- Speaker #0
Enquête d'accord, l'art de communiquer est être en lien. Le cerveau sous emprise Dans cette deuxième partie de cette exploration neurocognitive de l'emprise, nous parlerons un peu des auteurs d'emprise, mais surtout Pascal Michelin tient à s'attarder longuement sur les solutions. Je vous souhaite une excellente écoute. Vous parlez de la triade sombre, Pascal. C'est quelque chose que j'ai eu du mal à comprendre parce que dans la personnalité, dans les pervers, on peut trouver les différents traits, c'est-à-dire et le narcissisme et le psychopathe et peut-être un autre en plus.
- Speaker #1
La notion de triade sombre a été proposée par les psychologues qui étudient la personnalité humaine. pour essayer de rendre compte du fait qu'en fait, il y a peu de troubles narcissiques ou de troubles psychopathiques diagnostiqués. Si on regarde les diagnostics selon le DSM, le manuel de diagnostic utilisé en psychiatrie par un grand nombre, ces troubles de personnalité sont très peu nombreux. En fait, on est à quelques pourcentages, 1, 2, 3 % au grand maximum de la population. Comment rendre compte de toutes ces personnes, en fait, qui semblent ne pas avoir d'empathie émotionnelle, semblent vouloir utiliser les autres, les objectifier, ne penser qu'à leur profit personnel. Donc les chercheurs ont proposé la notion de trait dit sombre, par opposition au trait de personnalité qu'on connaît, de l'ouverture, d'extraversion, etc. Et ces traits sont, donc seraient les traits de psychopathie, le trait de narcissisme et le trait de machiavélisme. Donc c'est un peu reprendre les catégories psychiatriques, mais à une échelle moindre en fait. Ce qui pourrait expliquer que peut-être votre grande-tante semble être un peu psychopathe, mais en fait elle ne serait pas diagnostiquée comme vraiment avec un trouble avéré de psychopathie, mais elle aurait une certaine tendance effectivement à un ne pas du tout rentrer en résonance émotionnelle avec les autres et ne penser qu'à elles. Après, c'est un peu un terrain, ça peut être un terrain glissant parce que du coup, on peut se dire que tout le monde a des traits narcissiques, psychopathiques et qu'on peut commencer à le diagnostiquer tout le monde. Donc, c'est délicat, toutes ces catégorisations au niveau psychologique.
- Speaker #0
Pour connaître un petit peu la fréquence de ces personnalités, est-ce qu'on a une idée combien il y en a dans la population générale ?
- Speaker #1
Comme je disais tout à l'heure, au niveau des troubles identifiés du point de vue psychiatrique, c'est très peu, ça reste de 1, 2, 3% au grand maximum pour ce qui est de la psychopathie ou du narcissisme. En ce qui concerne les traits de personnalité, les études sont montrées que là aussi, c'est quand même pas si important que ça, ce serait 7% de la population, quand on parle de traits sombres, à des degrés élevés en fait.
- Speaker #0
Ok, donc il ne faut pas voir des personnalités pathologiques partout, on peut porter des traits, mais pas avoir toute la panoplie et la personnalité complètement constituée dans tous les personnages qu'on n'aime pas et qui nous entourent.
- Speaker #1
Exactement, en fait une personnalité dysfonctionnelle, c'est une personnalité qui est rigide en fait, qui ne change pas quel que soit le contexte et qui n'est pas malléable. Il ne faut pas non plus faire trop de généralité à partir d'une dispute, effectivement.
- Speaker #0
Quand on a voulu avoir des réponses neuroscientifiques ou une explication neuroscientifique sur ce qui se passe dans le cerveau de ces personnes auteurs et autrices d'emprise, est-ce qu'on a quelques données maintenant qu'on sait sur ces personnes-là ?
