers l'extérieur. Et troisième astuce, et souvent celle-là elle fait rire, c'est remuer ses orteils dans ses chaussures. Et je sais que ça paraît étrange, mais je vous garantis que ça fonctionne. Quand on a le cerveau qui s'emballe, qui part dans tous les sens, il suffit de remuer les orteils dans ses chaussures et ça ramène tout de suite au corps, ça permet de sortir de sa tête et de revenir à l'instant présent. Voilà donc pour le socle, votre état d'esprit, avant même d'aller dans les techniques en soi pour travailler son langage non-verbal. Vous avez une boîte à outils pour premièrement apaiser votre esprit. Et ça passe par la respiration, se reconnecter au son extérieur et se reconnecter à son corps en remuant ses orteils. Et c'est ce travail-là sur l'esprit qui va naturellement faire émerger une gestuelle plus posée parce que vous aurez d'abord pris le temps de poser votre esprit. Si vous pratiquez ces éléments régulièrement, à plusieurs reprises dans une journée, vous prenez le temps de sortir de votre esprit, de ce qui se passe dans votre propre tête, vous allez voir que vous allez avoir des effets assez rapidement. Maintenant, on peut entrer dans le détail et des cinq dimensions du langage non-verbal. Une chose importante à comprendre à propos du langage non-verbal, c'est que ce n'est pas une collection de gestes qu'il faut effectuer ou ne pas effectuer. Le langage non-verbal, c'est plutôt un système. Et ce système, on va le décomposer en cinq grandes dimensions que sont la kinésique, le visage, la proxémique, le toucher et la chronémique. Ce sont des termes qui ont l'air un peu barbares, mais on va les passer en revue un à un. La première dimension, c'est la kinésique. Et là, je vais aller assez rapidement parce que c'est un sujet qu'on a largement couvert dans l'épisode 14, auquel je vous renvoie si vous ne l'avez pas encore écouté. Mais pour résumer, pour expliquer ce que c'est, la kinésique, c'est tout ce qui concerne la posture, la gestuelle et la démarche. Bref, c'est votre corps en mouvement, mais aussi votre corps en immobilité. Parce que oui, même quand on nie. immobile, il y a quand même du langage corporel, il y a quand même des signaux qui sont envoyés. Ce qu'il faut retenir dans cet aspect, dans cette dimension, c'est qu'un langage non-verbal qui projette de la confiance, de l'assurance, l'autorité, puisque c'est ce qu'on cherche, c'est une posture droite, des épaules ouvertes, qu'on soit assise ou debout, un regard aligné, une démarche maîtrisée, c'est ce qui va envoyer le signal d'une posture assurée et légitime. à l'opposé d'une posture où on a les épaules voûtées, les bras croisés, une démarche qui est précipitée ou lourde, ça, ça envoie le signal d'une personne qui n'est pas sûre d'elle, qui est mal à l'aise. Et à ce sujet, je vous renvoie aux travaux des sociologues Monique Pinson-Charlot et Michel Pinson, qui, notamment dans leur ouvrage Sociologie de la bourgeoisie, ont montré comment la posture est en réalité un habitus, c'est-à-dire, je vous rappelle, l'habitus, c'est l'ensemble des dispositions incorporées. l'ensemble des réflexes, des manières d'être, de se comporter, de penser, d'agir, de parler, qui sont tellement pratiquées qu'on a l'impression qu'elles sont naturelles, alors qu'en fait elles sont acquises. Et cette manière de se tenir, cette posture, fait partie de l'habitus des milieux aisés, donc cette manière de se tenir avec une certaine droiture, avec une verticalité au niveau du tronc, avec une posture haute, des épaules ouvertes, le port de tête haut. Tout cela, ce sont des habitudes qui sont transmises dès l'enfance dans les milieux favorisés, et c'est ainsi qu'on se tient chez les enfants, chez les adultes. Ça fait partie des habitudes de classe, de classe sociale. Pour aller plus loin sur cet aspect de la posture, et là on va aller au-delà de l'épisode 14, sachez une chose, c'est qu'il y a certes votre langage verbal, celui que vous exprimez, celui que vous voulez projeter, mais votre langage verbal, dans certaines situations, il faut savoir qu'il est observé, analysé, que ce soit de manière... inconsciente ou consciente. Et quand je dis qu'il est observé de manière consciente, je parle notamment des interactions à fort enjeu, comme les entretiens d'embauche, les négociations, certaines réunions stratégiques. Et je vais vous