Speaker #0L'antivirus est partout, il inonde l'actualité, il crée beaucoup de peur. Je pense que la peur est légitime, on a connu le Covid, on a été exposé à d'autres suspicions de pandémie comme Monkeypox. Mais aujourd'hui c'est un virus un peu spécial, en tant qu'ardiologue aujourd'hui, évidemment je ne prétends pas vous apporter des réponses sur ce qu'on ne connaît pas. Par contre, je pense que c'est important. de comprendre comment ce virus, en réalité, attaque le cœur et les poumons, puisque c'est une forme particulière de l'antivirus. On va le voir à travers l'épisode. À la question, est-ce qu'il faut donc avoir peur ? C'est compliqué de dire ça, parce qu'il y a un virus qui, aujourd'hui, a une capacité de transmission plutôt contrôlable. Par contre, la mortalité est importante. À travers l'épisode, je vais vous détailler, on va reprendre un peu comment le virus se transmet à l'homme et comment il vient perturber notre organisme, comment il vient dégrader les réponses immunitaires et comment le cœur peut dysfonctionner. Alors, pour reprendre un peu l'historique, vous le savez, on a été confronté à un épisode très médiatisé. qui est particulier parce qu'il regroupe toutes les situations, on va dire les pires scénarios pour qu'un virus se propage. Ambiance confinée, on a des passagers d'âges différents avec des comorbidités, c'est-à-dire des maladies différentes, et donc des personnes potentiellement à risque. Mais ce qu'on sait, c'est qu'à travers l'histoire, ces épisodes-là, justement, infectieux de l'antivirus, ils sont arrivés plusieurs fois. Donc, on s'inspire de ça pour comprendre comment on va pouvoir répondre. Ce n'est pas comme le coronavirus où on n'a pas été confronté à ça avant. Il y a eu le MERS évidemment, mais la pandémie est apparue très vite parce qu'on ne savait pas comment réagir face à ce virus. L'antivirus est un peu différent. Alors sur un bateau, vous avez ces passagers, un premier qui contracte une infection respiratoire qui ressemble à une grippe, on va dire, et par la suite, son état se dégrade. Sa femme est contaminée également, décède et une troisième personne. L'antivirus, c'est un virus qu'on rencontre beaucoup en Argentine. Alors, pour comprendre un peu, il est endémique, c'est-à-dire qu'il est présent à l'état naturel et il est responsable de petites épidémies. Dans l'histoire, il y en a deux qui ont été très étudiées, une en 1996 en Argentine et une autre en 2018. Alors, ce bateau, il part... justement d'Ushuaïa, en sud de Patagonie, où on sait qu'il y a des rats qui sont vecteurs, qui sont les réservoirs de ce qu'on appelle une zoonose, c'est-à-dire une infection qui peut être transmise à l'homme. Ce bateau, les transportants, avaient pour objectif d'aller au Cap Vert et dans la situation sanitaire où les choses se sont produites, la première personne étant malade, il y a eu des signes d'alerte au point que le trajet a évidemment été interrompu. Donc, comme toute épidémie, et je ne suis pas épidémiologiste, mais il y a aussi du bon sens, c'est-à-dire qu'il faut comprendre qu'une personne, et c'est des termes qu'on retrouve à travers l'époque Covid, c'est les clusters, les cas contacts. Une personne qui a été en contact avec une autre, on va dire qu'elle est responsable d'une infection, évidemment, le but, ça va être de casser la chaîne de transmission. Pour reprendre maintenant ce virus, Il est transmis, on disait une zoonose, il n'est transmis pas un rongeur, un rongeur un peu particulier, mais les espèces, ça ne nous importe pas. Il se transmet à l'homme et il faut savoir qu'il y a plusieurs formes d'antivirus. Quand on est testé positif à l'antivirus, pour cette forme-là, qui est la forme des Andes, on peut se poser beaucoup de questions et on n'a jamais été confronté à ça sur le continent européen. Il faut essayer de comprendre l'ennemi. Quand vous voyez ce petit animal qui paraît plutôt mignon au premier abord, il est contaminé par un virus et ce virus-là a des caractéristiques particulières, on va le détailler ensuite. Il va être l'hôte et excréter dans les selles, les urines et la salive tous ces virus. Ils vont être mis sur le sol, ils vont être mis au niveau de poussière et ils vont pouvoir surtout être inhalés. Donc il y a une transmission aéroportée, une aérosolisation justement de ça, de ces particules contaminées que l'homme va souvent inhaler, mais il y a d'autres modes de transmission. Détaillons un petit peu plus maintenant ce qui se passe au niveau des modes de contamination. On voit que lorsque le rat va uriner ou faire ses selles sur le sol, il va pouvoir donc, par une aérosolisation, contaminer l'homme. On peut l'avoir aussi par contact. Et tout ça, c'est important de le comprendre parce que dans une période où il faut casser la chaîne de transmission, toutes les situations qui sont contaminantes doivent être évitées. Donc, on voit ici qu'il y a... les contacts avec matériaux souillés, évidemment si le rat va mordre l'homme ou s'il a une plaie et que la personne va se mettre en contact avec justement ces matériaux contaminés, et puis éventuellement la nourriture ou de l'eau contaminée. Alors quand on regarde, ce n'est pas la première fois qu'on est confronté à des virus. Ce qui nous intéresse beaucoup en épidémiologie, c'est de comprendre le R0. Le R0, c'est la capacité statistique à... ce qu'une personne contamine une autre. Si le R0 est de 2, c'est-à-dire que la personne infectée va contaminer deux autres. Il y a des virus dans l'histoire et des bactéries, donc on sait que le R0, c'est-à-dire le pouvoir de contagieux, est très important. Quand on regarde le Covid-19 ici, on voit qu'il est entre 3 et 20, ce qui est particulièrement élevé. C'est ce qui explique d'ailleurs qu'on a connu une pandémie, les choses sont allées très vite, puisqu'il y avait des patients asymptomatiques qui étaient contaminants. Aujourd'hui, c'est ce qu'on ne sait pas. Et donc le R0 pour l'antivirus, il est absolument pas clair. Il est à définir. On pense qu'il est plutôt faible puisqu'on s'appuie sur des données