- Speaker #0
Bonjour et bienvenue en avant-vente. Alors pour une ESN, répondre à un appel d'offres complexe, ce n'est pas juste remplir des tableaux Excel, faire une démo, c'est une véritable symphonie. Chaque fausse note peut coûter des millions. Et au-delà des personnes de l'équipe qui interviennent dans cette réponse, il y a des experts métiers, des experts solutions, évidemment l'équipe commerciale, des pre-sales, il y a aussi un rôle clé. qui est parfois difficile à situer, c'est le Bid Manager. Alors, est-ce que c'est une fonction administrative ? Est-ce que c'est un rôle stratégique ? Comment la vente et le Bid Management s'articulent pour transformer une opportunité en succès ? Eh bien, c'est le thème d'aujourd'hui et on va en parler avec Marie que je suis très heureux d'accueillir. On va parler de Bid Management. Bonjour Marie.
- Speaker #1
Bonjour Pascal, je suis ravie aussi d'être là avec toi pour en parler. Je te remercie pour ton invitation.
- Speaker #0
Je m'appelle Pascal Gouelot et je suis tombé dans l'avant-vente par hasard il y a longtemps. Imaginez, j'ai commencé comme pre-sales consultant chez mon premier éditeur de logiciels au siècle dernier. Et dans ce podcast, je vous raconte mes aventures d'avant-vente. Je vous partage mes expériences, mes trucs et astuces. Et comme je suis toujours ravi d'apprendre des autres, je vais aussi à la rencontre des hommes et des femmes experts de l'écosystème avant-vente. qui nous partagent leurs bonnes pratiques. Alors, la communauté en avant-vente, c'est aussi une newsletter, des masterclass, des masterminds. Toutes les informations sont disponibles sur le site enavantvente.fr, tout attaché. Allez, c'est parti en avant-vente. Marie, je suis ravi de t'accueillir sur le podcast en avant-vente. Évidemment, première question, est-ce que tu peux te présenter ton parcours ? Comment tu es arrivée à l'avant-vente et surtout le bid management ?
- Speaker #1
De l'avant-vente, ça fait dix ans que j'en fais puisque j'ai commencé à travailler en 2016. Et mes sept premières années, je les ai passées dans des grands groupes, dans des grandes ESN. Et en fait, j'ai commencé en tant qu'account manager, notamment pour un gros client du secteur. public, qui est une très bonne école pour l'avant-vente, puisque le secteur public, c'est des gros dossiers, des gros dossiers de réponse, des cycles d'avant-vente assez longs. Et j'ai eu la chance d'être formée par un excellent manager qui était à la fois commercial senior, mais qui était aussi très délivré. Et on a travaillé ensemble sur plein d'appels d'offres, et notamment tout le renouvellement des 10-12 accords cadres qui chapeautaient 100% des activités qu'on avait chez ce client-là. tous nos centres de services, tous les projets au forfait, etc. Et ça représentait à l'époque plus de 100 personnes. Et on travaillait sur les grands programmes de transfo de ce client-là. Et j'ai adoré ça. L'avant-vente, ça a été une révélation pour moi et c'est ce que je préférais faire. Et quatre ans plus tard, j'ai recommencé l'expérience du renouvellement de ces mêmes accords cadres, mais cette fois-ci avec une autre casquette puisque j'avais changé de société à l'époque. Et entre-temps, j'ai aussi fait de la banque. privé, un petit peu d'assurance aussi. Et quelques années plus tard, j'ai monté ma structure de conseil en stratégie commerciale et j'accompagne aujourd'hui des structures plutôt de taille moyenne, des TPE, PME aussi, sur du bid management principalement, mais pas que.
- Speaker #0
Donc, on parle de bid management. Alors, c'est un rôle que je ne connais pas bien, je peux l'avouer ici. Et surtout, Bid Management en ESN. Donc, est-ce que tu peux nous dire ce que c'est, quelles sont les limites et comment ça s'articule avec les autres fonctions ?
