- Speaker #0
Enquête d'accord, l'art de communiquer et d'être en lien. La note juste n'existe pas, vous l'aurez compris. Nous poursuivons l'épisode avec Pierre Merle, mais avec d'autres questions, notamment est-ce que la note s'adapte à la classe, à l'établissement, mais aussi à l'élève ? Et si oui, comment la rendre plus juste, au service de la progression et de l'apprentissage ? Venez répondre ensemble à ces questions. Bonne fin d'écoute ! J'aimerais beaucoup qu'on parle de ce chapitre majeur de votre travail, Pierre Merle, qui est la note comme arrangement ou la note comme quelque chose de négocié. C'est-à-dire, dans la vie d'une classe, la note, c'est une dynamique, un rapport entre le professeur et ses élèves. Elle peut même être jusqu'à, vous l'avez qualifié de thérapeutique des fois. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce concept ?
- Speaker #1
Alors, la notion d'arrangement, je pense que c'est... dans le domaine de l'évaluation, l'apport que j'ai pu avoir, en fait, suite aux entretiens que j'ai menés avec un certain nombre de professeurs, c'est que les professeurs, toujours aujourd'hui, précisent très clairement, au début d'année, à leurs élèves, comment ils seront évalués, à quel rythme, etc. Et puis, finalement, en cours d'année, quelquefois, et puis même dès le premier devoir, ils modifient un peu leurs règles. ils vont pondérer autrement les devoirs, les devoirs ratés vont donner une petite pondération, les devoirs réussis vont mettre une pondération plus forte, ils vont permettre à certains élèves de refaire une partie du devoir, ils vont faire des contrôles surprises, il y a ce qu'on peut appeler une sorte de cuisine évaluative, et cette cuisine évaluative elle est liée à des contraintes par rapport à soi, que j'ai précisé tout à l'heure. des professeurs qui sont élitistes, et puis il y a des professeurs qui veulent que tous les élèves réussissent. Et je me souviens d'un professeur de sciences naturelles dans un entretien qui me dit, moi, pour un prof de sciences naturelles, j'ai une moyenne de 10 en lycée, c'est une notation quasi pathologique. Donc, pour lui, il était considéré par les autres profs comme beaucoup trop généreux. Et il disait, quand je commence à corriger des paquets de copies et que je vois que c'est mauvais, que les notes tournent autour de 7, 8, je me dis, ce n'est pas possible, ils vont avoir une mauvaise moyenne, et remonter ces notes. Donc, en fait, il y a des pratiques de notation qui sont liées au type d'élève que l'on a, et qui sont des arrangements, en fait, d'abord par rapport à soi, par rapport à sa discipline. En philosophie, on ne met pas de 19, c'est comme ça. En mathématiques, on peut mettre en 19. Donc, il y a des arrangements qui se font aussi par rapport à des élèves en particulier. finalement l'exemple que j'ai donné tout à l'heure de cette fille qui me regarde, cet élève qui me regarde et qui est prêt à pleurer, qui me dit, bon 5 je veux bien mais pas de travail, vous ne pouvez pas mettre ça, c'est une négociation en fait, elle me dit, là vous me tapez, vous me tapez fort là, et normalement un professeur comprend qu'il faut qu'il change une correction qui n'est pas bonne, et il va modifier ses principes. Mais il y a des comportements en classe qui sont tout à fait déterminants. Je me permets, puisque j'ai écrit un ouvrage là-dessus, si vous permettez, je peux vous lire un exemple.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
De deux exemples qui sont très opposés d'extraits d'entretien. Alors ça, c'est une professeure certifiée stagiaire en lettres que j'ai pu interroger. Je lui demande si elle n'est pas influencée par le comportement de ses élèves. Elle me répond, j'ai de bonnes élèves, j'ai trois petites gamines qui ont vraiment une tête d'ange, qui sont vraiment, qui sont adorables et qui sont bosseuses, qui répondent, qui connaissent plein de trucs. Et c'est sûr que quand j'arrive à leur copie, j'ai un préjugé positif, je le sens. Alors, quelquefois, je me dis, oh là là, est-ce que tu ne l'as pas surnoté ? Alors, je reprends la copie d'un élève moyen et je compare. Il m'arrive d'enlever des points, 0,5 points parfois. Alors, elle a raison, elle a un préjugé positif. Mais le préjudice politique, ce n'est pas 0,5 point. C'est 2, 3 points. C'est énorme. Mais on voit bien la conscience professionnelle de savoir qu'on est influencé. Alors, j'en ai un autre exemple qui est tout à fait différent. Un peu violent, en fait, je dois le dire. C'est une professeure de philosophie, classe terminale. Elle est plutôt jeune. C'est vrai que tu as des élèves qui sont épouvantables aussi. Ça arrive. J'avais une classe... Il y avait deux mecs un jour à l'intercours. J'étais seul avec eux parce que les autres étaient sortis. Il y en a un qui dit en rigolant à son copain, on se la coince. Des mecs comme ça, aucune pitié. Je crois qu'il n'a pas mesuré la distance à laquelle je tenais. Pour lui, dans sa tête, ce n'était même pas insultant parce que c'est comme ça qu'il doit traiter les filles par ailleurs. Mais je m'en fous. Je n'ai pas non plus une pitié infinie pour ces pauvres petits enfants d'ouvriers. La fin est particulièrement