- Speaker #0
En quête d'accord, l'art de communiquer est d'être en lien. On parle souvent du stress comme de quelque chose à fuir. Et si on prenait un instant pour le regarder autrement ? Et si, parfois, le stress pouvait aussi nous aider à nous adapter, à nous renforcer, peut-être même à mieux vieillir ? Dans cet épisode, je vous propose d'explorer cette nuance, le stress qui fatigue et celui qui soutient le vivant. Bienvenue dans Enquête d'accord, je vous souhaite une excellente écoute. Bonjour Denis !
- Speaker #1
Bonjour Emman !
- Speaker #0
C'est un énorme plaisir de te recevoir.
- Speaker #1
Je suis ravi d'être avec toi.
- Speaker #0
Et je te remercie d'avoir fait de la place dans ton temps et ton emploi du temps, ton agenda si compressé pour venir papoter avec moi et parler de sujets qui nous intéressent tous les deux parce qu'on pratique le même métier.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
C'est trop bien.
- Speaker #1
Et ça qui est super finalement dans notre métier, c'est de se dire que même si on a un corpus identique parce qu'on a tous fait de l'anesthésie, Merci. Tout se fait de la réanimation, mais il y en a qui font plus d'anesthésie, d'autres plus de la réanimation, d'autres plus de l'urgence, plus du SAMU, plus de la médecine de la douleur. Donc déjà, on a un corpus qui est vraiment chouette. Tu vois, en off, tu me demandais comment je pouvais faire autant de choses. Je peux faire autant de choses déjà parce qu'on a du temps. Et puis bon, évidemment, après, j'ai tout un tas de secrets, de sorciers pour être encore plus productif.
- Speaker #0
On peut avoir des caractères différents. Je pense que tu as un caractère de quelqu'un qui est très... très curieux déjà, et qui fait énormément de choses et qui a besoin d'être actif. Ah oui,
- Speaker #1
je suis un peu hyperactif.
- Speaker #0
Mais du coup, j'en profite et j'aimerais en faire profiter les auditeurs. Est-ce que tu veux que je te présente succinctement ou tu veux que toi, tu te présentes ? Je peux le faire.
- Speaker #1
En fait, effectivement, Denis Costier, je suis médecin anesthésiste réanimateur comme toi. J'ai fait mes études initialement à Paris. Après, je suis allé faire mon internat à Lille où j'ai rencontré mon épouse, qui était mon externe. Tu vois comme quoi, c'est les risques du métier. Et après, comme j'étais très intéressé par la pédiatrie, j'ai voulu faire un clinica. Et en fait, j'ai eu une proposition à Lyon pour faire la réanimation pédiatrique. Donc, j'ai fait moitié en réanimation pédiatrique, moitié en anesthésie pédiatrique. Et puis finalement, la pédiatrie, je trouvais ça intéressant. Mais la réanimation pédiatrique, finalement, ça ne me correspondait pas trop. Et puis, l'appel de Paris a fait que j'ai quitté Lyon avec femme et enfant pour revenir sur Paris. Et c'est vrai que j'ai travaillé un petit peu à l'hôpital, notamment à l'hôpital Saint-Joseph. Et après, rapidement, j'ai été plutôt vers le libéral. J'ai plutôt ce goût du libéral. Et c'est vrai que je me suis beaucoup intéressé aussi, pendant mes études et pendant mon internat, à une vision plus... plus globale de la santé. Je me suis beaucoup intéressé à la santé de l'esprit à travers l'hypnose. Je me suis beaucoup intéressé à l'hypnose. J'ai pratiqué pas mal l'hypnose. Au début, avec une vision très, je dirais, anesthésique, l'hypnose au bloc opératoire ou dans la douleur. Et finalement, parce qu'il y avait eu de demandes de patients ou de personnes que je fréquentais qui me demandaient « Tiens, est-ce que tu pourrais pas faire l'hypnose pour telle ou telle chose ? » J'ai commencé à le faire pour différentes indications. J'ai fait beaucoup pour des gens qui venaient me voir pour l'arrêt du tabac ou pour phobie, stress, troubles du sommeil, douleurs chroniques, bien évidemment. Donc, j'ai un peu élargi tout ça. J'avais même un cabinet où régulièrement, je recevais des gens avec des douleurs. J'ai également une formation en coaching, coaching orienté santé. Ça m'a permis également d'avoir un bagage qui permettait aussi d'expliquer aux personnes comment avoir ce qu'on peut appeler l'empowerment, c'est-à-dire comment se mettre en route. Parce que le problème dans notre profession médicale, c'est que bien souvent, on dit aux gens quoi faire. Par contre, est-ce qu'ils vont implémenter nos conseils ? Ça, ce n'est pas forcément toujours évident parce qu'il peut y avoir des blocages, des blocages conscients ou inconscients. Donc, c'est vrai que ce côté hypnose et coaching, ça m'a bien aidé. Et puis, depuis une dizaine d'années, je me suis passionné pour un nouveau sujet qui, à l'époque, était un peu confidentiel et qui devient maintenant extrêmement à la mode. C'est la longévité, qui s'appelait plutôt anti-aging à l'époque. Et en fait, j'ai découvert... Il y a une dizaine d'années qu'il existait un diplôme de médecine anti-âge. En fait, c'était médecine morphologique et anti-âge. C'était un diplôme qui était plutôt, je dirais, trois quarts plutôt esthétique et un quart plutôt anti-aging. Moi, c'est plus la partie anti-aging qui m'intéressait. Quelques années plus tard, j'ai découvert qu'il y avait un autre D.O.U. qui allait ouvrir, un autre diplôme à Paris 12, ouvert par Claude Dalle, qui malheureusement est décédé. Donc, comme je connaissais Claude Dalle de réputation, je me suis dit, tiens, je vais faire le D.U. Je fais partie de la première promotion du D.U. de Claude Dalle, qui était vraiment orientée anti-aging préventive. Et puis, après, j'ai découvert qu'il y avait un D.U. un peu plus fondamental à Lille, par le professeur Boulanger. donc j'ai passé ce diplôme l'année dernière qui est un diplôme très orienté médecine et biologie du vieillissement. Donc pour avoir des données un peu plus fondamentales, on a même parlé de la drosophile, de divers animaux, etc. Donc voilà, ça m'a permis d'avoir un éventail assez large. Et puis, comme je te disais aussi en off, là je m'intéresse aussi, et là c'est un peu plus pour ma culture personnelle, à l'expertise médico-légale, parce qu'on est dans une des professions où c'est très bien qu'il y ait une judiciarisation de la profession médicale, et donc j'ai voulu aussi. également avoir au moins quelques connaissances du côté juridique. Voilà ce qui m'amène...
- Speaker #0
Je te remercie infiniment, Denis. Alors là, ça me donne la possibilité de faire le tri dans tous tes centres d'intérêt parce que tu vois bien que tu es intéressé et curieux de tellement de choses. Il y a une chose dont tu n'as pas parlé, c'est que tu as quand même une production de livres. L'Hypnose, tu as écrit des livres. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Alors en fait, comment c'est venu ? C'est assez amusant parce que... À l'époque où j'avais une activité en cabinet, comme je l'ai dit, d'hypnose ou autre, il y avait pas mal de personnes qui me disaient, « Tiens, est-ce qu'on ne pourrait pas faire de l'hypnose pour l'arrêt de tabac ? » Alors, j'ai effectivement aidé des personnes par rapport à ça. Et puis, je m'étais rendu compte à l'époque qu'il y avait une grande partie de l'addiction au tabac qui était liée aux dérivés sucrés qui sont dans la cigarette. Alors, je ne vais pas rentrer trop dans les détails, mais je me suis dit, « Tiens, est-ce qu'on ne pourrait pas s'intéresser à l'addiction au sucre ? » C'était... Oya vers 2020, à l'époque, personne ne parlait vraiment de l'addiction au sucre. Il n'y avait pas eu encore Glucose Révolution, ce fameux livre qu'il a mis en avant. Et donc, je m'étais intéressé à l'intérêt de l'hypnose dans l'arrêt du sucre. J'avais fait une conférence en ligne en Suisse qui a été vue par de nombreuses personnes, dont la directrice de la Rousse, qui m'a contacté pour écrire un premier livre. Donc, c'était Zéro Sucre grâce à l'auto-hypnose. Ensuite, elle est partie chez Albin Michel. Avec ma femme, on a co-écrit un livre pendant le Covid sur l'immunité. Je suis resté pas mal dans le milieu de l'hypnose, donc j'ai aussi co-écrit un livre dans l'hypnose dans les situations d'urgence. Et j'ai également été un des auteurs d'un gros livre de protocoles d'hypnose. Donc vraiment, j'ai beaucoup, beaucoup axé une grande partie de ma carrière sur l'hypnose.
