- Speaker #0
Bonjour et bienvenue en avant-vente ! Alors pour commencer je vous propose poser un petit jeu. Donc si vous écoutez ce podcast au bureau, vous allez lever les yeux de votre écran et vous allez regarder dans l'open space. Et ce que je vais vous demander de faire c'est de compter le nombre de vos collègues qui ont dépassé la cinquantaine. Alors, ça n'a pas dû être long, parce que j'imagine qu'il n'y en a pas beaucoup. Donc dans la tech française, les plus de 50 ans représentent que 2,4%. 2,4%, c'est quand même très faible. Et dans notre métier, on devient vieux très jeune, à 45 ans, on commence déjà à vous appeler des seniors. Imaginez quand vous avez 55-60 ans. Donc c'est le sujet du jour, les seniors, un atout pour la tech. Et j'ai le plaisir d'accueillir un invité avec qui j'avais commencé à discuter il y a déjà un an. Mon invité a un objectif simple, faire des 45-65 ans un atout plutôt qu'un problème, sans jamais opposer les générations. Donc un sujet pour vous tous si vous êtes concernés. Et puis peut-être que vous serez concernés un jour, donc soyez attentifs. Bonjour Mathilde.
- Speaker #1
Merci beaucoup Pascal, ravi d'être avec toi.
- Speaker #0
Je m'appelle Pascal Gouelot et je suis tombé dans la revente. Par hasard. hasard, il y a longtemps. Imaginez, j'ai commencé comme precepts consultant chez mon premier éditeur de logiciels au siècle dernier. Et dans ce podcast, je vous raconte mes aventures d'avant-vente. Je vous partage mes expériences, mes trucs et astuces. Et comme je suis toujours avide d'apprendre des autres, je vais aussi à la rencontre des hommes et des femmes, experts de l'écosystème avant-vente, qui nous partagent leurs bonnes pratiques. Toutes les infos sur la première communauté francophone avant-vente sont à retrouver sur le site web enavant-vente.fr tout attaché. Allez, Allez, c'est parti en avant-vente. Mathilde, comme je disais, je suis ravi de t'accueillir sur le podcast en avant-vente. Je suis d'autant plus intéressé par le sujet que je fais partie de la cible, 45-65 ans. Et puis comme je disais, dans la tech, on devient vieux, même très jeune. Mais d'abord, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Avec plaisir. Merci beaucoup, Pascal. Je m'appelle Mathilde, j'ai 40 ans. J'ai travaillé une vingtaine d'années dans la tech, qui est un secteur que j'adore, auquel je n'étais pas particulièrement prédessinée, mais que j'ai vraiment beaucoup apprécié. Et après un tour du monde d'un an, j'ai décidé de créer une entreprise qui s'appelle NOLDI, tout « no » en anglais. La connaissance, le savoir, avec l'idée simple que si je me couche un peu moins belle chaque soir, si j'ai la volonté chaque jour de me nourrir un peu plus, de grandir, de me développer. je suis censée développer ma valeur. Et évidemment, notre mission, c'est de permettre aux plus de 45 ans de pouvoir construire, choisir, développer la carrière qu'ils méritent, puisqu'on sait qu'en France, mais quand même en France, on a quand même un peu un sale biais vis-à-vis de l'âge et qu'en fait, la discrimination liée à l'âge reste une discrimination relativement permise. En fait, si vous tendez l'oreille, parfois même c'est une petite blagounette ou un auto-sabordage. mais en fait, ça permet de dire non mais attends, il est trop vieux, elle est dépassée et ainsi de suite. Et ça ne l'est plus permis sur les autres types de discrimination, ce qui est génial et absolument essentiel. Il n'y a aucune raison qu'on continue de discriminer les gens sur le sujet de l'âge, surtout dans un monde où les carrières s'annoncent un peu plus longues.
- Speaker #0
Oui, et d'ailleurs, c'est condamnable.