brutale. Mais le propos aussi. de ces élèves est particulièrement brutale. Donc, on voit que dans la classe, il y a des rapports genrés, il y a des rapports... Voilà, il y a quelque chose qui est tout simplement l'interaction humaine qui aboutit à ce que, évidemment, quand elle corrige ce type d'élèves, on y arrive bien. Alors, sur le propos de notation thérapeutique, je n'ai pas inventé l'expression En fait, c'est le résultat d'un entretien avec un professeur, un petit peu long, mais je pense que ça éclaire bien ce que c'est qu'une notation thérapeutique et pourquoi les professeurs la mettent en œuvre. Donc, la question que je posais était très simple. Est-ce que tu constates des différences entre les notes que tu mets pendant l'année et les notes qu'obtiennent les élèves à la fin de l'année ? Alors c'est une professeure de lettres en classe de première qui me dit, ah oui oui, il y a des différences. Je prends l'exemple de Bruno l'année dernière. Je l'avais en classe de première. Voilà le cas d'un élève qui ne maîtrise pas du tout l'écrit, n'arrive pas à structurer sa pensée. Au début de l'année, première note, je lui mets 4, 4 sur 20. Il fait un résumé 4 sur 20. Une semaine après, il vient me voir comme ça, j'étais dans une classe, je me souviens très bien. Il passe dans le couloir, la porte est ouverte, il en profite pour rentrer, pour m'interpeller. Comment ça se fait que vous m'avez mis 4 à mon devoir et l'année dernière, j'avais un professeur de lettres qui me mettait 12 ? Alors, évidemment, ça c'est un argument, excellent argument de la part de l'élève. Alors, elle est un petit peu embêtée, elle répond, je lui ai dit, c'est fort possible, qui c'est ce prof ? Ah, c'est elle, rire. Alors, ce n'est pas très judicieux de la part de ce collègue de se dire, ah oui, mais ça, ce n'est pas un professeur qui donne ses verbes, mais il faut se mettre à sa place. Elle doit justifier sa note et donc elle ne voit que d'autres solutions que de dire que cette professeure était trop généreuse. Bon, tu as eu 12 l'année dernière, mais cette année, encore faudra-t-il le prouver. Tu as eu 4 au résumé, tu ne sais pas faire un résumé. Si tu me montres que tu sais faire un résumé, je te mettrai 12 et plus même. Je suis tout à fait disposé, mais c'est à toi de me fournir les preuves. Cette année, l'objectif, c'est de te fournir une notation BAC. N'empêche que Bruno s'est offert 4 à l'écrit du BAC et c'est tout à fait mérité. Alors je lui ai dit mais... Alors, il a eu la même note pendant l'année et au bac. Elle me dit, non, non, non, parce que c'est quelqu'un qui lisait. Il y a donc des affinités qui se sont révélées. C'est quelqu'un qui intervenait facilement à l'oral. En plus, c'est l'exemple même de l'élève capable de l'absentéisme, plus ou moins chronique. Donc, pour lui donner envie de rester en cours, j'étais obligé d'envisager une notation thérapeutique. C'est le cas même de celui à qui j'ai offert une notation thérapeutique. Vous voyez, elle passe de l'obligation à offert. Elle le sent comme obligation en tant que professeur et aussi comme choix. Mais en étant nette avec lui, tu sais, je te mets 10, mais je te préviens, le jour du bac, ce n'est pas ce que tu auras. Eh bien, je pense qu'elle a bien fait d'utiliser cette notation thérapeutique. Pour une raison simple, c'est que d'abord cet élève a continué à aller en cours parce qu'il avait 10, parce qu'il participait, parce qu'il aisait. Et finalement, il a eu son bac. Et que trois ans après... dans l'institut de formation des professeurs dans lequel j'enseignais, je l'ai retrouvé, cet élève, parce que je le connaissais. Donc, vous voyez comment, c'est exactement l'exemple que vous me donniez tout à l'heure. Il suffit d'un professeur qui, au lieu d'appliquer son barème en disant, ce n'est pas un résumé, je mets 4, eh bien, d'un professeur qui comprend qu'il faut faire une notation thérapeutique. Alors, elle peut être considérée comme injuste par rapport à d'autres élèves qui ont 7 ou 8, mais finalement, C'est... Le but, c'est toujours que les élèves apprennent et puis ils puissent continuer leur scolarité. Donc, c'est le principe de la notation thérapeutique que les professeurs utilisent plus ou moins consciemment en se disant cet élève, il est bosseur. Il y a une autre professeure de français qui me dit c'est facile quand on corrige chez soi une copie de médecin, mais après, il faut la rendre la copie. Être confronté à la déception de l'élève, au fait que ça va c'est ce que je disais dans les cours que je faisais sur les pratiques d'évaluation, il ne faut pas tuer un élève, tuer psychologiquement en fait, il ne faut pas tuer un élève. Et parfois, certains professeurs ne se rendent pas compte qu'en fait, il tue psychologiquement un élève. Et quand on tue psychologiquement un élève, on tue aussi le professeur que l'on est. Parce qu'évidemment, si on n'est plus reconnu comme la personne qui peut aider à progresser, eh bien, l'élève ne va pas venir, il va se mettre à chahuter, etc. Moi, j'étais très surpris avec des étudiants de deuxième année, des stagiaires en mathématiques, en parlant avec eux, etc. Ils me disaient, franchement, des élèves de