Speaker #0Bienvenue dans Élégance et Ambition. Je m'appelle Thalia et après plusieurs années à décrypter les codes de la classe aisée, j'aide désormais les personnes ambitieuses à gravir l'échelle sociale tout en restant fidèles à elles-mêmes. Ici, on parle d'élégance, de savoir-être et de conseils pratiques pour naviguer dans les cercles les plus prestigieux. Dans ce podcast, je vous partage tout pour transformer vos ambitions en actions concrètes et vous accompagner pas à pas dans votre quête de réussite sociale. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous inspirer. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Ellégance et Ambition. Et aujourd'hui, je vais m'atteler à répondre à une question que je reçois très souvent, de plus en plus souvent, par message privé et qui est la suivante. Peut-on vraiment changer de classe sociale ? Ou bien dans ces variantes, est-ce que tout le monde peut changer de classe sociale ? Escutons. tout le monde peut s'élever socialement ? Est-ce que l'ascension sociale, c'est accessible à tout le monde ? Si vous me posez la question de cette manière, ma réponse sera non. Alors je pourrais m'arrêter là et vous souhaiter une bonne journée et clôturer cet épisode de podcast, mais nous n'en sommes qu'à quelques secondes d'enregistrement et j'en conviens, ce serait assez frustrant. Donc je vais développer mon propos. Et si je suis aussi franche dans ma réponse, c'est que je le pense sincèrement. Du moins, c'est la réponse que je vous aurais fait spontanément si vous me posez la question dans sa formulation la plus naïve. Et pourquoi je réponds à cette question et pourquoi j'ai décidé d'en faire un sujet entier, un épisode entier de podcast ? Parce que quand j'avais commencé ce vaste projet qui est devenu l'univers Ascension Sociale, au départ à travers un blog, puis un compte Instagram, puis un podcast, j'avais initialement l'intention de partager au plus grand nombre les codes de la réussite sociale, en me disant que ces codes Il était implicite, il n'était pas accessible à tout le monde, et en me dressant devant ce qui me semblait être une injustice du fait que ces codes n'étaient réservés, n'étaient transmis qu'à une minorité de gens bien-nés dans les cercles familiaux. Et il est fini par revenir en partie sur cette conviction pour m'en forger une nouvelle, c'est que certes, les codes devraient être accessibles à tout le monde, mais en gardant à l'idée que tout le monde n'est pas capable de comprendre ces codes, Tout le monde n'est pas capable de se les approprier et tout le monde n'est pas capable de les mettre en application de manière à faire cette transition. En somme, tout le monde n'est pas capable de s'élever socialement, tout le monde n'est pas capable de faire une ascension sociale et on va voir ensemble pourquoi dans cet épisode. Alors on va commencer, puisqu'on est dans un épisode de cadrage conceptuel, on va commencer par revenir sur certains termes et notamment sur la notion d'ascension sociale qui est indissociable de celle de... classes sociales. Et qu'est-ce que c'est une classe sociale ? On a tendance à les définir uniquement par le niveau de revenu. Le consensus global, c'est de diviser la société. Je parle de la société française, mais l'ensemble des sociétés contemporaines occidentales sont divisées en trois classes sociales. La classe populaire, la classe moyenne et la classe supérieure ou classe aisée. Que l'on a l'habitude de définir uniquement à travers le niveau de revenu mensuel net. Ça, c'est l'approche statistique classique. C'est celle qui est adoptée par l'INSEE. C'est celle qui est adoptée par l'Observatoire des Inégalités, par exemple, qui produit chaque année ou du moins régulièrement des classements, des statistiques, des niveaux à partir desquels on appartient à l'une ou l'autre de ces classes. Mais si on s'arrête là, le tableau, il est incomplet, puisque la sociologie vient documenter cela et elle va beaucoup plus loin. Et notamment, ce sont les travaux de Pierre Bourdieu, que je cite abondamment à travers ce podcast, qui sont incontournables à ce sujet et qui montrent que finalement, s'il y a bien plusieurs classes sociales, En réalité, la position dans la hiérarchie sociale, elle est déterminée par un certain nombre d'autres éléments qu'on appelle des capitaux. Le premier, c'est le capital économique. C'est celui dont on a parlé, qui comprend le niveau de revenu, mais qui comprend aussi le niveau de patrimoine. Ça, on en parle beaucoup moins. Et c'est souvent la métrique sur laquelle on se base, parce que c'est le plus visible, c'est le plus mesurable, c'est le plus évident. Le deuxième capital, c'est le capital culturel. Ce capital, il correspond à votre niveau de culture générale. En détail, ce sont vos pratiques culturelles, vos diplômes, la manière dont vous avez incorporé cette culture. Donc ça peut aussi bien être le fait de lire beaucoup, d'aller au théâtre, avoir un diplôme universitaire par exemple. Tout cela constitue du capital culturel. Et puis le troisième type de capital, c'est le capital social. On a tendance à dire que c'est le réseau, mais en réalité c'est beaucoup plus subtil que ça. C'est l'ensemble des ressources qu'on peut mobiliser à travers son réseau, à travers son... carnet d'adresses. Ce n'est pas le réseau en soi, c'est la capacité à en faire usage. Et il y a un quatrième type de capital qui est plutôt transverse par rapport aux trois autres capitaux, c'est le capital symbolique qui est la manière dont vous transformez vos autres capitaux en quelque chose de socialement reconnu. Par exemple, une somme importante, un patrimoine important que vous avez accumulé sur vos divers comptes en banque ou supports d'investissement, c'est du capital économique. Mais il ne devient du capital symbolique que quand on le montre aux autres, à travers notamment des possessions matérielles, une belle maison, une voiture. Même chose pour les capitales culturelles. On peut avoir une très grande culture générale sans que personne ne le sache, mais dès lors que c'est transcrit dans, par exemple, un diplôme d'une grande école, qui est un titre socialement reconnu, eh bien là, ça devient du capital symbolique. C'est du capital culturel qui a été transformé en capital symbolique. En somme, le capital symbolique, c'est ce qui rend vos capitaux visibles et légitimes aux yeux des autres. Et c'est cela qui va finir par achever une certaine position dans la société, dans la hiérarchie sociale. J'aimerais également faire un point de sémantique dans cette introduction puisque le podcast s'appelle « Élégance » . et ambition. Et quand