- Speaker #0
Enquête d'accord, l'art de communiquer est étranger. Imaginez un adolescent parler de connaissance de soi, de confiance ou de gestion du stress autour d'une balle de basket. Le sport amateur s'enrichit de la préparation mentale et transforme cette magnifique occasion d'un sport d'équipe à l'adolescence pour associer les compétences techniques, individuelles et collectives. Excellente écoute ! Bonjour Quentin.
- Speaker #1
Bonjour Imane.
- Speaker #0
Je n'ai absolument pas envie d'écorcher ton nom. Est-ce que je le prononce bien ? Quentin
- Speaker #1
Bessonneau. Bessonneau.
- Speaker #0
Bessonneau.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Je savais que j'allais... Mais bon. C'est ok. Bessonneau, ça va ? Oui,
- Speaker #1
Bessonneau.
- Speaker #0
Parfait. Déjà, j'ai envie de te remercier de nous accueillir à Angers.
- Speaker #1
C'est moi qui te remercie pour l'invitation.
- Speaker #0
C'est un plaisir pour moi. Donc, c'est mon premier podcast ou épisode avec un sportif. Et j'en suis vraiment ravie. Je voulais juste profiter des remerciements pour remercier David. David, mon acolyte qui est là et que je suis très heureuse d'avoir en ma compagnie aujourd'hui. J'ai envie de dresser le décor. On va imaginer qu'on est dans un gymnase, un stade de basket. On dit un stade de basket ? Un gymnase ou une salle de basket. Une salle de basket. N'hésite pas à me reprendre parce que je n'ai pas tous les codes. Et j'ai envie de commencer par raconter une jolie histoire, une histoire qui est arrivée il y a presque une année déjà. Donc, ça se passe avec ton équipe, ton équipe U13 de basket, une équipe départementale. Est-ce que tu peux me préciser le nom de ton équipe, Quentin ?
- Speaker #1
C'est le club de Beaucouset, qui est juste à côté d'Angers.
- Speaker #0
C'est ça. Et donc, tu es empreinte de les entraîner parce que tu es entraîneur de basket.
- Speaker #1
Et coaché plutôt.
- Speaker #0
de les coacher quand on est sur le match c'est un peu du coaching ok n'hésite pas à me rectifier tout le langage et le code parce que je ne l'ai pas même si j'ai un garçon je t'ai dit qui passe en U15 mais voilà je serai un peu plus aware après notre rencontre donc il s'agit d'une histoire qui a fait tellement le buzz et qui a été vue à des millions je crois 2 millions de vues et qui a même 3 millions de vues Merci. Aïe, aïe, aïe. Et qui a en plus fait venir la télé jusqu'à toi. Je pense que c'est passé à la télé, en tout cas la télé d'Angers, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Oui, Angers Télé, on va dire un peu plus national, l'équipe 21.
- Speaker #0
Ah oui, quand même.
- Speaker #1
Mais c'est un court passage, mais c'est quand même...
- Speaker #0
Est-ce que tu veux la raconter, Quentin ? Parce que je pense que ce sera encore plus sympa que moi.
- Speaker #1
Le déroulé de l'action ?
- Speaker #0
Le déroulé de... Oui. Voilà, imaginons que nos auditeurs n'ont pas accès à la vidéo, même si on va leur donner par la suite ton compte et là où te trouver, et pour pouvoir leur décrire la scène.
- Speaker #1
Oui, c'est un match amateur, comme il y en a chaque week-end, d'un niveau départemental, donc des enfants qui ont juste besoin de s'épanouir à travers le basket, qui ont juste envie de se développer, de progresser. Et donc, on est sur un premier match de saison. le début d'année. Donc, on est tous excités et moins promis en tant que coach à faire ce premier match de saison. Puis, il s'avère qu'il y avait une très bonne intensité, en tout cas de la part des garçons. L'énergie était là, même des deux côtés. Et puis, ça se tire un petit peu à la bourre en plus sur le match entre les deux équipes. Donc, c'est ça qui est super intéressant. C'était vraiment agréable, en tout cas, à jouer. Et puis, il s'avère que sur la dernière action, en plus, le ballon qui sort, une extrémiste en touche.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais vraiment, on parle pure des hasards. Et là, il reste une seconde. Et c'est vrai que j'avais l'habitude de prendre des seniors aussi, des U21. On a eu un beau parcours aussi au niveau régional en U21. Ce qui est des catégories où la compétition va primer, où les temps morts vont se jouer, les stratégies vont se jouer un peu plus que sur les équipes comme des U13. Mais là, je me suis dit, bon allez, je le tente. Et puis, on va s'amuser, on va voir ce que ça peut donner. Donc, je prends un temps mort à ce moment-là. où je rassemble mes joueurs autour de ma plaquette, et puis on va faire comme les grands, on va mettre une stratégie en place, et donc je commence à faire quelque chose d'assez simple, mais il fallait qu'ils comprennent aussi, et puis je place les joueurs en fonction de leur qualité, et c'est vrai que je mets mon petit gaucher... un peu au début et je lui dis écoute toi tu vas faire le tour tu prends la balle et tu tiens avec ta main gauche et il s'avère effectivement qu'il marque au buzzer donc ça il y a toujours une petite sensation particulière et derrière il y a l'envahissement de terrain parce que derrière il y avait les U15 qui jouaient derrière qui étaient trop contents aussi qu'on ait gagné au buzzer les parents qui étaient aussi ravis et voilà et je pense que et puis bah forcément Oui,
- Speaker #0
c'était incroyable. Moi, franchement, je ne peux pas m'empêcher de verser ma petite larme quand je vois ça. C'est tellement émouvant. Au fait, ce qui était super sympa sur cette vidéo, c'est qu'on te voit vraiment donner les consignes de façon extrêmement claire en regardant chacun des petits joueurs. Alors U13, c'est 11-12 ans, juste pour ceux qui n'ont pas les catégories. Et au fait, tu regardes chacun d'eux dans les yeux, tu expliques la position. Tu expliques l'enchaînement clairement sur un schéma en plus. Et chacun savait ce qu'il avait à faire. Et puis, ce que tu ne dis pas, c'est que tu t'adresses à celui qui a la tâche de convertir, le lancer franc, celui qui allait tirer à la fin. Tu lui dis, écoute, si tu le rates, ce n'est pas grave du tout. On aura fait un super match. Et si tu marques, ce sera génial. Allez, vas-y. et là au fait ce qui se passe c'est que ce panier il rentre et c'est l'extase voilà alors oui c'est une belle histoire mais en même temps dans le basket je pense que c'est une histoire commune, c'est arrivé plein de fois ce dernier tir qui change complètement le pronostic d'un match j'ai envie pour te présenter Quentin que tu nous dises comment tu aurais Merci. pour gérer la partie où la balle ne rentre pas, au fait. Comment ça se passe si on prenait vraiment le contre-pied de cette histoire ? Elle est belle, elle est magnifique parce que ça se finit en extase et que les enfants sont très contents. Qu'est-ce qui aurait été différent si cette balle n'était pas rentrée ?