donner un exemple très concret. Alors, ce n'est pas un exemple, mais je vais vous parler d'une chose et vous penserez à moi la prochaine fois que vous arriverez dans une salle de réunion qui a une table en verre. Sachez que si vous arrivez dans ce type d'endroit, avec ce type de mobilier, ça n'est pas pour faire joli. Une table en verre, ce n'est pas un choix esthétique. Une table en verre, c'est pour observer votre langage non-verbal. Parce que je ne vous fais pas un dessin, à travers une table en verre, on voit ce qui se passe. Et donc, ça sert à voir si votre jambe commence à tressauter, si vous croisez les jambes, à quelle vitesse vous croisez ou vous décroisez les jambes, ou à quelle fréquence vous le faites. Comment est-ce que vous bougez sous la table ? Parce qu'il y a des gens qui sont très forts. pour maîtriser ce qui se passe en haut, au niveau de la partie haute de leur corps, mais qui font ressortir le manque de sérénité ou la panique qui peuvent avoir lieu dans leur tête à travers la partie basse de leur corps. Un peu comme un canard qui en surface a l'air très calme, mais qui sous la surface agite frénétiquement les pattes pour avancer. Et c'est ce qui se passe parfois, une table en verre, ça permet de voir ce type de choses. Donc sachez-le la prochaine fois et méfiez-vous d'autant plus. si vous voyez un espace de travail ou plutôt de réunion avec ce type de table. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si dans pratiquement tous les cabinets d'avocats, dans toutes les salles de réunion où se passent des négociations, il y a systématiquement des tables en verre dans les salles de réunion. D'ailleurs, si vous êtes avocat et que vous n'avez pas de table en verre, changez de table. Donc quand vous vous retrouvez dans ces contextes, gardez toujours à l'esprit que votre corps parle pour vous jusque sous la table et c'est observé par les autres. Deuxième dimension du langage corporel, c'est le visage. On a tendance à parler beaucoup du corps dans son entièreté, mais le visage en fait tout autant partie et c'est probablement la composante la plus lue, la plus scrutée et donc la plus déterminante pour une première impression. Et ça englobe trois sous-éléments que sont le regard, les expressions faciales et le sourire. Commençons par le regard. Le regard dans une conversation, c'est un élément majeur du langage non-verbal. Et pour autant, ce n'est pas l'élément le plus facile. Pour ma part, c'est quelque chose avec lequel j'ai beaucoup de mal. Autant je n'ai aucun mal à regarder quelqu'un dans les yeux quand il me parle, ou du moins j'ai trouvé une technique pour que ce soit moins inconfortable, c'est-à-dire que je regarde l'une des pupilles de mon interlocuteur, autant quand c'est moi qui parle, je suis incapable de maintenir le regard de la personne à qui je parle en même temps que je m'exprime. Ça me demande un effort supplémentaire qui me coûte beaucoup. Si vous êtes dans le même cas, ce n'est pas un défaut de personnalité, c'est très fréquent, et c'est souvent dû à une surcharge cognitive. C'est-à-dire que quand je parle, que je donne de l'information, que je dois produire de l'information, je n'arrive pas, en termes de capacité mentale, intellectuelle, tout ce que vous voulez, je n'arrive pas en même temps à regarder la personne dans les yeux, parce que toutes les micro-expressions dans son visage vont me donner, elles aussi, de l'information à traiter, et donc je ne suis pas capable de faire les deux en même temps. Ça me crée une charge mentale que je ne peux pas gérer. Si vous êtes dans ce cas, comment on se sort de cette situation ? Eh bien, voici mes techniques. C'est que quand vous écoutez quelqu'un que vous n'avez pas à parler, là, c'est très simple, il vous suffit juste de fixer une des pupilles de votre interlocuteur, pas l'œil dans son ensemble, vraiment la pupille, comme un point noir que vous fixeriez sur un mur. Ça facilite énormément les choses. Et quand c'est vous qui parlez, sachez que vous n'avez pas besoin de fixer la personne dans les yeux constamment. C'est normal de laisser partir son regard à droite, à gauche, quand vous cherchez vos mots. Mais l'idée, c'est de revenir régulièrement au regard de la personne une fois de temps en temps et de ne pas regarder constamment et complètement ailleurs quand vous êtes en train de lui