- Speaker #0
Enquête d'accord, l'art de communiquer et d'être en lien. Quoi de mieux que les propres mots de Malek pour introduire ce podcast ? Je le cite. On ne peut s'empêcher de songer à ces cieux lointains et proches, où la désolation de la tristesse des fracas des bombes dicte leur propre loi. Alors, comment peut-on encore célébrer ce demandeton quand le monde autour semble s'enfoncer dans le chaos ? La réponse se murmure alors comme une promesse. C'est précisément parce que la nuit est sombre qu'il nous faut devenir des veilleurs de lumière. Ici, plus qu'ailleurs, nous avons le devoir de cultiver cet élan vital. de magnifier l'ardeur de nos âmes et de porter avec une fierté douce le flambeau d'une espérance lucide et solidaire.
- Speaker #1
Excellente écoute. Bonjour Malek,
- Speaker #0
bienvenue tellement, merci d'être là avec moi. Pour démarrer, j'ai envie de te présenter et je me suis dit que j'allais faire une fiche métier. Du coup, j'ai regardé un peu sur ton site et je me suis dit, si je dois faire une fiche métier, parce qu'il faut le dire, tu n'existes pas. Au fait, il a fallu inventer une fiche métier que pour toi. Donc, du coup, j'ai sélectionné quelques mots. Il y a l'ultra-marathonien de l'extrême, mais ça, oui. Mais j'ai bien envie d'en parler quand même. Philoconteur, anthropologue du lien, ludologue, conférencier, mentor. Passeur, éclaireur, semeur de graines et d'espérance, guetteur de rêves. Magnifique. Ça, c'est une fiche métier.
- Speaker #1
C'est bien sûr que c'est une ficheuse.
- Speaker #0
Attends. Et puis après, j'ai sélectionné des superlatifs, des qualificatifs, on va dire. Alors, joyeux, parce que je t'ai écouté beaucoup.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Joyeux, enthousiaste, inspirant, sensible, bouleversant. humaniste, alchimiste, je dirais. Mais il y a un mot qui revient beaucoup. Pour moi, c'est travailleur ou grand travailleur acharné. Grand travailleur acharné. Ça, c'est comme ça que je te perçois.
- Speaker #1
Bravo, il y a beaucoup de vrai, chère Imane. Et bonjour, Imane, je n'ai pas eu l'occasion de te saluer.
- Speaker #0
Bonjour, Manon.
- Speaker #1
Merci de l'invitation, je suis extrêmement honorée.
- Speaker #0
Le bonheur est pour moi. Alors, j'ai envie de commencer par une histoire. Parce que tu es le maître des récits et des histoires. Alors, je commence par la mienne.
- Speaker #1
Je n'irai pas jusque-là. Tout le monde se racontait des histoires. On est tous des raconteurs-contreurs.
- Speaker #0
C'est vrai, mais tu le fais tellement bien quand même. Alors, la mienne, c'est que la première fois où j'ai écouté une de tes interventions, Malek, c'était en 2022.
- Speaker #1
2022, d'accord.
- Speaker #0
Et alors, j'étais en train de courir. J'étais en train de faire mon petit jogging du dimanche matin. Et comme d'habitude, j'ai mon podcast dans les oreilles. Elle ajoute. tombe sur le tien. Alors mes pieds n'ont presque pas touché le sol. Tu parlais et tu racontais la traversée du désert mauritanien. Et j'ai eu l'impression de l'avoir traversée avec toi. Tes mots étaient puissants, tes silences l'étaient davantage, tes exploits étaient incontestablement impressionnants, exceptionnels. Mais j'ai découvert ce jour-là le pouvoir du mot et du récit. Et puis ta quête, cette puissance que tu vas puiser dans le dépassement de soi, pour la mettre au service du lien social, du partage et au service de la jeunesse. J'espère qu'on va en parler beaucoup de la jeunesse.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Et à la fin du podcast, je me suis retrouvée chez moi en autonomie totale. C'est un petit peu ce que tu dis souvent. C'est-à-dire que les repères étaient un peu brouillés, mais je suis arrivée jusqu'à chez moi un peu depuis ce moment suspendu. Et si on m'avait dit ce jour-là que quelques temps plus tard, je t'en parlerais en direct, j'aurais bien rigolé, mais je trouve que la vie est pleine de malice. Ça, tu le dis souvent aux jeunes. Alors, je commence par te dire un énorme merci pour cette sublime occasion, Malek, que je vais essayer de transmettre à mes auditeurs, les plus jeunes et les moins jeunes, parce qu'on en a tous besoin. Et peut-être que tu me diras qu'on n'a pas... vraiment besoin de parler de tes exploits mais moi je pense que si parce que c'est une colonne vertébrale qui te constitue quand même à partir de laquelle tu puises beaucoup beaucoup de ressources que tu vas mettre comme un anthropologue, au service du lien, de la relation, tu vas mettre au service des jeunes, et qui vont des fois se transformer en grande, grande sagesse, et qui vont alimenter des contes et des récits que tu vas mettre à notre service pour qu'on puisse palper et saisir ce qui est difficile à saisir quand on n'a pas fait les traversées ou les exploits que toi, tu as réalisés. Est-ce que tu peux dire à nos auditeurs un petit peu l'historique de ce que tu as fait. Je sais qu'il y a plein de projets encore à venir. Il y a eu le désert. Tu veux en parler ?
- Speaker #1
Je suis extrêmement gêné d'évoquer l'historique des traversées parce que, encore une fois, tu l'as bien dit, Imane, la course à pied ou en tout cas l'ultra-marathon des extrêmes, c'est qu'un prétexte. pour pouvoir partir à la découverte de soi, certes, mais surtout à la découverte des autres et du monde. Traverser les immensités des paysages, c'est forcément répondre à trois questions. C'est ce qui m'anime toujours. C'est qui les gens ? C'est quoi le monde et comment ça marche ? Et je n'oublie pas que les plus beaux paysages, ça reste les visages. Donc, ce n'est qu'un prétexte que d'aller se confronter et d'affronter un réel improbable, insondable, ineffable. Mais ce qui est peut-être le plus important, c'est de démontrer que tout un chacun est capable de faire des grandes choses avec des petites choses, parce que rien ne me prédisposait à être un ultra-marathonin d'extrême. Parce que mon ADN premier, c'est le ballon rond, c'est le foot. J'ai grandi avec ça. Ça m'a structuré, forcément. Mais comme quoi, la vie, elle est faite de rencontres, et c'est les rencontres qui te permettent après de grandir autrement et d'aller sur des territoires de jeu totalement inconnus. Et ça fait 25 ans maintenant que je pratique l'ultra-marathon des extrêmes, c'est-à-dire on est à peu près 700 dans le monde, on représente moins de 0,1% de la population mondiale, donc on est très peu nombreux sur 8 milliards d'habitants. Alors qu'il y a à peu près 220 millions de marathoniens, et ça fait plaisir parce que les jeunes que j'ai embarqués sur ma nouvelle aventure, leur faire faire des marathons pour des jeunes qui ne courent pas et qui n'ont pas d'appétence et qui sont sortis du système scolaire, donc cabossés par le système scolaire ou le système familial, et on leur propose un système solaire pour vivre autrement. Vous ne pouvez pas savoir ces jeunes quand ils terminent un marathon, comme là à New York dernièrement, quand ils ont lu la une du New York Times, où la première phrase, il est écrit, vous faites partie des 0,97% de la population mondiale à avoir fini un marathon. Imaginez leur regard, leur transformation, leur métamorphose. Et tu as parlé d'alchimistes et je suis tout à fait d'accord avec toi. Je crois que la vie, c'est que ça. C'est la capacité à transformer l'improbable en probable, la capacité à en transformer toujours des problèmes en solutions, à transformer les incertitudes en projets, les énigmes en apprentissage. La vie, c'est que ça, cette capacité. C'est une question de regard, à faire basculer. Tout à chacun, comment on bascule du confort à l'effort ? Comment on bascule de la facilité à la volonté ? C'est de l'alchimie, c'est des métamorphoses silencieuses qui se mettent en place. Comment on bascule de la négligence à l'exigence ? De la nonchalance à la vaillance ? Comment on bascule effectivement de la stagnance ? Beaucoup de gens sont pro-assis, sédentaires à la mouvance. Bref, l'ultra-marathon c'est une école de la vie et la vie est un ultra-marathon fondamentalement. Alors pour répondre à ta question de manière concrète, Ça fait que 25 ans que je pratique l'ultramarathon. Je suis un amateur éclairé parce que je ne vis pas de ça. C'est une passion, mais ça m'anime. Dans ma réflexion d'anthropologue, c'est pour ça qu'aujourd'hui je me considère plutôt comme un anthropodologue. Anthropologue et podologue, ça donne anthropodologue, où j'associe les résonances de nos vies internes et externes. Et j'associe, bien sûr, cet éloge du corps. Et ça, tu connais très bien. Il s'agit d'habiter un corps avant d'habiter une tête. Parce que quand le corps est bien, le reste suit, mais pas l'inverse. Et donc ça m'a permis, grâce à des rencontres, grâce à des gens qui ont cru en moi, d'aller marteler, d'aller découvrir des endroits improbables. Les déserts, c'est ma première appétence, parce que dans les déserts, il y a des peuples premiers, des peuples racines qui vivent là-bas. Et ce qui est intéressant, moi, ce qui m'anime dans la traversée, dans ces grandes traversées, dans ces grandes chevauchées fantastiques, parce qu'on traverse des endroits... qui sont imprégnés de social, d'histoire et de culturel et qui sollicitent en nous la dimension du sacré et du merveilleux. Quand vous êtes dans les déserts, vous êtes connectés à des forces telluriques et vous êtes connectés à des forces célestielles. Vous êtes dans l'essentiel, dans l'essentiel inaperçu. Le futile n'existe plus, c'est l'utile qui va t'animer, qui va te permettre de traverser. Mais je sais que pour avoir la capacité à finir ces grandes traversées, j'ai besoin de rencontrer des gens et en particulier c'est les peuples premiers. Donc je fais des détours de 80 à 200 kilomètres sur ces grandes courses. pour aller les voir, je reste deux jours, trois jours, j'apprends, je m'imprègne. de ces peuples qui sont extraordinaires, qui vivent dans un univers contraint. Ils sont dans le désert, c'est dur, c'est compliqué, mais ils