- Speaker #1
Il me semble que vraiment le résultat principal, ce serait qui est commun à différents profits, c'est cette différence d'empathie où la personne n'arrive pas ou ne semble pas savoir ou en tout cas ne pas utiliser de façon spontanée l'empathie émotionnelle. Donc ça, c'est vraiment un résultat important. Dans les profits psychopathiques, il y a la relation à la peur aussi qui est différente. Il me semble que les cerveaux des personnes psychopathiques ne réagissent pas de la même façon que des cerveaux non psychopathiques à la peur ou au danger, une sorte d'absence de réaction ou de diminution de la réponse. Les profils narcissiques vont être différents. On va surtout retrouver cette dissociation entre empathie intellectuelle et empathie affective. On retrouve aussi beaucoup d'anxiété sociale, de réactivité. chez les personnes, chez les personnalités narcissiques. Ça renvoie à un côté vulnérable de la personnalité narcissique aussi, qui n'est pas toujours uniquement grandiose. On en rentre dans des différenciations qui sont peut-être un peu... Un peu compliqué.
- Speaker #0
Oui, est-ce qu'on sait pourquoi ? Est-ce qu'on connaît les origines ? On a des explications un petit peu plausibles maintenant ? Pourquoi ces personnes-là se constituent de cette façon-là et pourquoi elles s'enclinent à utiliser l'emprise ?
- Speaker #1
En ce qui concerne les personnes psychopathes, il y a plusieurs hypothèses. on va parler de psychopathie de type 1 ou de type 2, en fait, qui correspondra à des origines différentes. On s'aperçoit qu'il y a une origine génétique, en fait. Si on a un parent qui a des traits psychopathiques, on a plus de chances d'en avoir aussi que d'autres. Mais il y a aussi des origines traumatiques, en fait. Si on a des parents qui n'étaient pas empathiques, qui étaient maltraitants, ça renforce la possibilité que l'enfant n'arrive pas à développer ces capacités-là non plus. Donc là aussi c'est délicat, il y a des hypothèses contradictoires, mais on ne sait pas trop finalement. Mais il semblerait qu'il y ait ces deux origines-là. Et pour les personnalités plus narcissiques, là aussi ce n'est pas très clair. En ce qui concerne les origines plutôt environnementales, on s'aperçoit que ça peut être aussi bien des parents plutôt froids, distants, maltraitants. Comme des parents qui ont été au contraire peut-être trop à l'écoute de l'enfant, qui n'ont pas permis de construire une image de lui qui soit raisonnable finalement. Et l'enfant garde cette image de lui démesurée, qui est difficile à maintenir après l'âge adulte et qui peut provoquer des réactions de ce type-là, des réactions de rabaissement des autres, de contrôle des autres, besoin d'être admiré, etc. donc c'est pas évident c'est pour ça qu'il faut vraiment faire attention quand on a affaire à quelqu'un de ne pas poser des diagnostics sauvages de ne pas faire des raccourcis aussi j'imagine que les études du cerveau de ces personnes là est un peu compliquée parce que c'est pas des gens qui viennent consulter ni qui demandent de l'aide donc
- Speaker #0
il doit pas y avoir beaucoup de recherches autant sur les victimes on arrive quand même à avoir quelques... éclairages de la neurosciences, autant les personnes autrices d'emprise, j'imagine qu'y accéder, c'est assez compliqué.
- Speaker #1
Tout à fait. Il y a plus d'études sur les personnes psychopathes, parce qu'on en retrouve beaucoup en prison, en fait. Mais les personnes psychopathes davantage fonctionnelles, qui ne commettent pas d'actes irrémédiables et qui ne sont donc pas punies, effectivement, elles ne viennent pas consulter. Et de la même façon, pour les profils narcissiques vraiment poussés, en général, ils ne viennent pas consulter. Donc les résultats qu'on a beaucoup, surtout par rapport aux personnes narcissiques, ce sont des études sur la population normale qui a des traits plus narcissiques, plus poussés que d'autres en fait. Mais il y a peu de données.