parler. Déjà, faites l'effort de revenir au regard de la personne avec qui vous parlez, même si ça demande un effort supplémentaire, ça reste un moindre effort que de la regarder constamment dans les yeux. Le plus important, ce n'est pas tant de fixer votre interlocuteur quand vous parlez, c'est surtout de garder son regard quand c'est lui qui vous parle. C'est ça qui crée la pleine et entière attention. Et ça, c'est extrêmement précieux. Passons maintenant aux expressions du visage et au sourire. Et je vous rappelle, si vous avez écouté l'épisode sur le charisme, que le triptyque de cette idée, de cette compétence qu'est le charisme, c'est 1. l'autorité, 2. la présence, 3. la chaleur humaine. La présence, elle se manifeste par le regard dont on vient de parler, l'autorité se manifeste par la posture dont on a parlé encore avant, et la chaleur humaine, elle, elle passe en partie, notamment par le regard et par le sourire. Et le sourire, c'est quelque chose qui passe souvent à la trappe, ou alors qui est surjoué. Or, manifester un sourire de temps en temps, par exemple en croisant un collègue dans le couloir, en accueillant quelqu'un, c'est un élément majeur du langage corporel, ça fait toute la différence. Mais attention, il ne faut pas en faire trop non plus, il faut garder toujours un juste équilibre. Si vous êtes tout le temps en train de sourire, vous allez passer pour le ravi de la crèche, et ce n'est pas ce qu'on veut. Il y a deux types de sourire qu'il faut distinguer. Le premier, c'est le sourire simulé, que j'aime bien appeler le sourire de Miss France. Celui où on sourit à pleines dents, mais ça se voit que c'est faux. Ça se voit que c'est un sourire de façade. Et ce sourire Miss France, il est faux, ou du moins il a l'air faux, par opposition au sourire authentique, qu'on appelle aussi le sourire de Duchesne. J'ai découvert ça en préparant cet épisode. Et ce fameux sourire de Duchesne, qui a l'air authentique, il a cet air authentique. parce qu'il met en action à la fois les zygomatiques, donc les muscles des joues qui actionnent la bouche, et ceux des yeux. Quand vous avez un sourire authentique, qu'il soit vrai ou qu'il soit authentiquement simulé, c'est parce que vous avez à la fois la bouche et les yeux qui se mettent en action avec des petits plis qui se dessinent au coin des yeux. Et donc le sourire Miss France, il a l'air inauthentique justement parce qu'il n'y a que la bouche qui s'active. Et je vais vous donner une astuce pour faciliter ce sourire. authentique, puisque, alors, actionner, penser à actionner les bons muscles, c'est bien, mais pour arriver à le faire encore plus naturellement, eh bien, encore une fois, ça passe par l'état d'esprit, par la pensée. Et l'idée, c'est de provoquer chez soi ou de penser à quelque chose ou plutôt de générer chez soi une pensée bienveillante envers la personne à qui vous souriez. Par exemple, en prononçant mentalement une pensée bienveillante, positive, à la personne à qui vous vous adressez, dans votre tête, vous vous dites mentalement, vous vous dites mentalement, Je vous souhaite le meilleur. Bien sûr, vous ne le dites pas, vous gardez ça pour vous, vous le dites dans votre tête. Ou alors, trouver très rapidement quelque chose que vous appréciez chez la personne que vous avez en face de vous. Ça peut être totalement anodin, par exemple, de vous formuler mentalement que vous aimez bien ses lunettes, ou la couleur de ses yeux, ou sa manière de parler, ou la couleur de ses cheveux, peu importe. Mais juste d'avoir une pensée positive et bienveillante à l'égard de la personne, ça va générer chez vous cet état d'esprit et ça va se répercuter sur votre corps. en l'occurrence sur votre visage. D'ailleurs au passage vous pouvez tout à fait sourire avec les yeux, montrer que vous avez ce sourire avec les yeux sans pour autant sourire avec la bouche, notamment si on est de nouveau plongé dans une pandémie mondiale comme ce qu'il est en train de se passer potentiellement avec le fameux antivirus. On croise les doigts pour que ça ne tombe pas dessus de nouveau mais si jamais on doit de nouveau porter des masques, sachez qu'on peut tout à fait faire passer un sourire uniquement par le regard parce qu'en réalité le vrai sourire il commence dans les yeux. Un dernier point sur le visage, c'est la question des micro-expressions. Les