- Speaker #1
Évidemment, dans la loi, les recruteurs et tout le monde connaît les règles, tant et si bien qu'en général, quand les gens passent des entretiens, on ne leur dit jamais tu sais quoi, je ne t'ai pas recruté parce que tu avais 57 ou 61 ans. mais on ne sait pas si tu vas t'adapter à l'équipe, le manager est peut-être un peu jeune pour toi, on pense que tu es un peu dépassé sur l'IA, enfin voilà, on invente ou on ressent un certain nombre de choses, parce que finalement nous sommes tous des humains et donc nous avons tous nos biais, et attention, moi la première, j'essaye de balayer devant ma porte, ça n'est pas toujours facile, mais bien sûr, en revanche, dans les petites blagounettes de bureau, c'est un boomer et une telle-ci et un tel-ça, on voit que ça circule, et si vous tendez l'oreille, vous verrez que sans doute vous avez assisté à ces blagues. peut-être même vous les avez créés, vous avez fait rigoler tout le monde. C'est tout à fait possible et c'est sympa de faire rigoler les autres, mais parfois ça porte quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup de préjudice.
- Speaker #0
Tu nous parlais de Noldi, donc qu'est-ce que c'est ? C'est quoi le début de l'histoire ? Quelle est la mission ? Je veux tout savoir sur ce projet que tu as créé il y a à peu près un an et demi, je crois.
- Speaker #1
Oui, il y a un an et demi, presque deux ans. Écoute, je pense que toujours, j'ai été entourée dans ma vie personnelle, familiale, de gens qui se sont fait remercier autour de la cinquantaine. Certains ont super bien rebondi et créé leur activité et on peut dire que d'un événement malheureux naît une opportunité et c'est parfois vrai. D'autres, je peux le dire aussi, s'en sont pas totalement remis et 15 ou 20 ans plus tard, je peux encore constater dans leurs rapports, ne serait-ce que familiaux ou amicaux, ce que ça a généré de très négatif. Donc j'ai quand même grandi avec ça. Quand j'ai été directrice dans une grande maison de la tech internationale, mais moi j'étais basée en France, j'ai eu la responsabilité de contributeurs beaucoup plus expérimentés que moi. Certains avaient le double de mon âge. Et du coup, au début, je me suis dit mais que vais-je décemment pouvoir leur apporter ? Il y a quand même un espèce de complexe de l'imposteur totalement dingue dans ces moments-là. Si on veut être honnête, on travaille, sans doute que tes auditeurs, Pascal, sont des gens qui travaillent dans des entreprises qui se doivent d'être performantes, dans lesquelles on est engagé. Donc, on ne lève pas toujours la main quand on a une difficulté. On est censé savoir faire, on prend sur le dos et puis on essaye de faire. Donc moi, honnêtement, comme tout le monde, je n'avais pas levé la main. La facilité aurait été de se dire, bon écoute, ces trois, quatre là, t'es gentil, on va voir où ils en sont. J'avais quand même regardé que ça faisait un certain nombre d'années qu'il y avait moins de rewards, il n'y avait pas tellement de récompenses, ils n'avaient pas eu tellement d'augmentation. Donc quand tu es un manager et que tu fouilles un peu dans le passé de ton équipe, tu sens quand même un peu les projections que l'organisation pose sur les uns et sur les autres. Mais la réalité a été un peu tout autre parce que j'ai quand même eu envie de bosser avec eux. je pense un peu chargé de mon passé familial et que je me suis rendu compte. Alors certes qu'il n'était pas toujours facile à manager, mais aussi qu'il m'avait énormément appris parce que pour le coup, je pense qu'ils avaient un espèce de ton hyper direct et hyper honnête vis-à-vis de moi. Et du coup, ils étaient aussi vachement capables de me dire « Là, Mathilde, tu as été top. » Ou à l'inverse, « Mathilde, tu t'es carrément pris les pieds dans le tapis. On n'a pas compris ton message. Il y a ça qui circule. L'équipe est désengagée. » Enfin, un certain nombre de réalités qui sont quand même hyper importantes quand tu es manager. mais que finalement, personne d'autre ne me disait. Et donc, ils m'ont beaucoup aidée à naviguer, à grandir, à me développer, à arriver à accéder à d'autres jobs en interne. Et j'ai eu à cœur d'arriver à obtenir des choses pour eux. La réalité est tout de même que c'était plus dur de les obtenir pour eux que pour les plus jeunes. Et donc, voilà, ça a semé des graines. Après, je suis partie voyager pendant un an. Quand je suis rentrée, j'ai pris des news de... plein de gens que j'appréciais, que ce soit des anciens collègues, des anciens clients, des partenaires. Et je suis tombée sur beaucoup de gens dans la cinquantaine qui se retrouvaient un peu en difficulté. Soit qui avaient quitté l'entreprise pour un milliard de raisons, soit qui se sentaient un peu placardisés dans leur boîte sans trop poser le dire. Et moi, c'est des gens avec lesquels j'avais bossé pendant des années, pour lesquels j'avais une haute estime. Et je me disais mais attends, si ces gens-là se retrouvent en galère, mais on est en fait en plein délire. Et donc, il y a quelque chose qui ne va pas. Et puis, on sait qu'en France, on a une santé économique qui est un peu fragile, avec une dette qui est importante, qu'on va devoir vouloir travailler plus longtemps. Et donc, tout ça est formidable. Mais il faut juste permettre aux gens de pouvoir continuer d'occuper de leur poste tout en ayant de la visibilité et de l'engagement, ou de retrouver des jobs parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de talents qui sont sur le carreau. Et c'est super dur et super douloureux.