- Speaker #0
Il y a peu de données. Est-ce que ça n'arrive qu'aux gens fragiles ? Est-ce que ça peut arriver à n'importe qui ? Qui sent et puis qui sent ses cibles et à quel moment ?
- Speaker #1
C'est souvent la question qu'on se pose, est-ce que ça pourrait m'arriver ? Je pense qu'on est tous susceptibles de tomber dans ce genre de relation à partir du moment où on est dans un moment fragile. Ça nous arrive à tous d'être fragilisés. Souvent, c'est quand nos besoins ne sont pas nourris, souvent dans des situations de perte. Si j'ai perdu un proche, un travail, si j'ai un projet important qui s'arrête. Dans ces moments de fragilité, je vais avoir des besoins plus importants, d'être en lien, d'être aidée, d'être aimée. Et donc là, je peux être une cible, puisque le taux d'emprise va repérer ce besoin et donc pouvoir installer une dépendance. Donc ça peut arriver à tout le monde. et ça peut arriver d'autant plus aux personnes qui... portent des fragilités de par des expériences antérieures, que ce soit dans l'enfance ou des traumas ultérieurs, des fragilités qui vont exacerber leurs besoins. Donc en gros, en résumant, vraiment en résumant, c'est la relation qu'on a avec nos parents, bébés et en grandissant, construit l'image qu'on a de nous-mêmes et l'image qu'on a du monde. Et ces images-là peuvent être plus ou moins réalistes selon que nos besoins affectifs ont été nourris ou pas. Donc on peut... se sentir, on peut avoir une estime de soi normale et penser que le monde est plus ou moins dangereux, et avoir un regard objectif finalement sur soi et le monde. Donc là c'est ce qu'on appelle des schémas plus ou moins équilibrés, et on peut avoir des schémas qui ont été plus inadaptés, dans lesquels on a une image de soi qui est faible ou surdimensionnée, et une image du monde aussi qui n'est pas adaptée, qui peut paraître très dangereuse, etc. selon les fragilités qu'on a. qu'on a construit, des schémas qu'on a construits, on peut être plus ou moins des cibles favorites pour des auteurs d'emprise qui vont repérer nos besoins affectifs non nourris finalement.
- Speaker #0
Donc ils ont quand même une grande finesse de la lecture des émotions des autres et probablement il y a une intelligence émotionnelle, intellectuelle qui est forte. par besoin de survie chez les personnes auteurs et autrices d'emprise. Et je comprends que c'est quand on a un genou à terre que les prédateurs arrivent, c'est-à-dire à un moment de notre vie où on est sans défense. un deuil, un divorce, à un moment où on a besoin, on a un besoin spécifique, à ce moment-là, il peut arriver de croiser le chemin d'un auteur d'emprise et qu'il en profite. Donc, je comprends que tout le monde peut être victime un jour de ça. Peut-être pas à des degrés, peut-être à des degrés différents et des... et un seuil de vulnérabilité qui n'est pas le même. Il y a un sujet qui est extrêmement important, c'est la sensibilité élevée. C'est votre sujet de prédilection. Je pense que l'hypersensibilité, ça a déjà été le sujet d'un autre livre. Et là, c'est la sensibilité élevée dans le domaine de l'emprise. Alors, je la comprends en tant que... de vulnérabilité et de sujet cible, mais aussi comme conséquence au fait d'une emprise. Je la vois dans les deux, c'est comme ça que je l'ai compris en vous lisant, Pascal. Est-ce que c'est ça ?
