Speaker #0# Entre-temps — Carnets d'été #1 : On ne trouve pas le bon moment, on se rend disponible à lui
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Avez-vous déjà vécu ceci ? Des idées qui vous viennent dans des endroits que je qualifierais parfois d'improbables. Ça peut être autour d'un repas avec des amis, dans une conversation qu'on n'avait pas vraiment prévue. Vous écoutez quelqu'un et il y a des mots qui viennent d'une autre langue et qui vous disent quelque chose. Vous le ressentiez déjà depuis un moment, mais vous n'aviez jamais pu vraiment mettre des mots dessus. Il y a aussi des animaux qui vivent sous le même toit que vous et qui, si vous les regardez vraiment, vont vous apprendre quelque chose que vous aviez peut-être oublié.
Alors aujourd'hui, dans ce premier carnet d'été — et oui, c'est la période estivale — on va explorer ces trois sujets.
Bonjour, je suis Jean-Claude, Chronotier et artisan du temps. Ici, dans *Entre-temps*, je vous aide à transformer votre emploi du temps en allié, pas à pas, sans pression. Mon objectif ? Vous donner des clés simples mais puissantes pour plus de clarté, de sérénité et une vie alignée avec ce qui compte vraiment pour vous. Bienvenue dans *Entre-temps*, le podcast pour reprendre la main sur votre temps et sur votre vie.
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Bienvenue dans *Entre-temps*, je suis Jean-Claude, Chronotier, et aujourd'hui nous allons entrer dans quelque chose d'un peu différent. Les séries que vous avez eu l'habitude d'écouter vont reprendre en septembre. Et d'ici là, ce que je vous propose, c'est huit épisodes d'été — parce qu'il va y avoir huit semaines, c'est aussi simple que ça. Ce sera plutôt sous forme de carnet. Trois fils qui vont se tisser au fil des semaines, chacun à son propre rythme.
Comme j'ai eu l'occasion de vous le dire, j'enregistre maintenant ces épisodes depuis le Mexique, depuis une petite ville qui s'appelle Coatepec. Il se peut que vous entendiez des bruits un peu bizarres, parce que je ne suis pas dans mon studio d'enregistrement traditionnel — je m'en suis créé un petit ici. L'acoustique est peut-être un peu différente, vous allez peut-être entendre des bruits de la ville, des gens qui passent, des oiseaux. Voilà, c'est du live, je vous fais participer en même temps que moi à ce que je vis.
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## Carnet 1 — Les coulisses du livre
Ce premier carnet, ce seront les histoires que je vais vous conter, non pas pour vous faire découvrir le livre, mais pour vous parler des coulisses du livre que je suis en train d'écrire. Enfin, il est terminé — je dois simplement, pendant la période estivale, le relire encore une fois. Et j'ai demandé à ma fille de pouvoir illustrer les chapitres, donc ce sera à la fois un livre à lire et à découvrir visuellement. Voilà, ça ce sera pour plus tard, en fin d'année.
Je vais donc vous divulguer, pas encore le contenu du livre, mais ce qui se passe derrière. Mes questions, les doutes que j'ai eus, et parfois les surprises.
Aujourd'hui, je vous partage d'où est venue l'idée d'écrire ce livre. Et vous allez voir, c'est assez particulier comme parfois une idée vous vient dans un moment qui est assez improbable.
Cette idée, elle est née dans un restaurant. Un soir, j'étais avec mon ami Olivier. Je sais que tu m'écoutes, Olivier, donc voilà, c'est une petite pensée du Mexique pour toi. Je lui parlais de mon expérience du changement dans les systèmes d'information. J'ai travaillé très longtemps dans les départements informatiques — j'y ai fait toute ma carrière, d'ailleurs. Et ce sont des années et des années passées à accompagner les organisations pour lesquelles je travaillais et qui voulaient évoluer. Pour cette évolution, il y avait une transformation à faire, un changement. On passait d'une situation gérée peut-être manuellement ou avec des Excel, à une situation où un logiciel, une application, allait pouvoir faire le travail. Donc il y avait un changement, une transformation. Et pendant toutes ces années, j'en ai tiré des leçons.