on parle d'ascension sociale, on parle de milieu élitiste, on parle d'élite. Et je vais faire le rapprochement puisque ces deux mots, élégance et élite, partagent la même racine étymologique, élibérée, qui veut dire choisir, sélectionner. Pour définir l'élégance, du moins par un synonyme, l'élégance est aussi synonyme de distinction. Et par conséquent, quand on parle d'élégance, on parle aussi de bien choisir, de faire les choix qui vont nous distinguer. Et de l'autre côté, on a le terme d'élite qui désigne littéralement ceux qui ont été choisis, ceux qui ont été sélectionnés ou ceux qui se distinguent par leur choix. En somme, changer de classe sociale, c'est faire le choix de l'élégance et de l'élite. Et ça signifie au fond apprendre à choisir autrement. Et c'est apprendre à choisir comme ceux qui sont déjà de l'autre côté, dans cet autre univers. Et donc, on perçoit que la question, elle est beaucoup plus complexe. Est-ce que je suis capable de m'élever socialement ? Est-ce que je suis capable de gagner mieux ma vie ? Est-ce que je suis capable de m'habiller différemment ? Mais la vraie question, c'est est-ce qu'on peut changer d'habitus ? Quand on change de classe sociale, l'idée au fond, c'est de changer ce que la sociologie appelle l'habitus. Il y a un concept de sociologie qui a été popularisé par, encore une fois, Pierre Bourdieu, et que l'on peut définir comme l'ensemble des dispositions incorporées, c'est-à-dire les manières d'être que l'on a intégrées. très tôt pendant notre socialisation primaire, donc pendant notre enfance. Et cet habitus, on peut le définir comme l'ensemble des dispositions incorporées, à savoir les manières d'être que l'on a intégrées très tôt pendant notre socialisation primaire, donc pendant notre enfance, et ces dispositions que l'on a intégrées très tôt, donc, elles semblent naturelles parce qu'on les a acquises sans s'en rendre compte. Alors qu'en réalité, ce ne sont pas des choses innées, ce sont des choses apprises. Et c'est là que tout se joue. Parce que changer de classe sociale, ce n'est pas une question de chiffre de paye, c'est bien plus profond que cela. Ça signifie concrètement que vous pouvez gagner 10, 15, 20 000 euros par mois et pour autant ne pas appartenir à la classe supérieure. Si vous doutez encore de cela, vous pouvez regarder les influenceurs de télé-réalité qui ont des millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, constater leur revenu élevé, leur notoriété et pour... tant leur absence assez notable de capital culturel ou de capital social dans certains environnements plutôt élitistes, et donc de capital symbolique. Et donc, dans ce cas que je cite, l'argent est là, mais les codes, le fameux habitus dont je parle, il n'est pas absent, il est différent de celui des élites, des vraies élites. Et voilà ce qu'on va décortiquer ensemble aujourd'hui. Parce que j'aurais pu citer les influenceurs, mais j'aurais aussi... plus cités, tous les gourous du développement personnel qui s'affichent sur les réseaux sociaux avec des signes ostentatoires de richesse, la Lamborghini, Dubaï, les sacs à main de luxe et toutes ces choses qui vont vous dire en même temps, regardez, moi je l'ai fait, vous pouvez le faire aussi, quand on veut, on peut. Et ce discours-là, des coachs, des gourous du développement personnel, il doit être remis en question parce qu'il ne suffit pas. de se lever le matin avec la bonne énergie, de faire son vision board, de manifester, de regarder les étoiles ou les planètes de l'univers s'aligner. Tout cela, c'est un discours qui ne tient plus la route, ou du moins c'est un discours que les gens ne croient plus et à raison. Et en même temps, de l'autre côté du spectre intellectuel, on va dire, il y a une certaine lecture de la sociologie qui dit exactement l'inverse. que les déterminismes sociaux sont trop forts et que si vous êtes né dans un milieu modeste, vous vous êtes condamné à y rester toute votre vie parce que vous ne pouvez pas changer au fond. Et ces deux discours qui sont diamétralement opposés, en réalité, ils ont un point commun, ils sont tous les deux insuffisants. Et je vais m'atteler à déconstruire ces deux discours pour vous montrer d'une part que quand on veut, on peut, et bien non, c'est faux, et de l'autre côté, qu'on n'est pas bloqué irrémédiablement. Je vais faire un épisode qui sera construit sur le canevas de la dissertation du type du lycée, thèse, antithèse, synthèse. Ce n'est pas très original, mais en l'occurrence, c'est ce qui fonctionne le mieux pour ma démonstration. Donc on va commencer par déconstruire ce mythe du « quand on veut, on peut » parce que c'est faux. Je vais vous dire pourquoi, je vais vous expliquer pourquoi. Ensuite, je vais déconstruire l'idée inverse, celle qui dit que la mobilité sociale est bloquée. Et enfin, je vais terminer ma démonstration par une nuance, celle qui dit que oui, on peut changer de classe sociale avec l'expérience du terrain qui est la mienne et qui est celle de mes observations, mais en portant ce regard différent qui va consister à ne pas vous vendre. à ne pas vous mettre de la poudre aux yeux et à vous faire voir la réalité de ce qu'est une ascension sociale. Après cette longue introduction, on peut passer au vif du sujet. Et premier point, le « quand on veut, on peut » . Est-ce que c'est vraiment vrai ? Parce que ça semble logique en apparence, mais c'est une formule qui pose un problème fondamental. Et ce problème, c'est celui de, au-delà de la capacité, au-delà de la volonté, c'est celui de la connaissance. Parce que c'est une formule qui pose un problème fondamental. fondamentale et ce problème, il va au-delà de la volonté, c'est celui de la connaissance. Parce que vous pouvez très bien vouloir faire quelque chose sans savoir comment le faire. Je vais prendre une métaphore. Dans un précédent épisode, j'avais parlé des bonnes manières en vous expliquant qu'apprendre les bonnes manières, c'était comme apprendre le japonais sans jamais aller à Tokyo et je vais reprendre cette métaphore. Si vous voulez aller à Tokyo, encore une fois, si vous voulez faire un voyage au Japon, que vous l'avez décidé, que c'est clair dans votre tête que vous voulez faire ce voyage. mais que vous ne savez pas comment il faut faire pour vous y rendre, au bout d'un moment, ça va bloquer. Et on peut avoir une vague idée de comment procéder. Par exemple, se dire, je vais prendre un billet d'avion, je vais réserver mon billet d'avion sur le site d'une compagnie aérienne. Mais si vous ne savez pas quels sont les détails logistiques et administratifs qui vont permettre effectivement d'effectuer