de l'histoire, à savoir en Argentine, des petites épidémies, mais qui étaient vite contrôlables. Aujourd'hui, c'est plus compliqué de se prononcer puisqu'il y a des cas extra-restriques du virus. Et c'est pour ça que je vous montrais tout à l'heure la forme du virus, qu'il va falloir mieux comprendre. Passons maintenant à ce qu'est l'antivirus. L'antivirus fait partie de la famille des fièvres hémorragiques. Le mot fait un peu peur, parce qu'il y a fièvre, on imagine ce que c'est, mais hémorragique, on est loin des patients qui vont avoir des hémorragies graves internes ou extériorisées. Mais par contre, il y a des cas comme Ebola qui ont vraiment marqué l'esprit. Quand on regarde ici sur les virus fièvres hémorragiques, il y a les arboviroses. Et ça va être le cas de la fièvre jaune qui a été très mortelle justement quand on regarde l'histoire au canal de Panama par exemple. La dengue qui est également transmise par le moustique et qui est un virus qui a un potentiel de dégradation en termes de fièvre humaine. Après ça, il y a d'autres virus comme Ebola qui est transmise par une chauve-souris. Et ce qui nous intéresse ici, c'est l'antivirus transmis par le rongeur avec deux formes qu'on va détailler. une forme essentiellement rénale et une forme cardiopulmonaire qui est ici. Maintenant la répartition de l'antivirus, elle est importante à comprendre. C'est pas la première fois qu'on est confronté à justement un virus sur le continent européen. L'antivirus, il y a différents noms, on le voit ici, on parle d'ancien monde et de nouveau monde. C'est un peu comme s'il y avait une barrière ici entre les deux avec des virus qui n'ont pas de nom. pas du tout les mêmes caractéristiques. Sur le plan de l'ancien monde, c'est-à-dire toute cette partie-là, c'était un virus avec un tropisme essentiellement rénal. Mais par contre, ici on voit le virus des Andes, ou Andes, ce virus-là, c'est le seul, aujourd'hui, qui a une capacité d'être transmis d'une zone ose, on tasse, à une transmission interhumaine. En Europe, on le rencontrait, mais c'était des petites épidémies, il y en a eu, vous le voyez, en France. En France, on a connu ça. Ça arrive encore et ils sont transmis justement par les rongeurs. Donc, on sait comment réagir, mais la mortalité était plus faible. Maintenant, comme je vous le disais, l'antivirus, ici, dans cette forme des andes, il est transmissible à l'homme et l'homme peut aussi contaminer d'autres personnes. Ça passe quand on est contaminé par un syndrome grippal. C'est absolument aspécifique, c'est-à-dire que... Les gens ont des prodromes, c'est une phase prodromique, c'est-à-dire non spécifique, vous avez de la fièvre, vous toussez, vous avez mal au ventre, vous pouvez avoir des nausées, des vomissements, des courbatures, ce qu'on appelle des myalgies. Mais ce qui est caractéristique de ce virus, c'est qu'il a une capacité à dégrader très fortement et très rapidement le système cardiopulmonaire. Alors, ce virus, il a, comme tout virus, une sorte de petite capsule. Vous voyez cette petite box, un peu comme une bille. Et à l'intérieur, il a du matériel génétique. Il a aussi des petites protéines comme ça à la surface, ce qui permet d'interagir avec les cellules. Pour faire simple, le virus, c'est comme une petite cellule, mais il n'y a pas de noyau. Il va se coller sur une autre cellule, il va la contaminer, et à partir de là, il va se répliquer. C'est-à-dire qu'il va soit détruire la cellule, soit déjouer les mécanismes de protection cellulaire pour justement lui permettre de se répliquer, et donc d'entraîner des copies de virus partout dans le corps. C'est important de comprendre que sur ces protéines qu'il contient, il y en a trois, principalement, enfin, plutôt de l'ARN, qui vont coder ensuite pour des protéines. Il y a des protéines qui sont donc de structure, et puis il y a des protéines de surface. Enfin, il y a des polymérases, bon ça je ne vais pas rentrer dans le détail parce que c'est un peu plus technique. Par contre, une fois que ce virus va se répliquer, pour cette forme de antivirus, et bien vous voyez que ici vous avez la forme cardio-respiratoire, donc ça va surtout être les poumons et le cœur qui sont touchés. Par contre, quand vous avez une forme rénale avec fièvre hémorragique, donc syndrome rénal, ça va plutôt être justement en Europe et en Asie. Ce qui doit alerter, c'est comme tout, quand on parle de cardio-respiratoire, c'est un peu les signes d'alerte. Comment on doit réagir quand on est... Le patient contact, ça va être de surveiller son état respiratoire. Et pour ça, vous avez ce qu'on appelle un saturomètre. C'est un petit capteur qu'on met sur le bout du doigt. Et ça permet de voir le taux d'oxygène. La norme, c'est 95. On sait que quand on passe en dessous de 92, là, le corps manque d'oxygène. Donc, ça veut dire qu'il y a un problème depuis la molécule d'oxygène, qui est l'extérieur, jusqu'à nos cellules. Ça peut être un problème respiratoire, mais ça peut être aussi un problème cardiaque. Ensuite, il y a la fréquence cardiaque. La fréquence cardiaque, on la voit ici. On parle de tachycardie quand le cœur dépasse les 100 battements par minute. Et ça aussi, c'est un marqueur de gravité, puisque dans les infections, on sait que le cœur s'accélère. Il peut y avoir aussi des arrhythmies. Donc, le détecter aussi est important. Si vous ne vous sentez pas bien, à savoir vous avez des difficultés respiratoires, vous avez... un cœur qui s'emballe, une pression artérielle qui varie, si vous savez la lire, c'est important aussi de savoir prendre sa tension, et bien à partir de là, vous allez consulter aux urgences. Mais comme toute épidémie, aujourd'hui, les choses ne sont pas claires parce qu'on ne parle pas de pandémie. Donc, les circuits de santé, à savoir comment réagir face à quelqu'un qui a de la fièvre, aujourd'hui, on sait que le coronavirus circule, on sait que la grippe circule. Et donc, c'est difficile de répondre à cette question parce que probablement dans les semaines à venir, si... la situation se dégrade, il