- Speaker #0
Bonjour, je vous souhaite la bienvenue en avant-vente. Alors aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir un invité exceptionnel qui est devenu avant-vente en étant autodidacte. Bonjour Sébastien.
- Speaker #1
Bonjour Pascal.
- Speaker #0
Alors avec Sébastien, on va parler d'apprentissage, on va parler de soft skills, on va parler de compétences pour le métier d'avant-vente. Alors comment on s'améliore, comment on progresse, comment on se forme ? Sébastien va nous raconter son parcours. Je m'appelle Pascal Gouelot et je suis tombé dans l'avant-vente par hasard il y a longtemps. Alors imaginez, j'ai commencé comme pre-sales consultant chez mon premier éditeur de logiciels au siècle dernier. Et dans ce podcast, je vous raconte mes aventures d'avant-vente, je vous partage mes expériences, mes trucs, mes astuces. Et comme je suis toujours avide d'apprendre des autres, je vais aussi à la rencontre des hommes et des femmes experts de l'écosystème avant-vente qui nous partagent leurs bonnes pratiques. Alors restez bien jusqu'à la fin. de l'épisode car c'est Sébastien qui va vous mettre au défi pour vous aider, vous aussi, à passer de la théorie à la pratique et vous mettre en action en testant vos connaissances. Donc, vous trouverez toutes les infos sur le site web qui s'appelle enavantvente.fr, tout attaché. Allez, c'est parti en avant-vente. Alors Sébastien, comme je le disais dans l'intro, tu es avant-vente chez un éditeur de logiciels et également autodidacte. Ce qui veut dire que tu as appris tout seul les compétences nécessaires pour être avant-vente et je sais qu'elles sont nombreuses. Donc tu vas nous raconter ça, mais avant, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors moi, c'est Sébastien. J'ai 42 ans, j'ai trois enfants et je vis dans le nord de la France. Et oui, effectivement, autodidacte dans le sens que je n'ai pas de diplôme et j'ai appris sur le tas. En fait, j'ai commencé quand j'avais 10 ans.
- Speaker #0
Tu n'as pas commencé à travailler quand tu avais 10 ans quand même.
- Speaker #1
Non, non, non.
- Speaker #0
Tu as commencé l'informatique à 10 ans.
- Speaker #1
Oui, voilà, c'est ça. Et le langage de programmation à l'époque s'appelait Badik. Et c'était ma toute première expérience et j'avais adoré ça. Et donc, après, la vie fait qu'à 18 ans, j'ai commencé à travailler. Et j'ai travaillé dans un tout autre domaine puisque j'ai commencé à travailler dans la restauration. Je débarrassais les tables, j'étais à la plonge, je nettoyais les toilettes. Et puis, un jour, c'est une amie qui m'a dit, mais Seb, t'es super bon en informatique. pourquoi tu ne bosses pas dedans ? » Et donc, j'ai tenté ma chance. Et j'ai été reçu en entretien pour un fournisseur d'Internet. C'était un fournisseur d'Internet localisé dans le nord de la France aussi. Et c'était carrément le patron qui m'avait fait passer les tests techniques. Et il a dit « Banco, on commence » . Et donc, j'ai commencé comme ça par du support, du support Altesque. Et j'ai évolué ensuite dans une autre société chez laquelle je travaillais pendant plus de dix ans, un éditeur français. J'ai d'abord fait aussi du support, j'ai fait de l'intégration et ensuite j'ai passé des certifications et j'ai évolué sur un poste de consultant. C'était en tant qu'ingénieur, donc je passe cadre et donc j'ai continué à évoluer. J'ai travaillé sur des sujets qui étaient très spécifiques et donc c'est comme ça que je suis tombé dans la vente. Pas tout à fait par hasard comme ton expérience. Mais effectivement, comme c'était des sujets très spécifiques, j'accompagnais les commerciaux dans les phases d'avant-vente. Et en fait, la petite anecdote, c'est que je racontais, à l'époque, je disais, non, non, jamais je ne ferai de l'avant-vente. Et puis finalement, j'adore ça. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais. Et donc aussi, pour l'anecdote, il y a un peu plus de cinq ans, je ne parlais pas un mot d'anglais. et mon métier en tant qu'ingénieur faisait que je devais m'y mettre donc j'ai commencé à apprendre de l'anglais et deux ans deux ans et demi après et ben j'ai rejoint la boîte où je travaille aujourd'hui qui est une boîte américaine donc je travaille je couvre vraiment toute l'europe même si je travaille principalement sur marché français mais voilà comme quoi en cinq ans on passe de Zéro mot, allez-y, en vrai, quelques-uns, genre « Hello, my name is Sébastien » , etc. Mais aujourd'hui, j'ai des conversations avec des clients, des partenaires, c'est totalement fou.