- Speaker #1
Oui, en fait, dans les structures SN, ce rôle-là de bid management, il n'est pas systématique. Les rôles sont parfois un peu flous. Est-ce que c'est de l'avant-vente technique ou est-ce que commence le bid management ? En fait, c'était une de tes questions. Et en fait, oui, c'est deux faces d'une même pièce. Il y a la partie off et la partie gestion de projet. Et l'un ne va pas sans l'autre dans une avant-vente. Donc, tu as le côté technique, évidemment, parce qu'on vend une offre, on vend une expertise, on vend un logiciel même, on vend un projet. On vend de la prestation intellectuelle. Donc, en fait, chaque appel d'offre a un contexte précis. Donc, on construit une solution par rapport à un cahier des charges et on répond avec une offre qu'on aura customisée pour un contexte précis. Donc, c'est là la petite subtilité de l'avant-vente en ESN. Et ça, c'est un projet en soi. et c'est d'ailleurs pour ça qu'on appelle ça bid management parce qu'on a plusieurs expertises plusieurs ressources à manager et un résultat à obtenir, un planning à tenir surtout donc est-ce que c'est de la vente, est-ce que c'est du delivery ou est-ce que c'est les deux c'est là où les rôles sont un peu flous moi je dirais que flou oui et non flou parce que c'est pas un rôle qui est encore très commun mine de rien dans les organisations, dans les ESN et pas flou parce que pour moi le rôle de bid manager tel que je l'assure aujourd'hui en tout cas, il est très clair. Pour moi, c'est un chef de projet de vente. Le projet, c'est l'organisation de la réponse. Le livrable, c'est le dossier final qu'on shoot au client. Et l'objectif, c'est le win, évidemment. Et les ressources, c'est celles de l'entreprise. Moi, j'observe quand même un changement de paradigme ces dernières années par rapport au bid management parce que ce rôle prend de l'importance. Moi, je vois passer de plus en plus d'offres d'emploi Aaaaaaah ! pour du bid, pour du pre-sales sur LinkedIn, par exemple. Mais je pense que les entreprises, elles commencent à valoriser de plus en plus cette fonction, justement, et le gain qu'elle permet. Et la valeur du job, ce n'est pas juste de gagner des deals, c'est aussi de gagner en alignement stratégique, en flexibilité organisationnelle, en clarification méthodologique aussi, en circulation de l'information en interne, en partage de connaissances. Et le gain à moyen-long terme, il est beaucoup plus large. que le simple fait de remporter des appels d'offres. Et avant, dans les ESN, j'ai l'impression que l'avant-vente s'était perçue comme un centre de coût. Et aujourd'hui, c'est vraiment perçu comme un investissement. C'est un pari sur l'avenir parce que le ROI n'est pas toujours immédiat et on n'est jamais totalement certain du rendement. On peut gagner, mais on peut aussi perdre. On peut perdre quand on était sûr qu'on allait gagner, et inversement. Donc voilà, pour moi, pour répondre à ta question, le rôle du Bid Manager, c'est un chef de projet de vente, vraiment.
- Speaker #0
Un chef d'orchestre ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Tu sais, on parle du tandem sales, pre-sales, et comment l'arrivée d'un Bid Manager, elle va modifier cette dynamique entre la vente et le delivery ? Et est-ce que c'est un facilitateur ou un contrôleur de processus ? Pour moi, le beat manager, effectivement, c'est un chef d'orchestre qui fait d'abord de la facilitation. C'est le chef d'orchestre polyvalent qui sait s'adresser à tout le monde et fédérer les équipes pour aller dans un sens commun, qui est répondre à un appel d'offres. Motivateur aussi, parce que la plupart du temps, on va mobiliser des experts qui sont déjà en mission, qui sont déjà full, qui ont peu de bande passante. Et donc, c'est... Ce n'est pas leur métier de vendre et ils peuvent parfois voir ton projet d'avant-vente comme une contrainte en plus. Donc, il faut arriver à convaincre les gens aussi de se laisser embarquer et de produire pour toi finalement sur tes dossiers. Pour moi, il y a aussi une grosse notion de change management qui est liée au rôle de bid manager dans une entreprise, qui est liée justement aussi à ce changement de paradigme dont on parlait juste avant. C'est comment tu embarques à la fois tes équipes sales qui connaissent le client, qui connaissent le terrain, qui connaissent le contexte, et le delivery, et ta structure interne dans une dynamique commune. Et pour moi, c'est ça en fait que l'arrivée d'un BIN manager permet dans une organisation, c'est d'être à la fois le chef d'orchestre qui peut porter des projets de vente, mais aussi fédérer toutes les différentes parties prenantes dans une organisation interne qui sont amenées à apporter leur expertise dans le cadre d'un projet d'inventaire.