ce voyage. Si vous ne savez pas, par exemple, qu'il faut un visa pour entrer au Japon. Si vous ne savez pas sur quel site réserver votre billet. Si vous ne savez pas comment vous rendre à l'aéroport, si vous ne savez pas où réserver un logement sur place. Pire encore, vous pourriez même savoir tout cela et pour autant ne pas connaître certaines procédures et vous retrouver loqué au contrôle aux frontières. Et les policiers des contrôles aux frontières vous disent « Non, vous n'avez pas bien rempli votre dossier de visa pour venir au Japon, rentrez chez vous, vous allez être bloqué. » Avec l'ascension sociale, c'est la même chose. vous pouvez vouloir faire tous les efforts que vous voulez et vous trouver bloqué par un manque de connaissances. Et le problème de l'ascension sociale, quand on vient d'un milieu populaire ou de la classe moyenne, c'est qu'on peut avoir de la volonté, de l'ambition, de l'énergie, mais ne pas avoir connaissance des possibilités, des voies d'accès, des codes qui permettent d'emprunter ces voies. Et tant que personne ne vous les montre, vous allez rester sur le tarmac, en quelque sorte, vous n'allez jamais décoller. Ensuite, il y a un autre problème avec cette idée de « quand on veut, on peut » , c'est que ça suppose qu'il suffit de vouloir, et moi j'assimile ça à de la pensée magique. Et ça a beaucoup de succès en ce moment, notamment avec toute cette tendance sous la forme de la loi de l'attraction, de la manifestation, de faire des vision boards. Alors je vais être honnête avec vous, moi je suis assez hermétique à ce genre de discours. juste je vais ajouter une nuance sur la manifestation j'ai oublié qu'il y avait une composante scientifique et cérébrale, mais globalement, la grande majorité des tenants de la loi de l'attraction, de la manifestation, sont des gourous en somme qui vous disent d'aller allumer un cierge à l'église et de prier très fort pour que ça fonctionne. Alors vous pouvez le faire, mais aucune garantie que ça donne des résultats. Et effectivement, vous pouvez coller toutes les photos que vous voulez sur un tableau, les regarder tous les matins, visualiser votre vie culture. Si vous n'agissez pas derrière, ce tableau restera un tableau. Et à 60 ans, 75 ans, 80 ans, sur votre chaise, sur votre fauteuil, dans votre épad, quand vous ne serez plus capable de bouger correctement votre corps, vous serez encore en train de regarder ce tableau. Il y a de grandes chances que si vous appliquez cette loi de l'attraction et que vous attendez très fort que ça vous tombe dessus, vous attendiez longtemps. Ce qui fonctionne vraiment, c'est l'action. Ce que les gourous de la loi de l'attraction oublient de vous dire, c'est que ce qui fonctionne vraiment, c'est l'action, le passage à l'action. Et pour autant, l'action elle seule ne suffit pas non plus, parce que vous pouvez agir dans la mauvaise direction pendant des années sans le savoir. Et c'est là qu'on en arrive à un obstacle que tout le monde rencontre globalement dans un parcours d'ascension sociale, c'est ce fameux concept du plafond de verre. Le plafond de verre, ce n'est pas une métaphore anodine, c'est une situation vraiment précise. Vous êtes en mouvement, vous travaillez, vous progressez, et puis à un moment, vous êtes bloqué, vous butez sur quelque chose d'invisible. même pas qu'il est là. Vous voyez les possibilités de l'autre côté, vous les distinguez clairement, vous voyez des gens qui réussissent, vous voyez au supérieur, vous voyez votre hiérarchie au-dessus de vous, vous voyez des gens qui sont à l'aise, mais vous ne comprenez pas comment ils font pour être à l'aise. Vous n'arrivez pas à le distinguer clairement et ce faisant, vous ne passez pas au Au-delà de ce plafond, vous vous heurtez à ce plafond. Et souvent, le réflexe, c'est de continuer à travailler encore plus fort, à déployer encore plus d'énergie au risque de s'épuiser, sans comprendre que ce n'est pas une question d'effort, mais que ça va au-delà de ça. Et ce plafond de verre, en général, il a deux dimensions. La première dimension de ce plafond de verre, elle est interne. Le plafond de verre interne, ce sont vos propres freins, les doutes, les peurs, la peur du regard des autres, la peur de l'échec, la peur du rejet, le syndrome de l'imposteur. Le manque de légitimité perçue, la conviction que ce n'est pas pour vous, que vous n'avez pas votre place là-haut. Et ces croyances-là, elles sont héritées, elles sont conditionnées par votre milieu social. J'ai enregistré un épisode à ce sujet. Donc elles viennent de votre socialisation, de votre environnement d'origine, et elles opèrent souvent à votre insulte. C'est un discours que vous avez parfois dans votre tête, qui tourne, qui mouline, dont vous avez parfois conscience, mais qui a des effets réels, c'est que vous n'arrivez pas à passer au-delà. Et le deuxième aspect... La deuxième dimension du plafond de verre, c'est le plafond de verre externe. Et là, ça touche à la manière dont les autres vous perçoivent. Parce que dans Ascension sociale, je le rappelle, il y a le mot social. Ça signifie que ça touche aux interactions entre les personnes, entre vous et les personnes qui vous entourent. Et quand on parle de dimension sociale, c'est ce qui va vous permettre de passer d'un groupe à un autre. C'est l'acceptation dans ce groupe de personnes. Je parle souvent de tribus au sens anthropologique du terme. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet, mais quand vous faites une ascension sociale, vous quittez un groupe de personnes qui est la classe populaire ou la classe moyenne, qui est votre groupe social d'origine, alors qu'il se réduit souvent à votre cercle de sociabilité, que sont votre famille et vos amis, et vous espérez atteindre un autre groupe social, un groupe de personnes plus aisées, différents initialement, qui ont une autre manière de penser, qui ont un habitus différent, et l'enjeu c'est de vous faire accepter dans ce nouveau groupe. qui a des caractéristiques que vous enviez. Ça n'est pas seulement aller vers un autre groupe juste pour le plaisir, juste pour le sport, c'est aussi parce que vous ressentez que quelque part vous appartenez à ce groupe. Mais il faut aussi que ce groupe vous accepte, et pour qu'il vous accepte, il faut que vous en adoptiez les codes, et ces codes justement ils sont implicites. Le problème c'est qu'il faut les connaître et les maîtriser. Et c'est précisément là que le capital économique seul ne suffit pas. Un revenu élevé n'ouvre pas automatiquement les portes de la classe supérieure. Ce qui les ouvre, c'est l'ensemble, c'est tout le reste des capitaux