- Speaker #1
C'est vrai que j'introduis légèrement ta question, dans le sens où je ne m'étais pas rendu compte de la phrase que j'avais pu donner aux petits. C'est vrai que j'étais vraiment sur le basket, concentré sur la partie tactique. Et ce que je voulais surtout, c'est qu'il n'ait pas la pression. À cet âge-là, les petits tremblent sur le terrain. Le stress monte assez rapidement. Je me rappelle, c'est comme si c'était hier, je n'étais pas un basket. J'avais toujours cette petite adrénaline qui me faisait trembloter et qui pouvait faire perdre ma technique. et donc là je voulais vraiment que ce soit le plus serein possible, on était chez nous en train de regarder un match de basket et puis on s'éclatait avec des potes, moi je voulais vraiment que ce soit ça et c'est vrai que quand je regarde la vidéo il y avait cette phrase en fait qui a ressorti mais je trouve qu'en fait, donc pour prendre le contre-pied du coup du résultat c'est ben en fait cette phrase là elle désamorce complètement le résultat c'est à dire que même si on l'aurait pas raté même si on l'aurait raté pardon je pense qu'en fait on aurait été content de notre match. On aurait été content parce qu'on s'est éclaté à faire cette tactique. Ça nous aurait servi aussi d'expérience pour d'autres matchs après. Donc en soi, je pense qu'on n'avait rien à perdre sur cette action-là. Et ça nous a souri, donc tant mieux. Mais ça aurait pu faire l'inverse. Mais je pense qu'on aurait... J'aurais été fier à Dégatation. Et je pense qu'ils auraient eu le sourire après. Même si on aurait raté ce...
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais utilisé justement ce panier raté comme une... opportunité pour faire un débrief et justement inculquer quelque chose aux enfants à ce moment-là ? Qu'est-ce que tu aurais dit dans le vestiaire ?
- Speaker #1
Est-ce que je l'aurais dit ? Je ne sais pas. Ça vient assez instinctivement quand on est dans le feu de l'action. Maintenant, en prenant du recul, ce genre de situation, en fait, il y a un faible pourcentage quand même que cette action puisse réussir quand même. Bon, même si sur le plan professionnel, c'est beaucoup plus présent.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà. Mais sur le plan amateur, c'est beaucoup plus rare.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que comme leçon, j'aurais pu aussi leur transmettre à ce moment-là, c'est en fait, ce n'est pas uniquement le résultat qui compte, c'est la manière et les moyens qu'on a mis pour pouvoir y arriver. Et donc, il y a Kobe qui dit comme ça, Kobe Bryant. Qui dit comme ça que le rêve, ce n'est pas la destination, c'est le chemin pour pouvoir y arriver. Donc en fait, c'est comment on est en capacité de prendre du plaisir sans attendre forcément un résultat derrière, même si le résultat, c'est quand même ce qui nous motive.
- Speaker #0
Oui, oui. Quelque part, la performance. Eh bien, justement, j'ai envie que tu puisses te présenter, Quentin, pour que tu nous expliques ton parcours. Donc, tu es entraîneur, coach de basket, mais tu as un petit truc en plus. Est-ce que tu peux nous le dire ?
- Speaker #1
Je suis préparateur mental pour les jeunes basketeurs, les jeunes basketeuses.
- Speaker #0
Les jeunes basketeuses. Donc, est-ce que tu peux m'expliquer un petit peu ton parcours ? Comment tu es venu à devenir préparateur mental ?
- Speaker #1
Déjà, dans le basket, ça va faire plus de 25 ans maintenant que j'y suis. Ça va faire un peu plus que 15 ans. Je dirais peut-être 18 ans que je suis entraîneur. Ça fait longtemps maintenant. Avec les ados ?
- Speaker #0
15 ans avec des ados ou il y a des adultes ?
- Speaker #1
J'ai tout fait. Du plus petit, de 5 ans à l'âge adulte. Peut-être que le plus vieux que j'ai pu. Le plus vieux, il y a encore, mais c'est par rapport au sport, bien sûr.
- Speaker #0
Oui, oui, il me prépare.
- Speaker #1
Il doit y avoir peut-être 43, 45 ans. Donc en fait, j'ai tout fait. J'ai tout fait en termes de catégorie, j'ai tout fait en termes de niveau, même si sur le national, j'étais plutôt sur un deuxième coach, sur un deuxième rôle. Mais voilà, j'ai tout balayé, on va dire, sur le secteur amateur.
- Speaker #0
Et comment est venue la préparation mentale ?
- Speaker #1
La préparation mentale, elle est venue... Alors ça, c'est mon histoire personnelle aussi, où j'ai été beaucoup aidé quand j'étais plus jeune. Je pense que c'est important de le dire, et je n'ai aucun secret, en fait. Mais je pense que beaucoup de jeunes le vivent aujourd'hui. Et moi, j'étais harcelé, en fait, quand j'étais au collège. Et donc, la relation avec les autres a toujours été compliquée. il y a toujours une petite... barrière qui me bloquait dans la relation pour communiquer avec les autres. Et ça, ça m'a... Forcément, ça touche. Ça fait mal aussi. Ça laisse des traces. Et le basket m'a sauvé. Parce que là où j'étais bien avec les autres, c'était au basket. C'était dans un sport collectif. Par contre, à l'école, ça n'était plus... J'avais la boule au ventre. Je stressais. J'avais beaucoup d'anxiété par rapport à ça. À l'école, ça a été très compliqué sur les cours de récréation.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais le basket m'a vraiment sauvé.
- Speaker #0
Le sport d'équipe, c'est-à-dire la collectivité dans le sport d'équipe, présentait moins de problèmes ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce qu'il y avait un cadre, parce qu'il y avait un coach qui gérait ?
- Speaker #1
Oui, il y avait un coach.
- Speaker #0
Des codes de relations dans le sport d'équipe ?
- Speaker #1
Oui. Et puis, je pense que j'étais quelqu'un qui me débrouillait aussi. Alors, j'ai toujours joué au niveau départemental. Enfin, mes frères ont... J'ai une histoire de famille, bien sûr, qui est dans le basket. Mon père était entraîneur, était joueur. Mes frères ont joué en championnat de France. Ma sœur a joué aussi à un bon niveau. Moi, je suis resté à mon niveau départemental, même si je suis l'aîné de ma famille. Mais voilà. Après, derrière, j'ai vu mes frères grandir là-dessus. Donc, il y avait quand même… Le basket, c'est déjà une histoire de famille chez moi. Mais c'est vrai que pour moi, dans mon histoire personnelle, ça m'a sauvé énormément. peut-être qu'il y avait le cadre, qu'il y avait le coach qui organisait, alors qu'à l'école, on est un peu plus en autonomie. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Maintenant, je trouve que moi, mes amis, c'était au basket.
