Speaker #0Il marche à petits pas, chaque coup de cœur résonne dans sa poitrine comme un rappel. Guéri du Covid depuis des mois, il pensait la faire placer. Pourtant, son souffle court et ses vertiges le ramènent à une réalité frustrante. Quelque chose cloche, comme si son cœur n'avait pas tourné la page du virus. Et les examens médicaux, eux, restent obstinément normaux. Est-ce votre cas ou celui d'un proche ? Par exemple, vous levez tranquillement de votre chaise et soudain votre cœur s'emballe comme si vous aviez couru un sprint ou bien êtes-vous essoufflé après quelques marches sans explication évidente ? Dites-le moi dans les commentaires, je suis curieux de connaître vos expériences. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Je m'appelle Grégoire Cochois, je suis cardiologue. A travers cette chaîne, je vous partage mon univers professionnel afin de vous faire découvrir une étonnante machine, votre cœur. Mon objectif est de vous offrir des explications claires, des conseils pratiques, parfois des interviews soignants ou des témoignages poignants de patients, tout cela pour vous toucher en plein cœur. Petit disclaimer, les sujets que j'aborde ici s'appuient sur les données validées de la science avec des sources à l'appui que vous pouvez retrouver dans le lien de l'épisode, dans le but de vous aider à prendre soin de votre santé. Ces informations sont données à titre informatif et ne sauraient remplacer une consultation médicale. Donc, en cas de doute, parlez-en avec votre médecin. Et pour être tout à fait transparent, je précise n'avoir aucun conflit d'intérêt avec les propos tenus dans cet épisode. Mais avant de commencer, si vous aimez ce contenu et que vous ne voulez pas rater les prochains épisodes, je vous invite à vous abonner à l'émission. Cela fera aussi grandir la communauté. N'hésitez pas non plus à laisser un pouce bleu ou 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. C'est un petit geste pour vous, mais d'une grande aide pour moi. Et je vois d'ailleurs que vous êtes nombreux à écouter sans être abonné. Je vous laisse donc... Quelques secondes pour le faire tout de suite. Voilà qui est fait, je vous remercie infiniment et nous pouvons commencer. Place maintenant à la fameuse minute réponse à vos questions. Aujourd'hui, je réponds à la question de Francis Martin X2Z qui me demande « Moi, ça fait 20 ans que je prends l'hypthrusette, y a-t-il un risque si j'arrête ? » Cette réponse concerne la prise de médicaments pour faire baisser le LDL cholestérol. Je vous invite à réécouter cet épisode spécifique si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire. Le lien est par ici. Le liptruzette, c'est un médicament qui associe deux molécules pour faire baisser le LDL cholestérol. Il y a d'un côté la torvastatine et de l'autre côté les étimibes. Il faut savoir qu'il n'existe pas de phénomène de sevrage brutal à l'arrêt du liptruzette. Mais arrêter un traitement illipopémien n'est pas anodin, surtout après de nombreuses années. Et pour cela, je vais m'appuyer sur une étude populationnelle qui a été publiée dans le European Heart Journal, basée sur des données de l'assurance maladie en France, et qui analysait 120 173 personnes âgées de 75 ans en prévention primaire, et qui prenaient des statines depuis au moins deux ans. Eh bien, cette étude a montré que... l'arrêt des statines était associé à environ 33% de risque en plus de faire l'hospitalisation pour un événement cardiovasculaire, tout type confondu, par rapport à ceux qui ont continué leur traitement. Le risque de lésion coronarienne avec hospitalisation était encore plus élevé, avec une augmentation du risque de 46% chez ceux qui ont arrêté. Cette étude ne prouve pas que l'arrêt de ce type de traitement cause directement un infarctus, mais elle montre une association forte entre arrêt et augmentation des événements cardiovasculaires dans cette population. Alors, après 20 ans de traitement, la seule bonne question, c'est de réévaluer le risque cardiovasculaire avec son médecin et de décider ensemble s'il faut poursuivre, adapter ou modifier une stratégie, mais en tout cas... jamais d'arrêter seul un traitement. N'hésitez pas à me poser d'autres questions en commentaire ou sur les réseaux. J'en sélectionnerai une pour y répondre dans le prochain épisode. Place