- Speaker #0
Enquête d'accord, l'art de communiquer et d'être en lien. Comment imaginer qu'au croisement de la santé physique et mentale, de la qualité de nos liens sociaux et l'influence de notre héritage familial et culturel se nichent dans le silence notre santé sexuelle ? Vincent Huppertand nous invite au Pas de Côté. qui permet d'interroger la santé sexuelle, sa normalité, sa dysfonction, et comment remettre le lien à l'autre au centre de l'intelligence érotique. Excellente écoute. Bonjour Vincent.
- Speaker #1
Bonjour Imane.
- Speaker #0
Je suis très heureuse de t'accueillir aujourd'hui et je te remercie infiniment de me faire le plaisir de ce partage et de ce moment. On avait... tellement parlé les fois d'avant de façon officieuse parce qu'on se connaît dans la vraie vie, on travaille au même endroit et là, un petit projet qui se concrétise et qui me rend pleine de bonheur et de joie et je te remercie infiniment pour ça.
- Speaker #1
C'est à moi de te remercier parce que c'est toi qui as été d'abord mon invité dans mon podcast Je parle du podcast qui s'appelle Prostate Minute Evasectomy euh hum sur la contraception masculine et tu as bien voulu enregistrer dans les conditions du bloc opératoire parce qu'on est des médecins tous les deux et que c'était un moment fantastique et que je suis ravi d'être là.
- Speaker #0
C'était ma première expérience de podcast. C'est peut-être ça qui m'a donné envie par la suite. C'est tant jamais.
- Speaker #1
En tout cas, c'est une expérience qui a été très utile. Moi, ça m'a aidé et voilà, un grand merci. Je suis très heureux d'être ici dans ton podcast.
- Speaker #0
C'est réciproque Vincent. Alors aujourd'hui on va parler d'un sujet qui est délicat, mais un sujet que tu connais extrêmement bien et que tu essayes de faciliter au plus grand nombre. Tu es quand même un vulgarisateur du sujet, c'est la sexualité et ta contribution ces dernières années est de faciliter l'approche de ce sujet un peu complexe au plus grand nombre, à tes patients d'abord pour qu'il soit à leur portée. qu'ils puissent trouver dans les sites, dans les ouvrages que tu vas produire, en leur intention pour leur faciliter la vie, leur faciliter l'accès, et aussi au plus grand nombre. Donc je vais commencer par te présenter, mais tu peux compléter évidemment. Tu es d'abord chirurgien urologue, tu es andrologue, et tu as fait de la médecine sexuelle, donc tu fais tout ça à la fois. Tu pratiques la vasectomie sans scalpel. aussi, c'est une de tes spécialités. Tu es intarissable sur le sujet. Il y a tellement de contenu. Il y a même, je crois, un ouvrage sur la vasectomie, sur la sexualité, sur la sexualité masculine, probablement.
- Speaker #1
C'est mon livre, c'est Encyclopénis. C'est un livre qui est extraordinaire, avant tout pour moi. Pourquoi ? Parce que ça a été la vallée de la dépression. On parle souvent de la courbe, de l'ignorance. J'avais tellement le sentiment que je maîtrise le sujet en me lassant dans l'écriture de l'ouvrage. Et au fur et à mesure que j'avance, c'est une vallée, c'est une catastrophe. Je dis mais je ne connais pas ça, je ne connais pas ça, je ne connais pas ça, mais je ne connais rien. Et donc, ce livre sorti en 2019, juste avant la pandémie, ce qui explique que les ventes ont été limitées, mais ça a été une ouverture exceptionnelle. qui m'a poussé à me dire, mais qu'est-ce que c'est le sexe ? Parce qu'à l'époque, je ne savais pas. Est-ce que je sais encore ? Je sais encore plus, peut-être pas assez, mais en tout cas, c'est la question centrale aujourd'hui. Qu'est-ce que c'est le sexe ? Et pourquoi il y a tant de soucis dans la société actuelle qui est très complexe ? Pourquoi le sexe qui est si fantastique, il est quand même cynique ? Il est quand même violent ? Il est quand même douloureux ? il est quand même qui détruit parce qu'on a deux visions du sexe, mais on parlera peut-être plus tard dans le sujet parce qu'il y a ces deux visions du sexe que je défends. Il faut faire attention sur la diffusion du sexe, moi, mon sexe, et notre sexualité, qui sont deux sujets qui sont différents, qui sont un aussi important que l'autre.
- Speaker #0
C'est-à-dire que d'abord, tu as pris conscience que c'est un sujet complexe, vaste, que même si tu es expert, que tu vois des patients depuis... tant d'années qui viennent te voir pour des problèmes sexuels, tu découvres tous les jours des pans et des... et des angles de vue de la sexualité qui n'arrêtent jamais. Et je pense qu'on a encore beaucoup, beaucoup de choses à apprendre.
- Speaker #1
Tout à fait, c'est tout à fait ça. Les dysfonctions, quelles qu'elles soient, elles sont bien établies. La médecine a avancé, on a un cadre nosologique médical, on sait les tests, les examens, on a parlé. Ça, c'est la démission de sexe. C'est ma sexualité, le sexe individuel, le sexe performance, le sexe... Mais ce sexe-là, parfois, va pousser l'autre à devenir un objet. Et ça séparait tous les troubles sexuels individuels, sans classifier l'éjaculation, l'érection, le libido, le cadre est assez précis. Mais ce que je vois, c'est l'interprétation que chacun, par rapport à notre histoire, par rapport à notre vécu, par rapport à ce qu'on a souffert, par rapport à ce qu'on a subi, on a vécu, mais il y a chaque histoire. Elle est unique. Et ça, c'est fascinant. Comment on arrive à rendre quelque chose de douloureux, de compliqué, dans quelque chose qui est joyeux, qui est fantastique. Et chaque consultation, c'est challenging, parce qu'il faut arriver à passer du négatif, de la souffrance, au bonheur, parce que la sexualité épanouie, c'est rien que du bonheur.
- Speaker #0
Allez, on va commencer à essayer d'expliquer et de faciliter cette... approche et cette transformation de passer de quelque chose qui est souffrant vers quelque chose qui est épanouissant. Mais tu es d'accord avec moi, la sexualité est quand même un sujet qui est difficile à aborder dans la vie de tous les jours. C'est un sujet tabou, c'est un sujet chargé de symbolique. Il y a l'héritage, il y a la famille, il y a la culture. Et en même temps, cette sexualité, c'est quelque chose de profondément constructeur de qui on est, comme tu viens de dire, et de... comment on se présente par rapport à la société et par rapport à notre entourage. Comprendre la sexualité, c'est d'abord une façon de se connaître soi et aussi de connaître les autres. Et puis cette sexualité, au départ, on a l'impression que c'est quelque chose de physiologique et médical. Et après, on se rend compte que c'est touché à la psychologie, c'est touché à la sociologie, encore plus vaste encore, et que, derrière la sexualité, on peut découvrir son corps et ce qui le constitue, son état physiologique, son état de santé de base. Et derrière, c'est aussi sa connaissance de sa santé mentale, parce que derrière la sexualité, c'est aussi notre santé mentale. Il peut y avoir de la dépression, de l'anxiété, tellement de choses. Et puis, ça raconte aussi toutes les pathologies sociales. Donc, c'est juste énorme et complexe. On... pourra pas tout faire aujourd'hui. Ça, c'est une certitude. Et j'ai envie juste de balayer le parcours comme si on décrivait le parcours des patients qui viennent te voir. Est-ce qu'on peut parler de la normalité et de la dysfonction ? C'est quoi la normalité en sexologie, Vincent, selon toi ?