- Speaker #0
Malgré la compétition, malgré l'esprit de compétition qu'on peut imaginer dans des sports d'équipe exigeants comme le basket. Il n'y a pas de sport qui n'est pas exigeant, à vrai dire.
- Speaker #1
Est-ce que tu parles de la compétition dans l'équipe ?
- Speaker #0
soit dans l'équipe même des fois, parce qu'on a toujours besoin de performer quand on est adolescent. On a besoin d'être bien vu par son coach, d'être bon, d'être parmi les bons, d'être sélectionné dans l'équipe 1, par exemple. Donc, il y a toujours un petit esprit de compétition qui pourrait éventuellement laisser, placer des relations qui peuvent être un peu tendues. Et malgré ça, tu étais quand même mieux au basket comparé à l'école ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Oui, parce que c'était mon identité, en fait, le sport.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
j'ai aimé quand tu m'as dit tiens je me rends compte pour la première fois un sportif, je pense que c'est vraiment ça mais ouais c'est mon identité en fait et même le sport en général aujourd'hui encore plus forcément avec l'âge mais avant c'était basket tu es qui Quentin je suis un basket c'était ça et la préparateur mentale donc oui parce que voilà mon histoire a fait que c'était important que je pense qu'il y avait énormément de personnes aussi Merci. qui vivaient en tout cas cette chose-là. Je peux prendre des choses en fait par différents morceaux. Je pense que... Donc, mon histoire, c'est vraiment la source de pourquoi je suis devenu préparateur mental aujourd'hui. C'est parce que j'ai envie d'aider aussi les jeunes basketeurs et que moi, je me retrouve un petit peu en eux. Même si je ne l'ai pas vraiment vécu à l'école, aux baskets, ces difficultés-là, mais je les ai beaucoup plus rencontrées dans ma vie en général. Mais pour moi, déjà dans la préparation mentale, il y a le côté performance qui moi m'attire, le fait de performer, d'avoir des résultats. de devenir aussi le meilleur joueur possible. Parce que quand on est passionné, on a toujours envie d'optimiser, en tout cas, notre niveau de jeu. Et puis, pour pouvoir y arriver, en fait, il y a des interférences qui nous en empêchent. Alors là, par contre, on dépasse un niveau que moi, j'ai pu connaître quand j'étais jeune. Mais quand on est sur un niveau, on va dire, dans le premier panier régional, voire même national, là, oui, il y a de la compétition entre les joueurs parce que le temps de jeu... parce que les sélections départementales, régionales, Pôle Espoir, centres de formation, c'est de la compétition avec tes coéquipiers. Donc là, c'est autre chose. Et il y a du stress, il y a de la pression, il y a différents enjeux que j'ai connus dans ma vie personnelle, mais que je pense que ces personnes-là ont besoin de traiter pour pouvoir atteindre ce qui compte vraiment pour eux, c'est-à-dire de devenir le meilleur joueur possible.
- Speaker #0
Ok, donc est-ce que je comprends que le basket et la préparation mentale t'ont donné à toi personnellement et que tu as du coup acquis des choses que tu aimes transmettre aux ados.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Quelles sont les personnes que tu as rencontrées et comment ça a été, comment t'en es venu à être préparateur mental ? Ça a pris combien de temps ?
- Speaker #1
Déjà, je me suis fait coacher mentalement. À une époque où, pour introduire encore une fois, parce qu'on aurait pu très bien développer le sujet, j'ai eu une petite de carrière d'entraîneur, pas professionnel, mais en tant que salarié de club, où je suis resté six ans en tant que salarié. Mais pendant ces six ans-là, j'étais licencié de trois clubs différents. Et donc, suite à cela, on vit trois licenciements. C'est compliqué. Il faut aussi le digérer. L'encaisser. Et puis... Et puis, je n'avais pas envie de quitter le monde du basket. Moi, j'aime trop ça. Je suis passionné. J'avais encore plein de choses, en tout cas, à transmettre aux jeunes. Et je me suis dit, mais comment je peux faire pour peut-être régler ma posture, pour pouvoir peut-être transmettre une meilleure image de moi, peut-être mieux communiquer pour que je puisse être accepté enfin dans un club. Et puis, j'ai fait appel à un préparateur mental qui m'a aidé sur ces problématiques-là. et qui m'a permis de me former même sur le management, comment on remet un cadre de fonctionnement. Parce qu'on a le diplôme de l'entraîneur, où c'est un papier, où c'est une petite démonstration commentée, une petite situation pédagogique. Mais ce qui fait le vrai métier de l'entraîneur, c'est la pratique. C'est quand tu es face à un groupe que tu vas mener pendant un an, deux ans, trois ans. Là, c'est vraiment ça le métier d'entraîneur. Donc moi, je me suis formé sur la préparation mentale de cette manière. Et derrière, j'ai décidé de me lancer à mon compte.
- Speaker #0
T'as très bien fait, Quentin. Quand je vois les retours de toutes les familles et de tous les adolescents que tu accompagnes, et moi, la chose qui me vient à l'esprit, c'est quand tu parles de ton vécu, moi, je vois l'analogie par rapport à l'adolescence. C'est quand même une période de la vie des enfants où ils sont dans le doute, ils ont beaucoup de questions sur eux-mêmes, ils ne trouvent pas leur place, ils ont un besoin d'appartenance qui est extrêmement élevé. il y a une influence du groupe qui est particulière. Donc concrètement, quand on compare à l'adulte, c'est vraiment une période de vulnérabilité. Et je me demande si ce n'est pas de ce fait-là que tu as trouvé justement matière à transmettre plus à l'adolescent comparé à un adulte. Est-ce que c'est vrai ou pas ? Complètement. Moi,
- Speaker #1
je me vois complètement dans les personnes.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
En tout cas, quand j'avais leur âge.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Moi, ce que j'aime, c'est qu'aujourd'hui, j'évolue. J'ai 32 ans aujourd'hui. Donc, en fait, j'ai eu un chemin un peu plus long qu'eux. Et moi, ce que j'aime, c'est, OK, j'apprends. Et j'apprends encore. Je suis encore accompagné par un préparateur mental aujourd'hui. Et tout ce que j'apprends, je le transmets, je le donne. OK. Rendre l'ascenseur aussi. Oui.