- Speaker #0
Alors, aujourd'hui, on ne va pas parler de tous tes centres d'intérêt, ça nous prendrait quelques jours, peut-être quelques mois, peut-être quelques années. Quelques années, encore, d'ici quelques années,
- Speaker #1
j'en aurai des nouveaux des centres d'intérêt.
- Speaker #0
Et tu reviendras avec grand plaisir pour parler de tous les items que tu exploites et que tu explores. Aujourd'hui, j'ai envie qu'on profite de ta présence pour un sujet en particulier. Alors, c'est d'abord la longévité. Et je vais t'expliquer pourquoi moi, la longévité, j'en suis venue à avoir de l'intérêt et de la curiosité là-dedans pour comparer un petit peu comment j'ai cheminé et toi, tu as cheminé. Et l'autre chose, c'est que tu parles et tu as étudié un sujet spécifiquement qui est le stress en rapport avec la longévité.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Alors, tu as parlé de plusieurs concepts. Et j'aimerais qu'on aide nos auditeurs à organiser un petit peu la pensée autour de ça. Il a été question de médecine anti-âge, de médecine de la longévité, de bio-hacking et de médecine préventive. Et avant de te laisser la parole, parce que j'ai besoin...
- Speaker #1
J'ai du mal à m'arrêter.
- Speaker #0
Oh non, je t'en prie, je t'en prie. Mais c'est pour ça, ça me fait plaisir quand même que tu puisses nous expliquer tout ça. J'aimerais simplement dire... Moi, par exemple, de mon expérience, j'en suis arrivée de l'anesthésie à la médecine préventive parce que j'estime qu'on a un métier où tu as pour rôle d'établir les facteurs de risque et l'évaluation du risque du patient pré-péri-opératoire et des fois en post-opératoire. Alors, ce qui se passe, c'est que quand tu as cette vision-là et un métier où on a la chance d'accéder à plusieurs disciplines, tu le diras peut-être mieux que moi, mais on a accès à la cardio, à l'orthopédie, à la viscérale, à toutes les spécialités parce qu'on tourne partout, que ce soit le sujet âgé ou l'enfant, ce qui nous donne une vision un petit peu globale de la médecine et un petit peu holistique et qui fait que notre curiosité, elle est quand même... Elle va dans tous les sens, regarde la mienne et la tienne, n'est-ce pas ? Qui fait qu'au fait, la médecine préventive s'impose à un moment donné. Parce que quand on est confronté, par exemple, au dépistage des cancers, quand on voit les patients, leur parcours par le médecin généraliste, par exemple, quand je prends l'exemple du cancer du côlon, les patients viennent nous voir pour les dépistages, tout ça, Et tu vois leur vécu et leur... historique de santé, tu es d'accord avec moi que des fois, il y a des incohérences qui nous heurtent, dans le sens, par exemple, où tu vois que des gens viennent pour des dépistages de cancer colorectal, alors que personne n'a regardé les maladies métaboliques, alors que le patient fume, alors qu'ils ont des séries de choses qui ne sont pas réglées, et cette incohérence, tu la vis moins bien. avec l'expérience et avec l'âge, et tu commences à t'intéresser à aller plus profondément. On nous demande au fait d'explorer... sur le plan cardiovasculaire, par exemple, les patients avant de les endormir pour des chirurgies, tu ne peux pas ne pas penser à l'état général, même en dehors de la chirurgie. Tu es d'accord avec moi ?
- Speaker #1
Très clairement.
- Speaker #0
Et j'en suis arrivée à la médecine préventive. Est-ce que tu peux m'expliquer, toi, ton cheminement pour la réflexion ?
- Speaker #1
La réflexion, elle a commencé, comme je te disais, d'une manière très pragmatique, il y a plus d'une dizaine d'années. Au début, c'était plutôt parce que... personnel, j'ai eu la quarantaine, je suis passé 40 et je me suis dit, ça serait intéressant d'explorer plus loin. Maintenant, ce que tu dis est tout à fait vrai, c'est-à-dire que en tant qu'anesthésiste et encore plus en tant que réanimateur, mais en tout cas en tant qu'anesthésiste, on a une nécessité de prendre notre patient d'une manière la plus globale possible. Et bien souvent, ça m'est arrivé dernièrement, on envoie un patient chez le cardiologue Et le cardio nous envoie un courrier avec tout un tas de paramètres extrêmement importants et puis parfois une conclusion avec laquelle malheureusement nous ne pouvons rien faire, le patient non plus ne peut rien faire. Par exemple, je suggère la reprise du sport ou une alimentation anti-inflammatoire ou une alimentation type méditerranéenne ou autre. Donc parfois le cardiologue se mouille en mettant ça et c'est super je trouve. Mais en même temps, il ne propose aucune guidance pour le patient. Je trouve très très dommage que justement... On se limite à ce qui est de la pure médecine et qu'on ne va pas également aller traîner un peu sur le côté du lifestyle du patient.
- Speaker #0
C'est-à-dire de la médecine réactive.
- Speaker #1
Oui, on est beaucoup encore dans la médecine réactive et même dans notre médecine préventive. On va penser statine, on va penser aspirine, on va penser metformine, on va penser tout ça. On ne va pas forcément se pencher sur le lifestyle qui est vraiment quelque chose d'essentiel. Tu l'as rappelé, on a affaire à des patients qui ont de plus en plus de maladies chroniques. Et comme tu l'as dit, on a souvent affaire à des patients qui sont... polypathologique, on sait très bien qu'il y a à peu près un Français sur deux de plus de 55 ans, ce qui est énorme, qui a une maladie chronique au moins débutante, hypertension, diabète, cholestérol, surpoids, début d'Alzheimer, Parkinson, Autogramme, un Français sur deux de plus de 55 ans. Donc on sait très bien que dans notre métier, on va être exposé à de plus en plus de personnes qui ont des polypathologies et on va bien évidemment s'inscrire dans cette idée de médecine préventive. Alors nous... on va le voir entre guillemets par le petit bout de la lorgnette, parce qu'on les voit uniquement quand ils doivent se faire opérer, mais c'est vrai que ça pousse la réflexion à se dire, mais est-ce qu'on ne pourrait pas organiser d'une façon X, Y, Z, parce que justement on a ce côté un petit peu transversal, on est certainement à même d'organiser cette médecine préventive, je pense que les anesthésistes, par leur intérêt un peu polyvalent, sont tout à fait au centre de cette médecine préventive, par rapport à la chirurgie bien sûr. Mais voilà, tu le sais bien, quand on a un doute sur le cardio, on va chez le cardio. Quand on a un doute sur le pneu, on va chez le pneu, etc. On a des compétences dans ces disciplines, mais on n'est évidemment pas aussi bon qu'un cardio, qu'un pneu, dans le strict champ de leur art et de leurs compétences.
- Speaker #0
On ne peut pas continuer à attendre que les maladies s'installent et accepter que des patients passent par trois praticiens avec un paquet par jour de tabac sans que personne ne dise qu'il y a un problème. On ne peut pas continuer à faire du dépistage du cancer colorectal avec un patient qui fume un paquet par jour, qu'on n'a pas acquis, et puis surtout qu'on n'a pas accompagné. Parce qu'il ne suffit pas de dire qu'il faut accompagner les gens.
- Speaker #1
Le problème, c'est que le patient, finalement, on le voit trois fois seulement. On le voit en préopératoire, mais on le voit une fois en consultation. On le voit le jour où on l'endort. Et puis éventuellement, après, on le voit une fois en postopératoire. On n'a pas vraiment non plus... de place, en tout cas stricto sensu dans le temps qu'anesthésiste, on n'a pas vraiment de place pour s'intégrer dans cette médecine préventive. Maintenant, c'est vrai que je pense que les patients, ils ont souvent très peur de l'anesthésie. Ils n'ont pas de raison, on le sait comme toi, toi comme moi, que c'est safe l'anesthésie, mais les patients en ont peur et c'est vrai que je pense que si un patient lui dit, attention, pour l'anesthésie, il faut arrêter de fumer, il sera certainement plus enclin d'arrêter de fumer parce qu'il se dit, voilà, pour l'anesthésie, c'est peut-être très important. Donc, on peut avoir une voix qui sera entendue par le patient. Je pense que si un patient lui dit, pour votre opération, il serait peut-être bon de perdre quelques kilos, le patient va peut-être nous écouter, peut-être plus malheureusement d'ailleurs que son médecin traitant. Mais je crois beaucoup à ce rôle de chef d'orchestre qui est souvent joué par le médecin traitant, mais qui malheureusement n'a pas toujours le temps de faire ça. Alors... Est-ce qu'il faut créer encore une catégorie de médecins particuliers, extraits les médecins de prévention ? Je pense que ce n'est pas très utile. Je pense que chaque médecin au sein de sa discipline peut faire de la prévention.
- Speaker #0
Je m'adressais aux médecins préventifs et anti-âge que tu es, parce que tu as maintenant une autre casquette qui est celle d'anesthésiste. C'est-à-dire que maintenant, tu as des consultations d'anesthésie, mais tu as aussi des consultations anti-âge et médecine préventive.