ont une dignité. Il y a une grande perméabilité culturelle, ils sont d'une curiosité sans faille et ils sont d'une hospitalité merveilleuse. Quelque chose qu'on a peut-être perdu dans nos sociétés d'abondance et dans nos sociétés modernes. Et donc aujourd'hui, nous, nous sommes capables, on est 700 dans le monde, à faire des chevauchées fantastiques de 400 km jusqu'à 3000 km. On est capable de monter jusqu'à 2008 en autonomie totale. Donc c'est des marches, courses de 80-100 km de jour qui durent 5, 10, 15, 20 jours, 30 jours. Ça dépend de la distance. Autonomie totale, sac à dos, alimentation. Après je m'alimente grâce aux peuples premiers qui vont me donner des ressources autres pour pouvoir avancer. Notre enjeu c'est de basculer de puits d'eau en puits d'eau. Donc dans les déserts il y a plein d'eau. Et j'en imagine pas le nombre de puits ou de nappes phréatiques qui existent. Mais encore faut-il savoir les lire, c'est pas donné à tout un chacun. Ce sont des grandes courses d'orientation, carte boussole, en fonction de l'ancienne. On n'a pas de balise, on n'a pas de téléphone satellitaire, on n'a pas de téléphone portable, les réseaux ne passent pas. Donc on est complètement déconnecté de tout. C'est un des rares sports aventure laconique, cette déconnexion totale. On n'est pas connecté aux outils numériques, on est connecté au réel, à l'organique, au minéral, à la terre qui est là et on avance. Et ce qui m'a permis alors de traverser, bien sûr... des beaux paysages, que ce soit le Sahara, effectivement la Tunisie, la Mauritanie, la traversée nord-sud de la Mauritanie, plus de 1500 km, de basculer dans le désert d'Atacama également, Bodivy, Chili, on démarre à 4000 m d'altitude et on termine à 6000 m d'altitude. Donc là, il y a une autre contrainte dans l'Atacama désert, c'est la haute altitude d'hypoxie. Autre grande difficulté par rapport au désert classique, des déserts froids, on a des températures extrêmes de 50 degrés et la nuit on bascule à zéro, donc il faut gérer également tout ça. Désert polaire, l'Antarctique, là on change d'univers, mais en tant qu'amateur éclairé, mon rôle c'est juste, moi j'ai juste un seul objectif, c'est de finir. Et c'est un message fort à faire passer que dans la vie, le plus important c'est pas de démarrer, il est donné à tout un chacun de pouvoir démarrer. Le plus important c'est pas de démarrer, le plus important c'est de finir ce qu'on a démarré. Combien de projets qui sont lancés ? et qui deviennent des bonhommes de neige en plein soleil, parce qu'on ne va pas au bout. Enjeu démarré, mais le plus important, c'est de finir. L'ultra-marathon t'apprend cette qualité remarquable qu'est la persévérance, qu'est l'abnégation, qu'est la ténacité, avec une grosse dose de travail derrière en amont, forcément, parce que la clé, c'est la préparation, et que dans la vie, c'est cette capacité à aller jusqu'au bout. Et là, on est dans l'accomplissement, et là, on est dans l'épanouissement, et là, on est capable de raisonner avec soi, avec les autres. Et donc, il y a toujours plein de rêves, plein de projets, d'autres grandes traversées qui se mettent en place. Après, il y a eu les traversées des pays, bien sûr, qui ont été aussi effectuées, la traversée de la France, en courant nord-sud. Ça a été fabuleux. C'était une de mes premières courses, la traversée du Rajasthan, de l'Inde jusqu'au Pakistan. C'est aussi une belle course, la traversée du Burkina Faso, en courant pour rencontrer les peuples promis. Et c'est de là que vient le titre de Gettert, histoire de rêve, parce que c'est au Faso que j'ai rencontré dans mes déperditions, parce que je me perds souvent, mais ce n'est pas grave. Mieux se perdre pour mieux se retrouver. Et au fasson, quand je suis perdu, je suis arrivé dans un village paumé et j'ai rencontré des chefs de village qui se définissaient comme des guetteurs-tisseurs de rêve. Il n'y a rien. Il y a une misère sans fin. Ils vivent dans des troglodytes. Il n'y a même pas de toit parce qu'il ne pleut pas. Ils vont chercher l'eau. Ils envoient leurs enfants chercher l'eau à 10-15 kilomètres avec des bassines, aller-retour. Et ils s'appellent guetteurs-tisseurs de rêve. J'ai trouvé ça fascinant. Je suis resté 4 jours avec eux et ils m'ont... C'est encore une grosse histoire à raconter, mais ils m'ont ouvert les yeux sur le simple, sur l'humble, et sur la capacité toujours à tendre la main. Je crois que pour moi, l'ultra-marathon, c'est que ça. C'est comment on bascule du solitaire au solidaire, et comment on arrive après à embarquer toutes les énergies pour générer de la synergie. Parce que plus que jamais, c'est ensemble qu'on est capable d'aller loin, c'est pas seul.
- Speaker #0
Sans ces traversées, tu ne serais pas l'homme que tu es aujourd'hui. Ce que tu n'aimes pas les citer, mais moi ça me fait juste rire, il te constitue profondément. Ça représente qui tu es et s'il n'y avait pas ces traversées, tu ne serais pas en mesure de compter et raconter aujourd'hui. La sagesse ne serait forcément pas là. La profondeur et tout ce qu'il y a à transmettre à ces jeunes. Le fait que tu puisses finir, que tu puisses te lancer dans des dépassements de soi, dans ta solitude, parce qu'il faut la supporter la solitude quand tu passes autant de jours tout seul, complètement déconnecté face à toi-même, c'est une traversée en soi déjà. Et s'il n'y avait pas ça, je ne suis pas certaine que… Tu me diras, c'est ça qui fait que tu as autant de choses et de matière à transmettre.
- Speaker #1
Mais la vie est une traversée. Tout est traversé. Est-ce qu'il faut aller dans les déserts pour se constituer ? Je ne sais pas. Après, ce sont des choix qui ont fait que et qui me permettent alors de vibrer de manière extrêmement dense et intense. Mais il est donné à tout un chacun de vibrer, de vivre. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'entre le naître et le mourir, il y a un espace qui s'appelle vivre. à chacun d'aller se confronter et d'affronter le réel de la vie. Moi, j'aime beaucoup ce que disait ce grand poète du Creusot, Christian Bobin, qui disait « Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles. Tout est question de regard. » La vie, c'est que ça. Tout est question de regard. Alors, c'est vrai, allez-moi dans les déserts, c'est tous les endroits les plus beaux, parce qu'on est dans un épurement. C'est à la fois le tout plein et le tout vide. C'est ça qui est fascinant d'aller là-bas, mais c'est riche de rencontres. Mais il s'agit d'aller à la rencontre de tout un chacun, que ce soit là aujourd'hui, que ce soit en ville, que ce soit en campagne. Il y a toujours moyen de traverser l'espace. Et quand on traverse l'espace, il y a toujours moyen d'aller à la rencontre des gens. Et quand on va à la rencontre des gens, forcément, on ne peut être que sublimé parce que ce sont des mondes qui vont s'ouvrir. Alors bien sûr, j'ai fait le choix pour plein de raisons personnelles. pour plein de raisons issues à des failles, on a tous des failles, et derrière les failles, il y a des éveils, qui fait qu'on va aller se confronter à un réel extrêmement compliqué, mais la vie, elle est là. Moi, je garde en mémoire, il y a un joli adage berbère qui dit « Un ennemi, c'est une personne dont on ne connaît pas son histoire. » Pour moi, la traversée, c'est ça. Au-delà de l'espace. Le plus beau des espaces, c'est le corps. Le corps humain. Il s'agit d'aller à la rencontre de ces gens-là et de les traverser. Et là, ça prend son sens. Alors c'est vrai que tu dis, tu as raison, parce que le fait d'aller au Faso, le fait d'aller en Mauritanie, le fait d'aller en Namibie, le fait d'aller dans des endroits assez improbables, tu reviens riche d'histoire, parce que ça te constitue, ça te forme, ça te forge, ça te donne une autre, entre guillemets, autorité morale qui te permet de dire ce que le corps peut. Avec de la volonté, de la négation, on peut faire vraiment... Tout le monde est capable de faire des grandes choses. Il suffit juste peut-être de savoir saisir, saisir sa chance, saisir son destin, parce qu'il n'y a pas de fatalité dans la vie, loin de là. Moi, j'ai beau avoir grandi dans un quartier compliqué, rien ne me prédisposait à être ce que je suis devenu. Mais encore une fois, ce sont des rencontres qui te constituent, des gens qui croient en toi, des gens qui vont te tendre la main. Encore faut-il saisir cette opportunité de la rencontre et de la magnifier, et ensuite de transmettre ce message. Pour pouvoir dire, tout simplement, on a une alternative dans la vie, mourir ou mûrir. Et bien c'est ce que disait Saint-Exupéry, fais en sorte que ta vie, fais en sorte que tes rêves dévorent ta vie avant que la vie ne dévore tes rêves. Et bien je crois qu'il faut cultiver les rêves, et les rêves sont faits pour féconder le réel. Et je ne sais pas moi, si on m'avait dit que l'achat d'une salle de basket allait m'amener aussi loin au bout du monde connu, aussi loin au bout de mes profondeurs intérieures, jamais je l'aurais cru. Parce qu'au démarrage, je courais dans, voilà, je faisais 10 kilomètres de l'asphalte, mais après voilà, encore une fois. Des rencontres qui vont te permettre d'ouvrir des nouvelles portes, qui vont te dire, tiens Malek, tu peux aller par là, tiens Malek, tu peux aller encore un peu plus loin, après tu te dis, tiens, et après tout, et pourquoi pas ? Et je crois que ce pourquoi pas, en ces temps de résignation, en ces temps d'indifférence, en ces temps de cacophonie généralisée, en ces temps de peur, plus que jamais, il s'agit de cultiver l'audace, plus que jamais, il s'agit de dire à tout un chacun que... J'ai l'air d'en mémoire des propos d'un Georges Bernanos qui disait « Face au démon de mon cœur qui dit « À quoi ça sert ? » Parce que souvent, on va se dire « À quoi ça sert ? » Eh bien, lui, il disait « Face au démon de mon cœur qui s'appelle « À quoi ça sert ? » Je fais appel à l'ange de la rescousse et pourquoi pas ? »
- Speaker #0
C'est joli.
