Speaker #0Entre-temps — Épisode : Se distraire et se recharger, ce n'est pas la même chose
Vous avez peut-être déjà eu ça — sans doute après un grand moment derrière votre ordinateur, parce que vous vouliez absolument terminer ce que vous étiez en train de faire. Vous vous sentez fatigué, pas vraiment épuisé, mais un peu comme vidé. Et à un moment vous êtes dans le vague. Sans doute vous vous dites : j'ai besoin d'une pause. Et qu'est-ce que vous faites ? Vous prenez votre téléphone et vous commencez à scroller un peu. Sur le moment, ça fait bien. Et puis cinq minutes après, la fatigue est de nouveau présente. Vous avez finalement été distrait un peu. Mais les tensions ici, dans les épaules, elles sont toujours là.
Bonjour, je suis Jean-Claude, Chronotier et artisan du temps. Ici, dans Entre-temps, je vous aide à transformer votre emploi du temps en allié, pas à pas, sans pression. Mon objectif ? Vous donner des clés simples mais puissantes pour plus de clarté, de sérénité et une vie alignée avec ce qui compte vraiment pour vous. Bienvenue dans Entre-temps, le podcast pour reprendre la main sur votre temps et sur votre vie.
C'est étrange, non ? Parce qu'on a vraiment l'impression de se reposer en scrollant. Alors je me suis posé la question — et je la pose souvent. Est-ce qu'on se repose ? Est-ce que je me repose vraiment ? Ou est-ce que j'essaie un peu de m'échapper ?
Je suis Jean-Claude, Chronotier, et c'est exactement de ce dont j'aimerais qu'on parle aujourd'hui : la manière dont on récupère vraiment son énergie. Parce que se distraire et se recharger, ce n'est pas exactement la même chose. Et souvent, on confond les deux.
Une histoire de café — et de marche
Je ne sais pas vous, mais moi, quand je travaillais — j'étais encore programmeur à l'époque, analyste — je travaillais sur des projets, et notamment un projet assez costaud qui était la traduction d'un programme généré automatiquement, qu'il fallait remettre en COBOL. C'était assez intense comme travail et ça me prenait beaucoup. J'avais vraiment envie de terminer ce travail le plus rapidement possible, mais c'était quelque chose de long — j'en avais pour plusieurs mois. Je passais parfois de très longues heures sur ce programme. Et jusqu'au moment où je sentais que, comme je vous l'ai dit, j'étais fatigué, j'avais les épaules qui tiraient.
Qu'est-ce que je faisais à ce moment-là ? Il me fallait juste un petit quelque chose, une petite pause. Et ma pause à moi, à l'époque, c'était le café. J'allais me chercher un café. Il faut savoir qu'à l'époque, il n'y avait pas de machine à café. Dans le département, il y avait les services généraux qui préparaient un samovar de café et le positionnaient à un endroit particulier. Et moi, j'étais juste un étage au-dessus. Donc ma mini-pause, c'était d'aller me chercher un café. Je passais le couloir, je descendais les escaliers, je refaisais le couloir dans le sens inverse un étage plus bas. Je me prenais un café — petit sucre, un peu de lait, c'est comme ça. Et puis je revenais dans mon bureau.
Ces quelques minutes, et ce café surtout — c'est ce que je pensais à l'époque — me redonnaient de l'énergie. Et puis je continuais.
En fait, il m'a fallu beaucoup de temps pour me rendre compte que ce n'était pas le café qui me remettait en énergie. C'était simplement cette petite marche, ces deux volées d'escaliers, ces deux fois le couloir. Bien sûr, le café va donner un petit coup de fouet 20 à 30 minutes après, une fois que la caféine fait son effet. Ce n'est pas la meilleure drogue à utiliser, je suis tout à fait d'accord. Mais moi, ça fonctionne — ça fonctionnait, et ça fonctionne encore. Ce que je voulais vous dire, c'est que ce n'était pas le café. C'était le fait que je m'étais déplacé. Et ça, même si c'était tout petit, ça m'avait redonné une énergie suffisante pour continuer à travailler.
La fausse pause
Revenons au temps moderne. La plupart du temps, qu'est-ce qui se passe ? On a sa bouteille d'eau sur son bureau, son téléphone à portée de main. Et on fait une pause. Enfin, on croit qu'on fait une pause. On va chercher son téléphone pour regarder combien de likes on a eu sur son Instagram ce matin. Ou on regarde une petite vidéo sur YouTube — et vous savez comment ça va, les vidéos sur YouTube, c'est très dangereux. Vous en regardez une, une deuxième, une troisième, une quatrième, et il y a un quart d'heure qui est passé.