micro-expressions, ce sont des expressions du visage qui traversent notre visage en quelques fractions de secondes, de l'ordre du millième de seconde. Et il faut savoir que des expressions du visage, les micro-expressions qui sont authentiques, qui font comprendre à votre interlocuteur que vous êtes pleinement présent dans la conversation, elles surgissent sur votre visage dans un délai qui est de l'ordre de la milliseconde. Et ça, votre interlocuteur, il le perçoit de manière... instinctive, inconsciente, même il n'est pas capable de l'expliquer avec des mots. A l'inverse, quand vous simulez des micro-expressions, par exemple la surprise, la joie, en réaction à ce qu'un interlocuteur vous dit alors que vous étiez ailleurs, mais que vous vous reconnectez de manière urgente à la conversation, ces micro-expressions vont apparaître dans un délai de quelques dixièmes ou centièmes de seconde. Mais cette différence entre dixièmes, centièmes et millisecondes, c'est déjà trop pour le cerveau. C'est ça qui vous fait passer pour quelqu'un d'inauthentique, de pas pleinement présent. D'où l'importance d'être toujours pleinement présente à une conversation parce que c'est ça qui va faire que votre visage va s'activer de manière réactive et authentique à ce que quelqu'un vous dit. Donc le conseil que je vous donne, il est très simple, c'est quand vous êtes dans une conversation avec quelqu'un, ne préparez pas votre réponse, ne partez pas dans vos propres pensées, ne réfléchissez pas à ce que vous allez manger au dîner ce soir ou demain, mais restez présente à la conversation et écoutez ce que les gens vous disent. écoutez authentiquement et sincèrement ce que les gens vous disent et vous verrez, ça change tout. Troisième dimension, c'est la proxémique. Alors la proxémique, c'est un mot barbare qui désigne tout simplement l'art de gérer la distance physique entre vous et les autres. Ce concept, on le doit à l'anthropologue américain Edward T. Hall qui a identifié quatre grandes distances. Donc de la plus courte à la plus longue, on a la distance intime. Donc il faut imaginer des cercles concentriques autour de votre propre personne. La distance intime, c'est celle qui est la plus immédiate de votre propre corps et qui couvre une zone de 45 cm de rayon autour de vous. Ensuite, il y a la distance personnelle, qui est située sur un cercle qui fait entre 45 cm et 1,20 m de rayon. Au-delà encore, on a la distance sociale, qui fait entre 1,20 m et 3,60 m. Et au-delà, on a la distance publique. Alors bien évidemment, ces distances ne s'appliquent pas. plus quand on est dans des contextes comme un ascenseur ou des transports en commun bondés, mais de manière générale, quand il y a suffisamment d'espace pour que les gens se tiennent aux distances où ils le veulent, ces distances-là, elles sont importantes. Alors j'avais parlé des distances dans mon épisode sur les 7 codes non-dits des milieux aisés, mais à ce moment-là, j'évoquais plutôt la distance intellectuelle et émotionnelle. Mais cette juste distance, elle n'est pas que émotionnelle, elle est aussi physique, au sens littéral du terme. qu'on va développer dans ce point. Parce que si vous êtes constamment trop proche physiquement des gens, vous envahissez leur espace. En termes de langage corporel, ce n'est pas bon, ce n'est pas ce qu'il faut faire. Ce n'est pas une bonne forme de langage verbal et savoir gérer la juste distance, aussi bien sur le plan émotionnel que physique, c'est essentiel. Il y a un signal très simple à repérer, par exemple si vous êtes en face de quelqu'un dans une conversation et que vous voyez que la personne recule, et qu'elle recule encore, mais souvent c'est de l'ordre de quelques centimètres, elle va se reculer de quelques centimètres, c'est que vous, souvent c'est parce que vous êtes en train de vous rapprocher et que par conséquent vous êtes en train d'envahir son espace, du moins un espace dans lequel elle n'a pas envie que vous rentriez. Dans ces cas, c'est le signal qu'il faut arrêter de vous rapprocher, qu'il vaut mieux garder un peu trop de distance avec elle, laisser les gens respirer, en somme. Et en termes de proxémique, il vaut mieux être perçu comme un peu trop réservé, peu trop. trop lointain que comme trop envahissant. Alors cette distance, elle n'est pas toujours facile à gérer. Je vous ai