- Speaker #1
Oui, alors concernant tout le côté préventif, je dirais que le rôle, il est relativement un rôle de chef d'orchestre. C'est-à-dire qu'avec cette vision globale, on va envoyer le patient. Déjà, on fait un interrogatoire, tout commence par un interrogatoire. On interroge le patient, on cherche tous les éléments, notamment dans le lifestyle, chose qu'on demande très peu aux patients. On demande très, très peu comment vous bougez, comment vous mangez, comment vous dormez, comment vous gérez votre stress. On en reparlera, mais on parle assez peu de ça avec le patient. Là, c'est vraiment un temps qui est consacré d'abord à... à tous ses problèmes médicaux bien sûr, mais également à tout son mode de vie. Ensuite, on va chercher éventuellement avec des bilans biologiques ou des bilans physiologiques à aller explorer certains paramètres. Si effectivement on trouve des signaux faibles qui nécessiteraient un conscience chez le cardiologue ou autre, on va l'adresser. Et j'aime bien ce côté un peu chef d'orchestre, dans un souci de prévention dans un premier temps, d'optimisation c'est possible et de longévité on l'espère.
- Speaker #0
Alors, Denis, il y a deux livres à venir.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Il y a, tu me corriges si je me trompe, Prenez votre longévité en main.
- Speaker #1
Voilà, tout à fait.
- Speaker #0
Qui va paraître chez Larousse.
- Speaker #1
Prenez votre longévité en main, donc chez Larousse, qui est un livre grand public, mais je pense l'avoir suffisamment détaillé pour que même tous les médecins qui sont intéressés par le sujet puissent avoir des guidelines aussi pour accompagner leurs patients.
- Speaker #0
Tu reviendras.
- Speaker #1
Donc ça, c'est vraiment un livre.
- Speaker #0
Et cette année encore, chez Errol, il y aura le biohacking.
- Speaker #1
Tout à fait. Donc, Biohacking, là, chez Errol, c'est un livre un peu plus corporate, plutôt orienté sur les entrepreneurs, les chefs d'entreprise, les leaders. Donc, on n'est pas trop dans la prévention, on est plus dans l'optimisation pour que les personnes qui sont intéressées par l'entreprenariat, qui sont souvent des gens stressés, qui ne donnent pas le temps à leur santé, puissent avoir quelques guidelines. Éventuellement, ça commence par des questionnaires pour éventuellement dépister un pré-burnout. Et puis pour voir après comment... Les techniques de biohacking peuvent apporter des solutions ou du moins des pistes par rapport au burn-out.
- Speaker #0
C'est un paradigme nouveau, la longévité et la médecine anti-âge et la médecine préventive. On ne va pas le faire aujourd'hui. Maintenant, moi, j'ai envie de profiter de toi, Denis, pour un sujet particulier qui est est-ce que notre style de vie et notre rythme de vie et notre stress va conditionner les personnes âgées que nous serons peut-être demain ? Est-ce que le stress a de l'action sur notre longévité ? Quand je dis longévité, c'est la santé bonne. C'est-à-dire, est-ce qu'on va bien vieillir en bonne santé si on est stressé ? C'est tout un programme.
- Speaker #1
Alors, en fait, de toute façon, on sait très bien en médecine que le stress, et ça, on le connaît depuis longtemps, c'est un facteur de risque de plein de choses. Les maladies cardiovasculaires, ça, on le sait. Les maladies neurodégénératives, ça, on le sait. les maladies digestives, on sait très bien que c'est lié au stress, on parle souvent du deuxième cerveau avec le ventre, etc. Donc oui, le stress de toute façon est un facteur de risque d'un tas de maladies que l'on trouve un peu plus spécifiquement dans le vieillissement. En fait, globalement, fort heureusement, on ne meurt plus trop d'infections, même si le Covid est passé par là, on ne meurt plus trop de guerres, encore que là encore, ça peut nous pendronner, mais on meurt surtout de maladies chroniques. maladies cardiovasculaires, maladies neurodégénératives, maladies métaboliques type diabète et cancers. On meurt essentiellement de ces maladies chroniques. Et on sait très bien que le stress, directement ou indirectement, va avoir un lien avec ces maladies chroniques. Après, ce qui est important aussi, c'est de comprendre que le stress, déjà, on ne peut pas lutter contre. Il est là. Il est là. Pourquoi ? Et ça, j'aime bien l'expliquer, qu'on descend parce que c'est l'évolution naturelle de l'humanité. de personnes qui ont stressé. Et en fait, c'est ce que j'explique en conférence, qu'on a tous des ancêtres Cro-Magnon. On est à 99,9% identiques à nos ancêtres Cro-Magnon. Et finalement, les Cro-Magnon qui ont survécu sont ceux qui ont été assez stressés pour éviter le danger ou bien lutter contre le danger. Quand on est face à un danger, on a deux réactions, la fuite ou la lutte.
- Speaker #0
Le stress leur a sauvé la vie.
- Speaker #1
Le stress leur a sauvé la vie. Donc, le stress, c'est un mécanisme de survie. Et il faut garder ça à l'esprit. L'idée de vivre sans stress, c'est un non-sens. En fait, si on n'a pas de stress, finalement, on n'a même pas de vie. Et je dirais presque, on n'a pas de joie de vivre sans stress.
- Speaker #0
On n'a pas de moteur.
- Speaker #1
On n'a pas de moteur. Je pense que dans la vie, on oscille parfois entre deux rives. On est comme sur une barque. Ce que c'est entre deux rives, c'est la stimulation et l'ennui. En fait, on est toujours un petit peu entre la stimulation et l'ennui. Le stress, c'est une forme de stimulation. Quand tu dois endormir un patient, parfois il y a des patients, c'est des patients entre guillemets très simples. Pour des choses très simples, tu as un niveau de stress assez bas. Alors, évidemment, ça ne veut pas dire qu'on n'y prend pas attention. Bien sûr, on prend attention à tous nos patients, mais on sait très bien qu'on rentre dans une certaine routine et que je ne veux pas dire qu'on s'ennuie, parce que chaque patient est un individu à part entière à prendre en considération. Mais en tout cas, on le fait d'une manière un peu routinière. Et puis, parfois, on va avoir des patients compliqués pour la chirurgie compliquée où il va se passer quelque chose. et on va se sentir un peu stimulé parce que ce stress va nous obliger à aller nous dépasser, à aller chercher des ressources en nous auxquelles on n'aurait pas forcément pensé. Et à partir du moment où on est, tout est une question d'équilibre, à partir du moment où on est à un équilibre entre le stress exigé par les circonstances et nos capacités, à ce moment-là on est dans un bon stress, on est stimulé. Le « mauvais stress » , c'est quand... La demande d'une situation est bien supérieure à nos capacités. Globalement, quand on a trop de capacités et pas assez d'exigences, on s'ennuie. Et quand on a trop de stress et pas assez de capacités, on est dans le pré-burnout ou le burn-out.
- Speaker #0
Alors, on va aller de façon plus précise. Quand on parle du vieillissement, toi, tu as regardé tous les marqueurs et les processus du vieillissement. Est-ce qu'on peut expliquer à nos auditeurs ? quels sont ces processus de vieillissement pour comment ça parle vraiment concrètement à la longévité. Et après, on peut mesurer comment le stress va agir un peu à ce niveau-là. Alors,
- Speaker #1
en fait, globalement, la question était de savoir comment mesurer le vieillissement ou la longévité. Et c'est très compliqué d'avoir ce qu'on appelle une bonne métrologie, donc une bonne mesure du vieillissement. Il y a une étude qui est sortie par Lopez-Otin. qui avait déterminé au début 9 marqueurs du vieillissement, qu'on appelle les 9 hallmarks of aging. Il y a une étude également faite par Lopez-Otta en 2023 qui en a répertorié 3 de plus, donc on arrive à 12 marqueurs du vieillissement. Parmi ces marqueurs de vieillissement, il y en a un qui est peut-être le plus connu parce qu'historiquement, celui qu'on met beaucoup en avant, c'est les télomères. Ce n'est pas un bon marqueur du vieillissement parce qu'on sait très bien que la longueur des télomères, c'est quelque chose qui peut varier. en fonction du moment, en fonction des cellules, je dirais presque en fonction des saisons. Mais en tout cas, il y a une prélobelle de médecine, Elisabeth Bladburn, qui avait travaillé sur ce concept, les stress et les télomères. Donc les télomères, c'est en fait cette partie à l'extrémité de nos chromosomes. C'est comme des espèces de capuchons qui protègent l'extrémité de nos chromosomes. Et manifestement, plus on vit, plus ces télomères se raccourcissent. Bon, c'était des études observationnelles. Ensuite, il y a d'autres études observationnelles qui ont... constater que le stress raccourcissait les télomères. Alors, c'est pour ça qu'on a fait une espèce de parallèle peut-être un peu simpliste en se disant, si le stress raccourcit les télomères, les télomères étant un marqueur du vieillissement, les télomères se raccourcissent avec le stress, donc le stress augmente le vieillissement. C'est un peu rapide, mais après tout, pourquoi pas ? C'est peut-être pas archi-scientifique, mais en tout cas, on va dire que c'est relativement intuitif. De la même façon, il y a certaines études qui ont montré que Merci. La méditation, donc les moyens de lutte contre le stress, permettrait de rallonger les télomères. Alors là encore, on s'est dit, bon, alors donc si la méditation rallonge les télomères, puisque les télomères raccourcissent quand on vieillit, si on rallonge les télomères, ça veut dire qu'on prolonge la vie, donc c'est-à-dire que la méditation va prolonger la vie. Bon, là encore, c'est un raccourci qui est un petit peu simpliste. Maintenant, en soi, ce n'est pas idiot. On sait très bien que la méditation, c'est une bonne arme pour gérer le stress. On sait aussi, comme on l'a dit tout à l'heure, que le stress. est intégré dans de nombreuses maladies chroniques. Donc l'idée que, quelque part, la méditation ou les techniques de lutte contre le stress puissent permettre d'avoir une vie plus longue et meilleure, oui, ça paraît relativement intuitif, même si c'est difficile à prouver.