- Speaker #1
Je ne sais pas ce que c'est la normalité, mais je sais une chose. Je sais que c'est la question la plus fréquemment posée par les patients. Docteur, est-ce que je suis normal ? Normal de quoi ? Parce qu'à la normalité de la taille, la normalité de l'érection, de l'éjaculation, de nombre de fois, la normalité de l'intensité de l'orgasme, la normalité pour recommencer un deuxième, troisième, cinquième coup, la normalité par rapport à mes copains, par rapport à celui qui raconte, et à cette normalité finalement. Mais pourquoi on a besoin de... Être normal. La normalité, c'est que je me compare aux autres. Est-ce que j'ai besoin d'être heureux, plein et complet, intègre de ma vie intime avec celle ou celui que j'aime et me comparer en même temps aux autres ? Pas ça qui compte. C'est ça la question. Donc la normalité, c'est un vrai dictat de normalité. Il est dictat pourquoi ? Parce qu'on va voir bientôt. Tous les magazines arrivent, les magazines de l'été, au mois de juin, juillet, on vous prépare sur l'anormalité de l'été, de la sexualité en été, l'anormalité de dating, l'anormalité des nouvelles sexualités, des nouvelles normes. On est envahi par des normalités, par des normes. Et tout ça, c'est insupportable parce que finalement, ce qui compte, c'est quoi ? Donc,
- Speaker #0
il n'y a pas de normal. Il n'y a rien de normal.
- Speaker #1
Le jour où on aura la normalité du bonheur, on pourra parler de la normalité. en sexologie. C'est quoi la normalité du bonheur ?
- Speaker #0
Donc, au fait, il y a autant d'humains que de normes, au final. Et même pour chaque individu, il y a une normalité à un âge qui n'est absolument pas la même à un âge différent.
- Speaker #1
Il faut vivre, s'adapter, évoluer avec son âge, parce que notre vie change. Toutes les religions, tous les mouvements, on a parlé de taoïsme, on a parlé de bouddhisme, c'est d'accepter le changement parce qu'on ne peut pas passer deux fois dans la même rivière. Parce que la deuxième fois, nous on n'est plus le même et l'eau n'est pas la même. Donc il faut accepter qu'il y ait un changement. D'ailleurs, ma mission de sexo, ce n'est pas nécessairement de rétablir une normalité, rétablir absolument l'état intérieur. aider au maximum avec les outils qu'on a, mais c'est aussi un travail intérieur d'acceptation de switcher pour innover, réinventer sa sexualité actuelle par rapport à cet exemple.
- Speaker #0
Alors, j'ai l'impression qu'on est passé d'une société où les injonctions étaient de ne pas faire, vers une société où l'injonction c'est plutôt soyez ça. Et que ça, ça crée quand même des difficultés individuelles Euh... parce que nous ne pouvons absolument pas coller à ces injonctions et que ça crée de la frustration en masse chez tout le monde et de la difficulté probablement, je ne sais pas si tu le perçois dans ta patientèle, est-ce que cette nouvelle génération des 18-25 ans, malgré le fait qu'ils ont un peu plus accès à l'information, est-ce qu'ils n'ont pas un peu plus... plus d'injonctions à être des choses qui sentent bien qu'ils sont incapables d'être. Je pense particulièrement à tout ce qui se transmet dans les réseaux sociaux et peut-être de ce qui est véhiculé par l'industrie du porno.
- Speaker #1
On vit un moment fantastique. Ça fait 100 ans dans lequel on met au centre de la vie la consommation. On consomme tout au-delà de nos besoins. On n'a jamais eu autant de consommation, autant de confort, autant de biens, autant de voitures, autant de médicaments, autant de bijoux, autant de photos, autant de maquillage. On n'a jamais été aussi, j'ai l'impression, si malheureux. On n'a jamais consommé autant de produits, des antidépresseurs, des anxiolytiques, un vrai problème. J'ai l'impression que la consommation va de pair avec la santé mentale, mais dans le sens opposé. Parce que... Et le sexe, on consomme. On consomme du porno, on consomme des réseaux sociaux, on consomme la sexualité, c'est avec l'autre. L'autre, ce qui est terrible, c'est choquant. Très souvent, j'ai l'impression que ceux qui consultent voient l'autre comme un objet pour sa propre sexualité. On n'est plus dans le lien. On n'est plus dans la construction. On n'est plus dans quelque chose qui nous nie, quelque chose qui est fantastique, à savoir, on n'est plus... Deux, on est chacun qui consomme de son côté. Donc, on a besoin de l'anormalité. Donc, on consomme. Et c'est ça le problème. Cette injonction, ce n'est pas la sexualité. Cette injonction à consommer, Si tu n'as pas la Rolex, si tu n'as pas la voiture, si tu n'as pas le nombre de followers, si tu n'as pas des likes, tu n'as pas réussi ta vie. Oui, encore aujourd'hui. Et on est loin des bonheurs simples, d'être à deux. face à face, de s'embrasser, de se câliner. On est tout de suite dans le Kama Sutra. Il faut avoir coché tous les cas du Kama Sutra, alors que finalement, lorsque je discute avec des gens de certain âge, ce n'est pas la sexualité, ce n'est pas les modalités, les pénétrations, les façons, les techniques, ce n'est pas ça qui compte. Mais c'est la profondeur et l'intensité de liens humains qui unit deux êtres sur la dimension affective et sexuelle.
- Speaker #0
Alors, Je comprends que dans la sexualité, on ne met pas qu'un besoin sexuel, mais qu'il ne faut pas exclure parce qu'il est réel. C'est toi d'ailleurs qui m'as appris ça, tu pourras m'en parler. Et il y a un besoin sexuel, mais il y a derrière chaque besoin d'autres besoins qui sont cachés. Il y a le besoin de lien, le besoin d'amour, le besoin d'affection, de présence, le besoin de reconnaissance, de séduction. Donc, on peut placer beaucoup de besoins dans ce besoin sexuel. Et la difficulté dans cette synchronisation par rapport à quelqu'un d'autre, c'est de synchroniser des besoins au même moment et d'être OK sur la même énergie qu'on déploie dans une approche. Ça, ce n'est pas toujours évident, même au sein d'un même couple uni, déjà établi.
- Speaker #1
Ça, c'est l'illusion du synchronisme parfait, de l'organe synchrone. Il y a des couples. On est différent. La question, c'est en quelle mesure ? nous pouvons nous adapter. Pour comprendre une des questions que je me suis posée, qu'est-ce le sexe ? Qu'est-ce que c'est le sexe ? Pourquoi donc le sexe ? On l'a vu que c'est tout ce problème. Je me suis plongé dans l'histoire. de la vie sur la planète. C'est une histoire, donc ce que je raconte, ce n'est pas toujours évident, parce que c'est une histoire, il y a des gens, en fonction de nos croyances, nous acceptons ou pas l'histoire. Il y a quelques faits, il y a un fait, on a montré que les premières traces de vie sur la planète remontrent à la découverte des êtres il y a 3,5 milliards d'années. Donc, il semblerait que la vie ait apparu sur la planète il y a 4 milliards d'années. On ne sait pas trop comment, mais en tout cas, c'est comme ça. Nous sommes quoi ? que de la poussière cosmique, de l'hydrogène qui vient des planètes. Tout ça formait des tissus, des cellules, le sexe et les êtres vivants. 4 milliards d'années et 90% des espèces ont disparu. Pourquoi ? Parce que la vie change, la planète change et que la vie a inventé quelque chose de fantastique, c'est l'évolution et l'adaptation. Donc petit à petit, l'évolution a fait qu'on est arrivé jusqu'à ce que nous sommes aujourd'hui homo sapiens, soit disons au sommet de l'arbre généalogique. Et qu'est-ce qui fait que le sexe est important ? Le sexe, c'est la transmission. Donc, la vie, elle doit se répliquer en mieux. Et la sexualité, elle sert à ça. C'est-à-dire que tout être vivant va essayer de se reproduire d'une manière ou d'une autre. C'est biologique. Les êtres qui n'avaient pas la capacité ou qui ne devaient pas se reproduire, qui n'avaient pas l'adaptabilité, l'évolution des espèces les alimine. Une comparaison avec les chimpanzés, les bonobos, qui sont nos cousins. L'écart d'ADN, très minime, autour de 2%. Il y aurait 5 à 7 millions d'années, on était sur la même branche de l'arbre génologique d'Homo sapiens. Aujourd'hui... Nous, les sapiens, l'intelligence, on construit et on détruit. On est 8 milliards. Les bonobos, quelques familles en Ouganda, au Congo, pas tant que ça. Au niveau individuel, un bonobo va survivre dans la forêt, va grimper à la force pour chasser, pour cueillir, pour