Je lui expliquais un peu tout ça — ce que j'avais appris, comment faire, ce qui fonctionnait, ce qui ne fonctionnait pas. On avait une conversation un peu à bâtons rompus sur le sujet. Et à un moment, il m'a dit simplement : « Jean-Claude, pourquoi tu n'écrirais pas un livre pour transmettre tout ça ? »
Je dois vous dire que sur le moment, j'ai souri. Jamais l'idée d'écrire un livre ne m'était venue, que ce soit sur ce sujet ou sur n'importe quel autre. Donc j'ai pris ça un peu comme une belle intention d'ami, pas vraiment une idée sérieuse.
Et puis le week-end est arrivé, et je me suis retrouvé à poser la première structure d'un bouquin qui allait devenir le livre qui est maintenant presque terminé. Je n'avais pas vraiment décidé de le faire — c'est venu un peu comme ça, comme si l'idée avait plutôt décidé pour moi. Bien sûr, c'est moi qui ai pris la décision de le faire, mais c'est assez curieux comme parfois une question, un petit mot, peut vraiment vous pousser à faire quelque chose qui était peut-être là, en attente. Voilà, c'est parfois ça la magie, si je peux l'appeler ainsi. Quelqu'un vous dit quelque chose, et quelque temps après — parfois c'est court, parfois c'est plus long — il y a un déclic qui se fait à l'intérieur de vous. Merci encore, Olivier, pour m'avoir posé cette question.
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## Carnet 2 — ToKiMā : Toki, le temps vivant
Parlons maintenant de ToKiMā, avec le deuxième carnet de cet épisode, et en particulier de *Toki*, le premier mot de ToKiMā.
Toki, c'est le temps au Japon. Aujourd'hui, la première partie de cette exploration — qui se passera en quatre épisodes — c'est une philosophie du temps que j'ai appelée ToKiMā. Comme je vous le disais, ne cherchez pas au dictionnaire japonais : ToKiMā n'existe pas, je l'ai construit avec trois mots, et quelque chose derrière d'assez puissant qui me tient à cœur.
On commence donc par Toki. Toki, c'est un vrai mot japonais — celui-là vous pouvez aller le vérifier au dictionnaire, il existe. Et comme beaucoup de mots japonais, on ne sait pas toujours vraiment le traduire littéralement. On dit « le temps », mais ce n'est pas tout à fait ça.
Parce qu'en français, dans notre culture occidentale, européenne, le temps, c'est quelque chose qu'on mesure. On le découpe en minutes, en secondes. On le gère. On regarde l'heure, on calcule ce qu'il nous reste. On se demande s'il y en a encore assez. On essaie d'en gagner. Le temps est quelque chose qu'on a ou qu'on n'a pas.
Toki, c'est autre chose. C'est le moment précis dans lequel on se trouve. Ce n'est pas une unité de mesure — c'est plutôt une expérience que l'on vit, une expérience vivante. C'est ce qui se passe là, maintenant, pendant qu'on est là.
Les Japonais ont aussi une expression qui dit quelque chose de proche : *Ichi-go ichi-e* — « une fois, une rencontre ». L'idée, c'est que chaque moment est unique, qu'il ne reviendra pas, et que c'est précisément pour ça qu'il mérite qu'on y soit présent.
Je me souviens d'un moment, il y a beaucoup d'années, où j'étais assis à la maison avec ma fille et elle me parlait, elle me racontait ce qui s'était passé à l'école. Et moi j'étais là, bien entendu, physiquement — mais j'avais la tête ailleurs. Dans un dossier, dans une réunion du lendemain, je ne sais plus exactement. Je me rappelle que j'étais présent dans le temps, mais absent du moment. Et c'est exactement ça que Toki vient nommer. On peut traverser une journée entière sans vraiment jamais y être. Je me souviens que ma fille m'a gentiment fait la réflexion : « Papa, où es-tu ? »
Notre rapport occidental au temps est presque entièrement quantitatif. Combien j'en ai ? Combien j'en perds ? Combien j'en gagne ? Alors que Toki propose un déplacement — passer du *combien* au *comment*. Ce n'est pas de gérer le temps, mais de l'habiter. D'habiter le moment dans lequel on se trouve.