faudra pouvoir donner aux patients, aux personnes dont on suspecte potentiellement qu'elles ont été infectées par un antivirus, de savoir s'il faut d'abord appeler le 15, voir s'il y a un système de régulation. Si vous allez à l'hôpital, on vous fera un électrocardiogramme. L'électrocardiogramme est là pour voir l'activité électrique du cœur et voir s'il n'y a pas une souffrance cardiaque, une arrhythmie, des problèmes de conduction, c'est-à-dire de passage de l'électricité dans le cœur, qui peuvent participer à un élément de gravité. On fait aussi une radio. La radio, elle est importante parce que, comme je disais, il y a le système cardiaque, mais il y a aussi le système respiratoire. Quand on regarde cette radio, elle est évidemment très pathologique. Ce qu'il faut pour comprendre cette radio, et je pense que c'est bien de pouvoir vous montrer comment on regarde, ce qui transmet mal les rayons X, comme l'eau ou les tissus, vont s'interposer et vont filtrer les rayons. Donc, on les voit moins bien. Et quand on voit bien un rayon, Il apparaît en noir, quand on le voit moins bien, il apparaît en blanc. Tout ça, c'est de l'os. Ici, vous avez la cage thoracique, vous avez ici les côtes, etc. Par contre, ce qui va nous intéresser ici, c'est de voir ce qu'on appelle la silhouette cardiaque. Elle est ici, dans le médiastin. Et cette silhouette cardiaque, c'est important quand on a une détresse respiratoire, parce que généralement, dans le syndrome cardiopulmonaire qui est lié à l'antivirus, le cœur est souvent de petite taille. touche des gens jeunes et a priori il n'y a pas de maladie cardiaque. Donc le cœur n'est pas dilaté. Par contre, on voit un oedème pulmonaire. L'oedème pulmonaire, il se caractérise ici par le fait qu'il y ait ce qu'on appelle des opacités. Vous voyez, plein de blancs comme ça, qui est très diffus, qui ont dit périllaire, mais dans les infections à antivirus, en fait c'est un oedème pulmonaire lésionnel. C'est important de le comprendre pour la suite. Et je vous le redétailerai. Quand on regarde le scanner, en fait on voit ici l'évolution d'une personne qui... va malheureusement avoir une infection respiratoire à antivirus. Vous voyez que la silhouette cardiaque est ici. avec des opacités, donc c'est très blanc sur le poumon. Et en réalité, sur le scanner, on voit ces opacités, pareil ici. Sur le scanner, on va voir des infiltrats, c'est-à-dire que ici, vous voyez la bronche, et puis les alvéoles, en fait, elles se remplissent, elles se remplissent d'eau, et donc l'air passe moins bien. On fait aussi des échographies du cœur. L'échographie, elle est très importante, en fait, en réanimation, ou même en soins intensifs de cardiologie. Chez un patient qui a une détresse respiratoire et qui éventuellement a des problèmes de mauvaise perfusion des organes, c'est-à-dire que l'oxygène ayant du mal à passer, le cœur peut se fatiguer. Et en échographie, on va ici vous montrer une échographie du cœur. Ici, vous avez donc l'oreillette gauche. Ici, vous avez l'oreillette droite. Ça, c'est le ventricule gauche et ça, c'est le ventricule droit. Ce qu'on note ici, c'est que normalement, vous avez un rond et ici, c'est aplati. Ça veut dire que les pressions dans le ventricule droit qui est ici, elles vont pousser le ventricule gauche, c'est ce qu'on voit ici sur la flèche, et ça veut dire que le ventricule droit gêne le débit côté gauche. Et côté gauche, en réalité, vous avez l'aorte et tous les organes qui sont perfusés. Donc la défaillance cardiaque qu'on retrouve quand on a une infection d'un virus, c'est beaucoup le ventricule droit à cause d'une hypertension pulmonaire. Le cœur va essayer de buter contre un poumon qui est déjà très congestif, qui est plein d'eau. Et le cœur, il a du mal côté droit, il n'est pas aussi musclé que le côté gauche, il a du mal à envoyer du sang. Ici, vous avez l'artère pulmonaire qui, pareil, va se dilater. Alors, le nez pulmonaire, c'est quoi ? Eh bien, c'est de l'eau qui va se mettre dans le poumon. Ici, vous avez des alvéoles, ici, c'est votre poumon. Et quand on fait une petite coupe qu'on va voir à l'intérieur du poumon, vous avez comme des petits sacs dans lesquels l'air circule. Vous avez des petits capillaires qui contiennent du sang et ça fait passer justement... Le sang désoxygéné, donc très riche en CO2, avec du sang oxygéné, donc riche en O2, en oxygène. Le problème, c'est que pour un poumon sain, vous avez de l'oxygène qui va arriver ici. L'oxygène arrive là. Et grâce à une machinerie très sophistiquée, vous allez avoir l'oxygène qui va passer dans le sang. Pareil, le CO2 va être éliminé et donc il va être excrété. transporté à l'extérieur dans les alvéoles et ensuite à l'extérieur. Donc c'est comme ça que l'oxygénation du sang se fait. Le problème, c'est que si vous avez des cellules qui sont très fines justement pour laisser passer l'oxygène et que vous avez de l'eau qui se met là-dedans, eh bien, c'est un équivalent d'une noyade. L'air n'arrive plus et l'oxygène ne passe plus. Ici, vous voyez donc qu'il y a de l'eau qui se met. En fait, il y a deux mécanismes qui existent dans l'œdème pulmonaire. Il y a l'œdème d'origine cardiaque et l'œdème d'origine lésionnelle. Ici, ce n'est pas le cœur au premier plan qui pose problème, c'est vraiment les alvéoles et notamment une barrière qu'on appelle l'endothélium qui tapisse la surface justement de ces petits vaisseaux. L'endothélium, c'est toutes ces petites cellules-là, toutes ces petites cellules que vous voyez, et elles sont unies entre elles. Elles sont unies justement pour éviter qu'il y ait du fluide, un fluide qui passe. Sauf que quand vous avez... Une perméabilité accrue qui est liée justement à une inflammation au niveau des cellules endothéliales. Le risque, c'est que vous ayez un œdème qu'on appelle lésionnel. Lésionnel parce qu'il y a des lésions. Ici, vous les voyez, les ponts entre les cellules, donc ici, sont altérés. Et donc, au lieu d'être étanche, vous avez une fuite. Cette fuite-là fait qu'il y a du liquide qui passe. Et c'est