maintenant à l'épisode sur la saga Covid et cœur. Installez-vous confortablement car nous allons continuer d'explorer la phase chronique de l'infection, c'est-à-dire le fameux Covid long, et plus précisément ses effets possibles sur le système cardiovasculaire. Dans l'épisode précédent, on avait vu deux premières pistes pour expliquer pourquoi des semaines ou des mois après une infection au Covid, Certains patients souffraient encore de palpitations, d'essoufflements, de fatigue. On avait parlé d'irrèglement immunitaire et persistance du virus. Et si vous ne l'avez pas vu, je vous invite à le regarder pour bien comprendre le contexte. Et le lien de la vidéo se trouve par ici. Aujourd'hui, comme promis, on va passer aux trois autres mécanismes majeurs suspectés d'être à l'origine de ces symptômes qui s'éternisent. Il y aura des problèmes de circulation sanguine avec la formation de microcaillots, le dérèglement du pilote automatique, la dysautonomie, et enfin les éventuelles lésions d'organes durables laissées par le virus. L'objectif du jour, c'est donc de faire le point sur ce que la science sait en cette fin 2025 concernant ces trois pistes, et de comprendre comment chacune pourrait provoquer des symptômes cardiaques persistants après. une infection Covid. Pour chaque hypothèse, je vous expliquerai de façon simple ce qui se passe dans le corps et comment cela peut donner des palpitations, c'est-à-dire un cœur qui s'emballe, une fatigue à l'effort, des douleurs dans la poitrine, sans forcément que les examens classiques ne détectent quoi que ce soit d'anormal. Enfin, on prendra du recul, car ces mécanismes ne sont pas exclusifs les uns des autres, ils peuvent malheureusement se chevaucher et le Covid long au niveau cardiovasculaire, vous allez le voir, c'est un vrai puzzle multifactoriel. Allez, c'est parti ! Commençons par la troisième piste du Covid long. Les deux premières sont dans l'épisode précédent. Parlons donc des problèmes de circulation sanguine, microcaillots et coagulopathie. Vous vous souvenez, durant la phase aiguë du Covid, on a beaucoup parlé de troubles de la coagulation avec des caillots et des embolies. Le virus, en provoquant une inflammation intense, a tendance à épaissir le sang et à abîmer l'endothélium, ce qui favorise des thromboses. On avait aussi parlé de l'endothélium, vous savez, ce qui tapisse l'intérieur de nos vaisseaux. Eh bien, c'est comme le téflon au niveau des poils. Ça glisse et ça empêche le sang de coller. Eh bien, le Covid va attaquer ce téflon qui recouvre la paroi des vaisseaux et le transforme en velcro. Il semble que chez certains patients, cette tendance puisse perdurer après la guérison initiale. On a découvert chez des patients atteints de Covid long, la présence de micro-caillots circulant dans le sang, même des mois après l'infection. Ces micro-caillots, ou micro-trombies, sont comme des petites mines dans la circulation. Ils ne sont pas assez gros pour faire un infarctus massif ou une embolie pulmonaire franche, mais ils peuvent boucher la circulation de manière diffuse. Et c'est ici que la recherche de 2024-2025 apporte une explication aux symptômes invisibles aux examens standards. Les questions que l'on se pose, c'est pourquoi les patients sont-ils essoufflés alors que leur scanner pulmonaire est normal ? La réponse réside dans les... micro-caillots amyloïdes. Contrairement aux caillots classiques, à savoir dans une thrombose veineuse ou dans une embolie pulmonaire, qui sont faits de fibrines normales et dégradables par l'organisme, le Covid long induit la formation de caillots de fibrines amyloïdes. C'est un peu technique, mais comprenez que, sous l'influence de molécules inflammatoires et de la protéine Spike au niveau du virus, le fibrinogène va se replier d'une façon anormale en adoptant une structure dense en feuillet bêta qui est similaire aux plaques amyloïdes que l'on retrouve aussi dans la maladie d'Alzheimer, mais cette fois, ça se trouve dans le sang. Ces caillots, ils sont microscopiques et ils ont une particularité terrible. Ils sont indestructibles. La plasmine, les fameux ciseaux du corps, n'arrive pas à les couper. Et donc, le corps n'arrive pas à les dissoudre naturellement. Ces micro-caillots ? d'une taille de 1 à 200 microns, agissent comme du sable dans