- Speaker #0
Avec des partenaires, donc en anglais ?
- Speaker #1
Alors en anglais, oui, tout à fait. Je fais des présentations, j'ai même donné des conférences en anglais. Alors qu'il y a cinq ans, je ne parlais ni data, ni IA et ni d'anglais. Et oui, complètement. Et tout ça, c'est fait sur le tas.
- Speaker #0
Tu vas nous donner tes recettes de cuisine pour savoir comment faire. Et d'ailleurs, c'est quoi le prochain challenge ? Puisque entre je fais de l'informatique pour mes loisirs, je travaille dans l'informatique, que je deviens vente et je parlais pas ou très peu anglais, et maintenant je fais des présentations, voire des conférences en anglais. Est-ce qu'il y a un autre challenge que tu t'es fixé ?
- Speaker #1
Oui, en fait, un peu comme dans l'informatique, je me définis une roadmap. Ça, c'est s'il y a des tips à retenir, des outils que vous pouvez vous mettre en place. C'est ça, c'est dans un premier temps, se faire une roadmap qu'on fait en informatique. C'est dire, OK, où je veux aller ? Ça, c'est déjà le premier point. Est-ce que c'est faisable et comment on peut faire ? Et ensuite, c'est de définir en roadmap comment je me donne les moyens en temps, en finance, d'y arriver. Et donc aujourd'hui, je suis avant-vente. J'avoue que je kiffe ces métiers. Donc pour l'instant, mon objectif, c'est vraiment d'évoluer sur ce poste, non pas en manager ou autre, mais sur les compétences. Donc aujourd'hui, j'ai énormément de compétences en data. Et ma roadmap, c'est sur l'intelligence artificielle. Et pour ça, d'ailleurs, et à titre personnel, je continue un diplôme de data engineer puisque c'est lié. La data et l'IA sont liés.
- Speaker #0
Et tu parles des compétences techniques. Est-ce qu'il y a des soft skills que tu as dû acquérir pour faire ce métier d'avant-vente ?
- Speaker #1
Alors oui. Déjà, le... Je pense que le point commun de tous les avant-ventes, c'est la curiosité. Et forcément, quand tu es autodidacte, tu es forcément curieux. Pour les personnes qui sont un peu moins curieuses, il y a une question que vous pouvez vous poser, qui est très simple, et que mon bébé d'un an et demi commence déjà à me poser, c'est la question « Pourquoi ? » . Et ça, c'est un soft skill, c'est de dire, toujours se demander « Pourquoi ? » Pourquoi est-ce que je dois faire comme ça ? Pourquoi ce produit fonctionne et comment il fonctionne ? Et approfondir, etc. Et aller de plus en plus loin. Après, le deuxième soft skill, c'est la patience. On ne devient pas expert du jour au lendemain. Et on parle souvent du syndrome de l'imposteur. C'est un soft skill, le syndrome de l'imposteur. C'est-à-dire qu'il faut avoir l'humilité de se dire, voilà, moi, je n'ai pas de diplôme d'ingénieur. et quand j'ai démarré dans ce métier-là, je n'avais pas la prétention d'être un expert, même si parfois les commerciaux me demandaient en tant que tel. Et lorsqu'on acquiert les connaissances, après, on devient expert. Et en revanche, ce qu'il faut bien retenir, c'est qu'on ne saura jamais tout. Et ça revient au sujet de la patience, c'est vraiment d'accepter de se dire qu'on ne peut pas tout savoir. Après, le dernier tip que je peux donner, si ça répond à la question, c'est la fameuse technique que j'utilise depuis très longtemps, que vous connaissez certainement, on appelle la loi de Pareto, c'est