- Speaker #0
Alors il y a la notion que le stress va modifier un petit peu la structure des gènes.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et puis surtout, il va faire apparaître quelques expressions sur les gènes, et cette notion d'épigénétique est assez importante. Effectivement.
- Speaker #1
Donc ça, c'est intéressant. C'est-à-dire qu'on a tous un ADN. qui vient de nos parents, donc ce qu'on appelle la génétique, et ça, à la rigueur, on est avec, on ne peut a priori pas le changer. Mais la question est de savoir, par rapport à ces gènes, comment on va les exprimer. Il y a la génétique et il y a ce qu'on va appeler l'épigénétique, c'est-à-dire comment les gènes vont être exprimés, et ça, c'est dépendant de notre environnement. Alors, il faut quand même savoir que la longévité, ou le vieillissement, est à 50 à 55% génétique. Donc, ça veut dire qu'on a une prise... La majorité du vieillissement est génétique, mais on a quand même 45 à 50% qui est entre nos mains. C'est-à-dire que par notre mode de vie, par notre comportement, on peut influencer éventuellement les gènes du vieillissement. Alors, on a parlé des télomères, mais dans les Harmony of Aging, il y a d'autres facteurs comme par exemple ce qu'on appelle la méthylation. La méthylation, pour être simple, c'est une petite mutation de certaines parties de certains gènes. Et quand des gènes sont méthylés, ils vont s'exprimer différemment. Et ça, ça augmente éventuellement le vieillissement. Après, il y a d'autres hallmarks of aging, comme par exemple le renouvellement des cellules souches ou le vieillissement des cellules, ce qu'on peut appeler la sénescence. Là encore, il semblerait, d'après certaines études, que le stress puisse avoir un lien dessus. Donc, que le stress augmente le vieillissement, ça paraît assez clair d'après toutes ces études. Ça paraît aussi clair par rapport au fait que le stress est également présent dans les maladies du vieillissement, les maladies chroniques du vieillissement. Après, de dire que la gestion du stress peut ralentir le vieillissement, c'est un raccourci qui, à mon avis, n'est pas dénué de sens, même s'il est un peu, je dirais, intuitif.
- Speaker #0
Si je comprends bien, le vieillissement, c'est un processus biologique qui est programmé même à notre naissance.
- Speaker #1
Oui, on a des gènes du vieillissement. De toute façon, il y a des gènes qui... qui sont des gènes du vieillissement qui s'activent. Je dirais de toute façon, ça dépend de ce qu'on appelle le vieillissement, mais quelque part le vieillissement, il commence dès la première cellule. On est une première cellule et en fait, le vieillissement, c'est quelque part l'évolution peut-être malheureusement naturelle de l'être vivant. Il y a certaines catégories qui ont un vieillissement très ralenti. on parle de certains verts, de certains... petits animaux limite microscopiques qui pourraient avoir une longévité extrêmement augmentée, on parle de certains animaux aussi qui ont la capacité quand on coupe une patte que ça repousse voilà donc il y a des capacités chez certains animaux d'une régénération cellulaire, nous malheureusement chez l'être humain pour l'instant c'est quelque chose dont on n'a pas hérité en tout cas et qu'on n'a pas encore pu réellement déterminer, peut-être qu'un jour on fera de la manipulation génétique pour augmenter notre Donc... durée de vie, mais en tout cas, pour l'instant, on ne sait pas faire.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'au fait, c'est tous ces processus ou les hallmarks of aging, comme tu les appelles, ce sont des processus différents qui interagissent, parce que ce n'est pas chacun...
- Speaker #1
Non, non, ils sont tous liés de toute façon. Enfin, c'est pour ça que quand on s'intéresse uniquement au télomère, finalement, et qu'on ne regarde pas le reste, c'est un petit peu dommage. L'idée, c'est de voir toute une espèce de globalité. Tous ces marqueurs sont relativement liés. Parmi les marqueurs, il y a aussi par exemple le microbiote. Là encore, on sait très bien qu'il y a des liens entre le microbiote et le stress. Donc, toutes ces choses sont un petit peu liées. Donc, c'est toujours important de bien voir l'être humain dans sa globalité. Tu vois, on parle de stress, mais on sent en anesthésie que le stress, c'est quelque chose qu'on voit très souvent. Tous nos patients sont stressés. Mais assez rarement, on leur propose des solutions. On va leur proposer des médicaments, on va proposer quelques grandes lignes, mais on ne va pas aller proposer un changement de mode de vie qui pourrait leur permettre d'avoir justement une efficacité un petit peu sur tous ces...
- Speaker #0
surtout ces marqueurs, on n'a pas forcément beaucoup de moyens de lutter par rapport au vieillissement concernant ces marqueurs. Parmi les moyens, il y a directement ou indirectement le microbiote, et il y a également par exemple l'activité physique. On sait que l'activité physique est extrêmement protectrice au niveau de la longévité.
- Speaker #1
Allez, on va parler déjà de la biologie du stress, c'est-à-dire à quel niveau le stress va agir. Tu parles de l'axe... de la sécrétion du cortisol, c'est un point central, la sécrétion du cortisol. Et j'ai envie de parler de cette inflammation de bas grade qu'on commence à comprendre de mieux en mieux et sur laquelle on peut agir pour ralentir le vieillissement. Donc, si tu peux me corriger, Denis, je comprends qu'il y a des choses sur lesquelles on peut agir au niveau de l'évolution du vieillissement, mais on peut aussi agir sur... tous les phénomènes de réparation que le corps, on peut accentuer au fait la réparation des mécanismes de vieillissement. On peut agir sur ces deux axes.
- Speaker #0
Oui, on peut agir. Tout n'est pas forcément simple. Après, il y a ce qui est microscopique, ce qu'on va voir au niveau de la cellule ou de l'ADN, etc. Et après, ce qui va être macroscopique. Je pense que c'est important d'avoir une vision un petit peu globale. Il ne faut pas être juste rivé sur les hallmarks of aging. Actuellement, on considère que parmi les bons facteurs de longévité, il y a ce qu'on appelle la VO2max, c'est-à-dire la capacité d'utilisation de l'oxygène quand on fait des efforts. Donc ça, c'est un très, très bon marqueur. Et finalement, je pense que c'est peut-être plus intéressant de s'intéresser à sa VO2max que d'aller faire ses hallmarks of aging. Donc, il y a un moment, il faut être à la fois... C'est intéressant d'être microscopique, mais c'est intéressant aussi d'être macroscopique. Mais en tout cas, l'idée, c'est de toujours chercher à avoir des actions où on peut vraiment avoir une capacité de mesure. Et une VO2max, par exemple, ça se mesure. Un dexascan, comme je dis que j'en ai fait un ce matin, ça se mesure. En fait, on est capable de mesurer. Il y a un proverbe qu'on cite souvent et que j'aime bien citer, c'est qu'on ne peut optimiser que ce que l'on peut mesurer. Alors évidemment, on peut faire des prises de sang. « Ok, si on tourne à 1,4 de glycémie, ce n'est pas la même chose que si on tourne à 1,8, ce n'est pas la même chose que si on tourne à 1 de glycémie. » Donc là encore, on a des mesures et les mesures, c'est vraiment important. Et là encore, ce sont des choses qui peuvent rentrer en jeu dans la longévité. Après, le problème quand on parle de longévité, c'est qu'on a plein de prétentions et de dire « Ça, c'est bon pour la longévité, ça, c'est bon pour la longévité, ça, c'est bon pour la longévité. » Mais en même temps, comment on le sait ? On le saura si ce qu'on fait, c'est bon dans la longévité ou dans l'endroit. dans 50 ans. En fait, on fait beaucoup d'études sur la souris, par exemple. Mais une souris en laboratoire, c'est pas la même chose qu'un être humain. On a fait des études, par exemple, chez la souris, au niveau du jeûne. On a voulu les transposer à l'homme. C'est peut-être pas forcément très logique de transposer ce qui est fait à la souris chez l'homme.