du liquide qui est très riche en cellules. On parle d'un liquide exudatif, qui est très riche en protéines et qui est très riche en cellules inflammatoires. Encore une fois, le problème de ça, c'est que l'oxygène ne passe plus, et donc la personne fait une détresse respiratoire. Je vous montrais tout à l'heure ce virus et ses caractéristiques. C'est important de comprendre que vous avez, je vous le disais, des protéines de surface qui permettent d'interagir avec les cellules. Vous avez du matériel génétique, et ce matériel génétique va être là pour justement perturber la machinerie cellulaire, d'utiliser la cellule pour faire des petites copies d'elle-même, et ensuite contaminer d'autres cellules. Ce que le virus fait, et cet article-là est pour le coup très intéressant, c'est de comprendre comment, et c'est fascinant, il arrive à déjouer la machinerie cellulaire. Comment il arrive à faire en sorte que notre système immunitaire, à savoir les globules blancs, ne vont pas détecter l'ennemi tout de suite, et à travers ces petites protéines que vous avez, vont entraîner une cascade inflammatoire, c'est-à-dire une sorte de bazooka global de tout le corps. et comment l'inflammation fait que le corps et le cœur bug. Alors, c'est un peu technique ici, mais je vais essayer de vous expliquer simplement. Ici, vous avez le virus, donc il est là. Ce virus va rentrer dans la cellule. Il va mettre son matériel génétique qui est ici et il va essayer de déjouer la machinerie cellulaire. C'est-à-dire qu'il va essayer d'être furtif pour qu'il ne soit pas repéré. C'est véritablement un système un peu d'espionnage. Il va rentrer dans la cellule et en temps normal, quand vous avez une cellule qui ne fait pas partie de notre corps, cette cellule ou ce virus va activer des protéines qui sont là pour tromper l'ennemi et qui va... déclencher l'inflammation et qui en gros déclencher l'alerte. C'est-à-dire que vous avez cette protéine MAVS, elle va entraîner une cascade, donc une réponse d'inflammation. Et la particularité, c'est que, in fine, vous allez avoir une production de protéines qu'on appelle les interférons. Les interférons, c'est un peu comme mettre un drapeau sur la cellule. En gros, la cellule est infectée, elle dit j'ai quelque chose en moi qui n'est pas normal, je suis attaqué, elle va mettre une sorte de petit drapeau à la surface pour dire globules blancs, aidez-moi, attaquez l'ennemi. Sauf que quand vous avez un virus antivirus, cet ennemi-là, en mettant son matériau génétique, va perturber cette machinerie qui fait qu'elle va mettre un petit drapeau à la surface. Pour faire simple, elle rentre dans la cellule, elle se réplique beaucoup, elle met un petit drapeau à la surface, mais très tardivement, parce qu'elle aura bloqué la capacité de produire ce fameux interféron. C'est important de comprendre ça parce que ça explique que la réponse inflammatoire est tardive et fortement explosive. Quand on regarde un peu plus en détail, pour la forme cardio-respiratoire qui nous concerne ici, vous avez une phase d'incubation et celle-ci on la connaît mal. Ensuite vous avez une phase de prodrome. A priori, c'est à partir de là que les patients seraient contaminants. Tant que les patients n'ont pas de symptômes, on parle de période asymptomatique, a priori, les gens ne sont pas contaminants, ils n'ont pas la capacité de transmettre le virus. Mais ça, aujourd'hui, ce que je vous dis le 14 mai, peut-être les choses évolueront. Et si ces choses évoluent, et que justement des patients peuvent être contagieux avant la phase de la période asymptomatique, les choses peuvent évoluer parce qu'il y a une capacité de transmission du virus qui est plus importante. Ici, vous avez l'ensemble des symptômes qui ne sont pas du tout spécifiques, à savoir de la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête, comme je vous le disais, des douleurs abdominales, une vision floue. Mais le corps va réagir. Il va produire ce qu'on appelle des anticorps, c'est ce que vous voyez ici, des IgM à la face très aiguë, et un peu plus tardivement, ce qu'on appelle des IgG. En parallèle de ça, vous allez avoir le virus qui, lui, va se développer. Et quand il se développe, justement, on voit que la charge virale, c'est-à-dire la virémie, si on dose ça dans le sang, augmente. Et à mesure que les anticorps apparaissent, eh bien, on va avoir ici une capacité à partir d'un certain taux d'anticorps de détruire le virus, et à ce moment-là, hop, la personne va guérir, parce qu'elle aurait éliminé le virus. Quand on regarde un peu sur les prises de sang, ce qu'on peut voir, une des caractéristiques probablement, et c'est la plus nette, c'est la baisse des plaquettes. Les plaquettes, c'est Merci. une petite cellule dans le sang qui fait que vous allez faire un caillot. Ça s'appelle l'hémostase. Et quand vous avez un saignement, vous avez les plaquettes qui se mettent ensemble avec des protéines, des protéines de l'hémostase, qui vont créer la coagulation. C'est comme ça que quand vous vous coupez, vous allez stopper l'hémorragie parce que les plaquettes entrent en jeu et ensuite les protéines. Et bien, il y a une baisse des plaquettes. Et cette baisse des plaquettes fait justement qu'il y a ces phénomènes d'hémorragie. En réalité, ce n'est pas une hémorragie massive comme je vous le disais. C'est plutôt des micro-hémorragies au niveau de l'endothélium et qui vont faire que la brèche ne va pas être colmatée au niveau des vaisseaux et donc vous allez avoir du plasma, c'est-à-dire ce qui est contenu dans le sang, qui va arriver dans l'alvéole pulmonaire. Maintenant, le virus se retrouve dans plusieurs fluides du corps humain. On le retrouve évidemment dans le sang, mais on le retrouve aussi dans la salive. Les glandes salivaires vont être... Contaminer entre guillemets, c'est un tropisme du virus. Et on sait qu'une personne qui justement a du virus au niveau de la salive va pouvoir justement transmettre à d'autres personnes. S'il y a par exemple du partage de nourriture, probablement sur des contacts