se défendre. Laisser un être humain seul, quelle est son espérance de vie, une seule nuit seule dans la forêt africaine ? Donc, individuellement, nous sommes inférieurs. Qu'est-ce qui fait que nous, les sapiens, nous sommes pourtant là, 8 milliards ? Il y a quelque chose qu'on appelle ça le lien social. Donc, nous sommes un être particulièrement attachant au lien social. Et la sexualité, c'est une des dimensions du lien social. Donc, nous sommes un être de lien. Donc, il y a la dimension sexuelle de reproduire. Nous avons dans notre cerveau une machine. qui est programmée à se reproduire. Lorsque, vers 16-17 ans, à la fin de l'adolescence, comme j'ai connu, comme tous les garçons de mon âge, lorsque la vieille prof de français est un peu fatiguée, un peu en dépression, en burn-out, on a des maladies, il y a une jeune qui arrive, on est tous cachés en dessous des tables parce qu'on est tous en élection. On ne sait pas pourquoi. On n'a pas décidé de l'avoir. D'ailleurs, on est tous un petit peu embarrassés parce que l'élection, elle est là. C'est terrible parce qu'on... Parce que ce n'est pas bien, ce n'est pas la norme, ce n'est pas bon. Mais on n'a pas décidé. Donc, on souffre de ça parce que ça nous tombe comme un tsunami sur la tête, ce besoin. Donc, on n'a pas décidé d'avoir une excitation. En fait, l'érection, ça nous traduit que la machine émotionnelle dans notre cerveau a détecté une opportunité de reproductive, comme n'importe quel animal. C'est la machine, c'est biologique, c'est animal, qui a déclenché la vague biochimique qui va déclencher... La phase de dilatation des corps rectifs, c'est comme ça que ça marche. On n'a pas décidé. Ça n'empêche que nous sommes aussi un être social, et là c'est là que ça se passe. C'est ce qu'on appelle le gap évolutionniste. C'est notre lobe préfrontal qui, c'est lui qui fait de la philosophie, qui réfléchit et qui aussi centre tout ce qui est empathie de l'un à l'autre, appuie le contrôle. Donc nous ne sommes pas qu'un être individuel qui... pense uniquement à sa propre survie et à sa propre reproduction, nous sommes quelque chose de fantastique parce que le lien, nous deux ici, nous sommes en lien. On est là, pourquoi ? Parce qu'on n'a pas vraiment d'intérêt biologique, évolutionniste, on est là parce qu'on a une communion entre nos idées et notre vision, donc on partage la même vision sur la vie, donc on échange des choses. Donc c'est ce lien et la sexualité, la vraie sexualité, la sexualité qui nourrit, qui enrichit, qui sublime, c'est la sexualité. qui est lien, qui va sublimer un rapport amical, amoureux, attachant, mais à un niveau supérieur de sexualité. Donc, on n'est plus dans la consommation. On n'est plus dans pilonner de pensée, érection, éjaculation, orgasme. On est dans quelque chose de beaucoup plus beau, beaucoup plus sublime. Et là, je disais tout à l'heure, il faut qu'on soit sur la même longueur d'onde. Et quand c'est la même longueur d'onde, c'est quelque chose de magique. C'est quelque chose de sublime. Ça a été montré probablement. Nos cerveaux résolvent comme un Wi-Fi. On est sur la même longueur d'onde. On n'a pas besoin des mots. On n'a pas besoin. On se regarde, un regard, c'est déjà extrêmement parlant. On a un regard, on a un sourire, notre visage parle. On n'a pas besoin d'ailleurs, souvent dans la sexualité, on ne va pas beaucoup parler parce que par le toucher, par le regard, par les yeux, par les poupies qui se dilatent, par la respiration, on transmet tellement de choses, en fait, que c'est de l'énergie qui fait qu'on est ensemble sur la même longueur d'onde.
- Speaker #0
C'est l'état de grâce, quoi.
- Speaker #1
C'est l'état de grâce absolu. Et ce... Et je n'ai connu, ceux qui me connaissent des moments comme ça, c'est un moment qui est extraordinaire dans leur vie. Hélas, ce n'est pas donné à tout le monde, parce qu'on est encore dans la consommation primaire, individuelle. Donc, je consomme, je consomme. Et on pense qu'érection, éjaculation, on y vient. Qu'est-ce qu'on est moyen ? Pas au lien, on est juste à ma sexualité, mon problème d'érection. Et que le drame que je vois en consultation, on ne... On ne parle pas affection, on ne parle pas la tendresse, on ne parle pas sexualité, on ne parle pas des envies. Chacun essaie de résoudre le problème à titre individuel. Les hommes prennent des élections, Madame est au courant, mais non. Vous prenez un traitement, elle est au courant, mais non. Mais vous pensez qu'elle est aussi idiote qu'ils ne se rendent pas compte que votre élection, ça fait deux semaines que vous avez venu me voir, depuis deux semaines, votre élection est meilleure, vous pensez ? Ce n'est pas parce qu'elle ne me le dit pas qu'elle ne s'est pas rendue compte. Elle s'est rendue compte parce qu'elle a quelque chose de supérieur, un esprit psychologique, un espèce de sixième sens qui lui dit. Il y a quelque chose de nouveau. Donc, si on vient seul résoudre un problème à deux, c'est que l'autre n'est pas à sa place. L'autre n'est pas concerné, c'est que moi concerné. Et ça, c'est terrible.
- Speaker #0
Vincent, alors ce que tu dis est extrêmement pertinent. ça nécessite au préalable une conscience individuelle déjà et une connaissance de soi suffisamment présente et ensuite la connaissance de l'autre, donc ça nécessite qu'on ait quand même un peu en conscience de comment on fonctionne pour pouvoir aussi l'expliquer et l'exprimer à l'autre et pour pouvoir et que l'autre puisse décoder parce que si nous-mêmes on ne sait pas comment ça fonctionne Pour nous-mêmes, ça va être compliqué au fait de transmettre et de chercher l'harmonie par rapport à la personne en face dans le couple ou même si c'est une relation ponctuelle. Alors, on sent la complexité de la chose. Donc, ça tient à beaucoup de choses. Maintenant, est-ce que tu peux m'expliquer, toi, Vincent, comment tu en es venu à te poser toutes ces questions ? Parce qu'à la base, tu es chirurgien urologue. comment on passe de la chirurgie à la théologie de la technicité pure et dure à une dimension holistique, philosophique, anthropologique de la sexualité. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Je crois qu'il faut être curieux. Il faut avoir cette curiosité de sortir de ce que tu sais, de te dire « je n'en sais rien » et d'accepter que tu es ignorant, que tu n'es rien et qu'il faut aller au-delà de ce qui te dit ton propre confort. Parce qu'effectivement, quand tu es chirurgien, tu arrives à faire l'opération. Tu arrives à gérer les complications, les cas difficiles, tu peux très bien continuer à faire la même chose. Tu arrives le matin, tu opères, tu fais le truc. Le lendemain, tu commences et tu commences et tu fais la même chose à l'infini. Tu vas améliorer un petit peu, etc. Donc ça, c'est une chose qui est très bien. Et puis après, c'est des gens qui sont disruptifs, qui disent peut-être, peut-être, que je ne sais rien. Peut-être, comme le livre. Le livre m'a permis de dire mais tu es ignorant, tu ne connais rien. Donc ça m'a dit, il faut que je sorte. Et comme je n'avais pas pas les réponses en médecine, parce qu'en réponse, en médecine, on a les mêmes choses, les mêmes schémas, l'érection, les IPDE5, le Viagra, le Cialis, la testostérone, l'écodopère, etc. J'ai dit, mais on ne va pas limiter la sexualité humaine juste à des chiffres. On ne va pas le bien-être, je reviens juste au paradigme du bonheur. Le jour où on me donnera un chiffre pour le bonheur, on sera la cible du bonheur pour être heureux dans la vie. Pas de chiffres. Donc, on ne peut pas limiter la santé, ce que nous sommes, à un taux de tessotérone, à un durée, etc. Ce n'est pas ça. Donc, j'ai quitté la médecine et je suis allé au-delà de la médecine. J'ai lu de la neurobiologie, j'ai lu des ouvrages entiers, de philosophie, des ouvrages de biochimie, de biologie, de théologie, les chimpanzés, la séculation des chimpanzés, des visionnaires, des heures et des heures, des YouTube, pour essayer de comprendre. Mais sortir, j'ai lu très, très peu de médecine sexuelle, j'ai lu l'essentiel, mais je suis allé au-delà de ça parce que je me suis dit, il faut comprendre qu'il y a quelque chose. Et j'ai trouvé des ouvrages, des gens très intelligents qui finalement nous parlent de ça déjà bien avant.