- Speaker #1
Au fait, comme j'en étais au niveau du stress, c'est vrai que je n'ai pas pensé à tous les marqueurs de la longévité. Et là, c'était... simplement la relation entre, par exemple, le stress, la sécrétion des catécholamines, le niveau élevé de cortisol, l'inflammation ? Oui, tout à fait.
- Speaker #0
En fait, par rapport à ce que tu dis, effectivement, l'inflammation, ce qu'on appelle l'inflammaging, c'est un des marqueurs du vieillissement. Alors, on sait que l'inflammation, c'est quelque chose de très bien. C'est comme le stress, en fait. Quand c'est aigu, quand c'est là pour nous protéger, l'inflammation, c'est essentiel, c'est ce qui nous protège. Des maladies, le problème, c'est que quand l'inflammation devient chronique, ça peut créer une inflammation systémique, ce qu'on appelle l'inflammation de Pagrade. Ça peut créer aussi des inflammations au niveau articulaire, les arthritis, les polyarthrites, etc. Ça peut être aussi le lit de maladies auto-immunes. Donc oui, effectivement, l'inflammation en excès, quand elle est dérégulée, elle devient négative et elle peut accélérer le vieillissement. Et en plus, elle est liée à certaines maladies du vieillissement. Là, tu parlais de l'inflammation de... de bas grade, est-ce que l'inflammation est liée aux maladies neurodégénératives ? Pourquoi pas ? Parce que finalement, c'est très bien qu'une maladie d'Alzheimer, c'est une réaction inflammatoire avec les plaques d'amylose au niveau du cerveau. Donc, est-ce que c'est lié à de l'inflammation ? C'est un peu difficile d'en être certain. Il y a certaines personnes qui pensent que la maladie d'Alzheimer serait peut-être liée à d'excès de sucre. On parle parfois de diabète de type 3. Alors, est-ce que ça serait via l'inflammation ou autre ? On ne sait pas trop. On parle parfois d'un rôle de le bébé. On parle parfois du zona. Donc, finalement, tout ce qui va... Pour faire arriver une inflammation excessive, on sait très bien que ça c'est mauvais. Quand on voit par rapport au stress, comme tu le disais, d'abord un stress aigu, il va y avoir les catécholamines, adrénaline, noradrénaline, c'est fait pour l'aigu, c'est fait pour fuir ou combattre, et c'est très bien. Après, on ne passe plus dans une phase cortisolique. Le cortisol, c'est très bien, ça permet d'avoir de l'énergie le matin, un pic de cortisol le matin, c'est très bien. Et là encore, en excès, le cortisol va déréguler la glycémie, peut entraîner des problèmes paradoxalement, de l'inflammation. Et cette inflammation, une fois qu'elle est dans le corps, on peut la détecter, on peut la mesurer, mais c'est plus facile d'en avoir une que de s'en débarrasser.
- Speaker #1
Alors, je pensais à quelques applications en rapport avec l'effet du stress et son lien avec quelques maladies dégénératives. Je pense à la maladie d'Alzheimer et je me rappelle que j'avais reçu Véronique Lefebvre, qui est spécialiste de la maladie d'Alzheimer. en parlant un petit peu de son explication et de ces fameuses protéines qui se déposent et qui empêchent le système nerveux de fonctionner et qui sont le lit de la maladie d'Alzheimer. Il y avait un lien étroit entre le stress et la survenue de cette pathologie qui est évidemment mesurée, on va dire, sur le plan anapath. On sait que la définition, on connaît maintenant la définition de la maladie d'Alzheimer qui sent ses dépôts. intracellulaire et en dehors et tout autour du nerf. Et a priori, le stress serait l'un des facteurs premiers qui induisent ce type de protéines.
- Speaker #0
Ce qui est compliqué de savoir, c'est est-ce que le stress a un effet direct et encore on ne saurait même pas comment, ou bien un effet direct, enfin indirect je veux dire, éventuellement via le cortisol qui provoquerait une hyperglycémie. Est-ce que ce ne serait pas l'hyperglycémie ? Donc, ce n'est pas forcément évident. Et là par exemple, Je parle aussi des virus. Là, il y a des études très récentes qui sont sorties sur l'intérêt. Et ça commence à se faire dès 50 ans. Ça commence à être recommandé dès 50 ans aux États-Unis. Pourtant, les Américains ne sont pas très pro-vaccin. Mais à partir de 50 ans, ils sont en train de se demander s'il ne faudrait pas faire vacciner tout le monde contre le varicella zona. D'ailleurs, je vais le faire. J'ai fait mon ordonnance et je vais me vacciner pour le varicella zona.
- Speaker #1
Par rapport à quoi ?
- Speaker #0
Parce que justement, il semblerait que ce soit... facteur de risque de maladie du vieillissement, certainement par une espèce de cascade inflammatoire. C'est comme le Covid.
- Speaker #1
Tu parles de maladies neurodégénératives ? Tu parles d'Alzheimer ? Oui,
- Speaker #0
d'une manière générale, mais même cardiovasculaire. On sait très bien, tu te sers pendant le Covid, les gens n'auraient pas du Covid. Ils mourraient d'une cascade inflammatoire complètement folle qui finalement autodétruisait le corps. Et il semblerait que par rapport à varicelle zona, ce soit un petit peu la même chose que quand on refait un zona passé 50 ans, là encore il y a une espèce de cascade inflammatoire qui peut être défavorable pour toutes les pathologies liées au vieillissement.
- Speaker #1
Est-ce que les effets du stress peuvent être transmissibles d'une génération à une autre ?
- Speaker #0
Alors, il semblerait, et ça c'est des travaux assez intéressants. Un petit peu flippant quand on y réfléchit, mais effectivement, c'est des travaux qui ont été faits chez les descendants des survivants de la Shoah. Il y a eu les mêmes travaux chez les descendants des survivants des camps de la mort au Cambodge, où on a retrouvé des traces épigénétiques qui viendraient des aïeux. Donc, il semblerait qu'il puisse y avoir une transmission. C'est difficile d'expliquer réellement comment et pourquoi, du moins, en tout cas, moi, je n'ai pas l'explication. En tout cas, il semblerait qu'il y ait une transmission. de ces effets du stress aux générations futures. C'est pour ça que quand je te disais initialement qu'on était tous descendants des Cro-Oignons qui avaient le plus stressé, si génération après génération, on se transmet des effets du stress, qu'est-ce que ça va donner dans quelques années ?
- Speaker #1
Alors non, mais moi, ce que je comprends, c'est que le stress qui a aidé à la survie n'est pas forcément un stress qui a laissé des cicatrices. au niveau des... Tout à fait,
- Speaker #0
je parle plus de ce stress finalement auquel on est exposé. En fait, le stress, là encore, le stress de survie, il a concerné les Cro-Magnons, il a certainement concerné les premiers hommes, mais en même temps, je pense que le stress chronique, il a certainement commencé assez tôt dans l'histoire de l'humanité. Finalement, quand les premiers hommes ont commencé à être... sédentaires, ils avaient certainement un stress par rapport aux animaux peut-être qui pouvaient chercher à manger ou à détruire les récoltes. Ils pouvaient certainement avoir un stress par rapport au cycle des saisons, aux famines, etc. Donc, je pense que ce stress un peu chronique, parce que là, on a une époque finalement qui est extrêmement favorisée, mais on dit qu'on est tout le temps stressé. Est-ce que le pauvre laboureur... Sous Louis XIV, il n'était pas un peu stressé aussi.
- Speaker #1
Alors au fait, moi ce que j'entends dans ce que tu dis Denis, c'est que la limite entre le stress qui est bon et le stress qui commence à avoir des effets délétères biologiquement inscrits. la limite n'est pas claire. On ne sait pas comment la mesurer.
