- Speaker #0
Enquête d'accord, l'art de communiquer et d'être en lien. Gabriel Sian est ingénieur, polytechnicien et entrepreneur. Il est venu à la longévité par nécessité personnelle. Et depuis, il œuvre à l'organisation et à la collaboration de la biotech autour de la médecine anti-âge et régénérative. Nous partageons avec Gabriel nos réflexions au sujet de la médecine préventive et la longévité. Excellente écoute ! Bonjour Gabriel !
- Speaker #1
Bonjour Imane !
- Speaker #0
Je suis très heureuse que tu sois là pour parler de médecine, parler de longévité et je suis d'autant plus honorée que tu viens quand même d'Aix-en-Provence. jusqu'à Paris, pour qu'on puisse prendre le temps cet après-midi de discuter d'un sujet qui te passionne, pour lequel tu consacres énormément de temps, et qui commence à m'intéresser, et dans lequel je commence à m'introduire progressivement pour essayer d'en comprendre les enjeux et les approches. Donc merci de ta présence ici à Enquête d'accord.
- Speaker #1
Merci beaucoup Yvonne de m'accueillir ici, et de me donner l'occasion de parler de ce sujet qui me tient tant à cœur, et qui représente pour moi une mission de vie.
- Speaker #0
Je suis ravie. Pour commencer, je pourrais te présenter et puis comme d'habitude, si je n'ai pas dit ce qu'il fallait ou si tu veux me compléter, ce serait avec grand plaisir. Déjà ta formation, tu es ingénieur et polytechnicien. Ensuite, tu as d'abord commencé par être entrepreneur et tu as construit des entreprises, des outils, des systèmes performants. donc entrepreneur dans la tech, et tu as fondé plusieurs startups. Comme GetEmail, tu m'en parleras si tu veux. Et tu as connu la croissance, la vente, la réussite. Et puis, plus tard, je ne sais pas vers quel âge, peut-être à la quarantaine, là où on commence à se poser des questions un petit peu philosophiques ou métaphysiques, il y a autre chose qui s'est présentée à toi, c'était une réflexion autour de... de quel capital a vraiment de l'importance. Et le capital temps, c'est imposer à toi, pas n'importe quel temps, le temps de vie en bonne santé. Donc là, je ne sais pas si tu appelleras ça une remise en question, mais en tout cas, un questionnement profond, probablement avec des changements familiaux, souvent ça arrive, tu me diras. Et donc là, tu changes de cap, tu vas créer une nouvelle entreprise. Je pense que ça s'appelle ICAR, mais j'aimerais beaucoup aussi que tu m'en parles. Et surtout, tu vas décider que tu vas te prendre en charge au niveau de ta santé et qu'avec ça, tu voulais accompagner celles et ceux qui veulent vivre plus longtemps, peut-être vivre plus longtemps, mais vivre plus longtemps bien, en bonne santé et mieux. Et tu as fondé la 2060 Foundation, la 2060 Longevity Forum. pour rassembler des chercheurs, des entrepreneurs, des investisseurs autour d'un même horizon, faire de la longévité un projet collectif. Et ça, ça me plaît énormément. Du coup, je suis très curieuse de t'entendre me dire un peu ton histoire avec tes mots. Est-ce que c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, tu l'as bien décrit. J'ai passé 20 ans dans l'entrepreneuriat, dans la tech, à monter des startups. de l'intelligence artificielle et du big data, qui était un peu ma formation. J'en ai vendu deux, la deuxième en 2021. A l'époque, j'avais 40 ans. C'était une très belle exit, un très beau succès. On a vendu cette société à un grand groupe américain, côté en bourse. Et ma vie a changé à ce moment-là. Grâce à ce changement de paradigme, effectivement, le côté financier était sécurisé pour le restant de ma vie. Et donc, ça m'a amené aussi à me poser des questions existentielles sur quel sens je voulais donner à la deuxième partie de ma vie. Donc, à 40 ans, on arrive à la moitié de notre vie sur une espérance de vie de 80 ans. Statistiquement parlant, c'est un petit peu ce qui nous est donné de vivre sur cette terre. Et donc, là, j'ai découvert effectivement la longévité. Et je me suis rendu compte que c'était parfaitement aligné avec mes aspirations. C'était le vivre le plus longtemps possible en bonne santé. C'était la plus audacieuse aspiration de l'humanité, pour ainsi dire. Et on arrivait dans ce point d'inflexion assez incroyable dans l'histoire de l'humanité où il y a des nouveaux traitements qui sont en train d'arriver. La science et la médecine ont énormément évolué. Et donc, on arrive sur ce point d'inflexion où ça devient investir et entreprendre dans le domaine de la longévité. devient non seulement aspirationnelle, mais aussi une excellente opportunité d'entreprendre et d'investir. Et donc je me suis dit, il faut que je fasse quelque chose là-dedans, il faut que je me positionne de manière intelligente et que je contribue à l'accélération de l'humanité dans cette direction-là. Et donc je pense que nous sommes la première génération d'êtres humains à pouvoir vaincre le vieillissement de notre vivant. Et donc c'est tout simplement quelque chose d'assez incroyable et d'unique dans l'histoire de l'humanité. Donc une fois que j'ai dit ça, il ne s'agit pas de croiser les doigts du pied en éventail et d'attendre que ça arrive, il faut avoir une attitude proactive et faire en sorte que cet avenir qu'on essaie de prédire, qu'on finisse par le créer nous-mêmes, où il contribue le plus possible. Et c'est ce que je m'évertue à faire avec la Fondation 2060 et puis tout l'écosystème autour de la longévité qui est aujourd'hui embryonnaire. que j'essaie d'impulser, que j'essaie de développer, à la fois en France et également en Europe et au niveau international, avec d'autres partenaires un peu partout dans le monde.
- Speaker #0
Tu dis parfois que la longévité sera aussi transformatrice que l'intelligence artificielle.