la technique du 80-20. Et en gros, c'est quoi, pour ceux qui ne connaissent pas, ou ceux qui connaissent la partie économique mais pas apprentissage ? Eh bien, c'est simple. Je vais prendre l'exemple d'anglais, mais c'est pareil pour la data, c'est pareil pour n'importe quel sujet. Aujourd'hui, il suffit d'apprendre 20% de l'essentiel de ce qu'on doit savoir pour permettre de couvrir les 80% de ce qu'on va faire au quotidien. Et donc, un avant-vente, c'est quoi ? C'est savoir écouter, c'est savoir expliquer, savoir être pédagogue, etc. Et tout ça, en fait, toutes ces techniques-là, eh bien, tu apprends 20% et ça représentera 80% de ton temps de travail. Et ensuite, les 20% qui restent, c'est là où on devient expert.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Exactement. Parce qu'il y en a qui ne se satisfont pas des 80% et qui veulent atteindre... Mais quand on parle anglais et qu'on n'est pas né dans un pays anglophone, on essaye d'atteindre cette perfection avec l'accent. Mais effectivement, Un vocabulaire ou un niveau de grammaire basique permet déjà de s'exprimer très bien.
- Speaker #1
Exactement, c'est un truc que j'ai vu tout à l'heure alors mes données sont peut-être fausses mais je pense que c'est à peu près 1000 ou 2000 mots en anglais qui permettent de couvrir entre 60 et 80% des mots qui sont le plus utilisés donc si vous connaissez ces mots-là techniquement vous êtes en capacité de comprendre une discussion alors pas forcément de le parler parce qu'après derrière il y a encore la grammaire mais globalement c'est déjà une sacrée grosse étape
- Speaker #0
Oui et d'autant plus quand fait de l'anglais dans le cadre professionnel, il y a quand même beaucoup de vocabulaire, de jargon professionnel qui revient et qui est tout le temps utilisé.
- Speaker #1
Oui, mais carrément. Et aussi, ça me fait penser à un autre soft skill, puisque c'était la question tout à l'heure, de savoir quel autre soft skill on peut avoir. Une qui est super importante, c'est sortir de sa zone de confort. et en fait si je reprends l'exemple d'anglais mais c'est pareil pour la data ou autre j'ai de la chance d'avoir une femme qui comprend, ça c'est sortir de la zone de confort parce que techniquement, on ne regarde pas un film pareil. Surtout quand on ne maîtrise pas la langue, on ne profite pas du tout du film ou de la série pareil. Mais n'empêche, et ça, vraiment, si certaines personnes le font ou disent « Ah ben tiens, je vais essayer » , vous pouvez vraiment me faire confiance qu'au départ, et c'est le principe de sortir de la zone de confort, c'est qu'au départ, c'est perturbant. Donc à ce moment-là, dites-vous « Ok, là, c'est en train de travailler. » D'une façon ou d'une autre, c'est en train de travailler. Et ensuite, quand... quand vous aurez acquis cette compétence des semaines ou des mois plus tard, là, vous direz, oh, ça y est, maintenant, je suis dans ma zone de confort parce que je comprends et je ne suis plus dans la difficulté. Et à ce moment-là, vous passez à l'étape suivante.
- Speaker #0
Mais ça veut dire aussi que toutes les occasions sont bonnes pour apprendre.
- Speaker #1
Ah, mais carrément, carrément.
- Speaker #0
Parce que tu parlais de regarder un film sur Netflix, mais on apprend tout le temps. Et j'ai l'impression que tu apprends tout le temps.