- Speaker #0
Et aussi les patients qui apportent eux-mêmes les questionnements et les réponses parce que quand tu dois prendre en charge un patient, quand bien même tu le prends en charge pour un problème qui est purement physique ou médical, on voit bien l'importance de tout ce qui n'est pas technique tout de suite. C'est-à-dire cette dimension-là, elle se... pose très rapidement et on comprend tous l'effet placebo, on a tous les exemples qu'il faut sur l'effet placebo, le changement de mentalité, la déconstruction de certaines croyances, je pense à beaucoup de choses. Le fait de régler ne serait-ce qu'un trouble anxieux, mieux dormir, tout ça fait qu'au fait, des choses qui paraissent du bon sens et simples et pourtant qui vont avoir des conséquences assez notables. Et il m'a semblé que tu m'avais parlé de l'histoire du cancer de la prostate, parce qu'au départ, c'était quand même la principale pathologie que tu opérais, que tu prenais en charge, avec une conséquence, si tu veux bien m'en parler.
- Speaker #1
Ça, ça a été probablement le choc de ma vie. C'est le choc qui transforme, parce que ça pose des questions. C'est comme le livre. on a un peu On a tous dans nos vies des rencontres, une espèce de carrefour, des ronds-points, et puis ça nous bouleverse, on se pose des questions, et puis on a plusieurs sorties. Pourquoi on sort de la scie à droite, pas à gauche, on ne sait pas, mais c'est ainsi. Cette rencontre, c'était un jeune chirurgien, et un jeune chirurgien, il est plein de certitudes, parce qu'il connaît tous les chiffres, il connaît les techniques, il connaît ce qui fait quoi. il les maîtrisait, il arrive à la maîtrise de sa technique, il est au sommet de sa technique et il est convaincu de lutter et d'aider les gens. Un neurologue, il s'occupe de quoi ? C'est quoi ? C'est la prostate. Quand je dis prostate, il s'occupe de quoi ? C'est le cancer de la prostate. Et un des traitements standards pour le cancer de la prostate, c'est quoi ? C'est l'ablation de la prostate parce que la prostate est cancéreuse, il faut la retirer. Donc, des techniques permettent d'améliorer des... tu as des paramètres, sauf que il y a des conséquences d'ordre sexuel. Et une rencontre, j'étais jeune assistant et suite opératoire simple, chirurgie, aucune difficulté, courte, rapide, ambulatoire, aucune incontinence, tout allait bien. Évidemment, PSA, c'est le marqueur de la guérison indétectable, donc très fier des résultats. J'annonce avec en phase. « Je vous ai guéri ! » Et le patient me regarde. « Vous m'avez détruit, docteur. » « Comment ça ? Regardez le PSA. » « Oui, mais ma vie d'homme, elle est foutue. » « Je n'existais plus en tant qu'homme. » « Je suis né plus aux hommes. » « Mais vous savez ! » « Qu'est-ce que je savais ? » « En 20 minutes, vous m'avez tout annoncé. » « Vous pensez que lorsqu'on est sur le coup de l'annonce du cancer, » « avec des risques, tout ce que ça implique, » qu'on est capable d'écouter, d'entendre et de comprendre tout ce qui nous arrive, c'est un choc. C'est un choc. On n'a pas le temps de dégérer tout ça. C'est maintenant, à froid, que je vois, j'ai plus d'érection, j'ai plus de sexualité, j'ai balancé ma femme, parce que je veux pas qu'elle vive avec un mort à la maison. Parce qu'un homme qui n'a pas d'érection, c'est un mort vivant. Et je voulais pas pour elle un mort vivant. Donc, il voulait pas partir, c'est moi qui l'ai libéré. Je voulais pas. Donc, oui docteur, vous m'avez guéri. Selon vos critères, c'est la médecine qui fait tout, mais moi, en tant qu'homme, vous, vous êtes détruit.
- Speaker #0
D'accord. Là-dessus, il y a plusieurs sujets, Vincent, qui me viennent en tête. D'abord, je voudrais rassurer les personnes qui nous écoutent. Est-ce que tu peux me dire le pourcentage de dysfonction érectile après la chirurgie de la prostate ? Je ne voudrais pas que les gens prennent peur.
- Speaker #1
Ce qu'il faut savoir, c'est que les techniques actuelles, notamment... avec le robot
- Speaker #0
ont complètement changé la donne. On n'est plus du tout dans les mêmes résultats. On est dans une... Donc là, dans mon expérience, le taux de dysfonction exil dans des centres que je connais, il est total, il est à 0%.
- Speaker #1
Ah oui, donc ça s'est beaucoup, beaucoup amélioré. Il ne faut plus craindre ce symptôme.
- Speaker #0
Ça n'a rien à voir.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Cela étant, il faut... On a besoin d'être accompagné, il y a besoin d'un accompagnement. C'est-à-dire qu'on était, à une époque, il y a déjà bientôt 20 ans, on était très focalisé sur la médecine. On n'avait pas, la notion de qualité de vie n'était pas là. Aujourd'hui, ça aussi, ça a changé. Donc, ce n'est pas que moi, autour de moi, tout le monde a changé. On a quand même à nouveau, la qualité de vie, elle est très importante.
- Speaker #1
C'est l'évolution et le progrès qui ont poussé à se poser.
- Speaker #0
On a le robot qui est fantastique. qui permet une technique extrêmement précise pour disséquer les bandelettes, pour préserver l'énergie de l'élection. Et puis, il y a autre chose. Il n'est plus permis, en 2026, de décéder du cancer de la prostate. C'est une maladie qui reste quand même une maladie grave. Si on ne traite pas, j'en vois encore des métastases, des maladies graves, des patients qui n'ont pas été traités. Donc, ça reste quand même une maladie grave. Mais il est quand même aussi important d'accompagner. La maladie est là. Il faut la traiter. On a des options. Ça évolue, ça avance, mais ça n'empêche qu'il faut un traitement.
- Speaker #1
Donc là, tu insistes sur le dépistage. Soyons clairs.
- Speaker #0
Dépistage, je suis le premier à me faire dépister. Parce que dans ma famille, il y a aussi le cancer. Donc, je suis moi-même à risque de cancer à prostate et comme je suis à risque, je continue à me faire dépister parce que... Il a une forme familiale, donc je touche du bois, mais pour l'instant, je suis indemne, mais je suis également à risque de constipation. D'accord,
- Speaker #1
qu'est-ce qu'il faut transmettre comme message par rapport au dépistage ? Le message,
- Speaker #0
c'est simple. Consulter et faire un dosage du PSA à partir de 50 ans.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, pour que le message soit clair.
- Speaker #0
Le message soit clair, parce que ça reste quand même une maladie qui est terrible. Oui, il est guérissable. On peut guérir. on peut guérir et on a fait des progrès énormes en matière de dépistage et de traitement du constat postale.
- Speaker #1
Alors, est-ce que tu me permets d'enchaîner sur les troubles de l'érection ? Parce qu'au fait, tu me diras, est-ce que ça ne fait pas partie des principales causes de consultation ? Ou est-ce que c'est des dysfonctions ? Est-ce que c'est des troubles de la libido, du désir ? Ou est-ce que c'est aussi des troubles spécifiques de l'érection ? les patients qui viennent te voir, Vincent ?
- Speaker #0
Si on prend une par une, la question numéro un reste quand même la dysfonction érectile. C'est vraiment le premier motif de consultation en sexologie.
- Speaker #1
C'est ça. Alors, du coup, moi, me vient la question, d'abord, avant d'entrer dans le détail de la dysfonction érectile, est-ce que tu peux me dire pourquoi cette injonction complètement... forte et immuable de la sexualité masculine qu'elle est historiquement il y a peut-être un substrat historique derrière ça et culturel qui fait qu'une sexualité masculine ne peut pas s'imaginer sans érection est-ce qu'un jour ça pourrait changer j'entends beaucoup la nouvelle génération essayer de se dissocier de cette croyance et d'essayer d'inventer une sexualité autre parce que la pression sur l'érection, elle est immense. J'ai l'impression qu'une identité masculine se construit énormément autour de ça, ce qui crée une espèce de pression qui est incroyable et qui... contribue au fait à la dysfonction parce que au final, tu me le diras, ça s'entretient. Une fois qu'on a l'inquiétude du trouble de l'érection, il y a une certaine anxiété de l'échec qui va le perpétuer et ça entraîne une souffrance, une souffrance qui est énorme chez l'homme concernant sa propre identité masculine, sa virilité et aussi dans les couples parce que la femme en face elle pourrait souffrir d'imaginer qu'elle n'est plus désirable ou qu'elle peut culpabiliser de cette dysfonction ou elle peut se sentir en rapport.
