Speaker #0Il y a une phrase que vous vous êtes peut-être déjà dite. Elle est assez discrète, mais tellement automatique.
Allez, avance quand même. C'est pas le moment de ralentir.
Et vous avez continué. Un peu plus tendu, un peu moins clair, parce que s'arrêter, ça ne se fait pas. Il y a trop à faire, trop de gens qui attendent, trop de choses qui ne peuvent pas attendre.
Sauf que la fatigue, elle, elle ne demande pas la permission. Elle s'installe doucement, sans prévenir. Jusqu'au jour où vous ouvrez un mail — un mail simple — vous le relisez deux fois, et vous réalisez que vous n'avez toujours rien retenu.
Ce n'est pas un manque de volonté. Ce n'est pas un problème de caractère. C'est quelque chose de beaucoup plus simple — et surtout, de beaucoup plus réparable. On voit ça tout de suite.
Bonjour, je suis Jean-Claude, Chronotier et artisan du temps. Ici, dans Entre-temps, je vous aide à transformer votre emploi du temps en allié, pas à pas, sans pression. Mon objectif ? Vous donner des clés simples mais puissantes pour plus de clarté, de sérénité, et une vie alignée avec ce qui compte vraiment pour vous. Bienvenue dans Entre-temps, le podcast pour reprendre la main sur votre temps et sur votre vie.
Dans cet épisode, on va parler de rythme. Pas des rythmes qu'on devrait avoir, ni de ceux qu'on se promet de respecter un jour. Plutôt ceux qu'on a vraiment — maintenant, dans la vraie vie.
Parce que derrière cette phrase, « Allez, avance quand même », il y a quelque chose qu'on n'examine pas très souvent. Une sorte de lutte silencieuse contre sa propre énergie. Discrète mais quotidienne. Et souvent inutile. C'est ce qu'on va regarder ensemble aujourd'hui.
La tentation de compenser
Quand on est entrepreneur, manager, ou qu'on gère une famille seul, on n'a pas souvent le luxe de choisir son tempo. Il y a des échéances, des personnes qui attendent, des clients, des responsabilités qui ne se mettent pas en pause simplement parce qu'on est à plat.
Alors quand l'énergie baisse, on fait ce qu'on a presque toujours fait. On continue. On compense avec de la volonté, avec du café parfois. On va puiser dans son mental. On se dit que ça va passer, que c'est temporaire.
Et quand ça ne passe pas — quand le mental ne suit plus assez — il y a parfois cette pensée qui arrive. Pas très criante, mais tenace.
Le problème vient peut-être de moi. Je ne suis pas assez solide. Pas assez constant. Pas assez fiable.
Alors on culpabilise. À un certain moment, c'est ce qui m'est arrivé. Je pensais que je n'étais pas à la hauteur. Et donc, qu'est-ce que j'ai fait — qu'est-ce que peut-être vous faites aussi ? On force encore un peu plus. On continue à avancer malgré la fatigue.
Mais ce qu'on oublie — ce que moi j'ai oublié dans ces moments-là — c'est quelque chose qui est aujourd'hui pour moi très simple.
L'énergie ne fonctionne pas en ligne droite.
Les cycles d'énergie
Ce n'est pas une ligne constante. L'énergie fonctionne avec des cycles. Il y a des moments de grande énergie — souvent des moments de clarté, où les choses avancent facilement. Et il y a des creux — des moments où quelque chose devient tout de suite plus compliqué, alors que c'est une tâche qu'on sait bien faire. Ce n'est pas qu'on a perdu la compétence. C'est qu'on n'a plus la bonne énergie pour ce qui est demandé.
Si vous devez avoir une conversation difficile avec quelqu'un et que vous êtes à plat, ce n'est peut-être pas le meilleur moment pour défendre votre argumentation et tenir une conversation qui demande de la présence.
Il y a un terme pour ça : le cycle circadien. Et il y a aussi ce qu'on appelle le chronotype — c'est-à-dire que d'une manière tout à fait naturelle, il y a des moments où vous avez plus d'énergie, et d'autres où vous en avez moins. Ça n'a rien à voir avec ce que vous avez fait juste avant. C'est simplement comme ça que l'énergie fluctue. C'est ça, la vie.
Ce n'est donc pas le signe que quelque chose cloche. Et ça ne fonctionne pas de la même façon chez tout le monde — ce qui pose d'ailleurs parfois de petits problèmes de compréhension quand on travaille en équipe. Mais ça, c'est un autre sujet. Aujourd'hui, on parle de vous. De moi. De nous.
Respecter ses rythmes, ça ne veut pas dire tout arrêter
Respecter ses rythmes, ce n'est pas décider d'arrêter dès que l'énergie baisse. Ce n'est pas ça du tout.
C'est simplement arrêter de se battre contre ce qui est déjà là.
Si vous êtes dans un creux, ça ne sert à rien de faire comme si vous étiez encore en pleine forme. Parce que quand vous forcez dans un creux, vous n'en sortez pas plus vite. Vous consommez simplement plus d'énergie pour faire exactement la même chose. Et cette énergie, vous en manquez déjà.
Le point de départ, c'est donc celui-ci : apprendre à reconnaître vos moments de clarté. Ces moments où tout semble un peu plus facile, où créer, analyser, décider devient fluide. Et aussi reconnaître à quel moment, dans votre journée, une décision devient difficile à prendre. Quand une phrase que vous devez écrire — un texte, un mail, quelque chose qui d'habitude ne vous demande aucun effort — devient réellement compliquée. Quand vous lisez quelque chose et que vous devez le relire deux fois pour en retenir quelques mots.