- Speaker #0
Là, c'est la prise de conscience. Et ensuite, comment tu traduis ça dans un projet ?
- Speaker #1
Écoute, c'était un peu une folie parce qu'au début, quand je me suis lancée, pour être très honnête, je ne savais pas exactement comment j'allais monétiser ce sujet. Je savais ce que je voulais faire, comment est-ce que je voulais œuvrer. Donc en fait, j'ai lancé comme toi mon podcast parce que j'adore rencontrer les gens, parce que j'étais très curieuse et que j'avais envie de poser plein de questions. Et ça m'a permis aussi de faire un état des lieux, une sorte d'étude de marché grandeur nature et de me rendre compte de ce qui existait, ce qui n'existait pas. que vivaient les uns, que vivaient les autres, qu'avaient les dirigeants en tête, pourquoi les entreprises ne se posaient pas ce type de questions. Et du coup, de créer un certain nombre de programmes qui existent depuis maintenant un an. Donc, on a des programmes de développement en entreprise qui ne sont destinés qu'à des gens qui ont plus de 20 ans d'expérience pour être finalement un peu l'autre revers de programmes jeunes talents. Tous les grands groupes, toutes les grosses boîtes ont des programmes jeunes talents. J'ai plein de DRH, de grosses entreprises françaises qui me disent, mais Mathilde… votre programme arrive à point nommé parce qu'en fait, nous, on a 7 personnes ou 7 femmes de 52, 53, 58 ans et on ne peut plus les mettre dans des programmes parce qu'on n'a pas ce qui existe pour le faire. Donc voilà, on continue d'investir sur eux. C'est tellement évident, mais évidemment, on continue à le faire. On a des programmes de repositionnement pour celles et ceux qui sont à un moment charnière, soit qui sont dans un placard, soit qui sont sortis et qui ont besoin de retrouver la suite. Et puis, on fait des conférences. On a une conférence avec un des acteurs du Jamel Comedy Club où on se marre. de ces biais et de cette discrimination et de ce qui se joue dans le monde du travail. Et on essaye chacun de prendre une forme de responsabilité et d'avoir envie de travailler aussi entre générations parce que c'est important et ce n'est pas toujours facile.
- Speaker #0
Donc, ça s'adresse aux entreprises pour faire de l'éducation, des programmes, mais ça s'adresse aussi aux salariés, aux chercheurs d'emploi.
- Speaker #1
Oui, on a donc la majorité, évidemment, du business vient du B2B, donc du business qu'on fait avec les entreprises, donc des programmes de développement qu'on vend aux entreprises et qui sont plutôt des grosses entreprises françaises. Donc, on est hyper fier de travailler avec eux. On sait que le niveau d'attente est super élevé. Mais c'est ce qu'on sait faire. Donc là, il y a un côté en fait un peu MBA. Je retravaille sur moi, ma valeur, mon expertise, ma trajectoire, de quoi j'ai envie. J'ai aussi un peu de prise de vue sur l'IA, la géopolitique, la tech. Dans quel monde finalement est-ce que je rendis ? Et puis, comment est-ce que je rayonne pour que moi, Pascal, pour que moi, Myriam, en fait, je sois toujours désirée, bankable, attendue dans les années à venir. Ça, c'est vraiment le sujet. Et en fait, on n'a pas envie d'exclure ceux qui sont en difficulté, parce que la réalité quand même, Pascal, c'est que des gens en difficulté dans cette tranche d'âge. Il y en a quand même pas mal. Et du coup, on a aussi des programmes talent en direct. Alors certes, qui sont moins rémunérateurs, mais ça n'empêche qu'elle est là, notre mission. C'est de permettre à celles et ceux qui ont de l'expérience, mais une projection hyper importante, de pouvoir remonter à cheval et de trouver la prochaine mission, le prochain job, ou en tout cas, la prochaine situation professionnelle souhaitée pour continuer de s'éclater et pour continuer de contribuer.