la machinerie. Ils sont trop petits pour boucher une grosse artère coronaire, mais suffisamment gros pour obstruer les capillaires, qui font globalement 7 microns de diamètre. Les organes, comme le cœur, le cerveau ou encore les muscles, sont alors mal irrigués au niveau microscopique, bien que le débit dans les grosses artères soit normal. Et on comprend... Alors que cela explique une discordance entre les plaintes des patients et la normalité des examens macroscopiques. De plus, ces caillots ne sont pas vides. Ils emprisonnent à l'intérieur des molécules inflammatoires et des anticorps. Ils deviennent encore une fois des capsules à retardement de l'inflammation circulant dans tout le corps. Imaginez des milliards de grains de sable dans un moteur. Ça ne bloque pas tout d'un coup, mais ça encrase. ça ralentit, ça hule prématurément les rouages. Et de la même manière, ces micro-caillots peuvent contribuer à une mauvaise oxygénation de certains tissus, d'où la fatigue persistante, l'essoufflement, les douleurs musculaires ou thoraciques que les patients vont ressentir simplement par manque d'apport sanguin optimal. Ils peuvent aussi déclencher une réaction inflammatoire chronique, le corps essaye de les éliminer, Cela recrute des globules blancs, cela libère des enzymes, bref, ça entretient l'inflammation, oui, un corréle. Des chercheurs ont même associé ces microtromboses à des structures que l'on appelle NET, qui sont des pièges extracellulaires neutrophiliques. Ce sont des sortes de toiles que tissent certains globules blancs en s'autodétruisant et qui peuvent piéger des microbes, mais aussi... favoriser la coagulation. Et chez les patients Covid long, on a vu plus de nets et plus de micro-caillots que la normale. Pour le cœur et les vaisseaux, quelles sont les conséquences, vous allez me demander ? Eh bien d'abord, cela pourrait expliquer une partie des douleurs thoraciques persistantes. Si la micro-circulation des artères du cœur est un peu obstruée par ces micro-thromboses, le muscle cardiaque souffre légèrement des conforces. Même, encore une fois, si les grosses artères coronaires sont normales. Ce serait une sorte d'angine de poitrine microscopique. Ensuite, ces perturbations de la coagulation peuvent augmenter le risque, certes faible mais réel, d'événements plus graves à long terme. On a vu que les patients atteints d'infections Covid augmentent le risque de faire une phlébite ou une embolie pulmonaire dans l'année qui suit, même après une forme légère, signe donc que la coagulation reste perturbée un bon moment. Enfin, un sang plus épais ou des vaisseaux plus rigides vont forcer le cœur à travailler davantage pour pomper le sang. Imaginez que votre réseau de tuyaux soit un peu encrassé. La pompe doit monter en pression. Résultat, cela peut contribuer à cette sensation de cœur qui s'emballe à l'effort ou même favoriser à long terme de l'hypertension artérielle. Et on a noté une augmentation du risque d'hypertension post-covid, je l'ai mentionné dans un précédent épisode que vous pouvez retrouver par ici, le lien est en haut de la vidéo. On sait aussi qu'un endothélium abîmé va perdre sa capacité à bien dilater les artères quand il faut, d'où possiblement des maux de tête, des sensations de vertige, etc. qui sont liées à une mauvaise adaptation de la circulation. Les chiffres confirme l'importance de cette piste. Selon des méta-analyses, le risque de phénomène thromboembolique, à savoir des caillots, est multiplié par 2 à 3 après une infection Covid sur plusieurs mois. Alors, en risque absolu, ça reste heureusement rare, mais l'augmentation, elle est là. Et on soupçonne que, même sans aller jusqu'aux gros caillots qui seraient visibles au scanner, et bien de petits caillots diffus, peuvent jouer un rôle dans les symptômes du Covid long. Une étude récente mentionne aussi le concept frappant de paralysie capillaire persistante jusqu'à 18 mois après l'infection. Je m'explique. Normalement, quand vous faites un effort, les capillaires se dilatent pour apporter plus de sang aux muscles. Chez le patient Covid long, cette dilatation ne se fait pas, il y a une dysfonction au niveau des voies qui intègrent le monoxyde d'azote, et la traduction clinique de tout ça, c'est que le patient monte un escalier et ses muscles vont réclamer de