Mais ce n'est pas ça le vrai sujet. Le sujet, c'est que ce que vous pensiez être une pause n'en est pas une. Pourquoi ? Parce que vous avez continué à faire fonctionner votre cerveau. Vous étiez sur une tâche relativement cognitive, et pour vous reposer, vous en faites une autre qui est également cognitive. Ça ne fonctionne pas. Vous ne donnez pas un break à votre cerveau. Il est continuellement bombardé de nouvelles informations. Et peut-être même de nouveaux processus : Ah, ça c'est intéressant, il faudrait que je fasse attention. Ah oui, j'ai vu que Marcel m'avait liké, donc il faut que je lui envoie un petit message. Bref.
Ce n'est pas réellement une pause. Vous continuez à être actif, à utiliser les ressources de votre cerveau. Et en plus, vous ne bougez pas — donc pas de mouvement, et votre corps ne régénère pas son énergie physique. Pas de pause au niveau de la charge mentale, et pas de pause non plus au niveau physique.
Qu'est-ce qui se passe ? Vous avez fait, entre guillemets, une pause — mais vous redémarrez après sur vos activités avec pratiquement le même niveau d'énergie qu'avant. Déjà bas, puisque vous étiez fatigué. Vous n'êtes pas du tout dans un processus de recharger votre énergie.
C'est quoi une vraie pause ?
Je vais vous donner ce qui fonctionne pour moi. Mais il y en a toute une série d'autres que vous pourrez tester vous-même. Et c'est d'ailleurs ce que je vous conseille : ne pas écouter seulement ce qui fonctionne pour les autres, mais voir ce qui fonctionne réellement pour vous.
Pour moi, ce qui fonctionne le mieux, c'est de me lever, de sortir de mon bureau. Et oui, j'ai toujours cette manie d'aller me faire un café — je vous promets, j'essaie de prendre aussi un peu de thé. C'est moins attractif, mais voilà. Ici, ma cuisine est juste de l'autre côté. Je me lève, je vais préparer le café, je passe éventuellement aux toilettes ou je regarde un peu le jardin par la fenêtre, et après je reviens au bureau. Quelques instants — 2 à 3 minutes — qui me permettent de décontracter mon corps et d'être un peu plus en énergie.
Parfois, on ne peut pas se déplacer. Quand on est dans un open space — je l'ai fait moi-même — si toutes les 20 minutes vous vous levez pour aller à la machine à café, on va se demander ce qui se passe. Et pourtant, il y a des personnes qui le font — mais avec une cigarette. Ils vont à l'extérieur du bâtiment, parfois à une certaine distance. Le fait qu'ils fument, c'est peut-être pas très bon pour la santé — chacun son avis. Mais ce qui est bien, c'est qu'ils se déplacent, qu'ils marchent, qu'ils quittent leur environnement.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, il y a toute une série de petits exercices que vous pouvez faire en restant assis. Des petits mouvements avec les pieds — les mettre sur les pointes, relever les pieds et les jambes — ça va déjà mobiliser les jambes. Il existe aussi toute une série de petits étirements que vous pouvez faire régulièrement. Autre chose qui fonctionne pour moi : aller à la fenêtre et regarder ce qui se passe dehors, essayer de s'évader un moment. Moi, je fais ça en regardant les arbres, en voyant comment les feuilles bougent. Simplement pendant quelques instants. Et ça, ça donne une pause au cerveau.
Trois pistes à explorer
Première piste : s'arrêter et se poser une question. Qu'est-ce qui me ressource vraiment dans ma journée ? Pour certains, c'est marcher quelques minutes. Pour d'autres, c'est rester en silence, ne rien faire un moment. Chacun a ses propres ressources — c'est ça qui est le plus important. Et le plus important, c'est que vous les identifiez. Parce que ce qui va pour un ne va pas forcément pour l'autre.
Deuxième piste : les micro-pauses. Je ne parle pas de quelque chose de très long. Une minute sans écran. Pendant une minute, vous faites attention à votre respiration. Vous changez de pièce. Vous regardez par la fenêtre. Ça semble insignifiant, ça semble ridicule — mais ça donne au corps un signal que vous avez besoin de récupérer, et que même si c'est brièvement, vous pouvez le faire.