- Speaker #1
Oui, en fait, les deux sont vraiment interconnectés. C'est-à-dire, si on regarde ce qui s'est passé entre... la décennie qui vient de passer entre 2010 et 2020... La puissance de calcul a augmenté, a continué à augmenter de manière exponentielle et elle est arrivée à un stade qui a permis à un système comme JetGPT d'exister et d'être créé. Et on est aujourd'hui avec la longévité quelque part à quelques années, c'est mon estimation, de ce moment JetGPT de la longévité, à partir duquel l'humanité tout entière prendra conscience de ce changement de paradigme en cours et elle se mettra à investir massivement. dans la longévité, comme c'est le cas aujourd'hui pour l'intelligence artificielle. Donc quand on regarde l'intelligence artificielle, il y a eu un moment avant Chagipiti et une époque après Chagipiti. Et dans les prochaines années, dès qu'on va découvrir un premier traitement, et il y a déjà pas mal d'initiatives dans ce domaine, qui aura une preuve scientifique statistiquement représentative que ce traitement-là permet de rallonger la durée de vie des individus, à partir de là, il y aura cette espèce de raz-de-marée de prise de conscience au niveau mondial. qui va canaliser énormément de fonds dans ce domaine. Et donc l'idée, c'est de se positionner stratégiquement en tant qu'investisseur déjà, sur cette industrie, lorsque les valorisations sont encore raisonnables. Parce qu'à partir du moment où cette découverte et ce moment vont arriver, les valorisations vont tout simplement exploser. Et donc il s'agit de prendre le bon virage au bon moment.
- Speaker #0
Pour toi, est-ce que CheckGPT est une révolution ? Parce que j'avais compris que l'intelligence artificielle existe. bien avant Chad Gipiti, et que Chad Gipiti est un révélateur au grand public de ce que c'est que l'intelligence artificielle. Est-ce qu'il y a une analogie à faire au niveau de la longévité ?
- Speaker #1
L'analogie, c'est de se dire qu'il y a une découverte majeure qui permet à l'humanité de prendre conscience du pouvoir de ce progrès technologique. Ça s'est passé avec Chad Gipiti dans l'intelligence artificielle. Maintenant, les mêmes systèmes d'intelligence artificielle sont en train d'être appliqués à la connaissance du vivant. Par définition, le vivant est un système extrêmement complexe qu'il était difficile, voire même impossible de comprendre les interdépendances. Raison pour laquelle la médecine a toujours procédé par isolement de l'organe qui était considéré comme malade. Et on va essayer de traiter que cet organe-là. Ce n'est pas comme ça qu'on va réussir à comprendre le mécanisme dans son ensemble, le système dans son ensemble. L'intelligence artificielle permet de le faire aujourd'hui parce qu'elle permet d'appréhender les interdépendances entre les différents organes et de quelle manière est-ce que telle intervention sur tel organe va permettre d'avoir une influence sur les autres organes. C'est une vie vraiment holistique qui est, de par sa complexité, inaccessible pour le cerveau humain, même parmi les plus brillants. C'est pour ça qu'on a utilisé ce système de diviser pour mieux conquérir dans la santé, qui a très bien fonctionné pour certaines maladies, mais là on arrive au bout de ce paradigme-là. On est en train d'évoluer vers autre chose, donc tout ça s'est permis par cette intelligence artificielle qui va être capable, encore une fois, d'appréhender toute cette complexité-là et toutes les interdépendances. qui s'établissent entre les différents sous-systèmes, sous-ensembles d'un organisme complexe comme le corps humain.
- Speaker #0
Et ça, c'est l'apport de l'IA par rapport à la longévité. Mais j'imagine qu'avant l'IA, il y avait des recherches qui étaient dans le sens de trouver les mécanismes de sa naissance, de vieillissement. Il y a quand même des découvertes majeures qui n'ont pas dépendu de l'IA. On est d'accord ?
- Speaker #1
Tout à fait. C'est plutôt maintenant que l'IA va vraiment faire son entrée en jeu. et va vraiment probablement révolutionner la médecine et la compréhension du vivant tel qu'elle est aujourd'hui. Par contre, effectivement, il y a eu un point d'inflexion important dans la médecine autour de l'année 2010, lorsqu'on a découvert qu'il existait un ensemble de quatre gènes, OSKM, qui, lorsqu'ils étaient activés, permettaient à une cellule somatique, c'est-à-dire une cellule qui était différenciée et qui remplit une fonction dans le corps humain, de revenir à l'état de cellules souches. Et donc c'est assez incroyable que l'évolution ait permis d'avoir cette espèce d'interrupteur, ce bouton qu'on peut activer pour rajeunir la cellule. Et donc pour la première fois dans les années, encore une fois, 2010, alors c'est discutable parce qu'il y a eu Yamanaka, c'est le chercheur japonais qui a découvert ça. Il a eu un premier modèle en 2012. Effectivement, après quelques années près, le temps que les scientifiques prennent connaissance de cette recherche et qu'ils puissent la vérifier et la reproduire. Il s'est passé un point d'inflexion assez incroyable qui a permis au corps scientifique de se rendre compte que ce n'était pas complètement fantasque de rajeunir les cellules si on arrivait justement à activer ces quatre facteurs-là et à rajeunir une seule cellule. À partir de là, il y a eu une espèce de raz-de-marée de chercheurs et de laboratoires qui ont commencé à faire des recherches de plus en plus avancées dans le domaine. Aujourd'hui, pour la petite histoire, on ne sait toujours pas le faire de manière suffisamment fiable. Parce qu'en fait, lorsqu'on rajeunit une cellule, on ne veut pas la rajeunir au point de la retransformer en cellule souche. On veut la rajeunir juste ce qu'il faut pour qu'elle soit de nouveau en bonne santé. sans pour autant arriver au stade de cellules souches. Et donc, on sait le faire pour une cellule, pour quelques cellules, mais on ne sait pas le faire à large échelle avec des milliards de cellules. Avec un organe. Avec un organe, par exemple, et a fortiori encore moins avec l'ensemble du corps. Parce que le risque, lorsqu'on rajeunit les cellules, c'est l'apparition de carcinomes de cancer. Et donc, on veut contrôler de manière extrêmement précise, au niveau individuel de chaque cellule, le niveau de rajeunissement. Et si on va au-delà d'un certain seuil, effectivement, c'est le risque d'apparition de cancer qui prévaut. Et bien évidemment, on ne veut pas en arriver là. Et donc, comme on ne sait pas le faire de manière suffisamment fiable à large échelle, il y a encore beaucoup de recherches sur ce sujet-là. Et c'est pour ça qu'on n'a pas aujourd'hui de traitement miraculeux qu'on pourrait acheter à la pharmacie du coin pour rajeunir.