l'oxygène. Le cœur va s'accélérer pour compenser, ce que l'on appelle une tachycardie. Mais les vannes des petits vaisseaux restent fermées. Le sang va buter contre cette résistance. Le muscle souffre alors d'ischémie, c'est-à-dire un manque d'oxygène, ce qui produit de l'acide lactique très vite. Et c'est la physiopathologie du malaise post-effort que l'on rencontre assez souvent dans les infections Covid et de l'intolérance à l'exercice. En résumé, vos organes étouffent alors que vous respirez bien. C'est donc... Le vrai paradoxe du Covid long, il existe une réelle asphyxie cellulaire. Place à la quatrième piste, celle du dérèglement du pilote automatique que l'on appelle la dysautonomie. Ceux qui ont écouté l'épisode précédent se souviennent peut-être de cet air barbare. Je vous invite à réécouter l'épisode si cela vous intéresse. Encore une fois, le lien de la vidéo est par ici. La dysautonomie. C'est quand le système nerveux autonome, ce fameux pilote automatique interne qui gère de façon autonome la fréquence cardiaque, la tension, la respiration, la digestion, sans qu'on y pense, eh bien, il ne fonctionne plus correctement. Et le Covid, on l'a découvert, peut déclencher ce genre de problème chez certaines personnes, conduisant notamment au fameux syndrome de POTS, tachycardie orthostatique posturale. Vous vous levez et boum ! Le cœur s'emballe. Pourquoi ? Parce que vos vaisseaux au niveau des jambes ne se serrent pas pour faire remonter le sang, justement à cause de l'endothélium abîmé, et aussi parce que les nerfs ne transmettent plus le bon message. Alors, pourquoi parler de dysautonomie dans les causes du Covid long ? Parce que de plus en plus d'éléments suggèrent que le virus endommage ou perturbe le système nerveux autonome, soit directement par atteinte neuronale, soit indirectement via l'auto-immunité dont on parlait, c'est-à-dire des auto-anticorps qui vont cibler les récepteurs nerveux. Le résultat, c'est que le cœur et les vaisseaux ne reçoivent plus les bonnes instructions au bon moment. Par exemple, normalement, quand on se lève, les vaisseaux se contractent un peu et le cœur va accélérer modérément pour compenser la gravité. Eh bien, chez un patient en dysautonomie type POTS, Ce réglage est capricieux. Le cœur part en tachycardie excessive et les vaisseaux ne se contractent pas assez, d'où les sensations de vertige, de palpitations ou de malaise. On peut se demander alors, ok, mais qu'est-ce qui cause cette dysautonomie ? Et c'est là qu'on revient au mécanisme discuté plus haut. L'hypothèse auto-immune est très forte. On pense que chez certains, le Covid induirait des anticorps dirigés contre des composants du système nerveux autonome, par exemple des récepteurs adrénergiques ou muscariniques, comme on l'a déjà mentionné. Ces auto-anticorps vont perturber la communication entre les nerfs et les organes. C'est un peu comme si le réseau téléphonique entre le centre de contrôle, à savoir votre cerveau autonome, et la périphérie, les organes comme le cœur et les vaisseaux, avaient des interférences constantes. Une autre hypothèse serait que le virus provoque une inflammation des petits nerfs. On parle de neuropathie des petites fibres. Des études ont montré des signes de lésions des fibres nerveuses autonomes chez des patients Covid longs. Ce qui pourrait être dû soit à l'attaque virale directe, soit encore une fois à une réaction auto-immune ciblée sur ces fibres. Le résultat concret, c'est qu'on voit en pratique courante des patients qui, des mois après une infection Covid, ont un système cardiovasculaire qui s'emballe au moindre effort. Le simple fait de passer de la position couchée à la position debout provoque une accélération du cœur de plus de 30 battements par minute et un malaise, et ça fait partie des critères pour parler de POTS. Le cœur peut tantôt battre trop vite sans raison et tantôt oublier d'accélérer quand il faudrait. La tension artérielle va aussi jouer aux montagnes russes, d'où les malaises, les maux de tête, les vertiges. On peut avoir aussi des sueurs inappropriées ou au contraire ne plus transpirer assez. Bref, vous l'avez compris, le corps va perdre un peu la boussole sur tout ce qui est régulation automatique. La cause profonde de cette dysautonomie post-Covid est encore étudiée, mais comme je l'ai