- Speaker #0
Et je pense aussi que c'est un rôle vraiment à prendre sur chaque opportunité, parce qu'avant l'arrivée d'un ou une bid manager, c'est souvent le commercial qui fait ce rôle de mettre de l'huile dans les rouages, ou alors ça peut être pris par l'avant-vente également, qui est en charge de la solution technique. Donc c'est bien aussi qu'il y ait une tierce personne. je dirais, pour mettre de l'harmonie dans cette réponse. On peut dire aussi qu'en termes de responsabilité, il est en charge de la réponse.
- Speaker #1
Ah oui, complètement. Alors après, ça dépend des organisations, mais en tout cas, moi, jusqu'à maintenant, et en particulier depuis que j'exerce ce rôle-là en freelance, pour moi, le bid manager, c'est celui qui est en amont, c'est-à-dire qui récupère. perd le dossier d'appel d'offres dès qu'il tombe et qui en a la responsabilité jusqu'à ce qu'on shoot le dossier, voire même plus loin dans le cadre de préparation de soutenance et jusqu'à ce qu'on gagne ou qu'on perde le dossier. Donc oui, pour moi, le big manager, c'est vraiment un rôle de chef de projet qui assure la finition du livrable et qui va jusqu'au bout de ce projet, à savoir soit on gagne l'affaire et à ce moment-là... C'est les équipes de délivrerie et le commercial qui prennent le relais pour préparer le contrat et tout ça. Mais le bid manager, pour moi, est vraiment le responsable de la réponse. Alors évidemment, ce n'est pas du tout le seul. Il y a plein de contributeurs dans l'histoire. Mais si on devait faire un RACI d'avant-vente, le bid manager est le gros R masculin souligné.
- Speaker #0
Le R de RACI.
- Speaker #1
C'est ça, oui.
- Speaker #0
J'ai vu également que tu avais écrit des articles sur le bid management. Tu as observé dans les différentes entreprises ce qui se passait sur ce rôle-là. Évidemment, tu as de l'expertise. Qu'est-ce qui fait que ces entreprises ont fait le bon choix, elles gagnent ? Est-ce que c'est une question de méthodologie ? Est-ce qu'il y a de la psychologie là-dedans ? Est-ce que ça doit être des entreprises plutôt technologiques ? Qu'est-ce qui fait en fait que des entreprises adoptent un bid manager ?
- Speaker #1
Oui. Alors, effectivement, il y a beaucoup de paramètres qui rentrent en ligne de compte. Les trois que tu cites, méthodologie, psychologie, technologie, évidemment que ça compte et il y en a aussi plein d'autres. Mais je dirais déjà, en premier lieu, les entreprises qui gagnent leur bid sont celles qui ont d'abord compris que l'avant-vente, c'était un investissement et pas un centre de coût, comme on le disait tout à l'heure. Donc, celles qui décident d'investir dans le bid management. Et ce n'est pas qu'une question de budget, mais si je devais te donner mon humble recette, peut-être, pour avoir un bid management gagnant, c'est que déjà, il faut avoir une vraie stratégie avant-vente en amont, c'est-à-dire clarifier quels sont les enjeux et les objectifs des avant-ventes chiffrés. Donc, il faut savoir où est-ce qu'on va, en fait. L'idée, c'est d'aller chercher les dossiers qui nous permettent d'atteindre ces objectifs. concrètement sur quels aôns on se positionne et sur lesquels on ne va pas, avec quelles offres. Et ça veut dire donc prévoir un budget avant-vente dédié pour se donner les moyens d'atteindre ces objectifs. Parce que l'opportunisme en avant-vente, pour moi, ce n'est pas une stratégie de long terme. Donc c'est important de définir vraiment cette stratégie avant-vente en amont. Après, tu as évidemment une méthodologie avec un processus de bid management clair, structuré. qui doit être mis en place sans nécessairement avoir une équipe pre-sales dédiée. C'est-à-dire, c'est le qui fait quoi en fait. Quand il y a un appel d'offres qui tombe, qui cadre, qui pilote, qui produit, qui contribue, qui valide. Après, tu as le comment, avec quels outils, quelles ressources. Sur le marché, il y a aujourd'hui plein d'outils de bid management qui sont des aides à la décision et à l'organisation