- Speaker #0
Alors là, je te remercie, Gabriel, parce que tu viens de décrire le principe des cellules souches induites, qui font partie des axes. de recherche en ce qui concerne la médecine régénérative, mais ça ne représente qu'un seul axe de recherche. Il y en a tellement. Alors, comme tu le dis bien, ça reste au stade de recherche parce qu'on arrive à faire des choses au niveau cellulaire, mais on est encore loin de pouvoir les transposer dans la médecine, dans le tissu déjà, dans les organes et dans la médecine réelle. et il y a tellement de sujets en ce qui concerne les cellules régénératives et les cellules souches. Il y a une application qui existe déjà, c'est la greffe de moelle, par exemple. Si on ne prend pas les cellules qui sont induites, si on prend juste ce qui a été découvert sur les cellules souches, il y a des applications qui existent déjà, mais c'est encore loin. Mais ce que j'ai envie, d'abord, avant d'aller dans la médecine anti-âge et la médecine régénérative, qui est un point un peu à part, J'ai envie de savoir, toi, Gabriel, une fois que tu as eu cette prise de conscience sur ce que tu voulais faire, d'abord de ta propre santé et puis d'avoir utilisé cette prise de conscience dans ta vie professionnelle, tu as fondé ICAR. Explique-moi, c'est quoi ICAR ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc, en fait, pour l'histoire, la petite histoire, comment j'en arrive à la longévité ? en bon entrepreneur de la tech. Pendant des dizaines d'années, je dors quatre heures par nuit, je n'ai pas de vacances et le business avance bien au détriment de ma santé, mais ça, je ne le sais pas. Donc, j'arrive à 40 ans, je fais un exit et ma vie change complètement. Et je me dis, c'est le moment de faire quelques analyses, de rééquilibrer ma vie par rapport au temps que je passe en famille, avec mes enfants, avec ma femme, et ainsi de suite. Et donc, dans cette espèce de... de to-do list, de l'équilibre vie perso, vie pro, il y avait aussi des analyses de santé. Et donc, j'avais une impression moi-même d'individu en parfait état de santé, je n'avais aucun symptôme, je me sentais très bien, je faisais du sport, je n'avais jamais bu, je ne m'étais jamais drogué dans ma vie. Enfin, occasionnellement, mais je n'étais dépendant de rien de tout ça. Et à la suite d'analyses, je me rends compte que je suis pré-diabétique.
- Speaker #0
Le pré-diabète étant une condition qui apparaît 5 à 10 ans avant le diabète de type 2, une condition qui est parfaitement réversible à condition d'en prendre conscience. Et donc je me rends compte de ça, c'était une grosse claque, et je découvre que je souffrais d'un stress chronique dont je n'étais même plus conscient, puisque c'était mon état de référence, que j'avais un gène qui s'appelle APOE, qui me prédisposait aux maladies neurodégénératives en fin de vie. Et quand je regardais mon historique familial, Tous mes grands-parents ont souffert de ce type de maladie-là. Et donc, j'avais une très grande prédisposition à ça. J'avais un état d'inflammation générale de mon corps, équivalent à celui d'un individu de 72 ans. Il y a un test qui s'appelle GlycanAge qui permet de le mesurer. Et donc, je me rends compte qu'il y avait énormément de choses qui se tramaient sous le radar, et que j'allais bientôt arriver dans une situation où il n'y aurait plus de chemin de retour. Et donc, il fallait vraiment que je me prenne en charge tout de suite.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
à partir de là, je commence à avoir des médecins de quartier qui me demandent, c'est quoi ton problème ? T'as mal où ? Je leur dis, je suis en parfait état de santé, je veux le rester le plus longtemps possible. Ils ne comprennent pas. J'en essaye un, deux, trois. Et puis, je finis par me rendre compte que tout simplement, la médecine préventive, ça n'existe pas en France, peut-être ailleurs dans le monde non plus, à part dans des livres que je lisais. et dans des études scientifiques qui effectivement expliquaient ce qui arrive avant le diabète et comment est-ce que la résistance à l'insuline se développe. Tout ça, ça restait à un degré extrêmement théorique et non pas pratique au niveau de l'application dans la vie de tous les jours par ces médecins. Et donc j'ai passé beaucoup de temps, ça a été un parcours du combattant pour trouver des médecins à l'étranger qui étaient capables de comprendre la médecine préventive, la médecine de la longévité. Ça a été un parcours du combattant pour avoir des analyses, puisque si tu n'as pas d'ordonnance en France, la plupart du temps, tu ne peux pas avoir les analyses en question. Tu n'as pas le droit de faire de séquençage de ton génome pour des raisons de médecine préventive, sauf si tu as des symptômes et un risque de maladie génétique. Et dans ce cas-là, effectivement, tu as la possibilité de le faire, mais pas dans un but de médecine de longévité, de médecine préventive. Et donc, je me suis rendu compte que c'était semé dans le bûche. Et donc, je me suis dit... toutes ces difficultés que moi j'ai réussi à franchir parce que j'ai toute ma journée à consacrer à ce type d'activité-là, et que d'autres entrepreneurs, d'autres personnes autour de moi qui ont une vie à côté de ça ne peuvent pas se permettre d'avoir, quelque part, toutes ces méthodes, tout ce réseau que j'ai développé, toutes ces connaissances, je vais les mettre à disposition de personnes comme moi qui veulent vivre sans temps en bonne santé et qui n'ont pas toute la disponibilité en temps et financière pour se consacrer à ce type d'objectif-là. Et donc c'est un peu le... C'est ça la genèse d'iCare, qui est une communauté de personnes qui veulent vivre 100 ans en bonne santé et qui se prennent en charge à travers un parcours de longévité personnalisée avec des médecins spécialisés dans la longévité, qui leur prescrivent les bonnes analyses, qui font la bonne interprétation, qui agrègent les données et des coachs de santé qui, dans la responsabilité, aident le patient à transposer les recommandations du médecin dans la vie de tous les jours. Donc aujourd'hui, la médecine de la longévité, c'est... Il n'y a pas de molécule miracle, il n'y a pas de pilule miracle, il n'y a pas de traitement miracle. C'est six niveaux d'intervention. Premièrement, des diagnostics avancés. Deuxièmement, l'activité physique. Troisièmement, l'alimentation, le régime alimentaire. Quatrièmement, le sommeil. Cinquièmement, la santé mentale, gestion du stress, épanouissement dans les relations, sens de la vie, d'avoir un but dans la vie, et ainsi de suite. Et en dernier lieu, les compléments alimentaires et les médicaments. Je le mets en dernier lieu parce que c'est ce qui est le moins impactant et qui souvent est mis au-dessus de la pile de mesures. Parce que c'est facile de se dire, je vais prendre une pilule et c'est bon, j'ai plus rien. Alors que les cinq premiers niveaux, c'est surtout du lifestyle. Et c'est une discipline de vie et c'est des routines. Et donc, le coach de santé est là pour orienter et accompagner le patient. à mettre ses habitudes de vie dans son quotidien.
