Speaker #0Entre-temps — Épisode : Mon agenda doit soutenir mon énergie, pas l'épuiser
Quand j'ai préparé cet épisode, j'étais loin de penser que j'allais réellement traverser cette expérience aujourd'hui. C'est un peu ce que je vais vous conter — j'avais tout prévu, un bon créneau pour faire mon enregistrement comme d'hab, le mardi matin. Et puis voilà ce qui s'est passé. Je vous raconte tout dans un instant.
Bonjour, je suis Jean-Claude, Chronotier et artisan du temps. Ici, dans Entre-temps, je vous aide à transformer votre emploi du temps en allié, pas à pas, sans pression. Mon objectif ? Vous donner des clés simples mais puissantes pour plus de clarté, de sérénité et une vie alignée avec ce qui compte vraiment pour vous. Bienvenue dans Entre-temps, le podcast pour reprendre la main sur votre temps et sur votre vie.
Eh bien oui, j'avais prévu un créneau de travail ce mardi matin à 9h pour pouvoir enregistrer mon épisode. J'avais préparé ça quelques temps à l'avance, mais j'aime bien l'enregistrer la veille. Je ne sais pas, ça me donne un peu un genre de mood pour vous parler et pour être plus proche de vous que si par exemple j'enregistrais tout en batch comme certains le font. C'est assez rare que je fasse ça, sauf lorsque je pars en vacances — à ce moment-là, c'est ce que je fais.
Donc j'avais mon créneau horaire, comme je vous ai déjà dit de le faire, et c'est le matin — je suis normalement en bonne énergie. Sur le papier, tout était parfait.
Seulement voilà : je me lève et je ne suis pas trop en énergie. Je ne sais pas ce qui se passe. J'ai pourtant bien dormi, j'ai même un peu trop dormi. Je me dis, je dois être en super forme. Eh bien non — je ne me sens pas. Donc qu'est-ce que je fais ? J'en profite. Je dis, je n'ai pas l'énergie pour enregistrer mon épisode pour l'instant. J'arrange un peu ma cuisine, je fais ma vaisselle — des petites choses qui ne demandent pas trop d'énergie, et en plus que je n'aime pas trop faire, mais bon, j'étais dans le bon mood pour le faire.
Et puis le temps passe. Il est presque 11h30. Je me dis, bon, maintenant il faut quand même y aller. Je me retrouve dans mon bureau, en face de mon micro — et là, qu'est-ce qui se passe ? Le micro n'est pas reconnu, j'ai un son vraiment dégueu, ça ne fonctionne pas. Je me dis, mais enfin, qu'est-ce qui se passe ? Et là je me dis, si je continue sur cette pente-là, on ne va jamais l'enregistrer, cet épisode.
Donc je me suis un peu calmé, je me suis posé un moment, et je me suis dit : qu'est-ce qui peut se passer ? Ce n'est quand même pas possible, hier ça fonctionnait, aujourd'hui ça ne fonctionne plus. J'ai revérifié tous les branchements. Et j'ai dit : voilà ce qu'on fait, on va faire un reboot. On devrait pouvoir faire ça aussi avec nous-mêmes, un petit reboot, et hop, ça repart. J'ai éteint mon ordinateur, je l'ai allumé — et là, toutes les reconnexions, toutes les détections des micros se sont faites correctement. C'est pour ça que maintenant vous pouvez m'écouter correctement.
Voilà, à un certain moment, on prévoit un créneau, on le prévoit même au moment où on a la bonne énergie pour cette activité — et puis patatras, l'énergie n'est pas là. On ne la commande pas, l'énergie. N'importe quoi peut venir la perturber, et vous n'êtes plus dans le bon mood pour faire ce que vous auriez dû faire.
Je vous dis souvent que je vous partage des choses que j'ai expérimentées. Là, aujourd'hui, plus frais que ça, je ne sais pas faire.
Organiser ses journées sans tenir compte de son énergie
Ce que je voulais vraiment vous communiquer aujourd'hui, c'est que si votre énergie n'est pas là — pour quelque raison que ce soit — ça ne va pas vraiment fonctionner. Oui, c'est possible bien entendu, mais vous n'êtes pas dans la bonne atmosphère, ce que j'appelle le mood, pour l'exécuter sans que ça ne vous prenne trop de temps.