- Speaker #1
Je pense qu'on parle peut-être de deux choses différentes. La sensibilité humaine, d'une façon générale, c'est la capacité à réagir à ce qui arrive, je dirais, à être touchée. par ce qui arrive sur le plan émotionnel ou sensoriel ou intellectuel. C'est cette capacité à réagir et à être touché. Il y a des individus qui naissent comme pour toutes les capacités humaines finalement, il y a des individus qui naissent avec une capacité de réactivité supérieure à la norme finalement. C'est là qu'on va parler de sensibilité élevée. Donc on va si la norme est là, il y a des personnes qui sont là. Donc si on imagine que ces deux personnes, si on a une qui est plus dans la norme et une qui est plus dans la sensibilité élevée, si ces deux personnes subissent une relation d'emprise pendant un temps donné, effectivement elles vont être peut-être plus sensibles à toutes les situations qui leur rappellent la situation d'emprise, donc plus traumatique. Donc les deux vont avoir un niveau de sensibilité qui est exacerbé, mais de façon plus spécifique, c'est plus pour les relations traumatiques, pour les réels. stimuler, qui peuvent réactiver leur traumatisme. Mais dans la sensibilité élevée, on a une réactivité à tout finalement, pas qu'aux choses désagréables et traumatiques. C'est ce qui fait la différence en fait. On n'est pas dans l'hyperréactivité traumatique, on est dans une réactivité aussi à la beauté, aux sensations agréables, avec cette capacité à s'émerveiller, à s'enthousiasmer, à être dans la joie aussi. donc c'est vraiment Je pense qu'il y a la différence entre ce concept de sensibilité élevée et le concept de sensibilité accrue suite à un traumatisme.
- Speaker #0
Alors, ça veut dire que la sensibilité élevée ou les hypersensibles ne présentent pas une vulnérabilité à l'emprise ?
- Speaker #1
Alors, ils peuvent présenter une vulnérabilité à l'emprise de deux façons, je dirais. Il y a des personnes très sensibles qui ne se sont pas rendues compte qu'elles étaient très sensibles et qui, au cours de leur vie, se sont toujours senties différentes ou pas appréciées des autres ou on leur a dit qu'elles étaient trop sensibles ou trop réactives. Et donc, cette espèce de rejet de la part de l'entourage a peut-être fait qu'elles ont construit une image d'elles-mêmes un peu plus vacillante, on va dire, une estime d'elle-même qui est un peu plus... un peu plus dépendante de l'environnement. Donc là, ça crée une vulnérabilité finalement, dont l'auteur d'emprise peut s'emparer. Une autre façon dont une personne plus sensible peut rester plus facilement engouluée dans une relation d'emprise, c'est que souvent les personnes plus sensibles, elles sont intéressées par les émotions des autres, elles sont intéressées par la nature humaine. puisqu'elles sont réactives, elles sentent toutes ces réactions des autres aussi, et donc quand elles sont dans la relation d'emprise, elles ne comprennent plus rien du tout. Et par rapport à quelqu'un de moins sensible qui pourrait se dire, bon ben je ne comprends pas, cette personne est horrible, j'arrête, elle va se dire, mais je ne comprends pas, mais donc j'essaye de comprendre. Et là, elles vont se poser beaucoup, beaucoup de questions, se miner, peut-être se culpabiliser, enfin, c'est de vouloir comprendre qui les attache finalement. Et l'auteur d'emprise le sait très bien, donc va jouer sur tout ça pour les attacher encore plus et répondre à leurs besoins de personnes sensibles.
- Speaker #0
Et les enfants maltraités ou les enfants de famille où il y a eu une emprise gardent l'empreinte, par exemple, d'une amygdale qui est plus… hypertrophié, qui est plus développé, est-ce que ce n'est pas une raison pour laquelle il garde une certaine sensibilité plus élevée que la normale ?
- Speaker #1
Alors oui, mais dans ces cas-là, c'est pour ça que c'est important qu'on identifie une sensibilité élevée, c'est de voir dans quel contexte ça se manifeste. Parce que l'enfant qui a été marqué par une relation d'emprise avec ses parents, il va être... un syndrome post-traumatique en fait. Donc il va être en hyper-réactivité à des signaux bien précis, dans des situations bien précises. Mais il n'aura pas forcément cette réactivité sensorielle, par exemple, ces émotions positives exacerbées qu'on va retrouver dans la sensibilité élevée. Donc il n'aura qu'un aspect, c'est cette sensibilité accrue aux situations qui lui paraissent dangereuses en fait. Et ça, ce n'est pas de la sensibilité élevée au sens réactivité à l'environnement et à tout l'environnement aux aspects agréables comme aux aspects désagréables.