cinquième, qu'est-ce que ça chahute, etc. C'est extrêmement... pénibles. Je leur ai dit, mais vous avez mis quelles notes ? Il y en a un qui se plaignait particulièrement. Ils m'ont dit, mais ils sont extrêmement faibles. Les premières copies, il y en a un qui a eu 10, ils sont tous au-dessus de la moyenne. J'ai mis plein de 2 et 3. Je lui ai dit, mais c'est peut-être ça le problème. C'est que si tu commences l'année en mettant des notes aussi faibles, tu les as tous découragées. Ils se disent, ce prof de maths, il est trop sévère, on ne peut pas avoir de bonnes notes. À quoi ça sert d'étudier, de faire des efforts si après, on vous dit, vous êtes nuls ? Donc là, il y a quelque chose que certains professeurs stagiaires, et parfois même plus tard, certains professeurs ne comprennent pas bien, c'est que la note, c'est un outil pour progresser, mais c'est un outil qui peut aussi détruire.
- Speaker #0
Oui, c'est puissant ce que vous venez de dire, Pierre Merle. C'est la note thérapeutique ou la notation thérapeutique comme outil pour maintenir l'engagement. Pour maintenir l'engagement, c'est ça. Éviter le décrochage, encourager et donner raison aux élèves de continuer. Comme j'imagine, la notation n'est pas comme une évaluation à un instant T. Elle doit faire partie de tout un processus qui est là pour accompagner l'élève d'une note A à une note B. Si on veut continuer à utiliser la notation comme système sur lequel on se base pour évaluer. seule comme ça, elle peut être complètement, autant elle peut être bénéfique que destructrice.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Alors, comment justement rendre cette évaluation et cette notation juste ?
- Speaker #1
Alors, c'est une question qui est évidemment très difficile. Je voudrais parler d'un point qu'on n'a pas abordé, qui est le contexte d'évaluation. C'est une expérience qui est Merci. très intéressante, il y a deux expériences très intéressantes. La première c'est de montrer à des élèves une figure géométrique et de dire, voilà, c'est une figure géométrique et vous devez la reproduire. Et comme c'est considéré comme de la géométrie donc rattachée aux mathématiques, les évaluations montrent que les garçons réussissent beaucoup mieux que les filles. à ce test de géométrie. Après, on reprend la même figure, mais on dit que c'est une figure de dessin. Et on demande également à d'autres garçons et à d'autres filles de reproduire ce dessin. Et on s'aperçoit à ce moment-là que la note des garçons chute et que la note des filles augmente sensiblement. Et ceci tient à ce qu'on appelle la menace du stéréotype. Les filles ont souvent le sentiment qu'elles sont moins bonnes que les garçons en mathématiques, et cette menace du stéréotype fait que, lorsqu'elles sont confrontées à un exercice de mathématiques, elles sont moins capables de se mobiliser totalement, cognitivement, intellectuellement, que les garçons. Et inversement, les garçons, s'il s'agit d'un dessin, c'est une matière secondaire, ça n'a pas beaucoup d'importance, ils ne vont pas être aussi attentifs que s'il s'agit d'un travail de géométrie. Donc, on voit que le contexte d'évaluation est un élément important dans les capacités attentionnelles des élèves. Il y a une autre expérience qui est très intéressante et qui confirme un peu ce que nous avons dit tout à l'heure, qui concerne des expériences faites sur des élèves très faibles en mathématiques. Donc, on réunit beaucoup d'élèves, une soixantaine d'élèves faibles en mathématiques, et on leur fait passer d'abord un pré-test. C'est un test, en fait, assez compliqué, qu'ils ne peuvent pas comprendre. Alors, ils répondent, et à la fin, après avoir laissé un petit peu de temps pour donner l'impression qu'il y a eu une correction de leur travail, eh bien, à la moitié des élèves, Tout à fait au hasard, on leur dit qu'ils ont très bien réussi. Et à l'autre, on leur dit, c'est raté. Donc, pour ceux qui sont tous très faibles, mais pour ceux à qui l'on dit c'est raté, se disent « bon ben, c'est normal, je suis très faible, normal » . Pour les autres, ils ont une heureuse surprise. Et après, on leur fait un contrôle, on leur fait une leçon, une leçon dans l'anonymat. C'est important l'anonymat parce que, en fait, ils savent qu'ils ne vont pas être interrogés. Et un élève faible a souvent peur d'être interrogé. Et comme il a peur d'être interrogé, Il est moins attentif, en fait. Il est sur la défensive. Donc, ils savent qu'ils peuvent écouter pleinement, qu'ils ne vont pas être interrogés, qu'ils ne vont pas être mis en difficulté. Et donc, à la fin de cette leçon, ils sont évalués. Et qu'est-ce que l'on constate ? C'est que les élèves à qui on a dit avant qu'ils avaient très bien réussi cette épreuve de mathématiques ont de bien meilleures réussites. Donc en fait, on s'aperçoit que les capacités attentionnelles des élèves sont directement en rapport avec le jugement que l'on peut avoir prononcé à leur égard. Et ceci est intéressant parce que ceci renvoie et confirme un peu toutes les expériences précédentes sur l'effet de la note, sur la motivation de l'élève, sur ses capacités attentionnelles, etc. Alors je reviens à votre question.