rapprochés, au sein d'un même foyer, les rapports sexuels évidemment, des baisers profonds, etc. peuvent être des situations à risque. Fuite gingivale également, et puis les sécrétions nasopharyngées. Les urines, ça a été retrouvé parfois. les choses sont un peu moins claires. Tout ce qui va être en contact avec une personne infectée, à savoir la salive, les contacts prolongés et les espaces clos, c'est exactement ce qu'on a retrouvé sur le bateau. C'est pour ça qu'on est inquiet de la mortalité des patients. On est peut-être moins inquiet parce qu'aujourd'hui, il faut vraiment un contact prolongé. Les choses vont nous dire si on a toujours raison de le penser. Ce qui ressort de cette vie réunie, de cette charge virale, quand elle est dans le sang, c'est que plus vous avez de virus, à priori, plus vous avez une forme grave de la maladie. Si vous retrouvez du virus un peu partout, ça veut dire que probablement votre corps n'arrive pas à bien se défendre et que probablement vous aurez une inflammation, une infection plus bruyante, avec un risque que le cœur et le poumon dysfonctionnent. Le virus en DESS, il a une transmission, comme je disais, qui est limitée. C'est ce qui est plutôt rassurant, mais ça reste. un virus qui nécessite une proximité forte et probablement une fenêtre de transmission qui est assez étroite. Et c'est une bonne chose pour nous parce que ça veut dire que si on repère très vite les personnes qui sont infectées, eh bien on pourra faire en sorte de les isoler et donc de casser la chaîne de transmission. Maintenant, je vais vous détailler ce qui se passe au niveau du cœur et des vaisseaux. C'est vraiment intéressant parce que c'est probablement la partie qui me concerne la plus. Il faut savoir que, je vous disais, le virus va rentrer dans le corps, il va se mettre à attaquer les cellules endothéliales. En attaquant ces cellules endothéliales, comme je vous disais, il va entraîner une dysfonction des cellules ici. Et une particularité, c'est que le virus Andes, c'est un virus qui ne va pas détruire les cellules. Et c'est plutôt une bonne nouvelle, il va juste la sonner, il va la faire bugger, et quand il va... justement entraîner cette dysfonction cellulaire qui est transitoire, et bien malheureusement pour certaines situations ou certaines personnes, et bien vous allez avoir une cascade d'inflammation et l'œdème pulmonaire lésionnel dont on parlait. Ici, vous avez une cellule qui est attaquée, elle va dysfonctionner, mais si elle dysfonctionne, elle ne va pas mourir et ensuite elle va retrouver une capacité de fonction normale. C'est ce qui explique d'ailleurs que les patients qui sont infectés par l'antagirus récupèrent, quand ils passent la période inflammatoire, Quand on doit assister à un cœur artificiel ou à un poumon artificiel, souvent, ils vont vite récupérer, justement parce que ce n'est pas un virus qu'on dit lithique. Lithique parce qu'il est entré dans une liste cellulaire, c'est-à-dire une destruction cellulaire. Ici, ce n'est pas le cas. Quand le virus attaque, vous voyez ici, les cellules vont dysfonctionner et en temps normal, elles sont étanches, comme vous voyez ici. Il n'y a pas de pont, on va dire, entre les cellules. Alors que quand le virus attaque cette cellule, elle va dysfonctionner et elle va créer des brèches, vraiment comme un tuyau percé. La conséquence, c'est que vos alvéoles pulmonaires vont se remplir de veau, littéralement. Ici, vous avez un poumon sain, et ici, vous voyez qu'il y a de l'eau. Donc tout ça, c'est un poumon qui n'est pas fonctionnel. La capacité, justement, à ce que l'oxygène arrive, l'air arrive bien dans les alvéoles, mais il ne passe plus dans le sang. À la suite de ça, vous allez avoir un cœur qui va être en souffrance. puisque si vous manquez d'oxygène, le cœur va devoir travailler plus vite pour essayer d'en apporter. Le peu qu'il contient en tout cas dans le sang, il va essayer de travailler plus vite pour l'apporter aux cellules qui en ont besoin. Donc il va être tachycard. Le problème de ça, c'est que si vous avez une fuite de plasma, c'est-à-dire le sang qui est justement contenu ici et qui fuit, eh bien le vaisseau va se vider. Et quand il se vide, on appelle ça une vasoprégie, eh bien le cœur va lui devoir travailler encore plus puisque déjà, qui n'avait pas assez d'oxygène, là maintenant on le prive justement d'un apport en sang. Et comme toute pompe, le cœur a besoin d'avoir un certain remplissage pour assurer un bon délit. Donc l'œdème pulmonaire va avoir aussi pour conséquence que la pompe tournera plus vite mais aussi moins bien. Le problème de ça, c'est qu'une personne va vite se dégrader. Et donc elle va malheureusement dans la moitié des cas globalement finir... en réanimation, donc avec une structure médicale très lourde, avec un monitoring, c'est-à-dire une surveillance très étroite des paramètres vitaux, neurologiques, respiratoires, rénaux, prise de sang également, foie, rein, cœur, poum. Et on va essayer de suppléer, d'assister les monos ou les multidéfaillances d'organes. Je vous le montrais tout à l'heure, le poumon se remplit littéralement d'eau. Ici, vous voyez ce qu'on appelle les opacités alvéolo et interstitielles. Alvéolaire, c'est les petites billes, les petits sacs qui contiennent l'air normalement, et interstitielle, parce que c'est ce qui est entre eux. Donc, on dit l'interstitium, c'est ce qui est entre eux, justement, les capillaires, donc les vaisseaux, et puis les alvéoles. L'échographie, elle sera importante aussi, parce que le cœur, comme je vous le disais, il va travailler plus vite, et en plus, il a moins de sang. C'est un peu comme s'il était ratatiné. Donc le débit va chuter. Ça s'appelle un état de choc et il y a pour conséquence une hypoperfusion. Le ventricul droit, lui, qui est côté du poumon, il va essayer de travailler plus vite, plus fort, pour apporter lui aussi du sang au poumon. Mais le problème, c'est comme je vous le disais, il n'est pas musclé. Eh bien, il va se dilater. Et quand il se dilate, il écrase le cœur gauche qui lui