dont j'ai parlé en introduction, les codes culturels, comportementaux, relationnels, le réseau, tout ce qui constitue l'habitus. Ou du moins, l'habitus va permettre de construire ces capitaux-là. Et ça, ça ne s'achète pas juste avec un salaire. Avec tous ces éléments, vous voyez finalement que le « quand on veut, on peut » ne suffit pas. Bien sûr qu'il faut vouloir au début, mais la réalité, ce serait plutôt non pas « quand on veut, on peut » , mais « quand on veut, il faut agir pour pouvoir » . C'est moins vendeur, mais c'est comme ça que je l'aurais formulé s'il avait fallu transformer cette maxime. Ceci dit, quand on parle de sociologie, certains tenants de la sociologie en France ont tendance à reprendre ce fameux « quand on veut, on peut » pour dire que non, ce n'est pas « quand on veut, on peut » , c'est plutôt « quand on peut, on veut » . C'est-à-dire que, pour le coup, ils ont raison, les personnes qui sont en capacité... qui sont, du fait de leur environnement social d'origine, immergés dans des milieux où on a déjà certaines possibilités. Les parents fréquentent déjà des gens aisés, des personnes qui ont des professions reconnues socialement. Ces enfants-là, même s'ils sont exposés à ces modèles de réussite, ils sont d'autant plus disposés à accomplir eux-mêmes ces trajectoires-là, ces trajectoires d'excellence et de réussite. Ce qui amène à dire, effectivement, que quand on peut, on veut. Et derrière cette formule rhétorique, il se cache en réalité un filigrane, un discours. qui dit que finalement, quand on n'a pas les moyens au départ, c'est impossible de s'élever socialement. Et là, moi, je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. Cet argument inverse, donc, on l'entend souvent sous cette forme, qui est de dire que vous êtes conditionné par votre milieu social d'origine, que vous ne pouvez pas changer parce que votre habitus, votre manière de penser de classe populaire, elle vous colle au corps et c'est impossible de s'en défaire. Et c'est pour cette raison que la mobilité sociale est bloquée. Vous seriez irrémédiablement condamnés à rester dans les bas-fonds de la société. C'est un poil méprisant dit comme ça, mais si on doit résumer la pensée de la sociologie, c'est un peu comme ça qu'il faudrait le dire de manière crue. Et effectivement, il pourrait abonder dans ce sens parce qu'il y a des statistiques, je crois que c'est une statistique de l'OCDE qui dit qu'en France, il faut six générations pour changer de classe sociale, pour sortir de la pauvreté. C'est plutôt ça. Il faut six générations. Donc si on part du principe qu'une génération, c'est 30 ans, ça veut dire qu'il faudrait 180 ans pour sortir de la pauvreté et donc changer de classe sociale. Ça paraît mission impossible. Et ce n'est pas ce vers quoi je veux vous amener parce que... qu'on est là pour raisonner à l'échelle de l'individu. Je n'ai pas vocation à être sociologue ou à parler de grands phénomènes macroéconomiques ou macro-sociologiques. Moi, je vous parle à vous, en tant que personne, en tant qu'individu, et l'enjeu c'est de parler de l'individu de trajectoire individuelle. Mais pour en revenir à ce fatalisme sociologique, ce discours, il a fini, je trouve, par infuser dans beaucoup d'esprits, et je le vois régulièrement dans les commentaires de... publications que je peux faire sur Instagram. Et cet état d'esprit, il s'appuie souvent sur les travaux, sur la sociologie, sur notamment les travaux de Bourdieu et son analyse des déterminismes sociaux, sauf que Bourdieu, il est très souvent mal lu, ou plutôt, il a été interprété à travers ses disciples, qui ont fini par pousser le raisonnement jusqu'à une conclusion que... Alors, je ne sais pas si Bourdieu l'a lui-même formulée de cette manière, mais la conclusion serait la suivante, la mobilité sociale est impossible. Et ça, je trouve que c'est profondément faux. En témoigne l'expérience terrain que j'en ai. Alors certes, on peut tomber d'accord sur le fait que la mobilité sociale est ralentie, qu'elle est de plus en plus difficile, mais de dire qu'elle est impossible, c'est un raisonnement simpliste que je trouve difficile d'accepter et même pour lequel il est difficile d'argumenter. Dire cela, affirmer que la mobilité sociale n'existe plus, c'est comme dire qu'on serait revenu à l'ancien régime où votre condition de naissance scelle votre destin. Mais dans tous les cas, ce courant de la sociologie qui dit que la mobilité sociale est impossible, elle va même jusqu'à dire que les transfuges de classe, ça n'existe pas. Je l'ai déjà entendu, ça me paraît aberrant. Ou alors, ils affirment que les transfuges de classe seraient au final une caution du système. En plus, c'est une manière de décrire la structure actuelle de la société avec des dominants et des dominés, ce que je trouve assez aberrant. parce que dans cette manière de décrire les choses, ça revient au discours populaire qui consiste à dire que les dominants sont des méchants qui écrasent les autres, qui écrasent la pauvre plèbe, les gentils pauvres. Et je trouve ça un peu... En tout cas, moi, ça me dérange. Je ne suis pas franchement partisane de ce type de discours. Et donc, ce discours, il dit aussi en substance que les transfuges de classe, ils cautionnent la pseudo-méritocratie dans laquelle on vit. en disant, regardez, finalement, le système méritocratique, il fonctionne, puisqu'il y a des transfuges de classes, et qu'en réalité, c'est un système qui est profondément inégalitaire. Ce mode de raisonnement, je le trouve assez curieux, parce qu'on dirait un peu qu'il y a un complot mondial des élites contre le petit peuple, et qu'on empêcherait le peuple de pouvoir s'élever socialement, mais qu'on en laisse passer quelques-uns, juste pour pouvoir l'éliminer, le système. Je trouve ça assez aberrant. La réalité, c'est que les transfuges de classe, ça existe. Il y en a plein d'exemples. Ce ne sont pas des mythes et ce ne sont pas des exceptions qui invalideraient la règle générale. Ce sont des réalités documentées. Vous connaissez sans doute des figures médiatiques. J'en ai évoqué certaines dans le podcast. Les plus connues, ce sont dans le domaine littéraire. Par exemple, Annie Arnault, qui est prix Nobel de littérature, qui a fait de sa propre trajectoire de transfuge de classe la matière première d'une de ses œuvres. Je vous ai parlé également d'Edouard Louis, Didier Ribon, qui ont tous deux raconté avec beaucoup de précision, avec une précision sociologique remarquable, ce que ça fait concrètement de traverser cette frontière. Et puis, dans d'autres registres, on peut citer, moi, le plus évident, celui