- Speaker #0
Très bien, je vois la nuance. Très bien, donc maintenant qu'on comprend un petit peu comment ça se passe, j'imagine les familles aussi ont vraiment matière à pouvoir expliquer les comportements des personnes qu'elles veulent aider ou peut-être la personne a mieux conscience des mécanismes de l'emprise et peut-être culpabilise un peu moins de cette situation, qu'est-ce qu'on peut proposer et quelles sont les solutions qui sont disponibles ou à disposition des personnes pour sortir de ces rouages-là et récupérer un cerveau qui fonctionne, un raisonnement qui soit plus optimal, un esprit critique, une nouvelle indépendance. une liberté.
- Speaker #1
Donc, la capacité de base qui va permettre à toute personne de sortir de l'emprise, c'est ce que vous mentionnez tout à l'heure, la neuroplasticité. C'est avoir confiance que le cerveau a appris tous ces mécanismes d'impuissance, d'identification à l'agresseur, etc. Mais il peut tout à fait désapprendre tout ça, finalement. Et pour désapprendre, c'est tout le processus qu'on met en place en thérapie. C'est d'arriver à prendre conscience qu'il y a quelque chose qui ne va pas, parce qu'on ne peut pas changer ce dont on n'a pas conscience. Ça, c'est vraiment la première étape, c'est d'arriver à prendre conscience de ce qui est en train de se jouer. Et après, c'est d'accompagner la personne, d'arriver à faire face, parce que ça va être une prise de conscience très douloureuse. C'est savoir comment accepter cette réalité. se sentir en sécurité, sentir que c'est possible finalement, qu'on ne va pas être dévasté par ces émotions désagréables. Et ensuite, c'est un processus de reconstruction de l'estime de soi, de la possibilité d'entrer en relation bienveillante avec d'autres personnes. C'est tout un processus qui se base sur cette reconstruction finalement de la vision qu'on a de soi et de la vision du monde.
- Speaker #0
C'est un peu compliqué parce qu'au fait, les personnes sont tellement dépendantes qu'elles n'imaginent absolument pas l'avenir sans la personne avec qui ils vivent ou sans leurs parents ou l'auteur de l'emprise, parce qu'elles ont été conditionnées, on peut utiliser ce terme, elles ont été conditionnées à vivre en toute dépendance par rapport à cette personne-là. Au début, quand elles comprennent le processus, c'est des sentiments et des émotions qui sont extrêmement fortes, de colère, de tristesse. Et en général, c'est bon signe. Ça veut dire qu'elles se réveillent, qu'elles ouvrent les yeux. Et vous proposez plusieurs façons d'accompagner ce processus-là. Vous parlez du stress comme un outil qu'il faut réguler et gérer. parce que c'est la porte d'entrée à la clarté. Est-ce que vous pouvez expliquer le processus, Pascal ?