- Speaker #1
Complètement. En fait, mon métier aujourd'hui, sans rentrer dans les détails, c'est tout ce qui va tourner autour de la data et l'intelligence artificielle. Et donc, je suis arrivé chez eux avec déjà, bien sûr, des compétences. Et avec eux, j'ai acquis d'autres compétences. Alors, tiens, un autre soft skill que je peux vous donner, c'est quoi ? C'est, demain, vous rentrez dans une nouvelle société. Qu'est-ce que je vous conseille de faire ? Donc en tant que pre-sales, d'accord, après ça peut fonctionner avec d'autres métiers, mais là on va vraiment parler de pre-sales. Et bien on voit ce que je recommande de faire, c'est dire, ok, vous allez faire votre onboarding, vous allez apprendre le produit, vous allez accompagner des pre-sales dans leur meeting. Et donc dans ces cas-là, c'est de se dire, dès que le client pose des questions, vous les notez. A priori, sur ces questions, vous allez avoir un faible pourcentage de réponses, puisque c'est normal, vous venez d'arriver. Ok, réunion suivante, deuxième réunion. Vous notez toutes les questions que le client va poser. A priori, vous aurez appris déjà pas mal de réponses. Et il y a de fortes chances, si on revient sur le sujet du 80-20, il y a de fortes chances à ce que 80% des questions du deuxième rendez-vous soient identiques au premier. Maintenant, vous faites pareil avec un troisième rendez-vous, vous prenez la liste des questions, et à nouveau, il y a de fortes chances à ce que 80% des questions du troisième rendez-vous soient similaires au deuxième. Au premier. Et donc là, on arrive au fameux 80-20. Ça veut dire qu'en trois rendez-vous, a priori, après ça dépend bien sûr des boîtes, des produits, des technos, mais a priori, ça vous permet déjà de couvrir un gros pourcentage en seulement trois rendez-vous.
- Speaker #0
Comment ça peut-être déjà pas répondre au RFP ou qui fait qu'on cherche énormément d'informations dans la documentation et ensuite on est plus fort en live avec le client ?
- Speaker #1
Complètement. les RFP, c'est une mine d'or. Mais honnêtement, c'est une mine d'or. C'est-à-dire que, alors ça m'est arrivé de répondre à des RFP, parfois jusqu'à 600 questions. Vous l'imaginez. Alors c'est impossible de retenir les 600 réponses. Même après 300 expériences, c'est impossible. En revanche, vous apprenez énormément. Et donc, à nouveau, profitez justement de toutes ces questions, de se dire, ok, quelles sont les questions auxquelles j'ai été confronté lors des précédents rendez-vous ? Et basez-vous sur ça justement pour construire vos fameux 80%. Et ensuite, derrière, ce ne sera que de l'expertise.
- Speaker #0
Donc, pas de réponse automatique par l'IA. On fait un effort si on veut apprendre.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Alors après, aujourd'hui, c'est vrai que les IA sont là pour aider. Donc, les 600 questions, elles sont plus rapides à répondre. Donc ça, ces outils sont cools. Non, mais en revanche, je pense que comme tout bon avant-vente, même si l'IA répond, vous allez avoir une phase de vérification. En tout cas, c'est comme ça que je travaille. Ou de relecture ou de validation. Exactement. et donc de ce fait là d'une certaine façon vous lisez donc vous apprenez votre cerveau apprend même si vous ne faites pas l'effort de retenir votre cerveau apprend et parfois vous connaissez la réponse en se disant mais comment je savais ça en fait donc ça arrive beaucoup beaucoup plus qu'on peut l'imaginer alors ce que j'entends aussi c'est que c'est quand même un travail énorme d'apprendre parce que c'est tout le temps et...
- Speaker #0
Ça a l'air d'être quand même chez toi un travail solitaire quand tu dis après le travail, je regarde Netflix en anglais. Dès que je peux, j'apprends. Mais est-ce que tu apprends des autres aussi ?