qui me vient à l'esprit, c'est Anthony Bourbon. Alors lui, c'est dans un autre registre. Il est entrepreneur. Il est parti de très, très loin sur le plan économique et il a construit quelque chose d'assez incroyable. Et puis, au-delà de ces figures connues et médiatiques, il y a aussi tous les autres. dont on ne connaît pas le nom. Des médecins, des notaires, des avocats, des entrepreneurs, des hauts fonctionnaires qui se sont élevés socialement sans que ça ne se sache, sans tribune, sans compte Instagram, sans livre, sans podcast. J'ai un certain nombre d'exemples dans mon entourage dont je pourrais vous parler, mais je ne ferai pas pour préserver l'anonymat de ces personnes. Mais sachez que ce sont des trajectoires de vie et des personnes qui existent vraiment. et que finalement cette sociologie qui dit que les transfuges de classe ça n'existe pas et que quand on veut on peut et que finalement la seule volonté ne suffit pas, finalement ça n'est pas tout à fait vrai non plus. Et pour en revenir à la sociologie qui dit que les transfuges de classe servent à cautionner un système méritocratique qui au fond reste biaisé voire fermé, ça je l'entends et à l'échelle macro, à l'échelle de la société dans son ensemble, il y a peut-être une part de vérité là-dedans. Mais cette lecture, elle ne doit pas servir à vous condamner individuellement à l'immobilisme, parce que ce sont deux niveaux d'analyse différents. À l'échelle collective, il y a une promesse dans la société française, ou du moins dans la plupart des sociétés occidentales, qu'on va s'élever socialement, qu'on peut prendre l'ascenseur social aussi bien collectivement qu'individuellement. Et j'aimerais m'arrêter un instant sur cette image d'ascenseur social, parce qu'on parle beaucoup d'ascenseur social en panne en France. De mon point de vue, l'image de l'ascenseur me pose problème. Pourquoi ? Parce qu'un ascenseur, quand vous entrez dedans, vous appuyez sur un bouton et sans effort vous montez. La société française, d'après guerre, d'après 1945, s'est construite sur cette promesse d'élévation collective presque automatique. En gros, il suffirait d'être né dans la société française. Du fait de participer à cette société, il serait en dû de pouvoir s'élever socialement. Ça a été vrai un temps, pendant l'après-guerre, pendant les Trente Glorieuses, et ça s'est arrêté brutalement avec le choc pétrolier de 1973, date à laquelle tout ça, cette euphorie, cette ascension collective s'est arrêtée, et le mécontentement a commencé à s'installer. Mais la réalité, c'est que cette idée de mérite et d'ascenseur social, c'est totalement contradictoire. Quel est le mérite à s'élever socialement si on ne fait aucun effort, si on ne travaille pas, s'il n'y a pas de fondamentaux, si on n'a pas fourni d'efforts derrière ? C'est pour ça que ça a créé, je pense, beaucoup de déceptions. C'est que quand on promet quelque chose, mais que finalement, les conditions économiques ne sont pas réunies derrière pour pouvoir le fournir, ça peut créer des déceptions massives. Mais ça, c'est à l'échelle collective. Et cette promesse d'ascension collective, elle vient aussi, je pense, d'un esprit français, d'une grande passion française pour l'égalité, qui est un héritage de la Révolution française où tout le monde devrait être égal. Là, c'est un débat sur l'égalité des chances ou l'égalité des résultats. Mais dans tous les cas, cette logique-là de tout le monde s'élève socialement, elle ne peut faire que des déçus et elle ne peut pas fonctionner parce qu'elle va à l'encontre d'un principe que la sociologie a très bien documenté. C'est un principe qui a été théorisé par Robert Michels, qui est un sociologue allemand du début du XXe siècle, qui a théorisé ce qu'on appelle la loi des reins de l'oligarchie. Et ce principe, il dit que, quelle que soit la configuration ou la reconfiguration d'une organisation, d'une société, il y a toujours une élite qui se reforme. Toujours. L'URSS, c'est un exemple le plus frappant. Au XXe siècle, quand les bolcheviques ont pris le pouvoir pour instaurer un système radicalement égalitaire où tout le monde était censé être camarade, eh bien au final, il y a quand même une élite, une oligarchie qui s'est reformée, celle du parti communiste. Et en gros, là, ça n'est pas... n'était plus trois classes sociales, c'était deux classes sociales. C'était soit vous apparteniez au parti ou à la famille d'un membre du parti, et dans ce cas, vous faisiez partie de l'élite. Et si ça n'était pas le cas, vous faisiez partie du reste de la population qui vivait quand même dans une pauvreté assez manifeste. Pourquoi est-ce que je vous raconte cela ? Parce que les hiérarchies ne disparaissent pas. Si tout le monde s'élève pour appartenir à l'élite, il n'y a plus d'élite, et les élites vont chercher à se distinguer d'une autre manière et reformer notre élite d'une autre manière. Les hiérarchies et les élites ne disparaissent jamais, elles se reconfigurent toujours. Donc on peut essayer, s'efforcer dans tous les sens, s'échiner à essayer de renverser le système, dire que c'est injuste et que tout le monde veut s'élever socialement. Et d'ailleurs ce phénomène de vouloir faire en sorte que tout le monde s'élève socialement qui a complètement échoué, ça s'est aussi vu à un autre niveau en France avec le projet de loi de Vaquet en 1986 qui voulait instaurer une sélection à l'université. Ce projet de loi, c'est la raison pour laquelle, si aujourd'hui vous avez un bac plus 5 d'une université publique, votre bac plus 5 ne vaut plus rien. Vous pensiez appartenir à l'élite et finalement vous n'en faites pas partie. Pourquoi ? Parce que ce projet de loi avait pour but d'instaurer une sélection à l'entrée de l'université. Et je dis que c'est un projet de loi et pas une loi parce qu'il a échoué. Il y a eu des manifestations monstres à l'époque pour empêcher l'adoption de ce projet de loi. Et en conséquence, les universités sont restées ouvertes. à tout le monde. Et comme tout le monde a pu y avoir accès, les élites, qu'est-ce qu'elles ont fait ? Elles ont arrêté d'envoyer leurs enfants étudier dans ces écoles et elles ont redirigé leurs enfants vers des études uniquement dans les grandes écoles. Donc si vous ne le saviez pas encore, les enfants dans les milieux aisés, c'est un non-sujet, ils ne vont pas à l'université publique, c'est hors de question parce que c'est considéré comme étant les écoles pour la plèbe, pour la populace. Dans les milieux élevés, la trajectoire universitaire scolaire, c'est après le lycée, on fait une prépa ou une grande école ou directement une grande école. Et