- Speaker #1
Il y a juste un petit capital génétique au départ, probablement qui compte pour moins de 20%, et puis après il y a l'épigénétique, et tout ce que tu as dit vient pour moduler ce capital-là, pour faire en sorte que ça aille dans le bon sens.
- Speaker #0
Tout à fait, c'est vraiment fascinant, et c'est un très beau message porteur d'espoir que la nature nous transmet. de se dire qu'effectivement on est avec un matériel génétique, mais ce matériel génétique est modulé par ce qu'on appelle l'épigénétique, qui est un mécanisme biologique qui va inhiber certaines portions de l'ADN, qui fait que si vous avez certains gènes qui contiennent des anomalies, pour certaines molécules qui induisent certaines maladies. Si jamais ces portions-là d'ADN sont inhibées, sont silencieuses pendant toute votre vie, finalement, vous n'aurez pas ces maladies-là. Et finalement, le système qui permet d'inhiber certaines portions, il est directement influencé par vos habitudes de vie. Combien vous dormez ? Quelle est votre alimentation ? Quelle est votre activité physique ? quel est votre niveau de stress, quel est votre niveau d'épanouissement dans les relations interpersonnelles que vous établissez avec les gens autour de vous. C'est autant de facteurs qui influent de manière vraiment très impactante votre parcours biologique et votre évolution biologique tout au long de votre vie.
- Speaker #1
Donc, tous ces axes dont tu parles sont étudiés actuellement dans la médecine anti-âge et la médecine de longévité. Je rappelle juste qu'au fait, maintenant, il y a un enseignement parce que tu peux parle de l'absence de formation médicale. Jusque-là, effectivement, la médecine préventive n'existait pas. On avait des médecins traitants, on a des médecins gériatres qui s'occupent des gens à partir d'un certain âge. Et puis, surtout, on a une médecine qui est relativement réactive, c'est-à-dire on reçoit les patients une fois les comorbidités et les maladies chroniques installées. Et à partir de là, on essaye de les accompagner au mieux. On fait bien sûr du dépistage et des dépistages de beaucoup de maladies, des cancers, du cancer du sein, du dépistage du cancer colorectal. Tout ça est extrêmement efficace en self-care. Maintenant, la médecine préventive en tant que telle commence à émerger parce qu'il y a un enjeu extrêmement majeur. Toi, tu décris parfaitement bien à l'échelle individuelle tant questionnement qu'il t'a. qui t'a poussé au fait à accompagner d'autres personnes dans cette recherche-là. Moi, en tant que soignant et que médecin du terrain, j'ai envie de dire qu'on est tout le temps dans une médecine réactive. On voit arriver des patients avec des ordonnances qui font trois pages des fois. On considère ça comme un échec de la médecine et de la prise en charge parce que quand on est obligé de faire de prescrire autant de médicaments, c'est qu'il y a un problème, c'est qu'on n'a pas anticipé leurs problèmes avant leur arrivée. Donc la médecine anti-âge s'enseigne, il y a des diplômes d'université, il y a des profs, il y a maintenant quelque chose qui s'organise autour de ça, simplement parce qu'il y a un enjeu majeur, c'est cette population qui va devenir de plus en plus âgée. L'espérance de vie, elle est de 80 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes, et qui est complètement différente de l'espérance de vie en bonne santé. Et quand j'ai appris ça, j'ai été vraiment choquée. 62 ans pour les femmes et peut-être 60 ans, ce qui laisse 20 ans d'âge où on peut passer par une certaine fragilité de l'autonomie à la dépendance. Maintenant, le sujet est vraiment politique, social, international. les personnes âgées... En 2050, on va tripler les personnes au-delà de 80 ans. Une personne sur cinq aura plus de 60 ans. C'est flippant parce que ça veut dire qu'il est possible que si on ne prend pas en charge maintenant tout de suite l'arrivée et la survenue de ces maladies-là, il est possible qu'on ait à gérer une dépendance et des personnes dépendantes avec des problèmes. de déficit moteur, de déficit cognitif. C'est un vrai enjeu.
- Speaker #0
C'est un vrai enjeu, tout à fait. Et l'avenir pour lequel je milite, c'est un avenir où on vit jusqu'à 80, 90, 100 ans. 100 ans, c'est ambitieux, réalisme est ambitieux. Et un beau jour, on s'endort, et puis le matin, on ne se réveille plus. Mais jusqu'au dernier jour, on a été en bonne santé. Je caricature, je pousse un peu le trait. Mais ce qu'on découvre quand on fait des études statistiques sur les centenaires et les super centenaires, c'est vraiment intéressant, c'est que non seulement qu'ils vivent plus longtemps que les autres, mais ils vivent plus longtemps en bonne santé. Et la période de comorbidité qui précède le décès est vraiment compressée à quelques mois, à quelques années, à l'opposé de ce que tu étais en train d'évoquer qui est de 20 ans dans la moyenne. Et donc l'idée c'est justement d'aller de plus en plus vers une... une situation où on vit autant qu'on vit, mais en bonne santé, et puis le jour où on s'en va, eh bien, un beau jour, on ne se réveille plus, et puis c'est tout. Et donc c'est un objectif qui est aujourd'hui... À notre portée demain, il faut s'en donner les moyens, il faut avoir une vraie volonté politique et investir pour changer le paradigme de la médecine, d'une médecine réactive et curative comme celle qu'on a aujourd'hui, vers une médecine préventive, qui est la médecine de demain. Je pense que de toute façon, cette révolution est en cours en ce moment, et qu'on n'a pas le choix. De toute façon, il faudra aller dans cette direction-là. C'est une bonne nouvelle. Moi, ce que je voudrais, c'est que ça se fasse le plus rapidement possible. Et c'est là où je pense qu'on a chacun de nous une contribution pour accélérer cette espèce de train qui a déjà pris cette direction-là et qui est en train d'avancer vers cet objectif.