- Speaker #1
Oui, c'est-à-dire que l'apprentissage ne se fait en réalité jamais tout seul. Le métier d'avant-vente, par exemple. Alors, pardon, je reprends l'exemple de data ingénieur. Data ingénieur, j'ai choisi en tout, il y a deux écoles parce que elles sont complémentaires. Et donc, ça me permet d'apprendre tout seul. Donc ça, c'est cool. Le métier d'avant-vente, techniquement, vous n'avez pas d'école. Vous avez des bouquins qui vous apprennent des choses, mais à ma connaissance, vous n'avez pas de livre ou de formation ou autre qui vous apprend comment vous organiser, comment gérer la difficulté en face d'un client. Et tout ça, Moi, je me suis vraiment reposé sur deux personnes qui sont à la fois des amis et des collègues. Je peux dire leur prénom peut-être ? Oui, bien sûr. Et puis, tu peux les saluer. Antoine et Arnaud, c'est vraiment deux personnes qui sont à la fois des très bons amis et des très bons collègues ou ex-collègues. Et vraiment, je m'appuie sur eux par rapport à tout ce qu'ils m'ont appris et ce qu'ils m'apprennent encore aujourd'hui. Et à nouveau, ça peut être de l'organisation de travail, ça peut être des méthodologies, ça peut être, voilà, on a une difficulté avec un client et eux ont pris le dessus. Et là, j'apprends les lieux d'un enfant de 10 ans, justement, en disant plus tard, j'ai envie d'être comme ça. Bon, j'ai 42 ans, mais...
- Speaker #0
Et tu me disais aussi, alors on parlait beaucoup d'organisation, mais tu me disais aussi la gestion des émotions, par exemple, avec les clients.
- Speaker #1
C'est ça. Oui, tout à fait, parce que des fois, on a des situations complexes où, par exemple, vous avez travaillé pendant, je ne sais pas, quelques jours sur une démo complexe et vous arrivez chez le client et le client dit, c'est très bien, mais ce n'est pas ça que je veux. Donc là, alors, bien sûr, heureusement, ça n'est jamais arrivé ou du moins, une situation extrême comme ça n'est jamais arrivée. Et quand bien même ça arrive, c'est qu'il y a un problème dans le discover. Mais ce que je veux dire, c'est qu'une difficulté similaire, c'est comment on réagit. et à nouveau sauf si vous avez fait des études dans la psychologie ou autre, mais sinon, il n'y a rien qui vous apprend. Et moi, je me suis basé justement sur comment mes collègues m'ont aidé ou ont aidé d'autres collègues dans des situations similaires. Et de toute façon, le point commun, c'est toujours l'écoute à la fin. C'est toujours rester calme et dire « Ok, ok, on avait compris ça, vous m'expliquez ça. Est-ce que ma nouvelle compréhension est correcte ? Elle est correcte ? Très bien. » Potentiellement, alors maintenant, c'est un truc que je fais tout le temps en réunion. en soutenance ou autre, c'est toujours de dire voilà ce que j'ai compris. Derrière, il y a toute une méthodologie. Voilà ce que j'ai compris. Est-ce que c'est correct ? Est-ce qu'il y a des choses qui ont évolué ? Parce que des fois, il peut se passer des semaines entre le dernier discover et la soutenance, par exemple. Est-ce qu'il y a des choses qui ont évolué ? Et ça, des fois, ça arrive. Dans ces cas-là, on a des mots. Si on est bon, on s'adapte et on fait évoluer la démo en live si vraiment on maîtrise le sujet.
- Speaker #0
Oui, et puis dans les discoveries, c'est aussi une technique de reformulation pour continuer la discussion et pour savoir si on a bien compris. Est-ce que déjà, tu as une méthodologie d'apprentissage ? Est-ce que tu peux nous inspirer ? Comme ça, on essaiera.
- Speaker #1
La façon que je fais, je ne sais pas si c'est correct ou pas, c'est tous les soirs ou quasiment tous les soirs, c'est d'apprendre une heure. J'apprends une heure. Et l'objectif, c'est de pratiquer le lendemain. Et si je ne l'ai pas pratiqué le lendemain, alors j'essaie de le pratiquer le surlendemain, etc. Avant. de continuer mon apprentissage. Alors, je peux vous dire que mon apprentissage est long, mais en revanche, ce qui est bien, c'est qu'à chaque fois que je passe à une étape supplémentaire, j'ai vraiment maîtrisé la partie précédente.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu diversifies les sujets dans l'heure que tu passes, ou tu as une semaine sur un sujet, ou alors une heure sur un sujet ? Parce que, d'après ce que je comprends, tu apprends plein de choses en même temps. parce que tu ne te dis pas, c'est le mois de l'anglais, on ne fait que de l'anglais. Exactement. Et puis après, c'est la semaine de la data, on ne va faire que de la data.