Donc, au moment où vous planifiez les choses — comme moi je l'ai fait — c'est d'organiser vos créneaux, ça c'est une chose que vous pouvez faire, mais d'y mettre des activités qui requièrent le type d'énergie que vous avez normalement à ce moment-là. Pour moi, j'ai des pics d'énergie entre 9h et 11h30 le matin. Donc l'enregistrement de cet épisode était planifié correctement. Mais il y a des imprévus qui viennent. Et la question, c'est : comment réagit-on correctement en fonction de l'énergie que l'on a ?
Parce que quand on s'organise sans tenir compte de son énergie, on a l'impression que cette énergie est constante. Or elle ne l'est pas. Il y a des hauts et des bas. Et si on connaît ce pattern — cette façon dont l'énergie fluctue au cours de la journée — on peut en tirer profit en y mettant des activités qui vont requérir plus ou moins d'énergie, et être en pleine adéquation entre l'énergie disponible et les activités à réaliser.
Il est clair que quand on est entrepreneur, manager, ou même parent solo, il y a des rendez-vous auxquels on doit absolument participer, des échéances, des responsabilités — ça ne se gère pas au hasard. Nous avons besoin d'une certaine structure. Et structurer ses journées, c'est vraiment utile. Mais — et c'est un vrai mais — il y a souvent un décalage qu'on observe assez souvent dans l'agenda de certaines personnes. L'agenda, lui, est logique. Pour lui, l'énergie va suivre. Et parfois, comme moi ce matin, on se retrouve à faire des tâches importantes dans des moments où on est fatigué. Et des tâches simples dans des moments où on est super énergisé, prêt à affronter des problèmes complexes, des analyses, des clients, des activités énergivores.
On utilise parfois notre énergie à l'envers, sans vraiment s'en rendre compte.
Ce n'est pas un problème de motivation — ce matin j'étais motivé. C'est un problème d'ajustement. Quand l'énergie n'est pas là, vous pouvez faire l'activité, bien sûr — elle sera terminée — mais elle va certainement vous prendre beaucoup plus de temps, et vous ne serez peut-être pas tout à fait satisfait du résultat. Pourtant, c'est la même expérience, les mêmes connaissances, la même personne. La seule chose qui change, c'est le niveau d'énergie à ce moment précis.
Je voudrais quand même faire un distinguo entre deux choses.
Il y a le moment où vous vous organisez — vous planifiez votre semaine, vous y mettez vos activités dans votre agenda. Et maintenant vous savez que ce serait bien de les planifier aussi en fonction de votre énergie. C'est le plan : comment on voit la semaine, la journée, le mois.
Et la deuxième partie, celle que je vous ai contée en début d'épisode, c'est que malgré une organisation bien faite, ce matin, à l'heure où elle devait être là, mon énergie n'était pas au rendez-vous. Nous aurons l'occasion de revoir cette deuxième partie un peu plus tard.
Alors, on a appris à organiser ses activités — ce que tout le monde appelle organiser son temps, sachant qu'on ne peut pas l'organiser, mais qu'on organise nos activités. Mais est-ce qu'on prend le temps d'intégrer dans son agenda l'organisation de son énergie ? C'est-à-dire de bien connaître quand sont ses points de haute énergie et quand sont ses points de basse énergie ?
Si on ne le fait pas, on place les tâches en fonction des disponibilités. On ne tient pas compte de comment sera l'intérieur à ce moment-là. Et alors on va compenser — on a prévu une activité compliquée à un moment où on est bas en énergie, donc on force. On s'épuise à pomper de l'énergie qu'on n'a déjà pas. Et on s'épuise encore plus vite. Et parfois, on culpabilise de ne pas être efficace, d'avoir l'impression de procrastiner. Ça n'a strictement rien à voir avec tout ça. C'est simplement que l'énergie n'est pas au bon niveau.
Une grande partie du problème ne vient pas du volume de travail. Elle vient du moment où on le fait.
Voilà la question que je me suis posée ce matin — et je vous la recommande également.
Au lieu de commencer la journée en me demandant « qu'est-ce que je dois faire ? » — je le savais très bien, ma journée était absolument préparée — je me suis posé la question : qu'est-ce que je peux faire avec l'énergie que j'ai là, maintenant ? Qu'est-ce qui est le plus juste ?
À 9h, quand je me suis dit que j'allais aller dans mon studio d'enregistrement, je n'avais pas du tout cette énergie. Alors ça s'est terminé par faire la vaisselle et remettre en ordre ma cuisine. J'ai dû m'ajuster, adapter mes activités en fonction de l'énergie réelle que j'avais — bien que j'aurais voulu en avoir une autre.