- Speaker #1
Il ne faut pas tout ramener à l'utilitarisme parce que des fois, on me dit « Mais Malek, à quoi ça sert de traverser les déserts ? » Ce n'est pas la question. Arrêtez avec le démon d'utilité et laissez-vous porter par le rêve, laissez-vous porter par le beau, laissez-vous porter par le simple, laissez-vous porter par... La vibration, je crois que c'est ça qui doit nous animer. Vibrer avec les autres, toujours.
- Speaker #0
Et alors cette vibration, c'est celle que tu essaies de transmettre à tous les jeunes dont tu t'occupes actuellement ? Parce qu'il y a eu beaucoup de projets, mais le plus récent, c'est quand même l'association des 42.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Un magnifique projet que j'ai suivi. J'ai été jalouse de tous ces jeunes qui n'ont terminé le marathon, mais je le dis, je ne vais pas essayer.
- Speaker #1
Et pourquoi pas ?
- Speaker #0
Et pourquoi pas ? Oui, peut-être, peut-être.
- Speaker #1
Parce que franchement, c'est ce que disaient les jeunes. On va peut-être raconter très rapidement.
- Speaker #0
Oui, avec grand plaisir.
- Speaker #1
Les 42. Et là encore une fois, c'est ça qui est intéressant. Nous en anthropologie, on dit souvent que la vie c'est une trajectoire. La vie c'est une trajectoire, chacun suit sa trajectoire de vie. Ça peut être une autoroute, quand tout va bien. Mais souvent, ce n'est pas une autoroute, ça se saurait. La vie, ce n'est pas une autoroute. Elle est faite de trous, elle est faite de chutes, elle est faite de lignes qui montent, de pentes sinueuses, de lignes de crête extrêmement dangereuses, elle est faite de glissades, elle est faite de blessures, elle est faite de meurtrissures, elle est faite de fêlures, elle est faite de ratures. Bref, ce n'est pas droit, la vie. Et alors ? Et alors ? Et donc, cette vie qui est une trajectoire, à un moment donné, tout à chacun... On arrive à une sorte de bifurcation. Et je crois que la vie, il s'agit de savoir bifurquer, s'aventurer dans la vie. Et la vie, elle bifurque. Et le chemin, il va se séparer. Et souvent, pour beaucoup de personnes, ça fait peur parce que là, vous vous dites à un moment donné, quand la vie, elle bifurque par rapport à votre rail tracé, on se dit, quel chemin je vais prendre ? Qu'est-ce que je fais ? J'y vais ou j'y vais pas ? Je fais ou je fais pas ? J'ose ou j'ose pas ? Je tente ou je tente pas ? cette fameuse question de l'essai de l'audace et je crois qu'il faut avoir en tête, il y a pire dans la vie que ne pas avoir réussi, c'est ne pas avoir essayé on ne vous fera jamais le reproche d'avoir essayé, parce que la vie elle est là on tente, on essaye et donc face à ces choix, ça s'appelle un kinamen en anthropologie, où à un moment donné qu'est-ce que je fais ? Moi souvent je suis toujours confronté à ça, qu'est-ce que je fais ? mais je crois beaucoup à l'action parce que le secret de l'action c'est d'y aller de tenter, et si ça ne marche pas il est où le risque ? Il est où le risque ? On a tout à gagner à essayer. Et si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Tu sais, les jeunes de quartier, comme je suis éducateur, on va revenir sur les 42, les jeunes de quartier disent souvent, au pire, ça marche. Si ça ne marche pas, alors ça ne marche pas, mais ce n'est pas grave. Et donc, face à cette bifurcation, on dit que la vie est faite de trois ingrédients. Elle est faite de circonstances, de choix et de rencontres. La vie, c'est que ça. Les circonstances, elles te tombent dessus. Tu ne les choisis pas. La guerre en Ukraine, la situation Covid. Moi, c'est la situation Covid qui m'a permis de créer les 42. Si on n'avait pas été confinés, moi, j'aurais continué l'ultra-marathon. Mais pendant la situation Covid, les 5 ans... On n'a plus eu le droit de partir. Les déserts étaient fermés. Et qu'est-ce que tu fais dans ce cas-là ? Je ne concevais pas une vie sans une activité physique, sans la dimension motrice du corps. Et tu ne vas pas t'entraîner 8h, 9h par jour pour pouvoir tenir les 80 km jour. Si je n'ai pas de course, il faut qu'il y ait tout de même un objectif. Il n'y a plus. En revanche, les marathons se sont ouverts très vite. C'est un business. C'est là où je me suis dit, tiens, au moment où on utilise les circonstances, une situation de contrainte, il faut la transformer en positif. Autrement dit, face à un imprévu, tout est question de regard. Est-ce que c'est un péril ou est-ce que c'est un prodige ? Comment tu transformes un événement affreux en événement heureux ? Tout est question de regard, d'attitude, ça se cultive, ça se travaille. Donc il y a l'effet de circonstance, c'est le fameux peristasis grec, qui veut dire les choses qu'on ne maîtrise pas. Et face aux circonstances, on doit faire des choix. Et ça, ça fait peur, parce que les gens se posent toujours la question « Est-ce que je fais le bon choix ? » Ça, on ne le sait pas. C'est le temps qui va te permettre de savoir. Et alors, on y va et si ça ne va pas, on a toujours la possibilité de revenir en arrière. Ça s'appelle la posture d'humilité, la remise en cause, pour pouvoir rebifurquer et ne pas être dans un entêtement capricieux. Et ces choix qui dépendent de moi, ces choix peuvent être magnifiés par les autres. On a besoin des autres qui vont nous aider peut-être dans un éclairage. Ils ne vont pas décider par toi, mais il y a des gens qui vont te dire, vas-y, fais-le, tente. Il faut aller avec ces gens qui vont croire en toi. éviter les enténébreurs qui vont te dire tu peux pas, c'est pas possible, il y en a plein qui s'appellent des enténébreurs, ils ont des mots poison, ce sont des docteurs tant pis ils sont dans une logique mortifère les médias aujourd'hui c'est une logique mortifère, anxogène tout va, à chaque fois nous dire que tout est laid, que tout est mauvais alors que il y a encore beaucoup de beau dans ce monde et le monde ne mourra pas par manque de merveille il mourra par manque d'émerveillement ce qui est différent, donc tout est question de regard récemment j'ai revu un film de Une parenthèse, j'ai lu la fille de Kenzo Mizoguchi, ce grand cinéaste japonais, qui est mort en 1956, et qui disait à ses enfants, voilà une belle attitude, et c'est la clé. Il faut se laver les yeux entre chaque regard. Et là, on cultive l'émerveillement. Voilà le message que j'essaye modestement de faire passer également à mes étudiants et surtout à mes jeunes. Et donc, les 42, c'est ça. Circonstances, choix, et forcément rencontres. Le Covid m'a permis, alors là, maintenant je vais revenir sur l'ultra, parce qu'on peut repartir en 2027, je repars sur un gros combat. Mais je garde les 42 créés en 2022. On a fait deux éditions. La dernière est en 2025.
- Speaker #0
Il y a eu Athènes en
- Speaker #1
2023, New York en 2025. Et les 42, c'est quoi ? C'est 42 pour 42 kilomètres. Je reviens sur marathon classique parce que les marathons ont repris très vite malgré la situation Covid. Parce qu'on est dans un univers totalement sécurisé, il y a plein de monde, il n'y a pas de danger, on est en ville. Ce n'est pas le cas des déserts où là il n'y a personne, vous êtes tout seul, il faut arriver au bout. 42 kilomètres pour 40, l'idéal c'est 42 jeunes, mais en tout cas je garde cet idéal et on va y arriver, on va y tomber. 42 kilomètres pour 42 jeunes de 18 à 28 ans, mais il n'y a pas d'âge, on est d'accord, on est jeune jusqu'à 50 ans, 60 ans, 70 ans, on est bien sûr. Mais dans l'association, dans la loi 1901, il faut contraindre, il y a une raison d'être, et donc on a limité, même si dans la deuxième édition, j'ai pris des jeunes de 33 ans, une mère célibataire, 4 enfants, et qui est venue au combat, un jeune de 36 ans qui se cherchait, parce qu'on peut être à 36 ans, on se cherche, et les jeunes qu'on va aller chercher, j'ai créé des partenariats avec les missions locales, et la demande, je me suis dit qu'il faut aller chercher des jeunes, certes, désaffiliés, c'est le terme qu'on emploie en sociologie, des jeunes en situation de vulnérabilité, familiales, scolaires, sociales, sociétales. Donc des jeunes qui se cherchent, qui ne savent pas quoi, qui sont à l'arrêt. Un peu cette génération sale d'attente. Des jeunes, non seulement qui sont en génération sale d'attente, qui ne savent pas quoi faire, parce qu'ils ont quitté l'école très tôt, donc ils n'ont pas les parchemins diplômants, et on est dans une société où on est dans cette injonction du diplôme permanent, alors qu'on peut réussir sa vie sans forcément avoir des diplômes. S'il y a l'envie, l'enthousiasme, s'il y a... Il y a plein d'exemples dans la vie, où il y a des gens qui ont arrêté l'électeur. Un des plus grands milliardaires français, François Pinault, il a arrêté l'école à 16 ans. Kering.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Il a démarré. Après, je ne parle pas d'André Malraux, d'Annelie Deleuze, Catherine Deneuve.