- Speaker #1
Non, effectivement. En fait, pour répondre à ta question, pour reprendre l'exemple de l'anglais, pour le coup, j'étais ultra, ultra focus sur l'anglais et je n'apprenais rien d'autre à ce moment-là que de l'anglais. Et pourquoi ? Parce que dans ma roadmap, justement, c'était un… quelque chose d'obligatoire. Si je ne maîtrisais pas l'anglais, je ne pouvais pas évoluer, c'était impossible. On peut évoluer jusqu'à un certain niveau, mais ça reste assez limité. Et donc, en ayant compris ça, c'était full, full focus sur l'anglais. Je mettais mon téléphone en anglais, mon ordinateur en anglais, je mettais tout en anglais. Alors, croyez-moi, ça sort de la zone de confort, mais alors bien comme il faut.
- Speaker #0
Et tu demandais à ta femme de te parler anglais ?
- Speaker #1
Aussi. aussi, effectivement. Oui, mais carrément, j'ai eu la chance dans mon ancienne société de parler avec une Canadienne, par exemple, et j'étais absolument pas confortable parce que je ne maîtrisais pas, mais je n'avais pas ce syndrome de l'aposteur. Et vous savez pourquoi ? Parce que j'ai dit à cette personne « Voilà, je suis très mauvais en anglais, je suis en train d'apprendre, juste, si t'es ok, si t'es... » ok pour toi, de répéter deux fois, trois fois si je n'ai pas compris, de reformuler autrement, plus simplement, comme si j'étais un enfant. Elle dit, ah non, mais c'est totalement ok. Et j'ai pu avoir des conversations avec, j'ai un de mes meilleurs amis qui est égyptien, donc qui ne parle pas français, et c'était vraiment l'un de mes premiers correspondants en anglais avec qui je n'avais pas possibilité de parler en français, donc je n'avais pas le choix, donc j'étais dans cette difficulté-là. On se parle quotidiennement. et c'est génial. À l'époque, c'était impossible, c'était très difficile de s'imaginer que non seulement j'allais garder les contacts avec lui, qu'il allait être patient avec moi, mais en fait, les gens globalement sont bons et si on dit les choses, ça marche très bien. Et donc, tout ça pour dire que l'anglais, j'étais full focus. Aujourd'hui, avec la data, j'ai une roadmap qui est plutôt claire et dans ma roadmap, je l'ai quand même espacé. Et donc, pour répondre à ta question, j'apprends des technos différentes de manière espacée. Donc, par exemple, un mois sur tel techno, un autre mois sur tel autre techno. En revanche, entre deux, je vais ajouter, par exemple, des technologies qui vont me prendre un soir ou deux, pas plus, juste vraiment que quelques heures et pas plus, parce que je sais que dans une ou deux semaines, je vais avoir cette discussion avec un client et c'est une techno que je ne connais pas ou peu. et je me dois de connaître cette techno. Ça n'aura pas d'impact négatif si je ne la connais pas, mais ça aura un impact positif si je la connais. Et en plus, mon objectif, c'est d'avoir ce diplôme de data engineer, même si, a priori, je n'ai pas vocation à l'être. Mais c'est important de connaître cette techno et si c'est important, je la rajoute dans ma roadmap.
- Speaker #0
Et donc le soir, tu nous disais que tu apprenais à chaque fois, alors une heure, et tu pratiques le lendemain, tu disais. Donc comment, est-ce que tu as des occasions à chaque fois de pratiquer ou tu te crées ces occasions ?