- Speaker #0
C'est fascinant, mais je savoure déjà ça parce que c'est un concept incroyable, celui de la capacité attentionnelle et de la disposition cognitive de l'élève à l'apprentissage en fonction de s'il a peur ou s'il n'a pas peur, s'il se juge bon ou s'il ne se juge pas bon. J'ai l'impression que ce n'est pas assez transmis à tous les enseignants, ce n'est pas suffisamment connu ça. Il faudrait le dire encore plus haut, encore plus fort.
- Speaker #1
Moi, je suis totalement persuadé de ça, mais en fait, dans le fonctionnement des instituts de formation des maîtres, les enseignements qui sont dispensés sont directement en rapport avec les compétences de l'ensemble des enseignants-chercheurs. Il y a quelques psychologues qui sont tout à fait utiles, il y a quelques sociologues qui s'intéressent à ces questions d'évaluation, mais on n'est pas très nombreux. Il y a pas mal de didacticiens et l'idée qui domine souvent est qu'il faut surtout travailler la didactique, c'est-à-dire comment on enseigne une notion aux élèves, c'est évidemment tout à fait essentiel. Mais ce que l'on oublie souvent, c'est que finalement, les pratiques de notation sont des éléments très forts sur le succès ou l'échec des élèves. Donc, il y a un problème parfois d'équilibre. Moi, personnellement, je faisais au départ... un cours de trois heures sur ces pratiques de formation et toutes les questions que l'on vient d'aborder. Et puis après, ça a été deux heures. Et après, on m'a dit, Pierre, tu n'auras plus qu'une heure. Alors, j'ai dit non. Là, une heure, je ne le fais pas. Une heure et demie, je veux bien, mais il y a un moment, ça n'a plus de sens. Après, ce sera une demi-heure. Donc, j'ai pu maintenir une heure et demie. Mais quand je suis parti, finalement, l'autre sociologue qui était embauché n'avait pas ce type d'affinité. Et finalement, ce type d'enseignement ne s'est plus fait. Donc, c'est ainsi que se font les programmes. Évidemment, au niveau du ministère, ils font des programmes, ils font en définissant des compétences, etc. Mais concrètement, tout ceci n'est mis en œuvre que si, sur le terrain, il y a des personnes qui s'intéressent à tel ou tel sujet. Donc, si les personnes ne s'y intéressent pas, ces questions ne sont pas traitées. Moi, évidemment, je trouve qu'elles sont essentielles. Et quand j'ai pu intervenir sur ces questions, j'ai dans des conférences à l'extérieur, etc. J'ai toujours eu de très bons retours. Mais voilà, c'est des questions qui sont, à mon avis, sous-investies et sous-enseignées dans les instituts de formation des maîtres parce que finalement, la notation est en rapport direct avec une forme de pouvoir du professeur. Et donc, tout ce qui concerne les pouvoirs, ce sont des objets en partie tabous. Et c'est plus facile de parler de didactique que de parler de ce que le professeur peut faire avec un outil qui paraît très simple au départ, mais en fait qui est très complexe, qui est des pratiques de notation ou des pratiques d'évaluation.
- Speaker #0
Je suis tellement heureuse de participer à diffuser votre parole. Je vous remercie. Ce qui me semble essentiel. Alors, on va... Vos propositions, justement, concernant cette évaluation juste dans un monde meilleur, qu'est-ce que vous proposez ? Est-ce qu'il y a deux, trois points ? Parce qu'il y a encore quelque chose dont je voudrais parler en conclusion, qui est les comparaisons permanentes que j'aimerais beaucoup aborder. Donc, est-ce que vous pouvez nous donner deux ou trois points qui vous semblent pouvoir améliorer ce système de notation ?
