- Speaker #0
Émilie a donné naissance à deux reprises, deux expériences complètement différentes. Pendant son premier accouchement, qui a été très médicalisé, elle s'est sentie dépossédée de son pouvoir. Aujourd'hui, elle nous raconte la naissance de son deuxième bébé, un enfantement puissant pendant lequel elle a été totalement souveraine. Bienvenue dans le podcast de Annie Bérère. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici. Tadou Laostéo, Annie Perère. Coucou Émilie.
- Speaker #1
Allô ?
- Speaker #0
Je me sens un peu privilégiée parce que tu vas venir nous raconter ton histoire avec toutes les émotions qui se sont bousculées à travers ces deux expériences-là vraiment différentes.
- Speaker #1
Effectivement, oui.
- Speaker #0
Tu as donné naissance à deux reprises.
- Speaker #1
À deux reprises, oui. Mon garçon Nolan, en 2021. et Olivia en avril cette année.
- Speaker #0
Oui, et d'ailleurs, Olivia est ici, alors elle va participer, elle aussi, au podcast. Vous allez l'entendre, elle va mettre sa petite touche de temps à autre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On va commencer par la première expérience. Ça a été une expérience qui a été difficile pour toi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aurais envie de nous raconter en termes de comment tu t'es sentie à travers ce vécu-là que tu as rencontré pour la naissance de ton fils ?
- Speaker #1
Quand je suis tombée enceinte, c'était la pandémie. On était vraiment dans des bulles. Puis à la base, j'aurais beaucoup aimé avoir un accouchement physiologique. On s'enlignait pour ça, en fait. De façon un peu... Comment je pourrais dire ça ? Naïve ? Oui, ça c'est bon naïf. J'avais plus comme coquille, ça va être correct, on va être capable de le faire. Les femmes font ça depuis toujours. Sans trop se préparer, on a fait des cours de préparation à la naissance. C'est notre première naissance. Je pense qu'on ne comprend pas à quel point, à l'hôpital, un coup qu'on est dedans, c'est une game qui est différente. Puis c'est ça, ça a été un accouchement qui a été long. Est-ce qu'on a quand même tenu un petit peu notre bout pendant une bonne période de temps ? Ou est-ce qu'on voulait essayer de faire avancer le travail le plus naturellement possible ? Mais à un moment donné, c'est ça. La fatigue a cumulé, c'était long. Puis, tu me demandais comment je me suis sentie. Bon, je me suis sentie, à mon arrivée à l'hôpital en fait, qu'on ne me faisait pas confiance. Qu'on ne croyait pas en ma capacité. d'accoucher de façon physiologique. Fait que je pense que déjà, même si on essaie de pas se laisser influencer, ça l'impacte. Puis bon, à chaque fois que une nouvelle infirmière ou un nouveau médecin rentrait dans ma chambre puis allait proposer quelque chose, moi, j'avais voulu mon plan de naissance. Puis c'est comme, ah ben non, tu sais. Donc, quand je l'expliquais, c'était, ah ben, toi, c'est ta première grossesse, c'est ton premier accouchement. Il y avait toujours un peu un sous-entendu que, tu sais,
- Speaker #0
Tu ne savais pas de quoi tu parlais.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. Mais il y avait une médecin qui a comme un petit peu, au début, elle était un peu réticente, mais après, elle a comme embarqué un peu avec nous. Mais il y a eu un changement de chiffre. Puis là, la médecin qui est arrivée, je pense qu'elle était un peu plus, elle s'est un peu plus imposée. C'est comme ça que je dirais ça. Puis là, il n'y avait comme plus vraiment de choix. Puis je pense que c'est là, en fait, après avoir fait le cheminement, puis le travail, puis tout ça. Ce ne sont pas les interventions en tant que telles qui sont graves, mais c'est comme moi, je me suis sentie envahie, je me suis sentie que je n'ai pas eu le contrôle sur les décisions. Ça a beaucoup impacté le après, en fait. Après l'accouchement, moi, je suis sortie de là. C'est comme un champ de bataille. J'étais allée à la guerre, j'avais perdu, en fait. La douleur physique, on l'oublie rapidement, je pense que toutes les femmes sont capables de dire ça, mais le psychologique du après, en fait j'avais l'impression que, vu que je m'étais un peu faite accoucher, que les décisions avaient été prises pour moi, que là, j'avais perdu un peu mon pouvoir, puis... Je me disais, je ne sais pas comment être une maman. Dans le fond, je n'ai pas pris déjà les bonnes décisions pour mon garçon. Parce qu'il y a eu des interventions, non seulement sur moi, mais aussi beaucoup sur mon garçon. Moi, on dirait que l'accouchement, c'était une partie qui était importante. Puis là, on dirait qu'être maman, c'est sûr, on le sait, ça s'apprend. L'accouchement, ce n'est qu'une partie de l'histoire. Mais pour moi, je l'avais déjà, j'avais échoué cette partie-là.
- Speaker #0
Est-ce que donc tu t'es sentie probablement impuissante pendant l'expérience ? Quelles sont les émotions qui ont pris de la place ?
- Speaker #1
Oui, oui, impuissante, perte de contrôle, un peu dissociée même. À un moment donné, c'était tellement... Il se passait tellement de choses, c'était tellement plus en mon pouvoir que, on dirait que je me suis vraiment dissociée. Puis cette dissociation-là est restée après aussi. Les premiers mois sont flous. C'est à un moment donné que, tu sais, je survivais, je j'attends. je m'assurais que mon garçon était en vie, mais je ne en profitais pas. Ça a amené aussi d'autres problèmes avec l'allaitement. C'était comme un échec après un autre échec après un autre échec. Je me disais que l'attachement allait être brisé. Je n'étais pas là au début. J'étudiais en psychologie. Moi, j'analysais beaucoup. Autant dans ma quête de comprendre, il a aussi fallu que j'accepte et que je laisse des choses aller. Puis c'est Nathalie qui me dit, puis ça, ça reste avec moi, c'est que ce soit la naissance à 5 ans, à 7 ans, à 10 ans, t'es une maman, tu sais, on va pas dire tu vas fucker ton enfant, mais tu vas faire des erreurs, puis ça va les marquer. Fait que tu sais... c'est comme ça, c'est correct. C'est après peut-être, je te dirais, un deux mois, trois mois, où est-ce que là, j'ai vu mon garçon puis là, j'ai fait, hé, tu sais, allô, c'est toi, t'es là, tu sais, on dirait que je le voyais pour la première fois. C'était quelque chose. Et là,
- Speaker #0
est-ce qu'il y a quelque part dans ta tête où tu t'es dit, plus jamais ?