- Speaker #0
On peut se former.
- Speaker #1
Lourd. La vie, c'est un apprentissage permanent. Voilà. Ça, c'est la qualité la plus remarquable, la curiosité. Donc, on va chercher ces jeunes qui sont un peu caboussés par la vie et surtout des jeunes qui ne pratiquent pas de sport, pas d'activité physique. Voilà le défi des jeunes qui sont à l'arrêt. Cette génération Netflix, cette génération Disney, cette génération Amazon, cette génération des écrans. Et les écrans génèrent quoi ? La maladie du siècle, la sédentarité. On ne bouge pas. Or, le corps est fait pour bouger. Et donc, je dis à ces jeunes, quand j'ai eu cette intuition de créer les 42, venez courir un marathon.
- Speaker #0
Genre comme si moi, tu venais me dire,
- Speaker #1
viens courir un marathon. Voilà, la première réaction, c'est, ils rigolent, ils te regardent en disant, mais il est fou le gars, je ne pratique pas de sport.
- Speaker #0
J'ai fait des semis, mais il y a fort longtemps, mais le marathon, je n'ai pas fait.
- Speaker #1
Ils ont la même réaction en disant, mais c'est n'importe quoi, ce n'est pas possible, je ne peux pas. Je ne pratique pas de sport, je suis à l'arrêt. Et en plus, on prend tous les polymorphismes des corps. Les gens fit, les gens gros, gras, large. Le dernier qui a fait le marathon avec nous à New York, on avait un jeune qui faisait 112, 115 kilos.
- Speaker #0
Même substrat physiologique.
- Speaker #1
En plus, on s'en fout du substrat physiologique, ce qui compte, l'envie, l'enthousiasme, l'énergie joyeuse qu'on va aller chercher. et qu'on va leur délivrer, et qu'on va accompagner, parce que le message fort, ça sera toujours de croire en eux. Et je leur dis, venez, et la promesse que je leur fais, vous allez avoir le plus beau des diplômes, sur un CV, marathon. Vous n'avez pas les diplômes techniques des grandes écoles ou de la fac ? Ok. Mais ce qu'on recherche aujourd'hui dans le monde du travail, au-delà de la compétence technique, c'est des clones qui arrivent sur le marché du travail. Mais ce qu'on demande aujourd'hui dans un monde trop troublé, trop blanc, où tout bouge, où tout change, il faut savoir garder le cap. Si vous mettez un marathon sur un CV à 20 ans, parce qu'à 20 ans, on ne fait pas de marathon, eh bien, moi, je suis recruteur. Là, je vais m'arrêter sur le CV. En plus, pas n'importe lequel. Il a fait un marathon à 20 ans, ça veut dire qu'il a développé les fameuses mad skills, c'est le terme qu'on emploie dans le monde du travail. Ténacité, abnégation, discipline, engagement, voilà ce qu'on recherche.
- Speaker #0
Et puis lui-même, j'imagine qu'une fois qu'il s'est ouvert cette porte, il peut rêver de tout.
- Speaker #1
Mais une fois qu'il vient, bien sûr, parce que là...
- Speaker #0
Il peut s'autoriser de rêver de tout ce qu'il veut.
- Speaker #1
Ou tant, une fois que tu as fait un marathon. 42 km, tu es en difficulté, tu penses à ton marathon, 42 km. Autrement dit, grâce au marathon, non seulement on leur donne un diplôme extraordinaire, symbolique, extrêmement puissant dans l'imaginaire collectif, parce qu'ils sont très peu nombreux, encore une fois, c'est 0,97% de la population mondiale, c'est 220 millions sur 8 milliards d'habitants à être finisher. On travaille leur estime de soi. Et la clé pour pouvoir avancer dans la vie, c'est l'estime de soi. Quand je m'aime, je suis capable d'être avec les autres. L'inverse, c'est impossible. Comment aider les gens si je ne m'estime pas ? Il y a un joli adage du Liban qui dit « Commence par être l'ami de toi-même, tu ne seras plus jamais seul. »
- Speaker #0
combien de chers tonnes ne sont pas amis vis-à-vis d'eux-mêmes, et bien c'est ce qu'on leur donne et avec ça, il y a tout un programme qui se met en place, on pourra en parler très longtemps mais on les accompagne pratiquement pendant un an ça dure deux ans le cycle, parce qu'il y a un an où je vais chercher les fonds financés, parce que ça coûte de l'argent donc j'ai des mentors, des dirigeants qui viennent financer l'aventure, et mes mentors qui ne courent pas ils vont venir courir avec les jeunes, donc on est dans l'intergénérationnel, grands dirigeants d'entreprises, petites entreprises, ils viennent courir donc il y a un échange permanent c'est fabuleux Et les mentors, on les visite. En plus, on va visiter leur entreprise. Et ce qui est intéressant, on dit à nos mentors, racontez-nous votre histoire. Comment vous avez créé votre structure ? D'où vient votre structure ? C'est quoi votre parcours de vie ? Et qu'est-ce que vous attendez d'un jeune dans le monde du travail aujourd'hui ? Et là, on fait la connexion entre l'école marathon et les jeunes. Et à la fin, je leur demande, c'est la dimension téléologique, recrutez-les. La dimension social, insertion professionnelle. Non seulement, on va courir un marathon, mais l'objectif final, c'est qu'ils puissent rejouer. Leur carte est s'insérer dans cette société. Et donc, mon dirigeant, certains les embauchent directement ou comme ils ont un réseau, ils ouvrent les portes. Et le plus beau dans cette aventure, c'est qu'on crée une communauté de destin. Une destin de communauté parce qu'on crée des liens extrêmement forts et puissants entre la team que j'ai constituée pour aller chercher, bien sûr, mes marathoniens un peu partout en France parce qu'ils viennent de partout, les jeunes. On n'est pas qu'à Paris. On va chercher la France des couleurs et la France des terroirs pour pouvoir jouer sur cette diversité fascinante entre l'urbain compliqué et le rural profond. Donc, les jeunes se découvrent. Les jeunes du 93 qui vont courir avec des jeunes de l'Alsace profonde, de l'Alsace-Beau-Sud, du côté de Lingen, de Berkhaus, de Wolgelsheim. Ils vont courir avec des jeunes de Guéret, du Creusot. Ils vont courir avec des jeunes de Châlons-sur-Saône. Jamais de la vie, ils vont se rencontrer. Tout comme pour les jeunes des quartiers nord de Marseille, ou de Lyon, de Vaux-en-Velin. On crée une communauté de vie qui est fascinante, plus avec des dirigeants qui rencontrent ces jeunes et ils se rendent compte qu'il y a des talents. Il y a des véritables talents, des jeunes qui veulent s'en sortir. Donc la dimension anthropologique, elle est extrêmement forte et puissante. Et pour les faire rêver, on ne va pas courir en France. Parce que les beaux marathons ont lieu en mars-avril, je ne peux pas les faire courir en mars-avril parce que les entraînements ont lieu à l'heure d'hiver. Et des jeunes qui n'ont jamais couru, on ne va pas les faire courir en hiver, c'est trop compliqué. Déjà même pour nous, expérimenter. Tous les marathons auront lieu en fin d'année, parce que les entraînements vont démarrer au mois de mai. Et on va partir dans les plus beaux marathons du monde, parce que je crois en la force des histoires. J'ai la dimension narrative que je travaille avec eux. On va raconter des histoires pour pouvoir les sublimer. Donc la première édition, forcément, je me suis dit, tiens, j'avais jamais fait en plus, j'étais marathonien. Tiens, on va faire Athènes, c'est l'origine. On va leur parler de la bataille de marathon du 13 septembre 490, parce que le marathon vient de la bataille de marathon entre les Perses. Et la civilisation achéenne, les achéens c'est la coalition des différentes cités grecques, entre la ligue de Délos et la ligue du Péloponnèse, ils vont découvrir l'histoire de la bataille de Marathon à travers Thucydide, à travers Échille, à travers Hérodote, alors qu'ils ont quitté l'école. Ils vont comprendre d'où vient la marque Nike, parce que c'est... C'est Philippe Hides, l'hémérodrome, qui va annoncer la victoire et qui va créer Nike, il va créer Niki, en grec ça c'est Niki, c'est du grec, c'est pas du français, N-I-K-E, qui veut dire victoire, et Nike reprend l'histoire de cet hémérodrome, ce soldat coureur qui annonce la victoire, bref, on les alimente, on va faire ce beau marathon, marathon le plus moche, il n'y avait aucun intérêt à voir, hormis l'arrivée au stade, au Panathénaïque, et ils ont fait le marathon le plus dur, 650 mètres à 750 mètres de délivré positif.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
Très compliqué le marathon d'Athènes. Et Athènes, c'était tellement fabuleux, on est parti à 35 finishers pour leur premier marathon. Ils m'ont ouvert la porte pour faire une deuxième édition parce que mes jeunes m'ont dit, Malek, il faut poursuivre, il faut aller chercher d'autres jeunes, on sera tes ambassadeurs, on va en parler. C'est l'aventure, on va poursuivre. C'est du combat, avec bien sûr ma team qui est là. Heureusement, je ne suis pas seul, c'est ensemble qu'on avance. On a aujourd'hui à peu près 10 actifs dans l'association avec un véritable trident. Je me dis, Malek, il faut poursuivre. Je lui dis, tiens, forcément, on a fait l'alpha athénien. Continuons l'histoire, parce que je crois en la force narrative, parce que la vie, c'est de raconter des histoires pour pouvoir embarquer et fédérer. Et après l'alpha, je lui dis, on va faire l'oméga. Alpha, l'origine, l'oméga, la fin. D'Athènes, on a basculé à New York. Tu emmènes des jeunes qui n'ont jamais quitté leur territoire. Et tu leur dis, viens faire le marathon de New York qui fait rêver. Un des plus grands marathons. Ce n'est même pas un marathon, c'est une aventure à vivre. Et tu les amènes pendant dix jours à New York. Ils ont vécu Halloween, le plus grand carnaval du monde. 4 millions de New Yorkais, ce n'était même pas une foule oppressante, c'est la fête, le marathon. Ils ont vécu l'élection municipale le 4 novembre de Mandany, musulman, sur la période trumpienne. Et qui va gagner ? La mairie de New York, c'était extraordinaire. Mais après le marathon New York, ce qui a été compliqué, la dimension politique. Je ne savais pas que Trump allait passer au pouvoir, il a fallu se battre pour les visas. la dimension financière, la charge mentale financière, parce que ça va demander beaucoup plus d'argent. Tous les mentors que je suis allé chercher, les mentors qui nous suivent, je leur suis gré. Parce que c'est un coup, partir 10 jours, 50 personnes.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
Faire le marathon de New York. Et on est parti à 50, 50 finishers. Et ça, c'est extraordinaire. Les mentors, les jeunes et la team. Et ils sont transformés, nos jeunes.
