Speaker #0Entre-temps — Épisode : Le repos n'est pas ce que je quitte, c'est ce que je décide de garder
Ce sont les vacances, du moins pour certains d'entre nous. L'attente d'être en vacances pour se reposer — oui, c'est une manière de voir. Mais on va peut-être poser aujourd'hui un autre regard sur ça, parce que certains d'entre nous ne seront peut-être pas en vacances durant les mois de juillet et août, pour diverses raisons. J'ai connu ça moi aussi. Alors je vais vous partager ce que moi j'aurais aimé savoir avant de partir en vacances, mais aussi quand, pour moi, ce n'était pas possible d'en prendre.
Bonjour, je suis Jean-Claude, Chronotier et artisan du temps. Ici, dans Entre-temps, je vous aide à transformer votre emploi du temps en allié, pas à pas, sans pression. Mon objectif ? Vous donner des clés simples mais puissantes pour plus de clarté, de sérénité et une vie alignée avec ce qui compte vraiment pour vous. Bienvenue dans Entre-temps, le podcast pour reprendre la main sur votre temps et sur votre vie.
Vous connaissez peut-être ce moment — vous savez, en fin de journée, quand vous vous dites que vous allez vous reposer cet été. Cet été, je vais enfin pouvoir me reposer, vivre les vacances. Là, je vais enfin souffler. Ça ira mieux après les vacances. Et puis ces fameuses vacances arrivent. Et qu'est-ce qui se passe ? Elles passent. Elles passent très vite. Et deux semaines après, c'est déjà de nouveau la rentrée — parfois trois semaines pour les plus chanceux. Vous êtes déjà revenus exactement au même endroit. Peut-être un peu reposés, mais très rapidement la fatigue vous rattrape. Et vous voilà presque à attendre la prochaine pause — le break de novembre, ou les vacances de fin d'année.
C'est comme si le repos avait une date de péremption. On se repose, et puis voilà, c'est terminé, on n'a pas eu le temps d'en profiter vraiment avant que cette date soit dépassée. Et vous savez ce qu'on fait avec les produits dont la date de péremption est dépassée — on les jette.
Et puis, il y a ceux qui ne partent pas. J'ai connu ça plusieurs fois. Il y avait des années où je ne pouvais pas partir en juillet et en août. Je pouvais prendre des vacances, rassurez-vous, mais pas pendant cette période-là. Et donc, pour des raisons qui leur appartiennent, il y a des personnes qui ne partiront pas ou qui ne prendront pas de vacances pendant juillet et août. Ceux-là vont regarder ces deux mois se dérouler un peu comme les autres, peut-être avec un agenda légèrement allégé parce que les collègues sont partis, mais sans vraie coupure. Et il est possible qu'ils se disent — moi je me le disais — qu'au fond le repos ce sera pour une autre fois.
Eh bien, j'aimerais parler des deux cas et vous donner un autre regard sur cela.
Bonjour ou bonsoir, ça dépend où et quand vous m'écoutez. En tout cas, ce qui me fait très plaisir, c'est que vous m'écoutez — ça, c'est clair. Et à vous, les fidèles du mercredi, je vous dis un très grand merci.
Cet épisode va avoir une petite odeur différente. Moi, j'allais souvent en vacances dans le sud de la France, et quand vous ouvrez pour la première fois la porte de la voiture et que vous respirez cette odeur de garrigue, de thym, de lavande, c'est assez particulier. C'est ma petite Madeleine de Proust.
Bienvenue dans cet épisode d'Entre-temps, qui va vous parler un peu des vacances, mais qui va essayer de vous donner un autre regard sur ce qui se passe pendant ces vacances.
Les vacances, une ressource — pas seulement une parenthèse
J'espère que vous aurez l'occasion cet été de lever un peu le pied et de prendre un vrai temps pour vous. Parce que des vacances — ou du moins des moments de respiration — c'est très important. Les vacances, ce n'est pas seulement une petite parenthèse, c'est une ressource. C'est un espace qui, si on sait l'écouter, peut vraiment nous nourrir, même si ce n'est que quelques jours de détente. Mais surtout, l'essentiel n'est pas dans le nombre de jours, c'est dans la qualité de la détente. Ce sera le point central ici.