- Speaker #1
Pas juste à quelque part dans ma tête. Je l'ai dit tout haut. J'ai même dit à mes amis qui n'avaient pas d'enfants, Vous faites pas ça ! Dans le fond, c'est triste à dire parce que mon garçon, je l'adore. Puis comme je le dis souvent aussi, excuse-moi, il y a encore l'émotion. Puis là, maintenant, j'ai changé mon discours à... Tu sais, peu importe comment l'histoire d'amour va commencer, l'histoire d'amour, elle va être là. Mais oui, absolument, j'ai dit à mon mari, bon, il n'y en aura plus. Tu sais, il y a même des fois où je me suis dit, on a fait une erreur. Dans le fond, je pensais que je voulais être maman, que je serais une bonne maman, mais peut-être qu'on a fait une erreur. Mais le temps fait bien les choses. Et l'accouchement de Nolan, en fait, oui, a été difficile. Je veux dire, j'en parle, puis c'est des fois encore difficile, ça fait monter les émotions, mais... Il a été tellement aussi bénéfique parce qu'il m'a permis d'aller chercher de l'aide pour l'accouchement. Mais en fait, ça a fait sortir beaucoup d'autres choses que si je n'avais pas eu cet accouchement-là. Ça serait peut-être encore caché. J'aime penser que dans le fond, il n'y a rien qui arrive pour rien et qu'il fallait que ça se passe comme ça, même si c'était difficile. Tout nous rend plus fort, si ça ne nous tue pas, apparemment, c'est ça qu'ils disent. Donc, il y a eu une belle démarche, oui, au niveau de la thérapie, mais aussi, moi, je suis allée au niveau énergétique, au niveau spirituel aussi. J'ai fait un mix un peu de tout. J'aime ça comprendre. On dirait que pour comprendre, ça me permet d'accepter. Il y en a qui disent, bon, il ne faut seulement qu'accepter, puis c'est comme ça, c'est comme ça, mais... Tout ça, combiné ensemble, ça me donnait un beau portrait de ok, ça, ça s'est passé comme ça, pour telle, telle et telle raison, puis c'est correct On fait le deuil, c'est sûr, ça fait toujours remonter des émotions. Donc l'idée, tranquillement, pas vite, tu sais là tu vas à 3 mois, je regardais mon enfant, puis là je le trouvais cute, puis là je l'aimais. Beaucoup. Puis à 6 mois, j'ai fait, ah, on dirait vraiment de comprendre pourquoi les gens en ont plus qu'un. À 9 mois, j'ai fait, hum hum, ok. Puis là, quand est arrivé le 1 an. Là, l'idée a fait comme, bon, peut-être, peut-être qu'on pourrait avoir un deuxième.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça a été quand même assez rapide au final, quand on regarde avec le recul.
- Speaker #1
Oui, quand même, quand même.
- Speaker #0
Évite les si j'avais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée. Et quand tu dis que toute cette démarche-là t'a permis de comprendre des choses, est-ce que tu as envie de nous partager ? Qu'est-ce que tu as compris finalement avec le recul ?
- Speaker #1
En fait, c'est comprendre des choses sur moi un peu plus. Je vais te donner un exemple parce qu'il y en a plusieurs, mais je me demandais pourquoi. C'est comme si j'avais rejeté un peu mon enfant. Des fois, il y a des petits chats qui donnent naissance et qu'à un moment donné, il y en a qui rejettent. Moi, j'étais comme, tout le monde parle de cet amour-là, puis que tu ferais n'importe quoi, puis c'est où ? Puis c'est pas que je l'ai rejeté, je veux rien savoir, c'est pas ça, je m'en occupais, puis tout ça, mais c'est quasiment si j'étais pas capable moi aussi de m'attacher après. Puis dans une de mes démarches qui était un peu plus énergétique, moi, après mon accouchement, je suis allée en chirurgie, donc j'ai eu un anesthésie générale, mon petit a été à la pouponnière. et je ne savais pas s'il était correct. Puis c'est comme si, puis ça c'est la femme au niveau énergétique qui me dit, c'est comme si à ce moment-là, te protéger, c'est que ton enfant était mort. Ça a été difficile après à rebâtir cette connexion-là, puis ça a été, en fait, avant de tomber paf avec l'anesthésie, ça a été ma pensée aussi, dans le fond. au pire, s'il y en a un qui doit être sauvé, c'est sauver mon garçon, moi c'est correct, là c'est moi aller. Tu vois, ça c'est des choses comme ça que ça m'a permis de comprendre de pourquoi est-ce que j'ai vu ça aussi, tellement comme un échec. Perfectionniste. En tout cas, déjà.
- Speaker #0
Alors que, comme tu le disais tantôt, par rapport aux interventions, peut-être que si tu avais été jumelée avec une autre équipe, peut-être que toutes ces interventions-là auraient quand même eu lieu. mais la différence aurait pu être dans ton accompagnement, puis dans ta capacité, toi, à suivre ton rythme aussi, parce que parfois, c'est possible.
- Speaker #1
Oui, exact. Et là,
- Speaker #0
vous décidez donc de retourner vers l'expérience, d'avoir un deuxième enfant, et tu te prépares complètement autrement. Et là, j'imagine que tu as un mindset aussi qui est autre.
- Speaker #1
Je vais te dire, avant de tomber enceinte, je t'avais dit qu'il y avait des petites parties un peu wouhou dans mon histoire. Avant de tomber enceinte, je suis dans ma douche et j'ai cette vision extrêmement forte que je donne naissance dans ma douche à une fille. Mais c'est tellement fort, t'sais, c'est pas juste comme une... Ah, des fois, on est dans la douche, on pense à des affaires, t'sais, ça en est tellement fort que, t'sais, ça me shake, là, ça vient dans mon corps, pis, t'sais, j'en ai des larmes, t'sais, des larmes de joie, là, c'est vraiment... c'est très fort. À ce moment-là, c'est ça. Ma mère, elle a dit, fais-moi le jeu de l'église. J'ai l'avance, cette vision-là que j'accouchais d'une petite fille. Selon le jeu de l'église, c'était une petite fille. Je disais à mon chum, pour moi, il y a une fille, une petite âme de fille qui est autour de nous, qui nous attend quand on va être prêts. Puis, ce n'est pas longtemps après qu'on se dit, bon. OK, on va commencer. Puis là, tu sais, c'est pas moi qui décide, mais moi, à Noland, j'avais accouché au mois de janvier. J'avais trouvé ça dur. En plein hiver, là, j'ai mis... Bon, si on veut plus un bébé de printemps-été, il faudrait qu'on commence vers ces mois-là, disons. Et puis, effectivement, je suis tombée enceinte. Puis là, il y a une espèce de calme qui est là. C'est correct. Tout va bien cette fois-là. Je sais que ça va être correct. Mon début de grossesse, qui est vraiment plus calme, puis qui est très... Oui, je suis contente, j'ai envie de le partager, mais on dirait que c'est comme mon petit secret à moi et à ma famille. Ce n'est pas que je ne suis pas confiante ou que je ne suis pas heureuse, mais on dirait que cette fois-là, j'avais envie de vivre ça, peut-être pour moi, pour écouter ma petite voix. Il y a beaucoup de bruit, hein ? Quand on parle, tu sais, moi je me souviens même d'en avoir parlé à une connaissance. Elle a dit, ben là, cette fois-là, tu vas prendre l'épidural, hein ? C'est comme si tout ce qui s'était passé... Tu sais, il y a toujours du bruit. Fait que là, on dirait que cette fois-là... J'avais envie de garder ça pour moi, ma famille, me préparer moi, puis c'était très... de connecter à moi, en fait. Après ça, on est rendu au mois de janvier. Là, ça me frappe, je suis comme Ok, là, il faut que je me mette encore plus sur le projet de me préparer. J'étais...