- Speaker #0
Et ça se concrétise comment pour ceux qui ont plus de... il y a 50, 55 ans ou 60 ans, ils s'adressent directement à vous et vous avez du coaching sur des sujets, vous nous aidez à trouver un emploi. Et peut-être même, je dis des chercheurs d'emploi, mais peut-être qu'il faut anticiper avant de perdre son emploi.
- Speaker #1
Bien sûr. Alors là, il y a plusieurs choses. Donc effectivement, nous, ce qu'on fait et ce qu'on sait bien faire, en tout cas ce sur quoi on a vraiment beaucoup de retours positifs et de satisfaction, c'est que tous les mois... on emmène dans la drôme six dirigeants ou talents qui sont à un moment charnière de leur vie professionnelle. Donc certains sont dehors, certains sont dedans, mais se disent ça ne sent pas bon, ou alors je n'ai plus très envie de la même chose et je sens bien que je n'ai pas les clés et donc j'ai envie d'investir un peu sur moi. Et donc on les embarque pendant trois jours et on travaille sur la clarté du projet, parce que c'est super dur d'être clair sur son projet, sur la confiance, parce que parfois elle s'est un peu étiolée dans ces moments-là, et puis sur le rayonnement. parce que la réalité, c'est que plus on se développe, plus on grandit, plus on est expérimenté, moins on a de chances de trouver un job en cliquant sur une offre d'emploi ou en faisant des candidatures spontanées. On va le trouver parce qu'on a des recommandations, on va le trouver parce qu'on a un bon réseau et parce que quelqu'un, trois mois après un déj, va se dire, mais attends, j'avais déjeuné avec ce mec ou avec cette nana, évidemment, c'est lui, évidemment, c'est elle. Et que finalement, tisser un réseau et le faire de la bonne manière, c'est un boulot à plein temps. et donc voilà on apprend ça pendant ces séminaires de trois jours après on fait du coaching individuel on organise aussi toutes les six semaines des soirées réseau à Paris auxquelles on peut s'inscrire en fait au coup par coup donc ça c'est hyper facile il y a beaucoup de gens qui viennent qui sont même des gens en poste mais qui se disent en fait tu sais quoi je ne sais pas de quoi demain sera fait je suis hyper contente de rencontrer d'autres professionnels je suis hyper contente de me nourrir d'autres problématiques parce que ça va continuer de me développer peu importe que j'ai envie de rester dans le même job, dans la même industrie, dans la même boîte ou de faire diamétralement autre chose, on a vraiment tous les profils.
- Speaker #0
Et ça, pardon, ça s'adresse à tous les secteurs d'activité, puisque tu parles de ton passé dans la tech, donc j'imagine que tu as aussi un réseau qui est dans la tech, assez séminaire tous les mois. Est-ce que ça mélange ? des profils ? Est-ce que c'est plutôt dans la tête ?
- Speaker #1
Évidemment, on ne se renie pas, Pascal, surtout quand on aime son réseau et son passé. Donc, bien sûr. Et ce qui est hyper intéressant, en fait, c'est la richesse des parcours. On peut avoir une femme qui se sent un peu au placard dans une grosse boîte française, un qui a eu une carrière pour laquelle tout s'est bien passé. En fait, il y a quatre ans, il s'est fait sortir. Il a eu des missions, mais ça ne prend jamais. Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Comment est-ce qu'on se le dit honnêtement ? une qui a suivi son mari pendant 25 ans d'expat parce qu'il était consul, comment est-ce que j'ai un CV ou une histoire qui soit lisible et que je peux me faire recommander ? Il y a des gens qui veulent reprendre des entreprises ou qui se posent des questions. C'est vraiment une situation professionnelle qui est souhaitée. Et je dirais que la richesse fait qu'on n'appartient pas qu'à un seul secteur. Bien sûr, il y a une empreinte de la tech, mais il n'y a pas que ça.