dit, la piste immunitaire est privilégiée. Ce qui est intéressant, c'est que ça se rapproche d'autres maladies qu'on connaissait déjà, comme le syndrome de fatigue chronique et l'encéphalomyélite myalgique, ou même certaines formes de migraines, où on voit également des patients souffrir de dysautonomie. On se rend compte que ces pathologies pourraient partager un mécanisme commun de dérèglement post-infectieux. Terminons avec la cinquième et dernière piste qui pourrait expliquer les symptômes du Covid-Lion. Et là, on va parler des lésions d'organes durables qui sont laissées par le virus. Cette fois, on n'est plus dans le fonctionnel ou l'invisible, on est clairement dans du concret et du visible par... l'imagerie par exemple. On sait que le Covid, surtout s'il a été sévère, peut causer des dommages directs. Une myocardite, c'est-à-dire une inflammation du muscle cardiaque aigu, une péricardite, ou des micro-infarctus, etc. Mais, la question, c'est, est-ce que ces dommages, même discrets sur les organes, pourraient expliquer certains symptômes qui traînent ? Et la réponse est oui, en tout cas pour une partie des patients. Par exemple, quelqu'un qui a eu une myocardite infraclinique, c'est-à-dire non diagnostiquée sur le moment, pendant son infection Covid, peut se retrouver des mois après avec un myocarde un peu fragilisé. Pas assez pour faire une insuffisance cardiaque sévère, mais assez pour que, dès qu'il pousse un peu, notamment à l'effort ou lors du sport d'activité physique, le cœur n'ait pas tout à fait la même capacité qu'avant. On a vu aussi des anomalies sur des IRM cardiaques de patients post-Covid. Chez certains, on détecte de petites zones de fibrose, c'est-à-dire des cicatrices, ou un œdème persistant qui traduit une inflammation dans le muscle cardiaque. Tous les patients ne ressentent pas de symptômes, mais d'autres si, et ça pourrait expliquer des douleurs thoraciques ou une capacité d'effort réduite. De même, une péricardite, qui aurait cicatrisé va pouvoir laisser des adhérences autour du cœur qui vont tirer en quelque sorte un peu lorsque certains mouvements vont provoquer des douleurs. Et puis, il y a les séquelles indirectes. Quelqu'un qui a eu une atteinte pulmonaire sévère va garder peut-être une moindre capacité respiratoire, donc son cœur est plus sollicité pour compenser, et ça explique qu'il palpite ou qu'il s'essouffle. quelqu'un qui a été immobilisé longtemps en réanimation, a aussi perdu du muscle, y compris du muscle cardiaque en quelque sorte, et la réadaptation va être d'autant plus longue. Enfin, il faut aussi mentionner les dommages vasculaires. Si le COVID a déclenché une inflammation des vaisseaux, il peut y avoir des micro-dégâts dans la paroi des artères. Sur le long terme, ça pourrait favoriser le développement plus rapide de plaques d'athérosclérose, Si vous voulez vous rafraîchir la mémoire, le lien de la vidéo est par ici. Ça n'est pas immédiat bien sûr, mais on garde ça en tête. Sur plus d'un an de suivi, on a constaté une légère surincidence d'événements comme des infarctus ou des accidents vasculaires cérébraux chez ceux qui ont eu l'infection Covid par rapport à ceux qui ne l'ont pas eu. Ce n'est pas uniquement dû aux facteurs précédents. L'immunité ou la coagulation dont on a parlé, ça peut être aussi parce que le virus a laissé des lésions qui servent de point de départ à des maladies cardiovasculaires. Par exemple, une myocardite même discrète peut, chez une personne fragile, être le déclencheur d'une insuffisance cardiaque qui se révélerait plus tard, ou même d'une arrhythmie. Alors, soyons clairs, la majorité des gens qui ont... Covid longs n'ont pas de lésions graves aux examens, heureusement. Et le plus souvent, les échographies cardiaques, les IRM, les tests d'effort sont normaux. Ce qui est d'ailleurs déroutant pour les patients qui vont pouvoir dire « j'ai tous ces symptômes et on ne trouve rien » . C'est justement ce qui a orienté la recherche vers les mécanismes plus invisibles dont on a parlé, à savoir l'immunité, la dysautonomie, etc. Mais il existe une fraction de... patients chez qui on identifie une séquelle d'organe, un cœur qui pompe moins efficacement, un trouble du rythme sur une cicatrice avec une mauvaise contraction de certaines parois du cœur que l'on visualise