- Speaker #0
C'est très difficile en fait, parce que moi j'aime bien utiliser cette phrase de Paracel, c'est la dose qui fait le poison, c'est vrai pour tout. Un peu de stress, bon voilà, c'est super, trop de stress, ça ne va pas. Tout ça, c'est des choses extrêmement individuelles. Moi, je reviens toujours sur quelque chose qui m'avait beaucoup marqué quand j'étais jeune, étudiant, en deuxième année, j'avais discuté avec un psychiatre et je lui avais dit, mais en fait, on est tous un peu zinzans, on devrait tous voir un psychiatre. Il m'a répondu cette phrase que je n'ai jamais oubliée, qui je pense est d'une des plus grandes sagesses que j'ai pu avoir, c'est la différence entre le normal et le pathologique, c'est la souffrance. Et je pense qu'il n'y a pas beaucoup de phrases aussi sages que celle-ci. La différence entre le normal et le pathologique, c'est la souffrance. Je pense que quand on a un stress et qu'on le vit bien, c'est OK. Et à partir du moment où on se dit, là ça ne va plus, je me sens dépassé par les événements, là on est dans la souffrance. Et ça c'est... très différents en fonction des personnes. Il y a une anecdote que racontait un de mes profs d'hypnose. C'est voilà, dans une classe, il y a un enfant, tout le monde le déteste parce qu'il fait toujours le bazar et tout le monde le déteste. Et en fait, la maîtresse dit aux enfants mais vous savez, c'est pas de sa faute, il y a de la violence dans sa famille. et donc comme il ne connait que la violence, il est violent avec vous, il ne faut pas lui en vouloir. Et puis dans un autre classe, il y a un enfant aussi que tout le monde déteste et en fait tout le monde le déteste parce qu'il est trop parfait en fait et la maîtresse lui dit qu'il ne faut pas lui en vouloir, c'est parce que dans sa famille il y a beaucoup de violence et donc par réaction il fait en sorte d'être le plus sage et gentil possible. Donc comme quoi un même vécu peut donner des effets complètement différents. Donc, c'est très difficile, c'est très personnel de se dire est-ce que là, je suis dans un stress qui me stimule, est-ce que je suis dans un stress qui peut me détruire ? Il y a des personnes qui, parce que les circonstances sont très dures, se laissent aller et deviennent totalement déprimées ou autres. Et puis, il y en a d'autres qui vont se transcender. Et c'est très difficile de savoir les circonstances. Alors, là, je vais rentrer dans les considérations qui ne sont plus tellement médicales. Mais je pense que, par exemple, avant ce qui s'est passé avec l'Allemagne nazie qui a attaqué la France, etc., je pense qu'il y a eu différentes catégories face à la guerre. Il y a des gens qui ont été dans l'expectative, spectateurs. Il y en a d'autres qui ont été résistants. Il y en a d'autres qui ont été collabos. Et je pense que personne à l'avance n'aurait pu se dire « j'aurais été spectateur, j'aurais été résistant, j'aurais été collabo » . et je pense que c'est la même chose. Tant qu'on n'est pas face vraiment... un stress, c'est très difficile de savoir comment on va réagir, si on va être stimulé, porté, ou bien si on va se laisser abattre par le stress. C'est très, très personnel.
- Speaker #1
Alors, je reviens au niveau biologique. Je suis désolée.
- Speaker #0
C'est vrai que je digresse.
- Speaker #1
Non, parce que c'est super intéressant qu'on parle après de la prise en charge globale et de ce qu'on en fait, parce qu'à la base, c'est quand même un sentiment, le stress. mais j'ai l'impression que quand il s'agit de l'effet au niveau du vieillissement, on est en dehors des sensations physiques. C'est-à-dire que là, pour moi, à quel moment je sais que mon stress va agir au niveau, et va avoir un effet génétique sur mon microbiote, sur mes cellules souches, sur mon inflammation de bagrade ?
- Speaker #0
De toute façon, moi, je garde cette vision macro. Et je me dis, ou alors on va chercher à faire des études microscopiques et aller mesurer tes télomères, mesurer ton taux de méthylation. Mais maintenant, il y a tellement de facteurs qui vont agir là-dessus. Comment tu peux dire que c'est le stress qui va provoquer telle ou telle chose ? Ce n'est pas possible. C'est-à-dire que si, mettons, tu n'as, entre guillemets, pas de stress qui n'existe pas, mais que tu vas tous les jours manger chez McDo, tu auras des effets onigieux. Donc, on ne peut pas isoler. Parce que c'est toujours la même chose. dans les études. dans l'étude scientifique, on ne peut regarder qu'un seul facteur. Donc, il faudrait prendre une population qui mange strictement la même chose, qui a le même mode de vie et mesurer ses effets sur le stress. Donc, c'est pour ça que moi, j'ai une vision personnelle qui est un peu plus macro. J'ai tendance à penser, mais là encore, ce n'est pas scientifique, c'est un peu instinctif, que si je suis dans une idée que le stress, je le gère, j'ai l'idée de me dire que c'est plutôt protecteur au niveau de mes cellules, mais, Je n'ai aucune preuve scientifique. C'est très compliqué, en fait. C'est toujours la même chose, tu sais, comme on dit en médecine, toutes choses égales par ailleurs. C'est difficile d'isoler un seul... Tu sais bien, quand il y a des études scientifiques, c'est difficile d'avoir ce qu'on appelle des populations homogènes. Donc, il faut...
- Speaker #1
Par contre, ce qu'on peut mesurer, c'est l'effet bénéfique de certaines choses, certaines actions qu'on peut entreprendre. qui vont avoir un effet bénéfique sur certains éléments,
- Speaker #0
sur certains marqueurs du vieillissement. Là encore, il y a un mode de vie, on sait très bien que le mode de vie a un effet au niveau du vieillissement. Mais là encore, c'est très facile d'isoler le facteur stress, parce que globalement, une bonne hygiène de vie, ça passe par la gestion du stress au câble, ça passe par une bonne alimentation, une activité physique et un sommeil de qualité. Globalement, c'est ce qu'on dit. Donc, à partir du moment où on a ces quatre piliers, c'est la base de la base. Ce n'est pas de la médecine, ce n'est pas du biohacking, c'est de l'hygiène de vie standard. Le truc, c'est que si on dort mal, on va avoir du stress. Si on a trop de stress, on va mal dormir. Et puis, si on a du stress, on va manger n'importe quoi. Et puis, si on mange n'importe quoi, on risque d'avoir du stress. Et si on n'a pas d'activité physique, on va avoir du stress. Et puis, si on ne mange pas bien, on ne sera pas motivé pour faire de l'activité physique. Et si on n'a pas d'activité physique, Merci. On ne va pas bien dormir. C'est toujours la même chose.
- Speaker #1
J'ai bien entendu.
- Speaker #0
Tout est complètement lié en fait.
- Speaker #1
C'est complètement lié. Maintenant, dans un but de pédagogie et d'explication pour nos auditeurs, parce que c'est souvent, on est un peu perdu dans tous les messages qui concernent l'alimentation, l'activité physique et tout ce qu'il faut faire pour avoir une hygiène de vie correcte. On peut se perdre dans toutes les indications qu'il y a à faire. Je voulais simplement qu'on parle de ce paramètre-là qui est notre stress de vie quotidienne sur ce qui peut être amélioré simplement à ce niveau-là et en voir l'intérêt. Parce que je pense que de temps en temps, il faut prendre axe par axe pour essayer de l'extraire du reste et voir si on peut améliorer une partie. On ne peut pas être parfait. Mais la compréhension, j'estime qu'elle aide à mettre en place des petits changements qui peuvent être intéressants. Et dans ton explication du stress, parce que j'ai aussi assisté à ta conférence au congrès Hyper Santé, c'est là où ton sujet m'interpellait, c'est qu'au fait tu expliques qu'on peut agir sur ces mécanismes d'adaptation du corps. qui permettent la régénération de notre corps, et par un concept qui est nouveau, qui est le concept de l'hormèse.