- Speaker #0
En tout cas, voilà. Je dis... Sur tes comptes, on a quand même beaucoup de témoignages de familles et d'enfants. Et ce qui m'a marquée, c'est que les enfants que tu coaches ont une capacité d'expression et de parole qui est exceptionnelle. C'est-à-dire, surtout que tu les encourages à écrire, à exprimer. Donc, toi, tu es vraiment doué en communication. Et je trouve que les enfants que tu accompagnes, les ados que tu accompagnes, sont particulièrement... éloquents et expressifs dans leur façon de présenter l'accompagnement que tu proposes. Et ça, pour des ados, ce n'est pas simple. Dans un monde où je les vois plutôt avoir, écrire souvent en raccourci, à ne pas finir les mots, là, ils font des phrases et ils font même des paragraphes et des lettres. Donc, c'est plutôt impressionnant. J'ai envie de parler avec toi des gens que tu accompagnes, des familles et des enfants que tu accompagnes, parce que... On pourrait penser que la préparation mentale, au départ, était quelque chose qui était proposé au sport professionnel. Or, tu es dans un club amateur, donc c'est du départemental, des fois régional, je vous le souhaite.
- Speaker #1
C'est le cas, on a certaines équipes dans le club.
- Speaker #0
Voilà. Donc, l'idée, c'est que dans ton expérience, est-ce qu'il y a beaucoup de ces enfants qui vont devenir professionnels ? Est-ce que tu peux me dire, par exemple ? en pourcentage, c'est peu ? C'est ce que j'ai en tête. Est-ce que c'est vrai ou pas ?
- Speaker #1
Bien sûr que c'est peu. Après, je n'ai pas les chiffres.
- Speaker #0
Non, je n'ai pas besoin de chiffres. Mais de ton vécu et de ton expérience.
- Speaker #1
Après, il y a des entraîneurs, en tout cas du monde professionnel, qui symbolisent un pourcentage comme 0,02. C'est symbolique. Mais par rapport à tous les licenciés, 0,02 de ces joueurs auront une carrière professionnelle, c'est-à-dire joueront à partir de la National League. Ça ne veut même pas dire la NBA comme des jeunes. Mais on parle de nationalisme. On parle de pouvoir toucher un salaire en jouant au basket.
- Speaker #0
Ok. Donc, on va dire la grande majorité des licenciés, des enfants que tu accompagnes, resteront probablement amateurs. Mais est-ce qu'on peut expliquer l'enjeu ? Parce que pour moi, c'est tellement important. Amateur ou pas, le sport d'équipe, c'est des compétences relationnelles et ton coaching, il va dans le sport, il va pouvoir leur permettre de se réaliser dans le sport pour lequel ils ont du plaisir. Ça, c'est un mot qui est super important pour toi, que j'entends souvent. Et puis, surtout, c'est des enfants pour qui ces compétences acquises vont leur servir dans le quotidien et dans leur vie à venir. C'est pour ça que jeu Je trouve que c'est extrêmement intéressant ton travail et je t'en remercie vraiment beaucoup. Il faudrait que tous les ados fassent du sport d'équipe, au fait. Moi, je vais me mettre au basket, tiens. Donc, est-ce que tu peux me confirmer dans les dialogues et dans les échanges avec les parents si ce que je dis, c'est ça ou pas ?
- Speaker #1
Est-ce que tu peux juste me rappeler la question ? La question,
- Speaker #0
c'était l'enjeu... de la préparation mentale dépasse le sport ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Complètement. Par où je vais pouvoir commencer ?
- Speaker #0
Des cas concrets ?
- Speaker #1
Oui, des cas concrets pour papa. Moi, c'est toujours mon histoire, en fait. C'est toujours mon histoire. De toute manière, moi, j'avais toujours un manque de confiance en moi. parce que socialement c'était un peu compliqué et donc j'avais énormément de projets j'avais énormément d'objectifs mais en fait comment je peux dépasser cette confiance cette confiance en moi, comment je peux la développer pour pouvoir atteindre des objectifs que je voulais me fixer alors ça pouvait être en tant que joueur à un moment donné c'était en tant qu'entraîneur là maintenant aujourd'hui c'est en tant que préparateur mental mais j'avais toujours du coup cet objectif de devenir le meilleur enfin pas le meilleur mais en tout cas le meilleur de mon potentiel et comment je peux développer du coup mon niveau voilà à mon échelle, comment je peux devenir meilleur que je l'étais hier, c'est ça en fait et le premier truc c'est que je ne suis pas là en train d'aller rechercher une formation pour me développer je suis là en train de travailler sur moi sur comment je peux développer ma confiance en moi comment je peux descend du coup la pression, comment je peux prendre beaucoup plus de plaisir dans ce que je fais. ce qui va m'amener derrière un meilleur niveau. Et bien, c'est exactement ce que vivent aujourd'hui les basketteurs et les basketteuses. Eux, quand ils sont passionnés de basket et qu'ils ont envie de devenir le meilleur joueur ou la meilleure joueuse, mais par rapport à eux, bien sûr, eh bien, il y a ces interférences du regard des autres, de la peur du jugement. Il y a tout ça, en fait, qu'on enlève et qui va, derrière, leur permettre d'avancer vers ce qui compte, ce qui est le plus important pour eux, en fait.
- Speaker #0
Alors, on va essayer de prendre des items. précis pour que tu me dises exactement quels sont tes outils et ta méthode. Je pense que même ta méthode s'appelle Game Changer.
- Speaker #1
Oui. Oh,
- Speaker #0
l'accent. Non, il est pourri, l'accent. Ne me parle pas de l'accent. Mais voilà. Donc, on va pouvoir prendre quelques items et tu vas pouvoir me dire. Mais avant, est-ce que tu penses que la préparation mentale actuellement, ne serait-ce que dans le domaine professionnel, a vraiment sa place en France ? Je sais que, par exemple, dans les États-Unis, c'est quelque chose qui est très présent. Dans la NBA, tu vas me dire, ils ont tous des préparateurs mentaux. Je pense que le sport ne s'imagine pas du tout sans la psychologie du sport, ni sans la préparation mentale. Est-ce que tu penses qu'en France, pour les professionnels du moins, c'est déjà acquis ou c'est encore pas très franc ?
- Speaker #1
Dans le monde professionnel, c'est en train de se développer et avec l'arrivée des Jeux Olympiques en 2020. ça s'est encore plus développé parce que quand Teddy Riner on en a parlé qu'il se fait accompagner par un psychologue lui c'est le même métier quasiment il se fait accompagner depuis son plus jeune âge je crois que c'est 11-12 ans qu'il doit se faire accompagner ben voilà ça sonne un petit peu dans les têtes de chacun et puis on avait Léon Marchand aussi qui a été 4 fois médaillé d'or donc lui qui a été aussi accompagné par Thomas Samut oui j'ai beaucoup écouté ses interventions oui Merci. Voilà, c'est peut-être le préparateur mental le plus médiatisé en France.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
oui. Forcément, ça se développe derrière. Et puis, avec l'ampleur des JO, forcément,
- Speaker #0
c'est une nouvelle vague.