donné des ordres de grandeur qui sont des moyennes observées, mais elles varient en fonction des gens. La distance intime sera considérée comme la distance intime pour un individu, ne sera pas forcément la même pour un autre. On a parlé d'un cercle de 45 cm de rayon, donc ça fait globalement la distance d'un avant-bras. Il y a des personnes pour qui ce cercle va être beaucoup plus petit, Donc, ils vont accepter que... que le champ que recouvre la distance sociale soit plus proche, et d'autres pour qui cette distance intime va être plus grande. Des gens qui ont besoin de garder plus leur distance. Et cette distance, elle va aussi varier en fonction de, du moins pas la distance sociale, mais la distance à laquelle vous allez devoir vous tenir en discutant avec quelqu'un, elle va aussi changer en fonction de la teneur de la conversation. Par exemple, si vous êtes en train de discuter en tête à tête avec quelqu'un sur un sujet sensible, par exemple dans les couloirs de votre lieu de travail, et que vous parlez d'un sujet qui n'est pas encore connu de tout le monde, et bien naturellement vous allez vous rapprocher de votre interlocuteur pour parler à voix plus basse, pour le mettre en quelque sorte dans la confidence. Et là c'est socialement accepté, même attendu, d'avoir une certaine proximité physique. A l'inverse, si vous parlez de banalité avec quelqu'un, que c'est une conversation sans enjeu, eh bien là, ça ne nécessite pas que vous soyez dans une certaine proximité physique. Là, il va falloir garder une certaine distance. Ne serait-ce que parce que la nature de la conversation indique que, quand on échange des banalités, on n'est pas dans une conversation profonde par nature. Donc, socialement, en termes de distance, ça se justifie de garder une certaine distance. La quatrième dimension du langage non-verbal, c'est le toucher. Le toucher, c'est en réalité le prolongement direct de la proxémique, puisque quand on arrive au toucher, là, on est dans la distance zéro. C'est le moment où on franchit la frontière physique. Et c'est une composante qui est extrêmement codifiée, en particulier dans les milieux favorisés. Toucher quelqu'un, ça n'est jamais anodin et il faut manier et se toucher avec précaution. C'est le cas de le dire. Le premier toucher que l'on a avec quelqu'un, c'est généralement la poignée de main. Et alors, la poignée de main, c'est un impondérable. Ça a été un peu mis en parenthèse avec l'épidémie de... de Covid il y a quelques années, mais maintenant c'est totalement revenu. On se serre la main quand on rencontre quelqu'un, ou pour lui dire bonjour. Et à ce sujet, c'est extrêmement important pour vous d'avoir une poignée de main qui soit dans un bon niveau de fermeté, c'est-à-dire une poignée de main qui soit ferme, sans pour autant écraser. Il faut trouver ce juste milieu et éviter à tout prix deux écueils. D'un côté, celui de la main molle, qui donne l'impression d'avoir affaire à quelqu'un qui manque de tonus, et de l'autre côté, c'est la poignée de main qui écrase. qui brouille la main de l'autre et qui donne l'impression d'avoir affaire à quelqu'un qui cherche à imposer, à écraser littéralement. Le seul moyen de savoir si vous situez le curseur au bon endroit, c'est tout simplement de demander à quelqu'un de vous le dire, parce que vous ne pouvez pas l'évaluer par vous-même. Donc je vous invite à vous entraîner avec un proche en lui demandant un retour honnête. C'est un exercice tout simple mais qui peut vraiment vous éviter de mauvaises impressions. Vous sollicitez quelqu'un de confiance, un proche, vous lui demandez comment est votre poignée de main, si elle est trop ferme, trop molle, et vous ajustez en conséquence. Et entraînez-vous à serrer la main, c'est important. Ensuite, il y a la bise. Alors la bise, c'est réserver un contexte plutôt intimiste ou familier. Dans le doute, quand vous rencontrez quelqu'un pour la première fois, privilégiez toujours la poignée de main. Et je vais vous donner une règle d'or qui vaut pour tout ce qui touche aux usages sociaux, c'est qu'il vaut mieux pécher par excès de formalisme que par excès de familiarité. Donc si vous avez un doute sur... comment aborder une salutation physique avec un interlocuteur, privilégiez la poignée de main à la bise, parce que dans un cas, vous pourrez rattraper, mais pas dans