On croit souvent que les vacances, c'est une coupure. On débranche, puis après un certain temps, on rebranche. Oui, c'est correct, c'est comme ça aussi. Mais il y a un piège. Le piège, c'est de revenir exactement comme avant, simplement un peu moins fatigué. Et comme avant, dès la rentrée — qu'elle soit en septembre ou déjà en août — on recommence à courir, on remplit nos agendas, on replonge pratiquement tête baissée dans l'agitation, peut-être un peu moins stressé, mais on repart exactement là où on en était avant la césure.
Le repos, ce n'est pas un luxe — c'est un investissement. Les grands sportifs le savent : ils investissent dans leur repos pour pouvoir mieux réaliser leur performance au moment où ils devront le faire. Le repos, c'est un moment où le corps, et j'espère aussi l'esprit, vont se régénérer. Ce n'est pas seulement donner une coupure au corps — c'est aussi en donner une à l'esprit, au mental, essayer de le calmer un peu, de lui donner des vacances à lui aussi. Et c'est ce repos qui peut nous donner un nouvel élan, si on prend le temps de le transformer en énergie, et surtout en petites habitudes qui pourront durer après la rentrée.
Six pistes concrètes — trois pour ceux qui partent, trois pour ceux qui restent
En souvenir de mes années avec et sans vacances, je vais vous partager six pistes concrètes pour que cette période vous apporte quelque chose. Trois pour ceux qui s'en vont en vacances, et trois pour ceux pour qui ce sera deux mois un peu comme les autres.
Pour ceux qui partent
Première piste : garder une empreinte.
Les vacances ne se terminent pas quand la date est finie. Sinon, ça reste un souvenir flou qui s'efface. Après deux ou trois jours de rentrée, certaines personnes m'ont dit : « Les vacances, j'ai l'impression que c'était déjà l'année passée. » Donc, plutôt qu'un souvenir, essayez d'avoir une empreinte — quelque chose de concret.
Quand j'étais en vacances dans le Var, j'aimais faire une marche le matin. Pas une marche rapide — une marche lente. La fraîcheur du jour était encore là, il y avait la forêt, la garrigue. J'appelais ça ma marche lente du matin, et après je revenais prendre mon petit-déjeuner. Voilà, c'était mon empreinte. Mais si je la laissais tomber en rentrant, elle se dissipait.
Ce que j'ai fait par la suite, c'est continuer cette marche lente le matin à la rentrée. Et là, elle avait le goût de ces vacances.
Pour vous, ce sera peut-être le repas pris dehors sans regarder l'heure. Ou un livre qu'on lit au moment de la journée qui convient le mieux, sans culpabilité. Ce qui compte, ce n'est pas tant le moment où vous allez le faire, c'est que vous allez continuer à le faire. Si vous le ramenez avec vous, ça devient comme une encre dans votre quotidien. Et vous savez que souvent, si pas toujours, le cerveau ne fait pas vraiment la différence entre ce qui se passe réellement et ce qu'on pense fortement. Donc si vous avez ces encres bien après que les valises soient rangées, elles vont vous aider à rester quelque part un peu en vacances.
Deuxième piste : transférer le rythme.
Pendant les vacances, vous respirez différemment. Vous vous couchez autrement, vous laissez les matinées exister plus longtemps, vous vous laissez parfois porter par le courant de la journée sans vouloir absolument la remplir.
Quand vous allez revenir, n'effacez pas tout ça d'un coup. Essayez de garder une petite partie de ce rythme. Une seule chose — vous ne pourrez pas tout garder, parce qu'on revient dans un temps collectif avec des obligations. Mais, par exemple, une soirée sans écran. Ni télé, ni téléphone, ne serait-ce que quelques minutes avant d'aller vous coucher. Ou une plage de temps dans votre journée sans agenda, une plage libre. Ce sont peut-être de toutes petites choses, mais elles peuvent réellement vous apporter énormément.
Troisième piste : capitaliser sur le recul.
Pendant les vacances, le recul vient parfois naturellement, parce que les pressions extérieures n'existent plus. Vous êtes souvent dans un cadre qui vous calme déjà, dans une ambiance un peu plus légère, loin du bruit quotidien. Et le silence, ça devient de plus en plus difficile à trouver — mais quand on le trouve, c'est vraiment très intéressant. On peut écouter ce qui se passe à l'intérieur de soi. Et vous allez voir, lorsque vous êtes dans cette situation, certaines choses deviennent très claires. Ce qui vous manquait, la tête dans le guidon pendant l'année, vous allez le retrouver pendant ces moments de calme.