- Speaker #1
Donc, c'est cool, en tout cas, que le mental puisse...
- Speaker #0
Et dans le monde amateur, tu es quand même... Je ne me connais pas beaucoup. C'est pour ça que j'étais très contente de te croiser, de te rencontrer. Ça commence à prendre forme dans le milieu amateur ?
- Speaker #1
Oui, ça commence à prendre. Après, chacun a sa spécificité. C'est aussi l'intérêt de l'entrepreneuriat, c'est qu'on peut monter notre activité comme ça nous parle à nous. Maintenant, j'ai plusieurs collègues, bien sûr. Après, je peux dire son nom parce que j'en suis très content de travailler avec lui. C'est Frédéric Berger, qui est un entraîneur de renommée sur Lyon, qui a été responsable du centre de formation de l'ASVEL, qui a été aussi assistant coach sur les ligues féminines ou LF2. Mais voilà, je travaille avec lui en tout cas sur le... l'entraînement et le coaching basket et aussi parfois sur ma préparation mentale à moi. Mais oui, ça se développe. J'ai un collègue qui est sur Nantes. Il y en a un autre qui est sur Angers. À Paris, il y en a un ? À Chartres, j'ai un collègue aussi. On est sur... On est tous des préparateurs mentaux dans le basket. On a chacun, en fait, notre... On appelle notre cible. On a chacun notre domaine, en fait. Moi, je suis sur les jeunes. effectivement, il n'y en a pas beaucoup.
- Speaker #0
Oui, parce que je trouve que vraiment, il y a un besoin spécifique de l'adolescent. Je ne sais pas ce que tu en penses toi, mais moi, je pense que c'est vraiment l'occasion chez l'enfant et l'adolescent d'utiliser quand même le basket et les sports d'équipe pour pouvoir installer les compétences relationnelles, les compétences de travail d'équipe, le brief, le débrief, la communication. Et puis, cette métacognition, c'est-à-dire ce propre regard de l'adolescent sur lui-même pour qu'il puisse débloquer un tas de choses. D'ailleurs, on va commencer tout de suite parce qu'il faut qu'on commence à parler de ta méthode Game Changer. C'est impossible. Est-ce qu'on peut prendre quelques items comme ça sur lesquels tu travailles habituellement, sur lesquels tu communiques au niveau des réseaux sociaux ? Le manque de confiance, tu en as parlé dès le début. Est-ce que tu peux me parler, par exemple, de tes trois switches que tu décris pour un enfant ? On va prendre un garçon de 11-12 ans et on va lui donner les outils.
- Speaker #1
Les outils.
- Speaker #0
Allez.
- Speaker #1
Déjà, après, chacun est différent.
- Speaker #0
Non, moi, ce qui m'intéresse, c'est toi, Quentin, aujourd'hui.
- Speaker #1
Mais chacun est différent dans le sens où...
- Speaker #0
Tu veux dire par rapport aux enfants ?
- Speaker #1
Voilà, exactement, tout à fait. Parce que, oui, on pourrait donner des méthodes comme ça. Mais peut-être que si tu te parles à toi ou à David, ça sera complètement différent. Maintenant, je trouve que travailler sur soi, c'est aussi s'ouvrir aux autres. Dans le sens où plus je vais développer, plus je vais prendre conscience. de ce que je suis capable de faire. Plus derrière, je vais être bien avec moi-même et je ne vais pas être dépendant du regard des autres. Plus je suis en capacité de m'auto-évaluer.
- Speaker #0
moins je vais attendre de la validation de mon coach, moins je vais être sensible à l'expression du visage de mes coéquipiers, moins je vais regarder la tête de mes parents dans les tribunes. Parce que je me connais, je sais qui je suis, je sais ce que j'aime dans la vie, je sais ce que je maîtrise. Et quand on a conscience de ça, ça nous permet vraiment d'écarter un petit peu ces interférences qu'on parlait. et donc pour moi la confiance en soi c'est vraiment un travail sur soi c'est vraiment un gros travail sur soi mais c'est voilà c'est d'abord prendre conscience de qui on est prendre conscience de ce qu'on maîtrise, de nos capacités et derrière quand on a on se sent guerrier alors si tu me permets je reprends quelques mots de Alban
- Speaker #1
est-ce que je peux ? il a dit, parce que c'est quand même assez parlant dans la confiance en soi lui il dit ce que tu lui as appris, c'est sa lettre en reprenant ce que tu lui as appris tu dis, les personnes qui jugent ne sont pas les plus fortes que les performances doivent être faites à sa propre manière sa manière singulière il dit, ton thé doit être plus important que performé plus on essaye statistiquement plus on essaye plus on va convertir donc si on tente pas on a rien alors il dit pour la confiance en soi il faut s'entraîner avec envie l'envie c'est important et puis savoir mettre le doigt sur ses propres compétences personnelles et ses qualités et personnelles, c'est-à-dire que quand tu accompagnes les enfants en général, chacun sait où ils sont forts. Il est capable de savoir quelles sont ses qualités. C'est bien déjà de savoir reconnaître sa singularité.
- Speaker #0
Oui, oui. Je tourne beaucoup, moi, sur mes questions sur... En fait, ils me prennent une situation où ils ont tant de difficultés. sur ce match-là, sur le match dernier, je n'ai pas osé attaquer le panier parce que j'avais peur de rater. Mais pour toi, quels sont les avantages de ne pas avoir osé à ce moment-là attaquer le panier alors que tu avais peur de rater ? Et effectivement, je pose la question que ce ne sont pas simples, qui sont peut-être parfois même inconfortables. Mais en fait, leur réflexion, ça permet de regarder les choses, ce qu'on dit, changer sa carte du monde, et de regarder les choses différemment. cette réflexion-là, c'est du travail mental. Et derrière, ils vont garder tous les avantages que les situations qu'ils vivent qui peuvent être un peu négatives ou qui semblent être négatives sont un avantage pour avancer. Et donc, on en arrive à mieux vaut tenter que performer. Je ne sais plus trop la phrase.
- Speaker #1
C'est ça. C'est les mots d'Alban, en fait. Tenter plus que performer. Il y a quelque chose dont tu parles beaucoup, c'est la peur de rater. On sait bien qu'au basket, une fois qu'on a raté, on n'a plus envie de tenter de nouveau. On se cache, on passe la balle aux autres. Comment tu accompagnes les enfants ?