À ce moment-là, si vous continuez à insister sans prendre de pause, ce mail que vous auriez lu une fois et compris immédiatement en bonne énergie, vous allez devoir le relire. Vous prenez plus de temps pour faire exactement la même chose.
Ce que je vous propose ce soir
Peut-être que vous n'avez jamais encore vraiment regardé ces pics et ces vallées d'énergie dans votre journée. Alors voici quelque chose de simple.
Ce soir, avant de fermer votre journée, prenez deux minutes. Repassez mentalement ce que vous avez fait. Et demandez-vous : à quel moment est-ce que je me suis senti vraiment là, vraiment clair, vraiment en bonne énergie ? Et si vous pouvez aussi vous dire : qu'est-ce que je faisais à ce moment-là ?
C'est tout. Une simple observation. Pas encore d'analyse. Juste commencer à voir ce qui est déjà là — vos cycles d'énergie.
Après, si vous voulez aller un peu plus loin, vous pourrez commencer à protéger ces moments : adapter ce que vous y placez selon votre niveau d'énergie du moment. Vous trouverez des ressources complémentaires sur le site oruposa.com. Mais ici, pour l'instant, deux minutes d'observation ce soir. Pas plus. Et déjà, quelque chose commence.
Il y aura encore des jours où vous forcerez
Je veux être honnête avec vous, parce que je me posais ces mêmes questions à l'époque. Il y aura encore des jours où vous forcerez. Parce que vous n'aurez pas le choix, parce que la situation l'impose, parce que certaines choses ne peuvent tout simplement pas attendre.
Mais respecter son rythme, ce n'est pas vivre dans un idéal où tout serait parfaitement dosé, où chaque journée se déroulerait exactement comme prévu. Ça n'existe pas. Ce que ça change, c'est ce qui se passe après : revenir plus vite à l'écoute, plutôt que d'enchaîner plusieurs jours de lutte inutile contre votre énergie.
Pas plus tard que ce week-end, j'avais la famille à la maison, j'ai cuisiné, j'ai fait toute une série de choses, et une fois la journée terminée, il fallait tout remettre en ordre. J'étais assez fatigué. Alors le lundi — c'était le lundi de Pentecôte — je me suis simplement autorisé à laisser mon énergie se reconstituer doucement. Sans culpabiliser. Je me suis mis dans le canapé et j'ai regardé une petite série. Ce n'est pas ma façon préférée de récupérer, mais c'était ce dont j'avais besoin ce jour-là.
Et ça me donne l'occasion de vous poser la question : qu'est-ce qui, pour vous, vous permet de reconstituer votre énergie ? Une méditation, une marche en forêt, un livre ? Chacun a sa façon. L'essentiel, c'est de le faire — et de le faire sans culpabiliser. Parce que vous en avez besoin.
On ne gère pas son énergie comme on gère un planning. L'énergie, elle est disponible à certains moments — pas forcément à ceux qu'on aurait choisi de planifier. À partir du moment où on en est conscient, ça fait une très grande différence.
Le mantra de cet épisode
Ce n'est pas votre énergie qui résiste. C'est vous qui résistez à votre énergie.
Votre énergie n'est pas un défaut à corriger. C'est une information que votre corps vous donne. Et quand vous arrêtez de lutter contre vos rythmes, quelque chose peut commencer à changer dans la façon de vivre les journées. Ce ne sera pas spectaculaire. Mais petit à petit, doucement, vous pouvez commencer à aborder vos journées d'une manière un peu différente — avec un peu plus de calme, parce que vous savez à quoi vous attendre. Le travail devient un peu plus fluide. La fatigue perd une partie de son emprise. Et le temps, lui, commence à sembler un peu moins lourd.
Si cette question vous parle — si vous sentez que vous forcez souvent contre vous-même sans vraiment savoir comment faire autrement — sachez qu'il existe des espaces pour poser ce qu'on porte et regarder ensemble ce qui se passe vraiment, quand on n'est plus dans l'urgence de le gérer.
Si c'est autour de vos objectifs, vous savez que le cercle HeHo est là pour ça. Si c'est plutôt autour de la surcharge, de la dispersion, de ne plus retrouver l'essentiel, les retraites Le Souffle du Temps — dans une abbaye en Belgique — sont faites pour ça. Tout est sur le site oruposa.com.
Prenez soin de votre temps, parce que ce n'est rien d'autre que votre vie. On ne gère pas son énergie comme on gère un planning — on habite son temps. Et son temps, c'est aussi son énergie.
Je suis Jean-Claude, le Chronotier. À très bientôt dans Entre-temps.
Merci d'avoir pris ce moment Entre-temps avec moi. Si cet épisode a résonné en vous, je vous invite simplement à le partager avec quelqu'un qui pourrait en bénéficier — ou encore mieux, à me laisser un petit mot. Vos retours sont précieux et ils nourrissent cette belle aventure du temps. Tous les épisodes et des ressources complémentaires sont disponibles sur oruposa.com, rubrique podcast.
Prenez bien soin de votre temps — car au fond, ce n'est rien d'autre que votre vie.
À très bientôt dans Entre-temps.