- Speaker #1
Alors, parmi toutes les possibilités qui existent, il y en a une qui me paraît importante, c'est de pouvoir préserver l'anonymat social et scolaire de l'élève. L'anonymat social, c'est que les professeurs... pour une partie d'entre eux, maintenant je ne sais plus la proportion, ont au début de l'année l'habitude de faire remplir une petite fiche de renseignement à leurs élèves, dans lequel ils demandent un certain nombre de renseignements de type scolaire et de type social. Et dans ces renseignements, ils demandent parfois quel est le niveau en mathématiques de l'élève. Un élève n'a pas forcément envie de dire au début de l'année qu'il est faible en mathématiques. Et qu'il n'est pas bon, exactement. Et donc, c'est déjà en fait une sorte de pré-évaluation qui ne présente pas d'intérêt. Le professeur, il doit prendre les élèves comme ils sont, sans savoir s'ils sont bons ou s'ils ne sont pas bons. Donc, je pense que c'est une information qui ne présente que des inconvénients, de créer une forme d'attente déjà. Il y a certains élèves qui disent « je suis nul en maths » . Donc, ce que dit l'élève, là, ce n'est pas la peine d'attendre de moi un effort quelconque. Donc, je pense que ce n'est pas utile que l'élève se positionne en termes de compétences en mathématiques et pour le professeur, il vaut mieux qu'il parte des élèves qu'il a sans savoir quel est leur niveau parce qu'on sait que ça produit des biais d'évaluation par la suite. Ça, c'est la première chose. Il en est de même pour l'origine sociale, puisqu'on sait qu'il y a un biais d'origine sociale. enfin les professeurs ne le savent pas toujours mais on sait qu'il y a un biais d'origine sociale, et donc c'est inutile de demander cette information. Évidemment, comme tout professeur qui commence, moi j'ai fait remplir les petites fiches de renseignement, et puis après ma thèse, j'ai arrêté, parce que je me suis dit que c'était une très mauvaise pratique.
- Speaker #0
Du style que font les parents ?
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Quelle est la profession des parents ?
- Speaker #1
Voilà. Alors je me souviens très bien d'une fille, qui était excellente d'ailleurs, qui était au premier rang, et qui avait mis sur la profession de son père, professeur agrégé de médecine au CHR. Donc, elle avait mis tout ce qu'il pouvait mettre. Donc, il était professeur, un hospitalier universitaire, il était agrégé et il était au CHR. Donc, ce n'était pas un médecin ordinaire à l'hôpital, en quelque sorte. Il était au-dessus. Et d'ailleurs, quand on interroge les élèves sur la profession de leurs parents, on voit bien à quel point c'est une question tout à fait... sensible, il y en a qui mettent par exemple maître de conférence en mathématiques première classe à quel point les enfants connaissent parfaitement la position de leurs parents inversement il y a un certain nombre d'élèves d'enfants qui ne savent pas exactement quelle est la profession de leurs parents et qui mettent Maître ouvrier, généralement, c'est perçu comme quelque chose de négatif. Qui mettent, par exemple, employés. Bon, ils sont employés dans l'usine Citroën, qui a des ouvriers. Mais employés, on est employés. C'est presque salariés. Il y en a aussi qui font des traductions. Je me souviens, c'était dans un collège d'éducation prioritaire. Et c'est une Africaine qui met comme profession psychiatre. Alors, parce que je regardais en passant dans... Et je lui dis, mais... ton père, il est médecin ? Elle me dit, non, non, il n'est pas médecin, il est psychiatre. Je lui dis, mais s'il n'est pas médecin, il n'est pas vraiment psychiatre. Elle me dit, je lui dis, mais qu'est-ce qu'il fait exactement ? Eh bien, il donne des conseils, etc. Et au fond, son père, qui était né en Afrique, il était guérisseur. Et vous voyez, elle traduit dans la hiérarchie française, européenne, le statut de son père en Afrique. Ce qui se comprend. Mais du point de vue des catégories statistiques, ce n'est pas tout à fait ça quand même. Donc, il y a des stratégies pour ne pas dire en fait… Alors, certains d'ailleurs ne veulent pas dire que leur père est directeur général de quelque chose et ils discadrent. Donc, il y a des stratégies qui font que ça ne présente pas beaucoup d'intérêt d'avoir cette information parce qu'elle influence. Donc, je pense qu'il faut l'anonymat. l'anonymat euh euh l'anonymat sur la profession des parents, et puis aussi l'anonymat pendant l'année, parce que faire corriger les copies de ses élèves par un autre professeur, c'est intéressant parce que le professeur ne va pas avoir les mêmes perceptions, les mêmes attentes, et donc pour les élèves c'est une information intéressante, et c'est une information intéressante pour le professeur lui-même, pour savoir s'il a des biais de correction. d'évaluation.
- Speaker #0
Donc vous encouragez le fait que de temps en temps on passe le paquet de corrections à son collègue pour qu'il y ait un petit peu d'air dans l'évaluation et éviter les biais.
- Speaker #1
Oui, c'est parfois un peu compliqué parce que les professeurs ne traitent pas forcément le programme. Les mêmes sujets. Voilà, les mêmes sujets, etc. Mais c'est intéressant. Un autre moyen…
- Speaker #0
Les barèmes communs, est-ce que ça fonctionne, ça ?