- Speaker #0
Alors là, tout le monde, juste pour vous dire si vous entendez des petits bang-bang dans le micro, c'est Olivia, qui est installée sur Émilie en train de téter. Comme je vous disais tantôt, elle veut participer. Donc, c'est ça les petits bruits que vous entendez.
- Speaker #1
Et puis, j'ai participé à un groupe de femmes, où est-ce que c'est celle qui animait, en fait, faisait la connexion entre la voix et le woum Je ne sais pas comment le traduire en français, mais tout ce qui est... les organes féminins pour la naissance, mettons. Et elle, elle avait eu, elle avait perdu ses règles. En même temps qu'elle avait perdu sa voix, c'était une chanteuse. Elle n'était plus capable de chanter, puis en même temps, elle n'avait plus de règles. Elle avait comme un peu fait une connexion avec ça. Et moi, je m'étais dit, j'avais toujours connecté la voix avec affirmer mes besoins. Donc, c'était un peu pour ça que j'avais décidé de participer. Tout était clair, mais c'est comme là que j'ai fait vraiment, j'ai compris à quel point... C'est comme si j'avais perdu ma voix à ce moment-là aussi. Je n'avais pas été capable d'exprimer mes besoins. Je ne peux pas dire qu'on a pris avantage sur moi, mais c'est un peu comme ça que je me suis sentie. On a pris avantage de ma vulnérabilité à ce moment-là de faire les interventions que je suis sur. Le médecin n'a pas dit je vais prendre avantage de sa vulnérabilité Elle a fait ce qu'elle pensait qui était juste à ce moment-là, mais moi, c'est comme ça que je me suis sentie. Puis là, à ce moment-là, il y a un déclic aussi, c'est mon mari, je l'aime beaucoup, il est full bon dans plein d'affaires, mais je suis comme, ça me prend quelqu'un. Ça me prend quelqu'un avec moi, quelqu'un que j'ai confiance, une femme, une femme qui sait qu'est-ce qui se passe. Puis là, je pense juste à Nathalie. Et j'avais un rendez-vous d'ailleurs en ostéopathe, puis Nathalie, je dois dire aussi, bon, elle est venue en ostéopathe pour moi, je l'ai vue en ostéopathe pour mon garçon. Et Nathalie m'a accueillie. Souvent dans son bureau, elle a été extrêmement accueillante de toutes mes émotions. Puis elle, elle m'a vu cheminer aussi, puis j'ai dit, je ne vois pas personne d'autre que elle pour m'accompagner dans cette naissance-là. Donc, j'étais un peu derrière minute, j'étais à 34-35 semaines, mais j'ai dit, Nathalie, est-ce que tu es disponible ? Puis elle l'était. Donc voilà, on engage Nathalie. Les semaines passent. Moi, ce que j'explique à Nathalie aussi, c'est... j'aimerais, dans mon monde idéal... Moi, j'habite à cinq minutes de l'hôpital.
- Speaker #0
Et là, est-ce que tu es dans le même hôpital que la première fois ? Oui. OK. C'est un choix que tu as fait.
- Speaker #1
Bien, en fait, c'est l'hôpital qui est le plus proche. Puis, dans ma démarche, moi, je me disais, je veux rester à la maison jusqu'à quasiment la toute fin. Moi, j'ai une amie, c'est ça, elle est arrivée à l'hôpital dix minutes après, elle a poussé. Puis le bébé était là, en fait, même un peu plus, le bébé arrivait dans l'auto. Je veux ce genre d'histoire-là. Puis dans mes visualisations, c'était un peu ça qui se passait aussi. J'arrivais à l'hôpital, puis... Mon bébé glissait, là. Les médecins n'avaient pas le temps de rien faire. C'est drôle pour la suite. Mais c'est ça. Là, je me sens en confiance. J'ai Nathalie. Nathalie, elle va être un peu notre support. Elle, elle va nous permettre de prendre le temps. Puis c'est ça que j'ai expliqué. J'ai dit, je ne suis pas contre. Tu sais, même si mon but, là, ça serait encore un accouchement physiologique. Si je décide de prendre l'épidural, mais que je décide de prendre l'épidural, c'est correct. Je vais être bien avec ça. Je ne veux juste pas vivre ou me faire vivre un accouchement. C'est vraiment ça. Donc, on s'entend là-dessus, on s'entend qu'on reste le plus longtemps possible à la maison, qu'on va faire le plus gros du travail ensemble. Puis, après ça, on va partir pour l'hôpital.