- Speaker #1
Alors, du coup, je me demande, est-ce que toi, tu penses qu'une collaboration entre le monde de la biotech, le monde de la recherche, de l'enseignement peut apporter un plus à ce développement-là ? puisque maintenant, c'est ce que tu fais.
- Speaker #0
Oui, oui, tout à fait. Moi, mon plan d'action, c'est un mélange d'un plan d'action de présent et d'avenir court terme et complété d'un avenir plutôt long terme. Dans le présent et dans le court terme, ce qu'on peut faire, c'est la médecine préventive. Il y a tellement de choses à faire. Mettre des glucomètres aux individus pour des mesures de médecine préventive pour détecter leur glycémie. et voir comment elle évolue au fil des ans, et détecter le pré-diabète avant qu'il ne soit trop tard, par exemple. Ça, c'est quelque chose qu'on peut faire aujourd'hui. On n'a pas besoin de biotech pour ça. C'est déjà connu, on a déjà les dispositifs, on a déjà les connaissances, on a déjà les statuts statistiques dessus. Démocratiser et permettre de faire du séquençage génomique, puisque le génome, il représente quand même entre 20% et 40% de l'évolution biologique au cours de notre vie. Ne pas savoir quels sont nos gènes ne nous permet pas de savoir quels sont les facteurs de risque que nous avons par rapport à certaines maladies chroniques. On ne peut pas mettre en place de stratégie de prévention par rapport à ces facteurs de risque principaux qui nous concernent. Il y a tellement de choses à faire aujourd'hui dans l'état des connaissances d'aujourd'hui qu'on n'a pas besoin de biotechnologies pour commencer à les appliquer. C'est ce qu'on peut faire dès aujourd'hui ou demain, on va dire. donc il faut convaincre les gouvernements. Français, mais attention, ce n'est pas qu'un problème français. C'est au niveau... Tous les pays occidentaux sont dans la même situation. Il y a deux choses à faire au niveau gouvernemental. C'est un, convaincre les gouvernements d'investir plus sur la médecine préventive, donc une vraie politique de santé publique qui accompagne ce changement de paradigme de la médecine réactive vers la médecine proactive et préventive. Et deux, convaincre les gouvernements d'investir plus dans la recherche fondamentale pour comprendre les mécanismes du vieillissement. Aujourd'hui, il y a... presque zéro euro, zéro ressource investie dans la recherche, dans les laboratoires publics pour comprendre les mécanismes du vieillissement, parce que tout simplement, le vieillissement n'est pas considéré comme une maladie. Et d'un point de vue légal, les gouvernements vont allouer des fonds publics pour lutter contre les maladies. Donc il y aura des fonds pour faire de la recherche contre les cancers, contre les maladies neurodégénératives, et ainsi de suite, mais pas contre la cause de toutes ces maladies chroniques-là. puisque cette cause-là n'est pas considérée comme une maladie elle-même. Donc c'est tout simplement un artifice juridique qui ne permet pas aujourd'hui au gouvernement d'investir des fonds publics dans la recherche. Donc c'est ce qu'il faut faire. Et donc à partir de là, il y a tout un plan d'action où dans le présent, il faut faire du lobbying pour convaincre les gouvernements d'investir plus dans la médecine préventive et dans la recherche publique. Et sur le plus long terme, il s'agit d'investir aujourd'hui dans les biotechnologies de demain. Et là, effectivement, on parle d'investisseurs privés, on parle de partenariats publics privés et on parle d'investisseurs institutionnels qui vont effectivement investir dans des technologies futuristes comme l'impression de prod' et d'organes. D'ailleurs, je dis futurisme, mais ce n'est plus tellement futuriste. Il y a déjà des patients qui ont été traités. Avec des transplantations notamment de ce type d'organes-là, on parle de thérapie hygiénique réversible. Ça existe déjà, il y a déjà des personnes qui se sont appliquées à elles-mêmes ce traitement-là. Ce n'est pas autorisé en France, pour de bonnes raisons, parce que ce n'est absolument pas validé. Ce n'est pas autorisé aux États-Unis non plus. Mais ça n'empêche pas des personnes qui ont une inversion au risque extrêmement faible et qui sont très confiants dans ces technologies-là, de se les appliquer parfois avec des résultats absolument impressionnants. Tout ça est éminemment complexe et mon rôle, c'est aussi de le simplifier et d'aider les gens à comprendre les deux ou trois choses qui sont les plus impactantes pour eux. C'est vraiment de la médecine préventive, mais c'est de la médecine personnalisée aussi. Parce qu'effectivement, le risque, c'est qu'on soit heurté par la complexité du sujet et que notre cerveau nous... nous pousse à repousser quelque part ce sujet, vu qu'en plus, il n'est même pas urgent, parce qu'on est en bonne santé, et par définition, la prévention, c'est prendre des mesures avant qu'il y ait un problème qui arrive. Donc, pour simplifier les choses, je dirais qu'aujourd'hui, lorsqu'on regarde le décès des personnes âgées, il y a quatre fléaux, qu'on appelle aussi chevaliers de l'apocalypse, pour illustrer. Donc, on décède aujourd'hui de maladies neurodégénératives. Alors, on ne décède pas, mais en tout cas, ça affecte considérablement la qualité de vie. On décède de maladies cardiovasculaires, de cancers, et puis de syndromes métaboliques. Alors souvent, on parle de syndrome métabolique parce que c'est plus large que juste le diabète de type 2, mais c'est un ensemble de pathologies qui sont associées les unes aux autres. Le syndrome du NAFLD, ça s'appelle, c'est du foie gras non alcoolique.
- Speaker #1
C'est un théatose.