- Speaker #0
Très bien. Alors, quels sont les conseils que tu peux donner pour ces SE qui sont dans cette... tranche d'âge ?
- Speaker #1
En fait, il y en a plein. Je pense que d'abord, dites-vous un peu à l'instar d'un joueur de foot. Un joueur de foot, il ne va pas confier sa carrière à son club, il va confier sa carrière à un agent. Donc, votre entreprise, elle compte sur vous à un instant T, sans doute qu'elle vous estime ou en tout cas, je vous le souhaite, qu'elle vous trouve très utile et qu'elle en est ravie. Mais la réalité des choses est que vous ne savez pas de quoi demain sera fait. une évolution, un plan, un changement de management, de direction ou que sais-je, on sait quand même qu'il se passe beaucoup de choses en ce moment. prenez-vous en main et n'attendez pas que Pierre, Paul, Jacques ou Jacqueline s'occupent de vous parce que peut-être qu'un jour, ils en ont envie et peut-être que demain, ils auront d'autres aspirations personnelles, professionnelles et qu'ils ne vous embarqueront pas avec eux. C'est leur choix, mais vous, votre responsabilité, c'est finalement de pouvoir compter sur vous. Donc ça, c'est la première chose, c'est que vous êtes vous-même honneur et responsable de votre trajectoire professionnelle et a priori, vous avez tout pour y arriver, donc il n'y a aucun problème, c'est juste une forme de sens de responsabilité. Deuxièmement, entretenez... développer votre réseau. Souvent, les gens me disent « Ah non, mais ouais, mais putain, mais j'aurais dû le faire avant, en fait. » Ben oui, alors évidemment. Et en même temps, les gens sont des bons soldats, ils bossent comme des dingues, ils se donnent. Donc, l'idée, ce n'est pas du tout de reprocher quoi que ce soit. L'idée, c'est peut-être de se dire que dans une bonne hygiène professionnelle, je devrais accepter trois rendez-vous réseau par semaine. Alors, les gens vont hurler en me disant « C'est beaucoup trop » , mais un rendez-vous réseau, ce n'est pas forcément un déjeuner de deux heures et demie. Un rendez-vous réseau... Ça peut être, je donne un coup de main dix minutes au téléphone, au fils de mon cousin, je dis n'importe quoi, qui cherche un stage à tel endroit. Ça peut être un journaliste ou des gens qui préparent une table ronde, qui ont envie de poser des questions ou de se faire une idée. Ça peut être effectivement quelqu'un qui cherche un boulot, mais ça peut être un ancien qui a mal rate de promo, un alumni. Il y a mille possibilités de tisser ça. Prenez du temps.
- Speaker #0
Je dirais aussi peut-être qu'il faut donner avant de recevoir, déjà. Et puis, je me permets d'intervenir. Et puis aussi, ne pas commencer quand on en a besoin.
- Speaker #1
Alors, beaucoup commencent quand ils en ont besoin. Donc, ce n'est pas là, ce n'est pas le drame, mais c'est tellement mieux. Et on se sent tellement mieux et plus en sécurité. Et cette sécurité, elle donne une posture, elle donne une confiance, elle rassure la personne qu'on a en face. Il y a beaucoup de choses. Donc, bien sûr, Pascal, il faut arriver à le faire avant. Enfin, c'est beaucoup mieux. ce n'est pas grave, mais c'est beaucoup mieux. Tellement de gens m'ont dit, moi, Mathilde, j'ai bossé 25 ans dans cette boîte, alors on ne cite pas de nom de marque, mais quand j'ai quitté cette boîte, que je me suis fait sortir après un retour d'expat, des parcours super classiques, je me suis rendu compte que j'avais 2000 relations sur LinkedIn et puis en fait, j'en avais 1998, qui étaient des collègues de ma boîte. C'est génial, les collègues de la boîte, bien sûr, évidemment, mais ce qui est aussi génial, c'est peut-être d'avoir à cœur de confronter son point de vue, de déjeuner, de prendre un café avec des gens qui ont peut-être le même métier mais dans une autre industrie, qui bossent peut-être dans la même industrie mais qui ont d'autres métiers, qui ont eu une expérience à l'étranger, qui sont speakers, qui sont influenceurs, qui sont... Enfin, bref, tout ça pour nous nourrir parce que d'une part, vous allez vous-même vous nourrir à l'instant T et du coup, probablement apporter encore un peu plus de valeur dans votre job actuel et donc vos boss, votre direction vont se dire « Ah putain, il est bien quand même, il est vachement bien, c'est hyper intéressant ce qu'il dit parce qu'il a une vue 360 sont... peut-être que les autres n'ont pas. Et puis, le jour où vous aurez envie d'autre chose ou le jour où on vous demandera d'avoir envie d'autre chose, vous ne vous sentirez pas tout nu.
