Speaker #0Tu adaptes ton comportement de manière réflexe en même pensée aux émotions de l'autre. Tu t'es déjà sentie coupable ou anxieuse parce que quelqu'un autour de toi était triste, en colère ou frustré. Comme si c'était ta responsabilité d'atténuer ce qu'il ressent, de faire en sorte qu'il se sente bien. Et si je te disais que ce n'est pas ton rôle, tu n'es pas là pour ça. C'est un schéma que tu portes qui te fait croire que tu dois le faire. Aujourd'hui, je te propose de parler de ce phénomène que j'appelle la responsabilité émotionnelle, de comprendre pourquoi tu te sens obligé de porter les émotions des autres, de toujours devoir faire en sorte qu'ils se sentent bien, et surtout comment tu peux faire autrement. Et reste avec moi jusqu'à la fin de l'épisode, je te partagerai un exemple concret avec des choses que tu peux mettre en place dès maintenant pour pouvoir fonctionner autrement. Bienvenue dans « Et si tu t'écoutais autrement » , mon podcast, je suis Aude Jeandrot, praticienne en Shiatsu et mémoire du corps, à mon cabinet à Tours ou en Visio. D'abord, clarifions une chose qui me semble importante. Ressentir l'émotion de quelqu'un, ce n'est pas la même chose qu'en être responsable. Tu peux, surtout si tu es sensible ou hypersensible, ressentir très facilement les émotions de l'autre, les décoder. Mais ce n'est pas pour ça que tu en es responsable. La différence est de taille. Alors pourquoi certaines personnes, dont tu fais sans doute partie si tu m'écoutes, souvent hypersensibles ou avec un vécu familial particulier, se sentent responsables ? Eh bien parce que souvent dans l'enfance, ces personnes-là, toi, tu as dû jouer le rôle de pacificatrice, d'être celle qui calme les relations, d'être la médiatrice pour faire en sorte de maintenir l'équilibre familial. de réguler les émotions. Tu devais être celle qui apaise et qui permette la vie de famille. Si tu as joué vraiment ce rôle de pacificatrice, que tu l'as appris petite, eh bien tu continues à le faire à l'âge adulte. Tu ne l'arrêtes pas parce que tu grandis. Tu l'arrêtes quand tu en prends conscience et que tu t'autorises à fonctionner autrement en mettant en place des changements concrets. Et puis certains schémas familiaux transmettent aussi cette croyance. Qu'il faut anticiper les émotions des autres pour éviter le conflit. Donc si tu es du genre à dire, alors moi j'aime pas le conflit, je fais tout pour l'éviter, je t'assure que tu es concerné directement par cette notion de responsabilité émotionnelle. Parce que si tu n'aimes pas le conflit, ça veut dire que tu ne vas pas affirmer ce que tu penses, ce que tu veux, tu vas t'adapter à l'autre, et faire en sorte que l'autre ne se mette pas en colère, donc tu vas bien porter son état émotionnel pour éviter d'arriver à la colère. Donc tu vois bien que tout ça, ce sont des choses apprises dans l'enfance, des comportements que tu as mis en place, petites, pour pouvoir vivre dans ta famille. Et puis n'oublie pas que la société, surtout avec les femmes, valorise souvent celles qui portent les émotions des autres, parce que la femme doit être agréable, aimante, gentille, douce. Donc en résumé, elle se tait, elle ne dit pas ce qu'elle a à dire, elle ne fait pas de vagues et elle ne se fait pas remarquer. Et par contre, elle porte tout parce qu'il faut qu'elle gère quand même. C'est la femme. Mais comment savoir si ça te concerne vraiment toi ? Voyons ensemble les signes de cette responsabilité émotionnelle. Eh bien, je te dirais que tu prends cette responsabilité émotionnelle si tu te reconnais un peu dans les situations suivantes. Tu ressens constamment le besoin de rassurer ou de calmer les autres. Tu vois, tu es au boulot. Il y a un conflit qui commence à monter, une tension perceptible entre deux collègues. Tu veux arriver pour jouer la médiatrice, calmer tout le monde, que ça n'aille pas au conflit. Parce que non, souviens-toi, tu n'aimes pas ça. Ou bien, tu te sens anxieuse ou coupable quand quelqu'un est contrarié. Par exemple, ton conjoint est contrarié, il manifeste de l'agacement. Tu vas te remettre en question, te demander ce que tu as fait ou ce que tu peux faire pour l'apaiser. Tu vas lui préparer son repas préféré. tu vas remettre en question tout ce que tu as pu faire dans la journée dans le week-end pour essayer de comprendre ce qui nourrit ça chez lui toi tu te sens anxieuse ou coupable quand l'autre est contrarié tu t'effaces ou tu ignores tes propres besoins pour d'abord répondre à ceux de l'autre et parfois tu as cette sensation de porter le monde sur