Speaker #0Bienvenue dans Entre nous, le podcast des managers où on parle vrai, du terrain, des défis et des réussites. Je suis Magali Vanet, coach et formatrice en management et avec ce podcast, j'ai une seule intention, vous donner des clés concrètes et actionnables issues de 20 ans de management et de ce que j'observe chaque jour avec mes clients. Alors c'est parti ! Entre nous, est-ce que vous vous êtes déjà surpris à reculer devant une décision difficile parce que vous ne vouliez pas froisser quelqu'un ? Ou alors à dire oui alors que vous auriez dû dire non ? Et je suis presque sûre que vous allez répondre oui à ces deux questions. Et aujourd'hui, dans cet épisode de podcast, on va parler d'un sujet qui concerne tous les managers, que vous ayez six mois d'expérience ou même... 15 ans de carrière, c'est le besoin d'être aimé. Et pourquoi ce besoin d'être aimé en tant que manager, s'il n'est pas maîtrisé, il peut littéralement saboter votre leadership. Alors pour commencer, vouloir être apprécié, vouloir faire l'unanimité, c'est complètement humain, c'est même sain. Parce que personne, le matin, quand on se lève, va se dire « aujourd'hui, j'ai vraiment envie que tout le monde me déteste. On est bien d'accord là-dessus. Mais quand on est manager, ce réflexe-là de vouloir être apprécié, de vouloir être aimé, il peut vite devenir un piège parce que le job de manager, ce n'est pas un concours de popularité. Et j'aime bien dire que le job de manager, c'est avant tout un rôle de service, être au service de son organisation, de son entreprise. Être au service de son équipe, être au service de ses objectifs. Et parfois, voire même très souvent, ce service qu'on délivre quand on est manager implique des décisions qui ne vont pas du tout faire plaisir. Des décisions qui sont souvent impopulaires. Et je suis persuadée que vous en avez plein dans votre quotidien. Comme par exemple, recadrer quelqu'un, refuser une demande de vacances. ou toute autre demande d'ailleurs, annoncer un changement qui va bousculer les habitudes de quelqu'un ou de votre équipe. Dire aussi à quelqu'un que son travail n'est pas au niveau, ou bien aussi trancher quand votre équipe n'arrive pas à s'accorder entre elles. Et là, très clairement, dans ce type de décision que vous prenez dans votre quotidien de manager, si vous êtes dans ce mode, je veux faire l'unanimité, je veux être apprécié, je veux être aimé, vous allez être hésitant. Vous allez adoucir les choses, vous allez contourner même, voire même vous n'allez pas faire la chose, vous allez la reporter parce que vous serez trop resté focus sur ce besoin d'être aimé en tant que manager. Et chaque fois que vous faites ça, vous allez perdre un peu plus de votre crédibilité. Et votre équipe, elle, elle n'aura pas... point de repère et finalement, elle ne va pas trop savoir quelle est votre ligne de conduite. Et c'est ça qui est important, votre équipe a besoin d'une ligne de conduite claire. Alors, on va être très concret parce que le vrai danger du vouloir plaire, il est assez silencieux. C'est quelque chose qu'on ne va pas forcément verbaliser, s'en rendre compte. On ne va pas forcément le voir de manière visuelle. Par contre, les incidences que ça va avoir, elles sont vraiment énormes, les incidences sur vous, sur vos équipes, mais aussi sur l'entreprise. Alors, par exemple, quand vous évitez un feedback difficile à donner à quelqu'un, pour éviter une tension, qu'est-ce qui va se passer ? La personne à qui vous devriez donner ce feedback, elle va continuer dans la mauvaise direction. Elle va continuer à avoir un comportement qui n'est pas forcément approprié. Et votre équipe, elle, pendant ce temps, elle va aussi observer votre comportement, que vous laissez faire, que vous ne donnez pas ce feedback. Elle voit que vous n'osez pas. Elle voit que vous préférez finalement votre propre zone de confort à la vérité ou en tout cas à la transparence. Et doucement, vous allez perdre sa confiance. Quand vous dites oui à tout le monde pour ne contrarier personne, et ça c'est aussi quelque chose qui est assez fréquent quand on est manager, Qu'est-ce