- Speaker #0
Et sur cet aspect réseau, je suis entièrement en phase avec toi. Moi, à titre personnel, je trouve que c'est un effort à faire parce que finalement, je serais mieux à regarder une série Netflix chez moi le soir qu'aller... voilà, une rencontre professionnelle, voir des gens que je n'ai pas vus depuis longtemps. Donc, il y a un peu d'effort à faire, mais à chaque fois, j'en suis revenu avec des idées, avec des inspirations, ça n'a jamais été vain, en fait. Donc, il y a ce petit effort à faire, je suis d'accord, mais après coup, une fois passé cet effort, on en retire tellement de choses, en posant des questions, en discutant avec les gens, On est... toujours quelque chose à apprendre et pas forcément des gens de notre génération. Peut-être ma visibilité avec le podcast fait que j'ai des juniors sur LinkedIn qui m'envoient des messages comment trouver un job, comment trouver un stage. Est-ce que vous avez un quart d'heure à me consacrer ? Je prends les gens et il y a toujours quelque chose à apprendre de tous ces gens-là. Il ne faut pas le faire par intérêt. Voilà, il faut le faire parce que aussi, ça enrichit. Et puis, c'est ce qui fait le développement du réseau. Donc, le réseau en premier, oui.
- Speaker #1
Moi, je me souviens d'une patronne que j'avais eue à un moment, alors qu'elle n'était pas restée très longtemps, mais qui était quand même hyper intéressante et qui, elle, m'avait vachement challengée sur mon plan de développement. Et elle m'avait dit, mais attends, tu ne me parles que de gens en interne. Et elle, elle m'avait mis en relation avec une nana qu'elle connaissait très bien, qui était CEO, pareil, d'une entreprise française. Je me suis dit, mais attends, pourquoi fait-elle ça ? J'avais été prendre un petit déjeuner avec cette femme en me disant, mais qu'est-ce qu'on va bien avoir à se raconter ? Ça me paraissait totalement improbable. C'était passionnant. Et cette femme-là, on s'est réécrit une dizaine de fois, on s'est donné des news. C'était génial. Donc, j'encourage les uns et les autres à le faire pour eux. Peut-être les managers qui t'écoutent aussi à encourager leurs équipes à le faire parce qu'en fait, c'est hyper sain. Et puis, la réalité des choses, c'est que les collaborateurs, ils sont aussi performants parce qu'ils se sentent libres. si je suis pieds et poings liés parce que j'ai peur parce que je sens que je vais me prendre un point rouge sur le front parce que j'ai peur de me faire sortir globalement je ne vais pas déployer mes ailes je parle en mon nom si en revanche j'ai la confiance de mon management je vais déployer mes ailes et si je sens que je me nourris et que je m'enrichis et que je peux apporter de la valeur je pense que je suis encore meilleur que meilleur et ça c'est super important donc peut-être pour les talents et peut-être pour les managers en direct donc prenez le temps de le faire ça ne paraît rien et puis après vous avez peut-être dernier petit tips en tout cas que je donne en conférence qui est Merci. Vous avez chacun, on dit souvent quand on est une startup, voilà, moi, je suis une startup, une entreprise qui se développe et j'ai autour de moi un board, un comité stratégique qui sont des gens que je vois tous les trimestres et qui me challengent sur mes finances, ma stratégie, ma communication et ainsi de suite pour m'aider à être meilleure parce que ce sont des gens de talent et qui sont des points de vue qui sont hyper divers. Vous avez chacun le droit en tant que personne de choisir cinq ou six personnes qui sont votre board personnel, de le leur demander en disant, ben voilà, moi... je suis dans un cheminement, je me pose des questions, j'ai ça comme horizon à deux ou trois ans, chacun dans son stade, et j'aimerais savoir si tu es OK tous les trimestres pour me donner 20 minutes, 30 minutes de ton temps, vous n'allez probablement pas les réunir tous ensemble, parce que j'ai envie de te tenir au courant, parce que j'ai envie que tu me challenges, parce que j'ai envie que tu m'ouvres des portes, et ça c'est d'une part super valorisant, on prend quelque part un peu un engagement auprès de la personne, on va se botter les fesses quand on aura un peu la flemme et qu'on préférera regarder sa série Netflix. Et puis finalement, on le fera et je pense que c'est très porteur pour arriver comme ça à cranter des prochaines étapes et avoir une carrière qui soit riche et longue.