Troisième piste : elle est peut-être un peu plus philosophique. C'est de se demander, quand je fais une pause : est-ce que je la fais pour me régénérer, ou est-ce que je la fais pour échapper à quelque chose ? Parce que parfois on fait une pause parce qu'on n'a pas trop envie de continuer cette activité-là, ou de commencer celle-là, parce qu'elle est difficile ou pas vraiment ce qu'on veut faire. On essaie de retarder le moment. Identifiez donc aussi si votre pause est bien une pause qui va vous régénérer — ou plutôt un moment où vous allez procrastiner un peu.
Le mantra de cet épisode
La fatigue n'a pas besoin d'être noyée, ni écartée. Elle a simplement besoin d'être respectée.
Quand votre corps vous mentionne gentiment qu'il est fatigué et qu'il aimerait une pause, offrez-lui. Sinon, il va petit à petit crier un peu plus fort, jusqu'au moment où vous ne pourrez plus continuer.
Essayez-le — une petite pause de temps en temps, avec les pistes que je vous ai données ou simplement ce qui résonne pour vous. Vous verrez par vous-même si ça fait une différence ou pas.
J'aimerais vous partager également quelque chose qui m'a toujours manqué lorsque j'étais salarié : un endroit où je peux déposer mes objectifs, en discuter avec quelqu'un. C'était très difficile de partager ses objectifs avec des personnes qui auraient pu être un peu en concurrence avec moi. C'est pour ça que j'ai créé le cercle HeHo — un cercle privé, limité, de quelques entrepreneurs et managers, qui désirent vraiment pouvoir partager à la fois leurs objectifs, mais aussi tout ce qu'ils mettent en place pour être mieux dans la réalisation de leurs activités. Si vous êtes intéressé, sur oruposa.com, vous trouverez toutes les informations nécessaires.
Et pour celles et ceux qui voudraient avoir ces moments de pause, ces moments où on s'écoute un peu mieux, où on ralentit, où on donne à son cerveau un break dans cette agitation continuelle — c'est aussi quelque chose qui m'a manqué, un endroit où on peut se poser et réfléchir sur ce qui est essentiel pour soi, sur comment mieux utiliser son énergie, sur quelle direction aller pour être sûr que son temps et son énergie sont en synchronisation avec ce qu'on désire faire.
Pour ça, on a besoin de calme, d'un peu de silence, de faire taire un moment ces milliers de pensées. Et quand on se calme, quelque chose d'assez important se passe : on laisse remonter toute une série d'informations qui normalement ne seraient jamais venues, parce qu'il y a tellement de brouhaha.
J'ai appelé ça Le Souffle du Temps — un moment pour souffler. On se retrouve une fois par mois dans une abbaye. Parce que rien que l'abbaye, ça vous donne déjà un calme. Ça n'a rien à voir avec le religieux, c'est simplement le lieu par excellence du silence et du temps lent. Ce n'est pas un séminaire — c'est quelque chose pour se poser, se poser les bonnes questions, et peut-être rentrer le lundi avec quelque chose de complètement différent de ce qu'on était le vendredi matin avant d'y arriver. Si vous êtes intéressé, tout est sur oruposa.com.
Sachez également que chaque mercredi à 19h, heure belge, j'ouvre un Zoom — pas besoin d'invitation. Vous trouverez le lien en dessous, ou directement sur le site. C'est un moment entre nous pour parler du temps — pas de la météo. Si vous avez une question qui vous taraude, si vous voulez simplement échanger, écouter, être présent — ou même me voir pour savoir si vous passeriez quand même trois jours de retraite avec cet énergumène — une fois qu'on est en live, vous aurez vos réponses et vous verrez s'il y a un clic ou pas.
Prenez soin de vous, prenez soin de votre temps — parce que ce n'est rien d'autre que votre vie. À très bientôt dans Entre-temps.
Merci d'avoir pris ce moment Entre-temps avec moi. Si cet épisode a résonné en vous, je vous invite simplement à le partager avec quelqu'un qui pourrait en bénéficier — ou encore mieux, à me laisser un petit mot. Vos retours sont précieux et ils nourrissent cette belle aventure du temps. Tous les épisodes et des ressources complémentaires sont disponibles sur oruposa.com, rubrique podcast.
Prenez bien soin de votre temps — car au fond, ce n'est rien d'autre que votre vie.
À très bientôt dans Entre-temps