de la réponse. Et d'ailleurs, de plus en plus de sociétés se penchent sur ces outils au vu du volume croissant d'appels d'offres à traiter. Et ces outils peuvent avoir une vraie valeur ajoutée. Donc ici, ça me fait rebondir sur la notion de knowledge management qui est hyper importante parce qu'une entreprise qui gère ses connaissances, c'est une entreprise qui gagne du temps et qui sait mobiliser les bonnes expertises au bon moment et qui capitalise surtout sur ce qu'elle produit. pour éviter d'avoir offert tout du sol au plafond à chaque appel d'offres. Et pour moi, une entreprise qui gagne, c'est aussi une entreprise qui sait bien s'entourer. Et c'est cette notion d'alliance management qui a un rôle à part entière dans une organisation, mais qui est aussi une compétence à mobiliser dans le cadre d'une avant-vente parce que justement, les partenaires avec qui on s'associe pour faire des réponses, il faut les intégrer. dans les projets de réponse et c'est à la fois une force, un super argument de vente et un super atout, mais ça rajoute aussi une complexité et ça se pilote. Moi, depuis un an, j'ai fait beaucoup de réponses en groupement, donc en groupement momentané d'entreprise, en GME. Et c'est un format de réponse qui est très apprécié, voire très attendu par les achats sur certains périmètres. Mais derrière, il faut être super carré sur le process et comment on fonctionne avec les partenaires et les co-traitants. Tu parlais aussi de technologie. Alors évidemment, je pense qu'il ne faut se positionner que sur des sujets dont on maîtrise les technos derrière, en termes de délivrerie, ça c'est clair. parce qu'une fois qu'on a vendu, il faut délivrer le sujet. Exactement. Mais tu mentionnais aussi un truc que je trouve super intéressant, c'est la psychologie. Et ça, justement, c'est un sujet sur lequel je me penche depuis un petit moment et qui, je trouve, n'est pas tellement abordé dans les avant-ventes, dans la stratégie d'avant-vente, ou du moins pas d'une manière explicite. Moi, tu vois, je m'intéresse beaucoup aux négociateurs professionnels, donc ceux qui ont fait de la négociation leur métier. tu vois j'ai deux trois noms comme ça qui me viennent en tête maroine mary laurent combalbert etc tu vois c'est des personnes qui ont qui ont travaillé pour les forces spéciales pour l'otan dans les grosses négociations de fusion acquisition etc et en fait toutes ces personnes elles proposent des formations à la négo et les techniques de négociation que ces professionnels partagent quand tu regardes c'est à 99% de la psychologie et c'est hyper intéressant à la fois pour les appliquer dans le cadre de tes avant-ventes ou de tes soutenances, mais aussi pour s'en protéger quand tu es face à un acheteur, par exemple. Enfin, pas pour s'en protéger, mais pour contrer le truc, tu vois. Et la décision d'achat, elle est loin d'être purement rationnelle, ça, on le sait. D'ailleurs, c'est un peu une illusion de libre arbitre, la décision d'achat. Il y a énormément de mécanismes psychologiques qui rentrent en jeu. Et naturellement, on fait tous un peu de profiling, si tu veux, en avant-vente ou au commerce en général, Prêter explicitement attention à ce terrain-là, ça apporte des vraies réponses qui sont parfois assez inattendues et stratégiquement, ça peut être un vrai atout. Moi, tu vois, récemment, j'ai accompagné un client sur une avant-vente et lors de la préparation de la soutenance, on a passé pas mal de temps justement à ça, à l'analyse des profils psychologiques des clients qu'on aurait en face pendant la soutenance. Donc avant, pendant et après. Et on a fait ça de manière intentionnelle, c'est-à-dire qu'on a construit nos scripts de négo. nos réponses aux objections, etc., en fonction des profils psychologiques qu'on avait essayé de déterminer. Et ça nous a permis d'être très à l'aise sur leurs attentes, leurs peurs, leurs doutes, leurs questionnements, et d'adopter la bonne posture de négo le jour J et post-soutenance.