en échographie, une pression artérielle qui reste élevée alors qu'elle était normale avant. Voilà, nous avons fait le tour des principales hypothèses qui expliquent pourquoi le COVID peut laisser des traces durables sur le cœur. Comme vous l'avez constaté, tout est lié. L'inflammation Les auto-anticorps, les micro-caillots, le système nerveux, notamment autonome, ce n'est pas un seul de ces mécanismes qui va provoquer le Covid long, c'est en réalité probablement un mélange différent selon les individus. C'est un peu comme un cocktail. Certains auront beaucoup de composants immunitaires et peu de composants de la coagulation, et d'autres l'inverse. Et c'est ce qui rend le diagnostic et la compréhension assez difficiles. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'en 2025, on a déjà pas mal avancé dans l'identification de ces facteurs, et au final, on ne peut pas soigner ce qu'on ne comprend pas. Alors, quel message clé retenir de tout ça, en particulier pour le cœur ? Premièrement, si vous ressentez des palpitations, un essoufflement, des douleurs qui persistent dans les suites d'une infection Covid, ce n'est pas dans votre tête. Il y a de plus en plus de données scientifiques qui montrent des anomalies objectives chez les patients Covid long. Vos symptômes ont une réalité biologique, même si les examens de routine reviennent normaux. Donc, ne laissez personne vous dire que vous somatisez sans raison. On a trop vite fait d'entendre et de dire ça, et la science valide que le Covid long existe et qu'il peut toucher le cœur. Deuxièmement, Un virus respiratoire qui cause des problèmes cardiaques des mois après, ça n'est pas si surprenant au fond. D'autres maladies virales le font, comme des mononucléoses infectieuses qui vont laisser des mois de fatigue. D'autres virus vont pouvoir donner des syndromes de Guillain-Barré ou des myocardites tardives. On va alors voir des patients qui ont des déficits moteurs ou de sensibilité, et ça n'est pas anodin. Mais le Covid, par son ampleur planétaire, a été un révélateur de ces phénomènes à grande échelle. On sait maintenant que même une infection bénigne par le Covid peut, chez une proportion de personnes, laisser une fragilité durable sur le plan cardiovasculaire. Troisièmement, du point de vue des mécanismes, retenez qu'on est face à un processus multifactoriel. Il n'y aura sans doute pas une pilule magique unique pour guérir tous les patients atteints de Covid long. Parce que les causes sont intriquées. Par contre, comprendre ces causes, c'est ouvrir la porte à des traitements ciblés. Et la médecine pourra mieux prendre en charge ces patients qui parfois vont errer de médecin en médecin sans réponse malheureusement. En tout cas, j'espère que cet éclairage sur les coulisses biologiques du Covid long vous aura intéressé. C'est un sujet en évolution constante et de nouvelles études sortent quasiment chaque mois sur le thème Et on affinera sans doute encore la compréhension dans les années à venir. Peut-être qu'on découvrira d'autres mécanismes, qu'on se rendra compte que tel mécanisme est finalement mineur par rapport à tel autre. La recherche est justement en plein boom là-dessus. Voilà, c'est la fin de ce nouvel épisode. Merci à toutes et à tous d'avoir écouté en plein cœur. Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux, Instagram, LinkedIn, TikTok ou YouTube. Et si vous avez aimé l'émission, likez, partagez cet épisode autour de vous. Laissez-moi aussi un commentaire pour me faire part des sujets que vous souhaiteriez que j'aborde, car c'est vous qui faites battre le cœur de ce podcast. Dans 15 jours, on parlera des traitements qui existent pour soigner justement les patients atteints d'une infection Covid à la phase aiguë, puis à la phase chronique. La prise en charge est évidemment très différente. On abordera... La place de la vaccination, je sais que le sujet va être très explosif pour certains. On divisera les épisodes pour pouvoir prendre le temps aussi de débunker le vrai du faux. Et rappelez-vous, si les sujets sur la cardiologie vous intéressent, je vous donne rendez-vous dans 15 jours pour continuer cette aventure ensemble. N'oubliez pas non plus de vous abonner et d'activer la cloche de notification. D'ici là, je vous souhaite une bonne semaine. Prenez soin de votre cœur.