- Speaker #1
c'est une belle expression la porte d'entrée à la clarté on parlait de confusion créée par cet état de stress chronique donc l'objectif là ça va être de réguler le stress, d'essayer de le faire baisser au maximum si la personne est toujours en relation avec le temps d'emprise c'est compliqué mais on a plein de voies pour faire baisser le stress en gros c'est tout ce qui permet au cerveau de contrebalancer l'effet du cortisol donc toutes les activités qui vont augmenter la dopamine, l'ocytocine, la sérotonine, toutes les hormones, les neurotransmetteurs qui sont plus de l'ordre de la satisfaction. Donc on a des solutions qui sont assez simples, pas toujours faciles à mettre en œuvre, mais en tout cas simples. Donc c'est tout ce qui est de l'ordre de l'activité physique, ça augmente les niveaux de sérotonine et d'autres hormones de croissance aussi dans le cerveau qui viennent rectifier mes effets néfastes du... du cortisol. Donc là, on n'est pas dans l'entraînement pour un marathon ou quoi que ce soit, c'est pour reprendre un minimum d'activité physique. Ça peut être difficile, si on est toujours dans la relation d'emprise, de trouver le moment, de trouver l'autorisation de faire ça, de se donner l'autorisation sans trop de danger. Donc, arriver à mettre en place une routine plus d'activité physique. Tout ce qui est méditation, aussi pratique méditative. quelle que soit la pratique, de la plus simple à la plus complexe, l'idée c'est vraiment de trouver celle qui nous convient. Là aussi, ça permet de réguler l'attention, de remettre un équilibre au niveau de la lidale, dans la régulation émotionnelle en fait. Entretenir des relations sociales aussi, des relations sociales positives. Rire, c'est tout bête, mais il y a des études qui montrent que juste faire semblant de sourire, ça déjà commence à activer la sécrétion de ces hormones plutôt positives donc c'est vraiment retrouver un équilibre en fait réintroduire du plaisir aussi réactiver le système de récompense avec la sensation de contrôle aussi, si c'est moi qui décide d'aller m'acheter un éclair au chocolat parce que ça me fait plaisir c'est un tout petit plaisir mais c'est le début vers reprendre le contrôle m'autoriser à et ressentir des émotions agréables.
- Speaker #0
Oui. L'image qui me vient, c'est celle d'un prisonnier qui creuse en cachette à l'insu de ses geôliers et des surveillants pour essayer de trouver une issue, mais il ne faut pas qu'ils le disent, au fait. C'est qu'il faut construire petit à petit sa clarté d'esprit et à distance et sans le dire clairement, sans confronter concrètement l'auteur de l'emprise et l'enjeu du sport et de toutes ces activités-là, c'est vraiment retrouver une clarté cérébrale pour pouvoir retrouver, recourir à ses fonctions cognitives, de pouvoir prendre des décisions de soi-même, pouvoir avoir un esprit critique et ne pas avoir que des avis. de l'auteur de l'emprise. Et j'imagine qu'au départ, ça doit se construire petit à petit. Et il faut s'y atteler bout par bout comme un prisonnier qui cherche d'issue.
- Speaker #1
Effectivement. Donc, je ne dis pas que c'est facile. Ça peut être dangereux si on est toujours dans la relation aussi. Donc, effectivement, c'est une... Une chose aussi à déconstruire, c'est l'idée que l'auteur d'emprise va changer. Les études en psychologie montrent bien, ce ne sont pas des profils qui consultent, et ce ne sont pas des profils qui essayent de changer en général, leur équilibre est construit de cette façon-là. Donc c'est, comme vous dites, se reconstruire petit à petit pour sauver sa vie en fait, peut-être en secret. Donc, reconstruire un... rééquilibrer le stress pour reprendre le pouvoir de sa propre pensée finalement, et ce qui va permettre le travail psychologique aussi de reconstruire son estime, de réapprendre le contrôle pour pouvoir agir finalement et s'échapper.
- Speaker #0
Donc en fait, en somme, créer les conditions de sa fugue, c'est ça ? et de sa sortie d'emprise et attendre le moment où on en a suffisamment parce qu'il faut comprendre que les personnes qui sont sous emprise, souvent, elles sont dans une dépendance non seulement affective, c'est parce que pour construire tout le piège, l'auteur d'emprise a construit toute une dépendance économique, des fois, une dépendance affective, il y a tout un... tout un environnement qui empêche la victime de partir. Il y a des fois les enfants qui sont en jeu aussi. Il y a des fois des biens. Donc, c'est le processus de libération. Il peut prendre du temps et il faut le construire progressivement.