- Speaker #0
Oui, c'est un théatose, exactement. Donc, il y a quatre grandes catégories de maladies. et donc la stratégie globale c'est un un de voir quels sont les autres facteurs de risque par rapport à chacun de ces quatre fléaux-là. Et un peu comme le Titanic qui doit se protéger de l'iceberg qui est le plus proche de lui, voir quel est cet iceberg-là pour ce qui nous concerne. Est-ce que le risque principal, c'est plutôt le cancer ou est-ce que c'est les maladies neurodégénératives ? Est-ce que c'est le syndrome métabolique ? est-ce que c'est... le cardiovasculaire. Et donc à partir de là, ça permet déjà d'écarter les trois autres fléaux et de se dire, voilà, je vais vraiment me concentrer sur celui qui a le plus d'importance pour moi. Et donc ça permet de simplifier de manière significative déjà le plan d'action. Et je vais parler de moi, parce que c'est un sujet que je connais mieux que les autres. Donc moi, mes facteurs de risque sont principalement les maladies neurodégénératives. Et le syndrome métabolique, pourquoi ? Parce que ma mère est diabétique de type 2, que j'ai un gène qui s'appelle MTHFR, qui a un génotype qui me prédispose à cette maladie-là, que lorsque je fais mes analyses de sang, effectivement, je vois un début de résistance à l'insuline et des biomarqueurs qui me montrent que c'est effectivement un facteur assez sensible pour moi. Et à partir de là, je vais mettre en place une stratégie Merci. de prévention qui est adaptée à mon facteur de risque. Parce que sinon, avec les centaines de recommandations que je vais devoir tout appliquer, c'est juste pas possible, t'as plus de vie si tu fais ça. Tout à l'heure, je faisais plus référence à ces myriades de compléments alimentaires, à ces myriades de traitements, lumière rouge, machin, et tels compléments, et zinc, et en fait, on peut rapidement être submergé de toutes ces recommandations-là, surtout si on regarde sur les réseaux où chacun a quelque chose à nous vendre. Et donc, oui, pris individuellement, peut-être que c'est important, mais à la fin, comment est-ce qu'on met des priorités dessus ? Et effectivement, ce que tu viens de dire, c'est le B.A.B.A. C'est ça qui est le plus important. Ce n'est pas des traitements futuristes, ce n'est pas vraiment bien manger. Alors, quand je dis bien manger, il faut savoir ce que ça veut dire, parce que ça ne peut rien vouloir dire. Il y a deux, trois choses qui s'appliquent à tout le monde, et puis après, on rentre sur le chemin de la personnalisation. Les deux ou trois choses qui s'appliquent à tout le monde, c'est moins de sucre. Ça, c'est sûr que ça te fait du bien à tout 100% de la population. Je ne suis pas obligé à des degrés divers en fonction de ton métabolisme et ton génome. Mais en tout cas, ça ne peut pas te faire de mal. Moins d'aliments industriels.
- Speaker #1
Transformés.
- Speaker #0
Transformés, oui. Ça, 100%, ça te fait du bien. Et à partir de là, est-ce que tu vas plutôt faire attention à avoir peu de glucides ? Pour moi, par exemple, c'est le cas. Ou est-ce que c'est plus se concentrer sur un régime hyperprotéiné ? Ou est-ce que tu vas faire attention à certaines graisses ? C'est là où on rentre sur le terrain rapidement de la personnalisation. Mais c'est effectivement bien manger, c'est essentiel. Après, encore faut-il savoir ce que ça veut dire bien manger pour chacun d'entre nous. L'activité physique, c'est pareil. Tu parlais de sarcopénie tout à l'heure. Effectivement, s'il y a un sujet, donc il y a un dispositif qui s'appelle un dexascan qui permet de savoir quelle est la masse musculaire évoluée. précisément comment elle évolue au fil des ans, voir la densité osseuse également. En fonction de ces mesures-là, on va personnaliser l'activité physique recommandée optimale, soit dans le sens de développer la capacité et le cardio, pour ceux qui ont une insuffisance de VO2max par exemple, qui est une mesure de la capacité du corps à consommer de l'oxygène dans des conditions d'aérobie. soit... augmenter la masse musculaire, soit augmenter la flexibilité et la posture, notamment à travers des activités comme le yoga ou le pilates. Et donc, moi, globalement, ce que je pense, c'est qu'il faut équilibrer toutes ces activités-là. Donc, les activités, je les mets dans trois catégories. On a les activités qui stimulent le cardio, course à pied, HIIT aussi dans une certaine mesure, la marche, le ski, il y a pas mal de sports qui travaillent, Merci. qui sollicite justement la cardio. Après, on a tout ce qui est musculation, augmenter la masse musculaire, la force physique. Et puis à côté de ça, on a tout ce qui concerne la santé des articulations. L'idée, c'est d'avoir un panachage de ces trois catégories d'activités-là en mettant l'accent sur celle sur laquelle on est le plus faible.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux me parler, Gabriel, de ce qui se passe au niveau du forum et quels sont les domaines de recherche des startups ? Quels sont les sujets de façon générale que tu as eus, par exemple, dans le dernier forum de 2025 ?
- Speaker #0
Oui, donc ma compréhension du facteur limitant, principale dans cet écosystème-là, c'est l'investissement. Aujourd'hui, l'investissement est relativement faible par rapport à l'enjeu et par rapport aux besoins en financement d'une industrie qui nécessite des recherches très longues, des compétences, des machines, etc. Donc si on regarde au niveau mondial, il y a très peu d'argent public et privé qui s'oriente vers la longévité. Et donc j'ai fait mon cheval de bataille de ce sujet de pousser le plus possible l'investissement dans la longévité et illustrer la longévité comme la meilleure opportunité d'investissement de notre époque. Et donc le forum est tout simplement une illustration et un outil de visibilité et de diffusion de cette hypothèse-là dans le sens de rassembler des investisseurs qui regardent ce sujet avec beaucoup d'intérêt mais aussi avec beaucoup de naïveté, ne sachant pas exactement comment se positionner. Donc, on les fait venir, des family office, on a eu des centimillionnaires, on n'a pas encore eu des milliardaires, mais probablement, il y en aura cette année. Des investisseurs institutionnels, des fonds souverains, des business angels aussi, bien sûr, des fonds spécialisés dans la longévité, il y en a, il commence à y en avoir quelques dizaines au niveau mondial. Donc, tous ces gens-là qui viennent avec son Provence pour se tenir au courant des dernières recherches dans le domaine de la longévité et investir dans les startups qui ont le plus de potentiel à la fois de rupture technologique par rapport au passé dans le domaine de la longévité, mais aussi de retour sur investissement. C'est quand même des investisseurs, donc ce qui les intéresse, c'est de miser sur les technologies du futur. Et donc, je suis vraiment ravi de voir de plus en plus d'intérêt à ce sujet. notamment de la part d'investisseurs majeurs en France et dans le monde, qui commencent à regarder ça avec beaucoup d'intérêt à la fois personnel et également professionnel. Et donc c'est ce qu'on fait. Il y a aussi un volet, on appelle ça en anglais advocacy, on va dire lobbying ou communication au niveau politique, d'influence, on va dire, au niveau politique. On fait venir des leaders politiques qui portent des projets autour de la longévité, pour le plus grand nombre. pour leur expliquer quelque part et les éduquer à cette médecine préventive et à ces biotechnologies qui vont venir révolutionner la vie telle qu'on la connaît.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux me dire un peu quels sont les sujets des différentes startups par exemple ? Donne-moi des exemples.