qui risque de se passer ? Vous allez vous retrouver à gérer des priorités impossibles à tenir, à livrer ou à donner des promesses ou des demi-promesses à tout le monde. Et puis en fait, finalement, les gens, les personnes de votre équipe, elles vont finir par ne plus savoir ce qu'ils peuvent vraiment attendre de vous. Donc là aussi, ça va enlever de la confiance, ça va enlever de la clarté. Et ça, c'est aussi un risque énorme. Quand vous prenez, je parlais des décisions impopulaires tout à l'heure, quand vous prenez une décision impopulaire, mais que vous ne l'assumez pas clairement, parce que vous voulez rester gentil, sympa, qu'est-ce qui va se passer ? Là encore, vous allez apparaître comme quelqu'un d'indécis et d'inconsistant. Et là encore, en management, l'inconsistance, ça ne pardonne pas. Parce que ce « je veux être aimé » ou « j'ai besoin de faire l'unanimité » va coûter très très cher. il va vous coûter en clarté, en efficacité et surtout en leadership. Et pour un peu illustrer ce dont je vous ai parlé juste maintenant, j'aimerais vous parler un petit peu de moi parce que c'est aussi un sujet qui m'a particulièrement touchée quand j'étais manager. Donc, je l'ai vraiment vécu de l'intérieur. Puis en préparant cet épisode de podcast, je me suis remémoré pas mal de situations où justement... J'étais dans cette posture de vouloir faire l'unanimité ou de vouloir être absolument aimée par tout le monde. Et je me suis remémoré une situation en particulier, je vais vous partager maintenant. C'est quand je suis arrivée dans la dernière équipe que j'ai managée, avant de créer ma propre société. L'équipe, elle avait beaucoup d'attentes envers moi. Il n'y avait pas eu de manager depuis plusieurs mois, il y avait une grosse réorganisation qui était en cours. Donc, ils étaient vraiment, vraiment demandeurs. Et moi, j'avais envie de bien faire. J'avais envie déjà de bien faire pour être acceptée dans cette équipe, mais j'avais aussi envie de bien faire pour les rassurer et aussi pour les protéger. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai dit oui à beaucoup, beaucoup de choses et à trop de choses d'ailleurs. Et au bout de quelques semaines, c'était devenu ingérable, tant pour moi que pour eux que pour l'entreprise. Et ce qui était finalement assez frappant, c'est qu'au fond de moi, je savais pertinemment que je devais dire non. Je savais. où l'entreprise voulait aller à ce moment-là, je savais où moi, par rapport à mon rôle, je devais aller, j'avais toutes ces réponses. Mais il y avait vraiment cette envie de plaire qui prenait beaucoup, beaucoup le dessus, parce que j'avais la peur de décevoir les gens qui avaient déjà traversé une période difficile jusqu'à ce que j'arrive. Et je savais aussi pertinemment que la période allait aussi, les mois qui allaient suivre, allaient aussi être compliqués, allaient être difficiles. Donc il y avait vraiment... Ces deux éléments, les protéger, mais aussi le souci de leur plaire et de me faire accepter. Et là, j'ai vraiment compris et réalisé que je ne rendais service à personne, vraiment pas, ni à mon équipe, ni à l'entreprise, et encore moins à moi. Alors, c'est vrai qu'à ce moment-là, j'ai vraiment rapidement changé de posture. J'ai commencé à poser des limites claires, à dire les choses clairement, en transparence. Il fallait évidemment beaucoup de courage et oser. Le changement de posture, et on y reviendra dans comment faire ce shift, ce passage, demande beaucoup de courage, d'affirmation pour sortir de cette posture de vouloir être absolument aimé. Donc, poser des limites, dire clairement les choses. Et ça a été facile pour personne. Ça n'a pas été facile pour eux. Il y a eu des tensions. Il y a eu de la résistance. Mais avec le temps, je me suis vraiment rendu compte au fil des mois qu'ils m'ont respecté davantage. Et c'est là aussi, à ce moment-là, je crois que j'ai compris un paradoxe hyper intéressant que je vais vous partager. C'est qu'en arrêtant finalement de chercher à être aimé ou à être apprécié, les gens m'ont beaucoup plus respecté. Et à travers ce respect, ils m'ont finalement