- Speaker #0
Le sujet de l'érection, de la pénétration, ça laisse un sujet, on l'a parlé déjà, extrêmement vaste et complexe. Il y a aussi une réalité physiologique. Tous les nuits, nous avons, les hommes, cinq à six périodes d'érection paradoxale, érection qui nourrit la fonction érectile. Et que si cette érection va déborder le matin, on a la fameuse érection du matin. Donc, signe d'une bonne fonction sexuelle. On a... également cette réponse qui est automatique parce que c'est une réponse émotionnelle, biochimique, de cas de stimulation. Juste l'opportunité, je parlais du cas où on est en classe de terminale, l'érection, on n'a pas décidé, elle arrive. Donc, cette érection, quand l'on l'a vu là, elle est là, elle fait partie de l'arsenal. Après, il y a l'orgasme. Je ne parle pas masculin, féminin, il y a l'orgasme tout court. La mécanique de l'orgasme, chez l'homme et chez la femme, la mécanique biologique, biochimique, est la même. Donc, nous avons tous besoin, quelque part, d'un orgasme, l'homme et femme. L'absence de tésostérone, peut-être, il y a moins, mais beaucoup de femmes, elles ont besoin aussi d'être comme un point de finale qui marque un point final à cette tension érotique parce que le cerveau va passer de le mode très actif, très action, on a L'explosion, on a le feu d'artifice et après, en mode de repos, de bien-être, de calme, de zen, c'est cette vague d'ocytocine qui va aussi créer l'attachement très puissant. Donc ça, c'est de la physiologie. Que imaginer une sexualité sans orgasme, masculin ou féminin, c'est toujours possible. Toutes les femmes n'ont pas d'orgasme, elles ne sont pas toutes malheureuses. Et ce n'est pas du construit. L'homme. qui va se masturber seul en regardant un porno ou pas une revue, ou en prison. Il ne suit pas un modèle. C'est un besoin intérieur, c'est un besoin intrinsèque. Il y a cette tension érotique et tant qu'il n'a pas déchargé, éliminé cette énergie, la tension n'est pas libre dans ses pensées. Thomas d'Aquino et tous les philosophes de la... qui, avec une connotation religieuse, disent que le corps, c'est de la guerre, c'est un terrain de combat. Donc, on a besoin de cet orgasme pour trouver la paix. La manière dont on va trouver cette paix, après, ça dépend de chacun. Ça dépend de la manière. Mais il faut que, d'une manière ou d'une autre, on arrive à trouver cet orgasme. C'est ça la complexité. Est-ce qu'on a besoin forcément de pénétrer ? Il y a des techniques, il y a des hommes qui n'ont pas besoin de pénétrer. Il y a des hommes qui n'arrivent pas. Il y a des hommes, c'est extraordinaire, il y a des hommes qui n'arrivent pas à avoir l'orgasme par la pénétration. Ça, c'est une pathologie qui est méconnue. Tout le monde connaît l'éjaculation prématurée. Très peu d'hommes connaissent l'anorgasmie. C'est l'incapacité d'atteindre un orgasme par le coït. Mais quand je discute avec ces hommes-là qui n'ont jamais réussi de leur vie, un seul orgasme lors de la pénétration, ils sont terribles, ils sont frustrés. C'est une souffrance, on ne peut pas s'imaginer. Mais ce n'est pas grave. Si vous n'avez pas, je ne vais jamais le voir, docteur. C'est quelque chose de magique, c'est quelque chose de sublime. Être avec celle que j'aime, sentir cette fusion-là. Mais vous ne vous rendez pas compte à quel point c'est compliqué. Ils arrivent évidemment à concevoir, parfois, Bye ! passent en PMA, parfois il y a la technique de la cuillère, de la seringue, c'est des hommes qui eux-mêmes n'arrivent pas à la pénétration. Donc, ils n'ont pas besoin de la pénétration pour l'orgasme, ils ont besoin de la pénétration pour le lien. Donc, c'est ça la question. La question, c'est, quelle est la pénétration pour moi ? C'est-à-dire, je corps l'autre corps de l'autre, c'est l'objet, c'est le vagin, j'utilise comme outil pour arriver à mes fins. Ou est-ce que c'est le lien ? Et là, c'est fusionnel. Et il y a des femmes qui sont la même chose. Ils ont besoin de cette pénétration pour sentir un lien physique qui est au-delà du simple orgasme.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
C'est toute la complexité de l'orgasme. Pénétration ou pas. Je crois tout simplement qu'il faut créer sa propre sexualité avec celle ou celui qu'on aime à l'instant T.
- Speaker #1
Ok, très bien. Alors... Du coup, on ne peut pas faire l'économie quand même de la compréhension de la dysfonction érectile. On est obligé, comme tout médecin qui se respecte, de commencer par la physiologie. C'est quand même la base. Quand un patient vient te voir... Pour une dysfonction érectile, c'est impossible de ne pas faire la vérification de son état vasculaire, de sa santé. Qu'est-ce que tu regardes, Vincent, quand un patient vient pour un trouble érectile ?
- Speaker #0
La dysfonction érectile, c'est un premier marqueur de santé cardiovasculaire. Et le premier point, c'est l'hygiène de vie. avec les cinq ennemis. de l'élection qui sont les cinq ennemis de la santé cardiovasculaire. Premier de loin, et je me réjouis de voir que le prix de tabac augmente encore, c'est le tabac. Le tabac, ça détruit les artères. Il y a un phénomène au temps de la vie qui s'appelle l'artériosclérose. Donc tout au long de la vie, lors de la vieillesse, nous sommes tous concernés, n'est-ce pas ? Et qu'il y a une sclérose, il y a une rigidité de la paroi artérielle qui est programmée génétiquement. Et là, notre mode de vie va l'accélérer ou va la ralentir. Le tabac, c'est le premier parce que ça va rigidifier. Donc, le flux sanguin et cette gymnastique, c'est pas bien. Donc, on a ce problème d'artériosclérose liée au tabac. Donc, tabac numéro un. Deuxième, troisième, c'est pas loin l'un et l'autre. C'est des facteurs biochimiques qui sont liés à notre hérédité et à notre hygiène de vie. Sucre. et gras.
- Speaker #1
L'alimentation, quoi.
- Speaker #0
Diabète et cholestérol. C'est les deux paramètres qui fonctionnent très bien ensemble parce que le sucre, lui, participe à l'artériosclérose et le diabète, la maladie que nous avons fabriquée au XXe siècle, c'est la grande trouvailleuse des troubles de défense alléptique parce que le diabète, tôt ou tard, va entraîner une artériosclérose. De l'autre côté, on a le cholestérol, le fameux mauvais cholestérol, le LDL, à l'opposé du bon cholestérol, le HDL, qui est en combat entre les deux. Et là, ce n'est pas de l'artérien, mais c'est de l'athérosclérose. Donc, l'artère, elle est bouchée, le flux de sanguin passe moins bien. Donc, on a ça, c'est les deuxièmes, troisième nuit. Et après, on a quatrième, cinquième, c'est stress et sédentarité. Le stress en permanence, en action comme si, en permanence, un danger derrière nous. Donc on n'est jamais au repos, on travaille sans cesse, on n'est jamais au repos, tout le monde pression, pression, ça nous amène à la burn-out, à la dépression, etc. Et puis à la sédentarité. Nous ne sommes pas fabriqués pour rester toute la journée avec les fesses sur une chaise et regarder un écran avec des pixels. On devrait faire du sport et on a une idée aujourd'hui, ce que sera le physique sportif, cardio. Je pense qu'entre 150 et 200 minutes par semaine, ce n'est pas énorme. Ça déjà va améliorer la santé cardiovasculaire. Donc, on a déjà ces éléments de l'hygiène de vie. Et puis, il ne faut pas oublier le sommeil. Très important, le sommeil, parce que le sommeil va jouer sur plein de paramètres, sur l'érection, l'érection nocturne et puis la testostérone. Moins de 7 heures de sommeil va diminuer le taux de testostérone. Donc, tout ce qui est hygiène de vie participe. un autre fonctionnement cardiovasculaire et donc électrique. Les consultations, c'est déjà le dépistage. Vous faites quoi ? Sport, trait, sédentarité, le burn-out, la dépression, les médicaments. C'est très important de voir tout ça aller dans ces directions-là. Après ça, en fonction de l'état de chacun, de l'hypertension artérielle, de surpoids, de l'obésité, il faut mettre en place des bilans spécifiques pour faire un dépistage, dépister des maladies cardiovasculaires. Et si on a un doute, ne pas hésiter à envoyer chez le cardiologue, passer par le médecin traitant pour explorer la santé des artères coronaires parce que c'est une question de calibre. Entre le calibre des artères péniennes et coronaires, il n'y a pas beaucoup de différence. Et des études montreraient un écart entre 3 et 10 ans sur l'apparition des troubles électiles versus l'apparition des maladies cardiovasculaires. Ça en dit beaucoup. Pourquoi les gens consultent la santé rectil, la santé cardiovasculaire ? Ils sont tellement liés qu'il y a plein de choses à mettre en place et plein de motifs de consultation.