- Speaker #0
C'est ce qu'on fait souvent dans les stratégies de compte, dans les account mapping, où on a notamment des outils qui sont les stratégies map. où on regarde chaque personne, si elle est plutôt contre nous, avec nous, influenceur, quel niveau d'influence, ou d'autres qui seront neutres, ou d'autres qui ne sont pas forcément identifiés dans l'organigramme, mais qui parleront à l'oreille. Qui auront une influence. Exactement. Alors, tu parlais de stratégie, ça c'est super. Super intéressant de dire qu'évidemment, c'est une stratégie pour une ESN d'investir dans de l'avant-vente, de s'équiper de profils comme le Bid Manager, mais aussi d'outils. C'est aussi intéressant de dire que le Bid Manager peut être celui ou celle qui centralise l'information et qui… tu parlais d'investissement et qui... d'un appel d'offres à l'autre, peut également centraliser ces bonnes pratiques puisque les équipes de commerciaux et d'avant-vente changent selon le sujet. Et ça m'amène à un autre sujet, tu en as parlé un petit peu juste avant, qui est se concentrer sur les opportunités sur lesquelles on a le plus de chances de gagner et donc faire... Un go ou un no go ? Alors, quel est le rôle du bid manager dans le go no go ?
- Speaker #1
C'est le point de départ du projet d'avant-vente ou pas en cas de no go. C'est-à-dire que pour moi, c'est vraiment la partie… Une des grosses parties stratégiques du rôle de bid manager, c'est de qualifier une opportunité. Et ça, ça passe par… formalisme ou pas, mais de go-no-go. Parfois, on fait des go, parfois, on fait des no go. Et je pense que ce sera aussi intéressant qu'on parle de no go parce que pour moi, un bon BIM Manager, c'est aussi celui qui sait dire non et convaincre parfois de ne pas y aller. Alors, ça paraît un peu contre-productif, mais des fois, on est obligé de dire non à une affaire. Et c'est une posture qui n'est pas évidente parce que je pense que quand on fait de l'avant-vente, il y aura toujours ce faux mot, entre guillemets, qui nous pousse à penser qu'on aura peut-être une occasion de gagner. Tu vois, moi, j'ai un directeur commercial pour qui j'ai travaillé un petit moment, qui disait tout le temps 100% des gagnants ont tenté leur chance. Donc, oui ! Oui, effectivement, 100% des gagnants ont tenté leur chance, mais... Alors, il disait ça en rigolant, évidemment, mais surtout dans un contexte où depuis 2-3 ans, le... Le marché de l'IT est relativement tendu pour les ESN. Les budgets clients se resserrent, les achats se professionnalisent et ont de plus en plus d'exigences qui changent la donne. La concurrence est très forte et dans ce contexte-là, renoncer à une opportunité, on se dit que c'est un peu de la folie. Mais oui, savoir dire non, on n'y va pas, c'est une vraie compétence et c'est aussi un acte de souveraineté presque. pour une entreprise, puisqu'on connaît nos expertises, on connaît nos offres, on connaît aussi le contexte, on connaît nos limites et nos chances de gagner surtout. Donc voilà, no go. Et on choisit justement de concentrer l'effort d'avant-vente sur des opportunités qui valent plus le coup. Et c'est un choix, en fait. Et choisir, c'est renoncer, forcément. Moi-même, en tant que freelance, ça m'est arrivé de dire non à une opportunité. à une proposition de contrat parce que ça ne correspondait pas à mon positionnement, que ça sortait du scope, parce que le périmètre n'était pas clair et que l'organisation en face n'avait pas, sur le moment, la capacité d'absorber le truc, et parce que parfois le budget n'est pas aligné avec les ambitions. Et voilà, donc pour conclure, je dirais que, en fait, trop de no-go tue la motivation et l'élan commercial dans une organisation, et pas assez de no-go tue l'énergie et la pertinence des réponses. C'est vraiment un équilibre à trouver en fonction de la stratégie que l'entreprise décide d'adopter. Le go-no-go, c'est une posture que le Bid Manager doit absolument maîtriser à 100%, puisque c'est tout en haut de la chaîne de décision d'aller sur une avant-vente qui va potentiellement durer des mois. Donc oui, ça fait partie intégrante du job.
- Speaker #0
Et puis, tu disais un no-go qui peut intervenir au début d'une affaire pour savoir si on la prend ou pas, mais qui peut également intervenir en cours d'affaires avec des faits nouveaux, avec un compétiteur qu'on n'avait pas identifié et qui peut potentiellement gagner. C'est une gestion des risques, mais effectivement, le no-go… peut voir ça aussi comme un investissement sur une autre affaire après, dégager du temps aux personnes pour gagner et pour avoir le plus de chances de gagner sur une autre opportunité.