- Speaker #1
Ce n'est plus les mêmes.
- Speaker #0
Ah ben non. Et nous aussi, on n'est plus les mêmes. Oui, c'est ça. Parce qu'ils nous donnent des grandes leçons.
- Speaker #1
J'imagine.
- Speaker #0
Parce que moi, j'avais prévu un tiers d'abandon. Et ils tiennent. Ils arrivent au bout. Parce qu'ils courent pour une cause qui les dépasse.
- Speaker #1
Le collectif. Ils vont faire pleurer.
- Speaker #0
Le nouveau. Et ça, c'est fabuleux. Parce qu'après, il y aurait tellement d'histoires à raconter. Chaque jeune, c'est une histoire. Chaque jeune, c'est une épopée. Chaque jeune, c'est une odyssée. Chaque jeune...
- Speaker #1
Je vous ai suivi. C'était vraiment incroyable. Ah non,
- Speaker #0
tu vois. Et moi, je suis revenu...
- Speaker #1
Ils sont chants quand tu les écoutes parler, leurs histoires. Et puis, ils ont une espèce d'intelligence qui n'a rien à voir avec l'instruction. C'est une intelligence émotionnelle incroyable. Ils ont tout de suite compris l'importance du relationnel et de la team et de la famille et d'avoir un projet commun, ça se sent. Ils étaient vraiment solidaires entre eux et on sentait que c'était un projet commun.
- Speaker #0
Et grâce à eux, grâce aux New Yorkais, grâce aux Athéniens, c'est comme ça qu'on les appelle, les Athéniens à jamais les premiers et les New Yorkais à jamais les éternels, parce qu'il faut y aller, ils nous autorisent à tenter une troisième aventure, une troisième édition. Je prépare la troisième édition, on va augmenter le nombre de jeunes, on va essayer de vivre encore une autre aventure, ça sera différent, trouver un nouveau point de chute, trouver une nouvelle dimension. affectives, dimensions solidaires fortes, puissantes parce qu'après New York il faut encore il faut toujours rêver haut et je crois que dans la vie c'est ce qu'on a voulu démontrer à ces jeunes, qu'il ne faut pas rêver les yeux fermés il faut rêver les yeux ouverts et quand on rêve les yeux ouverts et quand on a une attention forte et bien on peut aller au-delà du possible au-delà du réel et ils l'ont démontré et aujourd'hui ils sont ils sont juste merveilleux de
- Speaker #1
tout ce que tu leur as transmis
- Speaker #0
Voilà, grande fierté.
- Speaker #1
Mais j'imagine. Mais tu peux l'être, Malek, tu peux l'être. C'est extraordinaire. Mais pour vous tous, pour vous tous, c'est une... Non, non.
- Speaker #0
Et là, c'est ce qui est fabuleux, c'est comment on arrive à transformer une aventure solitaire en une aventure solidaire. Parce que souvent, le marathon, c'est un sport solitaire où les gens sont dans la performance et dans le chrono. Et là, on a arrêté les chronos. On s'est dit, l'enjeu, c'est d'être dans du solidaire, de courir au nom d'un collectif. Et de démontrer que lorsqu'on transforme une énergie individuelle en synergie collective, on crée les plus belles des aventures, les plus belles des histoires, les plus belles des épopées. Et maintenant, ils sont capables de prendre en main leur destinée. Et ça, c'est beau.
- Speaker #1
Est-ce que je voulais dire, ça n'a pas été filmé, Malek ? J'aurais adoré avoir le documentaire du début jusqu'à la fin.
- Speaker #0
On a eu des médias, on a eu pas mal de plans médias, mais aucun plan média n'a voulu venir courir. Ou capter toute la prépa, parce que le plus important, ce n'est pas que le marathon, c'est avant les recrutements, la rencontre, les campus. Alors nous, on a filmé les entraînements. J'avais ma GoPro, Virginie également avait sa GoPro. Et avec un ami, Jamel, on a fait alors, là on est en train de faire un mini-film qu'on a capté avec le moyen du bord. 4, 7, 10 minutes pour pouvoir donner aux jeunes un peu la captation de l'aventure marathonienne sur New York. Mais c'est vrai, une telle épopée,
- Speaker #1
ça mérite quand même un film.
- Speaker #0
Mais alors, le plus beau, c'est... Voilà, on l'a là, on l'a dans notre cœur, on l'a dans notre tête.
- Speaker #1
On l'a partagé avec vous, c'est ça. Oui,
- Speaker #0
mais après, c'est... Tu connais très bien comment fonctionnent... Allez,
- Speaker #1
on lance des appels. On lance des appels.
- Speaker #0
Comment fonctionnent les médias ? Ils sont beaucoup plus appétants sur le... On aime critiquer ce qui va mal au lieu d'exalter ce qui va bien. Alors qu'il y a de très belles histoires à arrondir.
- Speaker #1
C'est parce que l'histoire est fabuleuse et je suis sûre qu'elle clairait à peu près.
- Speaker #0
À la suivre des jeunes. de voir leur transformation.
- Speaker #1
C'est juste incroyable.
- Speaker #0
Entre des gars, quand on a démarré les entraînements, ils étaient incapables de faire... Ils ne pouvaient pas courir pendant 3-4 minutes. Et à la fin, ils sont capables de faire 42 kilomètres.
- Speaker #1
C'est juste la folie. C'est commencer à s'autoriser tous les rêves. Au fait, il n'y a plus la limite de se dire « Ah non, ça, ce n'est pas pour moi » . Il n'y a plus de plafond. On peut rêver de tout. On ouvre l'esprit à des dimensions...
- Speaker #0
Exactement, et je crois que c'est ça. C'est possible. Tout à fait, et au contraire, plus que jamais, cette jeunesse nous démontre, lorsqu'elle est aimée, je crois que c'est le maître mot, on va avoir peur des mots. Oui, c'est ça. L'amour qui nous a permis de les magnifier et de leur démontrer, lorsqu'on croit en eux. Ils vous le rendent. Vous ne pourrez pas savoir. Parce que souvent, on nous parle d'une jeunesse déstructurée, d'une jeunesse complètement à la ramasse, d'une jeunesse qui n'est pas capable. Non, ce n'est pas vrai. Il ne faut pas confondre d'une jeunesse qui ne respecte pas l'autorité. Et là, il faut faire le distinguo. Il n'y a pas de crise de l'autorité. C'est faux. Et le mot autorité qui vient du latin aogéas, qui veut dire augmenter. L'autorité, c'est quand vous êtes capable d'augmenter l'autre dans toutes ses dimensions plurielles. A la fois sur le plan technique, si il y a des compétences à transmettre, mais sur le plan surtout humain. En termes d'attitude, en termes de mentalisation. Augmenter, augmenter l'autre, ça c'est l'autorité. A pas confondre avec l'autoritarisme, où j'écrase l'autre. Et donc aujourd'hui, il n'y a pas une crise de l'autorité. Lorsqu'on est capable de tenir un discours, lorsqu'on est capable d'aller les chercher, lorsqu'on est capable de les fédérer, les mobiliser, ils suivent. Il y a une crise des porteurs d'autorité. Ça c'est différent. Nos porteurs d'autorité, aujourd'hui, ne sont plus crédibles. Prenons nos politiques, c'est des porteurs d'autorité. On n'en aura plus, pour plein de raisons. Ce n'est pas l'enjeu aujourd'hui. Dans le monde du travail, c'est pareil. Il y a des porteurs d'autorité, c'est la ligne managériale, qui ne tient plus la route et on n'a plus envie d'y aller. Il n'y a pas une crise de l'autorité. Quand l'autorité est accompagnée par un discours puissant, mobilisateur, parce que lorsque le rêve est beau, un rêve authentique, lorsque le projet est bon et lorsque l'audace est magnifiée, ils sont là, ils y vont. Et ils font, mais encore faut-il, croire en eux.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et quand vous croyez aux gens, tout devient possible. Je crois que c'est Thérèse d'Avila, cette grande théologienne, philosophe mystique du XVIe siècle espagnol, qui disait, il ne s'agit pas de beaucoup penser, il s'agit de beaucoup aimer. Et aujourd'hui, on a du mal. On ne s'est plus trop aimé. On n'a jamais autant parlé d'amour. Jamais l'amour n'a été autant absent. Et donc, raison de plus de semer des graines d'amour, de semer des graines d'émerveillement qui viennent envahir tous les espaces de nos jardins, intérieur et extérieur, afin de faire vibrer en nous des élans de fraternité, de sororité, aigus comme la soif et des attentes d'une folle audace. Pour pouvoir toujours sublimer le réel.