était déjà en souffrance. Ça, c'est probablement le game changer. On sait qu'en France, on a un accès à la réanimation qui est beaucoup plus simple probablement qu'en Argentine, mais aussi beaucoup plus efficace, avec des chaînes de soins qui sont très performantes. Et c'est pour ça, justement, qu'en période Covid, même s'il y a une mortalité importante, les soignants ont été très mobilisés et les réanimations ont été vraiment très mises en avant parce que quand vous avez une défaillance du poumon, et bien vous pouvez mettre ce qu'on appelle une ECMO, c'est-à-dire une assistance respiratoire, mais qui cette fois ne se fait plus, l'oxygénation ne se fait plus par l'extérieur au niveau d'un masque ou d'un tuyau qui va au niveau des bronches. Là, ça va être une assistance circulatoire, mais qui ne va faire qu'oxygéner. C'est évidemment beaucoup moins lourd qu'une assistance où on va faire le cou, le poumon et le cœur. Donc les ECMO, c'est ces grosses machines qui vont suppléer les organes qui sont dysfonctionnels, à savoir. le poumon d'un côté quand il ne peut plus du tout oxygéner avec une détresse respiratoire, et le cœur par une pompe que vous voyez ici. Donc le sang, il est prélevé, je vais vous montrer là. Il est prélevé par une canule au niveau de la veine, il est extrait, il arrive dans la machine. Ça, c'est une pompe qui va permettre de faire circuler le sang. Il va être oxygéné, le sang part en oxygénateur, et il va être réinjecté soit au niveau d'une veine, souvent fémorale, si ce n'est qu'une défaillance respiratoire. Il va être ingité au niveau de l'artère, souvent l'iliac, s'il y a une défaillance circulatoire. C'est ce qui fait que la mortalité est aussi importante. C'est qu'on a du mal aujourd'hui à anticiper le comportement du corps humain quand on a justement un virus qui entraîne un syndrome de détresse respiratoire et de détresse circulatoire. On sait qu'on ne pourra pas mettre autant de machines ECMO parce que c'est une structure évidemment beaucoup plus lourde. Et on pourra probablement difficilement mettre des ECMO à tous les patients qui seraient infectés. C'est ce qui fait que les choses sont très prises au sérieux aujourd'hui sur le plan de santé publique. Un point important, c'est que quand on est confronté à cette épidémie, on la connaît, on sait comment dans l'histoire le corps a réagi face à ça, mais il y a quand même des zones grises. Il est probablement important de s'appuyer sur ce que les études scientifiques ont montré, et notamment une qu'on appelle « super spreader » dans une infection d'Argentine, celle de 2018. Un super spreader, c'est quoi ? Un super spreader, c'est une personne qui va contaminer probablement beaucoup de personnes d'un coup. Il suffit d'un cas pour entraîner une cascade de contamination, initialement primaire et ensuite secondaire, puisque ces mêmes cas vont contaminer d'autres personnes. Ce tableau, il est très instructif. Il nous montre plusieurs choses. Alors évidemment, petit disclaimer quand même, c'est que quand je vous parle ici de cette étude, elle n'est pas extrapolable à ce qu'aujourd'hui on rencontre, puisque ça concerne certains types de patients, on parle d'une petite cohorte, elle a été suivie, mais c'est une étude observationnelle, c'est-à-dire qu'on a regardé les gens, on a regardé ce qui s'est passé, on ne peut pas en tirer des conclusions sur la façon dont une population à plus grande échelle réagirait. Par contre, ce qu'on peut voir ici, c'est que dans cette situation, il y avait parmi 34 personnes infectées à partir d'un cas. S'agissait d'un anniversaire, il y avait une centaine de personnes. Eh bien, il y a eu donc un peu plus de femmes que d'hommes. C'était... Alors, c'est un anniversaire, donc est-ce qu'on peut dire justement, ça n'aura pas été le cas dans un Népal, par exemple, ou à l'école, mais dans cette situation-là, on voit que ça touchait aussi des gens de la vie active, des gens aussi plutôt jeunes. C'est ce qui fait aussi les inquiétudes de cette maladie-là, c'est qu'elle touche des gens aussi jeunes. Il y a eu 11 décès et la période d'incubation, on voit que majoritairement, elle est ici, entre... 2 et 3 semaines, voire un mois. Et la prudence fait qu'on va jusqu'à 42 jours pour être sûr que la période d'inculation n'a plus long. Là, on peut entre guillemets se rassurer si la personne ne développe pas de symptômes. Et bien, au bout de 42 jours, on peut dire, bon, globalement, ça va. Il n'y a pas de risque que cette personne qui éventuellement a été contacte transmette le virus à d'autres. C'est aujourd'hui ce qu'on sait. Mais il va falloir le démontrer encore une fois. Les expositions pour... Cette situation, ça a été une personne, le fameux cas initial, zoonotique, c'est-à-dire qu'il a été en contact avec un rangeur, il a été contaminé, et ensuite il a contaminé d'autres personnes. Cette contamination s'est faite essentiellement par des gouttelettes, donc probablement il toussait, il a éternué, il a partagé son verre, il a partagé sa salive, elle est en contact avec la bouche, ou peut-être les yeux, le nez, on ne sait pas trop exactement, mais il y a eu un contact par des micro-gouttelettes. Le contact rapproché, c'est ce qui ressort et c'est ce qui nous rassure aussi beaucoup. C'est que dans 76% des cas, il fallait vraiment un contact prolongé, mais aussi rapproché. Ce n'était probablement pas le cas du Covid. On sait qu'il a été manuporté, c'est-à-dire par les mains, mais aéroporté et probablement sur plusieurs mètres. Donc là, c'est probablement moins le cas. Ensuite, tous les tests qui ont été utilisés diagnostiquaient l'infection. C'est plutôt rassurant, c'est-à-dire qu'on n'a pas... A priori, c'est ces fameux faux positifs, faux négatifs et des valeurs prédictives justement des tests. En gros, quand on a utilisé les tests, on a retrouvé ce virus dans toutes les situations et c'est plutôt rassurant. Un point aussi important, je vous disais tout à l'heure, comme beaucoup des virus, c'est qu'il va perturber le système immunitaire. Assez souvent, on voit ce