- Speaker #1
D'accord. Donc, je comprends que les artères péniennes, ça permet au fait de donner une idée de la santé vasculaire générale et qu'en prenant en compte sa santé globale, on prend soin aussi de sa santé sexuelle.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Du coup, on peut parler de la vascularisation et comment se fait physiologiquement l'érection pour que les personnes puissent comprendre exactement en quoi, qu'est-ce qu'elle a, la particularité de l'érection. Il y a un système artériel et puis il y a un système veineux. Et quels sont tous ces moments physiologiques de l'érection qui sont explorés pour vérifier d'où vient le tout ? troubles érectiles et pour vérifier qu'il n'y a pas un substrat médical ou anatomique à leur dysfonction. Parce que ça commence par là. Une fois qu'on a vérifié les artères, on vérifie aussi les veines, on vérifie la testostérone. Tu as parlé du niveau de la testostérone. Le niveau hormonal, est-ce qu'il change durant la vie ? Est-ce qu'il y a des moments où on ne va pas avoir le même taux qui peut influencer C'est... L'érection ?
- Speaker #0
Alors, pour la testostérone, la réponse est simple. Qu'en est-il de la physiologie féminine des hormones ?
- Speaker #1
Il y a la ménopause, donc oui, il y a un moment où ça baisse.
- Speaker #0
Chez la femme, il y a la pause. Chez l'homme, il y a une baisse, il n'y a jamais de pause.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Donc, comme on veut absolument le copier-coller en tout, on a inventé l'andropause qui n'existe pas.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Il y a chez l'homme, et la vie n'est pas juste, parce qu'il y a le phénomène de... en isogamétose, à savoir qu'une femme va fabriquer tous les mois de 14 vers 50 ans un ovule qui est le point de départ d'une nouvelle vie, alors qu'un homme va fabriquer 1000 spermatozoïdes chaque seconde. Donc un homme pourrait fertiliser toutes les femmes de la Terre en même temps, avec la quantité de spermatozoïdes qu'il y a. Et que l'homme, il y a une baisse progressive, qui s'installe vers 40 ans, mais que cette baisse en spermatogénèse et des hormones, elle est extrêmement lente, de l'ordre 1 à 2 % par an. Ce qui fait qu'on a quelques hommes, très très peu, qui peuvent avoir un niveau très bas de testostérone vers 60 ans, mais ce n'est pas la majorité. Mais la baisse de testostérone fait, il y a des éléments cliniques majeurs. dans le ressenti, dans l'examen clinique, d'où l'importance d'examiner les gens, de les recevoir, de sentir, de discuter, faire la lamnaise et l'interrogatoire pour comprendre. Et évidemment, des bilans biologiques qu'on propose à partir de 40-45 ans, selon le statut de chacun, pour dépister un déficit en testostérone, car c'est quoi ? Ça se traite, c'est ça l'intérêt. Et la testostérone, ce n'est pas que l'ibido. c'est bien-être mental, c'est l'énergie, c'est avoir des projets, c'est avoir la vie, c'est le calcium qui va rester dans l'os parce qu'on sait bien la mélopause, c'est la même chose, la testostérone qui diminue, on a l'ostéoporose avec tous les risques, il y a la prise de poids, il y a la baisse de masse musculaire, donc finalement, c'est plein de choses. Mais en même temps, lorsqu'on a un déficit en testostérone et le gars en question ne change rien à sa vie, à part d'aller chez le pharmacien, ne va pas aller 3-4 fois par semaine à la salle, voire trouver un nutritionniste pour réinventer la manière dont il doit manger. Donc il ne change rien, il ne prend pas le temps de déconnecter, il est tout le temps sur les réseaux sociaux, le soir passe sur TikTok jusqu'à minuit avec des nuits courtes, avec stimulation permanente. Évidemment que justement, c'est une occasion unique pour une prise de conscience. Il faut prendre soin, on a un capital santé artérielle, que l'érection c'est quelque part le baromètre de cette santé artérielle, qu'il faut faire attention sur le mode de vie, l'hygiène, c'est après qu'on a les bilans, les traitements et que chaque fois qu'il y a un traitement, il faut quand même, c'est la couche à rajouter par rapport à l'hygiène des vies qui est quand même l'élément central, la plateforme centrale pour la prise en charge.
- Speaker #1
Combien d'hommes sont concernés par un trouble érectile ? C'est beaucoup. Est-ce que les hommes sont concernés dans leur vie au moins quelques épisodes de dysfonction érectile ? Tout le monde ne va pas consulter, mais ça fait partie des troubles qui surviennent durant une vie.
- Speaker #0
Alors, on a pour essayer de... En fin de compte, c'est une question de définition. Il y a une définition qui a été donnée par les sociétés savantes justement pour faire un dépistage, un traitement. Il y a un élément majeur, c'est à part baisse d'élection, c'est le temps. c'est minimum trois mois.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Il faut que ce soit un trouble qui a duré plus que trois mois pour gêner la personne.
- Speaker #0
En discutant les analyses que j'ai faites, dans la population des hommes, il y a 100% des hommes qui ont eu des pannes et qui auront des pannes. C'est à un moment donné, l'expérience de la panne fait partie de l'expérience individuelle.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce que le contexte est... Ce n'est pas un problème de dysfonction, c'est de la mécanique. C'est ce qui va déclencher le contexte, la pression consommée. Donc, on est tous jugés parce que c'est ça qui est beau chez l'humain. On n'a pas des pannes chez le chien. On n'a pas des pannes chez les mammifères. La panne, c'est le montre, ce qui sublime, la fragilité de l'homme. Ah bon,
- Speaker #1
ça n'existe pas chez les animaux ? Ah ben ça, je ne savais pas.
- Speaker #0
C'est incroyable. Vous promenez un chien le soir, un chien mâle. Il croise en face. Il y a une jeune femelle en chaleur. Il y a l'opportunité qui arrive par les phéromones. Le chien mâle, il devient fou. Il ne va pas regarder. Il y a du monde. On le regarde. Je n'ai pas demandé l'accord. La machine de la survie de l'espèce va déclencher ce qu'on appelle un pétre, un schéma comportemental automatique qui devient fou. Il doit absolument arriver à se reproduire. La seule chose qui va arrêter, c'est la laisse. de pied, le maître qui le crie dessus et c'est la chose qui arrive à la limite à le calmer. Mais sinon, lui, il doit faire ce qu'il a à faire parce qu'il est programmé biologiquement. Les problèmes des pannes, on a quand même chez les animaux, malgré tout, des problèmes de panne. Pourquoi on décrit toutes les difficultés de réproduction aux os ? Parce qu'ils ne sont pas en milieu naturel.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Quand ils sont en stress.