- Speaker #1
Mais l'amour pour toi, quand même, il se conjugue au quotidien. C'est un amour qui se prouve par les actes et par le suivi au quotidien. C'est pas du sport. Tu dis amour, mais derrière amour, c'est le travail que tu mets, que tu leur enseignes.
- Speaker #0
Aussi, bien sûr, parce que c'est la clé.
- Speaker #1
Il y a le goût de l'effort que tu leur apportes.
- Speaker #0
Tout le temps, mais tout vient de là. Le travail, ce n'est pas un vilain mot. Au contraire, on a besoin de ça. Moi je dis souvent aux jeunes, et même à mes étudiants, ou bien dans mes interventions en tant que conférencier, il ne faut pas se tromper de combat. La seule fois où le mot succès arrive avant le mot travail, c'est dans le dictionnaire. Succès, travail, ST. Pour qu'il y ait succès, il faut qu'il y ait du travail. Même les influenceurs, on pense qu'on a l'impression qu'ils sont... Ce n'est pas vrai, les meilleurs influenceurs, il y a du boulot derrière. Et c'est le travail qui arrose le talent qui pousse. Il n'y a pas de talent sans travail.
- Speaker #1
C'est la base. Pour faire des traversées, tu te prépares pendant des années.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est trois ans de préparation à l'ultra-marathon. Donc, les 42, c'est deux ans de préparation. Ce n'est pas du jour au lendemain. Et donc, ce qui est intéressant, on apprend à ces jeunes le goût de l'effort. On leur apprend à se projeter sur du temps long. Parce que pour avoir des résultats sur marathon, ce n'est pas du jour au lendemain. Ils vont s'entraîner pendant six mois. Ils vont se projeter pendant six mois. Donc, ils apprennent cette capacité à se dire qu'on n'a rien sans rien. Et ça, c'est fascinant. Et quand ils comprennent le sens... ils y vont, ils n'ont pas peur, ils vont apprendre et ils vont découvrir alors la discipline. Je crois que c'est le maître mot. Un autre mot qui fait peur alors que c'est le mot qui a construit nos humanités avec le rêve. Parce que pour qu'un rêve se réalise derrière, il faut mettre en place toute une logique qui va te permettre de planifier. Ça s'appelle la discipline. Et n'oublions pas que le mot discipline qui vient du latin disciplina. Disciplina qui a donné le mot disciple. Tout est lié. Mais disciplina en latin ça veut dire transmission. La discipline c'est une transmission. on transmet. Et on transmet quoi ? Un ensemble de savoirs. Et pour preuve, jadis, nos parents, quand ils allaient à l'école, au collège et au lycée, ils avaient des disciplines. À l'école, on avait des disciplines. À neutre, on enseignait des disciplines. Transmission. Les disciplines, moi, quand je suis arrivé au collège, on ne parlait plus de disciplines. À mon époque, il y a à peu près 40 ans, on parlait de matière. Moi, j'ai eu des matières. Quand j'allais au collège, au lycée, on avait des matières. Quelque chose de mécanique, on n'est plus dans l'organique. par rapport à la discipline qui sous-entend un lien organique avec l'autre. Et aujourd'hui, moi je vois par exemple les jeunes qui vont au collège, on ne parle plus de discipline, on ne parle plus de matière, ils ont des cours. Aujourd'hui, on a des cours à l'école. Et c'est intéressant le mot cours, parce qu'on ne fait plus la distinguo entre le cours en classe et le cours récré. Autrement dit, on a fait rentrer la cour de récré aussi dans la classe, parce qu'on a des cours, la frontière est devenue extrêmement poreuse. Et se pose après la question... du respect, de l'attitude. Les mots ne sont pas neutres. Les mots traduisent également l'évolution sociétale. Il s'agit d'être extrêmement toujours précis dans la manière de dire les choses. Je fais en sorte, quand j'accompagne mes jeunes avec toute ma team, et c'est ce que je dis également à ceux qui travaillent avec moi, à peu près, ça me fait penser à ce que disait Albert Camus, mal nommer les choses, ça portait de l'injustice au monde. Il s'agit d'être alors précis dans la mélodie des sons, dans la mélopédie des mots pour pouvoir toucher au cœur. de manière la plus juste qu'il soit, et de là, effectivement, on est capable de résonner dans tous les sens du terme.
- Speaker #1
Alex, j'entends énormément de rigueur. Il est où le plaisir ?
- Speaker #0
Ah mais, il est là ! C'est que de la joie ! Parce qu'il faut de la rigueur pour pouvoir faire ce que l'on fait, mais s'il n'y a que de la contrainte, on ne fait plus rien. Et là, par exemple, les 42 dimensions ludiques, on a dit, on va finir ! On a chanté, on a rigolé, on a fait des high-fives sur le marathon, pendant les entraînements, on avait aussi la radio, on s'écoutait. Et constamment, quand je raconte des histoires, c'est des histoires positives, c'est des histoires de joie. Quand on transmet, il faut qu'il y ait du bonheur. Non, non, le plaisir, c'est le maître mot. Le plaisir n'exclut pas la rigueur. Bien au contraire, tout comme la bienveillance n'exclut pas la fermeté. Il ne s'agit pas d'être dans la rigidité. La rigueur est la clé de la discipline. Et la rigueur permet d'être également dans une joie partagée, dans une allégresse. Parce que la joie ne se compose pas uniquement d'éclats de rire, c'est aussi des devoirs accomplis, c'est aussi des souffrances pacifiées, c'est tout ça. La question qui se pose pour tout un chacun, c'est d'être toujours à la bonne heure. Le bonheur, c'est la bonne heure. À quel moment il y a un temps pour rigoler ? On n'a pas arrêté de rigoler durant les 42, et les jeunes, ils sont loufoques. On a fait des soirées, des soirées disco également, des déguisements, on a couru avec des déguisements. Mais la joie ? Et toujours accompagné, forcément, de la discipline qui va avec. Parce que c'est le maître mot qui permet de faire de grandes choses. Et tous les grands capitaines d'industrie, tous les grands sportifs derrière, il y a forcément énormément d'abdégation, énormément de travail. Mais le travail avec de la joie, bien sûr, indispensable.
- Speaker #1
C'est le travail et la rigueur qui permettent d'avoir la liberté au final de pouvoir... À ce moment-là, laisser libre cours pour avoir préparé auparavant et à ce moment-là, de laisser aller, de profiter du moment. Sans la préparation et sans l'effort qu'on fait au préalable, on ne peut pas, à un moment donné, arriver à lâcher prise enfin et profiter de l'instant. C'est comme ça que je l'entends, moi, au fait. Mais pour arriver à ce niveau de liberté, il faut avoir travaillé auparavant.
- Speaker #0
Bien sûr, toujours, parce qu'encore une fois, on peut tout façonner. Et tu as évoqué un mot qui est important, la préparation, parce que c'est la clé. La préparation, c'est une forme de travail, mais le travail te permet de faire, défaire et refaire. Il ne faut pas être rigide, il faut être capable de se remettre en cause, capable de revenir en arrière, capable de refaire autrement, capable d'écouter les gens qui vont te dire, tiens Malek, tu pourrais faire autrement. Donc il faut être extrêmement dans l'ouverture. Moi, je crois beaucoup plutôt à l'ouverture qui permet de recalibrer après l'action. Mais il est évident que pour pouvoir tendre vers des objectifs, il s'agit d'être extrêmement bien préparé. préparation mentale, préparation physique, préparation psychologique, préparation organique, préparation technique, préparation... Tout à chacun, c'est comme toi quand tu prépares une émission, il y a un million de préparation, tu vas dire, tu vas t'intéresser aux gens et après tu peux improviser. Et s'il n'y a pas de préparation, il n'y a pas d'improvisation. La préparation permet toutes les impros. C'est la tutrice de l'excellence et c'est... et en ces temps... Et tu l'as dit, on le remarque très bien, on est rentré dans des sociétés de dilettantisme généralisé, où on cultive une certaine forme de confort. Plus que jamais, on a besoin de retrouver le goût de l'effort, mais un effort joyeux, l'allégresse. C'est comment on arrive également à transmettre les choses avec bonheur et avec joie, parce que c'est ça qui va permettre encore une fois d'embarquer avec lucidité et discernement. Parce que la question est aussi une autre qualité remarquable. Il y a un temps pour avancer, mais il y a un temps, il faut savoir également reconnaître si on est sur le bon chemin ou pas. Mais tout ça, après, c'est le fruit de réflexion, c'est le fruit du partage, c'est le fruit des rencontres, c'est le fruit de l'apprentissage permanent. Tout est lié, fondamentalement, tout est lié.