- Speaker #1
Alors, donc par exemple, les deux technos que j'ai appris, alors il ne va pas y avoir de concurrents, enfin ils sont concurrents, mais ils sont au même niveau, donc je pense que ça ira, c'est Snowflake et Databricks. et en fait j'avais, alors non seulement c'était dans ma roadmap de data engineer de toucher un peu à cette techno, mais en plus, j'avais des discussions et des événements partenaires où on allait parler de ces sujets-là. D'accord ? Donc en fait, ce que j'ai fait, c'est que j'ai adapté ma roadmap. Quand je dis ma roadmap, c'est sur un an, d'accord ? C'est pas plus d'un an. Et donc, c'est adapté dans ma roadmap de dire, ok, je vais inclure du Snowflake et du Databricks. Techniquement, j'ai passé maximum quelques heures sur chaque techno parce que je n'ai pas vocation à être développeur dans Stoflec ou Databricks mais en revanche j'ai aujourd'hui ces compétences ces connaissances pour pouvoir en discuter Donc oui, c'est hyper important. Et donc, pour répondre à ta question, comment je le pratique ? C'est très simple. Je vais apprendre le Snowflake pendant 2-3 jours. Je vais avoir une soutenance sur laquelle je vais devoir travailler sur une base de données quelconque. De ce fait-là, je travaille sur Snowflake et Databricks. Puisque j'ai le choix de la techno dans mes soutenances, alors je vais choisir l'un ou l'autre ou les deux. Puisque de toute manière, si je faisais ça sur une autre base de données, par exemple, pour le client, à la fin, ce serait exactement le même. Sauf que pour moi, ça va être un plus parce que ça me permet de mettre en pratique ce que j'ai appris la veille. Et donc, c'est ça que je recommande, c'est de se dire, si vous avez ce temps pour pouvoir apprendre et de pratiquer, c'est de dire, on apprend un peu ce qu'on dit en smart, il faut que les objectifs soient courts, simples, explicites, atteignables. Et bien, l'idée, c'est pareil, c'est de se dire, ok, je passe grand max une heure, je me mets en pratique. Et comme ça, je le maîtrise. Et ensuite, je peux passer au sujet suivant.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, sur des roadmaps d'un an qui se refont à chaque année pour un nouvel objectif.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Donc là, par exemple, ma roadmap 2026, elle était déjà définie en septembre parce que je savais que j'ai pris du retard. Mais ce n'est pas grave, encore une fois, parce que je n'ai pas d'impératif. et en plus aujourd'hui avec par exemple l'intelligence artificielle ça continue d'évoluer, il faut savoir c'est une étude qui a été faite en fait, j'ai oublié le nom de l'étude mais globalement une connaissance acquise dans une technologie va être valable quelques années et si on veut être toujours au top de cette techno, il faudra forcément se mettre à jour et je pense, alors ça je serais intéressé aussi de voir les commentaires Mais je pense qu'un skill d'un avant-vente, c'est de savoir tout le temps se mettre à jour, de tout le temps apprendre. Et c'est d'autant plus le cas pour les data engineers. Un data engineer d'il y a cinq ans n'est plus du tout le même qu'aujourd'hui. Globalement, ça évolue. Et un pre-sell, c'est exactement pareil. Ça évolue. Et donc, les roadmaps, on les fait évoluer aussi en fonction... La dernière nouveauté, par exemple, un sujet qu'on parle depuis 6 mois, 1 an maintenant, c'est le MCP, en intelligence artificielle, techniquement. Je l'ai mis dans ma roadmap en 2026 parce que c'est un must-have si on fait de l'IA.
- Speaker #0
À cette roadmap, je suis impressionné que ce soit programmé comme ça. En plus, ça a bien fait dire quand même que tu avais 3 enfants.
- Speaker #1
Oui, oui. Et donc,
- Speaker #0
des enfants en bas âge où il faut trouver quand même du temps.