ensuite, on aboutit à un métier prestigieux qui est permis justement par le tampon grande école. Capital culturel qui devient capital symbolique grâce à ce diplôme prestigieux au passage. Et pendant ce temps-là, les enfants des classes moyennes ou des classes populaires se sont massivement orientés vers des études supérieures. à tel point que tout le monde a fini par faire des études supérieures, que ça a dévalorisé les diplômes de niveau master qui autrefois, il y a 40-50 ans, étaient réservés à l'élite, alors qu'aujourd'hui, comme ils ont perdu toute prestance et toute valeur, ça aboutit à, soit dans le meilleur des cas, à des positions professionnelles dévalorisées qui autrefois étaient occupées par des bacs plus 3, voire des bacs plus 5, voire à du chômage. Donc quand tout le monde s'élève socialement, personne ne s'élève socialement. Là où l'ascension sociale, elle est possible, c'est vraiment au niveau individuel. Et au niveau individuel, sachez que vous n'êtes pas condamnés à rester où vous êtes. Mais pour avancer, il faut comprendre les structures dans lesquelles vous évoluez. Et quand je parle de codes, c'est à la fois les codes de comportement, mais c'est aussi ces fameuses structures-là, cette organisation sociale dont on n'a pas conscience quand on vient d'un milieu populaire. Donc, à rebours de la sociologie qui vous dit que c'est complètement impossible de s'élever socialement, bien sûr. qu'on peut s'élever, mais encore faut-il en connaître les ressorts. Donc on a déconstruit les deux extrêmes. D'un côté, la pensée magique qui vous dit quand on veut, on peut et de l'autre côté, le fatalisme sociologique. Et alors la réalité, où est-ce qu'elle est ? Vous vous en doutez, elle est entre les deux et elle est la suivante, c'est que oui, on peut changer de classe sociale, mais c'est le fait d'une minorité, et alors c'est un parti pris, que je n'avais pas au début, comme je vous l'expliquais en introduction, mais que j'assume de plus en plus, l'ascension sociale, ça n'est pas. pas fait pour tout le monde, et je vais vous expliquer pourquoi dans cette troisième partie. Le premier déterminant, le premier filtre, ça tient à la nature humaine. Il faut savoir que l'aspiration à s'élever socialement, à augmenter son statut social, c'est universel. Quasiment tout le monde veut vivre mieux, progresser, accéder à quelque chose de plus grand, être plus, être mieux que son voisin, et ça, ça n'est pas propre à une classe sociale, ce n'est pas propre à une génération, c'est quelque chose de profondément humain. Tout être humain aspire à plus de grandeur, à plus de statut social, que vous le vouliez ou non. Et si aujourd'hui vous vous dites « non, moi je n'ai pas envie de m'élever socialement » , réfléchissez à la dernière fois où vous avez voulu vous acheter un beau sac à main ou une belle voiture, ou du moins où vous avez vu quelque chose, un objet qui représentait votre réussite et où vous vous êtes dit « ah, j'ai envie de l'acheter, j'ai envie de l'avoir » . C'est le fameux délire mimétique de René Virard. Je vais m'arrêter là parce que sinon ça va constituer un étalage de connaissances, mais je vous invite à explorer cette thèse du désir mimétique qui, en substance, dit que finalement, on veut ressembler aux autres. On a envie de ce que les autres possèdent à travers des objets. Finalement, ce ne sont pas tant les objets qu'on veut, mais c'est plutôt ressembler aux autres personnes qui ont plus de ressources, qui ont l'air mieux que nous, ou qui ont l'air plus riches, plus intelligentes, plus dotées, tout ce que vous voulez. Mettez tout ce que vous voulez derrière, mais en tout cas, c'est un mécanisme qui est profondément humain. Le problème, c'est que... pour parvenir à cela, il faut fournir des efforts, il faut travailler. Et ça, fournir des efforts, ça va à rebours de la nature humaine. Là, pour le coup, ça n'est pas universel. Et c'est là qu'on fait un premier pli et que la masse se divise, puisque globalement, l'être humain cherche le résultat maximal avec l'effort minimal. Ce n'est pas un jugement moral, c'est un constat. Et c'est pour ça que les formations sur les réseaux sociaux, sur les revenus passifs... gagner 10 000 euros par mois depuis votre canapé, ça marche très bien. C'est pour ça que le loto, ça marche très bien, parce que c'est la promesse de gains et de résultats rapides, incroyables, importants, sans faire d'efforts. La nature humaine est faite ainsi, on veut du résultat en ayant le moins de friction possible pour y arriver. Et donc, dans la masse des gens qui aspirent à s'élever socialement, la première chose qui se produit, c'est que la plupart des gens vont se diriger vers des solutions rapides ou accessibles. notamment les signes extérieurs de richesse en sont l'exemple le plus frappant. Le sac de luxe, la voiture de luxe, les vêtements de marque avec des gros logos visibles, tout cela ce sont des objets qui donnent l'apparence de l'élévation du statut social de manière assez facile puisqu'aujourd'hui il suffit avec la massification de l'industrie du luxe, il suffit juste d'aller prendre un crédit consommation chez CTLM ou de prendre un paiement plusieurs fois avec des frais exorbitants. pour s'acheter une part de rêve. Et tout cela, soit dit en passant, si vous arborez des signes ostentatoires de richesse, je le rappelle, ça montre que vous n'avez pas les codes. Dans les milieux aisés, montrer sa richesse à travers des objets, ça n'est pas un signe d'aisance ni financière, ni sociale, ni intellectuelle, ni tout ce que vous voulez. Ça montre que vous appartenez à la classe populaire ou à la classe moyenne. Si vous vous en doutez encore, sachez... que LVMH ou Louis Vuitton. Je ne sais plus si c'est spécifiquement Louis Vuitton, mais en tout cas, l'enseigne Louis Vuitton fait la majorité de son chiffre d'affaires, la clientèle qui est située dans la classe moyenne. Donc ça, c'est le premier filtre. C'est le fait de fournir des efforts. de vouloir travailler, d'être prêt à travailler. Deuxième filtre, il y a la durée. Parce que c'est bien de comprendre que l'apparence ne suffit pas, qu'il faut s'intéresser très sérieusement à des stratégies pour s'élever socialement. Il y a des personnes qui mettent des choses en place. Mais à ce moment-là, il y a un deuxième filtre qui opère, c'est celui de l'endurance, de la persévérance et de la durée. Il faut comprendre que la réussite sociale, ce n'est pas un événement qui vous tombe dessus du jour au lendemain. Et c'est pour ça qu'il y a beaucoup de personnes qui se lancent dans des projets, dans une quête d'ascension sociale à travers diverses stratégies, et