- Speaker #0
Parce qu'il y a la dépression. On a vu. La dépression, le stress. On a décrit, on le voit. L'os va faire des tours dans l'enclos. Pourquoi il fait des tours dans l'enclos ? Parce que c'est un signe de dépression, parce qu'il n'est pas dans son milieu. On l'a extrait, il est en prison. C'est tout comme un humain, donc on a la même chose, on a le même ressenti, on l'est en prison. Donc évidemment, à un moment donné, il devient fou. D'où ce qui explique d'ailleurs toutes les difficultés de reproduction des aliments en captivité, parce que n'étant pas dans le milieu naturel, il y a un dysfonctionnement de la mécanique de la biologie. Donc il y a quand même des... mais ce n'est pas des pannes contextuelles, c'est un détriment global lié à l'enfermement. D'accord.
- Speaker #1
C'est encore cette histoire de l'anxiété entraîne une sécrétion de catécholamine qui va agir déjà au niveau vasculaire et peut empêcher l'érection, en tout cas sans maintien ou sans sa qualité ? Ou c'est plus complexe que ça ?
- Speaker #0
C'est plus complexe que ça. On a... On a... utilisait pendant très longtemps le fameux terme psychologique. Il faut oublier, il faut l'effacer. Il faut qu'on arrête de parler psychologique. Freud a eu le génie d'imaginer un fonctionnement cérébral, un fonctionnement neurologique, un fonctionnement psychologique qu'on avait alors qu'il n'y avait pas. Même la testostérone n'était pas découverte lorsque Freud a écrit et appris les théories sur la sexualité. Et d'ailleurs, en 1920... Il dit la chose suivante, qui est fantastique. Il s'excuse de parler du mode psychologique parce qu'au niveau des connaissances, aujourd'hui, il dit psychologique. Mais il espère que peut-être plus tard, la physiologie nous permettra enfin de comprendre que c'est beaucoup plus complexe que ça. Ce n'est pas juste une boîte noire. Et là, la réponse est arrivée depuis une bonne vingtaine d'années. C'est grâce au projet technique de l'IRM fonctionnel, qui a mis les bases de la neurosciences et notamment de la neuroradiologie, avec tous les biais, toutes les discussions, toutes les polémiques qui existent. Ça n'empêche qu'on commence à avoir des avancées, de comprendre comment ça marche, le sexe, là-dedans. Des exemples très intéressants. On met des hommes dans un IRM, on va paramétrer pour voir un niveau de base, pour avoir le fonctionnement cérébral au niveau de base. On montre des images, et puis à un moment donné, commencent à défiler des images plus ou moins explicites, érotiques. Les radiologues, qui ne connaissent rien à chaque individu, ils sont capables, avec une prédiction de 80%, de dire « Lui, il est gay, lui, il est hétéro » . Donc, nous ne décidons pas ce que nous aimons. Nous subissons. On ne décide pas d'aimer les femmes. On ne décide pas d'aimer les blondes. On ne décide pas d'aimer les blondes. C'est ainsi. C'est une réalité. C'est comme ça que ça fonctionne. Ce qui explique que pendant, on a toujours pénalisé l'homosexualité. Pourquoi ? Parce que les hommes n'avaient pas décidé. C'est juste, c'est d'une époque où c'était en danger. Même encore, il y a encore des pays où c'est pénalisant. Parce que c'est ma mécanique, on n'a pas décidé, on subit ça. Donc, c'est une mécanique automatique. Mais pour que l'érection puisse se mettre en place, il faut que le cerveau, le lobe frontal, il y ait un mode off, une espèce d'hypnose, une espèce de... d'un état de conscience modifié. On est là sans être là. C'est pour ça que, d'ailleurs, avant une vie à un rapport sexuel, on va créer la sécurité, on va fermer les portes pour que les enfants... On va s'assurer que la belle-mère ne dort pas dans la chambre d'à côté. On va fermer les volets pour que les voisins ne puissent pas nous espionner. C'est pour ça qu'on fait attention. Parce que tant qu'on n'a pas mis le cerveau off, notre cerveau va scanner en permanence. l'environnement pour détecter des dangers. Là, si on entend bien, il y a des ventileaux. Là, on les entend, les ventileaux. Notre cerveau a décidé, c'est une info qui n'est pas utile, on n'est pas conscient de ce qu'elle est là. Sauf que notre cerveau, il analyse. Et chaque fois qu'il y a un événement extérieur, on est en plein débat, et en plein débat, tout se passe bien, et on entend à côté une clé dans une serrure. Qu'est-ce qui se passe ? Mon cerveau automatique... Tiens, c'est chez nous. Ah merde, j'ai oublié. Donc la réponse automatique, c'est le fast. C'est la réponse automatique, émotionnelle. Tiens, en danger. Ça ne s'interpelle pas comme en danger. Ça va activer l'amygdale. L'amygdale qui est l'élément central, la plaque tournante, le détecteur de fumée, qui sauve l'antilope lorsque le guépard va lui sauter dessus, parce qu'elle doit rapidement passer de l'état de repos à 100 km heure, parce que sinon elle va se faire bouffer, c'est les catécholamines, c'est l'adénalie. Le cœur va plus vite, les poupilles, les lèvres peuvent mieux voir, les poils vont se hérisser, comme le chat. On a des crampes comme si on va passer le permis de conduire, parce qu'il y a la contraction. Et si on a une érection, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Elle s'arrête.
- Speaker #0
Et ton cerveau émotionnel mettra trois secondes de plus pour prendre conscience que, tiens, je suis en train de perdre l'érection, mais c'est quand ? Parce que c'est là. Ce n'est pas chez nous, c'est le voisin. Sauf que c'est trop tard. Parce que la vague des cotyclamines, elle est déjà partie. C'est que lorsque tu dis, je vais perdre l'érection, en fait, tu es déjà en train de la perdre. Et c'est trop tard. Sauf qu'il y a un autre problème entre les phénomènes biochimiques au niveau de l'amygdale qu'on étudie avec des électrodes et le phénomène... Et la prise de conscience, il y a un délai de 500 millisecondes. Ce qui fait qu'après la première panne, les pannes suivantes vont avancer de plus en plus vite. Parce que comme ça t'a marqué, c'est un événement très traumatisant. Parce que tu as comme une idée, mais c'est nul, c'est compliqué, tu te tournes bien, allez, comment ? Il y a un traumatisme qui est inhérent, t'es marqué au fer rouge. L'hippocampe qui est la structure du cerveau limbique. qui est liée entre autres à la mémoire émotionnelle, qui, si le chat échaudé a peur de le froid, à savoir on a vécu un événement traumatisant, il faut tout faire pour éviter la même chose, la fois d'après, tu n'as plus la tranquillité, tu peux très bien fermer les portes, fermer les volets, te mettre en isolement, parce que dans ton cerveau, il n'y aura qu'une seule idée. Il ne faut pas que ça tombe. Il ne faut pas que ça tombe. Lui,
- Speaker #1
il est en alerte.
- Speaker #0
Et que lorsque tu poses « il ne faut pas que ça tombe » , c'est que la question est « est-ce que ça va tomber ? » En fait, déjà, en posant la question, tu as déjà activé l'amygdale. Et donc, la panne génère la panne. Et génère la panne comme une ligne de côte. C'est que le cerveau fonctionne comment ? C'est comme des synapses. Chaque synapse est du 0 et 1. Et chaque fois que tu vas faire le même conditionnement, tu vas recommencer la même chose, comme une loupe qui ne finit pas, comme une boucle qui ne finit pas. C'est des mondes, deux fois deux, ça fait quatre. On a tellement répété que c'est automatique. Là, la panne devient obsessionnelle. Tu vas changer de discours, tu vas trouver des alibis. Je n'ai pas envie, je suis fatigué, etc. Alors que tu n'as qu'une envie. Mais tu as tellement peur d'être humilié, de ne pas être à la hauteur. Parce qu'elle pense que tu ne l'aimes plus. Parce que tu penses qu'elle n'est pas sexy. Parce qu'elle pense que tu as bien regardé la voisine. Ce n'est pas ça. Parce que tu penses... Oui,
- Speaker #1
on projette, on projette. C'est à l'infini. On fabrique des récits et des histoires qui nous enferment tout seuls.