- Speaker #1
Tout à fait. Peut-être un dernier mot aussi sur le fait que… On voit des personnes qui ont du mal à se détacher, que ça peut être dans les relations d'emprise ou les relations d'harcèlement au travail aussi, parce qu'elles restent dans la colère en fait. Donc la colère c'est un moteur qui va permettre de sortir effectivement, de ne plus être dans la tristesse et dans l'énergie basse, qui va permettre d'être plus dans l'action, la réaction, la réactivité. Mais rester dans la colère c'est aussi après attendre une réparation qui en général n'arrive pas. Parce que l'auteur d'emprise n'est pas capable de se remettre en question. Il ne va pas s'excuser. Donc il faut arriver, ce n'est pas évident, à accepter qu'il n'y aura pas forcément de réparation et que la situation peut rester injuste. Mais ce qui est important, c'est de retrouver cette liberté pour soi ou pour les enfants qui sont en jeu, s'ils sont là, et retrouver cette joie de vivre. et des relations aimantes qui sont ce que tout être humain mérite finalement.
- Speaker #0
Cette histoire de réparation et de justice, c'est-à-dire à l'heure actuelle, il n'y a pas de possibilité de juger une relation d'emprise, ça n'existe pas, il n'y a pas d'antécédent à ce niveau. C'est difficile à expliquer sur le plan juridique par exemple.
- Speaker #1
Donc il y a des lois qui se mettent en place de plus en plus. Le problème, c'est qu'on parle d'un processus insidieux qui est essentiellement psychologique. Donc on arrive souvent à la parole de l'un contre la parole de l'autre, finalement. Garder des traces, parce que ce n'est pas comme des coups et blessures, il n'y a pas de traces visibles. Dans ce sens-là, ça peut être très compliqué sur le plan juridique.
- Speaker #0
Oui. Une fois qu'on s'en est sorti, comment ne pas retomber dans ces schémas répétitifs ? On sait qu'il y a de la prédisposition, de la vulnérabilité qui reste. Comment reconnaître ? Comment se prémunir ?
- Speaker #1
Je conseillerais vraiment à toute personne qui a vécu ce type de relation de prendre le temps de comprendre ce qui s'est passé, de comprendre... donc de se déculpabiliser, comprendre tout ce qu'on vient de dire là, mais aussi de comprendre ce qui a fait qu'elle ou il ou elle, que la personne ciblée soit tombée dans le piège finalement, soit restée engluée dans la relation. Et c'est en comprenant ça, peut-être c'était une fragilité passagère, peut-être que c'était des schémas inadaptés qui sont là depuis plus longtemps. Et en comprenant ces mécanismes, ça permet là aussi d'aller les travailler, d'aller les déjouer, de les amener à la conscience pour s'en protéger plus tard, pour les remplacer par quelque chose qui convient mieux à la personne adulte et qui lui permettra de repérer des hauteurs d'emprise éventuels et de ne pas du tout aller dans ce type de relation.
- Speaker #0
Bien, merci infiniment, Pascal. Est-ce qu'il y a quelque chose d'important ? À la lumière de votre livre, que vous voudriez ajouter un message probablement ou peut-être aux personnes qui sont actuellement sous emprise ?
- Speaker #1
Je dirais aux personnes qui sont sous emprise, qui nous écoutent, de garder espoir que c'est vraiment possible de s'en sortir, de regarder autour d'elles les personnes qui sont là pour leur tendre la main. Il y en a sûrement plein. Et d'y aller en toute sécurité, mais d'y aller.
- Speaker #0
Demander de l'aide.
- Speaker #1
Demander de l'aide et retrouver le lien, finalement, le lien qui va leur montrer la valeur qu'elles ont aussi. Retrouver ce sentiment de se sentir en sécurité, de se sentir une belle personne, une bonne personne.
- Speaker #0
Merci infiniment, Pascal.
- Speaker #1
Merci à vous, Man.
- Speaker #0
Maintenant que vous maîtrisez l'emprise, participez à faire connaître le concept. Partagez l'épisode, lisez le livre, likez, abonnez-vous. Merci infiniment pour vos retours indispensables. Je vous dis à très vite.