tes épaules Et cette charge n'est pas anodine. Regardons ensemble ce qu'elle provoque dans ta vie. Cette charge de la responsabilité émotionnelle de l'autre, eh bien, sur le plan émotionnel, pour toi, c'est un stress énorme. Tu dois être fatigué. C'est aussi une anxiété, un sentiment d'insatisfaction permanente. Bah oui, parce que celle que tu oublies tout le temps, c'est toi. À force de te centrer sur l'autre et sur les émotions des autres, Tu oublies tes émotions à toi et comment tu vas toi. Sur le plan relationnel, ça peut t'amener à créer une espèce de dépendance à l'autre, puisque tu ne te centres que sur l'autre et pas sur toi. Ça peut aussi amener à la frustration, voire une incompréhension mutuelle, parce qu'au moment où tu vas commencer à t'affirmer ou les fois où tu essaies de le faire, l'autre ne va pas comprendre, puisqu'il est habitué à ce que tu t'occupes toujours de lui. Et sur le plan physique ? parlons-en. Franchement, t'es pas fatigué de fonctionner comme ça ? Tu sens pas des tensions dans le dos, dans la nuque, le ventre qui se tord un peu, une espèce de lourdeur. Et ras le bol quoi ! Alors pour sortir de ce schéma et reprendre ta place, je te propose déjà quelques clés pour te libérer. La première chose dont on a parlé tout à l'heure, c'est de prendre conscience des moments où tu prends la responsabilité des émotions des autres. Moi ce que je t'invite à faire, c'est de les notes. A chaque fois. Parce qu'au début, tu t'en rendras compte après, rarement au moment où tu le fais. Mais si systématiquement, tu notes le soir, aujourd'hui, à ce moment-là, j'ai pris l'émotion de l'autre sur mon dos. De faire ça a posteriori, ça te permettra peu à peu de sentir quand le mécanisme s'enclenche et du coup de prendre conscience au moment où tu le fais. Plus ta prise de conscience du schéma chez toi, dans ta vie quotidienne sera fine, plus ce sera facile. La deuxième chose que tu vas faire, c'est de redéfinir la responsabilité. C'est-à-dire que tu peux écouter l'autre. Ce n'est pas un souci, c'est même très bien. Tu peux le soutenir. Je suis avec toi, je comprends ce que tu vis, ou j'essaie de comprendre parce que je ne connais pas, mais j'entends ce que tu me dis. Tu peux l'accompagner en lui proposant des solutions. Mais tu n'as pas à porter son émotion, ce n'est pas la même chose. Toi, j'entends que tu es en colère, je comprends d'après ce que tu me dis de ta journée que tu sois en colère, c'est légitime. Par contre, peut-être que tu peux en parler à la personne concernée, ou peut-être que tu peux aller voir un professionnel pour être aidé. Tu vois, tu redonnes la responsabilité à l'autre d'aller bien. Ce n'est pas à toi de lui trouver les solutions pour aller bien. Donc tu ne dis pas, je vais te prendre un rendez-vous. Non, l'autre est responsable de lui-même. La troisième clé. pour te libérer, ça va être par rapport à ton corps. De faire attention au moment où ce schéma se met en place à ce que tu ressens dans ton corps. Est-ce que c'est le dos qui se tend parce que tu en as plein le dos ? Est-ce que c'est le ventre qui se noue ? Quelle est la sensation que tu as ? Et après, quand tu l'auras identifié, tu sentiras cette sensation. Tu peux essayer par exemple de respirer, tu vois, même fortement. Tu fais un inspire et puis un expire vraiment. court et fort comme un énorme soupir pour lâcher un peu de cette pression et mettre une espèce de limite entre toi et l'autre. La quatrième clé pour te libérer, ça va être de verbaliser. Tu trouves une phrase avec tes mots que tu vas dire soit à voix haute soit intérieurement comme tu veux. C'est toi qui choisis. Moi, j'ai plutôt tendance à le faire en intérieur, mais tu fais ce qui est bien pour toi. Et en fait, cette phrase avec tes mots à toi Elle a pour but de transformer ton rapport aux émotions des autres. Par exemple, je suis présente pour toi, mais je ne porte pas cette émotion. Moi, la phrase que je mets avec mes mots à moi, c'est j'entends ce que tu me dis, mais c'est ton sac à dos, c'est à toi de le porter. Et je visualise toutes ces émotions dans son sac à dos en me disant c'est son bagage de vie, c'est à lui ou à elle de le porter. C'est pas à moi de porter son sac, j'ai déjà le mien. Tu vois, tu peux... Dans cet exemple-là, que moi j'utilise, associer une visualisation à la phrase. L'intérêt, c'est que des fois, tu vas plus être sur la visualisation et d'autres fois plus sur la phrase. Mais les deux étant associés, ça fonctionne. Si tu sens que tu es dans cette responsabilité des émotions de l'autre, que ce schéma te