Speaker #0Manager aujourd'hui, c'est naviguer dans un monde qui change vite, complexe, exigeant, parfois même déroutant. Ici, pas de recette miracle parce qu'un bon manager ne cherche pas la perfection. Il apprend, il s'adapte et il ose. Je suis Magali Vanet, coach, consultante et formatrice en management. Entre nous, c'est le podcast des managers où on parle vrai, du terrain, des défis, des doutes et des réussites, toujours avec une seule intention, partager avec vous des réflexions et des outils concrets issus de mes 20 ans de management et de ce que j'observe chaque jour avec mes clients. Parfois en solo, parfois avec des invités du terrain, mais toujours dans l'authenticité et le partage pour vous donner des clés utiles et actionnables. Alors, prêt à souffler un peu, à sortir la tête du guidon et avancer dans votre rôle ? C'est parti pour un nouvel épisode d'Entre nous ! Entre nous, cet épisode m'a été inspiré par un post LinkedIn de Laetitia André, à qui je fais un petit clin d'œil, sur la gentillesse au travail. Et c'est vrai qu'en la lisant, je me suis dit « La gentillesse au travail, on n'en parle pas assez. » Ou alors « On en parle très très mal. » Et très souvent, quand on parle de gentillesse, on l'associe à quelque chose de l'ordre d'une faiblesse, au laxisme ou aussi au fait que la gentillesse, c'est tout accepter. Et en termes de posture, on voit… Souvent, la gentillesse comme quelque chose de sympathique mais de pas stratégique. Et pourtant en la lisant, je me suis souvenu à quel point la gentillesse est une dimension essentielle du leadership. Et pas une faiblesse, mais vraiment une composante de la posture managériale et ça on l'oublie très très souvent. Quand on parle de gentillesse, c'est aussi un sujet qui me parle personnellement parce que c'est vrai que je me suis toujours considérée comme quelqu'un de gentil, mais aussi comme quelqu'un de très exigeant. Et pendant longtemps, quand j'ai managé, j'ai eu beaucoup de peine à faire cohabiter ces deux dimensions, la gentillesse et l'exigence. Alors dans cet épisode de podcast aujourd'hui, j'ai vraiment envie de redonner... une place à la gentillesse dans le management et de voir ensemble avec vous comment il est possible, et il est vraiment possible, de concilier la gentillesse et l'exigence quand on est manager. Alors le premier aspect que j'aimerais aborder dans cet épisode, c'est que, une nouvelle fois comme je viens de le dire, la notion de gentillesse et d'exigence, c'est un faux dilemme. Pendant longtemps, moi personnellement, j'ai vécu cette tension intérieure où quand j'étais dans la gentillesse, finalement je prenais beaucoup sur moi. Je voulais préserver la relation avec l'autre, je voulais préserver l'autre. Je laissais aussi passer beaucoup de choses. Je n'osais pas finalement laisser exprimer mon exigence. Et puis quand je sentais que ça débordait, que j'avais peut-être été dans le trop, Je basculais dans l'inverse. J'étais beaucoup plus exigeante, beaucoup plus directe aussi, parfois, voire même souvent très cadrante et j'étais finalement beaucoup plus dure que je ne l'aurais voulu. Donc je passais vraiment de l'extrême à l'autre sans arriver finalement à faire cohabiter ces deux dimensions, la gentillesse et l'exigence. Et c'était vraiment un sentiment après coup de toujours passer de cet extrême à l'autre et de ne pas arriver à trouver ce juste milieu où je pouvais aussi être moi-même. Et ce que je n'avais pas encore compris à l'époque, maintenant évidemment avec le recul et l'expérience, je l'ai compris, mais c'est que la gentillesse et l'exigence ne sont pas opposées. Et ça c'est vraiment important de bien repositionner ces deux notions qui sont vraiment associés et pas opposés. Quand on parle de gentillesse, on confond souvent ce qu'est finalement la gentillesse. On confond beaucoup les choses. La gentillesse en management, ce n'est pas dire oui à tout. Ce n'est pas non plus éviter les conversations difficiles. C'est pas vouloir être aimé à tout prix. Et c'est pas porter les problèmes à la place des autres. Et ça, comme je l'ai dit précédemment par rapport à mon expérience, ça je l'ai fait. Et puis ça m'a coûté beaucoup, beaucoup d'énergie. Et ce n'est pas de la gentillesse, c'est de l'évitement. Et c'est ça qu'il ne faut pas confondre, c'est vraiment de... l'évitement. Et l'évitement, quand on est dans l'évitement, quand on est manager, on finit toujours par le payer en fatigue physique, psychique, avec des tensions, des tensions dans l'équipe et aussi on finit par le payer avec des exigences qui sont mal posées, mal clarifiées parce que ça manque de cadre, ça manque de points de