- Speaker #0
Et là, juste pour mentionner, dans le fond, parce qu'on ne l'a pas dit encore, Nathalie est doula. Donc, elle est ostéopathe, mais elle est aussi doula.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est vrai. Pour moi, c'est clair, mais oui, elle est accompagnante à la naissance. Donc, c'est ça. On s'entend là-dessus, on est tous sur la même page. Moi, Nathalie, je veux qu'elle soit là. Pourquoi ? Si on a besoin de faire avancer le travail, c'est qu'elle peut m'aider avec des exercices, faire des points de pression, puis être là un peu, c'est ça comme le middleman, tu sais, entre moi, mon mari, puis l'hôpital au besoin. C'est un peu drôle parce qu'on parlait, puis... Qu'est-ce qui se passe si on est trop tard et j'accouche à la maison ? Parce que moi, j'ai encore la vision que j'accouche et que je me touche. Je me dis que ça ne se passera pas comme ça. Puis Nathalie a dit qu'on avait l'ambulance. Ça ne m'est jamais arrivé. On est capable de bien se timer. Je suis comme, c'est bien correct. Les semaines passent, on arrive à la date. J'ai un examen avec ma médecin. J'étais curieuse, je voulais savoir, j'étais rendue à combien s'il y avait du travail de fait. J'étais quand même dilatée à 4. Mais là, moins dans ma tête, parce que là, ça, c'était ma date, le 5 avril, c'était ma date prévue d'accouchement. Donc là, moi, j'en repars à la maison, je me dis bon, ça va se passer à la soirée Il me semble que Nolan avait pris je ne sais pas combien d'heures avant de me rendre à trois ou quatre. La journée passe, la nuit passe, pas d'accouchement. Là, la tête qui va embarquer encore, quand est-ce que ça va se passer ? Puis là, c'est correct, ça va se passer quand ça va se passer. J'ai confiance en mon corps, j'ai confiance en ma fille. Les jours passent, la journée de Pâques arrive, c'était le 9 avril, puis ma belle-mère décide qu'elle vient chez nous, elle amène son lunch, puis tout ça, j'ai dit bon ben si j'accouche, ça va être merveilleux, si le travail commence, il va y avoir plein de monde. La journée passe, pas de signe, rien. Puis là, c'est dans la nuit du 9 au 10, que là je me réveille dans la nuit, puis là, oh ! Là, il y a comme des sensations qui sont différentes. Je me dis, pour moi, ça sent bien. Ce n'est pas le même genre de contraction. Puis Nolan, mon travail n'avait pas commencé par des contractions ni par des os qui ont crevé. OK, fait que là... Je suis encore un peu dans l'inconnu. La naissance avec Nolan, elle ne veut comme rien dire avec moi. Je n'ai pas trop de points de repère de comment ça va se passer, comment c'est supposé, mais c'est comme mon feeling. Je suis dans ma mère de centenaire parce que ma mère habite à Québec. Fait que ma mère, le matin, elle dit Ok, j'ai une couple de choses à faire. Je vais m'en venir. Puis dans mes exercices de préparation, tu m'avais demandé qu'est-ce que j'avais fait pour me préparer. Puis aussi, j'écoutais. Ça, je le faisais en faisant du ménage ou des choses comme ça, mais c'était des affirmations. Mon corps est capable. Mon corps sait qu'est-ce qu'il fait. Mon bébé sait qu'est-ce qu'il fait. Puis ce qui m'était resté en tête, c'est Il n'y a rien que je ne peux pas endurer pour une minute. Parce que les contractions, ça dure plus ou moins une minute. Je téléphone à ma mère. Parce que je sens... Je me suis dit, si c'est pas grave, si ça se passe pas tout de suite, bon, on aura quelques jours ensemble. Le corps et l'esprit jouent aussi. Moi, je savais qu'avec ma mère, mon esprit serait vraiment tranquille. Dès que ma mère, je savais qu'elle était en mode et qu'elle s'en venait, je pense que les contractions ont commencé à être un peu plus régulières. OK, mais rien de... En tout cas, rien que moi qui me dis que ça s'en vient tout de suite. Puis dans ma préparation aussi, j'écoutais que des histoires positives. Puis ce qui revenait aussi, c'était comme, oui, accoucher, c'est grand, c'est gros, mais avant l'accouchement, tu continues ta journée comme si rien n'était. Je me suis dit, je ne sais pas si c'est aujourd'hui. Comme je dis, mon accouchement avec Nolan était un peu... En montagne russe, fait que je sais pas, on dirait que c'est encore mon premier accouchement. C'est comme ça que je le vois. La journée continue, ma mère arrive peut-être vers les deux heures et demie. Puis là, on dirait vraiment la seconde que j'ai entré dans le cadre de porte. Là, on dirait que les contractions, ça a comme un petit peu, c'est devenu un peu plus fort. Je vais juste aller m'installer juste pour commencer à calculer. Puis, je calcule, bon, peut-être aux 7-9 minutes, mais je ne sais pas trop si je les calcule comme il faut et tout ça. Donc là, je texte Nathalie. Puis là, elle dit, c'est correct, on est content. Le travail est commencé de par lui-même. C'est ça qu'on voulait, on ne voulait pas d'induction, parce que c'est sûr que moi, j'étais rendue à 40 plus 5, donc là, on commençait à parler de... Bon, donc deux heures et demie, elle m'a dit, peut-être pour prendre une marche, puis il faisait super beau aussi, c'était frais, mais il faisait beau. Puis là, je lui ai dit, c'est bon, je vais aller prendre une marche avec mon garçon quand il va se réveiller de sa sieste, puis mon mari. Mon garçon se réveille, on s'habille, on va marcher. Puis là, je suis dans la rue, je suis comme Ah, c'est peut-être notre dernière marche, les trois ensemble ! Puis là, je marche. Là, plus je marche, plus je veux dire... Bon, là, j'ai pas ma chronomètre avec moi, c'est-à-dire, mais me semble que ça commence à être un peu plus... rapide, pis c'est là, je pouvais pas continuer à marcher, nécessairement, tu sais, je m'arrêtais. Fait que j'ai même des photos, c'est drôle, mon chum me prend en photo, pis je suis dans le plein milieu de la rue, pis j'ai des contractions. Donc là, il est rendu peut-être, je sais pas, tu sais, on est rendu à 4h30, 4h45, juste à mon chum, je