aimé. Mais ils ne m'ont pas aimé parce que je leur disais oui à tout, mais parce que... J'étais fiable, claire et cohérente dans ma posture. Alors, comment on fait ce shift ou ce passage très concrètement pour pouvoir justement passer de ce souci d'être apprécié à être respecté ? Alors, il y a pour moi quatre points, quatre éléments qui me semblent importants pour faire ce shift. Le premier, c'est de clarifier pour qui vous travaillez. Alors bien sûr, vous savez pour qui vous travaillez, quel est le nom de votre entreprise, votre organisation, votre employeur. Mais ce que je veux dire par là, clarifier pour qui vous travaillez, c'est finalement de vous poser à chaque fois que vous prenez une décision, vous poser une question simple. Est-ce que je fais ça quand je prends cette décision ou ce que je vais faire pour me protéger moi ou est-ce que je fais parce que c'est ce dont l'équipe et mon entreprise a besoin ? Et si vous êtes honnête dans la réponse, ça va vraiment vous guider. Ça va vraiment vous aider à être dans une posture de respect et pas de vouloir impérativement être aimé. Le deuxième aspect, c'est de dire les choses avec humanité, pas avec brutalité. Être respecté, ça ne veut pas dire être dur ou froid. Et moi, j'ai eu dans ma propre expérience aussi tendance à penser que pour être respecté, il fallait que je sois dur avec les autres. Mais pas du tout. Ce qui compte, c'est vraiment d'exprimer les choses clairement. Et quand on ne dit pas par peur, ce n'est pas qu'on va être gentil de ne pas le dire. C'est plutôt de la lâcheté. Parce qu'on va éviter quelque chose. Et ça, les gens, ils s'en rendent compte. Ils le vivent, ils le savent, ils le perçoivent. Donc vraiment, éviter. Et on peut avoir une posture de respect en le faisant avec humanité. Le troisième aspect, c'est d'accepter Merci. que vous ne ferez jamais l'unanimité. Alors, je crois pouvoir dire que c'est l'aspect, ce point-là, qui m'a vraiment permis, c'est devenu un peu un mantra dans mon expérience de manager, c'est vraiment cet aspect-là qui m'a permis, je pense, en premier, de sortir de cette posture de vouloir impérativement faire l'unanimité ou d'être aimé par tout le monde, pour chercher plutôt le respect. Parce que c'est vraiment une règle du jeu. L'unanimité n'existe pas. Et si tout le monde est toujours content, c'est souvent le signe que vous n'êtes pas vraiment en train de manager, mais plutôt en train d'éviter des choses. Donc vraiment garder en tête ce point, accepter que vous ne ferez jamais l'unanimité. Et le quatrième aspect, c'est de construire votre crédibilité sur la constance. Le respect, ça se construit dans la durée. Vos équipes, elles doivent vraiment savoir ce qu'elles peuvent attendre de vous, avoir un cadre, avoir de la clarté et avoir de la cohérence. Et que vous dites ce que vous faites et que vous faites ce que vous dites, c'est essentiel. En conclusion, il y a quelque chose que j'aimerais que vous reteniez vraiment, c'est qu'être aimé en tant que manager, ce n'est pas un objectif. Le vrai objectif pour vous, c'est d'être digne de confiance. D'être vraiment quelqu'un sur qui votre équipe peut compter, quelqu'un qui dit la vérité, qui est transparent, même quand c'est inconfortable. Et quelqu'un qui est là pour servir, pas pour plaire. Alors la prochaine fois que vous hésiterez à dire quelque chose, que vous sentez finalement ce réflexe, je ne veux pas froisser, j'aimerais que tout le monde soit content, remonte à la surface, vraiment posez-vous cette question simple, est-ce que je me protège moi ? Ou est-ce que je suis en train de servir ? Servir mon équipe ? Servir mon organisation ? Donc, entre nous, la réponse, vous la connaissez déjà. Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère qu'il vous a apporté des clés et des inspirations pour avancer dans votre rôle de manager. Si cet épisode vous a plu, pensez à vous abonner pour ne rien manquer des prochains. Et surtout, venez me retrouver sur LinkedIn pour continuer la discussion. J'adorerais connaître votre point de vue et échanger avec vous. À très vite pour un nouvel épisode d'Entre nous.