- Speaker #0
Oui, oui. Donc l'année dernière, on a eu par exemple une dame qui s'appelle Lise Parish, qui est venue il y a 55 ans et qui sincèrement, lorsqu'on la voit, n'en fait pas plus de 30. Elle a développé... L'une des premières à avoir développé un traitement par thérapie génique réversible qui lui permet de modifier localement son matériel génétique et d'avoir du matériel génétique externe qui va commencer à produire un certain nombre de protéines à l'intérieur de son corps, de ses cellules, pour compenser les effets du vieillissement. notamment de la folistatine qui stimule la croissance musculaire et la densité osseuse, qui est un vrai problème, la sarcopénie, tu en parlais, l'ostéopénie qui est aussi un autre sujet majeur plus on avance dans l'âge. Donc la thérapie génique, sa présentation c'était « Je suis le premier OGM humain dans l'histoire de l'humanité » . Je ne sais pas si c'est la toute première, mais en tout cas parmi les premiers, et les résultats sont tout à fait incroyables, ils sont bluffants. La thérapie génique est une direction qui est vraiment très proche d'une mise sur le marché quelque part, puisqu'il y a déjà des personnes qui subissent des traitements comme ça. On a ce domaine de médecine régénérative qui est un terme un peu fourre-tout pour expliquer qu'on a aujourd'hui de plus en plus la capacité à régénérer les tissus, soit en faisant de l'impression 3D d'organes à l'extérieur du corps, mais avec des cellules qui sont... qui sont créés à partir de cellules souches de son propre corps. Donc ça ne suscite aucun rejet par le système immunitaire. On sait faire du cartilage aujourd'hui, donc on va peut-être investir au travers de l'une des structures qui s'appelle le Club 2060 dans une start-up qui est au Canada et qui est la première à avoir développé une technologie qui permet de recréer du cartilage là où il n'y en a plus. à travers une injection de cellules souches, mais avec un facteur de croissance assez particulier qui permet aux cellules souches de se différencier et ensuite de se fixer sur l'articulation. De peau, on peut faire de la peau aujourd'hui. C'est une structure assez simple, la peau, à partir de cellules souches. On a même réussi à faire une impression 3D de foie, qui est l'un des organes les plus complexes du corps humain. donc vraiment la la promesse de traitement révolutionnaire dans l'avenir proche, je parle de 5-10 ans, est vraiment très séduisante et très réaliste. Qu'est-ce qu'on a également ? Il y a aussi cette santé digitale, parce qu'on est capable aujourd'hui d'accumuler de plus en plus de données biométriques, notre sang, la fréquence cardiaque, la variabilité cardiaque, le nombre de pas, enfin tout Toutes ces choses-là, ça représente des quantités de données qui sont de plus en plus importantes, qui sont aujourd'hui disparates, mais qui peuvent être agrégées et corrélées par rapport à nos biomarqueurs et à des analyses de sang, et ont dégagé des mécanismes de cause à effet, des effets de cause à effet, entre si tu dors... Deux heures de plus, voilà les avantages que tu pourras en tirer. Et quand on regarde dans l'historique de tes biomarqueurs et comment ton corps réagit par rapport à un surplus de sommeil, on est raisonnablement et statistiquement confiant de te dire que tu auras ces avantages-là et donc on peut les quantifier.
- Speaker #1
Beaucoup de promesses, beaucoup d'espoir.
- Speaker #0
Beaucoup de promesses et beaucoup d'espoir. Mon père, quand j'étais petit, me disait que lui, c'était une génération sacrifiée parce que dans les années 70 c'était On voyait des films de ce que serait l'avenir, l'année 2000, avec des robots, avec des voitures volantes, etc. Et que les années ont passé et c'est une réalité qu'il espérait n'est toujours pas au rendez-vous. On est en 2025, on n'a pas encore de conduite automatique. Alors il y en a un petit peu au San Francisco, on s'en approche. Mais voilà, le fait est que les délais ont été beaucoup plus longs que ce que les gens de la génération de mon père attendaient. Je pense que là, on est en train vraiment d'arriver à un point de bascule. Et tous ces changements-là, c'est dans notre génération qu'ils sont en train d'arriver. D'ailleurs, le robot intelligent, on l'a, il s'appelle JetGPT aujourd'hui. Et donc, je pense que c'est vraiment une époque extraordinaire qu'on est en train de vivre, notamment au niveau de la santé.
- Speaker #1
Ça, c'est sûr, on a beaucoup d'espoir. La technologie et puis la recherche et les nouvelles technologies vont ouvrir des horizons. On ne peut pas ne pas penser un peu au corollaire de ça. On a des inquiétudes, il y a notre humanité qui est aussi en jeu. Toutes les technologies ont dépendu un petit peu de ce que l'homme en a fait et de l'usage qu'on va en faire. Impossible de ne pas évoquer l'éthique. est-ce qu'il y a une réflexion philosophique et éthique sur toute ces choses-là en sachant que il y a toujours un petit côté asynchrone entre la vitesse des biotech et la vitesse de la réflexion humaine. Ça va toujours très vite avant qu'on commence à se dire est-ce que c'est bien pour nous, est-ce que c'est pas bien pour nous. Je pense qu'on a besoin de la technologie pour vivre. Maintenant, je pense qu'aussi, il faut qu'on se pose à chaque fois parallèlement la question de l'usage qu'on va en faire et rester vigilant sur les travers qui peuvent et arriver. Est-ce que tu en penses, toi, Gabriel ?