- Speaker #1
Les grands aussi. En fait, il y a un petit écart. Ils ont 20 ans, 18 ans et un an et demi. Donc, il y a un petit écart. Et croyez-moi, les trois demandent autant de temps. Et en revanche, le point commun des trois, c'est qu'ils dorment. Et donc, à ce moment-là, je prends une heure juste pour moi. Et là, c'est là où je travaille. De toute façon, pour l'instant, je ne pourrais pas consacrer plus.
- Speaker #0
Oui, mais d'ailleurs, on parlait de ton métier d'avant-vente. et je pense aussi que d'être chez un éditeur de logiciels et dans l'avant-vente, c'est assez propice, puisque comme tu le disais, on n'est pas sur des connaissances universitaires que l'on a pu apprendre sur les bandes d'une école ingénieure. C'est des connaissances qui évoluent en permanence.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et en fait, c'est pour ça que lorsque j'ai parfois des chasseurs qui me contactent et... parfois lorsqu'on discute, même s'il n'y a pas de raison d'aller plus loin, mais lorsqu'on discute, on parle justement du côté diplôme. Et en fait, ils sont tous unanimes en disant, globalement, dans l'informatique, on ne demande pas de diplôme parce que ça évolue tellement. En 3-5 ans, ça évolue tellement que, comme tu disais, en fait, une connaissance acquise il y a X années. Je veux dire, discuter, par exemple, tu avais développé en C, par exemple, à l'époque. Oui. C'est ça ?
- Speaker #0
En Fortran 77, même, pour tout dire. Ce qui ne nous rajeunit pas, mais...
- Speaker #1
Mais voilà, mais c'est ça, c'est ça. Et en fait, la question, c'est de dire aujourd'hui, si tu justifies ce diplôme avec ce langage de programmation, là, aujourd'hui, en 2025, finalement, qu'est-ce que ça apporte ? Le côté apprentissage de langage de programmation, oui, mais le langage en lui-même, pas vraiment.
- Speaker #0
Donc, je trouve ça très, très inspirant. Et en plus, je trouve que c'est... Tout à fait actionnable pour chacun. Ça ne demande pas de budget. Ça demande juste, je pense, de la volonté. Parce que le temps, personne n'en a. Mais finalement, on en trouve toujours quand on veut faire des choses qui nous plaisent. Donc, je vais te laisser le mot de la fin si tu as un message à passer. Oui, le mot de la fin, ce serait de dire qu'on a du bol de faire ce métier. Franchement, je trouve que c'est un métier qui est vraiment passionnant. Et oui, on a vraiment de la chance. Par exemple, des fois, lorsque je suis face à une difficulté et que je réfléchis, je me dis, et bien je me dis, et Seb, par rapport à tout ce que tu as vécu. vraiment du bol aujourd'hui d'en être arrivé là. Alors bien sûr, c'est quelque chose qu'on cherche et on travaille pour, mais on a du bol. Et en plus, il y a une expression que j'adore et qui me conduit aussi, c'est « Choisis un travail que tu aimes et tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie. » Et donc ça vient de Confucius et je trouve que c'est tellement vrai, tellement vrai. Alors oui, ça reste un travail bien sûr, mais c'est tellement… passionnant et effectivement lorsqu'on est passionné par son métier on ne travaille pas de la même façon
- Speaker #1
Merci beaucoup, j'ai été ravi de cet entretien, merci encore Sébastien de nous avoir communiqué ta passion d'apprendre parce que c'est vraiment communicatif et puis je trouve que ton témoignage il est inspirant inspirant, car on a peut-être fait des longues études, mais on apprend aussi toujours. Et puis, certains n'ont pas fait des études. Et puis, on s'aperçoit aussi qu'avant-vente, ça peut être un métier qui peut être pratiqué par des personnes qui n'ont pas de diplôme. Donc, si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager, à commenter, à liker. Dans les postes, évidemment, je citerai ton nom. Donc, si vous avez des questions à poser directement, à Sébastien, n'hésitez pas. Et puis, vous allez retrouver toutes les informations sur le site enavantvente.fr, le podcast, la newsletter. Je vous dis à très bientôt. Portez-vous bien. Allez, en avant-vente. Merci Sébastien.
- Speaker #0
En avant-vente. Merci Pascal.