- Speaker #1
Oui, les barèmes communs, c'est intéressant parce que c'est un travail que les professeurs doivent faire pour savoir s'ils évaluent de la même façon les mêmes difficultés, etc. moi personnellement en classe de seconde j'avais beaucoup de classe de seconde et donc corriger les copies c'était très long et j'avais un système assez simple le contrôle était sur une seule feuille et il y avait une question et les élèves avaient deux lignes pour répondre et puis je mettais 0, 1 ou 2 et un jour j'ai laissé traîner mon contrôle sur une sur une table et il y a un collègue de sciences économiques et sociales qui récupère ça et qui me dit assez pratique parce que comme ça tu mets les points puis tu fais la clé. le total à la fin. Et donc, ça doit être assez vite corrigé. J'ai dit, ben oui, c'est un peu fait pour ça. Il me dit, mais par contre, ta dernière question, je ne la comprends pas bien. Alors là, je me suis dit, il y avait quand même un problème parce que si un collègue de sciences économiques et sociales ne comprend pas très bien ma question, c'est que elle n'est pas très claire. Et en fait, cette façon de travailler, les élèves, ils avaient deux lignes peut-être pour répondre et étaient en fait très sélectifs parce que Merci. il faut beaucoup de compétences pour répondre de façon succincte à une question. Et donc, au-delà des compétences en sciences économiques et sociales, ce que j'évaluais, c'était des compétences linguistiques de la capacité des élèves à s'exprimer de façon très synthétique pour répondre. Donc, quelquefois, on évalue des compétences qui sont en dehors, qui ne sont pas celles que l'on croit évaluer. C'est plus souvent le cas que l'on croit en termes de compétences à pouvoir... bien rédigé et bien répondre.
- Speaker #0
C'est-à-dire que c'est bien d'avoir du feedback de collègues au final.
- Speaker #1
Exactement. Et souvent, je pense que c'est ce qui manque, c'est que...
- Speaker #0
On s'enferme vite, c'est pas tellement qu'on s'enferme vite, mais c'est que la pratique du métier est souvent individuelle et qu'il nous manque un regard extérieur. Et même à la fin que ça m'est arrivé de concevoir des devoirs ou des questions avec un autre collègue, et c'est très enrichissant de sortir de ses compétences à soi, de sa bulle à soi, et de confronter ce que l'on veut évaluer avec le regard d'un autre collègue. Et c'est quelque chose qui manque, c'est le travail en équipe avec les autres élèves, les autres professeurs, pardon.
- Speaker #1
Alors, il y a une notion que j'ai trouvée extrêmement intéressante de Pierre Merle, c'est le fait du contrat de confiance. C'est-à-dire que vous dites… que les élèves doivent être explicitement préparés à l'évaluation. C'est-à-dire que l'évaluation ne doit pas être là pour les faire chuter ou les interroger aux surprises pour qu'ils trébuchent et qu'on se rende compte qu'ils ne connaissent pas quelque chose, mais plutôt de vérifier avec eux ce qui va être évalué, de leur transmettre et de bien préparer ce que va être l'évaluation pour que l'évaluation soit une vraie évaluation de ce qui a été appris.
- Speaker #0
Tout à fait. Alors, c'est un collègue qui a eu cette idée de faire ce qu'il appelle une évaluation par contrat de confiance. Et le principe, vous venez de l'expliquer, c'est d'avoir d'abord une séance où l'on explique la notion et où les élèves commencent à travailler sur la notion, où ils s'entraînent sur les notions à la fois ensemble et puis après individuellement. Et puis après, il y a une séance pour préparer ce que sera l'évaluation, c'est-à-dire quel type de... de problèmes sera posé, etc. On laisse une semaine aux élèves pour qu'ils puissent travailler, revenir pour poser des questions sur ce qu'ils n'ont pas compris. Et donc, l'évaluation, c'est l'aboutissement de tout un travail où on aide l'élève de façon à ce qu'il maîtrise bien les notions qui vont être évaluées. Après, les notes, elles ne sont pas toutes forcément magnifiques ou extrêmement bonnes. Mais on suit l'élève. L'idée, c'est de faire exactement le contraire de ce qui est fait souvent, c'est-à-dire une évaluation où, par exemple, il va y avoir à la fin une question très difficile sur 3 points sur 20. Mais la question très difficile, elle est, par exemple, pour les bons élèves qui vont peut-être réussir. C'est très bien pour eux. Mais ça veut dire que tous les autres sont notés sur 17 au lieu d'être notés sur 20. Et donc, on leur enlève déjà une partie des points. Et puis, il y a l'idée de questions qui sont de plus en plus difficiles. Il faut aussi accompagner les élèves dans leur apprentissage. Et pour ceux qu'on arrive à motiver, justement par cette certitude, en quelque sorte, cette assurance, en travaillant, on a une récompense, en quelque sorte, d'être plus stimulé par l'évaluation. Là, je pense que c'est quelque chose qui est totalement inconnu, ou très peu connu, qui a été lancé par un collègue. Je trouve que c'est vraiment dommage que ce ne soit pas davantage connu. Au fond, il manque toute une réflexion sur comment évaluer de façon à faire progresser les élèves. Au