- Speaker #0
Eh bien, on va dédramatiser l'échec. C'est la première chose à faire. C'est qu'en fait, encore une fois, il y a une problématique centrale et il y a des électrons autour. qui sont notamment, et tu en as très bien parlé tout à l'heure, les enfants de cet âge-là ont un besoin d'appartenance qui est fondamental. Ils recherchent appartenir à quelqu'un. Ils recherchent la reconnaissance.
- Speaker #1
La validation.
- Speaker #0
La validation. Mais s'ils échouent, qui va leur dire en fait que c'est bien ? Qui va leur dire que... Et c'est pas le coach qui a envie de gagner qui va lui dire.
- Speaker #1
C'est ça. Est-ce qu'il y a la responsabilité du coach dans le... dans le comportement et le ressenti des enfants.
- Speaker #0
Oui, après j'accuse le coach là, mais en fait on est tous différents aussi.
- Speaker #1
Et la famille. Mais la famille aussi, bien sûr. Mais oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et peut-être à son insu, comme on dit.
- Speaker #1
Mais complètement.
- Speaker #0
Mais oui, il y a une responsabilité de l'encadrant, bien entendu.
- Speaker #1
Et de l'entourage.
- Speaker #0
Et de l'entourage. Maintenant, je trouve que l'échec aujourd'hui, on en parle énormément et on devient un petit peu américain. Les Etats-Unis, ils ont très vite compris que l'échec, aujourd'hui, ça fait partie de la réussite.
- Speaker #1
C'est la seule façon d'apprendre.
- Speaker #0
Oui, d'ailleurs, il y a un truc assez fou, c'est que plus tu es licencié aux États-Unis, plus ils vont te recruter. Sérieux ? Mais oui, c'est un truc de fou quand même. Moi, je me suis dit que j'aurais eu ma place là-bas.
- Speaker #1
Mais pour sûr, mais on te garde. Tu vas nulle part. Mais qu'est-ce que les enfants ont besoin d'entendre alors ?
- Speaker #0
Que l'échec fait réussir.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Que voilà, il y a des grands noms dans le basket, Charles Barclay notamment. Si tu as peur d'échouer, tu vas rater. Voilà. Kobe, il a dû dire, il a dit quelque chose comme ça. je n'ai pas la citation en tête, mais voilà, Michael Jordan qui dit comme ça qu'il a raté plusieurs tirs, il a perdu plus de 300 matchs, 30 fois on lui a donné la balle pour marquer, sauf qu'il a raté, et il a raté encore et encore, et c'est comme ça qu'il a réussi.
- Speaker #1
Il y a une vidéo très sympa où tu parles de Kylian Mbappé.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu peux me décrire ? C'est le pénalty raté du quart de finale contre le Maroc.
- Speaker #0
En tant que sportif, on suit la Coupe du Monde de près. Comme Kylian Mbappé, c'est l'affiche de l'équipe de France.
- Speaker #1
C'est une leçon pour le monde entier et pour les enfants.
- Speaker #0
Bien sûr. Au-delà des critiques qu'il peut avoir. C'est quelqu'un qu'on doit respecter. Maintenant, sur le penalty, il y a eu énormément de temps pour qu'il puisse tirer son penalty. C'est que l'arbitre a pris du temps pour prendre sa décision. Et donc, forcément, c'est comme un joueur au lancer franc. Plus on va tarder, plus il y a des arrêts de jeu, plus la concentration, à un moment donné, se perd au fur et à mesure. Ce qui fait qu'un penalty qui aurait pu finir au fond a été raté. Mais derrière, c'est sa réaction, c'est son attitude.
- Speaker #1
Comment il a réagi ?
- Speaker #0
Voilà, on aurait pu dire quarte de finale sur un match coup près, comme on dit, et on rate un pénalty du coup en première mi-temps. En fait, il est arrivé en deuxième et il a gardé son sang-froid. Et derrière, il nous met un but à l'aveugle en plus, parce que le défenseur lui cachait la vue. Mais voilà, sang-froid, attitude et puis confiance dans ce qu'il fait, confiance dans ses qualités. On parlait de confiance en soi, mais lui, c'est peut-être l'image de la confiance en soi. Et puis derrière, voilà, sans froid, pas de pression. Il joue comme s'il était au quartier. Ça, c'est Bradley Barcola qui l'a dit en conférence de presse. Il joue comme s'il était au quartier. C'est-à-dire qu'aucune pression, aucun enjeu. Donc, voilà. C'est vrai que la Coupe du Monde, c'était vraiment une très belle image.
- Speaker #1
Tu penses qu'il sent dans quel état d'esprit, il faut être dans quel état d'esprit quand on a raté quelque chose ? Qu'est-ce que tu dis aux enfants ? À quoi il faut penser pour passer à autre chose ? Il faut être dans quoi ?
- Speaker #0
Combien de tirs, déjà, ils ont effectués pendant le match ? Est-ce que c'est un tiers qui va changer vraiment le résultat final ? Ce qui les intéresse le plus. Donc, c'est comme une équipe qui prend un 10-0 d'entrée au bout de trois minutes. Alors, ça fait mal au moral. Mais derrière, est-ce qu'il ne vaut mieux pas prendre le 10-0 dès les trois premières minutes ? Ou alors, il faut le prendre du coup à la fin ?
- Speaker #1
Ah, ok, ok.
- Speaker #0
Donc, en fait, c'est ça. c'est que peu importe. L'idée, c'est d'avoir un ratio positif à un moment donné dans le match, peu importe le tir raté. Et puis, si le tir est ouvert, ça va aussi perturber la défense adverse. Parce que ça veut dire qu'eux aussi, ils ont mal défendu, le tir a été ouvert. Donc, il faut saisir toutes les opportunités qu'on a, que ça aille au bout. C'est dédramatiser l'échec, c'est vraiment ça.
- Speaker #1
Au petit Alban et à sa famille, tu parles beaucoup de la notion de plaisir à la place de la performance. Et ça, c'est quelque chose dans la santé mentale des sportifs de haut niveau ou même amateurs à ce niveau-là, quand on est en pseudo-vulnérabilité comme peut l'être un adolescent. C'est extrêmement important de mesurer les enjeux, de les mettre à leur bonne proportion et de voir si on ne peut pas mobiliser les envies et le désir par autre chose que de la... de la compétition, de « il faut faire, il faut cravacher » le sport comme on l'entendait avant, parce que je pense que ça a dû laisser des gens avec des traces et des carrières qui n'étaient pas joyeuses. Alors que maintenant, de plus en plus de sportifs se dirigent vers une autre façon de pratiquer le sport, vraiment en prenant du plaisir, en essayant de durer Merci. dans cet état d'esprit pour que ce ne soit pas une contrainte. Est-ce que le sport n'est pas en train de se tourner vers cette façon d'être ?