C'est probablement le meilleur moment de l'année pour regarder votre agenda et l'ajuster à ce qui compte vraiment. Vous le faites naturellement pendant les vacances — reprenez ça aussi à la rentrée. On ne peut pas tout bouleverser, bien sûr, mais qu'est-ce que vous pouvez mettre dans votre agenda qui compte réellement pour vous, et lui faire une petite place, comme vous lui aviez fait une grande place pendant votre congé ?
Pour ceux qui restent
Première piste : créer une coupure artificielle.
Le corps et l'esprit ont besoin d'un repos. Mais le corps et l'esprit ne savent pas si vous êtes à la mer ou dans votre salon. Ce qu'ils reconnaissent, c'est la coupure de rythme. Donc prenez deux ou trois jours où vous traitez votre quotidien comme si vous étiez en vacances — peut-être moins de réunions, regarder vos mails moins souvent. Même si vous êtes à la maison, ça change quelque chose.
Ce que je faisais, moi, quand je ne pouvais pas partir, c'était de prendre trois jours avec un rythme différent. Le vendredi, le samedi et le dimanche — quand j'étais salarié, le week-end me libérait déjà des obligations normales. Et le vendredi, surtout quand une bonne partie des collègues était en vacances, c'était beaucoup plus calme. Le matin, je terminais ce que la semaine ne m'avait pas permis de terminer. Vers midi, je sortais pour un lunch avec un collègue encore au bureau — ça cassait le rythme. L'après-midi, je travaillais sans agenda, sans obligation de terminer quoi que ce soit absolument. Et vers 16h30-17h, je rentrais. Ce qui me faisait, en juillet-août, des soirées encore très lumineuses jusqu'à 22h — une soirée réellement grande.
Deuxième piste : profiter de l'allègement naturel de l'été.
En juillet et août, on a souvent un rythme un peu plus lent — il y a moins d'urgences imposées de l'extérieur, certains clients et fournisseurs sont en vacances, les sollicitations internes diminuent. Plutôt que de remplir cet espace comme les autres mois, utilisez-le plus consciemment. Avancez sur ce qui vous tient à cœur — quelque chose que vous voulez mettre en place depuis un moment et que vous n'avez pas encore fait. Que ce soit au bureau ou à la maison, faites-le sur un autre rythme, le vôtre, celui qui vous convient.
Troisième piste : s'accorder des micro-respirations régulières.
Plutôt qu'une grande pause qui sera probablement impossible, accordez-vous peut-être un après-midi par semaine. Si vous pouvez prendre une demi-journée de congé, faites-vous plaisir — un moment sans agenda, ou pour faire ce dont vous avez envie. Ou une matinée différente : vous prenez votre petit-déjeuner plus lentement et vous arrivez un tout petit peu plus tard au bureau.
Moi, j'arrivais généralement vers 7h-7h30 le matin. En juillet-août, je me permettais d'arriver vers 8h-8h30. Ça ne voulait pas dire travailler moins — plutôt que 9 ou 10 heures, je me limitais à mes 8 heures conventionnelles. Et ça change quelque chose, parce que ça change le rythme. C'est ça le point essentiel : changer le rythme.
Ces petits espaces, accumulés sur deux mois, font souvent autant qu'une grande semaine de vacances bâclée. Et j'ai appris, assez tardivement, qu'il ne fallait pas attendre les vacances pour se reposer. Et que, comme pour la musique, il vaut mieux pratiquer un peu, mais souvent, que beaucoup, mais une seule fois.
Le fil rouge
Il y a un fil rouge qui traverse ces six pistes, qu'on parte ou qu'on reste.
Le repos, ce n'est pas une simple parenthèse qu'on ouvre et puis qu'on referme. C'est quelque chose qu'on choisit de garder vivant. C'est une empreinte — vous vous souvenez, ces odeurs, cette marche, ce repas pris à l'extérieur. Mais c'est aussi un rythme, un peu plus lent ou simplement différent. Et c'est surtout cet espace qu'on s'accorde, qu'on soit parti ou non.
Ceux qui partent peuvent en ramener quelque chose de très concret. Je le conseille vivement. Moi, je ramenais toujours quelque chose de physique — une pierre, un morceau de bois, quelque chose que j'avais trouvé pendant une promenade. Un objet concret qui restait à la maison pour la rentrée. Et ceux qui restent peuvent créer cette respiration là où ils sont.
Dans les deux cas, l'enjeu est le même : ne pas laisser l'été passer sans en tirer quelque chose qui dure.
Le mantra de cet épisode
Le repos n'est pas ce que je quitte, c'est ce que je décide de garder.