dis, regarde, je vais retourner à la maison, toi continue à la marche, pis on se rejoint à la maison, je vais aller prendre un bain. Là, je suis dans le bain, puis encore une fois, je suis comme Bon, il me semble que là aussi, il me semble que ça commence à être plus rapide. Mais moi, j'ai eu du pitocin sans épidural, donc je suis comme Pas si pire. C'est correct. Mais là, je texte Nathalie. Heureusement que je l'ai textée à ce moment-là. Je dis Là, c'est plus rapide. Ça ne me tente pas vraiment de parler quand j'ai une contraction. Je pense que la perte de temps est un peu commencée. Elle dit Je vais souper, puis je m'en vais. Je suis comme C'est parfait. J'aurais pu probablement l'appeler bien avant, puis qu'elle s'en vienne, mais on dirait que j'étais comme Je ne veux pas la faire venir pour rien. Donc, ma mère me montre aussi à ce moment-là. Elle dit Bon, je vais préparer le souper. Veux-tu souper ? Je suis comme Non, je pense que je n'ai pas faim. Je vais juste continuer à boire de l'eau, puis on verra peut-être plus tard, j'aurai faim. Fait que là... Je m'installe pour faire ma gestion de la douleur, mais là, je suis comme assise, semi-assise, semi-couchée. Puis là, j'essaie de faire les exercices que ça dit, puis là, à un moment donné, j'abandonne le projet. Je suis comme, ça ne marche pas, puis je ne suis pas bien assise. Et là, mon garçon revient de, ça marche. Lui, il doit sentir qu'il y a quelque chose qui se passe. Il monte en haut, parce que ma chambre est en haut. Il dit Maman, maman, maman Je descends, mais probablement que ça m'a aidée aussi, parce que je descendais les marches, je remontais les marches, je descendais les marches, je remontais les marches. Puis là, je suis probablement en travail actif, mais je ne m'en rends comme pas compte. Je m'en suis rendue compte après. Là, j'ai des contractions. Je ne calcule pas encore, mais c'est intense. Il faut que je fasse ma respiration, puis je me répète mes espèces de mantras, affirmations, puis tout ça. Et là, il y a une dernière fois que je descends en bas. Je dis comme à ma mère, Essaye de regarder en bas. Puis là, je m'en vais dans ma chambre. Puis là, je m'installe comme une petite chatte encore. Je ferme mes rideaux, je me mets à noirceur. Puis là, je bouge les hanches. Puis je suis juste... Là, je rentre vraiment dans ma bulle. Dans ma bulle, en fait, je peux pas dire nécessairement les mouvements que j'ai faits parce que je m'en souviens plus vraiment. Mais là, je suis dans ma bulle. Je suis toute seule. Puis ça va bien. Les contractions sont fortes, mais quand ça arrête, c'est comme... OK, on a comme un break. Alors que moi, à Nolan, c'était comme une après l'autre. Ça n'arrêtait pas. C'est ça, je laisse mon corps bouger. Puis là, à un moment donné, là, ça commence. Là, c'est plus intense. Puis là, je suis un peu dans les vapes. Je pense que c'est ça, les hormones font bien leur effet. Je suis en contraction, puis là, j'entends comme un peu au loin la porte s'ouvre, puis c'est Nathalie, tu sais. Elle est douce, fait comme je suis là, Émilie, puis tu sais, elle commence à avoir à me flatter le dos, puis tout ça, puis là... la contraction finie là je me mets à 4 pattes parce que je suis dans mon lit là je me trouve bien cute parce que je m'étais mis une petite serviette au gosseau là je suis sur ma petite serviette à genoux qui est pas très grande là c'est ça là Nathalie est là puis là je pleure même je pleure de joie je pleure de probablement Tout ce que j'ai accumulé aussi, il y a beaucoup de choses. C'est très... Puis là, je pleure. Je ne sais pas trop pourquoi je pleure. Puis là, il y a une autre contraction qui embarque. Puis Nathalie est très accueillante. Puis comme c'est normal, puis elle connaît mon histoire, je n'ai pas besoin de l'expliquer. C'est normal, c'est correct. Je laisse le sortir. Bon, deuxième contraction. Je m'en relève, puis là, je me mâche. Puis là, je la regarde. C'est droit dans les yeux. J'ai dit, t'sais, j'ai fait mon hypnobird. Ça marche pas dans toute cette histoire-là. Puis je raconte un peu mes affaires. Puis bon, une autre contraction. Là, c'est quand même, c'est rendu rapide. Puis à cette contraction-là, Nathalie, elle me dit, toi, tes affaires, sont-tu dans le touche ? Parce que là, il y a des sons qui sortent que c'est comme, tu sais, plus moi, là. Bien, c'est moi, mais ça vient de... C'est profond, là. Fait que, t'sais, puis Nathalie est habituée. Fait que là, je pense que... et comme selon le son qu'elle a entendu, comment j'ai pris la contraction, elle est comme, bon, là, on va se préparer, on va aller à l'hôpital. Fait que là, moi, je suis seule dans mes belles hormones d'amour, je suis comme, ah, c'est bon, je vais aller aux toilettes, puis je vais mettre mes leggings, puis là, je vais aller voir mon fils, puis je vais lui dire que je l'aime, puis je suis comme, j'ai un beau scénario. Donc, je me lève du lit, puis là, je chante. Ça a fait comme boum dans mon bassin. Là, je disais à Nathalie, j'ai dit, là, il y a quelque chose qui vient de se passer. Elle est comme, oui, là, pour moi, tes os vont... Tu sais, tu vas aux toilettes. Pour moi, tes os vont briser. Sur la toilette, attends-toi à ça. C'est correct. Fait que comme je vais aller voir Fred, on va... Fred, c'est mon mari. On va mettre les choses dans le tour. Puis mon Fred, lui, il est en bas, juste pour vous donner une idée. Il est en train de manger son steak. Tu sais, tout le monde est en train de souper, et puis c'est quand même... Moi, je suis vraiment dans un autre monde. Il y a comme deux mondes dans la même maison. Donc, je me lève. Puis, en marchant sur la toilette, je me dis, Ah, c'est bon ! Je vais pouvoir aller à la selle avant d'aller à l'hôpital. Ce que j'aurais peut-être dû dire à voix haute, mais moi, je ne le réalise pas. Fait que là, je suis sur la toilette, je m'assois. Effectivement, mes os crèvent.