parle profondément et que tu en as assez, tu as envie de te libérer de ce poids, de retrouver ta place pour tes émotions à toi, pour ce que tu ressens et ce que toi, tu as envie de vivre. allégée du poil des émotions de l'autre. Eh bien, j'accompagne des femmes dans mon programme « Se libérer du poids du passé » qui se fait en six séances, en visio, à tout roue au cabinet. On y travaille ensemble, de manière personnalisée. C'est un suivi individuel sur trois mois, sur tes habitudes émotionnelles, sur comprendre l'origine de ce schéma que tu as et surtout comment tu peux reprendre ta place, t'exprimer sur ce que tu ressens sans culpabilité. Et maintenant, pour que ce soit plus concret, je te propose l'histoire d'Angela. Angela, elle se levait tous les matins avec une boule au ventre. Si son conjoint était stressé, elle ajustait toute sa journée. pour surtout ne pas le contrarier. Elle modifiait ce qu'elle avait prévu. Elle faisait attention à ce qu'elle allait dire. C'est pas qu'il était particulièrement coléreux. C'est elle qui anticipait sans que lui lui demande. Si sa collègue était en colère au travail, elle allait passer la réunion à calmer. Sa collègue à détendre l'atmosphère en faisant des blagues, en allégeant les sujets. Et elle n'abordait pas forcément ce qu'elle avait prévu de dire dans la réunion pour ne pas risquer de faire monter sa collègue dans les trous. Elle se sentait responsable de tout. de tout le monde, des émotions des autres, elle était épuisée. C'est ce qui l'a décidé à venir. Elle avait vraiment cette fatigue et l'impression de ne jamais pouvoir réaliser ses projets. Et elle avait envie que ça bouge, elle avait 30 ans, elle avait envie de vivre autre chose. Et en séance ensemble, nous avons observé que ce schéma qu'elle avait se répétait depuis son enfance. Elle avait une aptitude à ressentir l'émotion de l'autre, à l'écouter. Mais elle le portait systématiquement sur son dos. Comme elle avait fait avec son père. En fait, elle avait toujours cru que si elle ne s'occupait pas de tout, quelque chose de grave se produirait. Elle pensait que si elle ne s'occupait pas de l'état émotionnel de son père, les choses allaient mal se passer. Donc, elle rentrait de l'école. Elle disait toujours qu'elle avait passé une bonne journée. Elle ne lui a pas parlé du harcèlement scolaire qu'elle vivait pour ne pas lui mettre une pression. Elle avait gardé ça pour elle. Elle a appris en fait à s'oublier. Donc en remontant à cette origine, nous avons ensuite mis un petit exercice simple. Chaque fois qu'elle sentait l'émotion de quelqu'un l'envahir, elle avait choisi de poser sa main sur son cœur. On avait testé plusieurs techniques en séance pour trouver celle qui lui convenait le mieux. Et elle se disait, en posant sa main sur son cœur, « Je suis présente pour toi, avec toi, mais je ne porte pas ton émotion. » Au début, elle a trouvé ça un peu bizarre, un peu cliché. Et puis à force de le faire, elle s'est rendue compte que la phrase venait spontanément et qu'elle commençait à mettre une distance avec ce que l'autre pouvait lui raconter en remettant les choses à sa place. C'était à l'autre cette émotion. Ça a commencé à créer un petit espace pour elle et pour ses émotions. Au fil des semaines, elle a senti que quelque chose s'apaisait. Et elle m'a dit c'est fou, je sens que je peux respirer à nouveau, même quand mon conjoint est tendu. Je ne le laisse pas tomber, mais je ne m'épuise plus. Je ne m'épuise plus, pardon, à essayer de le sauver. Et toi, si tu pouvais poser cette limite aujourd'hui, d'arrêter de porter les émotions des autres, qu'est-ce que ça changerait pour toi ? Comment tu voudrais être ? Souviens-toi que tu n'es pas responsable des émotions des autres. Tu peux écouter, soutenir, accompagner, mais sans t'oublier, tu as le droit de prendre ta place. Je t'invite à prendre ta place, à parler de toi et de tes émotions. Tu as plein de choses intéressantes à dire. Et si tu veux te libérer de ce poids et retrouver ta liberté émotionnelle, mon programme « Se libérer du poids du passé » peut t'accompagner pas à pas. Le lien pour en savoir plus est dans la description de l'épisode. Et quand as-tu dernièrement ressenti que tu portais l'émotion de quelqu'un ? Qu'est-ce que tu as fait à ce moment-là ? Je te remercie de m'avoir écouté jusque-là aujourd'hui. Si tu as envie de me partager la réponse à cette question, je te lis, je t'écoute avec plaisir. Je te donne rendez-vous lundi prochain pour un nouvel épisode. Tu prends soin de toi et tu passes une belle semaine. A bientôt !