- Speaker #1
Il y a des choses qu'on apprend de soi, de son vécu, et il y a des choses où on compte un peu sur les autres et du vécu des autres. C'est pour ça qu'on vit un peu en société. Voilà !
- Speaker #0
On a besoin des autres. Je crois qu'il s'agit de cultiver plus que jamais en ces temps troubles, en ces temps compliqués. Je crois qu'il faut cultiver un optimisme lucide, pas béat. Un optimisme lucide qui te dit, c'est possible, on peut le faire. Et l'optimisme lucide s'appuie sur deux types. L'action, un optimisme ontologique, c'est l'état d'esprit, cette joie qui est en nous, cette capacité à rire, cette capacité à être léger, cette capacité à croire toujours à l'impossible qui devient possible. Donc un optimisme ontologique, ontos c'est l'être humain, mais l'optimisme ontologique n'est rien sans l'optimisme méthodologique. Et le méthodologique c'est quoi ? C'est le travail. Qu'est-ce que je vais mettre en action pour pouvoir réussir ce que j'ai envie de faire ? Un peu comme si on veut prendre une image pour pouvoir tendre vers ses rêves. Un rêve, c'est comme une enveloppe. Et quand on voit une enveloppe, tu mets un timbre-poste. Ça arrive à destination. Eh bien, il faut être comme un timbre-poste. Il faut coller à son rêve jusqu'au bout. Il faut que ça arrive à destination.
- Speaker #1
Seul,
- Speaker #0
avec les autres, avec le monde, bref.
- Speaker #1
J'entends Malek. Alors, et les prochains rêves ? Je sais qu'il y en a plein. Plein, plein. Tu peux en dire quelques-uns ?
- Speaker #0
Oui, très vite, parce que maintenant, je démarre toujours d'une feuille blanche. Alors, il y aura la troisième édition des 42.
- Speaker #1
On sait où ça va se passer ? Non,
- Speaker #0
c'est encore trop tôt, 2028. J'ai des idées, mais laissons les choses se mettre en place. Il y a des nouveaux partenaires de jeu qui rentrent, des nouveaux mentors qui rentrent, des nouvelles régions qui vont arriver que je n'avais pas. Je suis très content. Donc, on va augmenter l'amplitude et la densité des nouveaux... au sein de la team parce que j'aurais besoin de plus de monde et donc ça ça va être génial et et on a ce temps long à côté je repars sur une page blanche et l'ultra revient donc les 42 c'est 2028 un peu plus long parce qu'on a besoin de souffler parce que c'est le plus grand ultra marathon quand tu dois mobiliser quand tu dois motiver des jeunes des dirigeants c'est un groupe c'est comme une entreprise mais j'ai une amie qui m'a qui m'a quand je suis parti à Madagascar il y a à peu près 7 mois ou une série de masterclass là-bas, et rencontrer des ultra-trailers qui rêvaient de créer également un nouveau défi pour leur jeunesse. Et donc, on décide de lancer une nouvelle aventure. Et donc, 2027, ça sera la traversée de Madagascar en courant, pour créer une école d'itinérance sur place, pour aller dans les villages paumés et apporter également tout le discours joyeux et positif pour dire à cette jeunesse qu'on peut faire de grandes choses. Donc, on va partir du Cap Nord jusqu'au Cap Sud. 2 200 km de traversée en 42 jours, ça c'est la symbolique du marathon. 22 500 mètres de délivrés positifs, on est en train de voir le parcours. Et donc, comme on part du Cap Nord au Cap Sud, on sera dans une école dite du Cap. Courage, abnégation, patience, voilà les qualités remarquables qu'on va mettre en avant pour nos jeunes. Et ça sera une course d'anthropologie sociale, relationnelle. Une course un peu à la Forest Gump, où on va inviter les Malgaches à venir courir, à venir découvrir leur pays et à créer des synergies entre eux pour créer un peuple uni et solidaire.
- Speaker #1
Magnifique, mais tu t'entraînes. Quand, Malek ? Je ne comprends pas. À quel moment de la journée ou de la nuit tu t'entraînes ? Tu as dit,
- Speaker #0
Lestie, quand il y a de la passion, on trouve toujours l'espace. S'entraîner, c'est un rendez-vous avec soi-même. C'est important de prendre soin de soi et les gens oublient de prendre soin d'eux-mêmes. Il faut se libérer des espaces, ça c'est un incompressible. Maintenant, comme il commence à faire beau, moi je sais qu'en témidier 2, dès que je peux, si je ne suis pas en intervention, en masterclass, en conférence, je suis au bureau en travail, midi et deux je mange pas je cours et sinon c'est la nuit après c'est la nuit ça me permet d'avoir l'amplitude qui va avec après les entraînements vont augmenter après je vais trouver de toute façon l'espace pour être prêt pour faire entre 50 et 80 km jour pendant 42 jours à un moment donné à partir de septembre de cette année il faudra, il n'y a pas le choix libérer l'espace pour pouvoir permettre au corps de tenir et faire face à ce nouveau défi En train de monter avec des nouveaux partenaires, avec des partenaires locaux. J'ai sollicité les archipels des Mascarennes, c'est Madagascar, c'est l'île Maurice, c'est la Réunion. On a pas mal de contacts là-bas. Avec une partie en France et créer une nouvelle synergie. La vie, c'est de rêver. Je l'espère qu'on sera capable de monter. On va te suivre, Malek. Avec plaisir.
- Speaker #1
Avec plaisir, mais évidemment. Il y a quelque chose que je voudrais partager quand même avec les auditeurs, c'est que tu es un poète, un philoconteur. Tu racontes des histoires, c'est incroyable, tu en écris. Toutes tes inspirations se transforment en récits et ça, c'est vraiment aussi une manière de transmettre ce que tu vis, ton parcours et une façon aussi de... toucher les jeunes et les moins jeunes. J'aimerais d'abord dire où est-ce qu'on peut te lire, parce que j'aimerais bien pouvoir partager ça. Sur ton site, il y a quelques comptes.
- Speaker #0
Tu ne l'ignores pas toujours.
- Speaker #1
Mais oui, tu devrais.
- Speaker #0
C'est tellement bien. Il parle plein d'actions. Moi, je crois beaucoup au réel. Je suis un adepte du réel touch par rapport au click touch.
- Speaker #1
Je comprends.
- Speaker #0
Il y a des gens qui adorent vivre derrière les écrans. Je préfère être au concret, au réel, donc beaucoup de déplacements, beaucoup de rencontres. Après, on m'écoute dans les conférences, on m'écoute dans mes masterclass. Mais tu as raison, ce qui permet de réussir les 42, ce qui permet de réussir les projets les plus fous qui m'animent, c'est la dimension narrative. Parce qu'il s'agit de trouver les bons mots pour pouvoir embarquer. Mais tout le monde est capable de faire ça, tout le monde est capable de compter, de raconter, parce que ça fait partie de l'ADN de l'être humain. Tout est histoire depuis l'aube des temps. Tout est histoire. Il s'agit de trouver les bons mots. Lorsqu'on raconte, au-delà de raconter une histoire, on crée du sublime, on guette l'invisible et on crée surtout cette envie collective de partager quelque chose qui nous dépasse. Lorsqu'on raconte, on modèle l'argile des mots dans ses pleins et déliés. Ce qu'on tait raconter, c'est faire advenir le beau, le juste et le digne. Voilà ce qu'on recherche dans la science humaine. On recherche de la justesse. En recherche de la beauté. Et surtout, en recherche de la dignité. Quand tu racontes une histoire, tu remarques dans toutes les histoires, dans tous les contes du monde entier, quels que soient les continents, quels que soient les océans et les mers, elles se regroupent tous. On a des héros, des héroïnes, peu importe. Mais ils n'ont pas de problème. Ils ont des épreuves. Et ça, c'est un message fort. Parce que la vie est faite d'épreuves. Et c'est dans les épreuves qu'on fait ses preuves. Donc, on se sublime. Et moi, ça m'alimente. Chaque semaine, j'écris une nouvelle histoire. Chaque semaine, j'apprends deux ou trois nouvelles histoires pour avoir ma bibliothèque de compte en tête. Et comme ça, après, moi, je raisonne quand j'ai une difficulté, quand je cours, quand je fais 80 kilomètres dans le désert. C'est ça. Je raconte mes histoires également. Je contemple la beauté du monde, la beauté du paysage. Et en même temps, je suis en situation de questionnement, en situation... Des fois, tu te dis, purée, c'est dur, c'est compliqué. J'ai une histoire qui me vient en tête.
- Speaker #1
Tu me rassures, tu doutes comme tout le monde. Ah,
- Speaker #0
mais pire que le mur, oh là là ! Je ne vous ai pas raconté les pertes et les perditions. Des fois, ça a été extrêmement violent. Certaines courses à la limite de la rupture. Mais on revient, je reviens toujours, parce que je suis porté par le souffle de vie et par l'amour.
- Speaker #1
Oui. Mais tu as quand même la capacité de l'émerveillement et c'est un exercice que d'apprendre régulièrement à transformer, à sublimer. Et puis, il faut avoir l'amour des mots pour pouvoir y dire. Je pense que c'est un apprentissage. Voilà, parce que tu dis c'est à la portée de tout le monde et tu le dis tout le temps. Oui, tout est à notre portée, mais il y a le travail derrière et l'envie. L'envie et le travail. Et ça, tu l'incarnes à merveille. Merci infiniment Malek, je ne veux pas te mettre en retard. J'aimerais pouvoir partager un de tes contes. Est-ce que tu as le temps ou est-ce que tu as encore quelques secondes pour nous ?