- Speaker #0
Dans le plaisir ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Moi, c'est quelque chose qui… qui me parlent énormément. Maintenant, on sait que le sport de haut niveau, il y a des documentaires qui sont super. Le dernier, c'est celui de Léon Marchand sur Canal+.
- Speaker #1
Il a failli décrocher, lui.
- Speaker #0
Oui, et encore même après les JO. Je ne me rappelle plus du nom du documentaire, mais c'est super, vraiment c'est top.
- Speaker #1
On donnera les références dans le descriptif.
- Speaker #0
Oui, mais je donne souvent cet exemple-là aux jeunes. je dis vous aimez la glace au chocolat ils disent oui c'est délicieux n'est-ce pas et ils disent oui et derrière c'est comme si vous mangez une glace au chocolat le matin et vous la mangez aussi le midi et vous la mangez aussi le soir et que le lendemain vous recommencez et ça pendant toute l'année au bout d'un moment le plaisir il est où il n'y en a plus on est curé donc en fait c'est ça j'ai jamais été sportif de haut niveau mais quand on voit Florent Madoudou Merci. Léon Marchand enfin voilà plusieurs plusieurs sportifs de haut niveau quand ils en parlent c'est ça en fait l'image qu'ils nous renvoient c'est qu'à un moment donné oui c'est du plaisir mais le plaisir pour eux en fait c'est tout c'est tous les jours c'est tous les ans et qu'à un moment donné bah on craque parce qu'on n'en peut plus mais pour devenir le meilleur c'est le prix à payer aussi pour pouvoir le devenir voilà et Je pense que le mot plaisir, c'est un peu la petite lumière au bout du tunnel. C'est toujours se rattacher de pourquoi j'ai commencé. C'est quoi mon rêve d'enfant ? Qu'est-ce que j'ai voulu aller chercher ? Et je trouve que c'est pour ça que moi, vraiment, quand je coache et que je ressens un peu le stress ou un enjeu, comme le tournoi qualificatif région qu'on va avoir un samedi, en fait, le plaisir, ça se sentra. Je pense que, comme on l'a dit tout à l'heure, c'est sur le chemin qu'on va prendre du plaisir. pas uniquement le sommet, mais c'est tout le chemin, tous les efforts, tous les outils, les moyens qu'on met en place, ensemble en plus, qui doit nous procurer ce plaisir, en fait. Autre que la performance, le résultat. Enfin, la quête sans cesse du résultat.
- Speaker #1
Oui, mais c'est des notions incroyables à transmettre à des enfants, qui ont tendance à n'envisager que le plaisir dans la temporalité courte, et qui n'ont absolument pas la vision ni... encore la maturité de faire des choses maintenant pour bien plus tard. Ces notions-là sont vraiment intéressantes à transmettre. C'est passionnant, Quentin. Il y a encore dix mille choses à dire. Ce que je voudrais, c'est peut-être passer à un exercice un peu différent. Je peux te donner des mots ou des phrases et me dire, toi, en tant que coach et préparateur mental, Comment tu les perçois et ce que tu en penses ? On peut faire ça ? Un petit jeu ? Allez. Par exemple, la fixation d'objectifs.
- Speaker #0
Pour moi, c'est la destination. C'est ce qui va... T'as dit un mot. Là, je commence une phrase.
- Speaker #1
Non, une phrase. Non, non, tu peux faire en une phrase. Excuse-moi.
- Speaker #0
Non, pour moi, c'est la destination. C'est ce qui va nous... C'est notre motivation pour avancer vers un peu. C'est le chemin, en fait. C'est le cap. C'est le cap qui guide le chemin.
- Speaker #1
La gestion du stress ?
- Speaker #0
Là, c'est par rapport à ce qui compte le plus pour nous et ce qu'on a réellement envie d'atteindre. Et là, il y a une question d'enjeux derrière. Gestion du stress, c'est aussi identifier les enjeux qu'il y a derrière, ce qui compte le plus pour nous.
- Speaker #1
OK. Et pour la gestion du stress ? C'est parce qu'on n'a pas eu le temps de beaucoup l'aborder. Qu'est-ce que tu transmets aux enfants dans la gestion du stress ? Parce que ça, c'est vraiment un point crucial.
- Speaker #0
Eh bien, je ne vais jamais traiter la fumée avant de traiter le bois. Donc, je ne vais pas faire de travail de respiration. Mais par contre, on va travailler sur, OK, qu'est-ce qui a déclenché ? En fait, il y en a qui font le chemin inverse. Moi, je reprends les émotions du corps pour les amener dans les pensées, pour derrière les verbaliser. Donc en fait, on va identifier les enjeux qui se jouent derrière et qui amènent cette pression et ce stress. Et pourquoi ? Et il y a plusieurs facteurs.
- Speaker #1
Oui. L'imagerie mentale et la visualisation.
- Speaker #0
Je trouve ça intéressant pour pouvoir se visualiser et derrière se projeter sur une situation de réussite et puis se mettre en confiance aussi. Ça permet aussi de remplacer l'image peut-être négative un petit peu ou le stress peut provoquer et de la remplacer par une image positive.
- Speaker #1
voilà ce que je peux dire là-dessus les discours internes et les self-talks pour moi je parlerais d'intention à ce moment-là,
- Speaker #0
c'est identifier une intention qui va nous permettre de faciliter notre concentration et voilà, quand j'ai une mission et que je me fixe à cette mission-là, c'est beaucoup plus simple derrière.
- Speaker #1
Ok. La pleine conscience ?
- Speaker #0
Ça, c'est l'instant présent, la capacité à rester dans l'instant présent, c'est plus technique, c'est plus technique. C'est pour ça aussi que je ne la fais pas encore avec les jeunes, mais moi, je la pratique énormément. C'est une capacité d'être, déjà de réguler, de se réguler, Euh... de respirer, d'exister.
- Speaker #1
La cohésion d'équipe pour toi, Quentin ?
- Speaker #0
La cohésion d'équipe, c'est marrant. Ça, c'est comme un puzzle. La cohésion d'équipe, c'est... On a un objectif en commun et derrière, c'est OK. On est des personnes différentes avec des pièces différentes et comment je peux alimenter cet objectif-là avec les qualités de chacun.
- Speaker #1
Alors, dans ton parcours, Quentin, j'ai envie de connaître le joueur qui t'a inspiré.