Ce n'est pas une question de confort, c'est une question d'efficacité réelle. Quand une tâche importante est faite au bon moment — au moment où vous avez vraiment la tête pour ça — elle avance mieux, et elle vous coûte moins en ressources et en temps. L'effort restera plus ou moins le même dans l'absolu. Mais ce ne seront pas des efforts inutiles.
Trois repères pour s'ajuster quand l'énergie n'est pas au rendez-vous
Premier repère : identifier vos moments forts sur une journée. Il y a des moments où vous êtes plus clair. Pour moi, c'est le matin. Pour vous, ça peut être l'après-midi — chacun a son rythme propre. Repérez ces moments et essayez de les protéger. Si vous êtes en haute énergie, gardez-les pour ce qui demande vraiment de la réflexion, de la créativité, des décisions. C'est pour ça que j'enregistre toujours mes épisodes le matin. Sauf aujourd'hui — l'exception fait la règle.
Deuxième repère : adapter au lieu de forcer. C'est exactement ce que j'ai fait. J'aurais pu venir à 9h10 et commencer — ça n'aurait pas fonctionné. Il n'y aurait pas eu de vie dans cet épisode. Quand l'énergie est basse, ne vous demandez pas de faire la même chose que quand elle est à son niveau le plus haut. Passez à des tâches un peu plus simples. Répondre à des messages, classer, préparer quelque chose pour le lendemain, avancer doucement sur quelque chose de moins exigeant. Vous continuez à avancer sans vous épuiser inutilement. Et vous ne serez pas frustré de ne pas avoir avancé — parce que des choses que vous auriez dû faire plus tard, vous les avez avancées maintenant. C'est simplement un réalignement des activités, non pas parce qu'on n'a plus le temps, mais parce qu'on n'a pas l'énergie.
Troisième repère : repenser votre agenda. Un agenda efficace ne contient pas seulement vos tâches — il respecte aussi votre énergie. Dans mon agenda, j'ai bien entendu une partie avec toutes mes activités, mais je me suis créé un autre agenda. Avec des outils comme Google Agenda ou Microsoft, vous pouvez avoir plusieurs agendas en même temps. J'ai un agenda qui ne contient que mes zones d'énergie. Quand je planifie, j'affiche les deux en même temps, et je peux glisser les activités dans les bons créneaux. Si vous n'avez pas cette possibilité, coloriez simplement les créneaux de haute énergie en vert, les moments de baisse en orange, et les moments de creux en rouge. Quand vous planifiez vos activités, vous êtes sûr de les mettre dans la bonne case.
Le mantra de cet épisode
Mon agenda doit soutenir mon énergie, pas l'épuiser.
C'est exactement ce que j'ai fait aujourd'hui, en live.
Tout ne sera jamais parfaitement aligné — c'est un rêve, et vous savez qu'ici on essaie d'être le plus réaliste possible. Il y aura toujours des réunions à un mauvais moment, des imprévus — aujourd'hui j'en ai eu, avec ce microphone qui ne fonctionnait plus. Il y aura toujours des journées où ça déborde de partout. Ce n'est pas ça le problème. C'est que même dans ce cadre qui semble chaotique, vous pouvez ajuster au moins une partie de vos actions pour les déplacer dans un créneau où vous aurez une meilleure énergie. Et souvent, ça suffit pour retrouver de la fluidité dans une journée qui semblait pourtant trop chargée.
Dans mon exemple d'aujourd'hui : quand je vais préparer mon repas après avoir enregistré cet épisode, je vais le faire dans une cuisine qui est nickel. Il y a aussi du bon dans tout ça.
Le Chronosique du jour : les réunions internes sans conclusion
Vous vous souvenez des Chronosiques — ces bouffeurs de temps qui s'installent sans prévenir. Aujourd'hui, je veux vous parler des réunions internes. Pas des réunions internes à une entreprise, mais celles qu'on a à l'intérieur de soi-même.
Je peux vous dire que j'en ai eu quelques-unes aujourd'hui. Surtout depuis que je suis entrepreneur et que parfois je travaille seul. Vous avez peut-être vu, pour ceux qui me suivent, que j'organisais une retraite fin de mois. C'était la première — et personne n'est venu. Ça arrive, c'est ok, il n'y a aucun problème avec ça. Mais je me suis retrouvé seul, et c'est un bon moment pour avoir une conversation avec toute la troupe qui est à l'intérieur.
Voilà comment ça se passe. Vous bloquez une heure pour réfléchir à une stratégie, à quelque chose d'important. Et vous vous retrouvez à ouvrir Notion avec trois onglets. Vous revenez sur votre logo. Vous travaillez sur la conférence sur le temps dans les abbayes. Vous revenez sur votre tarification. Bref, ce n'est pas vraiment le sujet que vous vouliez aborder. Et le résultat, c'est qu'une heure plus tard, vous n'avez toujours pas décidé sur la direction que vous vouliez prendre.