- Speaker #0
Mais là, je suis encore dans ma bulle. Je suis comme, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh Nathalie est de la marche, elle est en train de dire à Frine de paqueter les valises. Moi, je me mets à hurler, mais moi, dans ma tête, je ne sais pas, selon... Tout le monde a des différentes versions de ce hurlement-là. Moi, je suis comme, la tête est là, appeler le 911 ! Ma mère, elle a entendu un hurlement comme de la mort. Tout le monde a entendu quelque chose de différent. Nathalie, elle s'en vient dans la salle de bain. Puis là, j'y prends le bras, j'ai dit, la tête est là, la tête est là, qu'est-ce qu'on fait ? Puis là, j'ai vu le calme de Nathalie, tu sais, comme... On fait rien. On accouche ici. Moi, j'étais sur la toilette encore, puis elle est allée dire à Fred d'appeler 9-1 que le bébé était là. Ça se passe vite, mais ça se passe lentement en même temps. C'est tellement drôle, hein ? Donc, elle m'accouche à terre, et puis là, elle me dit, la tête est déjà là. Tu sais, si tu veux pousser, pousse. Et puis là, mon Fred qui arrive avec son téléphone, la bouchée de steak dans la bouche quasiment, qui se penche et qui me regarde entre les jambes. J'ai quand même vraiment une vision. C'est quand même comique. Et puis là, c'est ça. Ça, c'est la partie où j'ai de la misère encore à m'approprier, mais je n'ai pas l'impression d'avoir poussé. J'ai l'impression qu'elle est juste sortie de moi. C'est elle qui a fait son chemin. Tu sais, j'étais juste... Je sais pas, les sons qui sortaient, c'était... Je sais pas, je me souviens plus c'était quoi, mais... Puis là, j'entends Nathalie, tu sais, c'est une expérience qui est irréelle, mais qui est bien réelle, puis c'est drôle, puis Nathalie est super calme. Fait que moi, OK, 6h51, j'imagine quand Fred est arrivé ou quelque chose comme ça, la tête est engagée, tu sais, c'est OK, 6h54, la tête est sortie. OK, parce que là, le 911 est en ligne, fait qu'elle a décrit qu'est-ce qui se passe. exceptionnel. Puis là, moi, je suis juste laver le cordon autour du cou. Ce que j'ai appris, c'est que c'est quand même normal aussi dans vraiment plusieurs situations. Et puis là, j'entends 6h56. Le bébé est sorti, tu sais. Je suis couchée dans ma salle de bain. Ma fille est sortie. Nathalie, elle tient la fille. Puis là, est-tu correcte ? Tout est correct ? Parce que c'était un peu ça, ma question à Nathalie au début. Puis là, ma petite Olivia qui fait miaou Juste un petit clip. Vraiment doux. Complètement différent qu'avec Nolan. Nolan qui hurlait comme de sa vie, tu sais. Puis là, elle la met sur moi. Puis là, avec ses grands yeux qui me regardent. Puis là, moi, je... Qu'est-ce qui vient de se passer ? C'est tellement magique, c'est tellement beau, tu viens de donner naissance, mais ça n'a pas pris de temps. Tout était naturel, on revient un peu au... Je ne sais pas. Je ne sais pas comment d'autres le décrivent. C'est sûr qu'il y a des hormones, il y a de l'adrénaline, il y a beaucoup de choses qui ont embarqué. Il y a encore le 911 qui est là. Les policiers débarquent chez nous. Ils arrivent dans la salle. Bonjour, comment ça va ? Ça va bien ? Oui, ça va bien. Et vous, madame, ça va ? Bien oui. Bienvenue chez nous. Un peu plus, j'allais leur chercher du café. Après ça... Bon, les ambulanciers arrivent, tout se passe bien. Puis moi, j'avais une rétention placentaire. Là, c'est comme la partie qui me chicote, mais je suis tellement confiante. Après tout ce que j'ai lu, après toutes les histoires, je suis comme, c'est correct, le placentaire n'a pas besoin de sortir tout de suite. Il va sortir, je le sais qu'il va sortir, mais... c'est correct, on fait confiance. Mais à chaque fois que j'ai quelque chose, que je sens des sensations en bas, je suis comme, c'est-tu le placenta ? Pas le placenta. Il est décollé, le placenta. Il va sortir, inquiète-toi pas. C'est correct, tout est beau. Fait que tu donnes l'incense à côté de la dite douche. Où est-ce que... En tout cas, j'avais eu cette prémonition-là, peut-être, je ne sais pas, je ne sais pas comment l'expliquer, tu sais.
- Speaker #1
Et là, comment ça se passe ? Est-ce que ce sont les ambulanciers qui ont coupé le cordon ? Comment vous vous êtes amenée à l'hôpital ? Tout ça, comment ça se met en place ?
- Speaker #0
Oui, oui, ça c'est drôle encore. C'est comme si vraiment l'univers s'était mis en branle. Moi, j'avais un cordon de coton ouaté qui traînait sur mon bureau depuis je ne sais pas combien de temps. Puis probablement deux ou trois jours avant, c'est comme si là j'ai revu ce cordon-là. J'ai vraiment pris le temps de l'enrouler et de le mettre dans le tiroir. Parce que là, on cherchait quelque chose pour clamper le cordon. Donc, on a clampé le cordon. C'est Fred qui a coupé le cordon à la maison. Après ça, moi, je suis partie en ambulance. Mais là, ça, c'est drôle aussi parce que moi, dans toute cette histoire, je ne réalise pas que je partirais en ambulance. Puis là, il y a même la chaise dans ma salle de bain. Je me dis Ah, OK, c'est pour moi, ça ! Il me descend, puis là, bien sûr, les voisins qui savaient. que j'étais enceinte. Fait que là, plein de monde a un petit peu, C'est-tu correct ? Ils regardent dans les fenêtres, ils textent Fred. Moi, j'essaie de faire mon plus gros sourire pour qu'ils sachent que tout va bien. Mais oui, ça ne peut même pas envoyer la main parce que j'ai les bras strapés à ce moment-là.
- Speaker #1
Est-ce que tu es avec ta fille ?
- Speaker #0
Bien, là, c'est ça. Ils m'ont descendue. Tout de suite, mon mari l'a amenée aussi. Nathalie a été vite sur le codec. Elle prenait plein de photos. On a une belle photo de ma mère, mon fils, Fred et Olivia. C'est ça. Elle est toute fraîche de 30 minutes. Là, on est dans l'ambulance. L'ambulance est comme, on va commencer le pot à pot. Ils mettent Olivia sur moi. C'était tellement pas bien passé avec Nolan, l'allaitement. Ma petite Olivia qui rampe sur moi. Ça va chercher mon sein tout de suite. Moi, j'étais ébahie. J'étais... C'était extraordinaire de pouvoir voir ça. C'était beau, c'était... Puis c'était simple aussi, tu sais, c'était pas... C'était normal, mais c'était grandiose en même temps, tu sais. Là, je la regarde, tu sais, sur mon sein, tu sais, elle est comme, elle sait quoi faire. Elle a rampé sur moi, elle est allée chercher mon sein, moi, je la regarde, tu sais. Fait que là, tout le long de l'ambulance, on est dans l'ambulance, on arrive à l'hôpital. Le placenta n'est pas encore sorti. Mais là, je n'embarque pas là-dedans. Là, je suis avec ma fille. Je reste focus là-dessus. Puis, je me dis, regarde, j'essaie de me préparer et de contrôler le plus que je peux contrôler. Je me disais, si la moitié des choses qui m'arrivent dans mon accouchement qui arrive cette fois-là, ça va être correct. Je suis un peu partie avec cette idée-là. On a vraiment été chanceux, je pense. Parce que là, les infirmières se préparaient à mettre le solité, se préparaient à venir me faire le massage. Le placenta n'est pas sorti. Puis là, la médecin était comme, on va attendre. On va juste attendre. Deux minutes après, le placenta est sorti. Le placenta était là, était entier, tout était correct. Là, elle regarde pour voir si j'ai déchiré. Merci. pas de déchirure, un petit égrafineur, et voilà. Pour vrai, le séjour à l'hôpital, je l'ai pas, c'était correct aussi. Je pense que quand c'est une deuxième grossesse aussi, probablement que les infirmières sont un peu moins à cheval. Je pense qu'il y avait aussi beaucoup de... C'est un peu une reprise de pouvoir, je vais dire, dans le sens que la première nuit, elle, à l'hôpital, elle était probablement de 7h30 à minuit et demi. OK ? Après ça, elle m'a fait une méchante selle. J'étais vraiment impressionnée, parce qu'à Nolan, ça avait pris du temps avant que tout ça se passe. Puis après ça, elle s'est endormie. Elle est tombée, paf. Puis les médecins à l'hôpital, ils disent l'allaitement, puis c'est correct, l'allaitement en trois heures. Puis tu vois, quand je dis, OK, on enlève le bruit, puis on va un petit peu s'écouter, l'infirmière, c'est comme, je revenais, mais en trois heures, pour l'allaitement, pour voir comment ça se passe. C'est bien correct. Puis finalement, elle revient trois heures après. Puis là, j'ai dit, ça te dérange ça ? Faut aller s'y dormir encore un petit peu parce que, tu sais, elle a vraiment bien pu. Elle a fait un, tu sais, elle a vraiment eu une belle couche. Juste une petite heure, tu sais. Puis après ça, je l'ai réveillée. Moi, j'ai pu me canter un peu parce que les émotions, l'adrénaline, tout ça, c'était quelque chose. Et elle a dit, c'est correct, je vais revenir dans une heure. Puis là, l'heure, elle passe. Puis finalement, elle est réveillée d'elle-même. Donc, c'est ça. Puis là... Et encore une fois, l'allaitement était... C'est ça, ça s'est tellement bien passé. Puis, ce séjour-là, c'est ça, il n'a pas été trop invasif, en fait. Oui.