- Speaker #0
le joueur qui m'a inspiré le premier c'est Michael Jordan en France c'est Tony Parker voilà et puis un peu plus tard c'est Kobe Kobe Reigns pourquoi un peu plus tard ? parce que je pense que avec son décès aussi je me suis rendu compte de la personne qu'il était que je ne m'étais pas forcément rendu compte je suis très français tu as raison je suis très français et c'est vrai que en tout cas quand je vois l'équipe de France je vois la télé je suis français Donc c'est vrai que Tony Parker, c'est quelqu'un qui m'a quand même pas mal inspiré. Premier joueur français à devenir champion NBA, c'est clairement quelque chose. Et j'ai un petit peu obstrué les différents joueurs américains aux alentours. Et je me suis rendu compte au fur et à mesure, derrière, je me suis intéressé bien sûr à ces joueurs-là. Et puis Kobe avec son éthique de travail, avec sa capacité. C'est son étude de travail. C'est beaucoup de discipline. Il a été tellement violent avec lui, violent bien sûr avec son corps, physiquement, dans l'effort qu'il en a payé un petit peu les conséquences aussi en 2016. Il a vécu...
- Speaker #1
Tony Parker, c'est quoi que tu trouves inspirant chez lui ?
- Speaker #0
Je le trouve encore inspirant. On pourrait dire qu'il est arrogant. Mais je trouve... encore inspirant, même à l'âge qu'il a. Pour moi qui a 32 ans, c'est vrai que sur le côté famille, sur le côté ami, c'est quand même quelqu'un qui communique super bien.
- Speaker #1
Oui, il est conférencier.
- Speaker #0
Oui, et puis à la fois, moi j'en parle beaucoup aussi dans mes coachings, parce que c'est une personne qui n'oublie pas son alentour. Son entourage initial.
- Speaker #1
Bien sûr,
- Speaker #0
il a je ne sais pas combien d'amis, il l'invite énormément. il fait des soirées déguisées avec ses amis je trouve que ça oui il y a un objectif oui il y a quelque chose qui est sérieux en fait derrière et je suis persuadé qu'il a peut-être sacrifié un peu son enfance mais je pense qu'il a jamais oublié en fait d'où il venait il a jamais oublié sa famille ses amis, ses racines et je trouve que ça c'est quand même admiratif, donc il m'admire pour son côté sportif bien entendu mais bien au-delà c'est souvent des compétences humaines
- Speaker #1
Et alors, les entraîneurs que je connais moins, est-ce que tu peux me citer tant d'entraîneurs ou préparateurs mentaux favoris et me dire pourquoi ?
- Speaker #0
Préparateurs mentaux favoris, je n'en ai pas pour le moment. Mis à part mon mentor, alors ailleurs. Mis à part mon mentor. Là, dans ce cas-là, j'en aurais un petit peu plus. Mais sur les entraîneurs, il y en a plusieurs. Il y en a plusieurs. Après, il y a Greg Popovich par son côté paternaliste qu'il a pu avoir avec le Big 3. c'est-à-dire Tim Duncan, Gene Obili, Tony Parker. Donc là, il y avait quand même quelque chose, une posture paternelle et proche de ces joueurs que j'adore et à la fois exigeante. Moi, j'ai aussi cette phase-là. Le côté exigeant, paternaliste, je l'ai un petit peu avec mes joueurs, mais je suis très proche d'eux. Je suis vraiment très proche d'eux aussi comme un grand frère. Oui,
- Speaker #1
ça se sent. Ça se voit dans les vidéos.
- Speaker #0
Donc voilà, j'ai... Moi, j'admire en tout cas les coachs qui sont exigeants, mais à la fois très proches de leurs joueurs. Sur ce côté-là, Luis Enrique, plus récemment au niveau du PSG, qui est vraiment exceptionnel. Et puis lui, qui est capable de faire des choix qui sont risqués, de se séparer de Starz, pour pouvoir construire un groupe et une vraie cohésion d'équipe derrière.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
c'est admiratif de prendre des risques et de pouvoir réussir derrière aussi. Et puis, pareil, sur son côté paternaliste. Après, il y a son histoire aussi personnelle qui rentre en jeu. Je sais qu'Arsène Wenger, je connais peut-être un peu moins, mais il a aussi ce côté-là.
- Speaker #1
Et tu m'as perdu, là.
- Speaker #0
Arsène Wenger, pardon, c'est l'entraîneur de Arsenal où beaucoup de joueurs français sont passés. Voilà.
- Speaker #1
Magnifique.
- Speaker #0
Mais il y en a d'autres.
- Speaker #1
Écoute, c'est super, Quentin. J'ai envie qu'on retrouve les derniers mots de la fin pour ton activité et tes aspirations.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que, donc, à la base, tu es coach et préparateur mental. Tu proposes, au fait, un accompagnement pour les familles et les enfants d'adolescents qui sont dans des équipes de basket. Oui. Est-ce que tu peux m'expliquer concrètement ton activité actuelle et ce vers quoi tu tends et qui t'aspire et qui t'anime vers le futur ?
- Speaker #0
Wow !
- Speaker #1
Le moyen terme. Si tu as envie de me dire le long terme aussi. Pour le moment,
- Speaker #0
ma mission, et je l'ai redéfinie encore cet été, ma mission, moi, c'est d'aider les basketteurs, les basketteuses et leurs parents à retrouver la liberté de doser, ce qui compte le plus pour eux. C'est déjà ça. Et avec comme outil, forcément, le basket. Donc on est vraiment sur Ok j'ai envie d'atteindre ça Aujourd'hui je sens qu'il y a des choses Mes émotions me bloquent Me freinent, j'ai pas encore confiance en moi Je sais pas si je vais y arriver J'ai des barrières Avec les autres dans le côté relationnel Tu sais faire
- Speaker #1
Tu accompagnes Je suis passionné par ça En plus c'est le mot magique Où te retrouver content ?
- Speaker #0
Sur Instagram directement. Vous pouvez m'envoyer un message directement. Je vous répondrai directement sur Instagram. Voilà, je fais du contenu sur Instagram gratuitement.
- Speaker #1
Pas mal suivi.
- Speaker #0
Oui. C'est vraiment un plaisir aussi de le faire gratuitement sur les réseaux sociaux. Et puis aussi sur YouTube. Où j'ai un petit peu diminué ces derniers temps.
- Speaker #1
Mais principalement sur Instagram.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
OK. Et là, on peut trouver beaucoup, beaucoup de conseils. beaucoup de propositions de suivi et les familles peuvent avoir une idée concrète de ce que tu proposes et ton accompagnement tout à fait,
- Speaker #0
surtout qu'il y a une vidéo dans ma bio qui présente l'accompagnement et comment ça se passe et s'ils veulent aller plus loin merci infiniment c'est très gentil de t'avoir parlé j'ai apprécié,
- Speaker #1
merci beaucoup mes chers amis, vous retrouverez tous les liens vers les réseaux de Quentin Bessonneau en description. Je mettrai la vidéo de notre échange sur Youtube et les shorts sur Instagram, enquête d'accord. D'ailleurs, je vous y attends. Je vous dis à très vite.