- Speaker #0
L'hormèse, tout à fait. Donc l'hormèse, l'idée, là encore ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire c'est la dose qui fait le poison. Donc il y a cette fameuse histoire de Mithridate, Mithridate qui était ce roi qui avait tellement peur de se faire empoisonner qu'il prenait tous les jours des petites doses de poison pour habituer son corps à résister au poison. C'est pour ça que maintenant on parle parfois de mithridatisation. et ce concept finalement de s'apporter une petite dose de poison, une petite dose de stress pour rendre le corps plus fort, plus résilient, plus ce que j'appelais antifragile, effectivement c'est un concept qui émerge. L'idée c'est d'apporter au corps un certain inconfort auquel il n'est pas habitué. Ça peut être l'exposition au froid à travers des bains glacés ou au moins des douches froides, ça peut être l'exposition Ausha travers le sauna, ça peut être de faire du sport en altitude. Tout ce qui va conduire le corps à être dans un espèce d'inconfort va l'obliger à résister. Le corps humain est extraordinairement résilient. Quand on dit qu'il faut manger tant de grammes de protéines, de lipides, de glucides, on voit ça à travers notre vision d'occidental. En Afrique, ils ne mangent pas du tout avec les mêmes proportions. Les Inuits ne mangent pas du tout avec les mêmes proportions. Ils vivent ! Quand on dit qu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour, est-ce que les Inuits mangent 5 fruits et légumes par jour ? Non, jamais. Donc, tout ça, c'est des choses un peu simplistes. Et l'être humain est merveilleusement résilient. Et c'est pour ça que quand on pousse l'être humain dans des conditions qui ne sont pas les siennes, on se rend compte qu'il finit par s'habituer. D'ailleurs, ça s'est vu aussi, on parlait des Cro-Magnons, mais ça s'est vu dans l'histoire de l'humanité. L'être humain, il s'est habitué. Finalement, a priori, on vient... tous d'une même peuplade d'Afrique, si j'ai bien compris ce qu'on nous enseigne dans l'histoire de l'humanité. Ensuite, cette peuplade d'Afrique, elle est allée un peu partout et on se retrouve avec des êtres humains qui sont très différents, dans des milieux très différents et qui ont réussi à survivre. Et là encore, ceux qui n'ont pas réussi à survivre, ils sont morts. C'est la sélection naturelle. Et donc, on se rend compte que finalement, l'évolution s'est aussi faite parce que l'être humain a été exposé à des conditions qui n'étaient pas celles initiales. Alors déjà, ça nous marque nous. mais ça marque après de génération en génération et ça transforme l'humanité. Alors, sans aller jusqu'à aller aussi loin, le fait de s'exposer soi-même à des petits stress, on sait très bien que ça nous rend quelque part plus fort. Alors, je ne dis pas qu'on va tous aller faire du parachutisme. Personnellement, je crois que je serais incapable de faire du parachutisme. Mais en tout cas, le fait de s'exposer progressivement à un stress, oui, ça permet d'aller un petit peu plus loin et de se sentir un peu plus fort. C'est vrai que si on n'a pas peur de plonger, on va commencer à plonger peut-être de 20 cm, puis de 25, de 30 et puis peut-être progressivement on va augmenter parce que justement on va se mettre dans un inconfort et qu'à chaque fois, c'est un confort de stress qui est là pour nous protéger, pour protéger notre vie. Le stress à la base c'est un mécanisme de protection de la vie. Pourquoi on sent du stress quand on veut par exemple sauter d'un plongeoir ? C'est parce que quelque part en nous il y a quelque chose qui dit tu peux mourir. À partir du moment où on a sauté et qu'on se rend compte qu'on n'est pas mort,
- Speaker #1
on se dit ça va j'ai survécu je suis allé au delà de mon stress et donc quelque part physiquement ou psychologiquement on va se sentir plus fort pour ce principe de l'hormèse par exemple si on prend l'activité physique je comprends qu'il faut se stimuler par exemple quand on arrive à 50 ans c'est des choses qui arrivent tu n'y es pas encore toi je te remercie t'es très gentil c'est fait et donc au fait la courbe de vieillissement étant là on a moins de muscles, on a moins de densité osseuse, on a moins de VO2 max. Je comprends que sur le principe de l'hormèse, si je veux rendre cette courbe qui régresse plutôt plus lente, je vais faire en sorte de stimuler ma VO2 max, faire en sorte de stimuler mes muscles en travaillant contre de la résistance. donc on peut faire autrement que de rester passif face à ce vieillissement.
- Speaker #0
Heureusement.
- Speaker #1
Et il faut stimuler, c'est-à-dire que les petites lésions musculaires vont créer du muscle. Par exemple, j'entends que l'apnée va créer de nouveaux vaisseaux.
- Speaker #0
De toute façon, le corps est obligé de s'adapter. Tu le sais bien, quand on fait du sport en altitude, il y a pas mal de cyclistes qui le font. ils augmentent leur taux d'hémoglobine parce que justement il y a moins d'oxygène et il faut faire avec. Même ceux qui vont escalader l'Everest, ils ne font pas du jour au lendemain, je vais en haut de l'Everest, sinon ils meurent. Ils le font progressivement pour habituer leur corps. Donc l'idée c'est d'habituer son corps progressivement, dans le respect bien évidemment de son individualité, de sa dignité. Mais en tout cas l'idée c'est de se forcer à aller un petit peu au-delà de ce qui serait notre confort. C'est pour ça que j'insiste beaucoup sur un point, c'est que globalement, dans un monde idéal, je dirais l'entraînement, c'est un tiers de musculation, enfin je suis caricature, mais un tiers de musculation, un tiers de cardio et un tiers de mobilité type yoga ou autre.
- Speaker #1
Pour les articulations, la souplesse. Voilà,
- Speaker #0
d'une manière globale. Quand je dis un tiers, un tiers, ce n'est pas non plus pour être dogmatique. Mais en tout cas, je pense que ce qui est important, c'est aussi d'aller, et je le dis aussi pour moi, vers ce qui ne serait pas notre tendance naturelle. Moi, je suis un homme, j'aime bien la musculation. Aller faire de la muscu, j'aime bien. Cardio, je n'aime pas trop. Assouplissement, je déteste. Bon, il n'y a pas besoin d'être sincère pour se dire qu'à pourrir, il faudrait que je fasse plus d'assouplissement et plus de cardio. Je pense que des femmes qui sont beaucoup dans la souplesse, les mouvements, le grand écart ou que sais-je, peut-être ont une idée un petit peu négative de la musculation, alors que justement, c'est ce qu'elles devraient faire. C'est assez intéressant parce que tu vois, dans la salle de sport où je suis, c'est assez marrant parce que sur les machines où il faut pousser du lourd, je vais caricaturer, mais tu as beaucoup d'hommes. Sur les machines de cardio, pas mal de femmes et les personnes âgées, elles vont sur les machines où ce n'est pas trop dur, elles ne mettent pas trop de poids. Alors que justement, c'est des personnes qui auraient tout intérêt à, non pas aller chercher des performances incroyables, mais qui auraient tout intérêt à aller chercher à faire. peut-être un petit peu plus. Moi, parfois, je vois des personnes âgées qui font des mouvements en mettant tellement peu de poids que je n'ai pas l'impression qu'elles... Au moins, elles bougent leurs muscles, c'est vraiment bien. Mais je n'ai pas l'impression que... elle cherche à se mettre ne serait-ce que très très légèrement en difficulté pour justement aller chercher à améliorer un peu leur capacité en fait il faut trop le temps être dans des sensations de résistance c'est pas la peine non plus de se cramer ou de s'abîmer la santé mais en tout cas il faut se dépasser il y a un sujet qui est débattu en musculation je rentre pas dans ce sujet parce que je suis absolument pas spécialiste de la question c'est de savoir s'il faut s'entraîner à ce qu'on appelle à l'échec est-ce qu'il faut que j'aille pousser jusqu'à ce qu'à un moment le muscle il peut plus il ne peut plus aller au-delà. Moi, j'aime bien ça. Moi, j'aime bien, j'ai un petit plaisir d'aller à l'échec parce qu'au moins, j'ai l'impression, mais ça, c'est très personnel, que je suis allé jusqu'au bout de ce que je pouvais faire.
- Speaker #1
Ça peut démotiver. Véronique Bia, qui est la spécialiste de la VO2max, elle disait qu'elle n'était pas très pour cette politique d'aller à l'échec. Parce que ça peut démotiver beaucoup.
- Speaker #0
Complètement. Mais je te dis, moi, ça... Ça m'amuse un peu, quelque part. Oui, après, c'est selon les personnalités. Il faut que ce soit un peu fun, mais moi, j'aime bien avoir l'impression, c'est peut-être bête, parce que peut-être que finalement, ce n'est pas bon pour mes articulations à long terme, mais j'ai un peu l'impression, quand je suis allé jusqu'à l'échec, je suis allé au max, il y a un côté un peu satisfaisant.
- Speaker #1
Il y a cette notion de se dépasser de tout. de toute façon, et de ne pas rester sur le confort régulier et pétitif. Il faut que le corps puisse affronter des situations diverses et des contraintes diverses pour qu'il crée des processus de réadaptation.
- Speaker #0
Mais en même temps, je suis un peu feignant. Je te dis que j'ai le plaisir de faire de la musculation et d'aller parfois jusqu'à l'échec parce que ça me fait plaisir et ça fait plaisir à mon égo. Mais je sais très bien que si je voulais vraiment me mettre dans une situation d'inconfort, Il faudrait que tu fasses du stretching. J'ai horreur de ça. Mais je sais que c'est... J'avais commencé le yoga, puis je n'ai pas été très...
- Speaker #1
Je connais le même problème. Je me mets au gainage alors que je déteste ça, mais je m'oblige.
- Speaker #0
C'est-à-dire que, voilà, toi, à ton âge, la logique, il faudrait que tu fasses de la musculation. Moi, à mon âge, la logique, il faudrait que je fasse des assouplissements parce qu'on sait très bien que les articulations, elles ont tendance aussi à se réduire.