- Speaker #1
Est-ce que ça t'a permis de guérir une partie des blessures qui te restaient de ton premier accouchement ?
- Speaker #0
Oui, une guérison extraordinaire à la confiance en mon corps, à la confiance en... un peu une reprise de pouvoir en tant que femme, en tant que... mes capacités, je pense qu'il y a aussi eu en tant que maman, parce que Tout le monde parle de l'intuition de maman. Moi, avec Naran... la tête était tellement forte, les pensées étaient tellement fortes qu'il n'y a pas eu ça. Alors que là, avec Olivia, tout était un peu naturel. On dirait que c'était plus facile de deviner c'était quoi son besoin et tout ça. Donc oui, il y a eu ça aussi. Ça m'a remis un peu en confiance.
- Speaker #1
Au début de l'épisode, tu nous as parlé de comment tu t'étais sentie dans ta première expérience. Quels mots tu donnerais, tu mettrais sur tes sensations de cette deuxième expérience-là ?
- Speaker #0
Moi j'ai le mot qui est comme pouvoir. Pouvoir sur mon corps, mes décisions. Confiance. Amour. Puis je veux dire, là, il ne faut pas non plus leurrer. Je veux dire, avoir deux enfants, ça amène son autre challenge. Ce n'est pas, on n'est pas sur un nuage à chaque jour. Mais on dirait que, oui, c'est ça, j'étais plus présente. Ah, ça aussi, ça serait un mot, présente. Puis d'acceptation aussi, tu sais que des fois, les émotions, que c'était plus dur, tu sais, que c'était correct, que j'avais le droit à ce que ça soit plus dur à certains moments.
- Speaker #1
Est-ce que tu dirais que ça a eu un impact sur l'estime de toi ?
- Speaker #0
Absolument, oui. Oui, oui. Ça l'a ouvert aussi sur le pouvoir de la femme. Puis tu sais, moi, mettons, si j'avais laissé le bruit autour m'influencer, on serait probablement partis à l'hôpital avant. J'aurais pas, tu sais. Puis je veux dire, le but, en fait, c'était quand même d'accoucher à l'hôpital. Puis peut-être que j'aurais pu accoucher en maison de naissance. C'est moi, on m'avait comme un petit peu découragée à cause de certains trucs qui s'étaient passés. J'aurais peut-être dû faire la demande à ce moment-là, mais tu vois, il y avait encore peut-être un petit manque de confiance en soi, en mes capacités, en mes habiletés. Je pense que ce que je voudrais vraiment rajouter aussi, c'est si vraiment c'est possible d'avoir un accouchement physiologique, de peut-être pas être naïf un peu, comme... Moi, je l'ai été. Je pense que c'est important de quand même se préparer à un accouchement. Parce que moi, je venais en tête que les femmes ont fait ça toute leur vie, puis ça va venir correct, mettons, ça va venir naturellement, ça va venir. Mais aussi, je pense qu'on oublie la composante que peut-être pour 200 ans, 300 ans, 100 ans, je ne sais pas jusqu'où on peut retourner, mais les femmes étaient aussi accompagnées. Les femmes n'étaient pas laissées à elles seules. Souvent, il y avait une autre femme avec elles, peut-être deux autres femmes avec elles, puis peut-être de s'entourer d'au moins une personne. Une personne qui croit en toi. Même s'il y a 100 personnes qui se disent peut-être pas une bonne idée, peut-être qu'elle ne devrait pas faire ça comme ça, peut-être qu'elle devrait aller à l'hôpital plus tôt. Là, je ne suis pas en train d'encourager personne à coucher à la maison. Ce n'était pas mon plan, c'est arrivé, ça s'est bien passé, on est chanceux. Mais tu sais, ce que moi ça me fait dire, si jamais il y a une troisième grossesse, si jamais, on n'est vraiment pas rendu là, mais c'est que, ok, c'est vraiment possible de faire ça en maison de naissance, à la maison aussi, bien entouré. Puis c'est ça, c'est d'aller s'équiper avec les informations, d'aller chercher aussi qu'est-ce qui fonctionne. Tu sais, moi, les respirations, c'est ça qui m'a sauvée. Puis cette phrase-là, il n'y a rien qui ne peut pas endurer pour une minute. Il y a quelque chose, à un moment donné, plus tu écoutes des histoires, il y a quelque chose probablement qui va résonner. Puis c'est de prendre ça et de l'amener. C'est ça, de ne pas être naïve. Quand même, c'est quelque chose. Autant que oui, ça se fait bien si tu laisses le corps embarquer les hormones, le travail, faire confiance, mais c'est quand même de s'éduquer avec quelqu'un, avec des cours de préparation. Moi, je pense que c'est important.
- Speaker #1
C'est sûr que ce n'est pas moi qui vais dire le contraire.
- Speaker #0
Non, c'est ça.
- Speaker #1
Je te remercie beaucoup, Émilie, pour ce partage rempli d'émotions. Oui. Vraiment.
- Speaker #0
Merci de m'avoir accueillie dans cette émotion-là aussi. Merci.