- Speaker #0
Et je trouve ça super intéressant comme idée, puisqu'on dit souvent que c'est bien d'avoir un mentor, mais c'est une seule personne. C'est aussi, il faut le ou la trouver. Donc, ce n'est pas si évident. Tandis que là, je trouve que l'idée d'avoir, comme tu dis, plusieurs personnes à qui s'adresser et même. sur des thématiques différentes selon le profil, ça peut être très enrichissant, je trouve.
- Speaker #1
C'est en tout cas pour les quelques-uns, il y a peut-être plusieurs dizaines de personnes qui l'ont testé et qui essayent de s'appliquer l'hygiène de le faire, ils en sont hyper contents. Et d'une part, s'ils sont en poste encore plus bankable auprès de leur management, c'est quand même ça un peu l'ironie du truc. Et d'autre part, en se disant, mais en fait, il y a ça qui est possible, il y a ça qui est possible, j'ai ça comme point de vue. C'est assez puissant, en fait, pour continuer de développer une carrière. Alors là, j'allais dire, tu vois, on se parle évidemment, moi, mon kiff, c'est les plus de 45 ans. Mais en fait, c'est des conseils de carrière qu'on peut s'appliquer, j'allais dire, de A à Z sans aucune difficulté.
- Speaker #0
Et je rajouterai aussi dans les conseils, tu vas me dire ce que tu en penses. C'est améliorer votre visibilité. LinkedIn, c'est gratuit. Il suffit de poster un avis sur un sujet, évidemment votre sujet de prédilection. Si vous êtes timide, commencez par commenter des postes, rendez-vous visible par ce biais-là. Et c'est comme ça aussi qu'on reboucle la boucle, le réseau va arriver puisqu'il y a des personnes qui vont s'adresser à vous. en disant « Ah, mais tu as commenté tel truc, ça m'intéresse, est-ce qu'on peut se parler ? » Ou même la discussion peut continuer en messagerie privée pour avoir des avis. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #1
Non, mais tu as mille fois raison et tu en es un formidable exemple. Et je pense qu'il faut le faire. Alors au début, nous, dans nos coachings, dans nos accompagnements, je suis d'accord et c'est OK d'écrire « Bravo Pascal » .
- Speaker #0
Alors quand je disais un commentaire, c'était un peu plus que ça, c'était quand même développer un avis.
- Speaker #1
Mais il faut bien commencer ! Voilà,
- Speaker #0
au début les gens ont l'impression de s'arracher un sparadrap. C'est pas suffisant, mettre des likes, mais commencer à exprimer un avis, on est d'accord, on n'est pas d'accord, mais au moins qu'il y ait quelque chose.