fond, l'idée, c'est de développer ce qu'on appelle une pédagogie du succès. Le contrôle surprise, c'est l'inverse. C'est une pédagogie de la sanction qui va aboutir à souvent décourager les élèves où on utilise le gros bâton. Et en fait, la pédagogie, comme toute relation humaine, elle doit se baser sur la confiance et sur l'aide et pas sur la sanction. C'est la pédagogie du succès. C'est pour éviter que les mauvais résultats entraînent le découragement, entraînent les mauvais résultats. Il faut créer une spirale inverse. Un élève qui est faible en maths, finalement, il va récupérer un 7-8 parce qu'il a travaillé sur des notions qui ont été bien acquises. en cours et répétées. Et puis, il se dit, en travaillant, je peux réussir. C'est comme ça qu'il y a des élèves qui sortent la tête de l'eau. Il y a des professeurs qui font ça très bien. Moi, je me rappelle d'un entretien avec une gamine qui avait trois ou quatre ans, à qui j'expliquais quelque chose et qui me disait, Pierre, tu sais, ce n'est pas la peine. Moi, je ne comprends pas. Pierre, ce n'est pas la peine, je ne comprends pas. Et je l'ai retrouvé deux, trois ans après. Elle a eu manifestement un professeur des écoles ou une professeure des écoles qui était excellente. parce qu'elle avait envie de travailler, elle y croyait, etc. Donc, elle est passée d'une résignation acquise à une attitude très positive sur le fait qu'elle va y arriver. Et donc, on voit qu'il y a quand même une grande flexibilité et adaptation des élèves, pour autant qu'on leur donne la possibilité.
- Speaker #1
Oui, alors, c'est tellement dommageable que ça repose sur une personne et qu'il faille rencontrer… Le système devrait… devrait nous donner la chance pour chaque enfant à rencontrer la bonne personne. Tout à fait. C'est la problématique. Mais au fait, ce que je comprends de tout notre échange, Pierre Merle, c'est que la problématique, ce n'est pas la notation, c'est ce qu'on en fait, c'est comme s'il y avait l'intention derrière qui changeait tout. C'est-à-dire que si la notation au regard des enfants et au regard de l'enseignant est un indicateur, qui va dans le sens d'une progression et qui fait partie d'un ensemble d'outils pour accompagner un enfant, ce n'est pas grave à la limite d'avoir sept, parce que si à côté l'enfant est valorisé et qu'il a confiance dans cette note, à quoi elle va servir et qu'il y a la suite ? comme si ce n'était pas une évaluation personnelle, mais juste un jugement à un instant. sur une compétence qu'il est en train d'acquérir. À ce moment-là, son vécu ne va pas être pareil et son sentiment de découragement ne va probablement être beaucoup mieux vécu. Si la notation est une punition, est un jugement de valeur sur l'enfant, ça donne des effets extrêmement délétères.
- Speaker #0
Oui. D'ailleurs, on a souvent cette expression, on évalue les élèves. En fait, non, on n'évalue pas les élèves, on n'évalue pas les personnes, et souvent il y a une confusion. Ce que le professeur fait, c'est d'évaluer une copie dans laquelle l'élève est interrogé sur des compétences acquises ou pas acquises. Et donc ce raccourci, l'évaluation des élèves, montre bien qu'il y a souvent une confusion entre l'erreur qui peut être faite et puis l'élève lui-même. Et souvent l'élève, en fait, comprend cette erreur comme le fait que lui, intrinsèquement, ne serait pas capable. Donc, Mon ouvrage s'intitule « Les pratiques d'évaluation scolaire » et non pas « L'évaluation des élèves » parce qu'on n'est pas tout à fait sur le même registre. Donc, l'erreur, elle est normale. Et c'est la première des choses qu'on devrait dire à un élève et à un professeur parce qu'il se trompe aussi, c'est que c'est normal de se tromper et qu'en tant que personne, il peut progresser pour ne plus faire justement ses erreurs.
- Speaker #1
Mais il faut peut-être changer les mots qu'on prononce, les enseignants. évaluer quand on dit c'est un bon élève ou un mauvais élève.
- Speaker #0
Exactement. C'est déjà une mousse.
- Speaker #1
Oui, même dans la tête des enseignants, c'est-à-dire lui c'est un bon, lui c'est un mauvais.
- Speaker #0
Oui, et d'ailleurs, en fait, il faut bien voir que les verdicts professoraux sur c'est un élève faible, par exemple, aboutissent au fait que dans les cours de récréation, en primaire et même après, il y a ce propos assez fréquent qui est « t'es un gros nul » . Donc on voit bien la confusion qui est faite déjà souvent par le professeur entre l'élève, ce qu'il peut être, et il peut être un élève adorable, et puis le fait qu'il soit résumé à sa valeur scolaire, qui est le fait d'être un gros nul, qui est quand même quelque chose de très lourd à porter. Et après, puisque j'ai étudié les pratiques d'humiliation des élèves, il y a quelque chose parfois qui est affreux. Je prends l'exemple que j'ai trouvé le plus abominable d'un élève qui a la dernière note et quand on rend les copies, le professeur arrive à la dernière note et dit « et la copie la plus nulle, c'est pour le gros lard » . C'est effrayant comme façon de tuer un élève physiquement, je dirais, et psychologiquement.