qu'on appelle une lymphopénie, c'est-à-dire une baisse des globules blancs. Ici aussi, on a ici une baisse des plaquettes et les... taux de LDH étaient élevés. Toutes les infections ne donnent pas un taux de LDH élevé. Le LDH, pour faire simple, c'est un marqueur dans le sang qui traduit une souffrance de la cellule. En gros, elle manque d'oxygène ou elle dysfonctionne et donc elle va se mettre à produire, on va dire, une enzyme qu'on appelle la LDH justement, l'actonésie de roginade, qui va apparaître dans le sang qu'on peut doser. Et quand on voit ça, on arrive à dire qu'il y a une souffrance cellulaire. Et dans 100% des cas, le LDH était élevé. Pareil sur les transaminases, c'est-à-dire les enzymes du foie. Donc assez souvent, ce virus va entraîner une baisse des plaquettes, une augmentation des LDH et une augmentation des transaminases, c'est-à-dire des enzymes du foie. Quand on regarde un peu plus ce que nos amis argentins ont dit à l'époque de cette infection, eh bien, ils disaient que c'était un anniversaire, qu'il y avait 100 personnes. que la personne allait rester à peu près 90 minutes, elle a réussi à contaminer des gens. Et cette personne-là, elle était manifestement très symptomatique. Quand on regarde, elle avait de la fièvre, et elle avait même fait des malaises. Donc évidemment, ça rappelle encore une fois que, si vous êtes malade, restez chez vous. On n'allait pas être en contact avec des gens. On l'a pressenti avec justement la période Covid, la période de la grippe aussi. Mais si vous avez des symptômes infectieux, Ne vous amusez pas à aller faire du sport dans une salle, aller au resto, aller au cinéma, je ne sais pas, des situations où justement vous êtes en communauté. Restez chez vous, prenez soin de vous, prenez du temps, mais ne vous exposez pas et n'exposez pas d'autres personnes. Ensuite, il y a la fameuse chaîne de transmission. C'est un peu comme ça que les épidémiologistes arrivent à dire qui est l'ennemi, qui le contamine, comment on peut retracer justement le parcours du virus entre humains. trouver les mesures les plus adéquates pour stopper justement cette fameuse chaîne de transmission. Ce qu'on sait justement de l'histoire, et c'est très rassurant quand même, c'est qu'entre 1996, ce que vous voyez ici, qui en fait là ici vous avez, je ne vous ai pas détaillé, mais en gros on a analysé le virus. On a ici ce fameux virus Andes qui justement a contaminé les Argentins, enfin les passants d'Argentine pardon, et on a regardé un petit peu plus en détail s'il y avait des similitudes, donc c'est l'infection... la zone des Puyennes en 2018, ces fameuses patients de l'étude, les fameux 34 patients, on a regardé la caractéristique du virus. Déjà, on peut dire que ce patient-là a contaminé réellement, puisqu'il avait exactement le même virus, chez les 34 autres. Par contre, quand on regarde l'infection, donc en 1996, qui a été la deuxième petite épidémie qui a été aussi médiatisée avec ce fameux virus en Dess, Eh bien, il partage des similitudes importantes. En gros, on peut dire que même si c'est un virus à ARN, et on sait que les virus à ARN ont une capacité de mutation, il a été plutôt stable en à peu près une vingtaine, vingt-trente ans, il n'a pas bougé génétiquement. C'est plutôt rassurant parce qu'aujourd'hui, on fait des extrapolations sur ce qu'on sait, et donc le virus étant plutôt stable, et bien on espère aujourd'hui qu'il n'aura pas lutté, on espère que les souches sont exactement identiques et à partir de là, si on adopte les mêmes comportements, on pourra stopper la chaîne de transmission. Ça c'est pour montrer comment le cas index, qu'on appelle le cas index, c'est-à-dire le premier cas, va avoir contaminé, lui il aura contaminé 5 personnes, ces 5 personnes auront ensuite contaminé d'autres, ici c'est ce que vous voyez, et à la fin on se retrouve avec une véritable petite épidémie, ça s'appelle un cluster et qu'il va falloir véritablement cassé. Cette partie-là, elle est intéressante parce qu'épidémiologiquement, on voit que le fameux R0, c'est-à-dire la contagiosité en quelque sorte du virus, quand vous avez cette fameuse épidémie, vous avez des gens qui se contaminent et vont contaminer d'autres. Et la réplication qui se fait en population de masse, quand on est avec un R0 proche du 1, on sait que globalement, le virus ne va pas trop contaminer d'autres personnes. Par contre, quand vous avez un R0 qui grimpe, eh bien là, on commence à s'inquiéter parce que là, comme vous voyez, les Argentins, entre mi-novembre et le mois de décembre, ils étaient, je pense, plutôt rassurés de voir que le R0 baissait. Par contre, là où ils ont dû certainement s'inquiéter, c'est de voir qu'il y avait cette augmentation des cas secondaires. Par contre, quand ils ont appliqué des mesures Pour casser la chaîne de transmission, à savoir un confinement, une surveillance stricte, casser la chaîne de transmission, les mesures ont été particulièrement efficaces. On a pu retrouver un R0 en dessous de 1 et ensuite, justement, l'infection s'est arrêtée. Ce qu'on ne sait pas encore, c'est cette diapo qui résume un peu la situation, c'est que le véritable R0, on ne le connaît pas encore très bien puisqu'il faut passer cette... période d'incubation des 42 jours et à partir de là, on pourra vraiment dire si ce virus, qui a priori n'aura peut-être pas muté, restera avec une contagiosité très locale, avec des mesures barrières qui vont justement éviter que les gens se contaminent et on va pouvoir casser très vite la chaîne de contamination. Ensuite, est-ce que c'est toujours via des aérosols et des contacts rapprochés ? Plutôt oui, mais on était dans une situation où les gens étaient sur un bateau. Donc il y avait une promiscuité évidente. Quand on dilue un peu ça en population normale, est-ce que ça sera la même chose ? Ensuite, il y a ces fameux super spreaders. Vous voyez qu'il y a une personne qui a contaminé cinq autres. Est-ce que ça va être le cas ? Est-ce que génétiquement, il y a des prédispositions qui font que le virus va se sentir