- Speaker #1
Tout à fait. Surtout que moi, depuis un peu plus d'un an, je travaille plutôt avec des structures de taille moyenne, voire TPE, PME. qui n'ont pas une équipe pre-sales de 15 personnes, une armée mexicaine pour répondre à des appels d'offres. Donc là, la qualification des sujets et les go-no-go, ça a d'autant plus d'importance qu'on n'a pas 15 bras pour produire des réponses. Donc le choix des opportunités sur lesquelles on se positionne et sur lesquelles on a... Et c'est pas... Tu sais, ce n'est pas forcément les opportunités sur lesquelles on a le plus de chances de gagner. C'est aussi parfois les opportunités qui correspondent le plus à la trajectoire commerciale de l'entreprise, à sa trajectoire d'évolution, à quel type de projet elle veut aller chercher, à quel type de référence elle veut prétendre. Donc oui, ce n'est pas forcément qu'une question de est-ce qu'on peut gagner ? Est-ce qu'on se donne les moyens de gagner ce type d'appel d'offres parce que ça correspond exactement à là où on veut être dans deux ans, trois ans ? Donc oui, pour les plus petites structures, ça a d'autant plus d'importance. Très bien.
- Speaker #0
Donc, quel conseil tu donnerais à une entreprise, en l'occurrence une ESN, qui veut structurer son pôle de bid management ?
- Speaker #1
Ok, alors je pense que le point de départ, c'est de connaître ses douleurs. Où est-ce que ça coince aujourd'hui dans le process actuel ? Qu'est-ce qu'on fait de bien ? Qu'est-ce qu'on fait d'un peu moins bien ? Qu'est-ce qu'on peut améliorer ? Quels sont les axes de progression sur le process existant de réponse à Pelle d'Oeuf ? Parce qu'il y en a toujours un, au moins, même s'il n'est pas forcément très bien défini. Je pense que c'est important de savoir où on a mal, parce que l'idée, ce n'est pas de tout refaire à chaque fois du sol au plafond et de casser toute l'organisation. C'est une entreprise qui veut structurer son bide, elle doit d'abord s'appuyer sur son fonctionnement actuel. Ensuite, le deuxième conseil, on en parlait aussi tout à l'heure, c'est de définir ses objectifs, où est-ce qu'on veut aller, sur quel type d'appel d'offres on veut se positionner, quel est le chiffre d'affaires qu'on veut en dégager dans deux ans. Et donc aussi, je veux dégager un budget. pour l'avant-vente parce que ça mobilise du temps, ça mobilise des ressources, ça mobilise des outils, peut-être des achats de licences, d'outils de bide ou d'outils d'IA par exemple. Et ça, ça représente un budget qu'il faut prévoir. Il faut établir un raci, qui fait quoi, qui est responsable de quoi. Capitaliser les savoirs absolument. Et ça, c'est souvent un pain point dans les organisations, que ce soit des très grosses organisations ou des plus... petites structures. Le KM, c'est toujours un sujet. Il faut savoir développer un réseau de partenaires aussi sur lesquels s'appuyer, parce qu'aujourd'hui, c'est de plus en plus indispensable, surtout pour les moyennes petites structures, de répondre ensemble et de faire des groupements d'entreprises. Et je pense que le dernier conseil que je donnerais, c'est d'avoir une personne en charge de l'avant-vente. Pas forcément quelqu'un en full-time dont c'est la casquette principale, mais le jour où il y a un appel d'offres, on sait qui prend le sujet, on sait qui prend le projet. Ça, c'est hyper important. Et ça ne peut pas être tout le temps le directeur commercial ou le directeur des livries. Pour moi, il faut qu'il y ait vraiment une personne dont c'est le job lorsqu'il y a un appel d'offres. S'il y a plein d'appels d'offres, on pourrait avoir une personne full-time en charge de toute l'avant-vente. Mais je pense que c'est important de... d'avoir une personne en charge de ces sujets-là, un bid manager.
- Speaker #0
Merci Marie pour toutes ces explications sur le métier de bid manager. Si vous avez des remarques, des idées, n'hésitez pas à m'envoyer un message sur LinkedIn sur la page dédiée qui s'appelle En Avant Vente. Alors je taggerai également Marie dans mes messages, Donc, n'hésitez pas à lui envoyer directement des... vos questions et toutes les infos sur la première communauté avant-vente francophone sont disponibles sur le site enavantvente.fr. Je vous dis à très bientôt, portez-vous bien, allez en avant-vente. Merci Marie.
- Speaker #1
Merci à toi Pascal de m'avoir reçu dans ton podcast, c'était un vrai plaisir pour moi de participer à ça.