C'est ce que j'appelle une belle réunion interne sans conclusion.
Ce n'est pas une fatalité. Voici comment je m'y suis pris pour y mettre un halte.
Premièrement : transformer la réunion en décision. Avant de commencer, je pose clairement — avec moi-même et tous ceux qui sont à l'intérieur — la question : qu'est-ce que je veux avoir décidé à la fin ? Ça change tout. Quand j'ai réalisé qu'on avait travaillé une heure sur plein de choses sans que ce soit ce que je voulais faire, j'ai dit : je veux savoir exactement si je vais continuer avec ces retraites professionnelles en abbaye ou pas. Parce qu'aujourd'hui il n'y a personne. Est-ce qu'on continue ? Et si oui, qu'est-ce qu'on fait ? Cette petite réunion avec moi-même est devenue une réunion avec un objectif. Et ça s'est transformé en quelque chose d'autre que du bruit mental.
Deuxièmement : parler moins et écrire plus. Quand on discute dans sa tête, il y a des idées, des arguments, des contre-arguments. Alors je me dis : on se calme, je prends un crayon et du papier ou mon ordinateur, et j'écris. J'écris ce que j'ai décidé, pourquoi, et quand je le ferai. En 15 minutes, c'est souvent plié. Parce que le fait d'écrire ralentit le processus de la pensée — et ça laisse un peu plus de place à la raison pour analyser et prendre une décision.
Et si je n'ai rien à décider, c'est que j'ai juste besoin d'une pause — pas d'une réunion avec moi-même. Et parfois, c'est bien de simplement laisser parler la petite voix. Sans enjeu. On l'écoute. Il y a peut-être un message là-derrière. Elle a besoin de retrouver du calme, de se sentir un peu plus en sécurité. Écoutez ce qu'elle a à vous dire.
Donc la prochaine fois que vous avez une réunion interne : soit vous décidez consciemment de laisser passer l'information et de voir ce qui vient — c'est tout, rien de plus — soit vous dites : voilà ce que je veux avoir comme résultat dans les 15 minutes qui suivent. Cinq minutes de conversation interne avec un objectif clair, et vous allez voir, ça fonctionne.
Pour conclure
L'organisation reste importante — ce n'était pas du tout la question d'aujourd'hui. Mais elle devient de plus en plus efficace quand elle s'appuie intelligemment sur votre énergie, pas quand elle l'ignore.
Quand vous arrêtez de lutter contre votre état intérieur, quand vous arrêtez de placer vos tâches les plus exigeantes dans des moments creux, le travail devient plus simple, plus stable — et surtout plus soutenable dans la durée. Et le soir, vous avez encore de l'énergie pour ce qui vous attend.
Si vous sentez que vous forcez souvent contre votre énergie, prenez simplement un moment pour l'observer. On ne peut pas modifier quelque chose dont on n'est pas conscient. Observez d'abord. Ce n'est pas le but de tout changer d'un coup. C'est juste de voir à quel moment vous placez vos tâches les plus exigeantes, et si ça correspond vraiment à votre état du moment — sur le papier, et ensuite en pratique.
C'est exactement ce qu'on fait aussi dans le cercle HeHo, le cercle privé d'entrepreneurs. On travaille cette dimension. On s'organise avec plus de clarté et de justesse quand l'agenda du mois pour nos objectifs est vraiment en ligne avec notre énergie du moment — et pas l'inverse. Si vous êtes intéressé, vous trouverez toutes les informations sur le site oruposa.com.
Prenez soin de vous, prenez soin de votre temps — parce que ce n'est rien d'autre que votre vie. Et ici, dans Entre-temps, on ne cherche pas à la remplir, la vie. On apprend à l'habiter.
Je suis Jean-Claude, Chronotier. À très bientôt dans Entre-temps.
Merci d'avoir pris ce moment Entre-temps avec moi. Si cet épisode a résonné en vous, je vous invite simplement à le partager avec quelqu'un qui pourrait en bénéficier — ou encore mieux, à me laisser un petit mot. Vos retours sont précieux et ils nourrissent cette belle aventure du temps. Tous les épisodes et des ressources complémentaires sont disponibles sur oruposa.com, rubrique podcast.
Prenez bien soin de votre temps — car au fond, ce n'est rien d'autre que votre vie.
À très bientôt dans Entre-temps