Et j'ai envie de vous poser la question : vous, en ce moment — là où vous m'écoutez — est-ce que vous y êtes vraiment ? Je pose la question parce que j'ai lu récemment sur LinkedIn des personnes qui disaient écouter les podcasts en vitesse 1,5 voire 2. Si c'est votre cas, je dois avoir une voix comme les Chipmunks. Mais au-delà de ça, la vraie question est : est-ce que vous êtes vraiment dans ce que vous faites ? Est-ce que vous traversez cette activité, ou est-ce que vous l'habitez ?
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## Carnet 3 — Une vie de chat : dormir
Ouvrons maintenant le troisième carnet, que j'ai intitulé *Une vie de chat*.
Comme je l'ai dit, je vivais seul avec ma chatte. Elle a 12 ans. C'est un bel âge. Elle est tranquille. Et chaque jour, je l'observe — comment elle vit son temps. Elle vit le temps à sa façon. Pas d'agenda, pas d'alarme, pas de liste de choses à faire. Et pourtant, elle fait toujours les mêmes choses, au bon moment, sans jamais se presser. J'ai fini par me demander si elle n'avait pas quelque chose à m'apprendre sur le temps.
Je dois quand même vous dire quelque chose. J'ai vécu avec ma chatte, qui s'appelait Liu, pendant pratiquement plus d'un an après mon divorce. On a immigré toutes les deux dans un appartement et on a vécu ensemble — j'ai eu l'occasion de l'observer comme je ne l'avais jamais fait auparavant. Aujourd'hui, elle s'en est allée, et il y a encore un peu d'émotion — vous vous en rendez peut-être compte dans ma voix. Mais pour moi, elle est toujours là, très présente, je la sens à mes côtés. Il se peut que je vous parle d'elle comme si elle était toujours vivante, simplement parce que pour moi, elle l'est toujours. Elle m'a enseigné pas mal de choses, et je vais vous partager ce que j'ai appelé cinq clés qui m'ont permis d'ouvrir des portes, une à une.
Je vais vous les raconter dans les épisodes à venir. Aujourd'hui, nous commençons avec la première.
**La première clé : dormir.**
Avant de le pratiquer — s'il vous plaît, attendez la fin de l'épisode si vous le pouvez.
Ce que j'observe chez elle, c'est une paix, je dirais, totale. Elle s'endort n'importe où — sur une chaise, sur la terrasse au soleil où elle s'étale, sur le canapé. Et parfois, avec la tête qui tombe doucement en dehors de la chaise, pas complètement pendante mais presque. Comme si le sommeil l'avait surprise en plein mouvement. Paf — et elle est bien là. Elle n'hésite pas. Elle ne se dit pas qu'elle devrait faire autre chose. Quand son corps dit stop, elle l'écoute. Et quand elle se réveille, elle est là également, entièrement.
Moi, longtemps, j'ai fait l'inverse. Je m'accordais rarement le droit de me reposer sans culpabilité. Parce qu'il y avait tellement de choses à faire. Parfois j'avais même l'impression que m'arrêter, c'était un signe de faiblesse. Surtout quand je travaillais avec d'autres personnes — quand il y avait des travaux au jardin avec des personnes d'activité physique, je trouvais que demander un moment de repos, c'était presque indécent. Et parfois, se reposer, c'était comme un signe de paresse — vous imaginez ça ?
En observant Liu, j'ai compris quelque chose d'évident, que j'ai pourtant mis des années à accepter : le repos, ce n'est pas du temps perdu. C'est ce qui rend justement le mouvement suivant possible.
Alors j'ai commencé à l'appliquer. Ma chatte me reconfirme que c'est la bonne chose à faire. Ce que je faisais, par exemple : fermer l'ordinateur quelques minutes plus tôt avant de repartir à la maison, simplement pour avoir un sas entre le moment où je termine le travail et le moment où je reprends la route. Ou m'allonger dix minutes les week-ends après le déjeuner. Parfois même après le petit-déjeuner — je petit-déjeune et puis j'écoute un podcast, ou je fais une méditation, quelque chose qui me fait la transition vers mon activité.