- Speaker #1
Oui. Alors, l'exercice physique, c'est passionnant. Franchement, il y a... On peut en parler des heures de l'exercice physique, mais on va continuer sur le stress. Il y a quelque chose qui me tient vraiment à cœur, c'est la pensée positive, les projets. Et ça, au fait, je m'en suis rendu compte en lisant deux, trois trucs sur les zones bleues. Il y a quelque chose qui ressort, c'est que c'est des personnes âgées qui sont complètement intégrées, qui sont dans leur vie et dans... leur vie de tous les jours complètement impliquée encore, qui ont des activités, certaines en la foi, on peut le dire. Alors, ça peut être une religion, mais ça peut être juste la foi dans l'avenir et de faire partie d'un projet de société. Et les liens sociaux représentent quelque chose d'extrêmement impactant au niveau de la longévité et de bien vieillir.
- Speaker #0
Oui, alors là, je te rejoins complètement. Alors bon, les zones bleues, C'est un peu caricatural. Le concept de zone bleue, c'est un concept un peu commercial. C'est scientifiquement pas forcément très juste, mais en même temps, c'est sympa parce que ça a permis de faire connaître cette idée de se dire que notre mode de vie peut influencer sur notre longévité. Je parle aussi des zones bleues en sachant à quel point c'est critiquable, mais ça permet de parler à des choses que les gens connaissent. à connaître. Donc, pour te rejoindre, effectivement, ces fameuses zones bleues, qui seraient ces zones où on vieillit moins vite ou qu'on vieillit mieux, ont des facteurs communs, un meilleur sommeil, une meilleure hygiène de vie, tout ça, c'est ok. Mais, effectivement, comme tu l'as mis en avant, et ça, je trouve que c'est un facteur dont on ne parle pas assez, le côté mental, c'est pour ça que je me suis intéressé aussi, je t'ai dit, au coaching et à l'hypnose, mais en tout cas, le côté positif, ça a été montré notamment par une très belle sur des nonnes. La non-studie qui a montré que l'optimisme était bon au niveau de la longévité et que le fait d'avoir une vision positive de la vie, ça permettait de vivre plus longtemps. Le fait de vivre en communauté aussi. La foi, ce que tu disais, ce n'est pas encore très étudié. j'ai plus son nom en tête, il y a un professeur de psychiatrie aux Etats-Unis qui travaille vraiment sur longévité et foi, et c'est vraiment intéressant il y a un auteur aussi j'ai le bouquin, je n'ai pas encore eu le temps de le lire qui s'appelle Ram Dass, qui a plutôt été influencé par tout ce qui est l'orientalisme et qui parle de l'aspect de la foi de la spiritualité dans la longévité je pense que c'est très important parce que tu vois il y a des études qui ont été faites sur la jeune génération, la Gen Z et il semblerait que Merci. Il y en a un pourcentage, je ne sais même plus combien, peut-être même à 40%, je ne sais plus, mais qui ont l'idée de ne pas mourir, qui sont un peu dans un délire transhumaniste. Bon, c'est OK de vouloir vivre longtemps, mais en même temps, quel est le projet ? Si on se dit, je vais vivre jusqu'à 200 ans, oui, mais pour faire quoi ? On dit, je vais travailler, je vais prendre ma retraite à 60 ans, je vais vivre jusqu'à 150 ans. Oui, mais donc, c'est-à-dire, pendant 90 ans, tu vas occuper comment ton temps ? « Ah ouais, mais je vais faire des voyages, etc. » « Ouais, mais est-ce que tu as de la thune ? » « Ben ouais, mais pour l'instant, les seuls qui veulent vraiment vivre très longtemps, c'est des millionnaires, c'est un peu des Elon Musk, c'est toutes ces personnes-là. » Alors évidemment, je veux dire, quand tu es milliardaire comme Elon Musk, l'idée de prêter des milliards jusqu'à 150 ans, ok, je peux comprendre, mais pour le commun des mortels, si on n'a pas une quête de vie, si on n'a pas un sens donné, un sens profond à tout ça, Je dirais, mais... quel est le but ? Tu as des enfants, moi j'en ai aussi. Je pense que j'en discute souvent avec des gens qui ont des enfants. Moi, je pense que quand on a des enfants, on a, je dirais, presque une seule règle qui est importante. C'est mourir avant eux. Je pense que personne n'a envie de survivre à ses enfants. Si c'est vivre jusqu'à 150 ans, mais voir tous ses enfants partir avant soi, moi, je pense que c'est une immense tragédie. Et le but n'est pas d'aller vivre jusqu'à des moments incroyables. L'important, c'est... de nourrir un peu sa vie chaque jour. Ça sert à quoi de se dire, je vais vivre jusqu'à 150 ans sans avoir finalement des satisfactions au quotidien ? Et je pense que de plus en plus, les personnes qui s'intéressent à la longévité s'intéressent aussi à ces choses un peu simples. Et on prend souvent le cas de Jeanne Calment. Jeanne Calment, elle n'a jamais fait sa déovo de max. Jeanne Calment n'a jamais pris un complément alimentaire. Jeanne Calment, elle a fumé et elle a cloppé. Elle n'a pas cloppé jusqu'à la fin de ses jours, mais elle a, je pense, bu un peu d'alcool jusqu'à la fin de ses jours et elle a vécu jusqu'à plus de 120 ans. Malheureusement, sa fille est morte avant elle. Mais en tout cas, voilà, la longévité, si c'est pour être comme Jeanne Calment et vivre 20 ans dans un Ehpad, est-ce que c'est ça que l'on recherche ? Moi, je pense que l'important, ce n'est pas l'âge à quel on va mourir, c'est de vivre pleinement jusqu'au moment où on meurt. Moi, à la rigueur, voilà, j'ai 53 ans. Si je dois m'arrêter entre 80 et 90 ans, comme c'est le cas de la plupart des hommes de ma famille. Et puis, voilà, hop, plus de sang, plus d'image, infarctus massif pendant que tu es en train de faire ton jardinage. Mais quelle belle mort et quelle belle vie.
- Speaker #1
Exactement, mais c'est surtout de l'avoir partagé avant et de l'avoir rempli de beaux projets, de belles perspectives.
- Speaker #0
C'est pour ça que je dis, quel est le projet ? C'est-à-dire que c'est bien beau de vivre longtemps, mais quel est le projet ? Et c'est pour ça que quand on parle dans des cercles de longévité, j'aime bien parfois parler avec des gens qui ne sont pas du tout en milieu de la santé comme moi, mais j'ai eu l'occasion de parler à des gens qui étaient dans les investissements économiques. Faire de la longévité et ne pas penser aux investissements économiques, c'est un non-sens. Parce que si c'est pour eux jusqu'à, je ne sais pas, 100 ans, mettre au... vivre d'aide sociale, ça n'a aucun intérêt.
- Speaker #1
Magnifique, Denis. passionnant, comme je l'imaginais. Voilà, on pourrait rester encore déjà. Oui,
- Speaker #0
tu veux chialer un peu dans tous les sens, mais... Non,
- Speaker #1
mais c'est pas très grave. Écoute, voilà, on a... Moi, j'ai beaucoup profité, j'espère que mes auditeurs aussi.
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Voilà, j'ai envie, j'ai à cœur d'accompagner ce changement, ce changement de paradigme qu'est la médecine préventive. Et pour ça, je pense que c'est aussi notre rôle de parler de tous les axes de cette médecine préventive. La médecine de la longévité, la médecine anti-âge n'est pas juste le caprice de quelques personnes privilégiées, surtout pas. Au fait, l'intérêt est un intérêt personnel et social et c'est dans ce sens-là que j'ai envie que ce soit un peu plus clair et de participer à cette clarté.
- Speaker #0
Oui, puis comme tu le disais, en tant qu'anesthésiste, on est vraiment au cœur de ça, même si on agit d'une manière très ponctuelle dans la vie d'un patient. et bien si ce petit moment ponctuel a pas de sens apporte vraiment un mieux-être au patient ? une idée, une stimulation, peut-être par la peur, je ne dis pas que la peur est la meilleure stimulation, mais en tout cas, elle fonctionne, tant mieux, si finalement un patient va arrêter de fumer parce qu'il va avoir une opération et qu'on lui a expliqué que c'était important, tant mieux. Il y avait un gars en hypnose que je trouvais vraiment très intéressant, que j'avais suivi, un enseignant en hypnose électionnelle anglais, qui disait que quand il recevait un client, pour lui, ce n'était pas l'heure qui passait avec le client qui était importante, c'était de se dire, moi, ce que j'ai à cœur, c'est que l'heure que je... je passe avec cette personne, puisse faire en sorte qu'au terme de sa vie, il puisse se dire j'ai eu une belle vie. Et je pense que c'est aussi notre rôle en tant que médecin et en tant qu'anesthésiste.
- Speaker #1
C'est ce qu'on souhaite et ce qu'on s'applique à faire au quotidien. Merci infiniment Denis et Coéster.
- Speaker #0
A la prochaine.
- Speaker #1
Mes chers amis, j'espère que le principe de l'hormèse ou ce qui ne tue pas rend plus fort vous a intéressé. Je vous attends sur Instagram pour prolonger la réflexion et l'échange à ce sujet. Likez, abonnez-vous, partagez. A très vite !