- Speaker #1
Il est possible que le témoignage d'Émilie change complètement la donne pour toi, pour ton expérience d'enfantement. As-tu entendu la différence entre un accouchement, une expérience pendant laquelle nous avons besoin d'aide au niveau pharmacologique, au niveau de la chirurgie, par exemple, et que nous n'avons pas la sensation de participer au choix, versus une expérience pendant laquelle il y a un besoin de médicalisation ? mais aussi pendant laquelle je suis dans la collaboration, dans laquelle je participe au choix. Et ça, ça fait toute la différence. Il y a seulement quelques jours, j'ai reçu un texto d'une de mes clientes qui me dit Annie, j'ai donné naissance, ça a été extraordinaire comme expérience. Je suis très, très fière de moi, malgré le fait que l'expérience, finalement, se soit terminée en césarienne. Donc, c'est une maman qui a vécu, qui a accompagné l'expérience tout au long de la dilatation. Elle a été dans le processus de la poussée pendant deux heures de temps et au bout de ce temps-là, une césarienne a été nécessaire. Est-ce qu'elle est fière d'elle ? Absolument. Est-ce qu'elle a participé aux choix qui ont mené à ça ? Absolument. Elle a été consultée. et les gens autour d'elle ont attendu qu'elle dise un vrai oui. Et ce vrai oui-là participe à la guérison quand l'accouchement n'a pas été exactement comme j'aurais voulu qu'il le soit. Et je te rappelle qu'un accouchement, c'est un processus sur lequel nous n'avons pas le plein pouvoir sur tout ce qui se passe. Donc, on travaille fort pour avoir la possibilité de contrôler un maximum de facteurs. Mais il y a effectivement des choses sur lesquelles nous n'avons pas nécessairement la possibilité d'avoir le plein pouvoir et d'avoir le plein contrôle. Donc, c'est vraiment important de contrôler un maximum de facteurs, ceux qu'on peut contrôler et de lâcher prise le plus possible sur le reste. Et oui, de participer aux décisions, de faire des vrais oui, le plus possible de t'organiser pour être souveraine dans ton expérience. même si c'est une expérience qui est médicalisée pour d'excellentes raisons, parce que oui, ça existe. J'ai trouvé ça hyper intéressant le moment où Émilie nous partageait qu'elle était toute seule dans ses contractions qui étaient de plus en plus fortes et qu'elle se sentait bien de cette façon-là. Souvent, quand on regarde l'accouchement avec beaucoup de gens autour, on a l'impression que c'est nécessaire. On a l'impression que ça va nécessairement nous aider d'avoir beaucoup de gens autour de nous. Alors sache que ce n'est pas toujours le cas et de te retrouver toute seule, parfois c'est la meilleure solution. Parce qu'une fois toute seule, je n'ai pas la pression du regard des autres sur moi, je n'ai pas de pression de performance. Souvent ça va vraiment m'aider à trouver mon propre chemin. Ça va aussi me permettre souvent de mettre en route l'accouchement de façon plus efficace parce que justement il y a moins de gens autour de moi qui sollicitent ma partie intelligente. au niveau de mon cerveau. J'ai trouvé ça extrêmement touchant, la partie où elle nous racontait qu'elle avait l'impression d'avoir échoué finalement une partie de son premier accouchement dû au fait qu'il y avait eu, entre autres, beaucoup d'interventions pour elle et pour son fils. Vois-tu comment c'est important de ne pas tomber dans ce piège de performance-là et c'est tellement facile de s'y vautrer. parce qu'il y a beaucoup de gens autour de nous qui nous encouragent à aller focaliser sur seulement la possibilité d'avoir une expérience idéale, alors que, comme on le disait plus tôt, le contrôle sur beaucoup d'éléments pendant un accouchement, on ne l'a pas. Et c'est le plus possible d'être dans la vision, qu'on rassemble le plus grand nombre d'outils en prénatal, c'est ça la job. Et une fois qu'on se donne le petit go pour commencer à glisser sur la pente de l'accouchement, là, je me laisse aller dans l'expérience et je fais le mieux que je peux dans la situation dans laquelle je suis. Et si tu as fait le mieux que tu pouvais dans cette situation-là, tu peux être fier parce que tu n'aurais pas pu faire mieux que ça. C'était ton maximum dans la situation dans laquelle tu étais. Donc, attention, attention, attention, drapeau rouge en lien avec la performance, surtout si tu décides de faire ta préparation à l'accouchement, avec des méthodes qui vont aller beaucoup dans ce sens-là et qui n'ouvriront pas beaucoup le champ des possibles. Est-ce que tu as entendu Émilie lorsqu'elle nous racontait j'ai pas eu l'impression d'avoir poussé Alors ça là, c'est exactement… Notre idéal, quand c'est possible, c'est ce qui est merveilleux pour toi, pour ton périnée, pour ton bassin, pour tes ligaments et pour ton bébé. C'est-à-dire de simplement laisser le corps s'exprimer, laisser la... pousser, réflexe, s'exprimer, c'est magnifique. Si tu as envie d'entendre parler de la délivrance, donc de la naissance du placenta, je t'invite à me rejoindre sur Instagram. Tu peux aussi venir dans la page de l'épisode. J'ai enregistré plusieurs vidéos en lien avec ce thème. Si tu me rejoins sur Instagram, je t'invite simplement à mettre le hashtag EnfantéLibrement30 puisque nous sommes dans le 30e épisode. En faisant ça, tu vas voir apparaître automatiquement toutes les vidéos en lien avec cet épisode du podcast. Si tu es en scène présentement, je t'invite à venir me rejoindre sur opaleo.com et à t'inscrire dès maintenant à la formation Les 11 clés pour une naissance facilitée C'est en mode gratuit encore aujourd'hui. Tu peux t'y inscrire dès maintenant et commencer ton écoute dans les prochaines minutes. Si tu es en fin de grossesse ou carrément en post-natale, je te rappelle qu'il existe un atelier extraordinaire, les super pouvoirs de ton bébé, dans lequel on parle ensemble de tout ce qui est pertinent, important dans les premiers mois de vie, la plagiocéphalie, la fameuse tête plate, le tummy time, la motricité libre, les réflexes archaïques, le sommeil et compagnie. C'est un atelier gratuit, il suffit de t'y inscrire. Encore là, rejoins-moi pour ce faire sur opaleo.com. Si tu aimes le podcast Enfanté librement sans se faire accoucher, je t'invite à mettre un beau 5 étoiles au podcast sur ton application d'écoute sur Apple Podcasts ou sur Spotify. Je t'invite également à partager sur les réseaux sociaux une capture d'écran de ton épisode préféré pour m'aider à faire connaître le podcast. Je te souhaite une magnifique semaine et j'ai déjà hâte de te retrouver pour le prochain épisode.