- Speaker #1
Alors du coup, parlons-en de ces comparaisons permanentes.
- Speaker #0
Oui, alors la transition,
- Speaker #1
elle est toute faite.
- Speaker #0
Elle est toute faite. En fait, c'est très intéressant de voir à quel point les comparaisons sociales, que la classe est un lieu de comparaison sociale ascendante et descendante. Et en fait, ces comparaisons sociales ont des effets délétères sur les élèves, surtout lorsqu'il y a souvent des comparaisons qui sont… ascendante où on met toujours en valeur le bon élève, ce qui aboutit toujours à être déconsidéré en fait. Et quand un chercheur en physique se compare à Einstein, il va être décourasé parce qu'il se dit « je suis un très mauvais chercheur, évidemment, je n'y arriverai jamais » . Donc il ne faut pas avoir comme comparaison toujours les bons élèves. Lui, il a 17, c'est un bon exemple, c'est un très bon élève, etc. Ce qu'on appelle des comparaisons sociales forcées. Et elles sont extrêmement présentes dans la classe et de façon qui sont parfois anodines en fait. Par exemple, un professeur qui pose une question aussi simple quand il a donné un exercice à ses élèves, qui est « qui n'a pas terminé ? » En fait, pour les élèves qui n'ont pas terminé, les 2, 3, 4, 5, lever la main, c'est quelque chose qui est pénible. C'est indiqué à toute la classe qu'on n'y est pas arrivé. Et pourtant, ce n'est pas une question qui est mal intentionnée au départ. Mais c'est le fait de ne pas connaître ce que c'est que les comparaisons sociales forcées qui aboutit, pour le prof, à poser une telle question qui ne devrait pas être posée. Et donc, il faut, si possible, ne pas poser des questions qui a terminé, qui n'a pas terminé, etc. Parce que ces questions ont un effet sur ce qu'on appelle la mémoire autobiographique, c'est-à-dire comment on se juge soi-même et on s'estime soi-même par rapport aux autres. Et si on a une mémoire autobiographique qui est très dévalorisante, en quelque sorte, c'est très difficile pour les élèves de persévérer.
- Speaker #1
Oui, vous dites que ça favorise les prophéties autoréalisatrices. On écrit son destin dès qu'on a une croyance, on l'affiche et on déroule la suite.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Donc, tout ceci devrait être davantage connu, notamment le fait qu'une mémoire autobiographique négative aboutit à une réduction des capacités attentionnelles, des ressources attentionnelles. C'est ce qu'on a vu dans quelques-unes des expériences que je vous ai présentées.
- Speaker #1
Tout à fait. C'est... passionnant Pierre-Marc. C'est extrêmement passionnant. Je suis tellement heureuse de pouvoir partager ça avec mes auditeurs. C'est le facteur humain dans toute leur splendeur. Nous, en santé, on commence à en parler, à instaurer des compétences en rapport avec ça. Et dans l'éducation, on a tellement de choses à apprendre et à comprendre. Et peut-être que la sensibilisation à tous ces sujets et par les parents, par les enseignants, sans que ce soit institutionnalisé, puisse participer aussi au changement de culture et changement de paradigme. Du moins, on le souhaite.
- Speaker #0
Je l'espère. Je travaille pour cette raison.
- Speaker #1
Donc, la note est injuste, mais on peut encore faire beaucoup de choses pour accompagner les élèves, malgré les imperfections et l'incomplétude de cet outil. On peut l'utiliser à bon escient.
- Speaker #0
Oui, on peut l'utiliser à bon escient et ce qui me paraît tout à fait essentiel aujourd'hui est que les professeurs soient mieux formés sur cet outil qui est très puissant et qui peut détruire parfois les élèves et aussi être un outil de progression très fort en fait.
- Speaker #1
Et de révélation.
- Speaker #0
Oui, et peut-être un peu moins noté, un peu plus évalué. avec des processus d'évaluation qui soient plus stimulants pour les élèves. Et finalement, il faut bien comprendre que tous ces effets bénéfiques pour les élèves ont des effets bénéfiques pour le professeur et pour le climat de la classe parce que savoir faire progresser un élève, les élèves en sont tout à fait conscients et c'est ce qui fait que le professeur est respecté, que sa parole est écoutée. Il y a une espèce d'osmose en quelque sorte. qui fait qu'on marche ensemble en quelque sorte.
- Speaker #1
Un contrat de confiance.
- Speaker #0
Un contrat de confiance, exactement.
- Speaker #1
Merci infiniment Pierre Merle.
- Speaker #0
Merci aussi.
- Speaker #1
Je vous remercie infiniment d'avoir suivi cette deuxième partie de la notation et j'attends activement tous vos retours et commentaires. N'oubliez pas de liker, de vous abonner et je vous dis à très vite.