Et parfois aussi — je ne dis pas que vous devez le faire toute la journée, mais essayez — de ne rien faire d'autre que de laisser passer le temps, sans essayer de le remplir. Des centaines de pensées vont vous traverser l'esprit. Laissez-les passer, simplement. Et ces moments-là ralentissent. Et ce ralentissement a un effet particulier que je vous ai déjà partagé : il vous rend un peu plus lucide. Parce que ces pensées qui vous traversent, vous les laissez passer. Vous vous calmez. Et quand vous êtes plus calme, vous faites des choix qui sont parfois plus faciles, et peut-être plus alignés avec vous.
La prochaine fois, on parlera de la deuxième clé que ma chatte m'a gentiment donnée : manger. Ou plutôt — nourrir juste ce qui compte.
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## Le mantra de cet épisode
*On ne trouve pas le bon moment, on se rend disponible à lui.*
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Ces trois carnets que je viens de vous partager ont un fil commun — même si je ne l'avais pas vraiment planifié ainsi. Je dois être tout à fait honnête : c'est en relisant le script que je me suis dit, tiens, mais on parle de la même chose.
L'idée du livre est venue d'une conversation que je n'avais pas prévue. Toki nous dit que le moment qui compte, c'est celui dans lequel on se trouve là. Et Liu s'endort sans trop se demander si c'est le bon moment. Dans ces trois cas, il y a quelque chose qui arrive quand on arrête de forcer — une idée, une présence, un repos. On passe beaucoup de temps à chercher les bonnes conditions pour avancer, créer, récupérer. Et parfois, ce qu'il faut, c'est juste de se rendre disponible à ce qui est déjà là.
Cet été, je vous emmène donc avec moi. J'aimerais que vous ne soyez pas simplement spectateur, mais plutôt compagnon de route. Et ces carnets, je ne les vois pas comme des leçons — ce sont des fragments de chemin que j'aimerais partager avec vous. Un livre qui s'est écrit, une philosophie qui se construit, une chatte qui vit le temps mieux que moi, parfois.
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La semaine prochaine, on continue avec les coulisses du livre — la question qui vient juste après l'idée : pourquoi est-ce moi qui devrais parler de cela ? On avancera aussi d'un cran avec ToKiMā, avec le *Ki* — l'énergie vitale en japonais. Et bien entendu, Liu nous parlera de manger, ou plutôt de nourrir ce qui compte vraiment. Et il se peut qu'il y ait un bonus, en fonction de mon expérience vécue ici au Mexique.
Je suis arrivé depuis quelques jours, et cet épisode est enregistré à Coatepec, dans l'État de Veracruz, approximativement à 400 km au sud de Mexico.
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Si d'ici là vous avez envie d'échanger sur ce que vous avez entendu aujourd'hui, ou sur votre rapport au temps, il y a deux espaces pour ça. L'Heure du Temps, chaque mercredi à 19h heure belge — 11h le matin, heure mexicaine. Et pour ceux qui sentent qu'ils ont besoin d'aller un peu plus loin, le cercle HeHo reprend en septembre — un cercle d'entrepreneurs et de managers qui ont des objectifs et qui désirent avancer dessus avec plus de régularité, sans se perdre en route ni se mettre une pression excessive. Et vers la fin septembre, les retraites professionnelles *Le Souffle du Temps* reprennent également. Vous trouverez toutes ces informations sur le site oruposa.com.
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Ici, dans *Entre-temps*, vous savez qu'on ne cherche pas à remplir le temps. On chemine, doucement, pour l'habiter.
Je suis Jean-Claude, Chronotier. Prenez bien soin de vous, et prenez soin de votre temps, parce que ce n'est rien d'autre que votre vie.
À très bientôt dans *Entre-temps*.
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*Merci d'avoir pris ce moment Entre-temps avec moi. Si cet épisode a résonné en vous, je vous invite simplement à le partager avec quelqu'un qui pourrait en bénéficier — ou encore mieux, à me laisser un petit mot. Vos retours sont précieux et ils nourrissent cette belle aventure du temps. Tous les épisodes et des ressources complémentaires sont disponibles sur **oruposa.com**, rubrique podcast.*
*Et surtout, prenez bien soin de votre temps — car au fond, ce n'est rien d'autre que votre vie.*
*À très bientôt dans Entre-temps.*