particulièrement bien chez une personne au point qu'il va se répliquer beaucoup ? La personne va avoir beaucoup de virus en elle et donc va pouvoir contaminer d'autres personnes ? Ça, on ne le sait pas. Ensuite, une autre question. qui n'est pas encore résolue, c'est est-ce qu'on est contagieux avant les symptômes ? A priori aujourd'hui, non. Mais est-ce qu'il n'y a pas une fenêtre grise qui fait que des gens n'auraient pas de symptômes, pas de fièvre, pas de toux, pas de douleur, etc. Mais elle va pouvoir contaminer d'autres personnes. Ensuite, les mutations. Est-ce qu'on a toujours affaire au même ennemi ? Est-ce qu'il n'a pas trouvé des mécanismes de défense pour échapper au système immunitaire ? Ça, on ne le sait pas non plus. Et puis, les transmissions secondaires. On a eu un premier cas, puis un deuxième, puis un troisième. Maintenant, on est à ce qu'on appelle les cas contacts. Est-ce que ces cas contacts, ensuite, peuvent contaminer d'autres personnes ? Secondairement, on ne le sait pas. Donc, au final, les incertitudes, elles sont importantes. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que si on adopte justement des mesures barrières, aujourd'hui, c'est notre seul outil de défense. Ça marche. Ça marche parce qu'on n'a pas de vaccin, on n'a pas de médicaments qui existent. pour traiter cette infection. Il y a des candidats à vaccins qui sont en cours de développement. Il y a des vaccins, notamment un en Corée qui avait été développé, mais qui malheureusement ne fonctionne pas. Donc, la science, elle continue d'avancer. Mais même si la mortalité est importante, aux alentours de 20 à 50%, ce qu'il faut savoir, c'est qu'en France, on a quand même accès à une réanimation qui est de pointe, même si les capacités de réanimation sont... pas irresensible, le but, ça va être vraiment de faire en sorte que les gens ne se contaminent pas si secondairement il y a des cas. Ce qu'on peut dire, c'est que les politiques de santé en France, elles ont été très efficaces pour trouver le bon compromis entre ne pas trop en dire et ne pas en dire assez. C'est très compliqué parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de zones d'incertitude et donc on ne sait pas si finalement, on est à... C'est une situation qui est très facilement contrôlable, mais... Il y a une transparence quand même des autorités sur le fait que ce virus-là, il est présent, des mesures sont prises, peut-être confinement. Certains vont dire pourquoi on n'avait pas confiné les gens directement sur le bateau, mais vous avez compris qu'en quelques heures, la personne, son état de santé peut se dégrader très vite et mourir. Et donc ça pose des problèmes éthiques, des problèmes inhumains. Imaginez si vous vous trouvez sur le bateau et qu'on vous dit on vous enferme dessus et on verra bien. On ne sait pas. Donc les politiques de santé aujourd'hui, c'est très compliqué pour eux, mais on a appris de l'époque Covid. On sait ce qui fonctionne, on sait, vous redites qu'il y a des zones d'incertitude, on sait ce qui ne fonctionne pas, médicaments, il n'y a rien qui fonctionne, c'est un traitement qui est symptomatique, c'est-à-dire on traite la fièvre, on traite les défaillances d'orgasme, et ensuite la personne va récupérer, comme je vous disais, parce que les lesions ne sont pas illitiques, ce n'est pas comme Ebola, où globalement le taux de mortalité est important, justement c'est à cause de ça, avec des hémorragies parfois impressionnantes, mais là, ce n'est pas du tout le cas. Donc, à travers cet épisode, le but ce n'est pas... comme vous l'avez compris, d'apporter des réponses, mais plutôt des réflexions sur comment le cœur réagit, comment l'épidémiologie va permettre de comprendre le virus et comment finalement on va pouvoir déjouer toute cette chaîne de transmission pour casser ça le plus vite possible. En réalité, les épidémiologistes et les infectiologues sont assez formels maintenant, avec le réchauffement climatique, avec la mondialisation, nos habitudes de vie sont évidemment très différentes de ce qu'on avait à l'époque, et c'est très... à l'échelle locale, maintenant les gens voyagent, on est aussi très sociaux, et donc il faut toujours garder ça en tête, garder l'hygiène, garder certaines distances. C'est probablement triste parce qu'on a envie de contact humain, on est des êtres grégaires, on a envie de se rassembler, mais on vit des périodes malheureusement où ces incertitudes face au virus nous rappellent à quel point il faut rester humble par rapport à mère nature, on va dire. mais aussi à ce que la science sait et aussi ce que l'on ne sait pas. Voilà, si cet épisode vous a plu, je vous invite à vous abonner à l'émission Jucardula, comme je vous le disais. Je partage des sujets qui sont très transversaux sur la santé cardiovasculaire. Je reçois aussi des personnes pour partager leur expérience. J'essaie d'apporter une vision sur aussi des sujets d'actualité, comme vous l'avez vu, des médicaments aussi, comme vous voyez ici, des statins qui ont fait grand bruit et qui font encore grand bruit. parmi les gens parce que ces médicaments sont très prescrits. J'ai eu plaisir à vous partager ça. N'hésitez pas à me faire des retours, des commentaires pour que je puisse apporter des réflexions sur l'angle cardiovasculaire puisque c'est mon cœur de métier. Je ne suis pas infectiologue, je veux rester un par rapport à ça. Je voulais donner mon point de vue en tant que médecin, mais aussi en tant que citoyen parce que les informations que personnellement j'entends dans les médias, je les trouve plutôt de bonne qualité. je trouve que euh Apporter peut-être ma pierre à l'édifice pouvait aussi, sans mettre d'inquiétude par rapport à la vidéo, permettre aussi de mieux comprendre comment les réanimations s'adaptent, comment on réagit face justement à cette infection sous l'angle cardiopulmonaire, parce que c'est véritablement la problématique aujourd'hui, c'est le cœur et le poumon quand les gens dévoquent une forme grave. Voilà, je vous dis à bientôt et merci d'avoir été là.