repère et ça c'est ce dont les gens ils ont besoin. Ils ont besoin d'un cadre. Ils ont besoin d'un niveau d'exigence et ils ont besoin de points de repère. Et si on est dans l'évitement, on est vraiment dans ce manque de points de repère. Alors c'est vrai qu'avec l'expérience, j'ai compris une chose fondamentale, on peut être gentil et exigeant en même temps. Mais pour pouvoir faire cohabiter sainement et quotidiennement ces deux aspects, il faut un cadre clair. La gentillesse, c'est le respect de la personne et l'exigence, c'est le respect du cadre, du rôle, du travail. Et quand le cadre est posé, la gentillesse ne devient pas au plus une faiblesse et l'exigence ne devient pas de la dureté. On voit à travers cette notion d'importance de poser le cadre, d'être clair dans ses clairement des points de repère, ça permet de concilier la gentillesse et l'exigence sans être une faiblesse ou de la dureté. Et surtout il n'y a plus besoin de choisir entre les deux, on peut être les deux en même temps. Et c'est là que je veux être très claire, la gentillesse c'est une dimension essentielle du leadership, ce n'est pas une option, elle en fait partie intégrante. Et je crois profondément qu'un manager, avec la gentillesse et l'exigence bien sûr en même temps, il va d'une part renforcer sa crédibilité et d'autre part, il va renforcer la confiance. Et c'est ça que la gentillesse permet. Elle donne confiance, elle va aussi apporter la sécurité psychologique, elle va apporter aussi une meilleure qualité. de la relation et elle va, à terme et sur la durée, elle va permettre de renforcer l'engagement. Donc c'est quelque chose qui est vraiment porteur, qui va vraiment asseoir, qui a un socle qui est important de votre leadership. Être gentil, ce n'est pas éviter les choses, c'est vraiment assumer les décisions avec humanité. Et sans l'aborder dans le détail, mais je trouve aussi que quand on parle de gentillesse et d'exigence, il y a aussi une forme de courage qui s'exprime. Le courage d'être soi-même et le courage aussi de poser un cadre. Et ça c'est aussi quelque chose qui est extrêmement important, c'est cette forme de courage qui est une aussi des dimensions importantes du leadership, mais qu'on voit s'exprimer dans cette dimension aussi de la gentillesse. Et c'est justement aussi cette posture-là, gentillesse et exigence, qui va rendre l'exigence acceptable. Parce que, comme je viens de le dire, les personnes qui vous suivront, s'il n'y a qu'une dimension qui s'exprime, elles auront de la peine à vous suivre, à être dans votre mouvement. L'exigence, pour qu'elle soit acceptable, si elle est faite avec gentillesse, vous aurez beaucoup plus de facilité à faire adhérer à votre exigence. à faire que les gens vont vous suivre et qu'ils vont vous respecter. Donc ça, c'est quelque chose qui est vraiment aussi important à bien intégrer. Et c'est vrai que dans mes accompagnements, je retrouve très souvent cette peur des managers, comme moi je l'ai eu quand je manageais, surtout à mes débuts. C'est « si je suis trop gentil, je vais me mettre en difficulté. Si je suis trop gentil, je vais passer pour quelqu'un de faible. » On va se mettre une carapace, on va beaucoup se protéger. Et donc, on va un peu mettre en sourdine ce côté... la gentillesse de notre personne. Alors que... Si on voit la gentillesse vraiment comme un socle essentiel de son leadership et qu'on arrive à faire cohabiter la gentillesse et l'exigence, ça va vraiment renforcer et donner de la puissance à son leadership. Parce que mon constat est toujours le même, ce n'est pas finalement la gentillesse qui va nous mettre en difficulté, mais c'est cette absence de cadre, cette absence de clarté, cette absence d'exigence. Et quand le cadre, il est clair, la gentillesse, elle devient une force. Elle devient une force pour le leadership. Alors si je devais vous laisser une idée aujourd'hui par rapport à cet épisode de podcast sur la gentillesse, ce serait de vous dire que vous n'avez pas à choisir entre être gentil ou être exigeant. La gentillesse, c'est une dimension essentielle de votre leadership. et l'exigence aussi. Et entre nous, c'est leur équilibre qui va permettre de tenir dans la durée comme manager. Et c'est le leadership qui va se jouer à ce niveau-là. Alors n'hésitez pas à vous rappeler que vous pouvez être exigeant sans renier qui vous êtes et sans renier votre gentillesse. Je vous dis à très vite pour un nouvel épisode d'Entre nous. Et si vous voulez que j'aborde un sujet en particulier dans ce podcast, écrivez-moi à magali vanet at impact-sens.ch ou également rendez-vous sur LinkedIn. À bientôt pour un nouvel épisode !