- Speaker #1
Non mais c'est évident, et puis en fait quand Vous allez vouloir nourrir votre réseau. Vous allez probablement toquer à des portes de gens que vous ne connaissez pas encore. C'est un petit peu le concept, un réseau niveau 1, 2, 3, 4. En général, on s'arrête à 4, mais pourquoi pas 5 ? Les gens, ils vont aller regarder. Premier réflexe, prenons non sur LinkedIn. S'il n'y a pas de photo, pas de bannière, il y a 15 relations, il y a zéro poste. Moi, ça ne me donne pas envie. En revanche, s'il y a quelque chose d'un peu construit, je sens qu'il y a un peu de point de vue. il y a des choses à raconter, je me dis trop bien, je suis trop contente d'aller prendre un café ou d'avoir cette personne au téléphone. Et puis, je me sens en terrain un peu plus connu. Si j'ai quelques infos, LinkedIn, c'est votre vitrine. Vous avez la liberté de la remplir ou de la laisser un peu à nu. Mais si vous la remplissez et que vous avez des choses à dire, et puis vous avez certainement beaucoup de choses à dire. Sur votre métier, sans aller évidemment dévoiler quelques secrets de confidentialité, de négociation, d'avant-vente avec des grands clients, de reconquête, whatever. Vous avez certainement un point de vue sur des sujets de passion qui soient liés à la tech, qui soient liés à plein d'autres sujets. Et c'est un lieu pour les exposer et pour effectivement aller matcher avec d'autres personnes qui vont avoir les mêmes. Donc ça, je recommande fort, fort.
- Speaker #0
L'entretien touche à sa fin. Je voulais te laisser le mot de la fin. Donc si tu as... Un message à passer, je suis sûr que tu as des messages à passer, eh bien,
- Speaker #1
c'est à toi. Le message à passer, d'abord, c'est que votre carrière, elle est vraiment entre vos mains. On sait tous qu'on aura une carrière de plus en plus longue, probablement de moins en moins linéaire. On sait qu'on a des capacités cognitives et physiques qui, a priori, s'étendent et nous permettent de durer et d'être performants, et c'est tant mieux. Donc, prenez autant que possible votre carrière en main. Ne mettez pas la poussière sous le tapis. essayez de vous dire, soit vous êtes en poste, il y a trois touchpoints par semaine réseau, ou alors vous cherchez la suite. Là, pour le coup, il y en a cinq, six, sept. Et c'est hyper important de le faire. C'est hyper important d'entretenir son réseau, de tenir au courant évidemment les gens des rendez-vous et ainsi de suite, et de garder finalement cette envie d'être recommandé parce que c'est ce qui va vous porter. Pour les managers, on est toujours beaucoup plus confortable avec les gens qui nous ressemblent. Moi, la première. Et donc, si vous arrivez à faire cet effort d'être en lien et d'avoir des bons plans de développement pour les gens qui sont d'autres générations et d'autres âges, et je l'espère un peu plus expérimentés que vous, c'est super, super important. Et puis, votre visibilité, votre expertise, travaillez-la, soyez en mesure de la raconter. LinkedIn, c'est une superbe plateforme pour le faire. À l'oral, c'est super. Je vois souvent un biais et je me permets... Plus on a d'expérience, plus en général, quand on nous pose des questions, on a des réponses qui sont extrêmement longues. Or, les réponses qui sont extrêmement longues, ça barbe les gens. Moi, la première, pardon de le dire. Votre interlocuteur, votre interlocutrice a certainement un cerveau qui est blindé d'informations. Et au bout de 20 secondes, il va se dire « Putain, mais l'enfer ! » « Je ne sais même plus où il ou elle veut m'emmener, ça m'arrive tous les jours. » Et donc, faites ce cadeau à votre interlocuteur de lui faciliter la vie et de faire des réponses courtes. Et vous verrez qu'il aura vachement envie de vous poser d'autres questions. et donc vous pourrez creuser votre expertise et ils pourraient en savoir un peu plus sur vous.
- Speaker #0
Merci beaucoup Mathilde, j'étais ravie de cet entretien. Et merci de nous avoir présenté NOLDI, ce projet qui porte une très belle mission, celle de changer l'image des seniors, améliorer leur employabilité. Donc si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager. Si vous avez des remarques, des questions, vous me retrouvez sur LinkedIn, j'ai une page qui s'appelle En avant-vente. Je taggerai également Mathilde dans mes publications. Donc, n'hésitez pas à lui écrire directement si vous avez des questions. Et toutes les infos sur la première communauté en avant-vente francophone sont disponibles sur enavantvente.fr, tout attaché. Donc, je vous dis à très bientôt. Portez-vous bien. Allez, en avant-vente. Merci Mathilde.
- Speaker #1
Merci mille fois Pascal. Musique