- Speaker #0
J'ai beaucoup réfléchi à ce sujet-là et j'ai aussi beaucoup discuté avec des chercheurs, avec des investisseurs, avec des hommes politiques, avec des personnes pratiquantes de certaines religions aussi, puisqu'après, il y a aussi une dimension spirituelle à tout ça. Absolument tout le monde, sans exception. est d'accord pour dire que c'est absolument vertueux et éthique d'aider l'humanité à vivre 80 ans, 90, enfin un certain temps, en bonne santé. Il n'y a pas un courant philosophique, il n'y a pas un philosophe, il n'y a pas une personne pour dire « moi j'ai envie de vivre peu de temps et en mauvaise santé » . Ça n'a aucun sens. Et donc l'idée, c'est de se dire que « moi je suis entrepreneur » . Je ne tire pas des plans sur la comète, je ne suis pas un rêveur. Ou si je suis un rêveur, je fais plutôt des rêves court terme que je peux transposer dans la réalité de mon vivant. Et donc le sujet qui me concerne au jour le jour et qui me fait vivre aujourd'hui, c'est de me dire que j'avance le plus rapidement possible, je pousse l'humanité le plus rapidement possible vers une réalité qui est celle de vivre 90 ans en bonne santé. Le soir, on se couche, le matin, on ne se réveille plus. qu'est-ce qui va se passer lorsqu'on va arriver là et qu'on aura la possibilité de vivre 120, 150, 200 ans et que probablement il y aura un risque qu'une élite puisse accéder à ces durées de vie-là et pas le reste de la population. Certainement, ce sont des sujets qui vont être d'actualité dans un certain avenir, plus ou moins lointain. Ce n'est pas ce qu'il est possible de faire aujourd'hui. Et donc, c'est un sujet qui ne me concerne pas. parce que trop lointain et effectivement toi et moi on peut passer un soir à prendre une soirée, à prendre du vin, à regarder le ciel et refaire le monde et se dire qu'est-ce qu'on va faire lorsqu'on va savoir qu'on vit 200-300 ans on n'en est pas là aujourd'hui donc vraiment je pense que ce qui devrait animer notre réflexion et l'orientation de notre énergie c'est comment arriver dans une situation où On arrive à vaincre le cancer, on arrive à vaincre les maladies neurodégénératives et on vit ce qui nous est donné de vivre sur cette terre, mais en bonne santé, pour que ça coûte moins à la société, pour que ça fasse moins souffrir les autres personnes et que nous, on puisse profiter de cette vie qu'on a sur cette terre. C'est un petit peu la philosophie que j'ai. Et effectivement, elle est incomplète dans le sens où je ne sais pas ce qui va se passer lorsqu'on sera là. Mais je préfère déjà qu'on soit à ce point avant de réfléchir à la prochaine étape.
- Speaker #1
J'entends très bien, Gabriel. Mon propos n'était pas par rapport à la longévité, parce qu'on est d'accord sur le principe et l'enjeu. Je pense que tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut se battre pour faire de la médecine préventive et augmenter la durée de vie bonne. Pour toutes les personnes, peut-être qu'on en fera partie, qui vont vivre plus longtemps d'ici 2050, 2060, comme tu le dis, la question est simple, c'est dans toutes les technologies et dans toutes les choses qu'on découvre, prise à part, pas l'ensemble, prise à part. Par exemple, quand je prends tout simplement l'exemple des cellules souches embryonnaires, Elles ont posé à un moment donné la question de l'éthique de l'utilisation des cellules souches embryonnaires. On peut se poser des questions à chaque niveau. L'idée, ce n'est absolument pas de retarder la recherche ni la biotechnologie, c'est de toujours accompagner cette recherche qui doit être là, présente et rapide. Ça, on en est conscient. Et maintenant, ça n'empêche pas qu'il y ait des gens dans de ces métiers qui puissent accompagner les chercheurs, les entrepreneurs à se poser des questions et à réfléchir. Chacun a un métier. Il y a des bio-éthiciens, il y a des éthiciens, il y a des philosophes qui peuvent participer au développement et faire participer aussi l'ensemble de la société. parce que la... L'amélioration de la vie et de la vieillesse ne concerne pas uniquement les entrepreneurs ou les médecins ou les chercheurs. Ça concerne chaque personne qui pourrait investir dans sa santé. On pourrait bien sûr inclure la société dans ce débat et chacun à son niveau.
- Speaker #0
Tout à fait. Je suis tout à fait d'accord avec toi. On a même un volet dans la Fondation 2060. qu'on est en train de développer justement pour stimuler ces débats publics, impulser le MEDEF, impulser le législateur, impulser les différentes associations pour commencer à se poser ces questions-là, qui sont des questions d'actualité. J'ai l'impression que l'opinion publique, très souvent, est détournée de sujets vraiment impactants, au profit de toutes sortes de détails. qui finalement occultent les choses qui vont avoir le plus d'impact dans leur vie.
- Speaker #1
Oui, mais je vais même abonder dans ton sens. Oeuvrer pour la médecine préventive aujourd'hui, on n'a plus le temps d'attendre, il faut absolument aller dans ce sens. La longévité est un enjeu qui est majeur. Majeur. Et on est d'accord, il faut aller dans ce sens. On ne peut pas laisser les comorbidités s'installer et faire de la médecine réactive. Et je pense que... On a l'espoir aujourd'hui que les nouvelles technologies vont vraiment aller dans ce sens. On le souhaite de toute façon.
- Speaker #0
Tout à fait. On n'a pas d'autre choix maintenant. Il faut aller vite. Le plus vite possible, c'est mieux.
- Speaker #1
Je comprends, Gabriel. Je te remercie infiniment pour ton éclairage, ton approche, ton regard. Voilà, c'est toujours intéressant d'avoir un regard qui est différent du sien, celui d'un entrepreneur, celui de quelqu'un qui œuvre d'une autre façon. que celle du terrain.
- Speaker #0
La discussion était très intéressante. Merci de permettre à tes auditeurs de s'intéresser à ce sujet-là et espérons-le le transposer d'une manière ou d'une autre dans la vie de tous les jours.
- Speaker #1
Je l'espère. Merci. Merci beaucoup, Gabriel.
- Speaker #0
Merci, Manon. À bientôt.
- Speaker #1
Mes chers amis, s'intéresser à la longévité, c'est porter de l'intérêt à sa santé. avant que les maladies s'installent. C'est également prévenir la dépendance potentielle des plus âgés d'entre nous. Si ce sujet vous intéresse, faites-le-moi savoir par Instagram en commentant les shorts de l'émission. A très bientôt !