l'autre. Parce que dans un cas, si vous avez été trop formel en tendant la main pour une poignée de main, la personne en face qui accepte que vous fassiez la bise, elle pourra toujours vous dire qu'on peut se faire la bise. Mais dans l'autre cas, si vous avez été directement vers l'option la plus familière, ça va faire mauvaise impression et c'est très difficile à effacer après. Donc dans le doute, privilégiez l'option la plus formelle. Alors après qu'on a passé l'étape des salutations, il y a tout ce qui est de l'ordre du toucher au cours de l'interaction. Par exemple, toucher l'épaule de quelqu'un, poser sa main sur le bras, sur l'épaule d'un interlocuteur à certains moments dans une conversation. Ça c'est un art très complexe et je vais être honnête avec vous, c'est quelque chose avec lequel je ne suis pas à l'aise du tout. Moi je n'aime pas qu'on me touche, donc je ne vais pas aller toucher les autres. C'est un art qui est très délicat à manier. certaines personnes le font très très bien. Il y a une personne qui est notoirement connue pour maîtriser cela à la perfection, c'est Emmanuel Macron. Si vous ne savez pas qui c'est, actuel président de la République, il est connu pour savoir toucher les gens physiquement. On le voit souvent, notamment dans les images de rencontres avec d'autres chefs d'État, poser une main sur un bras, sur une main pendant la poignée de main, sans que ce soit perçu comme envahissant. Alors souvent c'est analysé par les spécialistes de la politique, De manière générale, beaucoup de gens dans son entourage le disent, il a cette capacité à savoir toucher les gens, littéralement, par la gestuelle, et ça contribue largement à son aura charismatique, à cette capacité qu'il a à créer ce sentiment de proximité immédiate avec ses interlocuteurs. Et ça, c'est un élément non négligeable qui lui a sans doute permis d'atteindre le niveau politique auquel il est aujourd'hui. observez les gens qui manient bien le toucher vous en apprendrez beaucoup si jamais c'est quelque chose que vous avez envie de développer, en tout cas moi ce n'est pas quelque chose que je saurais vous enseigner mais c'est un outil que vous pouvez ajouter à votre arsenal d'éléments dans ce qui concerne le langage corporel et cinquième et dernière dimension c'est la chronémique et je vais parler de cela, alors ça ne fait pas en soi partie du langage non verbal mais je l'inclus au sens large j'ai vu le... précise, parce que ça pourrait faire l'objet d'un épisode à part entière, mais la chronémique, pour dire ce que c'est, c'est votre rapport au temps. Et je l'inclus dans un épisode de podcast sur le langage non-verbal, parce qu'on dit souvent que pour être plus élégante, projetée de la confiance, il faut avoir une gestuelle lente, il faut ralentir sa gestuelle. Et c'est vrai. Mais ce qu'on ne vous explique pas, c'est le pourquoi. Et la vraie explication, elle est sociologique. De pourquoi les gens dans les milieux aisés, ils ont cette gestuelle qui est lente, ils ont cette gestuelle qui est maîtrisée, qui est posée. Tout simplement parce que les personnes aisées, les gens qui ont les moyens financièrement, eh bien par définition, ils ont de l'argent. Et cet argent, il n'est pas là juste pour faire joli sur un compte en banque, c'est principalement de l'argent qui permet de s'acheter du temps. du temps pour soi, alors du temps en s'offrant des services, en s'offrant les services de personnes qui peuvent nous permettre de nous racheter du temps, notamment du personnel de maison, un taxi, un chauffeur, un chef, etc. Et quand on a du temps, eh bien, on a la capacité d'aller plus lentement dans son quotidien, de ne pas être constamment pressé par les événements, de ne pas avoir à courir partout, et c'est ça qui contribue à cette gestuelle plus posée puisqu'on a le temps, pourquoi se presser ? J'ai entendu cette expression récemment, alors c'est l'issue du monde militaire, mais le chef est le maître des horloges. Et quand vous êtes en position d'autorité, de pouvoir, vous êtes le maître des horloges, et donc c'est vous qui décidez du défilement du temps, en quelque sorte, du cours des événements, de votre propre emploi du temps. Et vous verrez que, de manière générale, plus on monte dans l'échelle sociale, moins les gens sont pressés. Alors, pour deux raisons. La première, c'est qu'il y a une