qui au bout de 3, 4, 5, 6 mois, abandonnent, arrêtent, parce que ça n'a pas apporté ses fruits, parce qu'il n'y a pas de résultat. Mais il faut que vous compreniez cette idée qui vient de l'ouvrage « L'autoroute du millionnaire » de MJ DeMarco, qui est un excellent ouvrage, qui dit que la réussite, ce n'est pas un événement, c'est un processus. Et la majorité des gens qui abandonnent... abandonnent parce qu'ils n'ont pas compris ce processus. Ils attendent l'événement. Et donc les gens qui échouent, ils ne manquent pas de volonté au départ. On en revient à cette question de la volonté, mais ils manquent de cette conscience que la réussite, c'est au-delà d'un processus, c'est une habitude. Et les gens arrêtent, abandonnent leur projet de réussite parce qu'ils n'obtiennent pas de résultats visibles au bout de quelques mois. Et il faut comprendre finalement que tenir l'effort dans la durée et surtout tenir la difficulté, dans la durée, c'est une capacité que très peu de gens ont développée. Donc ça, c'est le deuxième filtre. Ensuite, il y a un troisième filtre, qui est celui du plafond de verre. J'en ai parlé pendant cet épisode, parmi ceux qui tiennent, parmi ceux qui auront passé les deux premiers filtres, qui auront compris qu'il faut fournir des efforts, qu'il faut tenir cet effort dans la durée, eh bien il y a ceux qui vont buter sur le plafond de verre dont je vous parlais en première partie. On travaille, on progresse, et puis au bout d'un moment, on stagne sans comprendre pourquoi. Et donc, Qu'est-ce qu'on fait quand on stagne ? Quand on tombe sur un point dur, on travaille encore plus, on s'épuise, et puis finalement, on s'arrête de fatigue, de découragement et de frustration. Et ce troisième filtre, il distingue précisément les personnes qui arrivent à passer de l'autre côté, donc de l'autre côté du plafond de verre, des autres. Et ça tient à plusieurs éléments. Le premier élément, passer au-delà du plafond de verre, c'est d'accepter de se remettre en question. et non seulement de se remettre en question, mais de remettre en question ce que font les autres, de remettre en question ce que font les gens autour de nous, de remettre en question son entourage, de faire différemment de ce que vos amis font, de ce que vos collègues font, de ce que vos parents font, d'aller à rebours du conformisme de votre milieu d'origine. Et ça, c'est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît. D'une part parce que l'être humain est un être social et donc on a tendance à faire, à imiter. que les autres font autour de nous. Or, quand les seuls modèles que vous avez sont les personnes qui vous entourent et qu'elles ne sont pas des modèles de réussite, eh bien, d'une part, c'est difficile de faire autrement. Et dès lors que vous allez essayer de faire autrement, ça va créer chez vous une forme de solitude parce que vous allez vous éloigner de ce groupe social, pas forcément géographiquement, mais parfois juste dans la manière d'être et de penser. Et ça vous met dans une sorte d'entre-deux inconfortable. Et c'est précisément dans cet entre-deux que beaucoup renoncent. Deuxième élément. Ce qui permet de briser le plafond de verre, j'en ai parlé, c'est d'acquérir les codes. Et quand je dis les codes, je ne parle pas uniquement de l'habillement. Ça encore, c'est le piège, on en revient au premier filtre. Les solutions rapides, sans effort. L'habillement, ça paraît simple. On va faire son shopping, on revient avec des sacs pleins, on regarnit sa garde-robe. Mais ça n'a pas d'effet concret. Déjà, si vous n'avez pas les codes, vous n'allez pas savoir quels sont les vêtements qu'il faut acheter, ni comment les porter. mais les codes dont je parle de manière... Plus large, ce sont les codes culturels, les codes comportementaux, relationnels. Et ça, ça tient à la manière de penser, de raisonner, de s'exprimer, de tenir une conversation, de naviguer dans un dîner, dans une réunion, dans un événement réseau. C'est ça, l'habitus des milieux aisés. Et ça, ça s'acquiert. Mais ça s'acquiert lentement, par immersion, par imitation. Et cette imitation, elle n'est possible que si vous êtes confronté de manière répétée à ces environnements élitistes qui n'étaient pas les vôtres initialement. pas par une simple imitation superficielle des influenceuses que vous avez vues sur les réseaux sociaux. Et le troisième élément qui permet de passer au-delà du plafond de verre, c'est d'aller chercher du mentorat. C'est d'avoir des modèles de réussite qui vous permettent de vous enlever vos œillères et de ne pas rester dans l'isolement. Et ça, c'est probablement l'élément le plus sous-estimé. On a tendance à penser qu'on peut faire tout seul, à force de travail et de volonté, sauf que tout seul, vous ne pouvez pas. pouvez pas voir les angles morts. Alors non seulement les angles morts que vous avez sur vous-même, mais aussi les fameuses connaissances, les voies possibles d'accès pour passer au-delà du plafond de verre, ce dont je vous parlais également en première partie. Les chemins que vous n'avez jamais empruntés, vous ne pouvez pas les connaître sans quelqu'un qui les a déjà parcourus. Et je vous en parle d'expérience parce que j'ai constaté dans mon propre parcours qu'à chaque fois que j'avais franchi un cap, c'est parce que j'étais allée chercher du mentorat. Et aujourd'hui, en ayant réalisé cela, je continue à aller chercher du mentorat. J'ai beau avoir fait une grande école, j'ai beau avoir fait l'armée, j'ai beau avoir travaillé dans des environnements prestigieux, je continue à aller chercher du mentorat parce que je sais que j'ai toujours des angles morts et je sais qu'il me reste des plafonds dont je n'ai pas encore conscience. Et si aujourd'hui, votre ambition, c'est de passer ce plafond de verre parce que vous constatez que vous stagnez à un moment, le mentorat, c'est peut-être ce qu'il vous manque, en plus des codes et en plus du fait d'être isolé socialement ou du moins de ne pas avoir de modèle dans votre entourage. Alors, avant d'en arriver à la conclusion, on va quand même revenir à la question de l'habitus parce qu'elle est centrale. Est-ce qu'on peut vraiment changer d'habitus ? Est-ce qu'on peut arrêter ? de se comporter comme on l'a appris dans notre milieu social d'origine et dans notre enfance ? Est-ce qu'on peut vraiment changer sa manière de penser, de faire, d'agir, de se tenir ? La réponse est oui, mais pas en le décrétant et pas par la simple volonté. C'est un processus qui se fait sur le temps long, sur le long terme, par l'immersion et... et ça ne se fait certainement pas en regardant des vidéos Instagram, en