- Speaker #0
Raconter une histoire ?
- Speaker #1
Ou un conte ? Ou un récit ?
- Speaker #0
Un conte, oui. Allez, en ces temps, quelle histoire on pourrait raconter en ces temps un peu géopolitiques extrêmement compliqués ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tiens, il y a une belle histoire qu'on devrait magnifier par les temps qui courent avec tout ce qui se passe dans le fracas et dans le chaos du monde. On va partir loin dans le temps, on va aller du côté de la Mésopotamie de jadis, après je retravaille les histoires. Une belle histoire que j'ai intitulée « Levé du jour » pour apporter un éclairage autre par rapport à ce que nous vivons ici parce qu'on a l'impression tous d'être impuissants. L'impuissant génère de l'impatience et ça génère de la frustration, alors que la vie dont chacun à son niveau est capable de transformer son local pour pouvoir essayer de contribuer et d'être un ambassadeur du bien. C'est de ça dont on a besoin, et pas d'être un complice du mal, d'être un ambassadeur du bien. La levée du jour va nous donner une clé de réponse pour être ambassadeur du bien en ces temps d'augmentation plus ou moins généralisée. Ça s'est passé au tout commencement du temps. Quand hier était encore demain, et aujourd'hui un navire sans fin. Sur les côtes mésopotamiennes, accostent les navires. Sur les déserts et les hauts plateaux, se perdent les soupirs. Et dans les mémoires, se racontent les souvenirs. Quelque part, loin, dans le désert, une grande capitale d'un grand empire. Là-bas, il y a un sage. On ne sait plus si c'est un homme ou une femme, peu importe, parce que l'histoire a effacé les visages. On va dire un sage parmi les sages, un sage ayant traversé les âges, un sage riche de son vécu, qui sert. de levier, qui sert de guide pour cet empire, pour le roi, pour les puissants ou pour les gens d'en bas. Et ce sage, il est aimé, il est connu, il est reconnu, parce qu'il a toujours su partager deux trésors enfuis à l'intérieur de lui-même et à l'intérieur de nous tous, la clarté de l'esprit qui rend libre et la bonté du cœur qui rend heureux. Il est aimé, connu et reconnu, ou elle est aimée, connue et reconnue, parce que sa parole est puissante, son jugement bienveillant, son silence invitant. Et son rire jubilatoire, alors on l'écoute avec joie, pour éclairer, apporter, semer toutes ces graines d'émerveillement dont le monde a besoin. Mais le temps a passé, le temps a plus que passé, et il se sent vieux, très vieux, fatigué. Il a dépassé l'âge canonique, et il sent que son temps est révolu, qu'il est temps de partir et de laisser place à la nouvelle génération. Parce qu'à cette époque-là, la plupart des hommes et des femmes étaient connectés avec l'invisible, qui est le tronc du visible, et on savait à quel moment on allait partir. Alors il annonce aux puissants, il annonce au peuple, il annonce à tous et à toutes qu'il laisse la place, et qu'il va basculer dans une autre vie. Tout le monde est atterré, et tout le monde a peur, comment il va nous quitter ? C'est le guide, c'est la lumière, comment on va faire sans lui ? Et il leur dit, de toute façon, la vie est faite d'intergénérationnels, et qu'à un moment donné, il faut laisser la place. À la jeunesse, il est temps. Alors, tout le monde pleure et ce sage ou cette sage leur dit, allez, demain, je vais vous transmettre mes dernières interrogations. J'essaie de vous transmettre peut-être un dernier message. Alors venez. Et après, je ne serai plus là. Le lendemain, quand il se met sur la haute crête de la montagne qui surplombe tout l'Empire, toute la ville, avec l'immensité des articles au large, ce sage ou cette femme est surpris. Tout le monde, la multitude, la plénitude, les puissants, ils sont même venus des autres territoires. Sa notoriété a dépassé le cadre des frontières. Il est touché, il ne pensait pas que rien que quelques mots bien posés, ajustés, a généré autant d'amour et il se dit, ils sont tous là. Tout le monde attend sa dernière parole, tout le monde attend ses dernières fulgurances, alors il regarde. La plèbe, il regarde le monde fou et il leur dit ceci. C'est mon dernier message, ma dernière interrogation peut-être, parce que les questions rassemblent mais les réponses divisent toujours. Alors vous savez, dit-il, nul ne peut atteindre l'aube, nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit. Et chaque aube qui se lève efface les cris de la nuit précédente. Et les nuits sont enceintes. Et nul ne sait quel jour va se lever. Alors j'ai une question, comment savoir que le jour s'est levé et que la nuit s'est éteinte ? Voilà ma dernière leçon. Comment savoir que le jour s'est levé et que la nuit s'est éteinte ? Broie ! Dans la plèbe, les gens se regardent. Qu'est-ce que c'est que cette question ? Simple, ça paraît évident, c'est ça sa dernière leçon. Les gens sont un peu surpris, voire étonnés, voire certains déçus. Et là il y a une petite fille qui prend la parole et qui dit, maître ! Je ne sais pas, votre question, elle est simple. Le jour, il y a le soleil. La nuit, il y a les étoiles et la lune. Et le sage ou la sage dit, c'est vrai, mais il y a autre chose. Il n'y a pas que ça. Alors, une femme d'un certain âge, on va dire d'un entre deux, entre juvénilité et maturité, prend la parole et dit, le jour, on distingue tout. On voit les formes et la nuit, on ne voit que des ombres. Là, il fait peut-être, mais il y a autre chose. Alors un cheveu gris, un ancien prend la parole et dit, mais maître, c'est facile, le jour on est capable de distinguer l'arganier du Baobab, le lycaon de la hyène, et la nuit c'est une indistinction totale. Ouais, peut-être, mais il y a autre chose. Bref, il y a plein de gens qui prennent la parole, tout le monde propose des choses à chaque fois. Peut-être, mais il y a autre chose. Et là donc, l'empereur de ce grand empire prend la parole et dit, bon, on attend. Si vous posez la question, c'est que vous avez certainement peut-être un éclairage à nous apporter. Et le sage parmi les sages, le sage ayant traversé les âges, le sage sans visage, leur dit alors ceci. Comment savoir que le jour s'est levé ? Eh bien, il s'agit d'être curieux. La vie, il faut être curieux. Parce que la curiosité, c'est le plus puissant moteur qui permet de lutter contre les deux plus grands fléaux de l'humanité que sont la peur et les ignorances. Donc, il s'agit d'être curieux et de regarder au loin. Pas auprès, il faut regarder au loin, il faut regarder à l'horizon. Et quand vous regardez à l'horizon et que vous êtes curieux et que vous voyez qu'il y a une forme, vous voyez un objet, il faut s'approcher. Et quand vous voyez que cet objet, vous vous rapprochez et que vous êtes curieux, vous voyez que cet objet, c'est un animal. Il faut être curieux, il faut encore s'approcher. Et quand vous vous approchez et que vous voyez que cet animal, ce n'est pas un animal, c'est un être humain, il faut être curieux, il faut encore s'approcher. Et quand vous vous approchez et que vous voyez que cet être humain, C'est un étranger, quelqu'un complètement différent de vous, sur le plan de la couleur, sur le plan des idées, sur le plan de l'altérité. Il faut être curieux, il faut encore s'approcher. Et quand vous approchez de cet étranger, et que vous lui tendez la main et que vous l'embrassez, là seulement, seulement là, le jour se lève. Car si je suis né de la terre, où que j'aille se trouve ma patrie, et tous les êtres humains sont mes frères, mes sœurs et mes parents. Septième siècle avant notre ère, levé du jour, qui fait écho au propos d'un Martin Luther King qui disait lors de son dernier discours, avant son assassinat, on devrait relire Martin Luther King au-delà de « I have a dream » , il disait « Nous avons appris à voler comme des oiseaux, nous avons appris à nager comme des poissons, mais nous n'avons pas encore appris à vibrer comme des frères et des sœurs sur cette terre. » Levé du jour.
- Speaker #1
Ce magnifique défi d'aller rencontrer l'autre. Malek. Et sur un espoir.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Infini, parce que plein de fois, ça fonctionne. Il y a plein de gens qui regardent tout au fond de l'horizon et qui arrivent à distinguer les formes et qui rencontrent d'autres personnes. Ça arrive tous les jours. Et puis, oui, voilà. Ce ne sont pas les histoires qu'on raconte et qu'on relate tous les jours, mais pourtant elles surviennent tous les jours. C'est ça que tu transmets tous les jours à tes jeunes et à tes moins jeunes. En tout cas, c'est un plaisir de t'avoir reçu, d'avoir contribué comme relais à ta parole et à ton récit. Merci infiniment pour ta générosité, Malek. On va continuer à te suivre et à prendre... à l'infini de ce que tu nous transmets. Ça a été un vrai bonheur.
- Speaker #0
Réciproque, chère Imane, merci infiniment de ton écoute, merci infiniment de tes relances et vraiment au plaisir de contrer la question.
- Speaker #1
Oui, pour d'autres histoires.
- Speaker #0
Voilà, parce que la vie, c'est que ça.
- Speaker #1
Et pour d'autres histoires. Reviens quand tu veux, Malek.
- Speaker #0
Avec joie. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Mes chers amis, si ce podcast vous a fait pousser les ailes du dépassement de soi et du dépassement commun, participez à son partage, offrez les bonnes ondes autour de vous. Retrouvez les vidéos et les liens pour Malek en description et aussi sur l'Instagram d'Enquête d'accord où je vous attends tous les jours de l'autre côté de l'écran. Abonnez-vous et puis à très vite.