- Speaker #0
Exactement. Et on va chercher à nous confirmer parce que oui, j'ai vu que tu ne viens plus, mais tu rentres dans le docteur, donc qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Alors, c'est complexe. Est-ce que tu peux me dire, Vincent, comment tu facilites l'explication, comment tu accompagnes les gens ? Une fois que tu as fait le diagnostic et que tu as éliminé tout ce qui était non médical, J'imagine que des fois, tu as besoin de prescrire de la testostérone quand il en manque. Et quelquefois, tu as aussi recours à certains médicaments. On n'a pas parlé du Viagra, du Tadalafil. Il y a des indications différentes. Bon, c'est vaste. Est-ce que tu peux me dire un mot sur ces médicaments-là ? Qu'est-ce qu'ils ont révolutionné ? Et après, me dire, une fois que tu as géré tout ça, qu'est-ce que tu proposes comme accompagnement à tes patients pour ce genre de difficultés ?
- Speaker #0
Ce qu'il faut expliquer, c'est qu'il faut utiliser l'intelligence des gens et qu'à ma consultation, j'ai que des êtres sensibles et tous intelligents. Si on sait comment expliquer, si on fait appel à leur background, qu'ils soient avocats, qu'ils soient diplomates, qu'ils soient maîtres d'œuvres, qu'ils soient boulangers, c'est extrêmement facile, je crois, d'arriver avec quasiment tout le monde. Il faut vraiment s'ancrer dans l'expérience de chacun. Deuxièmement, il faut faire un état des lieux. Il faut l'aider à comprendre le pourquoi. Tant qu'on n'a pas compris, tant qu'on n'a pas compris, accepter le pourquoi. Il y a la stratégie des bilans qu'on a parlé. Et puis ensuite, expliquer que la mécanique sexuelle, c'est une voiture avec deux pédales. J'accélère et je freine. J'accélère et je freine. C'est ça, le système. Que tout ce qui est négatif a commencé à m'épouser toxique, mon mode de vie va... avoir un effet de freinage et tout ce qui est excitant, un effet d'accélérer. Mais que parfois, ça échappe à notre contrôle. Peu parce que j'ai compris que j'arrive à ne pas faire le fameux lâcher prise, tu sais bien, ça n'existe pas. On peut faire autre chose, pas faire autre chose. La technique de l'éléphant de rose, tu la connais.
- Speaker #1
Oui, clairement.
- Speaker #0
Je ne vais pas la faire. Donc, il faut comprendre la mécanique, il faut faire la part entre organique le patient diabétique, le patient sédentaire. Donc, il y a une dimension organique, toujours, mais il y a une dimension autre, mentale, qui est majoritaire chez tout le monde. Donc, à partir de là, ce qu'il explique, c'est que lorsqu'on est en excitation, il y a toute une cascade hormonale qui amplifie l'érection, et que derrière, il y a une cascade hormonale, mais biochimique, avec des cas économiques, qui empêche l'érection. Je ne peux pas changer ce qui se passe. Je ne peux pas changer là-haut, mais je peux, avec une aide pharmacologique, temporaire, d'inverser la tendance. J'amplifie tout ce qu'on sent au micro et à l'ampli, je vais amplifier le signal. Donc, je ne modifie pas ce qui se passe dans sa tête, je modifie uniquement la réponse électrique, à savoir j'ai envie, mais j'ai peur. Avant, je perdais l'érection, mais maintenant, je la garde. À condition, avec une aide pharmacologique temporaire. Mais le danger, avant de parler des molécules, il y a le danger de la dépendance du rituel. Quelle différence entre routine et rituel ? Le rituel crée la dépendance du rituel. Si tu fais chaque fois avant, chaque fois avant, chaque fois, chaque fois, si chaque fois j'avais un copain, chaque fois qu'il passait les examens, il utilisait les mêmes caleçons. Chaque fois avant l'examen, il prenait les mêmes caleçons, donc jamais lavé. Et en 5ème année de médecine, on lui a caché le caleçon. Il a raté son examen. Pas parce qu'il l'avait préparé, mais parce que le rituel du caleçon sale, il n'a pas pu le mettre en place. Donc, il l'a raté. C'est quand même con.
- Speaker #1
Le doudou, quoi.
- Speaker #0
Voilà. Donc, tous les traitements à la demande peuvent créer la dépendance, non pas pharmacologique, pour comprendre la morphine, mais du rituel.
- Speaker #1
Ce n'est pas un effet placebo, ça ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non, c'est autre chose encore.
- Speaker #0
Il y a un vrai effet. Il y a un vrai effet. Il y a un vrai effet de dépendance. J'ai dit plutôt un effet nocebo, quelque part.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Donc, il y a des traitements de type routier, donc il y a des molécules avec une pharmacodynamie, pharmacocinétique différente, donc il faut privilégier justement des traitements à faiblesse de son continu. Donc, parmi les traitements, il y a le panel de molécules, il y a quatre molécules. Donc, selon le cas, il y a le sildenaphile, le premier, c'est le Viagra. Deuxième, c'est le tadalaphile, l'ancien Cialis. Vardenaphile et avanaphile, actuellement Spedra, c'est les quatre molécules qui existent pour la défonction de l'éctile. Donc, en fonction de chacun du contexte, de la sexualité, ce n'est pas la même chose un couple qui se rencontre à Calais Week-end, et ce n'est pas la même chose un couple qui vient ensemble. Voilà, donc on a tout un tas de panels. En fait, toute cette prise en charge, elle est personnalisée par rapport au récit, par rapport à l'histoire, par rapport au vécu. Si on a le sentiment, et il n'est pas rare qu'on a l'impression que dans le passé, il y a un traumatisme, des abus, des violences, il faut aussi faire attention et avoir un réseau avec des spécialistes, des psychologues, des spécialistes en addiction qui sont capables de prendre en charge. Donc voilà, c'est une médecine de réseau qui ne se fait pas seule. Je travaille avec des cardiologues, avec des endocrinologues, avec des libétologues. En fonction de ça, il ne faut jamais s'enfermer seul dans sa pratique. Il faut travailler dans le réseau en fonction de ça pour pouvoir aider au mieux les patients et personnaliser à chacun. On a des traitements, des solutions, mais qu'un message. On ne fait pas de miracle. Les patients doivent s'approprier leur sexualité. Il faut qu'ils comprennent le message. Il faut qu'ils arrêtent de subir. On ne prend pas un traitement parce qu'on me l'a prescrit. Je prends parce que je sais pourquoi on l'a prescrit. Au-delà de la pharmacie à toute l'hygiène du sommeil, du sport, de la qualité de vie, et puis revenir à l'essentiel, le couple. Lorsqu'un problème de sexualité n'est pas que mon érection n'est pas top, mon éjaculation n'est pas comme il faut, mais notre sexualité n'est pas terrible, une fois qu'on a consulté seul, il faut absolument consulter un deux. C'est quand même beaucoup mieux. Et que la plupart des stratégies qui réussissent, c'est une approche globale sur, ne pas focaliser sur la sexualité, sur l'érection et l'éjaculation, mais sur le lien et la sexualité du couple.
- Speaker #1
Eh bien, j'espère qu'on a réussi à faciliter du mieux possible ce sujet si vaste et si complexe. Ce n'est qu'une première approche. On a commencé d'abord par mettre l'accent sur deux choses essentielles. avoir une sexualité épanouie passe par une hygiène de vie et une santé physique épanouie, un bien-être et un état de santé qui soit correct il faut s'engager dans sa santé et s'engager dans sa santé c'est aussi s'engager dans sa santé sexuelle et ensuite de comprendre que la sexualité implique une intelligence sociale une intelligence en inter-individuel qu'il faut investir, qu'il faut engager.
- Speaker #0
J'appelle ça l'intelligence érotique. On parle de l'intelligence émotionnelle, de l'intelligence managériale. Moi, j'amène le couple comme une entité, c'est l'intelligence érotique. À savoir, avec les outils que nous avons, notre fonctionnement, qui est tel qu'il est, comment peut-on au mieux trouver l'équilibre parfait entre eux, en harmonie parfaite ? pour la sexualité très épanouie et puis pour donner du sens à notre amour.
- Speaker #1
Je vais finir sur l'harmonie. Ça me plaît très bien. Merci beaucoup Vincent. Un immense merci à Vincent Hupertan pour ce partage sincère et passionné autour de la santé sexuelle. Vous pouvez retrouver les vidéos sur l'insta du podcast. Vous pouvez également suivre Vincent sur les réseaux sociaux. Je vous laisserai en description les liens. N'oubliez pas de suivre le podcast, de vous abonner et de commenter. Vos retours me donnent beaucoup de courage. A très bientôt les amis.