conception du temps, un rapport à soi et au temps qui est socialement conditionné. On sait qu'on est là pour jouer un jeu de long terme. Et donc, on n'a aucun besoin de se presser dans l'instant présent, sur le court terme. Et le deuxième, c'est tout simplement, j'en ai parlé, c'est qu'on a les moyens financiers de se racheter du temps, en délégant, en faisant faire, en n'ayant pas à porter soi-même les tâches matérielles du quotidien. Et ça, ça se traduit directement dans la gestuelle. Une gestuelle qui est posée, qui est lente, qui est maîtrisée. C'est le signal qu'on s'est racheté suffisamment de temps pour ne pas avoir à se presser. A l'inverse, une gestuelle précipitée, saccadée, c'est très souvent le signal de quelqu'un qui a beaucoup de choses à faire, beaucoup de tâches à exécuter. Et c'est aussi le signal d'une mauvaise gestion du temps parce qu'on est débordé partout par les tracas du quotidien. Alors le lien n'est pas toujours évident, mais c'est pour ça que ça se traduit, c'est pour ça qu'une gestuelle lente est posée, c'est l'apanage des milieux aisés, c'est parce que dans ces milieux sociaux-là, on a le temps, parce qu'on prend du temps pour soi, et parce que les tâches ingrates qui absorbent le temps, on ne s'en préoccupe pas, on les délègue aux autres. On en arrive au terme de cet épisode, et avant de vous laisser, on va récapituler les points que l'on a abordés. Premièrement, le langage non-verbal, ce n'est pas les bonnes manières. Plutôt les bonnes manières, ce n'est pas ce qui va vous aider à améliorer votre langage corporel. Les bonnes manières, c'est un langage contextuel qui ne sert que dans des cercles précis et qui peut même se retourner contre vous si vous les pratiquez hors contexte. Donc vouloir apprendre les bonnes manières avant de travailler son langage non-verbal de fond, c'est se tromper de priorité. Deuxièmement, le langage non-verbal, il commence dans votre tête. Une posture, une gestuelle posée, c'est avant tout le fruit d'un esprit posé. Alors l'inverse est vrai. C'est-à-dire qu'apaiser, poser votre corps, ça va vous aider en retour à ralentir votre esprit, mais dans tous les cas, vous ne pourrez pas durablement masquer un état intérieur agité avec une gestuelle contrôlée. Donc le travail de France pour maîtriser votre langage corporel, c'est d'abord un travail sur l'esprit, sur l'état d'esprit plutôt, ou plutôt l'état émotionnel, les humeurs qui vous traversent, et ce travail, il se fait... par la méditation, l'écriture dans un journal, la respiration et la reconnexion au moment présent. Et troisièmement, le langage non-verbal, il s'orchestre autour de cinq dimensions, la kinésique, c'est-à-dire la postuelle, la gestuelle, la démarche, donc pour ça je vous renvoie à l'épisode 14 pour le détail. Ensuite, le visage, le regard, les expressions faciales, le sourire. Ensuite, la proxémie, qui est la gestion de la distance, le toucher, qui en est le prolongement direct, et pour finir, la chronémique, c'est-à-dire votre rapport au temps. Et enfin, n'oubliez pas que dans toute interaction, l'écoute prime sur la gestuelle parfaite. Vous pouvez avoir le langage corporel le plus maîtrisé du monde, si votre attention n'est pas focalisée sur l'écoute de votre interlocuteur, vous aurez échoué dans la communication, parce que c'est ça l'enjeu, c'est d'avoir une bonne communication. A l'inverse, vous pouvez avoir une gestuelle imparfaite, si vous écoutez vraiment, là vous gagnerez dans l'échange, ou plutôt vous contribuerez à ce que cet échange se soit bien passé. Merci infiniment d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu, que vous avez appris des choses, qu'il vous a apporté et que surtout vous pourrez repartir dans votre journée avec plein de nouveaux outils pour pouvoir être pleinement présente dans vos conversations, maîtriser votre langage corporel, envoyer les bons signaux autour de vous. Comme d'habitude, tous les liens et ressources mentionnés dans cet épisode seront dans la description. Si cet épisode vous a plu, vous connaissez la musique, je vous invite à laisser un commentaire et une note 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Et quant à moi, il ne me restait plus qu'à vous souhaiter une excellente journée ou une excellente soirée et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode d'élégance et ambition.