changeant sa garde-robe, en apprenant les bonnes manières. Tout ça, ce sont encore une fois des conseils rapides et faciles, mais qui n'ont aucun effet concret. J'ai même envie de vous dire, ça ne se fera pas, même avec des choses plus profondes, comme lire des livres, écouter des podcasts, regarder des vidéos sur YouTube un peu plus longues. C'est déjà mieux, parce que là, vous avez un peu plus de profondeur intellectuelle, donc ça aide. Mais la vraie transformation de l'habitus, elle se fait non seulement par immersion, elle se fait par remise en question des manières d'être qu'on croyait naturelles, et elle se fait par une recomposition lente de sa façon de penser et d'être au monde. Et ça, déjà, c'est inconfortable, ça demande certaines qualités, ça demande aussi un œil extérieur, et c'est précisément pour ça que l'ascension sociale, elle est réservée à une minorité, parce qu'il n'y a qu'une minorité de personnes qui, à mon sens, est capable de faire preuve de cette remise en question, de cette capacité à accepter le changement sur la durée, sur le temps long, d'accepter des critiques extérieures parce que ça touche à l'ego, l'ascension sociale. C'est aussi accepter qu'on vous dise que votre manière d'être, ce que vous êtes au plus profond de vous, n'est pas toujours approprié dans toutes les circonstances. Et ça, c'est parfois un peu douloureux, mais c'est aussi là que se fait le changement, d'accepter qu'on n'est pas toujours parfait et d'accepter de se remettre en question. On en arrive au terme de cet épisode et on va prendre un moment pour récapituler ce qu'on a vu ensemble aujourd'hui. Pour commencer, vous avez compris que le fameux « quand on veut, on peut » , c'est du discours de développement personnel à deux francs six sous. C'est une chimère parce que la volonté seule ne compte pas, ce qui compte c'est de passer à l'action. Mais encore faut-il connaître les voies d'accès parce que si vous ne maîtrisez pas ces voies d'accès, si vous n'en avez pas connaissance, si vous n'avez pas connaissance des... codes, eh bien ça ne vous mènera nulle part. Ces discours-là de développement personnel, ils vous donnent une bonne conscience sans vous donner les outils. De l'autre côté, le fatalisme sociologique, ça revient à abdiquer. Dire que les déterminismes, ça vous condamne, que votre milieu d'origine scelle votre destin, c'est renoncer au pouvoir que vous avez de changer votre propre trajectoire, de changer votre propre destin. Mais ces discours fatalistes, ils sont le fait de personnes qui, peut-être eux-mêmes, n'ont pas eu le courage de vouloir s'élever socialement. Et je vous invite à ne pas vous laisser miner ou démoraliser par ce type de discours, parce que les transfuges de classe existent. Ils sont minoritaires, certes, mais ils existent, et leur existence n'est pas un accident. C'est une réalité sociale qui doit vous permettre de comprendre quels sont les vrais mécanismes de l'ascension. Et en conséquence, la vérité de l'ascension sociale, elle se tient entre ces deux extrêmes. Et l'enseignement principal de cet épisode, Merci beaucoup. Vous deviez ne retenir qu'une seule chose, c'est que changer de classe sociale, ce n'est pas une question de revenus ou de sac Louis Vuitton, c'est une question de codes culturels, comportementaux, relationnels, mais aussi de connaissance des mécanismes, de connaissance des voies d'accès, et tout ça, ça ne s'achète pas. Ça s'acquiert lentement, par immersion, par le travail, par la remise en question et par le fait de s'entourer des bonnes personnes. Tout ça, ça n'est pas accessible à tout le monde, non pas parce que certaines personnes seraient plus intelligentes ou auraient plus de valeur que d'autres. Ce n'est même pas une question d'intelligence. Si vous en doutiez encore, ce n'est pas votre niveau de QI qui va faire que vous allez réussir plus ou moins à vous élever socialement. Ce qui détermine la différence entre les personnes qui réussissent, qui s'élèvent socialement et les autres, c'est que la première catégorie de personnes, ce sont des gens qui sont réellement prêts à accepter ce que l'ascension sociale demande, à savoir du temps de l'inconfort et de la remise en question. Sachez que si vous écoutez ce podcast, vous faites déjà partie de la minorité. Vous avez choisi de consacrer du temps à comprendre les mécanismes que la plupart des gens ignorent ou tout simplement refusent de regarder en face. Et la vraie question que je vous pose en retour, puisqu'on a commencé cet épisode avec la question est-ce que c'est possible de s'élever socialement ? Est-ce qu'on peut s'élever socialement ? La vraie question que vous devriez vous poser c'est est-ce que vous êtes prêts ou prêtes à faire ce que ça demande vraiment ? Si la réponse est oui, et que vous sentez que vous avez besoin de ce mentorat dont je vous ai parlé, et qui va vous permettre de prendre connaissance de ces codes, de ces voies d'accès dont personne ne parle et dont vous n'avez sans doute pas connaissance, c'est précisément pour cette raison que j'ai mis en place le programme Athéna. Athéna, c'est un programme de mentorat collectif avec un suivi individuel qui est accessible uniquement sur candidature, autour d'un nombre restreint de personnes que je sélectionne. Ce qu'on y fait concrètement, c'est... C'est exactement ce dont j'ai parlé aujourd'hui, acquérir les codes, ceux que les milieux aisés transmettent naturellement à leurs enfants et que personne ne vous expliquera ailleurs. Le but, c'est de vous permettre de comprendre et surtout d'assimiler les mécanismes qui permettent de transformer sa manière de penser, sa manière de faire, sa manière d'être, mais aussi de s'immerger dans un environnement exigeant avec des pères, P-A-I-R-S, qui ont les mêmes ambitions, parce que c'est cette immersion-là qui rend la transformation de l'habitus possible. Et cela se fait à travers un environnement exigeant, et c'est pour ça qu'Athéna en plus est un réseau de personnes avec qui vous allez pouvoir partager vos ambitions et trouver une émulation pour pouvoir atteindre vos propres objectifs de réussite sociale. Je mettrai bien évidemment le lien pour rejoindre la liste d'attente dans la description de l'épisode. En attendant, merci infiniment d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il vous a plu, je vous invite à laisser un commentaire et une note 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. préférés. Et quant à moi, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente journée ou une excellente soirée et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode d'élégance et ambition.