Je vais être honnête avec vous : la première semaine de rentrée sera probablement difficile. Elle l'a toujours été pour moi. D'ailleurs, j'avais pris l'habitude de rentrer quelques jours, voire une semaine, avant de reprendre, pour ne pas entrer dans le nouveau rythme de manière brutale, mais progressive.
Votre rentrée sera probablement difficile, que vous ayez pris des vacances ou non. Le rythme reprend, les urgences n'attendent pas, et parfois il s'est passé des choses pendant votre absence. Et vos bonnes intentions de l'été vont doucement se fragiliser au contact du quotidien, du mouvement, des distractions.
Ce n'est pas un échec — c'est simplement la réalité du retour.
Ce qui va faire la différence, ce n'est pas d'avoir tout planifié pendant les vacances. C'est d'avoir gardé une seule chose. N'essayez pas de tenir 50 nouvelles habitudes ou bonnes résolutions prises sur le transat. Non — une seule habitude, un seul espace. Mais tenez-vous y, surtout quand tout pousse à l'abandonner. Se prendre une fois par mois un après-midi simplement pour vous, même quand les urgences s'accumulent — c'est là que c'est le plus difficile, et c'est là que c'est le plus important. Pour revenir le lendemain avec encore plus d'énergie pour traiter tout ce qui vous attend.
Un jour j'ai entendu ceci, et ça a été une révélation — je vous le livre comme ça :
Une chose tenue vaut mieux que dix intentions oubliées.
Cet été, qu'il vous emmène loin ou qu'il vous garde là où vous êtes, vous avez quelque chose à en faire. N'essayons pas, comme pour le temps, de le remplir, de performer, de tout visiter. Ce n'est pas de performer — c'est de l'habiter, à votre façon. Et ça commence toujours par un choix simple : décider que le repos ne sera plus quelque chose que vous attendez, mais quelque chose que vous cultivez. Même à petite dose, même à dose homéopathique, ça fonctionne. Et même dans une journée ordinaire, on peut le faire. On aura l'occasion d'en reparler.
Ce qui arrive la semaine prochaine
La semaine prochaine, Entre-temps va prendre un petit nouveau visage pour l'été. Je vous embarque avec moi dans trois carnets qui s'ouvriront au fil des épisodes. Je vous parlerai des coulisses du livre que j'écris — pas de ce qu'il y a dedans, pas de sa promotion, mais pourquoi je suis venu à écrire un livre alors que j'ai déjà un podcast, pourquoi un livre et pas seulement un podcast, et comment c'est venu.
J'aimerais aussi partager avec vous, puisqu'on va être un peu plus tranquilles, la philosophie du temps que j'appelle ToKiMā. Un mot inspiré du japonais, dont chaque partie a un sens réel, et j'aimerais vous en parler plus en profondeur, surtout pour ceux qui sont intéressés par ce que ça veut dire vraiment, habiter son temps.
Et je pars au Mexique le 8 juillet — je reviendrai le 8 septembre. Deux mois pour des projets qui me tiennent à cœur, avec, j'espère, une ou deux vraies semaines de déconnexion. Je vous tiendrai au courant.
Donc ce mercredi 8 juillet, il n'y aura pas d'Heure du Temps — je voyage. Mais à partir de là, les mercredis à 19h, heure belge, vous êtes toujours les bienvenus. C'est gratuit, c'est ouvert, pas d'agenda imposé, pas d'obligation — simplement une conversation entre personnes qui écoutent le même podcast.
En septembre, Le Souffle du Temps reprend avec une retraite, et le cercle HeHo ouvre également ses portes. Si vous êtes intéressé, vous trouverez toutes les informations sur oruposa.com. Et si vous avez le moindre doute, vous pouvez me joindre par mail à jc@oruposa.com.
Prenez soin de vous, prenez soin de votre temps — parce que ce n'est rien d'autre que votre vie.
À très bientôt dans Entre-temps, et bonnes vacances.
Merci d'avoir pris ce moment Entre-temps avec moi. Si cet épisode a résonné en vous, je vous invite simplement à le partager avec quelqu'un qui pourrait en bénéficier — ou encore mieux, à me laisser un petit mot. Vos retours sont précieux et ils nourrissent cette belle aventure du temps. Tous les épisodes et des ressources complémentaires sont disponibles sur oruposa.com, rubrique podcast.
Et surtout, prenez bien soin de votre temps — car au fond, ce n'est rien d'autre que votre vie.
À très bientôt dans Entre-temps.